Séance de VENDREDI 07/08/2026 à Servel

À l’angle des rues, dans les squares, abritées par des établissements culturels, les fontaines Wallace, au nombre de 107 aujourd’hui, enrichissent le patrimoine parisien. Cete histoire débute le 7 août 1872 sur le boulevard de la Villette, à l’initiative de leur donateur, Sir Richard Wallace (1818-1890). Inspirées des « drinking fountains » de Londres, elles sont à l’origine équipées de gobelets en étain retenus par une chaînette, supprimés pour des raisons d’hygiène en 1952. Le grand modèle à cariatides est le plus répandu, mais il existe également un modèle en applique et un à colonnettes.

Richard Wallace vécut une grande partie de sa vie à Bagatelle. Héritier d’une grande fortune, ce philanthrope fit don à la ville de 50 fontaines à boire après avoir vu les Parisiens subir une pénurie d’eau durant le siège de Paris et la Commune en 1871. L’engouement est tel qu’il financera 10 fontaines supplémentaires en 1876, puis 10 autres trois ans plus tard. Les fontaines Wallace ont été le premier grand effort de coopération public/privé pour répondre à un besoin humain essentiel: fournir à tous l’accès à l’eau potable.

Fontaine Wallace, 1872 - French School

154 ans plus tard, la France a soif, et l’accès à l’eau devient un enjeu que nous ne soupçonnions pas. Quant aux adhérents de Parties Civiles, par cette chaude soirée d’août, ils ont vécu de jeux et d’eau fraîche.

Table 1, dite « Soif de victoire » : A la table de Dewan, Nolwenn engrange deux victoires, disposant de Younaël et Pierre-Yves, et battant Faline  à son propre jeu. La soirée se poursuit par des Prototypes dont Younaël a le secret.

Table 2, dite « Sous le soleil exactement » : après un faux départ mardi, Beyond the sun, déjà aperçu en 2023, fait son grand retour sur nos tables, promu par Fred, qui n’a cette fois pas à se lancer dans une explication, faisant face à trois bons élèves qui ont consciencieusement épluché les règles. Un jeu d’exploration, où la matière première se compose de dés dont les faces représentent d’abord une réserve, puis, une fois débloqués, un meeple ou un vaisseau de force variable, et qui comporte deux théâtres d’opération : une arborescence de cartes à découvrir, et l’espace intergalactiques, avec ses planètes et postes avancés. Tout l’art du jeu consiste à choisir le bon dosage entre les deux, les cartes apportant des technologies utiles, et les planètes, une fois colonisées par les vaisseaux, fournissant le gros des PV. Fred se révèle orfèvre en la matière, réussissant à investir la carte habilement et notamment à dévoiler une carte de Niveau III redoutable, tout en colonisant à tout va (24 de ses 61 points). Dom est son premier dauphin à 48, avec un palmarès très équilibré, Xel le suit de peu à 47, et François, 41, ferme la marche malgré deux belles technologies propriétaires glanées lors de ses conquêtes. Un jeu fluide, aux mécanismes épurés : on y reviendra avec plaisir. Ils enchaînent sur Odin, et là, la stratégie de Dom fait merveille : avec 4 petits points (et 3 manches gagnées sur 5 !), il s’impose sans coup férir. Fred et François (14), tout comme Xel (23), n’ont rien pu faire.

Table 3, dite « Grand ruissellement » : à Marvel champions, on rejoue le scénario du bouffon vert. François-René, David, Armand et Nico77 ont fait ruisseler le fruit de leur victoire à parts égales.

Table 4, dite « De l’eau, sinon rien » : Benjamin, Mickaël et Corentin: un trio de choc pour Le château blanc, avec son extension Matcha ! Mickaël l’emporte, récoltant le fruit de son labeur à l’arrosage du jardin pendant que ses adversaires passaient leur temps à boire du thé avec des Geishas ! Benjamin prend ensuite sa revanche à Orbital, par une stratégie agressive qui le voit engranger 8 de ses 18 points au dernier tour.

Table 5, dite « Coopération publique » : les tables se recomposent en fin de soirée autour du populaire The gang, dans une ambiance de tripot où l’on sert pas que de l’eau.

Séance de MARDI 28/07/2026 à Servel

Le 28 juillet, la «Journée de commémoration du Grand Dérangement», commémore au Canada la déportation du peuple acadien par les autorités britanniques en 1755, reconnaissant ces événements tragiques et rendant hommage à la résilience du peuple acadien. C’est la première tentative recensée de nettoyage ethnique en Amérique du Nord, l’une des plus grandes déportations jamais perpétrées par les Anglais contre un peuple qui vivait sur ses terres depuis de nombreuses générations, et largement considérée comme un crime contre l’humanité.

Vers la fin du XVIIᵉ siècle, des colons venus de France émigrèrent vers ce que l’on connaît aujourd’hui sous les noms de la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, et y fondèrent la première communauté acadienne. Ces Acadiens vivaient paisiblement en Nouvelle-Écosse depuis la fondation de Port-Royal en 1604. Ils établirent une petite colonie dynamique, construisant des digues pour dompter les hautes marées et irriguer les riches champs de foin. Largement ignorés par la France, les Acadiens développèrent un esprit d’indépendance. Avec leurs amis et alliés mi’kmaq, ils se sentaient en sécurité, même lorsque la souveraineté sur leur territoire passa à la Grande-Bretagne après 1713.

Car en 1710, pendant la guerre de Succession d’Espagne, les Britanniques s’emparèrent de Port-Royal, capitale de l’Acadie, à l’issue d’un siège. Le traité d’Utrecht de 1713, qui mit fin au vaste conflit, céda la colonie à la Grande-Bretagne tout en permettant aux Acadiens de conserver leurs terres. Mais ces derniers étaient réticents à signer un serment d’allégeance inconditionnelle à la Grande-Bretagne. Au cours des décennies suivantes, certains ont participé à des opérations militaires françaises contre les Britanniques et ont maintenu des lignes de ravitaillement vers des forteresses françaises. En retour, les Britanniques cherchèrent à éliminer cette menace militaire latente. À mesure que la population acadienne augmentait, les Britanniques devinrent de plus en plus inquiets de leur loyauté envers la France et, en 1755, le gouverneur Lawrence ordonna à ses hommes de commencer à arrêter, dans le but de les déporter, tous les Acadiens de la Nouvelle-Écosse qui refusaient de déclarer leur allégeance à la Grande-Bretagne.

Le 28 juillet 1755, sans faire de distinction entre les Acadiens demeurés neutres et ceux qui avaient résisté à l’occupation, le gouverneur britannique ordonne leur expulsion. Lors de cette première vague, les Acadiens furent déportés vers d’autres colonies britanniques d’Amérique du Nord, puis, au cours de la deuxième vague, en Grande-Bretagne et en France. De là, un nombre important migra vers la Louisiane, alors colonie de l’Espagne, mais ces Acadiens réussirent à conserver leur culture française. Ils finiront par être connus sous le nom de «Cajuns». Au total, de 1755 à 1764, sur les 14 100 Acadiens vivant dans la région, 11 500 ont été déportés. Un recensement de 1764 indique que 2 600 demeuraient encore dans la colonie, ayant échappé à la capture.

En plus d’avoir atteint ses objectifs militaires en prenant Louisbourg et en affaiblissant les milices mi’kmaq et acadiennes, le résultat de l’Expulsion fut la dévastation d’une population principalement civile et de l’économie de la région. Les familles ont été séparées, des milliers de personnes ont perdu la vie durant le transport, succombant aux maladies dans les conditions insalubres des navires, se noyant lorsque des navires ont fait naufrage. Ceux qui ont atteint leur destination sont devenus des réfugiés, souvent mal accueillis, contraints d’errer à la recherche d’un foyer.

 PHOTO: Archives

Quelques années plus tard, les adhérents de Parties Civiles se pressaient en masse devant l’entrée de Servel. Ils ne menaçaient nullement l’ordre public, mais quand le porteur des clés, qui se reconnaîtra, apparut enfin, leur soulagement de pouvoir rentrer dans la maison était palpable.

Table 1, dite « Force de la nature » : A la table d’Aurignac, on poursuit la découverte du jeu. Benjamin et Mickaël découvrent et s’inclinent, Corentin, seul protagoniste de la première partie, sortant vainqueur en incarnant mère nature. Tout un programme !

Table 2, dite « Cartes et territoires » : soirée hommage à Rainier Knizia, auteur prolifique ayant publié plus de 800 jeux et livres, traduits dans plus de 50 langues ! On commence par Taj Mahal, un jeu qui a déjà 26 ans mais qui a tout du classique par ses mécanismes épurés. Un plateau composé des cités indiennes, des cartes illustrant les personnages et c’est parti pour douze tours, un par cité, où chacun abat progressivement ses cartes pour devenir majoritaire sur les types de personnage, ce qui permet d’établir un comptoir sur la carte, avec en plus un éléphant, qui permet de toucher des ressources lucratives, et un dignitaire qui autorise à construire des comptoirs annexes, et des cartes bonus qui récompensent la persévérance dans une couleur. Ultime twist, les cités sont reliés par un réseau dense, et un bonus est attribué si l’on parvient à relier directment différentes cités (à cet exercice d’anticipation, Dom fut virtuose). Au final, François l’emporte avec 50, bien aidé par sa acrte bonus jaune qui lui rapporta longtemps 2 PV à chaque tour, et par des ressoures patiemment amassées. Dom le talonne à 46, Olive complètant le podium à 42. Ils sont rejoints ensuite par Mickaël pour essayer le beaucoup plus récent Rebirth. Il s’agit ici de remplir une carte avec des jetons que chacun possède face cachée et découvre à chaque tour. La proximité des églises permet de tirer des objectifs de fin de partie, ce qui donne un côté asymétrique intéressant. Hélas, la règle ne fut pas respectée : il eut fallu retirer un certain quota de tuiles à chacun. Faute de l’avoir fait, on se retrouva en fin de partie avec un stock abondant sur un plateau quasi-plein ! Mickaël sort vainqueur (123), ayant colonisé le nord de la carte sans concurrence, Dom fit merveille avec son réseau et termine à 115, talonné par François (114), qui réussit l’exploit d’accomplir 4 objectifs, mais qui a tardé à bâtir un réseau efficace, et enfin Olive, 108, victime de l’esprit de conquête de ses adversaires qui capturèrent plusieurs de ses châteaux.

Table 3, dite « Communauté soudée » : à Marvel champions, on joue le scénario du bouffon vert. François-René, David, Armand et Nico77 ont formé une équipe soudée dans l’adversité.

Table 4, dite « Grand dérangement » : On salue le retour d’Axel, en villégiature sur nos tables, mais il est impuissant, tout autant que Vincent, à enrayer la marche triomphale de Faline, double vainqueure à  First giants puis victorieuse sur Dewan. Il fallut que Corentin, exfiltré de la Table 1, vienne jouer les trouble-fête et organise un grand dérangeement par une conquête éclair, ce qu’il ne manqua pas de faire en s’imposant à Got Five !

Séance de MARDI 21/07/2026 à Servel

Le 21 juillet 1861, pour la première fois de leur Histoire, les Américains s’affrontent sur un champ de bataille, de part et d’autre de la rivière Bull Run, en Virginie, à 60 kilomètres au sud de Washington. Les Nordistes, 35.000 hommes inexpérimentés et mal commandés, s’apprêtent à franchir un pont quand, assaillis par les forces sudistes, aussi nombreuses, mais commandées par des officiers plus aguerris, ils doivent se replier sur la capitale. Les Sudistes se prennent à croire à leurs chances de victoire. Bull Run marque le début de la plus terrible guerre qu’aient eu à subir les Américains : la guerre de Sécession, dite aussi «Civil War». Elle a déchiré les États-Unis pendant 4 ans et fait 617.000 morts parmi les combattants, davantage qu’aucune autre des guerres qui ont impliqué le pays. Elle s’est achevée par l’abolition de l’esclavage, la consolidation des institutions américaines… et la ruine du Sud.

First Battle of Bull Run - Wikipedia

Quelques années plus tard, deux tables se faisaient face à Parties Civiles, mais aucune guerre n’éclata, bien au contraire: elles fusionnèrent en une troisième !

Table 1, dite « Historique » : A la table d’Aurignac, on inaugure le jeu, qui se voit dépunché en direct. Dans une ambiance préhistorique, François-René sort vainqueur de Faline et Corentin en campant l’homme de Néandertal.

Table 2, dite « Toucher le fond » : on s’accorde entre Xel, David, Dom et François pour Abyss, jeu qui remplit tous les critères des membres exigeants : fun, pas trop compliqué, compétitif, et qui change (jamais joué depuis février). On note en début de parties des stratégies belliqueuses, ainsi François qui impose une surcharge de 2 à l’achat des seigneurs de ses adversaires (magnaninem, il y renoncera vite), Dom, qui invalide un des seigneurs de son choix pour chacun (manoeuvre cruelle qui prive ses adversaires de clés), ou encore Xel, qui vole des monstres. On touche le fond, donc, mais c’est le thème du jeu. C’est François qui met fin à la partie en achetant un septième seigneur, premièrement pour couper l’achat de lieux à ses concurrents, deuxièmement pour s’assurer un avantage compétitif (illusoire, puisque chacun joue encore une fois et fait des emplettes à bon compte). De plus, il commet une grosse erreur d’opportunité dans son achat. La sanction est imédiate, avec un pâle score de 62. On touche le fond, mais Dom est plus bas encore, à 60. David profite de mesures à foison judicieusement bonifiées et monte à 72, mais c’est Xel, qu’on n’avait pas forcément vue venir, qui l’emporte à 84.

Table 3, dite « Mésentente » : The Gang, nouveau classique des fins de soirée, réunit donc les participants de la soirée, sauf David. C’est une défaite de justesse, 3 à 2, dans une partie où les incompréhensions ont scellé une défaite évitable.

Séance de VENDREDI 19/06/2026 à Servel

Des livres pour combattre l'ignorance instaurée par KadhafiLe 19 juin était l’anniversaire de Mouammar Kadhafi. Officier des forces armées libyennes, il arrive au pouvoir lors du coup d’État de 1969, qui renverse la monarchie, et se distingue d’emblée par une politique panarabiste volontariste. En 1977, il réorganise les institutions de la Libye en faisant du pays une Jamahiriya (« État des masses »). En 1979, il renonce au poste officiel de chef de l’État, mais demeure de facto aux commandes avec le titre de « guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » (ou plus simplement « guide de la Révolution »), exerçant un pouvoir absolu en dehors de tout cadre temporel ou constitutionnel, jusqu’à son renverseemnt et sa mort en 2011 lors des printemps arabes.

L’analogie de sa biographie avec notre séance de Parties Civiles est troublante, jugez plutôt.

Table 1, dite « De l’argent à sortir » : La répression sanglante du printemps arabe de 2011, où le pouvoir répond aux manifestations par des tirs à balles réelles et des frappes aériennes sur la population, n’est pas sans évoquer l’ambiance lugubre de L’auberge sanglante. Les joueurs, tous issus du même clan familial, y accueillent des clients, avant de les occire, dépouiller et enterrer. Tout le jeu se base sur une pile de cartes multi-fonctions, qui servent dans les différentes actions du jey (recruter, tuer, construire et enterrer), et une piste de fortune personnelle, en francs. On y culmine au maximum à 40 francs, loin, très loin des 200 milliards de dollars que le guide lybien aurait sortis de Libye durant les trente années précédant sa chute. C’est d’ailleurs une des clés du jeu, car, quand le portefeuille grossit, il vaut mieux s’en délester contre des chèques, qui eux sont sans limite. A ce propos, Mickaël fit une erreur monumentale au dernier tour de jeu, omettant de convertir son magot en chèques alors qu’il atteignait 40 francs, se privant ainsi des 28 francs qui lui étaient promis en récompense de fin de partie sur une de ses cartes ! Il arrive au total de 80 francs et gagne miraculeusement au départage devant Faline, par 5 cadavres à 2. François, 70, et Thomas, 66, ont pâti de voir arriver la fin trop vite.

Table 2, dite « Un héritage à bâtir » : Avec 9 enfants, le guide lybien avait pensé à sa Descendance, qui exercera souvent des fonctions politiques ou militaires. Au jeu du même nom, Tristan mate sans coup férir l’opposition constituée par Fred, Virginie et Elie. Mais ce dernier prend sa revanche à El Dorado, d’une petite machette. Cet âge est sans pitié, mais pas sans rancune.

Table 3, dite « Des puissants à affronter » : De sa semaine prodigieuse, Xel sort auréolée de deux nouvelles victoire, battant deux hommes puissants,  Marc et Olive à Yamataï, puis Olive seul à Flat iron. Du royaume légendaire de l’archipel du Japon aux tours de Manhattan, les grandes puissances, que Kadhafi avaient villipendées tout au long d’un discours fleuve de 2009 à l’ONU resté célébre, tenaient leur maîtresse.

Table 4, dite « Des géants pour s’inspirer » : Admirateur de Charles de Gaulle, Tito et Mao Zedong, l’enfant de la Tripolitaine se passionnait particulièrement pour l’action de Gamal Abdel Nasser qui, avec le mouvement des officiers libres, a renversé la monarchie égyptienne et se posait en héraut du nationalisme arabe. Et puisqu’on parle de géants de l’histoire, Faline ressort de nouveau First Giants, dans la même configuration que la table 1. Un jeu issu de la refonte d’Elysium des Space Cowboys, selon les connaisseurs, et qui n’est pas inintéressant, même s’il est difficile à contrôler par l’assymétrie des familles de dinos et le rush d’une fin de partie non déterministe. Cette fois, Faline ne s’en laisse pas conter, et mate Mickaël, 43 à 42. François, 35, et Thomas, 32, étaient encore dans la courbe d’apprentissage.

Table 5, dite « Une histoire à marquer » : La fine équipe de ISS Vanguard continue sa campagne au long cours. Dépasseront-ils la longévité du colonel de Triploi au pouvoir (1969-2011) ? On peut en douter, mais qui saurait le dire aujourd’hui ?

Séance de MARDI 16/06/2026 à Servel

Le 16 juin 1858, lors de la campagne électorale à Springfield, Illinois, pour le poste de sénateur des États-Unis, Abraham Lincoln fait son fameux discours A house divided against itself cannot stand, concernant la situation de l’esclavage aux États-Unis. Il y met en évidence le danger de désunion du pays sur le problème de l’esclavage, défendant l’idée que l’esclavage est contraire aux droits de l’homme et qu’à ce titre, cette question ne peut faire l’objet d’un vote démocratique. Bien qu’il perde l’élection, il acquiert avec cet épisode une notoriété nationale qui lui permettra de se présenter à l’élection présidentielle de 1860 malgré une expérience de seulement deux ans à la Chambre des représentants, et de la remporter. Sa désapprobation personnelle de l’esclavage ne valait pas intention de l’interdire : « Je n’ai pas l’intention, insistait-il dans un débat en 1858, d’interférer avec les institutions de l’esclavage dans les États où il existe », ce qu’il répéta lors de sa campagne présidentielle. Il restera dans l’histoire comme l’auteur de la Proclamation d’émancipation des esclaves (1er janvier 1863), et de son abolition dans la Constitution (1er décembre 1865), mais les historiens rappellent que sa priorité en tant que président était liée à la restauration de l’Union, pas aux droits civiques des esclaves.

« Je dirai donc que je ne suis pas et que n’ai jamais été en faveur de l’égalité politique et sociale de la race noire et de la race blanche, que je ne veux pas et que je n’ai jamais voulu que les noirs deviennent jurés ou électeurs ou qu’ils soient autorisés à détenir des charges politiques ou qu’il leur soit permis de se marier avec des blanches. Dans la mesure où les deux races ne peuvent vivre ainsi, il doit y avoir, tant qu’elles resteront ensemble, une position inférieure et une position supérieure. Je désire, tout autant qu’un autre, que la race blanche occupe la position supérieure. ». Des mots difficiles à entendre 160 ans après, mais, pour les standards et les normes de son époque, ses opinions sur la race et l’égalité étaient progressistes, et ont contribué à changer les esprits.

Quelques années plus tard, à Parties Civiles, machines et usines étaient à pied d’oeuvre pour bâtir un monde nouveau.

Table 1, dite « Est-Ouest, modes d’emploi » : à la table de Nippon, Xel mate par ippon Olive, Gérard et Mickaël. Ce jeu économique au rythme effréné se déroule à une période charnière de l’histoire du Japon, au moment où une nouvelle grande nation voit le jour. Et dans ce Japon de l’ère Meiji, contemporaine de Lincoln, on construit machines et usines sans avoir besoin d’esclaves.

Séance de DIMANCHE 14/06/2026 à Servel

Seuls les enfants changent le monde, et ils étaient là, en ce dimanche, petits et grands enfants à s’ébrouer gentiment dans la salle de la maison de quartier de Servel. Une table tôt formée de Rajas of the Ganges faisait office de comité d’accueil, et les protagonistes s’y plurent tant qu’ils en redemandèrent en fin de journée. A la table d’Inis, on observa un singulier retournement, le vainqueur qui s’avançait étant défait sur une manœuvre tout en nuance d’un autre, qui œuvrait pour un troisième, faiseur de roi à défaut de l’être lui-même. Il s’en fallut d’un défenseur au royaume du Brenn, erreur fatale. Est-ce la force d’être juste qui manquait ? A défaut de nuances, les clans de La Famiglia ne manquaient pas de courage, mais ils s’affrontèrent dans un silence religieux, c’est rare pour la Sicile, tandis que plus loin se jouait Le destin de la communauté. Entre les gros jeux, les amuse-bouches florissaient, de Château Combo à Faraway, et Crack List pour finir. Le soir n’était pas tombé quand il fut temps de coucher petits et grands, et la nuit venue, de méditer à leur jeunesse et la nôtre, à nos vies aussi rapides à se dissiper dans le soir qu’un chagrin d’enfant.

Séance de MARDI 09/06/2026 à Servel

Le 9 juin 1975, débutait la carrière des voitures CoRail avec la mise en service des premières rames sur l’axe historique Paris-Austerlitz => Bordeaux. Le nom de baptême « Corail » n’est pas, comme on entend souvent, un mélange de confort et rail, mais viendrait d’une multitude de propositions. Popularisé par la publicité, il évoque la couleur orange vif des portières qui caractérisait la première livrée de ces voitures.

Cinquante et un ans plus tard, les membres de Parties Civiles étaient transportés de différentes manières.

Table 1, dite : « Carte orange » : Cinq joueurs autour de Lords of Vegas, c’est la promesse d’un bel embouteillage au pays du poker. Ce jeu nécessite une stratégie subtile, car, si l’on score des points de casinosconstruits en fonction de leur taille et leur étendue, la table de marque est graduée en seuils qu’il faut franchir (avec un casino unique !), seuil qui grandit au fur et à mesure. Gérard est bien parti, construisant habilement un casino rose lucratif, avant de basculer, au mitan du jeu, sur la couleur orange. Et pour cause, aucune carte de cette couleur n’est encore sortie, c’est donc qu’elles sont encore nombreuses dans le paquet se dit-il,  non sans raison, bientôt imité par ses adversaires et notamment Dom, persuadé d’avoir trouvé la martingale, et qui en use et abuse. Olive, pour sa part, adopte une stratégie opportuniste et belliqueuse, attaquant François le débutant sur ses casinos pour tenter d’en prendre le contrôle, en vain, pendnat que Xel mixe les couleurs, avec ausi un penchant orange. Mais la couleur ne sort toujours pas : aucune carte orange en 28 cartes tirées, comme en témoigne le  cliché ci-contre (on est sur du 2 pour mille en probabilité) ! Finalement les cartes tant attendues arrivent, et Dom progresse à pas de géant avec un casino de trois cases, avec une chance insolente aux dés (François tente de lui ravir son beau casino gris et fait deux jets de 5, et il sort un 6 !). Mais il est trop tard : François a pris trop d’avance avec ses autres couleurs, sans oublier un casino orange à trois étages bâti sur le tard, pour la soif, et porte l’estocade sur la carte Strip « FIN », celle qui clôt la partie, en possédant deux casinos à ses abords, dont un opportun casino bleu de taille 4 juste suffisant à l’approche du seuil 4 sur la table de marque. Il devance donc Gérard et Dom d’un souffle, Olive est un rail plus loin, quand Xel finit avec un wagon de retard. Au fait, que croyez-vous qu’il arrivait après la carte Strip de fin de partie ? Deux cartes orange….

Table 2, dite « Transport fluvial » : à la recherche d’un jeu au hasard dans l’armoire, Mickaël, Corentin et Benjamin font chou blanc, le détenteur des clés, qu’on ne nommera pas par charité, les ayant oubliées. Qu’à celà ne tienne, Mickaël fait un crochet à son domicile d’où il ressort illico, muni, toujours au hasard, d’une boîte de jeu issue de quelque placard.  Par une chance inouïe, il se trouve que c’est Ark Nova, un jeu bien connu des protagonistes. La suite s’est étirée dans la nuit.

Table 3, dite « Par delà plaines, forêts, déserts et montagnes » : Dewan a trouvé son public, Faline attirant à sa table David, Caroline et Virginie. L’invitation est un traquenard: elle remporte deux parties de suite, avec 42 puis 47. Parce que nous aimons aussi la poésie, on ne résiste pas au plaisir de vous conter le pitch du jeu :

“Un nouveau jour commence, mais nos ressources s’épuisent. Nous avons décidé de lever le camp et d’explorer les terres alentour afin de garantir notre survie. Que ce soit au détour d’une rivière ou au cœur des montagnes, nous chercherons les ressources dont nous manquons. Au cours de notre périple à travers forêts et déserts, nous protégerons le feu précieux qui nous réchauffe et éclaire notre chemin. Face à la pression croissante des tribus voisines, nous tiendrons bon et nous efforcerons d’écrire notre propre histoire.”

Séance de VENDREDI 29/05/2026 à Servel

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l’Histoire occidentale. Ce jour-là, Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II. La ville, vestige de l’empire romain, ultime dépositaire de l’Antiquité classique, faisait aussi office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l’islam. Sa chute devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d’Asie, les Turcs ottomans, traversent le détroit du Bosphore, s’emparant de la péninsule des Balkans. Ils installent leur capitale à Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople. Réduite à 40 000 habitants et dépourvue d’arrière-pays, elle n’est plus qu’un petit État, en affaires avec les marchés d’Extrême-Orient pour le plus grand bénéfice des marchands de Venise et de Gênes qui s’y approvisionnent en soieries chinoises. Elle ne dispose pour sa défense que de 7 000 soldats grecs et d’un détachement de 700 Génois.

Le siège de Constantinople commence en avril 1453 avec 150 000 hommes. L’empereur Constantin XI se fie aux puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en attendant d’hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles, le sultan Mehmet II fera projeter sans trêve pierres et boulets sur les murailles pendant plusieurs semaines. L’immense flotte du sultan complète le siège de la ville par le Bosphore et la mer de Marmara. Elle arrive à entrer aussi dans le chenal de la Corne d’Or. A l’aube fatale, des dizaines de milliers d’hommes ivres d’impatience entrent dans la ville. Dans la basilique Sainte-Sophie, l’empereur grec meurt les armes à la main, au milieu de ses derniers soldats. Dès la mi-journée, le sultan peut faire son entrée dans la ville.

Les combats ont fait 4.000 morts. Selon la tradition de l’époque, les vainqueurs s’offrent le droit de piller la ville, de violer et de tuer pendant les trois jours qui suivent sa chute. Tous les survivants (25 000) sont réduits en esclavage. Le sultan, qui songe à faire de Constantinople sa propre capitale et veut lui conserver sa grandeur, veille à ce que les pillages ne s’éternisent pas. Il fait venir des immigrants de tout l’empire pour rendre à la cité sa splendeur antique. Il peut enfin déplacer sa capitale à Constantinople, bientôt rebaptisée Istamboul, qui atteindra son apogée sous le règne de Soliman II le Magnifique.

Les historiens datent de cet événement la fin du Moyen Âge. La Renaissance qui lui succède doit beaucoup aux savants et artistes byzantins qui, réfugiés en Italie, ont contribué à la redécouverte de la culture antique par les Occidentaux.

la chute de l'Empire byzantin était-elle inéluctable ? | by Guillaume Henchoz | Quelle histoire ! | MediumQuelques années plus tard, sièges et batailles faisaient rage à Parties Civiles.

Table 1, dite « Pillée » : à Pax Pamir, le tour de table initial voit Gérard, Tristan et Fred choisir la casque russe, quand François fait le pari Afghan. Cette configuration ne changera guère plus, si l’on oublie une bréve incursion de Gérard dans le camp autochtone, vite reniée pour se repaître de la gloire des tsars, fût-elle partagée. Elle le fur pendant les premières dominations, et voici les trois aliés qui engrangent 3 points à chaque tour à coup de Dominance checks réussis (5+3+1/3=3). A l’aube du dernier tour, c’est le grand surplace, car toutes les cartes du tableau portent le blason de sa majesté, et les enrôler, c’est perdre son allégeance ! François en profite pour porter l’estocade, et construit routes et tribus avec des cartes qui combinent bien, offrant des bonus. Il le fait si bien qu’à un moment, compte tenu des points doublés de la dernière domination, il passerait de bon dernier à vainqueur ! Mais hélas, c’est un mirage et les troupes cosaques, Fred en tête à la tête d’un ahurissant cortège de cartes et de cylindres, prend un malin plaisir à détruire ses positions. C’est le même Fred qui finit par mettre fin au faux suspense, allant chercher la carte de la dernière domination qui lui offre un avantage décisif.

Table 2, dite « Familiale » : Les maisons rondes, logements ruraux uniques des zones de montagne du sud-est du Fujian, en Chine, datent de la dynastie Ming (17e siècle). Une maison ronde est grande, multi-étage, et fortifiée. C’est un logement en construction de terre, habituellement un clan entier y loge, fonctionnant comme « un petit royaume pour la famille ». Le jeu Round House qui en dérive déroule son beau plateau circulaire et sa complexité multiple. Férue de l’Asie, Xel finit à 135 et n’a aucun mal à rosser ses adversaires, Dom et Olive, qui franchissent d’un rien la barre des trois chiffres, soit 106 et 102 respectivement.

Table 3, dite « Historique » : On sait peu de choses de cette table dont le récit se perd dans le grand libre de l’Histoire – peut-être le Destin de la Communauté fut joué entre Faline, Nolwenn et d’autres figures.

Table 4, dite « Asymétrique » : Cole Wehrle  est en vue ce soir ! L’auteur de Pax Pamir est aussi honoré à cette table de Root, avec François-René, Corentin, Benjamin, Armand et Pierre-Yves. Certains ont découvert, dans la douleur, toute la difficulté d’appréhender ce jeu asymétrique et ont dû rendre les armes.

Table 5, dite « Antique » : A Ark Nova, Mickaël (qulle surprise !) attire Benjamin, et s’adjuge une victoire belle comme l’Antique.

Séance de MARDI 12/05/2026 à Servel

T-shirts - Glasgow 76Cinquante ans déjà que les Verts de Saint-Etienne s’inclinaient (0-1) face au Bayern de Munich, lors de la finale mythique de la Coupe d’Europe des clubs champions, après avoir trouvé deux fois les poteaux carrés d’Hampden Park (tir de Bathenay, tête de Santini). Le Bayern, une fois encore bourreau des Verts, après la demi-finale perdue de l’année précédente (0-0, 0-2). Dans sa chronique politique, le journaliste Patrick Cohen rend un bel hommage aux Verts sur France Inter en ce jour du 50e anniversaire de la finale de Glasgow.

« En ce temps-là, 1976, les téléviseurs étaient les cubes et les cuisines en formica. Les joueurs de foot avaient des cheveux longs, les shorts courts et des maillots moulants. L’Ukraine était en URSS, le Dynamo Kiev avec Oleg Blokhine était la meilleure équipe d’Europe. Et après la défaite légendaire du Dynamo à Geoffroy-Guichard en quart de finale, on chantait « Allez les Verts ! » dans tous les recoins du pays, jusque dans les émissions de Guy Lux, là où le foot alors n’avait jamais posé un orteil. »

Les Verts avaient fait rentrer le football dans les foyers français – contaminé, aussi, la politique, avec leur réception à l’Elysée.
Et Patrick Cohen de poursuivre :

« En 1980, François Mitterrand et Georges Marchais se rendent ensemble, mais en s’ignorant, à Geoffroy-Guichard. Défaite de Saint-Étienne. Commentaires séparés de l’un et de l’autre. François Mitterrand  « Je suis désolé du résultat, il faut dire que l’équipe allemande a été excellente, beaucoup plus rapide et plus puissante. Je trouve que Saint-Étienne a souvent mieux joué au milieu de terrain, mais s’est laissé déborder par la vitesse et la puissance. » Georges Marchais : « Je trouve qu’entre Larios et Platini, il y a quelque chose qui n’a pas bien marché. François Mitterrand était également du match ? Et oui mais moi quand je suis tout seul, on gagne. » Ce qui n’a pas changé à 50 ans d’écart, c’est la gauche qui se querelle ! »

PC comme Patrick Cohen, Poteaux Carrés, Parti Communiste, Progamme Commun…..et Parties Civiles, qui, en ce soir anniversaire, leur rendait hommage à sa façon.

Table 1, dite « Presque la même histoire » : Retour sur les tables de Signorie, après un long purgatoire, près de 7 mois. On retrouve trois des protagonistes de la partie jouée le 14 octobre dernier, Gérard, Xel et Olive, plus François qui découvre, c’est l’occasion d’apprécier à sa juste valeur la pédagogie de Gérard. Les premiers tours  se passent à investir dans les assistants, qui rendent les actions plus puissantes, et qui, hasard du tirage des tuiles bonus, font bénéficier d’un boost à l’issue de la manche 6 (2 PV par assistant), ce qui n’a échappé à personne. Encore faut-il choisir les bons, François le découvre à ses dépends qui prend un départ fumeux, qu’un finish de haut vol ne parviendra pas à compenser. Près de minuit, quand la partie prend fin après une embouteillage monstre sur le plateau où toutes les maisons se voient occupées, il termine quand même sur un score à trois chiffres, 111. Olive, 121, et Xel, 139, sont juste devant. Gérard a fait la course en tête et n’est pas rejoint, il réédite son score du 14 octobre dernier, avec 177 ! Mais Dom n’est pas là pour lui voler la vedette cette fois-ci, il engrange donc une victoire méritée.

Table 2, dite « Au poteau » : Pour Mickaël, Benjamin et Corentin, pas de clé de l’armoire, alors ils se rabattent sur Ark Nova. Encore me direz-vous ? Mais c’est comme un party game, rétorque Mickaël, qui a coiffé Corentin sur le poteau, au départage sur le nombre d’animaux !

Table 3, dite « Qui c’est les plus fortes ? » : Faline, Nolwenn et Virginie disputent un The loop où la force de leur collectif s’exprime au moins aussi bien que celui des Verts de 76 : une première partie gagnée, puis une seconde, plus largement encore !

Séance de VENDREDI 08/05/2026 à Servel

Pope Leo Stock Illustrations – 32 Pope Leo Stock Illustrations, Vectors & Clipart - DreamstimeIl y a un an exactement que le cardinal américano-péruvien Robert Francis Prevost est pape sous le nom de Léon XIV. Sa devise, « In illo uno unum », que l’on peut traduire par « En Celui qui est Un, soyons un », puise son inspiration dans la pensée de saint Augustin. Elle exprime un appel profond à l’unité des croyants dans le Christ, seul fondement véritable de la communion ecclésiale.

Un an après,  Parties Civiles honorait son Dieu unique: le jeu, et ses nombreux créateurs.

Table 1, dite « Deux éminences » : Xel, Olive, Gérard et Dom débutent la soirée avec Lancaster, dont nous vous invitons à relire la présentation dans un CR de 2024 : on place des ouvriers-chevaliers de force variable sur des emplacements en pouvant chasser un chevalier adverse moins gradé. Il y a aussi de résolues à chaque manche 3 « lois » (tuile condition => gain) et tous les joueurs votent pour ou contre de nouvelles lois ce qui permet à la fois d’en faire entrer en jeu de plus favorables et de chasser celles qui profitent trop aux autres. Chacun a développé sa chevalerie et son château mais à la fin Dom dominait à la fois sur la force totale (grâce au départage par ses nombreux écuyers), sur le développement de son château et sur la brochette de nobles recrutés. Il l’emporte avec 88 PV devant Xel 48, Gérard 41 et Olive 35.

Puis sort un nouveau jeu « fun et interactif » : Lords of Vegas où il s’agit par des manœuvres douteuses de développer des casinos le long de la célèbre artère The Strip. Un jeu avec des dés et donc plus ou moins de chance quand on les lance. Une originalité du jeu est sa piste de score qui, si elle démarre classiquement 1 2 3 4 etc. voit ensuite les valeurs s’espacer : 16 18 20 23 26. Comme on score un par un une fraction des casinos au début du tour, cela met une pression pour les agrandir puisqu’au bout d’un moment un casino rapportant 1 PV ne permet plus d’avancer au score. Pour cette partie de découverte, les autres se sont ingéniés à venir perdre leur argent sur les tables de jeu de Gérard qui n’en demandait pas tant. Il se détache rapidement avec Xel qui occupe efficacement des emplacements coûteux le long de l’avenue. Olive fait un coup habile lui donnant le contrôle d’un casino de Gérard mais celui-ci est trop devant : quand la carte mettant fin à la partie est piochée, il mène par 44 PV devant Xel 36, Dom 32 et Olive 20. On va sûrement y rejouer, peut-être à 5, et en explorant les négociations et les deals entre joueurs qui ajoutent encore du plaisir et des possibilités.

Table 2, dite « Résurrection » : la table 1 étant bouclée, restent 9 joueurs à se répartir et, après quelques atermoiements, Mickaël sort Orléans du placard, ce qui recueile l’assentiment général, et permet d’exfiltrer Younaël de la table 3. On joue donc à 5, et donc, c’est une foire d’empagne aussi bien sur les pistes de recrutement (quand il n’y a plus de jetons, c’est épuisé) que sur le plateau des déplacements (quand les domaines sont créés, c’est cuit). Marc fonde sa stratégie presque uniquement sur ce plateau, pour maximiser la formule Niveau de développement * (Comptoirs + Citoyens) et score bien sur ce critère, mais se voit pénalisé sur le reste des décomptes et culmine à 92. Younaël le rejoint sur ce même score, et François échoue  à 84, se voyant privé au dernier tour des trois actions qu’il visait, prises par les trois premiers joueurs, après avoir chouiné toute la partie contre Mickaël qui empruntait le même parcours sur la carte mais établissait systématiquement ses comptoirs avant lui ! Mickaël, donc, qui avait essuyé récemment quelques échecs cuisants, a de la mémoire et met fin à sa série noire de défaites, en copiant la stratégie gagnante de François lors sa partie mémorable du 2 janvier  Nanti de lucratifs brocarts, il l’emporte avec 117 sur un ultime coup de collier qui booste son niveau de développement à 6, en acquérant un des deux jetons Université, miraculeusement revenus en jeu après un épisode de peste (ceux-là même que convoitait François). Il coiffe Xof, qui avec 114, se voyait vainqueur, fort d’un beau trésor de guerre amassé au cours d’un habile chemin alternatif sur la carte où personne ne l’embêtait.

Faline remplace ensuite François pour une partie de Mythologies – dont l’écho ne nous est pas parvenu.

Table 3, dite « Soyons un » :  Après quelques conciliabules, c’est finalement le coopératif The loop qui réunit Faline, Franck, OlivierB et Corentin. Ils ne font qu’un mais leur communion sera inachevée, et ils essuient une défaite après avoir mené à bien trois chapîtres.