Séance de VENDREDI 28/08/2026 à Servel

Léopoldine Hugo, fille de Victor et ainée après la mort en bas âge d’un frère, naquit le 28 août 1824. A 14 ans, elle est demandée en mariage par Victor Hennequin mais elle lui préfère Charles Vacquerie. Tous deux ont sept ans de plus et le papa estime qu’elle est un peu jeune pour se marier. L’union a lieu à ses 18 ans. Quelques mois plus tard, le 2 septembre 1843, le couple embarque à Villequier avec l’oncle du mari, marin expérimenté, pour un court trajet sur la Seine dans le canot qu’il vient d’acquérir. Hélas un coup de vent (d’autres évoquent un mascaret) retourne le canot. Léopoldine est coincée sous le canot et par ses vêtements, son mari tente de l’extraire en plongeant mais la voyant se noyer il finit par se laisser lui-même couler. L’oncle périt aussi. Ce drame bouleverse le destin de la famille : Victor, qui était en voyage, n’apprend que quatre jours plus tard la mort de sa fille adorée et on dit que le choc contribua aux problèmes de santé mentale sont souffrit toute sa vie sa petite sœur Adèle. Victor Hugo, changé à jamais, cesse de publier pendant dix ans et se lance dans le spiritisme. Plusieurs de ses poèmes évoquent Léopoldine, comme Demain dès l’aube et A Villequier dont voici un quatrain :

Le monde est sombre, ô Dieu ! l’immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L’homme n’est qu’un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Table 1, dite « Bateaux capricieux » : Caroline, Mickaël et Dom se lancent dans une partie de Bruges, un jeu que la première apprécie particulièrement (et recherche désespérément à un prix raisonnable) et que le deuxième découvre. Comme depuis un an, on inclut le module « Bateaux » tiré de l’extension et conseillé pour améliorer l’équilibrage. Mickaël commence par un joli premier coup qui lui assure deux tuiles Excellence à 4 PV. Les Désastres issus des lancers de dés font quelques dégâts, Caroline se focalise sur les canaux, Dom les utilise opportunistiquement pour avancer sur la place de la ville (il en atteindra le bout, une première en ces murs) et tout le monde développe son tableau de personnages. Le dernier tour fait grincer des dents : les dés sont tous de faible valeur ce qui limite les possibilités de récupérer de l’argent ; Dom grince parce que Mickaël a fait main basse sur les cartes jaunes, le privant d’un personnage scorant 5 PV tandis que Mickaël grince que la disette financière le prive de mettre en jeu un personnage scorant 10 PV. Tous décomptes faits, Dom l’emporte avec 60 PV devant Mickaël 50 et Caroline 38. Tout le monde est enthousiaste pour recommencer. Caroline se relance dans une stratégie « canaux » mais surtout fait dès l’entame main basse sur les ouvriers des autres avec son Mendiant. Il est probable que si elle les avait ensuite utilisés plus efficacement elle aurait remporté la partie. Ce qui est agréable c’est que les parties se développent toujours différemment, il n’y a pas de recette figée pour bien se débrouiller. Cette fois on aura vu un lancer de dés cruel avec uniquement des 5 et des 6 :  certes il permet de récupérer pas mal d’argent mais les Désastres tombent dru. Ayant obtenu deux tuiles Excellence, Dom s’arrache en tête avec 48 PV devant Caroline 44 et Mickaël 35. Le jeu a été réédité sous le nom de Hamburg avec des symboles remplaçant le texte des 165 cartes toutes différentes, bon courage.

Ils finissent la soirée en découvrant Botswana, un jeu tout simple remontant à l’âge d’or de Knizia (1994), récemment réédité avec un matériel de qualité limite excessif. Simple mais pas simpliste, tout est dans la façon et l’ordre dans lequel on joue ses cartes, quel message on envoie à travers ses choix et combien on essaie de bluffer. Malgré son thème de safari animalier, c’est en fait un jeu de manipulation de marché boursier. Au terme de trois manches, Dom repart les poches pleines avec 77 PV devant Caroline avec 64 puis Mickaël 56, victime de sa « girafe fatale » à la dernière manche.

Table 2, dite « Demain dès l’aube » : Dans l’espace on ne les entend pas surchauffer. Fred, Elie, Jack et Vincent se sont lancés il y a quelques semaines dans ARCS (déjà pas un jeu court) en mode campagne. Les cerveaux tournaient en mode overclocking pour prendre en compte les nouvelles règles et ils n’ont pas dû se coucher tôt. Peut-être ont-ils vu l’aube à Servel, ou même y sont-ils encore.

Table  3, dite « Sombre monde » : Battlestar Galactica a ici ses fans (dont notre vénéré Président) et la partie de ce soir n’a pas déçu si on en croit les cris et les rires qui ont débordé vers les autres tables. L’équipage était composé de F-R, donc, et de Faline, Nolwenn, Frank, Armand, Corentin et Nicolas. Corentin a été repéré tôt comme cylon et a passé l’essentiel de la partie à l’infirmerie, surveillé par un F-R dont le personnage avait dit-on une ressemblance troublante avec DSK (encore plus troublant, à mi-chemin entre BSG et DSK il y CSI, que cela signifie-t-il ?). Armand s’est révélé bien plus tard être aussi un cylon et a trouvé jouissif de tromper son monde. Arrivé minuit, un sous-ensemble du groupe finit plus calmement en déminant quelques rounds de Bomb Busters.

Séance de VENDREDI 21/08/2026 à Servel

Il y a quarante ans se produisit la catastrophe naturelle du lac Nyos au Cameroun, un événement dramatique, spectaculaire et toujours en partie incompris. Son point de départ est un lac profond dont les eaux sont saturées en CO2 dissous, peut-être en partie issue de volcanisme. Il faut aussi que les eaux de surface et profondes (plus froides, dépourvues d’oxygène et en l’occurrence riches en fer) se mélangent très peu, une situation très rare qualifiée de « méromictique ». On ignore ce qui déclencha le phénomène mais ce qui est certain c’est qu’une fois que des bulles de CO2 se forment, elle montent à la surface (comme quand on ouvre une bouteille de soda) et provoquent un dégazage de plus en plus rapide qui, arrivé à la surface, prend la forme d’une colonne d’eau et de gaz qui déclenche un petit tsunami. De plus, le CO2 étant plus lourd que l’air, la bulle formée à la surface stagne et asphyxie les êtres vivants présents alentours. Le 21 août 1986, il y eut plus de 1700 morts jusque dans un rayon de 25 km et on estime que 100 à 300 millions de tonnes de CO2 furent relâchées. Le niveau du lac se retrouva plus bas d’un mètre et il prit une couleur rouge profond due à l’oxydation du fer. Depuis, un système de dégazage captant le CO2 au fond du lac a été mis en place, stabilisant à un seuil sûr la concentration en gaz dissous.

Table 1, dite « Destructions successives » : Frank était désireux de découvrir Innovation, on ne se l’est pas fait dire deux fois et le voila attablé avec deux moustachus, François et VHN. Très belle partie où le novice s’est bien défendu et à pu goûter au côté « montagnes russes » du jeu. François utilise comme souvent l’Agriculture pour démarrer fort puis récupère la domination spéciale Sciences par une habile manœuvre. Dom s’attribue les âges 3 et 4 en faisant parler la Poudre au détriment des tableaux adverses. Frank, lui, a dominé les âges 2 et 5 sans se laisser impressionner. En milieu de partie, arrêt des dominations car on détruit gaiement l’influence adverse, qui avec la Vaccination qui avec l’Anatomie. Une situation peu fréquente se présente : on pioche dans les âges 8 et 9 mais les trois joueurs ont zéro d’influence ! En fin de partie, Dom met en jeu une série des cartes 10 toutes plus inutiles les unes que les autres. François et Frank alternent entre des comptabilisations spectaculaires et une destruction enthousiaste de l’influence de l’autre. François (a-t-il vu qu’il allait faire le kingmaker ?) active la Bio-Ingénierie alors que Dom et Frank sont à égalité avec 5 icônes Pommier contre 2 pour François. Il prend une carte jaune à Frank, s’attendant à donner la victoire à son compère mais surprise, la carte du dessous a autant de Pommiers et la partie se poursuit (si un joueur en avait strictement plus, il gagnait). La pile des cartes 10 est vide, il faut faire attention à ses pioches car sinon la victoire peut échoir à celui qui a plus d’influence (qui change de tour en tour, F & F persistant dans leur nihilisme tandis que Dom reste scotché à 0 points). François active les Mass-Media, dogme de coopération utilisé par les trois joueurs qui vide de nouveau les influences. Mais puisque le dogme a été partagé, il a droit à un bonus de coopération : en piochant il met fin au jeu et Frank avec 18 points d’influence remporte sa première partie grâce à la mauvaise anticipation de son collègue.

Table 2, dite « Retombées dangereuses » : Fred, Elie, Corentin et Armand jouent à Fallout. Jeu compétitif tiré du jeu vidéo du même nom. Après trois heures la situation restait indécidée, peut-être que les participants pourront nous en dire plus ?

Table 3, dite « Forces surnaturelles » : Faline et Mickaël commencent par un Dewan remporté par la première. Ils poursuivent, rejoints par François-René, avec Cthulhu Death May Die. C’est un jeu coopératif mais la première partie tourne court : un Mickaël schizophrène tue F-R, Faline trépasse rapidement et Mickaël ne fait pas le poids seul face à Cthulhu. Ils repartent mais nous restons en attente du récit de cette deuxième vague.

Séance de MARDI 04/08/2026 à Servel

Le traité de la Grande Paix de Montréal est signé le 4 août 1701 par le gouverneur de la Nouvelle-France, et par 39 nations amérindiennes. C’est un succès diplomatique car il assure la paix entre les nations (en particulier iroquoises) qui partageront leurs territoires de chasse, évite l’implication des indiens dans les conflits avec les colons anglais et garantit l’économie des comptoirs français qui repose sur le commerce des fourrures. Il a fallu plusieurs années d’approches et de négociations pour parvenir à ce résultat. Les français peuvent reprendre leur poussée vers l’ouest avec la fondation en 1701 du fort Pontchartrain qui deviendra la ville de Detroit. Les bases posées par le traité tiendront jusqu’à la conquête du Canada par les anglais en 1760. 325 ans plus tard, la poussée vers l’ouest finit à Servel.
Table 1, dite « Amérindiens » : Olive, François et VHN se penchent sur le cas de Cuzco, un des fameux de Kramer & Kiesling où il s’agit de construire et contrôler des temples avec un tour construit autour d’un budget de « points d’action ». Ici on peut en plus travailler en 3D puisqu’on peut empiler des tuiles de formes diverses (façon Taluva), le contrôle échéant au meeple placé le plus haut dans la ville. Les trois font de jolis coups avec les bassins d’irrigation (aka mégabassines) mais c’est Dom qui est le plus retors, utilisant ses indiens (en fait des incas) pour gêner les constructions et les déplacements des autres et surélevant à qui mieux mieux les temples. François, lui, dépense trop tôt ses tuiles personnelles. Jusqu’au décompte final les trois scores se tiennent mais Dom, en 1ère ou 2ème position pour quasiment tous les temples, se détache alors et finit avec 98 PV contre 63 à François et 56 à Olive (qui regrette amèrement d’avoir oublié d’organiser une fête qui lui aurait rapporté quelques points).

Olive et Dom poursuivent par un Alhambra, petit jeu de pose de tuiles et classique des jeux familiaux. Une difficulté est de prêter attention au mur d’enceinte présent sur 0 à 3 côtés de la tuile qu’on pose : il faut à la fois garantir qu’elle est connectée au centre de son domaine et maximiser la longueur du mur. Olive qui est habitué regarde goguenard Dom se mettre peu à peu dans une position bloquée. Pourtant le second, véritable Houdini de Parties Civiles, parvient à s’en sortir et éviter de ne plus pouvoir poser de tuiles, le tout en maximisant son mur (33 segments contre 19 à Olive). On score aussi en fonction de la majorité en 6 couleurs de tuiles et dès le second décompte, Dom mène dans 4 couleurs sur 6 et prend une telle avance au score qu’ils ont renoncé à compter.

Table 2, dite « Chefs à plumes » : F-R, Armand et Axel font la mini-campagne coopérative de Shards of Infinity qui consiste à triompher de trois boss. Après un premier échec ils enchainent les trois succès nécessaires à nos félicitations.

Table 3, dite « Animaux totems » : Nolwenn, Faline et Corentin enchaînent deux jeux poids-moyen : Forêt Mixte d’abord, où une combinaison Papillons/Orties emmène d’un battement d’ailes Corentin au-delà des 250 points. Nouvelle ambiance avec Wyrmspan enrichi de son extension avec les dragonneaux. C’est justement ces ados dragons que Faline utilise habilement pour s’imposer largement avec 126 PV contre moins de 100 pour ses deux adversaires dépités.

Séance de VENDREDI 31/07/2026 à Servel

Le 31 juillet 1451 est le jour de la chute de Jacques Cœur, personnage remarquable du XVe siècle. Né dans un milieu commerçant prospère, il déploie très tôt dans les affaires ses qualités et son énergie, avec aussi un peu de chance quand le dauphin (futur roi Charles VII) vient se réfugier dans sa ville de Bourges. Actif dans la monnaie et la banque, il développe des activités commerciales en Méditerranée et conçoit un plan audacieux de mise en place d’une flotte marchande pour court-circuiter les cités italiennes dans le commerce avec le Levant. Il établit des comptoirs de négoce, crée un chantier naval et obtient le monopole de l’importation des épices. Il utilise son immense fortune pour racheter de multiples seigneuries, construire de magnifiques demeures -dont le palais portant son nom à Bourges- et prêter de l’argent aux nobles et aux politiques. Ayant la confiance de Charles VII, il devient son Argentier, finance ses projets et se voit confier des missions diplomatiques. Anobli, il devient l’un des conseillers du roi. En 1450, suite à la mort de la maîtresse du roi Agnès Sorel dont il était proche c’est le début de la fin. Il a fait trop d’envieux et a trop de débiteurs qui voient l’occasion de ne pas le rembourser. Abandonné par le roi, il est accusé du crime de lèse-majesté ce funeste 31 juillet. Emprisonné, il voit ses ennemis lancer le dépeçage de ses biens ; son procès inique dure deux ans, il est torturé, sa femme meurt de chagrin et il finit par être condamné en 1453. Il réussit cependant à s’échapper en 1454 et rejoint Rome où le pape l’apprécie ; il s’y soigne et récupère des bribes de sa fortune pour finalement mourir en 1456 au cours d’une expédition qu’il a organisée contre les Ottomans (qui ont conquis Constantinople en 1453).

Table 1, dite « Mener une vie aventureuse » : F-R, Mickaël, Axel et Nico font trois parties de Mythic Battles en 2+2. On sait que la première fut rapide mais on sait peu d’autres choses. Aux protagonistes de compléter.

Table 2, dite « Se méfier de tous » : Fred, Xel, François et VHN forment l’autre table. Après un faux départ (« no new rules! ») il s’accordent sur le bien connu Evolution Climate que Fred découvre cependant. Il apprend à ses dépens que la sélection naturelle est cruelle envers les carnivores qui ne trouvent pas de proies. Il faut dire que les autres s’ingénient à bien se défendre, qui en grimpant dans les arbres, qui avec la symbiose ou bien les cris d’alarme. Malgré une canicule sévère le climat reste dans des limites supportables, tandis que le pot commun de nourriture est étonnamment bien approvisionné sauf en fin de partie où quelques espèces voient leur population sévèrement rabotée. Au final un score ultra serré : 71 PV pour Dom, 70 François, 69 Xel et 45 Fred, il se rattrapera la prochaine fois qu’il jouera à Bios Genesis.

Après départ de Xel, Dom fait découvrir aux autres Arboretum, un jeu de cartes aux règles simples mais aux choix déchirants : avec des cartes allant de 1 à 8, on est constamment en train de peser si on augmente ses points potentiels en jouant une carte devant soi ou si on la garde en main pour avoir le droit de scorer son espèce d’arbre en fin de partie, sans parler de la carte qu’on défausse en fin de tour et avec laquelle il faut éviter les beaux cadeaux aux autres. Pour cette initiation François score 3 espèces sur 8 mais avec des petits chemins pour un total de 11 PV. Il pense bloquer Dom sur les saules avec 4+8 en main, mais on l’a vu venir : Dom révèle 3+5+6 -à ce jeu il faut bien savoir où est chaque carte- et l’emporte avec 17 PV pour deux espèces, Fred ne scorant qu’une seule espèce pour 3 PV, il s’est laissé surprendre par la fin de la partie.

Séance de VENDREDI 24/07/2026 à Servel

Le 24 juillet est la date de naissance à la fois de Yves Duteil et de Hervé Vilard mais nous avons choisi de vous épargner. Nous parlerons plutôt des kitchen debates qui se tinrent le 24 juillet 1959 à Moscou. Les Etats-Unis et l’URSS, motivés par relâcher un peu la tension de la guerre froide après le choc de Spoutnik, étaient convenus d’organiser des expositions grand-public pour faire mieux faire se connaître les deux nations. L’exposition soviétique ouvrit en juin 1959 à New York tandis que Richard Nixon, le vice-président, fit le mois suivant le voyage à Moscou pour inaugurer l’exposition américaine. Il la fit visiter au premier secrétaire Nikita Khrouchtchev, faisant étalage des merveilles que la société de consommation proposait au plus humble travailleur, et eut avec lui plusieurs échanges sous les caméras des télévisions. Le plus fameux eut lieu devant une réplique de cuisine équipée (avec réfrigérateur, cuisinière et lave-vaisselle). Khrouchtchev ironisa sur l’inutilité de certains gadgets, promit que sous dix ans l’URSS aurait dépassé les USA et affirma poker face que les petits-enfants de Nixon vivraient sous un régime communiste. En fait c’est son propre fils Sergei qui émigra aux USA en 1991 où il se fit naturaliser. Cet épisode joua en faveur de la notoriété de Nixon qui fut désigné candidat Républicain pour l’élection présidentielle de 1960.

Table 1, dite « American way of life » : Après une découverte en décembre, retour de Limit sur nos tables avec Gérard, Xel, François, Vincent et VHN. Maintenant que la réalité est devenue une dystopie au long d’un été qui est une litanie de canicules, de sécheresse et d’incendies, on se replonge sur la question des limites planétaires au développement humain. Le jeu a un côté ouvert, « bac à sable », mais on a beau vouloir optimiser la trajectoire de sa nation on reste exposé aux conséquences des choix des autres, que ce soit des agressions directes (le Terroriste se reconnaîtra) ou les crises (financière, militaire ou écologique) qui tôt ou tard vont se produire. Comme diraient les économistes, le développement a des « externalités négatives ». Dom a tenté une croissance lente dans l’harmonie sociale, retardant l’augmentation des niveaux de vie et stabilisant la population à 30. Xel et Vincent ont résolu le problème d’épuisement des fossiles l’une par la colonisation, l’autre par « Drill Baby ». Gérard et Vincent, en bons élèves du FMI, ont investi rapidement dans l’éducation et la robotisation, avec des voies divergentes en terme de palier de population (20 et 50 respectivement). Inévitablement (?) dans la période 2000-2030 cela finit par craquer avec une triple crise entraînant la fin de la partie. Le décompte valide la stratégie singapourienne de Vincent qui gagne avec 54 PV (grâce à sa richesse) devant Dom 46, François 40, Xel (pénalisée par sa pollution) 26 et Gérard (qui a fait un Cuba, le niveau de vie de sa population est redescendu au plus bas) 22 points.

Table 2, dite « L’autre pays du communisme »  : Mickaël, Benjamin et Fred jouent à Gugong. La partie a été serrée mais c’est Mickaël qui, optimisant les synergies entre ses dés, s’est détaché d’une tête et l’emporte avec 45 PV devant Ben & Freddy. A l’entendre, à trois joueurs il faut vraiment être attentif à ce que font les autres et anticiper les conséquences de ses propres actions; en tout cas un bon moment pour les participants.

Table 3, dite « Bloc contre bloc » : F-R déballe les Nominés de Neombre, un jeu tout neuf acquis à Parthenay. C’est une campagne d’aventure coopérative basée principalement sur des cartes. La mécanique est plus proche d’un Aeon’s End que d’un Gloomahaven vu que c’est avant tout du combat de monstres avec deckbuilding. Chaque épisode est relativement court (de l’ordre d’une heure) mais, à entendre les échos de la table, le taux de mortalité semble ne pas être négligeable.

Table 4, dite « Poker face » : Tous les restant(e)s finissent par une partie de The Gang à six où, la fatigue aidant, les manches perdues l’ont finalement emporté sur les manches gagnées.

Séance de MARDI 30/06/2026 à Servel

Blondin, né en 1824 dans le nord de la France, est un des grands funambules de l’histoire. Ses parents exerçaient déjà cette activité hors normes et le jeune se retrouve très vite sur la corde raide. Il parcourt un moment la France avec sa troupe mais vit son rêve américain en partant pour les Etats-Unis en 1851. Il découvre le site des chutes du Niagara en 1858 et l’idée d’en effectuer la traversée ne le quitte plus. Chose faite l’année suivante, le 30 juin 1859. Il renouvellera plusieurs fois l’exploit devant des foules nombreuses, ajoutant selon les fois diverses facéties : pousser une brouette, se faire cuire une omelette ou encore transporter son manager sur son dos (voilà un entrepreneur qui savait se mouiller !). Il s’installe ensuite à Londres et continue d’attirer les foules dans des représentations spectaculaires, au Crystal Palace et lors de multiples tournées qui l’ont mené en Australie, en Inde, en Russie et en Amérique du Sud. Un an avant son décès à 72 ans, il s’était encore donné en spectacle. 167 ans plus tard, chaque partie (civile) est un équilibre subtil entre tension, plaisir, imagination et frustration.

Table 1, dite « Un pied devant l’autre » : Partie de Age of Champagne pour Xel, Gérard, Olive et VHN. Après Viticulture vendredi, une autre approche d’un jeu de placement d’ouvrier autour du cycle production-commercialisation de vins. Ici il y a 4 emplacements pour chaque action, on se gêne mais pas trop. Pas de cartes Saisonniers pour des surprises et des coups de boost mais des événements de début de tour qui affectent tous les joueurs. Deux stratégies s’affrontèrent : le lièvre (Dom) produisit rapidement des vins bas de gamme (« le Meunier c’est pas fameux », dixit une connaisseuse) écoulés en grande surface et se dépêcha de rafler des contrats de vente apportant des jetons bonus. Les tortues (Xel et Gérard) passèrent plus de la moitié de la partie à investir patiemment dans le marketing pour créer une marque désirable. En quelques ventes dans les derniers tours, avec un bonus de +6 PV par cube jaune, ils rattrapèrent à grandes enjambées l’infortuné léporidé et prirent la tête au score. Malgré une piste d’empreinte écologique poussée à son maximum, Dom constata son positionnement prix-produit défavorable et la partie se termina par la victoire de Xel avec 85 PV, Gérard 80, Dom 73 et Olive 54.

Table 2, dite « Que d’eau, que d’eau » : Faline, Caroline et Virginie jouent deux fois à Dewan, en introduisant des règles supplémentaires (déluges) à la seconde. C’est Virginie puis Faline qui s’impose.

Table 3, dite « Plein le dos » : Un jeu pas vu depuis longtemps, Gugong, ressort avec Mickaël, Benjamin, Marc et Corentin. La partie est gagnée par Marc qui a fait un choix de décret qui lui a bien servi : quand il envoyait un serviteur construire la muraille, il pouvait en mettre un autre gratuitement. Il est le seul à ne pas être allé à la course au jade. Suivi par Mickaël à quelques points près, puis Benjamin et Corentin .

Séance de VENDREDI 26/06/2026 à Servel

Le 26 juin 1997 l’éditeur anglais Bloomsbury publie un livre pour enfants, Harry Potter and the Philosopher’s Stone. C’est le premier roman d’une inconnue, Joanne Rowling, commencé en 1990 et qu’elle a eu bien du mal à placer, le texte étant jugé trop long. Sa couverture était la première commande reçue par un illustrateur débutant, Thomas Taylor. Le premier tirage fut de 500 exemplaires reliés et quelques milliers brochés, autant dire qu’aujourd’hui ils valent une petite fortune. Le succès fut immédiat, le livre recevant de nombreux prix de littérature enfantine attribués par des jurys d’enfants (la vérité etc.). Très vite sa publication aux USA est organisée, un manager à cravate ayant jugé utile de modifier le titre en Harry Potter and the Sorcerer’s Stone (et le texte ayant été traduit en « anglais américain »). La machine du succès était lancée, avec le tome deux publié un an plus tard et le tournage d’un film lancé en 2000. Vingt-neuf ans plus tard, il y avait probablement quantité d’anciens lecteurs du petit sorcier binoclard présents à la soirée bihebdomadaire.

Table 1, dite « Bièraubeurre » : Thomas propose de revisiter le classique Viticulture enrichi de son extension Bordeaux. Aussitôt dit aussitôt fait en compagnie de Marie-Anne, Baptiste2 et VHN. On retrouve le placement d’ouvriers et l’idée générale des opérations qui vont de la plantation des parcelles à la vente de cuvées pour satisfaire des commandes. Par contre on a maintenant 4 saisons au lieu de 2 chaque année, une gestion refondue de l’ordre du tour et des bonus afférents, et pas mal de modifications visant à ouvrir le jeu et réduire la part de chance : les pioches « Vigne » et « Commande » sont enrichies de 2 cartes visibles chacune, on peut plus facilement vendanger et vinifier, et il y a même une action permettant d’activer n’importe quelle autre action du plateau, même saturée d’ouvriers. Un mécanisme malin est celui des « experts », des petits pouvoirs-bonus associés à chaque action et qu’un unique joueur peut se réserver, de quoi renforcer ses axes stratégiques. Pour ce premier essai, un peu long vu qu’on tâtonnait tous, Thomas a monopolisé la position de premier dans l’ordre du tour, Marie-Anne a misé sur des vins haut de gamme synergisant avec son expert et Dom a ramé après l’argent tout en jouant des saisonniers rapportant des points. La fin de partie est maintenant déclenchée à 25 PV (au lieu de 20 dans le jeu de base) et est atteinte au sixième tour par Dom et Marie-Anne à la lutte. La conversion de leurs vins restants et de leurs lires ne change rien au petit point d’avance du premier et Dom l’emporte par 31 PV contre 30 pour Marie-Anne, puis Thomas et Baptiste à 25.

Table 2, dite « Duel de sorciers » : le mardi ne leur suffit plus, Mickaël et Benjamin enchaînent deux parties de Ark Nova. Le premier gagne la première et le second gagne la seconde. Une forme d’harmonie comme un Yin-Yang ludique.

Table 3, dite « Salle commune » : On ne sait à quelle Maison les rattacher mais un grand groupe (F-R, Fred, Elie, Caroline, Faline, Corentin, Armand) démarre par une longue série de The Gang. Ensuite cela joue à Crack List puis, avec un groupe plus réduit, à So Clover.

Séance de MARDI 23/06/2026 à Servel

Ce mardi 23 juin a été la journée la plus chaude jamais mesurée en France alors que la deuxième canicule de l’année va être particulièrement longue et intense. Globalement l’année 2026, avec le retour de El Niño, promet de voir des records de chaleur battus sur tout le globe. Pourtant, si on prend du recul et on se permet une simplification grinçante, 2026 est destinée à être l’une des années les plus froides du reste de notre vie. La physique du réchauffement climatique est bien connue depuis longtemps : les gaz à effet de serre (GES) dont la concentration dans l’atmosphère augmente depuis plusieurs siècles interceptent une partie du rayonnement infrarouge émis par la terre et le renvoient vers sa surface. Ce flux d’énergie supplémentaire provoque de multiples changements dans les climats et réchauffe l’atmosphère et surtout l’océan. Cette mécanique implacable se poursuivra tant que les émissions de GES dues aux activités des humains n’auront pas fortement baissé. Les lois de la physique, qui ne se votent pas au parlement, sont plus fortes que les discours de tous les décideurs qui n’ont d’autre ressource que de faire de la com ou feindre la surprise (« Qui aurait pu prédire […] la crise climatique aux effets spectaculaires ? », E. Macron 2022). De quoi se demander si homo est si sapiens que ça.

Retour au ludique après ce message de service public.

Table unique, dite « 2 inscrits, 3 annoncés, 4 présents » : Dans une salle tempérée par un courant d’air, F-R, Faline, Baptiste2 et VHN, après avoir confronté leurs préférences, décident de jouer à Istanbul. Faline le découvre et F-R y a perdu plusieurs fois contre des adversaires experts à Parthenay. Comme lors d’une partie récente, les tuiles Salon de thé » et « Marchant de gemmes » sont proches ce qui permet de dépenser sur l’une l’argent gagné sur l’autre, ce qui n’échappe pas à certain(e)s. F-R prend un départ tonitruant en accumulant les tuiles des mosquées pendant que Faline se constitue un joli pactole. Dom utilise avant les autres le « Palais du Sultan » pour convertir ses ressources en rubis mais, contrairement à d’autres, ne peut pas améliorer ses lancers de dés plus ou moins réussis. Utilisant efficacement son membre de famille qui bondit à l’autre bout du plateau, il obtient son cinquième rubis en complétant sa charrette, un tour avant que F-R, victime de rencontres répétées avec le marchand de Baptiste, puisse conclure en achetant le sien. Ils poursuivent avec un So Clover qui voit un grand chelem victorieux tout autant qu’une succession d’échecs.

Séance de VENDREDI 12/06/2026 à Servel

Le baron Karl Drais est issu d’une noblesse éduquée mais pas très argentée, évoluant parmi l’administration des nombreux duchés et principautés de l’Allemagne du XIXe siècle. Après des études techniques il débute une carrière dans les Eaux & Forêts mais ce qu’il aime vraiment c’est inventer des machines. Ainsi la « machine à courir », ou draisienne, deux roues et 25 kg de bois et de métal qu’on propulse en poussant des pieds sur le sol. Pour démontrer ses performances, il parcourt le 12 juin 1817 une quinzaine de kilomètres en une heure. C’est une première mais son vélocipède, peu compatible avec l’état des routes de l’époque, reste plus une curiosité qu’un moyen de transport. De plus il est rapidement copié et Drais ne parvient pas à protéger ses droits d’inventeur. Il faudra attendre un demi-siècle d’améliorations, en particulier l’ajout de pédales, pour voir émerger les première bicyclettes en France et en Angleterre. 189 ans plus tard il n’est pas rare de croiser des joueurs trégorois à bicyclette.

Table 1, dite « Transports » : Retour de Martin Wallace sur nos tables, avec l’excellent Steam, bien dans la veine du profilique auteur de Brass, P.I., Londres, Auztralia et on en passe. Thomas est fan, et attire autour de lui Mickaêl, Tristan et François à ce jeu de construction ferroviaire. Le cœur de la stratégie consiste à transporter des marchandises sur le réseau construit précédemment (idéalement, en empruntant ses rails…), en respectant la couleur du produit et celle de la ville ciblée. On est limité dans son déplacement par une taille de locomotive, que l’on peut agrandir en perdant un coup de déplacement. Sa taille fait tout, disent les connaisseurs. Et comme chacune des manches (8 à quatre joueurs) débute par une phase d’enchères permettant de fixer l’ordre du tour qui ets aussi celui du choix de tuiles bonus, l’une permettant de faire grandir gratuitement sa loco, une bataille homérique oppose rapidement les joueurs, sauf François, vite découragé par les sommes en jeu. Cette enchère culmina dans un duel légendaire entre Tristan et Mickaël au mitan du jeu (le vainqueur y acquit pour un prix exorbitant la première place, avant de se demander qu’en faire). Les déplacements de marchandises rapportent selon leur distance, des sous ou, au choix, des points de victoire. Il y a donc un subtil équilibre à gérer, car si l’on n’est jamais à court d’argent puisque on peut toujours emprunter en début de manche, cela se paie par des intérêts conséquents en fin de manche. Au final, ce n’est qu’à la manche 6 que les joueurs optèrent pour les PV. A grands coups de déplacements lucratifs (jusqu’à 6), Tristan et Thomas se sont livré un duel mémorable, le premier l’emportant d’un souffle, 49 à 47. Mickaël se cantonna à 32, faute d’avoir assez construit (car les rails rapportent aussi), et de s’être consitué des fiefs lucratifs. François, à 29, a rattrapé une erreur de débutant (livraison en circuit court) en construisant un réseau complexe dont il a bien profité sur la fin. On retiendra aussi de cette superbe partie l’esprit de coopération inhabituel qui y régna, chacun s’échinant à prodiguer des conseils de jeu aux autres, dans un esprit d’émulation réciproque. Au jeu du meilleur CGPF (Conseiller en Gestion de Patrimoine Ferroviaire), Tristan et Thomas ont fait merveille, faisant de cette soirée un moment de camaraderie partagée, le mot n’est pas trop fort.
Ils enchaînent ensuite Voodoo Prince, jeu de cartes retors, où François prend un excellent départ. Hélas, à la dernière manche, il joue de malchance avec trois coups forcés qui le font sortir en premier du jeu et lui coûtent la victoire. Avec 25 PV, il est devancé par Tristan, 29, grand triomphateur de la soirée. Thomas suit avec 21, quant à Mickaël, qui termine à 6, le terme de chat noir reflète son infortune.

Table 2, dite « Transpiration » : Cinq furieux sur la ligne de départ (Marie-Anne, Fred, Gérard, JérômeC et VHN) pour une partie de Keyflower, un jeu qui mérite sa réputation de classique. Rappelons qu’on active des tuiles avec des meeples mais que ces meeples servent aussi à enchérir pour acquérir des tuiles, on se frictionne toujours et certains n’hésitent pas à chouiner. Marie-Anne a joué la carte des meeples verts, suffisamment rares pour de facto se réserver certaines tuiles. Elle accumule aussi  Dom et Gérard ont suivi des voies parallèles, investissant dans la logistique et produisant de l’or, jusqu’à se retrouver en concurrence sur la tuile d’hiver (= dernier tour) qui transformait l’or en PV. Avec 5 meeples Gérard assomme Dom qui ne peut plus rien faire d’utile de son groupe insécable de 4 meeples rouges. Un hiver marqué par un nombre limité de tuiles en jeu (ce sont les joueurs qui décident d’un proposer 1 ou 2, et tous n’en n’ont choisi qu’une). Fred et Jérôme construisent des outils de production de ressources, en particulier Jérôme avec sa configuration simple et efficace : une mine de charbon à côté d’une tuile convertissant chaque charbon en 3 PV. Arrivé au décompte, elle lui rapport 36 PV sur 60 et il coiffe d’un point Fred, puis suivent Gérard 53, Dom 50 et Marie-Anne 47.

Table 3, dite « La bicyclette bleue » : F-R sort un nouveau jeu, Occupation, avec Armand, Elie, Pierre-Yves et Vincent. C’est un jeu en équipe avec une dimension narrative qui oppose les troupes d’occupation et les résistants, mais parmi qui peut se dissimuler un agent double collaborateur. Les occupants (Vincent et F-R) ont gagné en tuant le chef de la résistance (Elie) et en mettant en prison assez de partisans.

Table 4, dite « Une heure douche comprise » : Faline ressort First Giants, cette fois avec à sa table Corentin et François2. La partie s’est terminée sur une victoire de Corentin. Les novices ont trouvé le jeu intéressant mais ont regretté une profondeur un peu limitée.

Table 5, dite « Inspiration » : Comme aux grandes heures de St Elivet, la soirée se termine par un Codenames regroupant les restant(e)s. S’y opposent des Bleus (Dom, Faline, Marie-Anne puis Thomas) et des Rouges (F-R, P-Y, Corentin puis François). Peu inspirés, les Bleus sont battus 0-2, victimes d’un assassin à la première partie et d’un indice « Eau 3 » trop polysémique à la seconde.

Séance de VENDREDI 05/06/2026 à Servel

Le 5 juin 1883, le premier train Orient-Express prend le départ de Paris à destination de Constantinople (Istanbul). Derrière le projet, l’homme d’affaires belge Georges Nagelmackers : ayant découvert les wagons-lits lors d’un voyage aux Etats-Unis en 1867 et inspiré par le luxe des cabines des paquebots, il promeut l’idée d’un train de nuit prestigieux et international, ce qui nécessite de résoudre des difficultés techniques, administratives et diplomatiques. Il commence par accrocher des voitures-couchettes à des trains existants entre Paris et Vienne et fonde la Compagnie Internationale des Wagons Lits (CIWL) pour porter son projet. En 1882, elle fait circuler son propre train (4 couchettes, 1 voiture-restaurant, 2 fourgons pour les bagages -ceux qui avaient les moyens ne voyageaient pas léger-). Le voyage prend quatre jours, un gros progrès par rapport à la liaison maritime Marseille-Constantinople en une quinzaine. Pourtant la section finale, en l’absence d’un pont sur le Danube, nécessite de changer pour un bac, un train classique et un vapeur. Ce n’est qu’en 1889 que l’achèvement de travaux ferroviaires en Bulgarie et Serbie permet une liaison continue. Le luxe du train et sa clientèle « fortunée mais variée » crée sa légende alors que certains voyages ne sont pas de tout repos (attaque de bandits, épidémie de choléra etc.). La CIWL ouvre d’autre liaisons ferroviaires, construit des hôtels et devient une des grandes entreprises européennes. Le parcours de l’Orient-Express évoluera en fonction des vicissitudes historiques et du développement des réseaux, notamment en adoptant entre deux guerres une route plus au sud (Lausanne-Venise-Belgrade) après l’ouverture du tunnel du Simplon. La ligne ne survit pas à la guerre froide, aux progrès des trains de jour et aux liaisons aériennes ; elle disparaît dans les années 1970 après un long déclin. L’Orient-Express est évoqué dans de nombreuses œuvres littéraires, de Bram Stoker (Dracula) à Paul Theroux et d’Agatha Christie à Graham Greene en passant par Ian Fleming (Bons baisers de Russie).

Table 1, dite « Voyages aventureux » : Fidèles à leur campagne, le quatuor de ISS Vanguard (F-R, Armand, Jérôme, OlivierB) embarque pour de nouvelles aventures. Parmi les bribes de communication qui nous sont parvenues on parle de cérémonie du thé et d’une certaine perplexité vis à vis de leur mission et de son succès. Dans l’espace aussi, tôt ou tard on se pose la question du sens de la vie.

Table 2, dite « Destination Constantinople » : Il y a une éternité que Roll for the Galaxy n’avait pas été vu, Mickaël y met bon ordre avec Corentin, Fred et VHN. Corentin et Dom partent dans des directions opposées, le premier construisant des tuiles de forte valeur (dont un monde à 9 points) pendant que le second exploite un moteur production/expédition basé sur des dés bleus. La partie prend fin par épuisement du pool de PV et c’est une courte victoire du commerçant avec 50 PV contre 47 à Corentin, 37 à Fred et 35 à Mickaël.

Les mêmes continuent avec Istanbul. Corentin observe que les tuiles « Salon de thé » (où on gagne de l’argent) et « Marchant de gemmes » (où on achète les rubis qui font gagner) sont voisines. De plus le Poste de police (d’où l’on envoie son oncle agir à sa place) et Caravansérail (où on récupère des cartes Bonus, par exemple celle qui permet de refaire l’action de sa tuile, sans bouger) sont proches. Il déploie une stratégie habile et efficace, à défaut d’être créative, en naviguant entre ces quatre tuiles. Dom, lui, obtient ses 5 rubis du Marchand de charrettes, de la Mosquée et du Palais du Sultan où il est en concurrence avec Mickaël pour l’échange de lots de ressources contre un rubis. Il est le premier à y parvenir mais Corentin, calculant au plus juste et touché par la chance des dés en lançant un « 10 », atteint la condition de victoire dans le même tour et l’emporte grâce à sa livre restante. Mickaël et Fred finissent avec respectivement 4 et 2 rubis. Une belle victoire concluant une partie serrée, tranchée par un malheureux sou !

Table 3, dite « Monde disparu » : L’adhérent Nico77 réapparaît après une longue absence et se joint à Faline et Virginie qui rejouent à Dewan, déjà vu mardi et qui finit sur une victoire de la première. Ensuite ils inaugurent First Giants qui est en fait une nouvelle version simplifiée de Elysium (qui, selon nos archives, apparut sur nos tables une unique fois en 2018). En une phrase, on acquiert des cartes qu’on utilise soit pour développer son moteur soit pour scorer, le tout enveloppé dans un thème paléontologique et des règles simples. Il y eut deux parties, l’une pour Faline, l’autre pour Nico.

Les restants concluent avec plusieurs sympathiques manches de So Clover.