Le 19 décembre 1971 sort Orange mécanique, adapté du roman éponyme d’Anthony Burgess, film d’anticipation autant que satire de la société moderne. Dans une cité urbaine futuriste, les jeunes ont pris le pouvoir et font déferler une violence sans contrôle dans un climat malsain, viscéral, souvent plus psychologique que visuel. Le film chronique l’action criminelle d’un gang (Alex et ses « droogies »), puis de la tentative de réhabilitation de son chef par un conditionnement psychologique expérimental et controversé. Alex y narre l’action à la première personne dans le langage nadsat, un argot anglo-russe inventé par Anthony Burgess qui ancre le film dans l’imaginaire teenager (nadsat est le suffixe des nombres de 11 à 19 en russe). Stanley Kubrick décrira son film comme « une satire sociale traitant de la question de savoir si la psychologie comportementale et le conditionnement psychologique sont de nouvelles armes dangereuses pouvant être utilisées par un gouvernement totalitaire qui chercherait à imposer un vaste contrôle sur ses citoyens et en faire à peine plus que des robots. » En 2020, Orange mécanique a été sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la bibliothèque du Congrès pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». Et pour son effet d’anticipation, pourrions-nous ajouter aujourd’hui.

54 ans après, aucune violence, plutôt un déferlement de douceur dans cette soirée de Parties Civiles à l’approche des fêtes, où l’on glissera quelques échantillons de nadsat pour ajouter au frisson de l’hiver. Tant qu’à se mettre au russe, autant le faire tôt.
Table 1, dite « Mâle dominant » : Dominant species marine plaît, et on y revient avec cette table de malchiks. Avec les forellas qu’il a méthodiquement cultivés, Tristan endosse le rôle du mâle dominant. Il tolchoke soigneusement ses rivaux, Mickaël, Fred et Vincent-de-Dune, de sorte qu’à la fin leurs guttiwuts luisent à l’air sur le trottoir.
Table 2, dite « Very bad trip » : Une petite bande se forme pour un voyage exotique à Istanbul et JérômeC s’impose sans coup férir à Thomas et Franck. Ce dernier rejoint ensuite son podooshka, laissant les deux « bad guys » en tête-à-tête, et n’assistant donc pas à la deuxième défaite de Thomas à Le seigneur des Anneaux: Duel pour le terre du milieu. Trop oomny pour ses rivaux, mais resté sammy dans l’âme, Jérôme poussera la prévenance jusqu’à la réconciliation autour du coopératif Sky team, évitant à Thomas la perspective d’une soirée en mode very bad trip.
Table 3, dite « Toute première fois » : 4 novembre 2022, c’est la dernière fois que Funkenschlag avait été aperçu sur nos tables, statistique ébouriffante que l’on doit à l’assiduité sans faille de nos chroniqueurs bénévoles, merci à eux ! Jack et François-René en sont des adeptes chevronnés, quand Pierre-Yves et Caroline découvrent. Pour eux, atteindre le podium relèverait déjà d’un snooty éveillé. Mais ce jeu d’enchères n’est pas qu’une question de yarblockos. Pas spoogy pour deux sous devant cette concurrence féroce, Caroline réussit à s’imposer aux malchiks, à la surprise générale. Avec Jack et François-René, elle avait alimenté 17 centrales, mais gagne au départage avec un gros podooshka de billets.
Table 4, dite « Take back control » : Joli rabbit de la part de Corentin à l’inépuisable Ark Nova, où il mystifie Virgine et Faline d’un point, glané en plus avec la carte Europe, sans avoir usé du moindre veloceet.
Table 5, dite « Expérimentation sociale » : Gérard a fait la récente acquisition de Limit – un jeu très réaliste, construit sur la lecture du rapport Meadows, et qui permet de simuler l’impact du développement humain sur les 9 limites planétaires. Le jeu semble complexe mais sa mécanique est simple: à chaque tour, on joue un carte et on en décline les conséquences. Il faut veiller à nourrir la populaton croissante, et sa soif de biens matériels, mais aussi sa popularité, sans oublier de se défendre de quelques voisins belliqueux. Tous adoptent une stratégie assez prudente, sauf François, qui expérimente en mode oddy knocky, poussant les curseurs de la croissance. Un peu trop, le voilà bientôt en crise de colis à livrer à ses ouailles, et en manque de pétrole pour faire tourner ses usines. De plus, avec ses cartes militaires, il joue au prestoupnick et fait mewler ses rivaux. Le retour de shlaga est violent, sa population décline brutalement, et il termine à -33. C’est Gérard qui a le mieux conduit sa barque. Avec 26, il s’impose en starry routier des plateaux, devant Dom, 18, et Xel, 14.
Table 6, dite « Psychologie comportementale » : La soirée se termine par The gang, autour d’une table recomposée avec Xel, François, Thomas, Corentin, François-René et Dom. A six, on rentre dans l’épaisseur du trait des calculs probabilistes des combinaisons au poker, même avec un flot de gavareet théoriquement proscrit à ce jeu silencieux, les droogies essuyèrent quelques échecs. Mais ils furent suivis d’une belle victoire finale à une heure bien peu chrétienne. Il était plus que temps d’aller au zasnoot !



Jibee, Audrey et moi-même nous attablâmes autour de Tzolkin. Jibee, en bon connaisseur du jeu, me fit un rapide rappel des règles, car si j’y avais joué une fois, c’était en 2013 et j’avais eu l’occasion de pratiquer de bons jeux entre temps.
Commémorant cette triste disparition, c’est donc à une plus lointaine destination que François-René fit embarquer Virginie, Xel et VHS pour un Fukenschlag autralien. La carte de l’Australie recèle de nombreux pièges: villes non reliées aux autres et nécessitant un vol de jonction, ressources rares et augmentation de leur prix subite en Stuffe 3, centrales nucléaires ne permettant pas d’alimenter les villes.
… où un Alien Frontier fut joué par MKS, Frank, Hélène la Briochine et Baptiste 1er dit « 2nd age of hair ». Ce dernier raconte :
… où VHS a raconté les règles de Terra Mystica à Clarisse, Rémy et Gérard tout en écoutant Jeff tailler un roupillon. Après cela tout le monde a tiré le gagnant au sort qui fut favorable à VHS ayant eu les ingénieurs en cadeau. La partie qui suivit ne fut qu’un agréable moment car le jeu est bien foutu. A noter la bonne performance de Jeff qui ayant tiré « le peuple qui perd » : les Fakirs termine 2nd avec un bon finish, suivi de Gérard longtemps présumé 2nd avec les Halefings, suivent Clarisse avec les Aurènes et Rémy avec les Sorcières.