Séance de VENDREDI 12/08/2022 à Servel

Depuis sa création en 1949, la RDA subissait un flot d’émigration croissant vers la RFA, particulièrement à Berlin. La frontière urbaine est difficilement contrôlable, contrairement aux zones rurales. Entre 2,6 et 3,6 millions d’Allemands fuient la RDA par Berlin entre 1949 et 1961, privant le pays d’une main-d’œuvre indispensable au moment de sa reconstruction et montrant à la face du monde leur faible adhésion au régime communiste. Émigrer ne pose pas de difficulté majeure, car, jusqu’en août 1961, il suffit de prendre le métro ou le train pour passer d’est en ouest. Pendant les deux premières semaines d’août 1961, riches en rumeurs, 47 000 citoyens est-allemands passent à l’Ouest via Berlin.

Officiellement appelé par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste », un dispositif militaire complexe comportant deux murs de 3,6 m de haut, avec un chemin de ronde, entourant intégralement le secteur ouest de la ville sur 155 km, fort de 302 miradors et dispositifs d’alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et de barbelés dressés vers le ciel, est érigé en plein Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par la RDA, qui tente ainsi de mettre fin à l’exode croissant de ses habitants vers la RFA. Il séparera physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant 28 ans, et constitue le symbole le plus marquant d’une Europe divisée par le rideau de fer.

Mobilisation pour sauver un pan du mur du Berlin - Le Point

61 ans plus tard, à Lannion, on se battait pour la liberté, à l’abri de murs et d’enclos.

Table 1, dite « Enclos à défendre» :  à cette table, on tenta jusqu’au bout de la nuit de protéger les espèces en construisant des zoos aussi attractifs que possibles à Ark Nova. L’un ne va pas sans l’autre à ce jeu, où deux pistes font le tour du plateau : attractivité et conservation, et celui qui y progresse jusqu’à leur point de rendez-vous gagne la partie. Axel, faisant longtemps cavalier seul jusqu’à être repris sur la fin par François, fond sur la victoire avec 23 points, tandis que François (7), Olivier B (6) et Mickaël (4) forment un beau tir groupé.

Table 2, dite « In memoriam » : dans l’univers tourmenté de Nemesis, Yann sombre le premier, rejoint ensuite par Nicolas II. Les deux morts au champ d’honneur laisseront Camille et François-René s’adjuger une victoire à la Pyrrhus.

Table 3, dite « Marche à l’ombre » : Le mystère de Whitehall voit Thomas réussir à rester furtivement tapi dans l’ombre l’essentiel de la partie, mystifiant Xel et Adélie qui ne savaient à quel GPS se vouer. Il eut moins de chance à In Flanders field, périssant, tout comme Adélie, sous l’effet de la fatale combinaison « triple 1 ». Plus prudente, Xel tira les marrons du feu.

Séance de VENDREDI 01/07/2022 à SERVEL

Le 1er juillet 1997, Hong Kong était rétrocédée à la Chine, tout en gardant un statut de Région Administrative Spéciale (RAS). Si le fameux « un pays, deux systèmes » a longtemps octroyé à l’île un régime d’exception en matière de liberté d’opinion et de marché, en ce 25-ième anniversaire, on peine à distinguer le deuxième système tant le premier a pris le pas, avec la fermeture des fameux journaux hong-kongais qui ont longtemps fait sa singularité (comme le fameux Apple daily), le verrouillage des institutions, et les si décriées lois d’extradition vers le continent.

Pendant ce temps, à Lannion, un quarteron de joueurs en goguette se réfugiaient dans l’univers rassurant des mondes imaginaires.

Lisa Benson's Editorial Cartoons - Hong Kong Protest Comics And Cartoons | The Cartoonist Group

Table 1, dite « Envoyé spécial » : nous accueillons à cette soirée un nouveau gentil membre, doté d’un prénom d’évangéliste, mais appelez-le Arakis, comme la planète-désert de Dune, entièrement couverte de sable et de roches, parcourue par les immenses vers des sables.. Ce jeune nouvel adepte, amené à nos tables par Fabrice, survole sa première partie à It’s a wonderful world. Il y devance Fabrice donc, mais aussi Olivier B et Xof. Avec plus de 200 jeux au compteur, notre nouveau venu n’a rien d’un vermisseau de l’année, et les parties avec lui risquent d’avoir un goût épicé  : quelque chose nous dit que cet envoyé spécial apposera une main de fer sur nos parties, même si elle se loge dans un gant de velours.

Table 2, dite « Si proche, si loin » : découvrant Ark Nova Nicolas II échoue à quelques encâblures de Samuel, et déclare avoir apprécié l’expérience de cette première partie à ce jeu, où il s’agit de construire un zoo moderne, géré de manière scientifique, en créant des enclos, hébergeant des animaux et soutenant des projets de protection des espèces dans le monde entier. Fred et Olive, eux, étaient loin sur la table de marque.

Table 3, dite « Libres et égaux » : final à suspense à cette table de Lords of Waterdeep, où Steven, à égalité avec Neox, gagne à la règle de départage. Baptiste-aux-mains-pleines fut l’hôte de ce duel épique.

Table 4, dite « Sous embargo » : une imposante table de Mythic battles emmène Axel, Mickaël, François-René et le jeune Paul jusqu’au bout de la nuit. Le couvre-feu ne nous autorise pas à en dévoiler l’issue.

Table 5, dite « Le péril jaune » : l’issue est restée incertaine jusqu’au décompte final de cette homérique partie de Brass : Birmingham, où, après un départ poussif, le grand timonier Thomas est en grand péril avec les jaunes. Mais il finit par s’imposer dans un mouchoir de poche, en témoigne une feuille de score d’une incroyable densité :  avec 165, il devance Xel, 163, François, 161, et Tristan, 151. L’enchaînement de développements pour construire des manufactures fut la clé d’une réussite construite sur le temps long.

Table 6, dite « Frères d’armes » : à Crypt, enfant d’un roi qui vient de mourir, vous devez récupérer plus de richesse que votre fratrie. Xof et Arakis l’emportent devant Fabrice.

Table 7, dite « Mort à l’arrivée » : soirée 100% Wallace pour les protagonistes de la table 5, qui se retrouvent à In Flanders field. Sur la ligne d’arrivée, Xel, à égalité avec François, doit gagner, mais ses dés ne lui autorisent aucune carte ! Mais elle sort de sa manche une carte de relance de dés, et le sort lui est favorable, contrairement à François, qui eut la rare infortune de faire un triple 1 qui l’obligea à perdre un tour ! Les deux autres furent déclarés morts au combat.

Séance de VENDREDI 29/04/2022 à Servel

Le 28 avril 1789 éclate la mutinerie du HMS Bounty. Ce navire de la Royal Navy avait été envoyé par le grand capital pour transférer des arbres à pain de Tahiti vers les Caraïbes. A sa tête le lieutenant William Bligh qui avait fait partie de la troisième expédition de Cook. Parmi l’équipage, un jeune marin, Fletcher Christian, a déjà voyagé avec Bligh comme padawan. Après avoir tenté pendant deux semaines de passer le cap Horn, le capitaine finit par changer de route et rejoindre l’Océanie par le cap de Bonne Espérance. Après 6 mois de voyages le Bounty atteint Tahiti après quelques accrochages au sein de l’équipage. Commencent 5 mois relativement libres où les marins goûtent aux plaisirs locaux. Mais les meilleures choses ont une fin et, la cale pleine de plants, le navire reprend la mer. L’humeur du capitaine se dégrade et il passe ses fréquentes crise de rage sur l’équipage, et notamment sur Christian. Au petit matin, ce dernier convainc la moitié de l’équipage de se mutiner et le capitaine se retrouve abandonné dans une chaloupe avec 17 autres marins restés loyaux et 5 jours de rations tandis que les 23 autres retournent à Tahiti après avoir échoué à s’établir sur un ilot coralien.

Les mutins se divisent ensuite, 15 restent sur place tandis que Christian et 8 autres, accompagnés par un groupe de 20 tahitien(ne)s emmenés contre leur gré repart pour s’installer sur l’île inhabitée de Pitcairn. Après une période de troubles, les survivants et leurs enfants forment une communauté qui y survit. De son côté, les loyalistes voyageront dans leur youyou sur 6500 km, évitant les tribus hostiles, passant à l’écart de l’Australie et finissant après un mois et demi par atteindre le Timor. Bligh y dénonce la mutinerie, y perd de maladie quelques compagnons et revient à Londres en mars 1790.

Six mois plus tard, le HMS Pandora fait voile pour retrouver les mutins. Ceux de Tahiti sont vite capturés mais ceux de Pitcairn ne seront pas repris. Notons que le Pandora est passé devant Vanikoro où il a ignoré des signaux de fumée, possiblement émis par les survivants de l’expédition de La Pérouse. Les aventures ne sont pas finies, le vaisseau s’échoue sur la grande barrière de corail et coule. Dix mutins survivants sont ramenés à Londres en juin 1792 et trois d’entre eux finiront pendus. Quant à Bligh, il eut encore le temps de retransporter avec succès une cargaison d’arbres à pain, d’être nommé gouverneur de New South Wales où il fut déposé dans un coup d’état et de finir vice-amiral. Pour ceux qui ont lu jusque là, oui je me suis trompé d’un jour.

Table 1, dite « Aventure au long cours » : longue, forcément longue partie de Eclipse pour F-R, Tristan, JiBee et OlivierL avec un Neox venu en curieux absorber les règles. « Juste un jeu de dés » bougonne Tristan avec un clin d’oeil. Aucune nouvelle ne nous est parvenue, souhaitons que les vaisseaux (spatiaux) soient arrivés à bon port.

Table 2, dite « Archipels et bateaux » : c’est Yamatai pour Olive, OlivierB et Vincent2. Le dernier nommé l’emporte avec 43 PV contre une trentaine aux deux autres.

Table 3, dite « A l’échafaud » : jeu du chat et de la souris pour petits et grands : Paul découvre son côté obscur dans le rôle de Jack au Mystère de Whitehall, face à Mickaël, Frank et Thomas. Au début il ricane mais l’angoisse naît au fur et à mesure du resserrement de la nasse policière. Le crime ne paie pas, jeune Paul, et sa Majesté est impitoyable.

Table 4, dite « Populations hostiles » : après la chouette partie il y a un mois, nous sommes plusieurs motivés par refaire un Pax Pamir (2nde édition), en l’occurence Fred et Dom (qui démarrent russes), François (anglais) et Christophe (afghan). Le marché initial est riche en partisans russes, Fred et Dom s’y servent, surtout le second qui peut les acheter gratuitement. Sur le terrain, Fred occupe 2 territoires et Christophe provoque quelques escarmouches pour éviter que les russes ne soient dominants (ce terme ayant un sens spécifique dans le contexte du jeu). Le premier contrôle de domination passe et 3 joueurs prennent chacun 1 PV. Christophe se sent bien seul tandis que Fred et Dom co-construisent une domination russe sur le plateau. Alléché par le parfum du succès, François se rallie à la cause et commence par froisser ses nouveaux alliés en tentant quelques coups bas.

Le second contrôle de domination est acheté par Dom, leur influence auprès des russes donne 5/3/1 points à Dom/Fred/François et le plateau est nettoyé des pièces de couleur. Fred a des vélléités de tourner coasaque mais a du mal à choisir entre afghans et anglais tandis que François déploie de nombreux espions histoire de bien figurer au décompte suivant. Rapidement, le 3e contrôle de domination entre au marché ; François joue un patriote afghan qui change son alignement en lui faisant perdre un espion. Dom a alors le plus de cylindres déployés, il déclenche le décompte et atteint 9 PV devant Fred 4, François 3 et Xof 0. Avec 5 points d’avance, il remporte automatiquement la partie.

Après ce dénouement relativement rapide, un accord est trouvé autour de Carcassonne, dans l’armoire depuis Noël dans une fort jolie édition « 20e anniversaire ». La table attire d’éminents experts, Thomas et Mickaël, qui commentent doctement et fournissent un soutien sur les règles. Le Dom en mode sangsue arrive à s’incruster dans le scoring de quelques villes juteuses et n’oublie pas de placer un meeple dans les prairies en fin de partie. Il évite la famine de meeples et finit avec 127 PV devant les trois autres groupés autour de 80.

Table 5, dite « Rébellion » : Gilles entraîne Lucie, Nicolas3 et Lohan dans la découverte d’Auztralia. Les jeunes se sont bien battus mais ont succomné trop tôt, rien ni personne n’a pu empêcher le triomphe des grands anciens. Les mêmes poursuivent avec un Oriflamme : une seule partie donc pas le temps de bien explorer les synergies entre cartes, mais ce qu’il faut de coups en douce. Et qui l’emporta ? Lucie-fer.

Table 6, dite « Communauté prospère » : dans l’aquarium on retrouve toute la ménagerie d’Ark Nova avec comme palefreniers Adélie, Xel, Samuel et François2. Comme les autres fois cela a duré mais dans l’aquarium comme en Océanie on ne vous entend pas vous noyer.

Table 7, dite « Signaux de fumée » : un joyeux mélange des tables 2 3 4 finit la soirée avec Just One en mode libre, on a bien dû faire une vingtaine de tours. Selon François, on a été plutôt bons (malgré l’élimination de Oeuf pour Cube, trop d’anciens ludopathes parisiens autour de la table), et pourtant il ne sut pas identifier Bar à travers les indices Comptoir, Poisson, Brochet, Mitzvah et Grillé.