Séance de VENDREDI 11/09/2026 à Servel

Le , Jules Durand, un contremaître du Havre, est arrêté à son domicile par les forces de l’ordre avec les frères Boyer, secrétaire adjoint et trésorier au sein de leur syndicat, la CGT. Ils sont inculpés d’« incitation et complicité de meurtre sur la personne de Louis Dongé » et incarcérés à la maison d’arrêt du Havre. Il est reproché à Jules Durand d’avoir dit lors d’un rassemblement que Louis Dongé, par ailleurs membre du syndicat, serait supprimé. C’est le début de l’affaire Durand, que certains comparent à l’affire Dreyfus du monde du travail.

Deux jours plus tôt, une rixe éclatait sur le port entre trois ouvriers charbonniers en grève et Louis Dongé, contremaître non-gréviste, qui les insulte et sort un revolver. Les autres se précipitent sur lui pour le désarmer et le frappent à terre. Il meurt le lendemain à l’hôpital, succombant à une fracture du crâne. Stanislas Ducrot, agent général de la Compagnie Générale Transatlantique, voit dans la désignation de ses agresseurs l’opportunité de briser définitivement les mouvements grévistes, et les dénonce au procureur de la République, insistant sur le rôle supposé de Jules Durand. Anarchiste et syndicaliste révolutionnaire, secrétaire du syndicat des charbonniers (qui déchargent et mettent en sac le charbon arrivant par bateau), il est l’un des principaux animateurs d’une grève illimitée de 1910 contre l’extension du machinisme et la vie chère, et également un militant anti-alcool.

À la suite de cette machination, il est accusé d’être le « responsable moral » de l’assassinat, en réalité tué lors d’une rixe entre ivrognes. Il est condamné à mort mais grâce à une importante mobilisation, la peine est commuée en sept années de réclusion. Gracié partiellement, libéré en , il est totalement innocenté en 1918. Mais, brisé par cette affaire, il meurt en  dans un asile psychiatrique. Ces camarades le surnommaient le « buveur d’eau ». À la veille de son procès, en prison, il écrit dans une lettre à son père : « J’ai toujours dit aux ouvriers : (…) vous ne serez des bons camarades que lorsque vous ne serez plus plongés dans cet alcool qui, non seulement vous abrutit, malheureux, mais aussi ceux qui vous sont si chers : vos femmes et vos enfants ». Son patron avait en effet l’habitude de payer les dockers en jetons qu’ils devaient échanger auprès des tenanciers de cafés qui leur imposaient des consommations pour un minimum de 10 % avant de consentir à verser leur salaire.

Le , un siècle jour pour jour après que Jules Durand a été innocenté par la cour de cassation, un buste, dévoilé par le syndicat des dockers, est installé sur l’ancien quai à charbon. Son histoire a inspiré des travaux universitaires, une pièce et même un film.

Projection : Jules Durand, le Dreyfus ouvrier | LeHavre.fr

116 ans plus tard, des forçats de Parties Civiles allaient au charbon.

Préambule : Frank veut fare découvrir Lacuna, un jeu qui se joue en 5 minutes, dit-il. Sur un « foulard Hermès » tendu, on dispose 49 fleurs en formes de billes, 7 de chacune des 7 couleurs. A chaque tour, on trace une ligne imaginaire entre deux fleurs de même couleur, place son pion sur cette ligne, et récupère les deux fleurs. Le but est de récupérer la majorité des fleurs dans au moins 4 des 7 couleurs, sachant qu’en fin de partie, les fleurs restantes sont adjugées au plus proche des pions (ce qui bien sûr influence fortement la stratégie). Elie fut une victime consentante de cette agréable mise en bouche.

Table 1, dite « Erreur judiciaire » : Une table de Dune Imperium – Insurrection et son extension (avec les vers et les guerriers spéciaux) est le théâtre d’une intense bataille. En fin de partie, la situation est indécise. François se rêve bien placé, fort d’une manoeuvre au dernier tour qui, couplée à une carte de fin de partie, lui procurera deux points d’alliance. Mais il tombe dans le traquenard de Corentin, qui lui chipe un jeton chèrement acquis : +1 d’un côté, -1 de l’autre, et le voilà défait – 11 à 9. Ce n’est que justice tant Corentin a survolé la partie, faisant assaut de combinaisons toujours plus improbables, qui lui apportaient des gains mirifiques. Pourtant, Mickaël, au dernier tour, a cru pouvoir gagner seul avec une martingale inespérée née de sa domination des combats, mais manque d’un rien le seuil des 12, restant bloqué au cran dessous, celui de Corentin, donc. Par un pur miracle, il l’emporte quand même au départage, 4 épices à 3, dans ce qui s’apparente à un déni de justice pour qui a suivi la partie. Quant à Fred, relégué à 7, il n’a rien pu faire.

Table 2, dite « A l’eau claire » : à la table d’ISS Vanguard, la fine équipe, toujours composée de François-René, Armand, Jérôme et OlivierB, s’est sortie sans encombre d’une partie tranquille comme un verre d’eau claire. Ils finiront, rejoints de quelques autres, par The gang, dans une partie de poker propice aux breuvages plus costauds.

Table 3, dite « Travaux forcés » : Même à deux, une partie de Ora et Labora peut se terminer au-delà de minuit. Les travailleurs de force, Xel (295) et Olive (265), peuvent à bon droit s’adresser à leur syndicat.

Table 4, dite « Petites rixes entre amis » : Frank, Christophe et Dom s’installent pour une partie de Innovation, un jeu qu’on ne présente plus et qu’on peut qualifier de clivant, il a ses fans absolus et ses détracteurs implacables (nous savons aussi que des adhérents ont acquis la récente édition ultimate –aux graphismes hideux ou fonctionnels, c’est selon- mais ne l’ont pas encore apportée à nos soirées). Frank s’empare de deux dominations avec Agriculture mais ensuite un certain désordre se développe, motorisé par des cartes agressives comme La Poudre et Anatomie. Dom et Christophe se partagent les dominations suivantes, le premier en légère avance 4 à 3 (il en faut cinq pour l’emporter sur le champ). Frank se remet en selle avec Théorie quantique qui lui adjuge l’âge 8 et lui met en main une carte 10. Las, par deux fois Christophe s’en empare et se retrouve avec ces cartes puissantes dans son tableau. Il faut par contre qu’il soit prudent : s’il pioche trop de 10, il mettra fin à la partie en faveur de Dom qui a plus de points d’influence. Maîtrisant parfaitement un jeu qu’il n’avait pas pratiqué depuis un bon moment, il active Internet (puissant et polyvalent, comme chacun sait) et domine l’âge 9 avec 47 points d’influence mais surtout il met en jeu 3 cartes 10, ce qui fait que ses 5 cartes actives valent au moins 8 : il prend immédiatement la domination spéciale Sciences et gagne la partie.

Frank parti, Xof et Dom en refont une. Christophe utilise Métallurgie pour scorer cinq cartes 1 de suite et dominer l’âge 1. Cela en fait aussi la victime idéale de Cartographie qui augmente l’influence de Dom 3 points par 3 points et lui attribue les âges 2 et 3. Ensuite Dom use et abuse de Poterie pour continuer à scorer et dominer l’essentiel des âges suivants. A 5-2 en dominations, Christophe met en jeu une carte 7 rouge. Juste ce qui faut pour que Dom s’en empare avec Banque et, avec 37 d’influence, parvienne à la sixième domination qui scelle sa victoire.

Table 5, dite « Jouée d’avance » : Faline embarque quelques victimes à Wondrous creatures, un jeu soi-disant proche de Ark Nova, où tu construis progressivement ton propre petit monde fantastique en plaçant tes ouvriers, recrutant des créatures et créant des combos pour maximiser tes points. Elle s’impose, comme de juste, sans coup férir.

Table 6, dite « Passé simple » : Faline fait essayer à Elie et Dom Le Coupable est… Carnivore!, un jeu de déduction qu’il vaut mieux pratiquer avec un cerveau pas trop fatigué et qui peut rappeler certaines énigmes logiques qui paraissaient dans Jeux & Stratégie dans les années 80, cela ne nous rajeunit pas tout ça.

Séance de MARDI 8/09/2026 à Servel

Quatre ans déjà qu’Elisabeth II, reine du Royaume-Uni de Grande Bretagne, d’Irlande du Nord et du Commonwealth, nous a quittés. Cette séance de Parties Civiles lui rendra hommage à sa façon, en revisitant l’empire britannique et les confins d’un monde post-apocalyptique.

Table 1, dite « Trois lions » : Nous retrouvons, à la table de Rajas of the Ganges, trois habitués, Dom, Olive et François, et un rookie, Benjamin. A ce jeu qui permet de construire un vaste domaine peuplé de monuments, qui rapportent des points de prestige, et des comptoirs de marchandises, qui octroient de l’argent, tout l’art est d’avancer en rythme sur ces deux échelles, pour les faire se croiser, ce qui met fin au jeu. Fait extraordinaire, trois joueurs, nos « trois lions » emblématiques de l’équipe d’Angleterre, parviennent à croiser au dernier tout ! C’est Dom qui l’emporte avec 12, Devant Olive, 7, et François, 2. Benjamin, relégué à -60, aura observé la joute de loin, mais beaucoup appris. Le vainqueur a bâti son triomphe sur un dernier tour éclatant, et finit par un double six en lancer de dés, totalement inutile puisqu’il ne peut les utiliser, mais qui donnera un éclat singulier à sa gloire – la gloire de Dom, bien sûr !

Table 2, dite « Peine d’Angleterre » : Fallout plonge dans les terres désolées de Wasteland, entre ruines irradiées, factions rivales et rencontres aussi étranges que dangereuses. Chaque survivant explore, accomplit des quêtes et tente de se faire une place dans un univers fidèle à la célèbre saga vidéoludique. A cette table se pressent Corentin, François-René, David et Florian, potentiel nouvel adhérent – bienvenue à lui ! C’est Corentin qui gagne, une victoire sortie de nulle part sur « un coup de bol désastreux » au dernier tour. Désastreux, selon ses propres dires, car il aurait voulu que l’aventure se prolongeât. Mais le destin en décida autrement, le plongeant dans une peine comparable à celle du peuple britannique il y a 4 ans.

Table 3, dite « King Dom » : En fin de soirée, Olive et Dom se familiarisent avec un nouveau jeu, Babel, sous l’œil intéressé de F-R et Corentin. C’est un jeu où chacun doit construire des temples plus vite et plus haut que l’autre en utilisant 5 types de personnages, chacun ayant un pouvoir spécial qu’on peut activer si on joue habilement. C’est surtout un jeu d’affrontement où tous les coups sont permis : dynamiter un temple adverse, en voler un étage, débaucher des personnages adverses ou les renvoyer dans leur pénates. Autant dire qu’il ne faut pas prendre personnellement les mauvais coups qui ne manqueront pas. Le tour est très ouvert : on peut jouer de 0 à n actions, la seule limite étant les cartes qu’on a en main : on en pioche 3 par tour donc le tempo peut être très variable. Pour cette découverte accompagnée des commentaires de Corentin -c’est-plus-fort-que-lui, c’est Dom qui est parvenu le premier à remplir les conditions de victoire, avec 16 points de construction à 7.

Séance de MARDI 18/08/2026 à Servel

Roman Polanski, 93 ans aujourd’hui, né à Paris, vit en France jusqu’à l’âge de 3 ans, puis, son père n’arrivant pas à s’y sentir chez lui, à Cracovie, au début de 1937. Il y consacre son temps au cinéma, celui des forces d’occupation. « Aller au cinéma n’était pas considéré comme un acte patriotique : la façade du bâtiment était régulièrement recouverte de graffitis comme « Seuls les porcs vont au cinéma ». Je me retrouvais donc souvent dans des salles vides, à regarder des films allemands, seuls projetés : des comédies stupides, des opérettes nullissimes ou des drames de propagande. Je savais que c’était nul, mais être dans la salle me plaisait ».

Du ghetto où il s’échappe règulièrement, il sortira à sa liquidation, le 14 mars 1943, vivant dans des familles d’accueil car entretemps, sa mère, enceinte, et sa grand-mère ont été déportées au tout proche camp d’Auschwitz, dont elles ne reviendront pas, et son père, qu’il retrouvera en 1945, à celui de Mauthausen.

Au rendez-vous de Parties Civiles, intrigues fantastiques et complots permettaient de revisiter son répertoire.

Table 1, dite « Le couteau dans l’eau » : David poursuit son exploration des classiques à la table de Glory to Rome. Son parcours se termine dans les Catacombes, carte invoquée par Dom pour mettre fin à la partie, non sans raison, car il l’emporte avec 28, bien équuilibré entre bâtiments et coffre-fort (12+16). François, qui a enchaîné les combinaisons juteuses, fomentait un coup fumant en construisant une statue de marbre sur une fondation de pierre bâtie sur des briques et des débris. Légal ? Il y eut controverse, car il appliqua la propriété d’une carte aux bâtiments de pierre. Un bâtiment de marbre sur fondation pierre devient-il de pierre ? Cette thèse fragile fut vilipendée, tout comme sur BGG, un intervenant s’en rappelle (« It’s not a point I would argue (like, say, if they tried to use a Road to change a Stone building into a Marble one — then there will be blood »)… Quoi qu’il en soit, ce coup de force ne fut au final qu’un couteau dans l’eau, car les catacombes interdirent qu’il finisse la statue à +3 PV, ce qui aurait scellé sa victoire. Il échoue à 24 (7+17), devant Xel, 16 (13+3), et David, 13 (8+5), mais il tient sa revanche à Faraway, matant Xel (59 à 52), David, 44, et Dom, 40 avec 5 zéros en huit cartes mais un 18 en sanctuaires digne de la chapelle Sixtine. En conclusion, tous les chemins ne mènent pas à la gloire de Dom, mais celui de Rome est le plus sûr !

Table 2, dite « Cul-de-sac » : Suspense haletant à la table de Dune Imperium – Insurrection !  Coincés dans un cul-de-sac, Corentin, Mickaël et François-René, tous trois à 11, se font détrousser par Benjamin qui l’emporte avec un petit point de plus ! PV

Séance de MARDI 11/08/2026 à Servel

Le 11 août 1942, l’office des brevets américains enregistre, sous le n°2 292 387 une invention qui marque l’histoire scientifique : système de communication secret. Il comprend trois pages de schéma absconces et cinq de descriptions techniques, à peine plus claires, mais d’où émerge l’idée : grâce à ce procédé, les nazis ne pourront pas brouiller les torpilles américaines. Ce brevet qui décrit l’étalement de spectre par saut de fréquence (FHSS ou frequency-hopping spread spectrum), base des communications par téléphones portables, du positionnement des GPS, des liaisons militaires et du wifi, porte deux noms, celui d’un compositeur et ex-inspecteur des munitions, George Antheil, et celui d’une actrice et ex-femme d’un marchand d’armes autrichien, Hedy Kiesler Markey, connue sous son nom de scène Hedy Lamarr. La plus belle femme du monde, dit Hollywood à l’époque, la plus sulfureuse aussi, puisqu’elle fut la première actrice à tourner complètement nue et à jouer un orgasme à l’écran. L’US Navy lui rigole au nez quand elle présente son système de codage de transmission. Peut-on avoir des seins ET un cerveau ?

Hedy Lamarr sera finalement admise, en 2014, au National inventors hall of fame, Panthéon des découvreurs. Mais de son invention, qui aurait dû engendrer des bénéfices de 30 milliards de dollars, elle ne touchera rien. Jusqu’à sa mort, elle n’aura de cesse de produire des trouvailles, comme une pastille effervescente à dissoudre dans l’eau pour fabriquer une boisson gazeuse au goût de soda, un collier de chien fluorescent pour retrouver son animal dans le noir, ou encore des recherches empiriques sur l’optimisation du profil des ailes d’avions de chasse par biométisme. Mais Hedy Lamarr finira fauchée et recluse.

Hedy Lamarr, actrice et inventrice d'un système secret de codage des transmissions, à l'origine du GPS et du wi-fi. (CLARENCE SINCLAIR BULL / MOVIEPIX / GETTYIMAGES)

84 ans plus tard, des bricoleurs de génie étaient au rendez-vous de Parties Civiles.

Table 1, dite « Invention de la solitude » : Une table de Bruges et son extension bâteaux se constitue à l’écart, loin du brouhaha de la grande salle. Elle permet à David, qui arrive sur le tard, de rejoindre Xel, François et Dom pour découvrir le jeu. Dom prend un départ canon en détroussant ses adversaires d’emblée (cartes Mendiant et Voleur), et l’affaire est jouée. Il termine avec un tableau faramineux de 11 maisons, et le score explosif de 55. François, qui a tout misé sur les canaux, a joué de malchance par des titages défavorables au long de la partie. Mais avec seulement 4 maisons, il engrange le total respectable de 38, suivi par David, 28, et Xel, 23.

Table 2, dite « Transmission accélérée » : à la table d’Abyss, Corentin découvre mais un rien lui suffit pour que la transmission opère : il survole les débats avec 87, devant Nolwenn, 70, Pierre-Yves, 53, et Thomas, potentiel futur adhérent, 36 (bienvenue à lui).

Table 3, dite « Haute fréquence » : à Marvel champions, on joue de semaine en semaine, et ce soir, sur le scénario du méchant Klaw. François-René, Armand et Nico77 auraient-ils inventé le saut à haute fréquence ?

Table 4, dite « Chic et glamour » : pas de partie mais une master class à ARCS, avec Jack à la manoeuvre. Elouann, Fred et Vincent ont bu ses paroles.

Séance de VENDREDI 07/08/2026 à Servel

À l’angle des rues, dans les squares, abritées par des établissements culturels, les fontaines Wallace, au nombre de 107 aujourd’hui, enrichissent le patrimoine parisien. Cete histoire débute le 7 août 1872 sur le boulevard de la Villette, à l’initiative de leur donateur, Sir Richard Wallace (1818-1890). Inspirées des « drinking fountains » de Londres, elles sont à l’origine équipées de gobelets en étain retenus par une chaînette, supprimés pour des raisons d’hygiène en 1952. Le grand modèle à cariatides est le plus répandu, mais il existe également un modèle en applique et un à colonnettes.

Richard Wallace vécut une grande partie de sa vie à Bagatelle. Héritier d’une grande fortune, ce philanthrope fit don à la ville de 50 fontaines à boire après avoir vu les Parisiens subir une pénurie d’eau durant le siège de Paris et la Commune en 1871. L’engouement est tel qu’il financera 10 fontaines supplémentaires en 1876, puis 10 autres trois ans plus tard. Les fontaines Wallace ont été le premier grand effort de coopération public/privé pour répondre à un besoin humain essentiel: fournir à tous l’accès à l’eau potable.

Fontaine Wallace, 1872 - French School

154 ans plus tard, la France a soif, et l’accès à l’eau devient un enjeu que nous ne soupçonnions pas. Quant aux adhérents de Parties Civiles, par cette chaude soirée d’août, ils ont vécu de jeux et d’eau fraîche.

Table 1, dite « Soif de victoire » : A la table de Dewan, Nolwenn engrange deux victoires, disposant de Younaël et Pierre-Yves, et battant Faline  à son propre jeu. La soirée se poursuit par des Prototypes dont Younaël a le secret.

Table 2, dite « Sous le soleil exactement » : après un faux départ mardi, Beyond the sun, déjà aperçu en 2023, fait son grand retour sur nos tables, promu par Fred, qui n’a cette fois pas à se lancer dans une explication, faisant face à trois bons élèves qui ont consciencieusement épluché les règles. Un jeu d’exploration, où la matière première se compose de dés dont les faces représentent d’abord une réserve, puis, une fois débloqués, un meeple ou un vaisseau de force variable, et qui comporte deux théâtres d’opération : une arborescence de cartes à découvrir, et l’espace intergalactiques, avec ses planètes et postes avancés. Tout l’art du jeu consiste à choisir le bon dosage entre les deux, les cartes apportant des technologies utiles, et les planètes, une fois colonisées par les vaisseaux, fournissant le gros des PV. Fred se révèle orfèvre en la matière, réussissant à investir la carte habilement et notamment à dévoiler une carte de Niveau III redoutable, tout en colonisant à tout va (24 de ses 61 points). Dom est son premier dauphin à 48, avec un palmarès très équilibré, Xel le suit de peu à 47, et François, 41, ferme la marche malgré deux belles technologies propriétaires glanées lors de ses conquêtes. Un jeu fluide, aux mécanismes épurés : on y reviendra avec plaisir. Ils enchaînent sur Odin, et là, la stratégie de Dom fait merveille : avec 4 petits points (et 3 manches gagnées sur 5 !), il s’impose sans coup férir. Fred et François (14), tout comme Xel (23), n’ont rien pu faire.

Table 3, dite « Grand ruissellement » : à Marvel champions, on rejoue le scénario du bouffon vert. François-René, David, Armand et Nico77 ont fait ruisseler le fruit de leur victoire à parts égales.

Table 4, dite « De l’eau, sinon rien » : Benjamin, Mickaël et Corentin: un trio de choc pour Le château blanc, avec son extension Matcha ! Mickaël l’emporte, récoltant le fruit de son labeur à l’arrosage du jardin pendant que ses adversaires passaient leur temps à boire du thé avec des Geishas ! Benjamin prend ensuite sa revanche à Orbital, par une stratégie agressive qui le voit engranger 8 de ses 18 points au dernier tour.

Table 5, dite « Coopération publique » : les tables se recomposent en fin de soirée autour du populaire The gang, dans une ambiance de tripot où l’on sert pas que de l’eau.

Séance de MARDI 28/07/2026 à Servel

Le 28 juillet, la «Journée de commémoration du Grand Dérangement», commémore au Canada la déportation du peuple acadien par les autorités britanniques en 1755, reconnaissant ces événements tragiques et rendant hommage à la résilience du peuple acadien. C’est la première tentative recensée de nettoyage ethnique en Amérique du Nord, l’une des plus grandes déportations jamais perpétrées par les Anglais contre un peuple qui vivait sur ses terres depuis de nombreuses générations, et largement considérée comme un crime contre l’humanité.

Vers la fin du XVIIᵉ siècle, des colons venus de France émigrèrent vers ce que l’on connaît aujourd’hui sous les noms de la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, et y fondèrent la première communauté acadienne. Ces Acadiens vivaient paisiblement en Nouvelle-Écosse depuis la fondation de Port-Royal en 1604. Ils établirent une petite colonie dynamique, construisant des digues pour dompter les hautes marées et irriguer les riches champs de foin. Largement ignorés par la France, les Acadiens développèrent un esprit d’indépendance. Avec leurs amis et alliés mi’kmaq, ils se sentaient en sécurité, même lorsque la souveraineté sur leur territoire passa à la Grande-Bretagne après 1713.

Car en 1710, pendant la guerre de Succession d’Espagne, les Britanniques s’emparèrent de Port-Royal, capitale de l’Acadie, à l’issue d’un siège. Le traité d’Utrecht de 1713, qui mit fin au vaste conflit, céda la colonie à la Grande-Bretagne tout en permettant aux Acadiens de conserver leurs terres. Mais ces derniers étaient réticents à signer un serment d’allégeance inconditionnelle à la Grande-Bretagne. Au cours des décennies suivantes, certains ont participé à des opérations militaires françaises contre les Britanniques et ont maintenu des lignes de ravitaillement vers des forteresses françaises. En retour, les Britanniques cherchèrent à éliminer cette menace militaire latente. À mesure que la population acadienne augmentait, les Britanniques devinrent de plus en plus inquiets de leur loyauté envers la France et, en 1755, le gouverneur Lawrence ordonna à ses hommes de commencer à arrêter, dans le but de les déporter, tous les Acadiens de la Nouvelle-Écosse qui refusaient de déclarer leur allégeance à la Grande-Bretagne.

Le 28 juillet 1755, sans faire de distinction entre les Acadiens demeurés neutres et ceux qui avaient résisté à l’occupation, le gouverneur britannique ordonne leur expulsion. Lors de cette première vague, les Acadiens furent déportés vers d’autres colonies britanniques d’Amérique du Nord, puis, au cours de la deuxième vague, en Grande-Bretagne et en France. De là, un nombre important migra vers la Louisiane, alors colonie de l’Espagne, mais ces Acadiens réussirent à conserver leur culture française. Ils finiront par être connus sous le nom de «Cajuns». Au total, de 1755 à 1764, sur les 14 100 Acadiens vivant dans la région, 11 500 ont été déportés. Un recensement de 1764 indique que 2 600 demeuraient encore dans la colonie, ayant échappé à la capture.

En plus d’avoir atteint ses objectifs militaires en prenant Louisbourg et en affaiblissant les milices mi’kmaq et acadiennes, le résultat de l’Expulsion fut la dévastation d’une population principalement civile et de l’économie de la région. Les familles ont été séparées, des milliers de personnes ont perdu la vie durant le transport, succombant aux maladies dans les conditions insalubres des navires, se noyant lorsque des navires ont fait naufrage. Ceux qui ont atteint leur destination sont devenus des réfugiés, souvent mal accueillis, contraints d’errer à la recherche d’un foyer.

 PHOTO: Archives

Quelques années plus tard, les adhérents de Parties Civiles se pressaient en masse devant l’entrée de Servel. Ils ne menaçaient nullement l’ordre public, mais quand le porteur des clés, qui se reconnaîtra, apparut enfin, leur soulagement de pouvoir rentrer dans la maison était palpable.

Table 1, dite « Force de la nature » : A la table d’Aurignac, on poursuit la découverte du jeu. Benjamin et Mickaël découvrent et s’inclinent, Corentin, seul protagoniste de la première partie, sortant vainqueur en incarnant mère nature. Tout un programme !

Table 2, dite « Cartes et territoires » : soirée hommage à Rainier Knizia, auteur prolifique ayant publié plus de 800 jeux et livres, traduits dans plus de 50 langues ! On commence par Taj Mahal, un jeu qui a déjà 26 ans mais qui a tout du classique par ses mécanismes épurés. Un plateau composé des cités indiennes, des cartes illustrant les personnages et c’est parti pour douze tours, un par cité, où chacun abat progressivement ses cartes pour devenir majoritaire sur les types de personnage, ce qui permet d’établir un comptoir sur la carte, avec en plus un éléphant, qui permet de toucher des ressources lucratives, et un dignitaire qui autorise à construire des comptoirs annexes, et des cartes bonus qui récompensent la persévérance dans une couleur. Ultime twist, les cités sont reliés par un réseau dense, et un bonus est attribué si l’on parvient à relier directment différentes cités (à cet exercice d’anticipation, Dom fut virtuose). Au final, François l’emporte avec 50, bien aidé par sa acrte bonus jaune qui lui rapporta longtemps 2 PV à chaque tour, et par des ressoures patiemment amassées. Dom le talonne à 46, Olive complètant le podium à 42. Ils sont rejoints ensuite par Mickaël pour essayer le beaucoup plus récent Rebirth. Il s’agit ici de remplir une carte avec des jetons que chacun possède face cachée et découvre à chaque tour. La proximité des églises permet de tirer des objectifs de fin de partie, ce qui donne un côté asymétrique intéressant. Hélas, la règle ne fut pas respectée : il eut fallu retirer un certain quota de tuiles à chacun. Faute de l’avoir fait, on se retrouva en fin de partie avec un stock abondant sur un plateau quasi-plein ! Mickaël sort vainqueur (123), ayant colonisé le nord de la carte sans concurrence, Dom fit merveille avec son réseau et termine à 115, talonné par François (114), qui réussit l’exploit d’accomplir 4 objectifs, mais qui a tardé à bâtir un réseau efficace, et enfin Olive, 108, victime de l’esprit de conquête de ses adversaires qui capturèrent plusieurs de ses châteaux.

Table 3, dite « Communauté soudée » : à Marvel champions, on joue le scénario du bouffon vert. François-René, David, Armand et Nico77 ont formé une équipe soudée dans l’adversité.

Table 4, dite « Grand dérangement » : On salue le retour d’Axel, en villégiature sur nos tables, mais il est impuissant, tout autant que Vincent, à enrayer la marche triomphale de Faline, double vainqueure à  First giants puis victorieuse sur Dewan. Il fallut que Corentin, exfiltré de la Table 1, vienne jouer les trouble-fête et organise un grand dérangeement par une conquête éclair, ce qu’il ne manqua pas de faire en s’imposant à Got Five !

Séance de MARDI 21/07/2026 à Servel

Le 21 juillet 1861, pour la première fois de leur Histoire, les Américains s’affrontent sur un champ de bataille, de part et d’autre de la rivière Bull Run, en Virginie, à 60 kilomètres au sud de Washington. Les Nordistes, 35.000 hommes inexpérimentés et mal commandés, s’apprêtent à franchir un pont quand, assaillis par les forces sudistes, aussi nombreuses, mais commandées par des officiers plus aguerris, ils doivent se replier sur la capitale. Les Sudistes se prennent à croire à leurs chances de victoire. Bull Run marque le début de la plus terrible guerre qu’aient eu à subir les Américains : la guerre de Sécession, dite aussi «Civil War». Elle a déchiré les États-Unis pendant 4 ans et fait 617.000 morts parmi les combattants, davantage qu’aucune autre des guerres qui ont impliqué le pays. Elle s’est achevée par l’abolition de l’esclavage, la consolidation des institutions américaines… et la ruine du Sud.

First Battle of Bull Run - Wikipedia

Quelques années plus tard, deux tables se faisaient face à Parties Civiles, mais aucune guerre n’éclata, bien au contraire: elles fusionnèrent en une troisième !

Table 1, dite « Historique » : A la table d’Aurignac, on inaugure le jeu, qui se voit dépunché en direct. Dans une ambiance préhistorique, François-René sort vainqueur de Faline et Corentin en campant l’homme de Néandertal.

Table 2, dite « Toucher le fond » : on s’accorde entre Xel, David, Dom et François pour Abyss, jeu qui remplit tous les critères des membres exigeants : fun, pas trop compliqué, compétitif, et qui change (jamais joué depuis février). On note en début de parties des stratégies belliqueuses, ainsi François qui impose une surcharge de 2 à l’achat des seigneurs de ses adversaires (magnaninem, il y renoncera vite), Dom, qui invalide un des seigneurs de son choix pour chacun (manoeuvre cruelle qui prive ses adversaires de clés), ou encore Xel, qui vole des monstres. On touche le fond, donc, mais c’est le thème du jeu. C’est François qui met fin à la partie en achetant un septième seigneur, premièrement pour couper l’achat de lieux à ses concurrents, deuxièmement pour s’assurer un avantage compétitif (illusoire, puisque chacun joue encore une fois et fait des emplettes à bon compte). De plus, il commet une grosse erreur d’opportunité dans son achat. La sanction est imédiate, avec un pâle score de 62. On touche le fond, mais Dom est plus bas encore, à 60. David profite de mesures à foison judicieusement bonifiées et monte à 72, mais c’est Xel, qu’on n’avait pas forcément vue venir, qui l’emporte à 84.

Table 3, dite « Mésentente » : The Gang, nouveau classique des fins de soirée, réunit donc les participants de la soirée, sauf David. C’est une défaite de justesse, 3 à 2, dans une partie où les incompréhensions ont scellé une défaite évitable.

Séance de VENDREDI 19/06/2026 à Servel

Des livres pour combattre l'ignorance instaurée par KadhafiLe 19 juin était l’anniversaire de Mouammar Kadhafi. Officier des forces armées libyennes, il arrive au pouvoir lors du coup d’État de 1969, qui renverse la monarchie, et se distingue d’emblée par une politique panarabiste volontariste. En 1977, il réorganise les institutions de la Libye en faisant du pays une Jamahiriya (« État des masses »). En 1979, il renonce au poste officiel de chef de l’État, mais demeure de facto aux commandes avec le titre de « guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » (ou plus simplement « guide de la Révolution »), exerçant un pouvoir absolu en dehors de tout cadre temporel ou constitutionnel, jusqu’à son renverseemnt et sa mort en 2011 lors des printemps arabes.

L’analogie de sa biographie avec notre séance de Parties Civiles est troublante, jugez plutôt.

Table 1, dite « De l’argent à sortir » : La répression sanglante du printemps arabe de 2011, où le pouvoir répond aux manifestations par des tirs à balles réelles et des frappes aériennes sur la population, n’est pas sans évoquer l’ambiance lugubre de L’auberge sanglante. Les joueurs, tous issus du même clan familial, y accueillent des clients, avant de les occire, dépouiller et enterrer. Tout le jeu se base sur une pile de cartes multi-fonctions, qui servent dans les différentes actions du jey (recruter, tuer, construire et enterrer), et une piste de fortune personnelle, en francs. On y culmine au maximum à 40 francs, loin, très loin des 200 milliards de dollars que le guide lybien aurait sortis de Libye durant les trente années précédant sa chute. C’est d’ailleurs une des clés du jeu, car, quand le portefeuille grossit, il vaut mieux s’en délester contre des chèques, qui eux sont sans limite. A ce propos, Mickaël fit une erreur monumentale au dernier tour de jeu, omettant de convertir son magot en chèques alors qu’il atteignait 40 francs, se privant ainsi des 28 francs qui lui étaient promis en récompense de fin de partie sur une de ses cartes ! Il arrive au total de 80 francs et gagne miraculeusement au départage devant Faline, par 5 cadavres à 2. François, 70, et Thomas, 66, ont pâti de voir arriver la fin trop vite.

Table 2, dite « Un héritage à bâtir » : Avec 9 enfants, le guide lybien avait pensé à sa Descendance, qui exercera souvent des fonctions politiques ou militaires. Au jeu du même nom, Tristan mate sans coup férir l’opposition constituée par Fred, Virginie et Elie. Mais ce dernier prend sa revanche à El Dorado, d’une petite machette. Cet âge est sans pitié, mais pas sans rancune.

Table 3, dite « Des puissants à affronter » : De sa semaine prodigieuse, Xel sort auréolée de deux nouvelles victoire, battant deux hommes puissants,  Marc et Olive à Yamataï, puis Olive seul à Flat iron. Du royaume légendaire de l’archipel du Japon aux tours de Manhattan, les grandes puissances, que Kadhafi avaient villipendées tout au long d’un discours fleuve de 2009 à l’ONU resté célébre, tenaient leur maîtresse.

Table 4, dite « Des géants pour s’inspirer » : Admirateur de Charles de Gaulle, Tito et Mao Zedong, l’enfant de la Tripolitaine se passionnait particulièrement pour l’action de Gamal Abdel Nasser qui, avec le mouvement des officiers libres, a renversé la monarchie égyptienne et se posait en héraut du nationalisme arabe. Et puisqu’on parle de géants de l’histoire, Faline ressort de nouveau First Giants, dans la même configuration que la table 1. Un jeu issu de la refonte d’Elysium des Space Cowboys, selon les connaisseurs, et qui n’est pas inintéressant, même s’il est difficile à contrôler par l’assymétrie des familles de dinos et le rush d’une fin de partie non déterministe. Cette fois, Faline ne s’en laisse pas conter, et mate Mickaël, 43 à 42. François, 35, et Thomas, 32, étaient encore dans la courbe d’apprentissage.

Table 5, dite « Une histoire à marquer » : La fine équipe de ISS Vanguard continue sa campagne au long cours. Dépasseront-ils la longévité du colonel de Triploi au pouvoir (1969-2011) ? On peut en douter, mais qui saurait le dire aujourd’hui ?

Séance de MARDI 16/06/2026 à Servel

Le 16 juin 1858, lors de la campagne électorale à Springfield, Illinois, pour le poste de sénateur des États-Unis, Abraham Lincoln fait son fameux discours A house divided against itself cannot stand, concernant la situation de l’esclavage aux États-Unis. Il y met en évidence le danger de désunion du pays sur le problème de l’esclavage, défendant l’idée que l’esclavage est contraire aux droits de l’homme et qu’à ce titre, cette question ne peut faire l’objet d’un vote démocratique. Bien qu’il perde l’élection, il acquiert avec cet épisode une notoriété nationale qui lui permettra de se présenter à l’élection présidentielle de 1860 malgré une expérience de seulement deux ans à la Chambre des représentants, et de la remporter. Sa désapprobation personnelle de l’esclavage ne valait pas intention de l’interdire : « Je n’ai pas l’intention, insistait-il dans un débat en 1858, d’interférer avec les institutions de l’esclavage dans les États où il existe », ce qu’il répéta lors de sa campagne présidentielle. Il restera dans l’histoire comme l’auteur de la Proclamation d’émancipation des esclaves (1er janvier 1863), et de son abolition dans la Constitution (1er décembre 1865), mais les historiens rappellent que sa priorité en tant que président était liée à la restauration de l’Union, pas aux droits civiques des esclaves.

« Je dirai donc que je ne suis pas et que n’ai jamais été en faveur de l’égalité politique et sociale de la race noire et de la race blanche, que je ne veux pas et que je n’ai jamais voulu que les noirs deviennent jurés ou électeurs ou qu’ils soient autorisés à détenir des charges politiques ou qu’il leur soit permis de se marier avec des blanches. Dans la mesure où les deux races ne peuvent vivre ainsi, il doit y avoir, tant qu’elles resteront ensemble, une position inférieure et une position supérieure. Je désire, tout autant qu’un autre, que la race blanche occupe la position supérieure. ». Des mots difficiles à entendre 160 ans après, mais, pour les standards et les normes de son époque, ses opinions sur la race et l’égalité étaient progressistes, et ont contribué à changer les esprits.

Quelques années plus tard, à Parties Civiles, machines et usines étaient à pied d’oeuvre pour bâtir un monde nouveau.

Table 1, dite « Est-Ouest, modes d’emploi » : à la table de Nippon, Xel mate par ippon Olive, Gérard et Mickaël. Ce jeu économique au rythme effréné se déroule à une période charnière de l’histoire du Japon, au moment où une nouvelle grande nation voit le jour. Et dans ce Japon de l’ère Meiji, contemporaine de Lincoln, on construit machines et usines sans avoir besoin d’esclaves.

Séance de DIMANCHE 14/06/2026 à Servel

Seuls les enfants changent le monde, et ils étaient là, en ce dimanche, petits et grands enfants à s’ébrouer gentiment dans la salle de la maison de quartier de Servel. Une table tôt formée de Rajas of the Ganges faisait office de comité d’accueil, et les protagonistes s’y plurent tant qu’ils en redemandèrent en fin de journée. A la table d’Inis, on observa un singulier retournement, le vainqueur qui s’avançait étant défait sur une manœuvre tout en nuance d’un autre, qui œuvrait pour un troisième, faiseur de roi à défaut de l’être lui-même. Il s’en fallut d’un défenseur au royaume du Brenn, erreur fatale. Est-ce la force d’être juste qui manquait ? A défaut de nuances, les clans de La Famiglia ne manquaient pas de courage, mais ils s’affrontèrent dans un silence religieux, c’est rare pour la Sicile, tandis que plus loin se jouait Le destin de la communauté. Entre les gros jeux, les amuse-bouches florissaient, de Château Combo à Faraway, et Crack List pour finir. Le soir n’était pas tombé quand il fut temps de coucher petits et grands, et la nuit venue, de méditer à leur jeunesse et la nôtre, à nos vies aussi rapides à se dissiper dans le soir qu’un chagrin d’enfant.