Roman Polanski, 93 ans aujourd’hui, né à Paris, vit en France jusqu’à l’âge de 3 ans, puis, son père n’arrivant pas à s’y sentir chez lui, à Cracovie, au début de 1937. Il y consacre son temps au cinéma, celui des forces d’occupation. « Aller au cinéma n’était pas considéré comme un acte patriotique : la façade du bâtiment était régulièrement recouverte de graffitis comme « Seuls les porcs vont au cinéma ». Je me retrouvais donc souvent dans des salles vides, à regarder des films allemands, seuls projetés : des comédies stupides, des opérettes nullissimes ou des drames de propagande. Je savais que c’était nul, mais être dans la salle me plaisait ».
Du ghetto où il s’échappe règulièrement, il sortira à sa liquidation, le 14 mars 1943, vivant dans des familles d’accueil car entretemps, sa mère, enceinte, et sa grand-mère ont été déportées au tout proche camp d’Auschwitz, dont elles ne reviendront pas, et son père, qu’il retrouvera en 1945, à celui de Mauthausen.
Au rendez-vous de Parties Civiles, intrigues fantastiques et complots permettaient de revisiter son répertoire.
Table 1, dite « Le couteau dans l’eau » : David poursuit son exploration des classiques à la table de Glory to Rome. Son parcours se termine dans les Catacombes, carte invoquée par Dom pour mettre fin à la partie, non sans raison, car il l’emporte avec 28, bien équuilibré entre bâtiments et coffre-fort (12+16). François, qui a enchaîné les combinaisons juteuses, fomentait un coup fumant en construisant une statue de marbre sur une fondation de pierre bâtie sur des briques et des débris. Légal ? Il y eut controverse, car il appliqua la propriété d’une carte aux bâtiments de pierre. Un bâtiment de marbre sur fondation pierre devient-il de pierre ? Cette thèse fragile fut vilipendée, tout comme sur BGG, un intervenant s’en rappelle (« It’s not a point I would argue (like, say, if they tried to use a Road to change a Stone building into a Marble one — then there will be blood »)… Quoi qu’il en soit, ce coup de force ne fut au final qu’un couteau dans l’eau, car les catacombes interdirent qu’il finisse la statue à +3 PV, ce qui aurait scellé sa victoire. Il échoue à 24 (7+17), devant Xel, 16 (13+3), et David, 13 (8+5), mais il tient sa revanche à Faraway, matant Xel (59 à 52), David, 44, et Dom, 40 avec 5 zéros en huit cartes mais un 18 en sanctuaires digne de la chapelle Sixtine. En conclusion, tous les chemins ne mènent pas à la gloire de Dom, mais celui de Rome est le plus sûr !
Table 2, dite « Cul-de-sac » : Suspense haletant à la table de Dune Imperium – Insurrection ! Coincés dans un cul-de-sac, Corentin, Mickaël et François-René, tous trois à 11, se font détrousser par Benjamin qui l’emporte avec un petit point de plus ! PV
Seuls les enfants changent le monde, et ils étaient là, en ce dimanche, petits et grands enfants à s’ébrouer gentiment dans la salle de la maison de quartier de Servel. Une table tôt formée de Rajas of the Ganges faisait office de comité d’accueil, et les protagonistes s’y plurent tant qu’ils en redemandèrent en fin de journée. A la table d’Inis, on observa un singulier retournement, le vainqueur qui s’avançait étant défait sur une manœuvre tout en nuance d’un autre, qui œuvrait pour un troisième, faiseur de roi à défaut de l’être lui-même. Il s’en fallut d’un défenseur au royaume du Brenn, erreur fatale. Est-ce la force d’être juste qui manquait ? A défaut de nuances, les clans de La Famiglia ne manquaient pas de courage, mais ils s’affrontèrent dans un silence religieux, c’est rare pour la Sicile, tandis que plus loin se jouait Le destin de la communauté. Entre les gros jeux, les amuse-bouches florissaient, de Château Combo à Faraway, et Crack List pour finir. Le soir n’était pas tombé quand il fut temps de coucher petits et grands, et la nuit venue, de méditer à leur jeunesse et la nôtre, à nos vies aussi rapides à se dissiper dans le soir qu’un chagrin d’enfant.
