Séance de VENDREDI 20/09/2024 à Servel

Fernand de Magellan, issu d’une famille noble portugaise, embarque à 25 ans pour participer au développement des possessions en Inde. Il y passe 8 ans, participe à diverses batailles et s’intéresse au commerce des épices, allant jusqu’à Malacca. De retour en Europe il se retrouve sur la touche et finit par partir proposer ses services au roi d’Espagne. Le plan qu’il élabore vise à atteindre les Moluques, seul endroit produisant le clou de girofle, en partant vers l’ouest, ce qui respecterait les termes du fameux traité de Tordesillas qui partageait le globe entre les deux royaumes ibériques. Le futur Charles Quint lui confie 5 bateaux qui partent le 20 septembre 1519. Ils longent les côtes du Brésil et de Patagonie et s’arrêtent pour hiverner 5 mois. Il affronte une mutinerie, perd un navire qui rejoint les profondeurs océaniques  puis un autre qui déserte pour rentrer a casa. En octobre-novembre 1520 les 3 équipages restants découvrent le détroit de Magellan et atteignent le Pacifique.

Pensant qu’il n’y a que quelques jours de navigation avant d’atteindre leur but, leur traversée du Pacifique dure en fait plus de trois mois et demi et c’est assoifés, affamés et au bout du rouleau qu’ils atteignent Guam. Mi-mars 1521 ils explorent différentes îles des Philippines où ils nouent des contacts, se retrouvent impliqués dans la politique locale et n’oublient pas d’ériger des croix et d’essayer de convertir les dirigeants locaux, le prosélytisme n’y allait pas avec le dos de la cuiller. Parti avec une cinquantaine d’hommes remonter les bretelles du roi Lapu-Lapu il tombe sur plus fort que lui : les espagnols sont repoussés et Magellan, touché par une flèche empoisonnée, est ensuite massacré. C’est Juan Sebastian Elcano qui, aux commandes du dernier vaisseau survivant, achève la première circumnavigation en atteignant l’Espagne le 6 septembre 1522 avec 18 hommes sur les 270 qui étaient partis trois ans plus tôt. Les expéditions suivantes, lancées en 1525, 1527 et 1542, finiront plutôt mal en particulier à cause de la difficulté à retraverser le Pacifique vers l’Est.

Table 1, dite « Circumnavigation » :  JérômeC a affonté des routes inondées, des animaux en divagation et des cyclistes inconscients pour venir depuis le sud du territoire jusqu’à Servel. Il est récompensé par une partie de Dune Imperium proposée par Fred, Elie faisant le troisième. Il repartira pourtant avec des regrets : à la lutte avec Fred au dernier tour, il aurait pu acquérir un pouvoir de remporter les égalités. Il ne le fit pas et il se retrouve à la fin du tour à égalité avec Fred, à la fois en PV et en épice qui départage les égalités. C’est le second critère de départage, l’argent, qui donne la victoire à l’expérimenté Fred. Le ciel se déchaîna alors sous la forme d’un orage inattendu.

Table 2,  dite « Plus fort que soi » : Poursuite de la campagne des Chroniques de Drunagor – L’Âge des Ténèbres pour OlivierB, François-René, Armand et Jérôme. C’était le chapitre 4 mais à minuit ils étaient encore en train de se casser les dents sur le Commandant, le boss du soir.

Table 3, dite « Profondeurs » : Nolwenn attire Xel, Thomas et Dom à une table sous-marine de Abyss accompagné de ses extensions Léviathan et Kraken qui ajoutent une nouvelle façon de mener les combats, des Lieux qui offrent des PV sous forme de trésors « stop ou encore » et des perles noires dont il vaut mieux se débarasser. Il ne faut pas traîner car la partie prend fin quand une joueuse achète son septième Seigneur. C’est Dom qui y arrive le premier mais c’est Xel qui, lestée de clés gagnées lors de combats menés opportunément, est la seule avec deux Lieux. De plus, elle a les 5 PV du Fléau d’Abyss car, à égalité sur le nombre de Léviathan vaincus, c’est la dernière à y être parvenue, la fine mouche. Nolwenn, elle, mène sur la valeur de ses Seigneurs mais cela ne suffit pas au global. Avec respectivement 80 et 66 PV, elles encadrent Dom avec 74 et Thomas avec 69. Ils poursuivent la soirée avec plusieurs parties de Skull King, la première remportée par Thomas avec 28 PV.

Table 4, dite « Prosélytisme » : Difficile pour Axel et Mickaël de résister à l’appel d’une bande de dieux prêts à en découdre à Mythic Battles – Pantheon. Ils s’adjoignent respectivement Marie-Anne et Younaël, composent avec soin leurs forces et se lancent pour assurer la domination de leurs dieux. La paire MA-Axel, malgré sa perte d’Athéna victime d’une flèche fatale, manoeuvre avec Scylla pour attirer les forces adverses et les tailler finalement en pièces. A elle la victoire, donc.

Table 5, dite « Commerce des épices » : Tristan sort de son sac à malices Glen More où il convie Stéven et Pierre-Yves. C’est Stéven qui l’emporte en partie grâce à un monopole implacable sur la ressource Bois. Tristan propose ensuite innocemment une initiation à Food Chain Magnate, un jeu éducatif avec des pièces en bois sur le management d’employés Gen-Z, les dangers de la malbouffe et la manipulation des foules par la propagande publicitaire. Il fait une démonstration de son talent et l’emporte dans une partie où l’excès de réclame a provoqué un déséquilibre entre l’offre et la demande. Y a-t-il un microéconomiste dans la salle ? Retour à des affrontements plus frontaux avec une partie finale de 7 Wonders Duel contre Stéven, dont nous attendons encore le résultat.

Séance de MARDI 17/09/2024 à Servel

La nouvelle saison est lancée et les habitudes sont reprises avec un mardi à deux tables.

Table 1, dite « Du chaud et du froid » : Nous accueillons un joueur à la recherche d’autres joueurs, Pierre-Yves. Il se joint à une grande table avec F-R, Mickaël, Younaël, Marco et Corentin. Ils jouent à Heat où Younaël se bat comme un beau diable avec F-R sur le circuit des USA. Il coiffe le Président sur la ligne d’arrivée, méritoire quand on sait le savoir-faire dudit Président aux jeux de course. Cela continue à quatre avec Maximum Apocalypse, un coop sombre où ils avaient bien du mal à survivre (en gros le tireur n’avait plus de munitons, le médecin plus de pansements et le cuisinier plus de patates) quand le correspondant de presse prit congé.

Table 2, dite « Du Bo et du Ra » : Chez les seniors on est dans le culte de l’ancien. Après avoir récemment exhumé Trajan, ils poursuivent l’exploration de la ludographie de Stefan Feld, auteur spécialisé dans les jeux poids-moyen avec des dés, des contraintes dans le choix de ses actions et mille façons de scorer (d’où le qualificatif dévalorisant parfois employé de « salade de points »). L’attention de Marc, Olive, Xel et VHN se porte ainsi sur Bora-Bora, un jeu de 2013 épuisé et importé à grand frais d’un pays voisin. Il est moins moche que la production allemande moyenne de l’époque, avec des couleurs vives, mais cela reste un peu chargé, il faut bien rappeler sur les plateaux individuels la vingtaine d’actions possibles.

Le jeu n’est pas compliqué mais il y a une courbe d’apprentissage pour juger quelles sont les actions les plus bénéfiques à chaque moment. Mais surtout il présente un niveau d’interaction qui permet de bien faire suer les copains. Ainsi pour la mécanique principale d’activation d’une des 7 tuiles Action : on pose dessus un de ses dés sachant que la valeur du dé détermine la force de l’action mais que les joueurs suivants doivent impérativement y jouer un dé de valeur plus faible. Autant dire qu’en posant un 1 on neutralise l’action pour toute la manche (certes il existe des Dieux qui permettent d’y déroger mais ils sont rares et précieux). Il y a aussi des tuiles qu’on achète dans l’ordre du tour et où là encore on oscille entre optimiser ses points et casser les genoux des adversaires (il se reconnaîtra) parce qu’à la fin de chaque manche on a intérêt à réaliser une de ses tuiles Contrat.

Cette partie de découverte à un train de sénateur a permis de bien s’imprégner des règles et de tâtonner dans ses choix (difficile de parler de stratégie, on est plutôt dans un mode où on vise des buts et où on adapte constamment son chemin). Marc mène souvent au score tandis que Olive et Dom s’attardent en queue. Ce dernier finit par recoller à la faveur de la construction de deux bâtiments et en étant présent au Temple. Le décompte final voit Marc et Dom scorer plus de 20 points avec leurs bijoux, et c’est en étant le seul à avoir atteint un objectif global à 6 PV que Dom l’emporte d’un quart d’encolure avec 150 PV devant Marc 144, Xel 116 et Olive 98.

Séance de VENDREDI 13/09/2024 à Servel

Lors de la Cène, le dernier repas de Jésus, il y avait 13 apôtres, dont Judas, qui l’a dénoncé – il a été crucifié un vendredi. C’est ainsi que le vendredi 13 est devenu un jour à part, surtout en Occident. En France, la superstition tiendrait aussi ses origines de l’arrestation du Grand Maître des Templiers, Jacques de Morlay, et de tous ses disciples, sur décision du roi de France Philippe IV Le Bel, le vendredi 13 octobre 1307, un événement qui marquera la chute de l’ordre. Ce jour-là, après avoir été torturés, 54 templiers furent brûlés vifs. Dans la mythologie nordique, le 13 est aussi symbole de malheur. associé au Dieu de la malice, de la discorde et des illusions : Loki, qui s’est invité à un banquet organisé par le roi des Dieux nordiques, Odin. Banquet qui s’avèrera funeste puisqu’il tuera le fils d’Odin, Balder, d’une flèche empoisonnée en plein cœur. Loki était le 13e convive de ce diner. Dans l’histoire récente, enfin, plusieurs événements tragiques se sont déroulés un vendredi 13, tels en janvier 2012, le naufrage du Costa Concordia, ou encore en novembre 2015, les attentats de Paris.

Mais à Lannion, en 2024, un quarteron de joueurs défia le sort.

Table 1, dite « Harmonie brisée » : chez les Grecs et les Romains, le nombre 12 était considéré comme la perfection, associé au cycle des heures dans une journée, au nombre de mois dans l’année, au nombre de travaux d’Hercule et de divinités dans l’Olympe. Saluons l’esprit olympien à cette table de Dune Imperium – Insurrection qui, en plus de réunir d’authentiques champions, fit résonner le nombre 12 (Fred) = 7 (Thomas) + 5 (Elie). Harmonie hélas vite brisée à Forêt mixte, Thomas l’emportant avec 93, 13 points devant Elie et Fred jouant les trublions avec le score maléfiquement dual de 69 (en base 13).

Table 2, dite « Dérèglement temporel » : à la table de Ultimate Railways on vit Axel s’imposer devant Xel, Xof et Steven. Les règles y ont été maltraitées, peut-être à cause d’un infime dérèglement de l’ordre temporel.

Table 3, dite « Chance provoquée » : quoi de mieux pour une fin d’Olympiade que le retour sur nos tables de Cyclades ? Bien trop peu convoqué (trois fois en huit ans !), ce jeu est toujours excellent et la partie ne dérogea pas à la règle, avec, comme dans la précédente du 26 juillet 2019, l’intervention maléfique de Pégase. François, qui avait fait un départ bille en tête, en fut victime, exproprié d’une île pourvue de deux cornes d’abondance. Il réussit quand même à construire une métropole, et Dom aussi, Mickaël et Doc Nico n’y étant pas encore. A ce moment de la partie, tout devient possible, puisque pour gagner il faut contrôler 2 métropoles à la fin d’un tour et donc la construire (avec 4 bâtiments ou 4 cartes Philosophe)….ou la conquérir. C’est ce qui se passa : après deux échecs précédents, Dom lança un ultime assaut sur la métropole de François, qui n’avait pas vu le coup venir en s’en croyait protégé par le maigre portefeuille de son assaillant, mais celui-ci parvint à ses fins grâce à une brillante combinaison de cartes, brûlant avec une première ses vaisseaux pour les vendre et ainsi acquérir la deuxième. Il restait à faire parler les dès, et ils donnèrent la victoire à l’attaquant. La chance, dit-on, sourit aux audacieux. Quant à François, il ne se rendra plus jamais à l’espace Pégase d’un air insouciant.

Table 4, dite « Sans Freddy ni Jason » : Sans Freddy ni Jason, on peut aussi passer un bon Vendredi 13 : Steven Xel, Thomas, Xof, Axel puis François remplaçant Xel se lancent dans des parties de Mot malin, avec un beau succès et quelques trouvailles comme Tigre (chat, soldat) qui évoquait Clémenceau, Marseille (ville, savon), mais pour Rose, la jolie triangulation (ville, soldat) était un leurre, plus tard corrigé avec Garnison !

Table 5, dite « Chat noir » : Olivier B, François-René, Armand et Jérôme poursuivent les Chroniques de Drunagor – L’Âge des Ténèbres, mais y ont mélangé les règles. Une malchance à laquelle la date ne peut être tout à fait étrangère.

Table 6, dite « Not today » : était-ce vraiment le bon jour pour se lancer dans Turbulences, on peut en douter. Cette prise de risque ne fait pas peur à nos trois héros, Dom, Doc Nico (fier possesseur de ce jeu, jamais joué encore sur nos tables) et Mickaël, pendant que François est rentré ruminer ses mésaventures avec un cheval ailé. En tous cas, le jeu attire autant l’œil qu’il stimule l’esprit et, flattant les principes écologistes dans sa conception, il a toute sa place sur nos tables !

Séance de MARDI 10/09/2024 à Servel

undefinedLe 10 septembre 1898, Sissi est assassinée à Genève par un anarchiste Italien. Elisabeth de Wittelsbach était l’épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, impératrice d’Autriche et reine de Hongrie. Son assassinat fait la manchette en Europe, car elle jouit d’une bonne réputation sur le continent en raison de sa beauté et des tragédies qui ont marqué sa vie. À son procès, l’assassin dira avoir voulu tout d’abord tuer le duc d’Orléans, puis s’être décidé ensuite pour l’impératrice et avoir voulu frapper à travers elle « les persécuteurs des ouvriers ». Il sera condamné à la réclusion à perpétuité

126 ans après, à Lannion, même salle, deux ambiances: bas peuple et haute société étaient conviés.

Table 1, dite « Populaire » : une table très populaire accueille six joueurs, dont le revenant Yannick, invités à survivre dans l’univers glauque de Sub Terra. C’est hélas un échec final, de peu sur une dernière manœuvre de François-René, dans une quête où seul Nico77 réussira à survivre. Après les marécages, ils filent ensuite aux bains-douches, avec la découverte de Lâche pas la savonnette, « le jeu qui glisse tout seul », dont ils enchaînent les parties. On retiendra de cette baignade inaugurale et collective que François-René sera le premier vainqueur, mais, c’est dans la règle, pas celui qui avait les plus belles fesses de l’assistance.

Table 2, dite « Aristocrate » : à Wyrmspan, deux duchesses et un petit duc s’escriment entre dragons et cavernes. Xel se pare du titre d’archiduchesse avec le score excellent de 95, sans aucune faiblesse dans ses lignes de marque, à l’inverse de Marie-Anne, deux zéros pointés, et François, bon partout mais transcendant nulle part, qui échouent à 70.

Séance de VENDREDI 06/09/2024 à Servel

Le 6 septembre 1916, Clarence Saunders ouvrait du premier magasin libre-service (cash and carry), sous l’enseigne Piggly Wiggly (aka le cochon qui se tortille), à Memphis (États-Unis). Il cherchait à réduire les frais de commercialisation, le laissant se servir lui-même de produits déjà emballés et étiquetés. Une révolution pour l’époque !

108 ans après, à Lannion, il y avait à boire et à manger sur les plateaux de jeu.

Table 1, dite « Restauration rapide » : retour apprécié de Tristan sur nos tables, qui ne vient pas les mains vides, muni de Food Chain Magnate ici essayé, avec Fred et Thomas, dans sa version d’introduction. Pourtant dans l’univers du fast food, le jeu est habituellement très long, mais dans cette version apéritive, la partie passa aussi vite qu’on avale un hamburger. Quant à la suprématie  de Tristan sur nos tables, elle vit ce soir une restauration rapide. Ses adversaires essaient ensuite de le faire chuter à Faraway, un objectif plus atteignable. Hélas, le budget heures supplémentaires de nos pigistes étant sous examen pour déficit excessif, nous ne sommes pas en mesure de confirmer s’il fut atteint.

Table 2, dite « Carrière en self service » : quatre joueurs qui ont un peu de bouteille prennent La route du verre du prolifique Uwe Rosenberg (Agricola, Bohnanza, etc…) et, comme c’est annoncé comme jeu court, au lieu des quatre tours normalement proposés, ils en font un cinquième, pour la route bien sûr ! Autodidacte dans l’âme, Dom se construit un plateau de carrières (de sable) en mode self-service, qui lui assureront un bonus faramineux de 17, contribuant largement à sa victoire avec le score de 28.5. Marie-Anne, à 25, n’est pas loin, et pour cause, elle a passé sa partie à rafler les bons bâtiments que convoitait François. Ce dernier, avec 22.5, en ressort frustré et désormais promoteur de l’adage « ne jamais jouer après M.A ». Avec 16.5, Olive, toujours dans les bons coups pour suivre les cartes des autres, complète la feuille de marque.

Table 3, dite « Trois petits cochons » : Mickaël, Samuel, Axel et Olivier L se retrouvent à Iki. Dans cet univers de port japonais, on peut croiser le poisson-lune (ou Mola Mola), un poisson gigantesque au corps aplati et aux nageoires réduites, souvent surnommé « cochon de mer » en raison de sa forme curieuse. On est tenté de penser que le grand méchant loup de la partie n’a fait qu’une bouchée des trois petit cochons qui lui faisaient face, mais ce pronostic est au doigt mouillé, en attendant le vote du budget des heures supplémentaires.

Table 4, dite « Grand déballage » : Olivier B, François-René, Armand et Jérôme poursuivent le grand déballage des Chroniques de Drunagor – L’Âge des Ténèbres, où un pigiste peu scrupuleux et mal payé se risquera à pronostiquer, sans avoir recoupé ses sources, qu’ils ont passé un bon moment.

Table 5, dite « Déjà étiqueté » : dans l’aquarium, Fabrice, Olivier L. et Samuel s’essaient à Fallout. Un jeu nouveau sur nos tables, et dont notre chroniqueur du soir, jetant à la rivière le peu qu’il lui reste de conscience professionnelle, non content d’être incapable d’en révéler l’issue, se tortille pour en livrer une description directement tirée de chat GPT, assurant que « Fallout est une série de jeux vidéo de rôle (RPG) se déroulant dans un univers post-apocalyptique. Créée en 1997, la série prend place dans une réalité alternative où la société a prospéré grâce à une technologie basée sur l’énergie nucléaire et où le style visuel des années 1950 s’est perpétué. L’histoire de Fallout commence après une guerre nucléaire dévastatrice entre les États-Unis et la Chine, qui a détruit la civilisation telle qu’on la connaît. Les rares survivants vivent soit dans des abris souterrains appelés « Vaults », construits avant la guerre par le gouvernement, soit dans les terres désolées irradiées du monde extérieur. Les thèmes centraux de Fallout incluent la survie dans un monde en ruines, les conséquences des choix moraux, la lutte pour le pouvoir entre factions, et les effets d’une société hyper-technologique qui a tourné au désastre ». Ainsi vont les CR de Parties Civiles à l’ère de l’IA, déjà emballés et étiquetés avant même la soirée, et obsolètes comme un pauvre pied de cochon en limite de DLC sous film plastique, perdu dans un supermarché du fin fond du Tennessee.

Séance de MARDI 03/09/2024 à Servel

Quatre tables de quatre mais douze joueurs au total, ce n’est pas carré tout ça. En cette semaine de rentrée il va falloir réviser son arithmétique. Par exemple en comptant jusqu’à dix en payant sa cotisation. Ou bien en s’intéressant au nombre quatre-vingt, comme « Années 80 ».

Table 1, dite « Cœur de loup » : Ca va saigner, partie de Ark Nova entre joueurs expérimentés (Xel, Mickaël, Stéven et Nico77). Qui l’eût cru, c’est Stéven qui les dévore tout cru et gagne devant Xel, Mickaël et Nico.

Table 2, dite « Nuit de folie » : Soirée variée pour Jack, F-R, Thomas et Younaël. Cela commence par un Shards of Infinity où la paire Younaël/F-R l’emporte. Ensuite une partie de Faraway est remportée par Jack tandis que F-R savoure son score de 69 PV. Jack se retire et les trois restants essaient An Drouiz Meur, une création de Younaël avec de belles illustrations produites à la main par des machines.

Table 3, dite « Week-end à Rome » : Les protagonistes de la partie de Trajan du vendredi précédent remettent le couvert. Cette fois on a bien compris et on fera les bons choix, surtout qu’avec une aide de jeu improvisée on égrenera proprement ses petits cubes colorés, dans la concorde et la sérénité. Olive se distingue en accumulant 4 tuiles Construction identiques (20 PV) et en professant une affection sans limite envers François. Dom vend 4 cartes identiques (20 PV aussi) et à la troisième saison est victime sur la piste du Sénat à la fois de ses limites en arithmétique et d’un croc en jambe d’un kingmaker de passage. Il met fin à la partie avec un mouvement de 9 qui coupe l’herbe sous les caligae des suivants. Marc multiplie les tuiles Trajan et accumule les points avec ses légionnaires. François est à la lutte avec Dom sur la piste de points mais au décompte final prend une avance décisive avec ses 15 PV de construction et ses tuiles Bonus. Il sort vainqueur impérieux (ou impérial ?) d’une feuille de score serrée, avec 101 PV devant Dom 98, Olive 97 et Marc 90.

Table 4, dite « Un peu plus près des étoiles » : Un jeu coopératif (basé semble-t-il sur les mécanismes de Pandémie) : Star Wars : Clone Wars pour Xel, Stéven, F-R et Nico77 qui terminent fort tard mais avec la satisfaction d’avoir fait triompher les forces du bien.

Séance de VENDREDI 30/08/2024 à Servel

undefinedLe 30 août 1918, pendant la guerre civile russe, les socialistes révolutionnaires organisent une tentative d’assassinat de Lénine, qui visite ce jour-là l’usine Michelson de Moscou. Lorsqu’il quitte le bâtiment pour regagner son véhicule, Fanny Kaplan l’interpelle et tire trois coups de feu. L’une des balles passe à travers le manteau, les deux autres le touchent à l’épaule gauche et au poumon. Lénine retourne dans ses appartements au Kremlin, refusant de le quitter la sécurité pour se faire soigner. Les médecins se déclarent incapables de retirer les balles en dehors d’un hôpital. Cependant, il survit.

Kaplan, qui a déjà été exilée pour avoir participé à la tentative d’assassinat du tsar à Kiev, est arrêtée et interrogée, et se déclare résolue à tuer Lénine depuis longtemps. Elle est exécutée sans jugement le 3 septembre, battue à mort, son corps aspergé d’essence et brûlé dans la cour de la Tchéka. Elle déclare avant de mourir : « J’ai tiré sur Lénine parce que je le considère comme un traître au socialisme et parce que son existence discrédite le socialisme. Je suis sans réserves pour le gouvernement de Samara (gouvernement anti-bolchevik fondé le 8 juin à Samara, formé de socialistes révolutionnaires opposés au pouvoir bolchevique qui instaura un régime démocratique et réformateur dans la région) et pour la lutte contre l’Allemagne aux côtés des Alliés. »

Le 5 septembre, le Conseil des commissaires du peuple publie le décret officialisant la terreur rouge, politique répressive d’arrestations et d’exécutions de masse par la Tchéka et l’Armée rouge pour le compte du gouvernement bolchevik en parallèle à la « terreur blanche » appliquée par les Armées blanches contre-révolutionnaires. Selon l’historien britannique George Leggett, 140 000 personnes y ont péri.

106 ans après, à Lannion, les guerres civiles faisaient rage sur les plateaux de jeu.

Table 1, dite « De toutes les couleurs » : Découverte de Trajan dans sa livrée entièrement maison réalisée par Olive (plateau cartonné créé au dos de calendriers, pièces en bois usinées main…de le belle ouvrage !). Un jeu où l’on revisite l’univers de la Rome antique et ses guerres de conquête. Il existe de multiples façons d’acquérir des points de victoire (VP) – et comme il s’agit d’un jeu de Feld, il faut essayer aussi d’éviter d’être puni, en répondant chaque année à la demande du peuple (du pain et des jeux, mais aussi de la religion). C’est un jeu d’égrainage : au début, chaque joueur a deux cubes de couleur différente dans chacune des six sections de son tableau. Lors d’un tour, le joueur ramasse tous les cubes d’une section et les distribue une par une dans des bols suivants, puis effectue l’action associée au bol final. En outre, si les cubes dans ce bol correspondent aux couleurs affichées sur une tuile Trajan attenante, il a droit à l’action supplémentaire représentée par cette tuile. Dans une partie rythmée par les remontrances de Dom, de plus en plus agacé par le laxisme des techniques d’égrainage de ses concurrents (c’est pourtant simple dit-il : on prend les cubes dans sa main et on les égraine un à un !), la fin, dictée par les égrainages, arrive toujours trop vite. Elle surprend François, qui avait encore plein de choses à faire, mais qui s’en tire avec un honorable 86 grâce à une mirobolante collection de tuiles de fin de partie. Devant, Olive, 99, Marc, 103, et surtout Dom, 125, ont pris le large.

Table 2, dite « Famine organisée » : à la table d’Everdell, la famine menace, mais selon les les mots de Corrin Queuesansfin laissés dans la pierre commémorant la découverte de la vallée Val Eternel, il n’y a pas de chagrin trop sombre pour l’espoir. Encore faut-il disposer des ressources pour le faire vivre. Xel, qui courut toute la partie après une ferme, échoua dans cette quête et en reste à 45. Sur le haut du pavé, Fred, 65, Younaël, 62, et Elie, 61, ont contribué à faire vivre l’espoir pour les générations à venir du peuple de la forêt.

Table 3, dite « Guerre civile mondiale » : Mickaël et Axel se retrouvent à Twilight Struggle. Ils s’adjugent une partie chacun.

Table 4, dite « Sortir des ténèbres » : Olivier B, François-René, Armand et Jérôme sont les preux aventuriers une nouvelle campagne. Les Chroniques de Drunagor – L’Âge des Ténèbres, issu d’un kickstarter, est beaucoup plus qu’un jeu de combat. Les joueurs doivent coopérer pour explorer des donjons révélés par des cartes Portes, découvrir de mystérieuses statues, des amas de trésors oubliés, et même d’autres personnages avec lesquels ils interagiront. Chaque interaction influence la trame du récit, rendant unique chaque aventure. Au final, il s’agit de combattre les Ténèbres du territoire de Drunagor et de ramener la lumière sur la terre des hommes.

Chroniques de Drunagor - L\'âge Des Ténèbres

Table 5, dite « En roux et contre tous » : la nuit se prolonge au-delà du raisonnable avec Mickaël, François, Xel, François-René, Younaël, Axel et Jérôme autour de Crack List. Certains y ont découvert à leurs dépends que la liste des personnages roux dans Harry Potter tendait vers l’infini, quand d’autres, pas les mêmes, peinaient à trouver des noms de footballeurs, ou à identifier en quoi Glasgow pouvait rappeler les années 1970.

Séance de MARDI 27/08/2024 à Servel

Le 27 août 1859, du pétrole jaillit pour la première fois du sous-sol des États-Unis, découverte propice au moment où les besoins d’éclairage n’arrivent plus à être satisfaits avec l’huile de baleine traditionnelle et le kérozène, un combustible extrait du charbon. Le miracle se produit au nord-est du pays, en Pennsylvanie, au lieu-dit Oil Creek («la mare d’huile»), près de Titusville. On le doit à un bourlingueur du nom d’Edwin L. Drake qui se fait abusivement appeler «colonel Drake». Contre l’avis des experts, il a acquis la conviction qu’il pourrait extraire le pétrole du sous-sol par simple forage et s’est adjoint pour cela le concours d’un puisatier. Ensemble, ils ont creusé un puits grâce à un trépan suspendu à un câble, mis en mouvement par une machine à vapeur. Le précieux liquide a jailli lorsque le trépan a atteint 23 mètres de profondeur.

Dès le premier jour, avec dix barils, Drake double la production mondiale de pétrole : c’est la première ruée vers l’or noir. La région se couvre de derricks et procure la fortune aux audacieux. Quant au «colonel» Drake, il néglige de faire breveter son système de forage et sombre dans la pauvreté. Les habitants de Titusville, reconaissants, finiront par lui verser une pension.

165 ans après, alors que nous avons consommé depuis autour de 150 000 Mtep (ce qui équivaut aux réserves d’hydrocarbures encore disponibles sur Terre), la production et la demande de pétrole continuent à augmenter. Et, à Lannion, on préparait l’apocalypse à venir.

Table 1, dite « Plus forts que le réel » : victoire « haut la main » pour les preux chevaliers de Maximum apocalypse (François-René, Steven, Marc, Olivier L.). La réalité sera-t-elle un jour dépassée par la fiction ? Ce n’est qu’un jeu après tout, et le changement climatique n’est pas un jouet de gala.

Maximum Apocalypse

Table 2, dite « Retour vers le futur » : en attendant l’apocalypse climatique, Wyrmspan est un bon jeu pour se préparer à revivre l’époque fabuleuse où les dragons peuplaient la terre, et qu’ils repeupleront de nouveau, le jour venu, quand les hommes l’auront désertée. Avec une étourdissante combinaison de cartes de fin de partie, qui lui rapportent pas moins de 25 PV, Marie-Anne s’envole à la table de marque jusqu’à la hauteur respectable de 101. François, 86, est un solide deuxième, quand Xel, 68, a joué de malchance dans sa quête de grands dragons et, malgré un beau trésor de guerre, se voit pénalisée aux objectifs. Mais elle prend sa revanche à Faraway, 102 à 98, laissant François sombrer à 26, son worse score ever.

Table 3, dite « Résistance au long cours » : La résistance s’organise pour la fine équipe de Shards of infinity, aux prises avec les débris du moteur d’Infinité, capable de déformer la réalité, sans doute une des plus grandes réussites de l’homme si ses créateurs corrompus n’avaient pas exploité son pouvoir immense pour asservir le monde. Marco et son compère, Younaël et Adrien sont de l’aventure, et c’est l’intrépide Marco qui se distingue.

Table 4, dite « Retour par le passé » : Mickaël-le-soviet et Axel-l’amerloque anticipent les tensions à venir d’un monde post oil peak, s’y entraînant avec l’excellent Twilight Struggle. Qui aura le mieux revisité ses classiques, l’histoire ne le dit pas, la nuit ayant englouti le mystère.

Séance de VENDREDI 23/08/2024 à Servel

En ce vendredi, Madeleine Riffaud fêtait ses 100 ans. Le 23 août 1944, engagée dans la résistance depuis 1941 par conviction et par amour (elle s’est éprise d’un médecin qui cachait des juifs), elle réussit à démanteler un convoi allemand de 80 hommes en gare de Belleville-Villette, avec l’aide inattendue d’un cheminot qu’elle est allée déranger chez lui pendant son déjeuner, selon le récit qu’elle en fait à Libération à l’occasion de cet anniversaire. Elle a alors 20 ans tout juste, mineure, sans droit de voter ni d’avoir de compte bancaire.

Il faudra cinquante ans pour que cette héroïne, croix de guerre rétive aux épanchements, commence à témoigner, sur les conseils de Lucie Aubrac. Ces dernières années, une série BD lui est consacrée, simplement appelé Madeleine, Résistante, dont le dernier tome vient de sortir.

100 ans après, à Lannion, la résistance s’organisait contre toutes sortes d’envahisseurs.

Table 1, dite « Ennemis extérieurs » : Fin de la campagne Aliens pour François-René, Jérôme, Armand et Olivier B. Une réussite avec 65 PV ! les deux premiers enchaînent sur un Mot malin qui leur donna du fil à retordre.

Table 2, dite « Sensations fortes » : on s’attable pour Dune imperium, le possesseur de la version Insurrection étant absent, au grand dam de certains. Les sensations n’en ont pas été moins fortes, et c’est Mickaël, ex-aequo avec Xof à 10 PV, qui s’impose « aux épices », sous les yeux impuissants de Jack et Nico77.

Table 3, dite « Résistance au long cours » : La résistance perdure pour la fine équipe de ISS Vanguard, qui a réussi à contrer la plupart des assauts ennemis, venus de la couche de glace où elle s’était échouée et même des profondeurs, à commencer par Samuel, souvent ciblé, mais, par chance, le mieux équipé pour y résister !

Table 4, dite « Dîner débat » : Dom et François convient Marc à découvrir Grand Austria Hotel et le nouveau venu y reçoit comme de juste de très nombreux conseils sur la meilleure façon de nourrir les convives, d’employer les salariés, et de s’adjuger les bonus substantiels des cartes politiques. L’usage immodéré de ce newbeesplaining, nullement nécessaire car notre débutant n’a rien d’un perdreau de l’année, comme en témoigne un dernier tour ahurissant où il engrange pas moins de 48 PV, faillit se retourner contre son principal auteur, Dom l’emportant 146 à 145. François ferme la marche avec 57 PV, lesté par quelques mauvais choix, une malchance persistante aux dés, et un verre de vin manquant au dernier tour qui lui coûte une trentaine de points.

Table 5, dite « Sans entraves  » : à la faveur de la nuit, les petits jeux ont prolongé un plaisir sans entraves. Mickaël, François, Xel, François-René et Jérôme se trouvent « disciples » à Profiler (score de 17), puis une suite de manches de Crack List s’ensuit, menaçant chaque fois de prendre fin avant de trouver un prétexte pour une dernière : on ne va pas se quitter comme ça, la pluie redouble d’intensité et….il faut que tout le monde reparte avec sa victoire. A ce dernier moment, seul François-René n’a pas encore eu la sienne, et la tablée connut sa petite mort quand, d’un râle, il expulse sa dernière carte, un J, en criant « Jouir » pour ‘choses qu’on fait plusieurs fois dans la journée’.

Séance de MARDI 20/08/2024 à Servel

Le 20 août 1944, l’immeuble qui se trouvait en partie à l’emplacement de l’actuelle AFP fut le premier pris par les résistants, lors de la Libération de Paris. Le groupe de journalistes clandestins qui s’en empare diffuse sa première dépêche, cinq jours avant l’arrivée des blindés du général Leclerc : « Grâce à l’action des Forces françaises de l’intérieur, les premiers journaux libres vont paraître ».

L’AFP reprend ainsi le bâtiment de l’OFI (Office Français d’Information), créé par Vichy et que l’occupant avait transformé en officine de propagande, au mépris d’une histoire qui remonte à 1835 et aux débuts de l’agence Havas. L’AFP a aussi hérité des structures nées sous l’occupation : l’Agence française d’information (AFI) lancée à Londres en 1940, l’Agence France-Afrique à Alger (1942), et l’Agence d’information et de documentation (AID), créée en 1944.

80 ans  plus tard, les reporters de Parties Civiles étaient sur tous les continents.

Table 1, dite « Oracles grecs » : on redécouvre Olympos, un jeu des années 2010 du créateur de Smallworld, Philippe Keyaerts, trop longtemps oublié sur nos tables. Les mécanismes sont très classiques (exploration, collection de ressources qui serviront à acheter des technologies ou des merveilles, empilées en colonnes), mais le tour de jeu innove pour l’époque avec un compteur de temps où le tour de jeu revient à celui qui est le plus en retard. Le choix des tuiles techno est crucial, et Mickaël s’en sort bien avec deux qui lui permettent de gagner du temps, tandis que Dom honore les dieux, un bon choix aussi car cela lui permettra de gagner toutes les visites au mont Olympe. François se focalise sur les gains de déplacement et Marc sur les armes, deux choix intéressants aussi, mais c’est surtout sur les colonnes que va se faire la différence. Dom focalise sa stratégie sur deux colonnes et s’empare de deux merveilles, tandis que Mickaël gagne les tuiles bonus de fin de partie qui feront sa gloire. François lorgne la colonne du bois, mais s’en voit privé trois fois de suite par des attaques de ses concurrents et est à deux doigts de quitter la table, avant de reprendre un calme olympien et de parvenir à ses fins (une merveille à 10 PV). Le résultat final est contrasté avec Dom 57, vainqueur grâce à ses Dieux face à Mickaël, 56. Marc complète le podium avec 30, suivi de François, 29.

Table 2, dite « Dépêche américaine » : à Marvel United, Xel, Nico77, François-René et Steven mettent un temps infini à construire leur plateau, échouent, puis remettent le couvert et finissent par l’emporter de justesse. Puis ils découvrent Escape from New York, autre jeu coopératif où, sous forme de course contre la montre, il s’agit d’ explorer les rues dangereuses de New York, à la recherche du Président, de la cassette du gouvernement et du schéma des ponts pour s’échapper en évitant de sauter sur une mine. Ils échouent à le dominer cette fois-ci.