Séance de MARDI 30/06/2026 à Servel

Blondin, né en 1824 dans le nord de la France, est un des grands funambules de l’histoire. Ses parents exerçaient déjà cette activité hors normes et le jeune se retrouve très vite sur la corde raide. Il parcourt un moment la France avec sa troupe mais vit son rêve américain en partant pour les Etats-Unis en 1851. Il découvre le site des chutes du Niagara en 1858 et l’idée d’en effectuer la traversée ne le quitte plus. Chose faite l’année suivante, le 30 juin 1859. Il renouvellera plusieurs fois l’exploit devant des foules nombreuses, ajoutant selon les fois diverses facéties : pousser une brouette, se faire cuire une omelette ou encore transporter son manager sur son dos (voilà un entrepreneur qui savait se mouiller !). Il s’installe ensuite à Londres et continue d’attirer les foules dans des représentations spectaculaires, au Crystal Palace et lors de multiples tournées qui l’ont mené en Australie, en Inde, en Russie et en Amérique du Sud. Un an avant son décès à 72 ans, il s’était encore donné en spectacle. 167 ans plus tard, chaque partie (civile) est un équilibre subtil entre tension, plaisir, imagination et frustration.

Table 1, dite « Un pied devant l’autre » : Partie de Age of Champagne pour Xel, Gérard, Olive et VHN. Après Viticulture vendredi, une autre approche d’un jeu de placement d’ouvrier autour du cycle production-commercialisation de vins. Ici il y a 4 emplacements pour chaque action, on se gêne mais pas trop. Pas de cartes Saisonniers pour des surprises et des coups de boost mais des événements de début de tour qui affectent tous les joueurs. Deux stratégies s’affrontèrent : le lièvre (Dom) produisit rapidement des vins bas de gamme (« le Meunier c’est pas fameux », dixit une connaisseuse) écoulés en grande surface et se dépêcha de rafler des contrats de vente apportant des jetons bonus. Les tortues (Xel et Gérard) passèrent plus de la moitié de la partie à investir patiemment dans le marketing pour créer une marque désirable. En quelques ventes dans les derniers tours, avec un bonus de +6 PV par cube jaune, ils rattrapèrent à grandes enjambées l’infortuné léporidé et prirent la tête au score. Malgré une piste d’empreinte écologique poussée à son maximum, Dom constata son positionnement prix-produit défavorable et la partie se termina par la victoire de Xel avec 85 PV, Gérard 80, Dom 73 et Olive 54.

Table 2, dite « Que d’eau, que d’eau » : Faline, Caroline et Virginie jouent deux fois à Dewan, en introduisant des règles supplémentaires (déluges) à la seconde. C’est Virginie puis Faline qui s’impose.

Table 3, dite « Plein le dos » : Un jeu pas vu depuis longtemps, Gugong, ressort avec Mickaël, Benjamin, Marc et Corentin. La partie est gagnée par Marc qui a fait un choix de décret qui lui a bien servi : quand il envoyait un serviteur construire la muraille, il pouvait en mettre un autre gratuitement. Il est le seul à ne pas être allé à la course au jade. Suivi par Mickaël à quelques points près, puis Benjamin et Corentin .

Séance de VENDREDI 26/06/2026 à Servel

Le 26 juin 1997 l’éditeur anglais Bloomsbury publie un livre pour enfants, Harry Potter and the Philosopher’s Stone. C’est le premier roman d’une inconnue, Joanne Rowling, commencé en 1990 et qu’elle a eu bien du mal à placer, le texte étant jugé trop long. Sa couverture était la première commande reçue par un illustrateur débutant, Thomas Taylor. Le premier tirage fut de 500 exemplaires reliés et quelques milliers brochés, autant dire qu’aujourd’hui ils valent une petite fortune. Le succès fut immédiat, le livre recevant de nombreux prix de littérature enfantine attribués par des jurys d’enfants (la vérité etc.). Très vite sa publication aux USA est organisée, un manager à cravate ayant jugé utile de modifier le titre en Harry Potter and the Sorcerer’s Stone (et le texte ayant été traduit en « anglais américain »). La machine du succès était lancée, avec le tome deux publié un an plus tard et le tournage d’un film lancé en 2000. Vingt-neuf ans plus tard, il y avait probablement quantité d’anciens lecteurs du petit sorcier binoclard présents à la soirée bihebdomadaire.

Table 1, dite « Bièraubeurre » : Thomas propose de revisiter le classique Viticulture enrichi de son extension Bordeaux. Aussitôt dit aussitôt fait en compagnie de Marie-Anne, Baptiste2 et VHN. On retrouve le placement d’ouvriers et l’idée générale des opérations qui vont de la plantation des parcelles à la vente de cuvées pour satisfaire des commandes. Par contre on a maintenant 4 saisons au lieu de 2 chaque année, une gestion refondue de l’ordre du tour et des bonus afférents, et pas mal de modifications visant à ouvrir le jeu et réduire la part de chance : les pioches « Vigne » et « Commande » sont enrichies de 2 cartes visibles chacune, on peut plus facilement vendanger et vinifier, et il y a même une action permettant d’activer n’importe quelle autre action du plateau, même saturée d’ouvriers. Un mécanisme malin est celui des « experts », des petits pouvoirs-bonus associés à chaque action et qu’un unique joueur peut se réserver, de quoi renforcer ses axes stratégiques. Pour ce premier essai, un peu long vu qu’on tâtonnait tous, Thomas a monopolisé la position de premier dans l’ordre du tour, Marie-Anne a misé sur des vins haut de gamme synergisant avec son expert et Dom a ramé après l’argent tout en jouant des saisonniers rapportant des points. La fin de partie est maintenant déclenchée à 25 PV (au lieu de 20 dans le jeu de base) et est atteinte au sixième tour par Dom et Marie-Anne à la lutte. La conversion de leurs vins restants et de leurs lires ne change rien au petit point d’avance du premier et Dom l’emporte par 31 PV contre 30 pour Marie-Anne, puis Thomas et Baptiste à 25.

Table 2, dite « Duel de sorciers » : le mardi ne leur suffit plus, Mickaël et Benjamin enchaînent deux parties de Ark Nova. Le premier gagne la première et le second gagne la seconde. Une forme d’harmonie comme un Yin-Yang ludique.

Table 3, dite « Salle commune » : On ne sait à quelle Maison les rattacher mais un grand groupe (F-R, Fred, Elie, Caroline, Faline, Corentin, Armand) démarre par une longue série de The Gang. Ensuite cela joue à Crack List puis, avec un groupe plus réduit, à So Clover.

Séance de MARDI 23/06/2026 à Servel

Ce mardi 23 juin a été la journée la plus chaude jamais mesurée en France alors que la deuxième canicule de l’année va être particulièrement longue et intense. Globalement l’année 2026, avec le retour de El Niño, promet de voir des records de chaleur battus sur tout le globe. Pourtant, si on prend du recul et on se permet une simplification grinçante, 2026 est destinée à être l’une des années les plus froides du reste de notre vie. La physique du réchauffement climatique est bien connue depuis longtemps : les gaz à effet de serre (GES) dont la concentration dans l’atmosphère augmente depuis plusieurs siècles interceptent une partie du rayonnement infrarouge émis par la terre et le renvoient vers sa surface. Ce flux d’énergie supplémentaire provoque de multiples changements dans les climats et réchauffe l’atmosphère et surtout l’océan. Cette mécanique implacable se poursuivra tant que les émissions de GES dues aux activités des humains n’auront pas fortement baissé. Les lois de la physique, qui ne se votent pas au parlement, sont plus fortes que les discours de tous les décideurs qui n’ont d’autre ressource que de faire de la com ou feindre la surprise (« Qui aurait pu prédire […] la crise climatique aux effets spectaculaires ? », E. Macron 2022). De quoi se demander si homo est si sapiens que ça.

Retour au ludique après ce message de service public.

Table unique, dite « 2 inscrits, 3 annoncés, 4 présents » : Dans une salle tempérée par un courant d’air, F-R, Faline, Baptiste2 et VHN, après avoir confronté leurs préférences, décident de jouer à Istanbul. Faline le découvre et F-R y a perdu plusieurs fois contre des adversaires experts à Parthenay. Comme lors d’une partie récente, les tuiles Salon de thé » et « Marchant de gemmes » sont proches ce qui permet de dépenser sur l’une l’argent gagné sur l’autre, ce qui n’échappe pas à certain(e)s. F-R prend un départ tonitruant en accumulant les tuiles des mosquées pendant que Faline se constitue un joli pactole. Dom utilise avant les autres le « Palais du Sultan » pour convertir ses ressources en rubis mais, contrairement à d’autres, ne peut pas améliorer ses lancers de dés plus ou moins réussis. Utilisant efficacement son membre de famille qui bondit à l’autre bout du plateau, il obtient son cinquième rubis en complétant sa charrette, un tour avant que F-R, victime de rencontres répétées avec le marchand de Baptiste, puisse conclure en achetant le sien. Ils poursuivent avec un So Clover qui voit un grand chelem victorieux tout autant qu’une succession d’échecs.

Séance de VENDREDI 12/06/2026 à Servel

Le baron Karl Drais est issu d’une noblesse éduquée mais pas très argentée, évoluant parmi l’administration des nombreux duchés et principautés de l’Allemagne du XIXe siècle. Après des études techniques il débute une carrière dans les Eaux & Forêts mais ce qu’il aime vraiment c’est inventer des machines. Ainsi la « machine à courir », ou draisienne, deux roues et 25 kg de bois et de métal qu’on propulse en poussant des pieds sur le sol. Pour démontrer ses performances, il parcourt le 12 juin 1817 une quinzaine de kilomètres en une heure. C’est une première mais son vélocipède, peu compatible avec l’état des routes de l’époque, reste plus une curiosité qu’un moyen de transport. De plus il est rapidement copié et Drais ne parvient pas à protéger ses droits d’inventeur. Il faudra attendre un demi-siècle d’améliorations, en particulier l’ajout de pédales, pour voir émerger les première bicyclettes en France et en Angleterre. 189 ans plus tard il n’est pas rare de croiser des joueurs trégorois à bicyclette.

Table 1, dite « Transports » : Retour de Martin Wallace sur nos tables, avec l’excellent Steam, bien dans la veine du profilique auteur de Brass, P.I., Londres, Auztralia et on en passe. Thomas est fan, et attire autour de lui Mickaêl, Tristan et François à ce jeu de construction ferroviaire. Le cœur de la stratégie consiste à transporter des marchandises sur le réseau construit précédemment (idéalement, en empruntant ses rails…), en respectant la couleur du produit et celle de la ville ciblée. On est limité dans son déplacement par une taille de locomotive, que l’on peut agrandir en perdant un coup de déplacement. Sa taille fait tout, disent les connaisseurs. Et comme chacune des manches (8 à quatre joueurs) débute par une phase d’enchères permettant de fixer l’ordre du tour qui ets aussi celui du choix de tuiles bonus, l’une permettant de faire grandir gratuitement sa loco, une bataille homérique oppose rapidement les joueurs, sauf François, vite découragé par les sommes en jeu. Cette enchère culmina dans un duel légendaire entre Tristan et Mickaël au mitan du jeu (le vainqueur y acquit pour un prix exorbitant la première place, avant de se demander qu’en faire). Les déplacements de marchandises rapportent selon leur distance, des sous ou, au choix, des points de victoire. Il y a donc un subtil équilibre à gérer, car si l’on n’est jamais à court d’argent puisque on peut toujours emprunter en début de manche, cela se paie par des intérêts conséquents en fin de manche. Au final, ce n’est qu’à la manche 6 que les joueurs optèrent pour les PV. A grands coups de déplacements lucratifs (jusqu’à 6), Tristan et Thomas se sont livré un duel mémorable, le premier l’emportant d’un souffle, 49 à 47. Mickaël se cantonna à 32, faute d’avoir assez construit (car les rails rapportent aussi), et de s’être consitué des fiefs lucratifs. François, à 29, a rattrapé une erreur de débutant (livraison en circuit court) en construisant un réseau complexe dont il a bien profité sur la fin. On retiendra aussi de cette superbe partie l’esprit de coopération inhabituel qui y régna, chacun s’échinant à prodiguer des conseils de jeu aux autres, dans un esprit d’émulation réciproque. Au jeu du meilleur CGPF (Conseiller en Gestion de Patrimoine Ferroviaire), Tristan et Thomas ont fait merveille, faisant de cette soirée un moment de camaraderie partagée, le mot n’est pas trop fort.
Ils enchaînent ensuite Voodoo Prince, jeu de cartes retors, où François prend un excellent départ. Hélas, à la dernière manche, il joue de malchance avec trois coups forcés qui le font sortir en premier du jeu et lui coûtent la victoire. Avec 25 PV, il est devancé par Tristan, 29, grand triomphateur de la soirée. Thomas suit avec 21, quant à Mickaël, qui termine à 6, le terme de chat noir reflète son infortune.

Table 2, dite « Transpiration » : Cinq furieux sur la ligne de départ (Marie-Anne, Fred, Gérard, JérômeC et VHN) pour une partie de Keyflower, un jeu qui mérite sa réputation de classique. Rappelons qu’on active des tuiles avec des meeples mais que ces meeples servent aussi à enchérir pour acquérir des tuiles, on se frictionne toujours et certains n’hésitent pas à chouiner. Marie-Anne a joué la carte des meeples verts, suffisamment rares pour de facto se réserver certaines tuiles. Elle accumule aussi  Dom et Gérard ont suivi des voies parallèles, investissant dans la logistique et produisant de l’or, jusqu’à se retrouver en concurrence sur la tuile d’hiver (= dernier tour) qui transformait l’or en PV. Avec 5 meeples Gérard assomme Dom qui ne peut plus rien faire d’utile de son groupe insécable de 4 meeples rouges. Un hiver marqué par un nombre limité de tuiles en jeu (ce sont les joueurs qui décident d’un proposer 1 ou 2, et tous n’en n’ont choisi qu’une). Fred et Jérôme construisent des outils de production de ressources, en particulier Jérôme avec sa configuration simple et efficace : une mine de charbon à côté d’une tuile convertissant chaque charbon en 3 PV. Arrivé au décompte, elle lui rapport 36 PV sur 60 et il coiffe d’un point Fred, puis suivent Gérard 53, Dom 50 et Marie-Anne 47.

Table 3, dite « La bicyclette bleue » : F-R sort un nouveau jeu, Occupation, avec Armand, Elie, Pierre-Yves et Vincent. C’est un jeu en équipe avec une dimension narrative qui oppose les troupes d’occupation et les résistants, mais parmi qui peut se dissimuler un agent double collaborateur. Les occupants (Vincent et F-R) ont gagné en tuant le chef de la résistance (Elie) et en mettant en prison assez de partisans.

Table 4, dite « Une heure douche comprise » : Faline ressort First Giants, cette fois avec à sa table Corentin et François2. La partie s’est terminée sur une victoire de Corentin. Les novices ont trouvé le jeu intéressant mais ont regretté une profondeur un peu limitée.

Table 5, dite « Inspiration » : Comme aux grandes heures de St Elivet, la soirée se termine par un Codenames regroupant les restant(e)s. S’y opposent des Bleus (Dom, Faline, Marie-Anne puis Thomas) et des Rouges (F-R, P-Y, Corentin puis François). Peu inspirés, les Bleus sont battus 0-2, victimes d’un assassin à la première partie et d’un indice « Eau 3 » trop polysémique à la seconde.

Séance de VENDREDI 05/06/2026 à Servel

Le 5 juin 1883, le premier train Orient-Express prend le départ de Paris à destination de Constantinople (Istanbul). Derrière le projet, l’homme d’affaires belge Georges Nagelmackers : ayant découvert les wagons-lits lors d’un voyage aux Etats-Unis en 1867 et inspiré par le luxe des cabines des paquebots, il promeut l’idée d’un train de nuit prestigieux et international, ce qui nécessite de résoudre des difficultés techniques, administratives et diplomatiques. Il commence par accrocher des voitures-couchettes à des trains existants entre Paris et Vienne et fonde la Compagnie Internationale des Wagons Lits (CIWL) pour porter son projet. En 1882, elle fait circuler son propre train (4 couchettes, 1 voiture-restaurant, 2 fourgons pour les bagages -ceux qui avaient les moyens ne voyageaient pas léger-). Le voyage prend quatre jours, un gros progrès par rapport à la liaison maritime Marseille-Constantinople en une quinzaine. Pourtant la section finale, en l’absence d’un pont sur le Danube, nécessite de changer pour un bac, un train classique et un vapeur. Ce n’est qu’en 1889 que l’achèvement de travaux ferroviaires en Bulgarie et Serbie permet une liaison continue. Le luxe du train et sa clientèle « fortunée mais variée » crée sa légende alors que certains voyages ne sont pas de tout repos (attaque de bandits, épidémie de choléra etc.). La CIWL ouvre d’autre liaisons ferroviaires, construit des hôtels et devient une des grandes entreprises européennes. Le parcours de l’Orient-Express évoluera en fonction des vicissitudes historiques et du développement des réseaux, notamment en adoptant entre deux guerres une route plus au sud (Lausanne-Venise-Belgrade) après l’ouverture du tunnel du Simplon. La ligne ne survit pas à la guerre froide, aux progrès des trains de jour et aux liaisons aériennes ; elle disparaît dans les années 1970 après un long déclin. L’Orient-Express est évoqué dans de nombreuses œuvres littéraires, de Bram Stoker (Dracula) à Paul Theroux et d’Agatha Christie à Graham Greene en passant par Ian Fleming (Bons baisers de Russie).

Table 1, dite « Voyages aventureux » : Fidèles à leur campagne, le quatuor de ISS Vanguard (F-R, Armand, Jérôme, OlivierB) embarque pour de nouvelles aventures. Parmi les bribes de communication qui nous sont parvenues on parle de cérémonie du thé et d’une certaine perplexité vis à vis de leur mission et de son succès. Dans l’espace aussi, tôt ou tard on se pose la question du sens de la vie.

Table 2, dite « Destination Constantinople » : Il y a une éternité que Roll for the Galaxy n’avait pas été vu, Mickaël y met bon ordre avec Corentin, Fred et VHN. Corentin et Dom partent dans des directions opposées, le premier construisant des tuiles de forte valeur (dont un monde à 9 points) pendant que le second exploite un moteur production/expédition basé sur des dés bleus. La partie prend fin par épuisement du pool de PV et c’est une courte victoire du commerçant avec 50 PV contre 47 à Corentin, 37 à Fred et 35 à Mickaël.

Les mêmes continuent avec Istanbul. Corentin observe que les tuiles « Salon de thé » (où on gagne de l’argent) et « Marchant de gemmes » (où on achète les rubis qui font gagner) sont voisines. De plus le Poste de police (d’où l’on envoie son oncle agir à sa place) et Caravansérail (où on récupère des cartes Bonus, par exemple celle qui permet de refaire l’action de sa tuile, sans bouger) sont proches. Il déploie une stratégie habile et efficace, à défaut d’être créative, en naviguant entre ces quatre tuiles. Dom, lui, obtient ses 5 rubis du Marchand de charrettes, de la Mosquée et du Palais du Sultan où il est en concurrence avec Mickaël pour l’échange de lots de ressources contre un rubis. Il est le premier à y parvenir mais Corentin, calculant au plus juste et touché par la chance des dés en lançant un « 10 », atteint la condition de victoire dans le même tour et l’emporte grâce à sa livre restante. Mickaël et Fred finissent avec respectivement 4 et 2 rubis. Une belle victoire concluant une partie serrée, tranchée par un malheureux sou !

Table 3, dite « Monde disparu » : L’adhérent Nico77 réapparaît après une longue absence et se joint à Faline et Virginie qui rejouent à Dewan, déjà vu mardi et qui finit sur une victoire de la première. Ensuite ils inaugurent First Giants qui est en fait une nouvelle version simplifiée de Elysium (qui, selon nos archives, apparut sur nos tables une unique fois en 2018). En une phrase, on acquiert des cartes qu’on utilise soit pour développer son moteur soit pour scorer, le tout enveloppé dans un thème paléontologique et des règles simples. Il y eut deux parties, l’une pour Faline, l’autre pour Nico.

Les restants concluent avec plusieurs sympathiques manches de So Clover.

Séance de MARDI 02/06/2026 à Servel

Johann Weissmüller est né le 2 juin 1904 dans une famille germanophone d’une zone du royaume de Hongrie aujourd’hui rattachée à la Roumanie. Un an plus tard ils émigrent vers les USA et s’installent près de Chicago. A neuf ans il contracte la polio et le médecin suggère qu’il pratique la natation pour récupérer. Il en fait une passion et se révèle très doué, battant ses premiers records du monde à 17 ans. Il sera un nageur de légende, le premier à nager le 100m en moins d’une minute et il ramènera 5 médailles d’or des JO de 1924 et 1928 (plus une de bronze en water-polo). Il enchaîne sur une carrière à Hollywood, créant le rôle de Tarzan en 1932 qu’il tiendra dans onze films, puis tournant après guerre seize (!) films de Jungle Jim. Pour la petite histoire, il figure sur la pochette de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Retrouvons-nous 122 ans plus tard à quelques kilomètres d’une plage où on peut nager.

Table 1, dite : « Grands singes » : Mickaël et Benjamin prennent Corentin dans leurs filets pour, what else, Ark Nova. C’est une démonstration de Mickaël qui, non content d’être le seul à croiser, marque encore et encore des points. Les autres l’ont regardé dépités comme un animal en cage pensant à sa liberté perdue.

Table 2, dite « Comme un poisson dans l’eau » : Yokohama comme Iki, un autre jeu japonais situé au Japon, a des jetons de poissons. Il peut aussi rappeler Istanbul par la grille de tuiles sur lesquelles on déplace son personnage en gênant les autres. Le jeu est cependant nettement plus complexe car il y a pas mal de façons de marquer des points : en réalisant des commandes, en plaçant des maisons de commerce, en allant à l’Eglise ou aux Douanes ou encore sur quelques majorités en fin de partie. Olive, Xel, Gérard et VHN s’y lancent sans trop savoir dans quelle direction partir : Xel et Gérard construisent des bâtiments et réalisent des contrats, Dom fait une grosse vente aux Douanes et accumule les technologies et Olive recolle après un départ poussif. Il faut aussi anticiper la fin de partie en étant prêt à maximiser son dernier tour : Xel et Olive montrent l’exemple en allant chercher la majorité l’une à la Douane, l’autre sur la seconde place des technologies. Au final les scores sont assez resserrés avec 126 PV pour Dom, 119 pour Xel, 104 pour Olive et 96 pour Gérard.

Table 3, dite « Moi Tarzan, toi Jane » : Aussitôt arrivé, aussitôt dépunché ! Dewan, sorti le mois dernier, a déjà trouvé sa place sur nos tables. Ce jeu de contrôle de territoires à base d’objectifs et de cartes terrain pour se déplacer, se révèle plutôt bisounours, au moins avec la première carte, la plus facile. Ce soir, pas de baston, chacun étant resté dans son périmètre, et un seul « droit de passage » fut payé dans toute la partie. Marc, avec 37 PV, en sera à jamais le premier vainqueur au départage face à Faline. François, 31, suit de près, quand David, qui découvre l’association à l’occasion de cette partie, culmine à 17.

Rejoints par Vincent qui cherche à s’évader, ils lui trouvent un exutoire idéal: le poker, enchaînant plusieurs parties de The Gang, avec des fortunes diverses.

Séance de MARDI 05/05/2026 à Servel

Le royaume des Deux-Siciles a eu une brève existence de 1816 (unification des royaumes de Naples et de Sicile) à 1861 (capitulation du roi François II et exil des Bourbon-Siciles à Rome, ensuite on en perd la trace). Le début de la fin est le 5 mai 1860 qui voit Garibaldi se mettre en route depuis la région de Gênes pour attaquer la Sicile où il débarque quelques jours plus tard et, après quelques mois, conquiert la totalité du royaume qui se retrouve rattaché à l’Italie unifiée. A son départ en campagne avec un millier d’hommes on dit qu’il se serait écrié « ça va barder, là ! ». A Servel 166 ans plus tard, il n’est pas exclu qu’on ait croisé des royaux déchus et des aventuriers va-t-en-guerre.

Table 1, dite « Ach zoo » : Benjamin et Mickaël reviennent du placard avec « un jeu pris au hasard », Ark Nova. Le hasard fait bien les choses, ils se tirent la bourre un bon moment et c’est Benjamin qui sort vainqueur du zoo.

Table 2, dite « Dom-inis » : Leur nouveau chouchou du moment c’est Inis et c’est mérité : un jeu beau, plaisant, subtil et varié où, bien qu’il faille contrôler des territoires avec ses troupes, les actions ne se résument pas à de l’affrontement (ainsi deux joueurs peuvent tout à fait décider de mettre fin immédiatement à un conflit que l’un a déclenché sans tirer un seul coup de feu, il y en a qui pourraient en prendre de la graine). Olive, Gérard, François et VHN l’ont redécouvert il y a peu et plus on y joue plus on maîtrise et apprécie (en particulier on commence à bien connaître les 17 cartes Action qu’on drafte en début de manche). Dans la première partie, personne ne dispute à Olive le rôle de Brenn (premier joueur with benefits) tandis que Dom fait dès le début une manœuvre compliquée (et, osons l’écrire malgré un certain manque d’objectivité, habile) qui lui donne un Exploit (ce dernier abaisse les conditions de victoire, rappelons qu’on peut gagner de trois façons). Il s’échauffoure ensuite avec François sans grand succès mais à la manche suivante il met en jeu 2 clans puis (ayant récupéré la carte avec le Barde) 2 autres. Oh surprise, il est maintenant maître de deux territoires avec un total de 5 clans ennemis. Avec son Exploit cela lui suffit pour l’emporter.

Les lascars sont chauds, ils ne vont pas en rester là et c’est reparti. La seconde partie est plus intense et disputée : cette fois le Brenn est François (qui persiste à se plaindre de ne pas avoir les bonnes cartes, savoureux dans un jeu de draft !). Dom recommence à faire une opération où il sacrifie un clan contre un Exploit. Une escarmouche lui fait perdre un autre clan et le voilà avec un unique clan présent sur le terrain. L’occasion pour Gérard dans le rôle de Maître Capello de rappeler que si un joueur est annihilé il redémarre avec deux clans mais doit défausser un Exploit s’il en détient un. Aussitôt dit aussitôt fait, retour à la case départ mais pourquoi tant de haine ? Cette fois c’est Gérard qui est l’homme fort avec de nombreuses troupes bien réparties et bientôt en position de gagner. Les trois autres font leur part pour le ramener à la modestie. A la manche suivante c’est maintenant François (doté d’un Exploit) qui est le plus menaçant. Gérard lance un grand combat qui tourne court et Olive vient aussi lui rogner les ailes sous les murs de la citadelle. Il parvient néanmoins à obtenir un second Exploit et il faut encore lui taper un peu sur la tête d’autant plus qu’Olive l’a laissé Brenn. En fin de manche, Gérard sort du bois en faisant une exploration et en gagnant un Exploit : il est présent dans 5 territoires et peut gagner, tout comme Dom qui a regagné un Exploit et dispose encore de pas mal de cartes en main (il a démarré avec 3 jaunes et 3 rouges en plus de ses 4 cartes Action vertes). Ce dernier bloque avec le Dagda un renfort de Gérard, l’envahit comme voisin et fait place nette. Il est le seul à pouvoir revendiquer la victoire au début de la manche suivante.

Table 3, dite « Félines & malines » : Nolwenn, Faline, Caroline, Virginie et Corentin enchaînent les jeux. Ils commencent par Extinction où il s’agit coopérativement de sauver les tigres. Ce qu’elles/il ont fait sans trop de difficulté semble-t-il. Ils se lancent ensuite dans Cryptide. La première partie voit une victoire rapide par une Nolwenn clairvoyante. La seconde tourne court suite à une erreur (dans les jeux de déduction, tout indice erroné peut ruiner la partie). La troisième était encore en cours quand minuit approchait.

Séance de MARDI 28/04/2026 à Servel

Eugene M. Shoemaker, né le 28 avril 1928, se passionne très jeune pour la géologie et se révèle un étudiant surdoué, obtenant son Bachelor of Science de Caltech à 19 ans. Envoyé dans les années 50 rechercher de l’uranium dans le sud-ouest américain, il s’intéresse aux cratères qu’on y trouve dans le désert. Il y consacre sa thèse et, en comparant la microstructure de quartz choqués à celle qu’il a trouvée dans des cratères créés par des essais atomiques, il démontre que les hautes pressions nécessaires ont été créées par l’impact d’une météorite. Il répète la même preuve avec l’astroblème du Nördlinger Ries et le date de 15 millions d’années, un cratère en Bavière d’une vingtaine de kilomètres de diamètre à peine distinguable car très érodé. Il s’investit ensuite dans le champ naissant de l’astrogéologie, interprétant les images de la lune et formant les astronautes destinés à s’y poser. Plus tard il se consacre à une recherche méthodique des astéroïdes qui pourraient croiser l’orbite de la terre. Leurs enfants grandis, sa femme rejoint son équipe de recherche et devient une collaboratrice précieuse ; c’est en 1993 qu’avec David Levy ils découvrent autour de Jupiter Shoemaker–Levy 9, une comète qui a été capturée par sa gravitation et s’est fragmentée en une vingtaine de morceaux. Sous les yeux fascinés des scientifiques, elle percute la planète géante en juillet 1994. Quant au malheureux Shoemaker, son destin était décidément sous le signe des impacts puisqu’il trouva la mort en 1997 dans une collision frontale sur une route d’Australie.

Table 1, dite « Choquante » : Un pack de seniors (Marc, Gérard, Olive et VHN), tous n’ayant pas un langage de gentlemen, dispute dans le respect des bonnes manières une partie d’Obsession -jeu de base après avoir hésité-. On drafte les 2 invités de départ mais sinon aucune variante de règles n’est utilisée et la cour est « ouverte », c.a.d qu’on connaît à chacune des quatre saisons le type d’aménagement du manoir familial qui séduira les Fairchild. Ce sont d’abord les tuiles « Service » où 3 joueurs se neutralisent puis deux fois de suite les tuiles « Essentiels » qui sont promises à Olive, mais il a du mal à les retourner et se laisse surprendre non préparé par la Fête Nationale; la seconde fois c’est Gérard qui grâce à un monument brun obtient le total le plus élevé. Des monuments, justement, Marc en a deux puis trois ce qui lui permet d’arriver le premier au maximum de réputation. Le dernier tour voit Marc et Gérard accueillir une demi-douzaine d’hôtes de haut de gamme et maximiser leur score final. Marc remporte la cour finale et domine sur les invités, Dom sur les tuiles et les objectifs et Gérard sur les carte « PV ». Ce sont les serviteurs qui font basculer les choses : Dom a utilisé une carte valant 5 PV pour aller chercher une troisième femme de chambre, ce qui lui valide un objectif à 6 PV. Opération quasi-blanche en apparence mais chaque serviteur rapporte aussi 2 points. Il finit ainsi avec 183 PV, juste devant Marc 181 puis Gérard 161 et Olive 105. Nos nobliaux n’en resteront pas là et prévoient de se retrouver prochainement pour une autre garden party, cette fois avec l’extension.

Table 2, dite « Sciences naturelles » : Benjamin et Corentin, en mode grands fauves, attirent Virginie dans le zoo d’Ark Nova. Les allées et les cages résonnent de leur rugissement et à la fin c’est Corentin qui est le roi des animaux.

Table 3, dite « Femmes irremplaçables » : Nolwenn propose un Wyrmspan, enrichi de son extension récente, à Faline (qui connaît bien) et Caroline (qui découvre). L’extension amène un nouveau type, les dragonneaux, des sortes d’ados qu’il faut éduquer et forcer à ranger leur caverne. Elle modifie aussi la fin de manche où plutôt que regagner 6 jetons actions, on choisit parmi un menu de revenus. La lutte entre les mothers of dragons a été serrée et c’est là encore sur une différence de deux points que Nolwenn bat Faline 100 PV à 98, Caroline scorant 68 pour sa première partie.

Table 4, dite « Météoritique » : Des jeunes des tables 2 et 3 restent pour finir avec quelques tours de The Gang.

Séance de MARDI 14/04/2026 à Servel

Suite à la ruée vers l’or de 1848, la Californie se développe rapidement et devient officiellement un Etat de l’union. Située à l’autre bout du continent et sans aucune infrastructure terrestre à travers les Rocheuses et les déserts du Nevada (le chemin de fer ne va pas plus loin que le Mississippi), les liaisons postales se font par bateau avec traversée à cheval de l’isthme de Panama : il faut bien quatre semaines pour acheminer une lettre. Au début des années 1860, un demi-million de personnes habitent sur la côte ouest et il y a une volonté d’améliorer les choses. Un contrat est attribué à un consortium de grosses entreprises de transport (ayant des milliers d’employés et des dizaines de milliers de bœufs) pour organiser un nouveau service, le Pony Express. En un temps record début 1860 ils mettent sur pied une chaîne logistique reliant Saint Joseph (Missouri) à Sacramento (Californie) en s’appuyant sur 186 stations-relais, 400 chevaux et 80 coursiers (des adolescents poids-léger en général). Les cavaliers, transportant une dizaine de kilos de courrier, faisaient nuit et jour des relais de quelques dizaines de miles en changeant de monture à chaque station. Le trajet inaugural arriva dans un Sacramento en liesse le 14 avril 1860, après un parcours de près de 2000 miles. Le temps de livraison du courrier tomba à 10 jours mais les prix étaient élevés, c’était un peu le FedEx de l’époque. Ce qu’on sait moins c’est que le projet ne dura que 18 mois : en octobre 1861, la mise en service du télégraphe transcontinental précipita la faillite de la société. 166 ans plus tard, on vit quelques participants chevaucher des montures métalliques (vélo = marc’h houarn en breton c.a.d cheval de fer).

Table 1, dite « Légende de l’Ouest » : Faline, Virginie et Caroline, sur un thème « nature », jouent successivement à Forêt Mixte puis à Harmonies. Avec le premier, enrichi des deux extensions Lisière et Alpes, Faline est sans pitié pour ses deux adversaires qu’elle assomme avec 489 PV. Les deux acolytes prennent leur revanche dans une partie serrée d’Harmonies où Caroline s’impose avec 92 PV devant Virginie 90 et Faline 85.

Table 2, dite « Bêtes de somme » : Les addicts d’Ark Nova (Mickaël, Benjamin, Corentin), eux aussi amateurs d’animaux tous mignons, se font leur fix hebdomadaire. C’est Benjamin qui croise mais c’est Mickaël qui l’emporte ; il a amélioré tôt sa carte Association et il a multiplié les dons, c’était la recette gagnante ce soir.

Table 3, dite « Nuit et jour » : Deux revenant(e)s à cette table de Cthulhu Death May Die : Marc et Maiwenn. Ils se joignent à Elie et F-R mais personne ne sera épargné dans ce scénario : c’est une débâcle collective avec trois morts sur quatre. Ils passent ensuite à du plus paisible avec l’Ile des Mots, un coopératif asymétrique où un joueur guide les autre à travers l’île en fournissant comme indices des … mots, vous l’aviez deviné. F-R réussit puis Marc échoue puis cela a continué.

Table 4, dite « Chaîne logistique » : Suite à la « petite » erreur sur l’argent de départ commise vendredi à Container, une partie des mêmes armateurs rejoue, cette fois dans une configuration à quatre (Olive, Gérard, Fred et VHN). L’économie du jeu est effectivement plus intéressante et tout le monde s’est endetté à un moment où un autre (certain même à un point où il a dû faire défaut sur une échéance de remboursement). Dom mise à fond sur la production et accumule une belle collection de conteneurs, revalorisée in extremis par l’achat de la couleur bleue qui lui manquait. Fred construit 4 entrepôts et est le bénéficiaire de ce dernier achat pour une belle somme (34 M$ doublés par la banque). Les conteneurs de Dom valent plus de 120 M$ mais il doit rembourser ses deux emprunts : c’est Fred qui gagne avec 131 M$ devant Dom 116, Gérard 77 et Olive 75.

Table 5, dite « Courte vie » : certains des tables 2 et 4 finissent par un Lovecraft Letter qui laisse une impression mitigée. Par exemple à Olive qui quasiment à chaque manche meurt de folie à sa deuxième carte. Ou à Dom qui, à un jeton de la victoire, voit Fred remporter la partie par une combinaison improbable.

Séance de VENDREDI 10/04/2026 à Servel

La journée du 10 avril 1815 finit par un grand boum : le volcan indonésien Tambora, un impressionnant cône culminant à 4300 m d’altitude et qui est en éruption depuis quelques jours, explose. C’est probablement la plus importante éruption volcanique documentée dans l’histoire humaine même si, le télégraphe n’existant pas encore, l’information mit du temps à parvenir en Europe (on peut aussi estimer qu’elle fut plus puissante que les plus grosses bombes thermonucléaires). Le Tambora projette une quantité de matière estimée à 40 kilomètres cubes dont une partie atteint sous forme de poussières la stratosphère, à plus de 40 km d’altitude. Les habitats autour du volcan sont dévastés et un tsunami cause quelques autres milliers de morts dans les îles environnantes. Quand cela se calme le 15 avril, le sommet du cône a été remplacé par une caldera de 6 km de diamètre dont les bords ne sont plus qu’à 2580 m d’altitude. Le nuage de poussières s’étale peu à peu en direction des pôles. Il va modifier profondément le climat sur toute la terre pendant les trois années suivantes, au point que 1816 a été nommée « l’année sans été » : les températures baissent, les précipitations se dérèglent, le soleil est obscurci. Les rendements agricoles chutent, provoquant famine, migrations et épidémies (choléra, typhus). Certains artistes ont laissé des traces de cet événement : des peintres ont représenté les ciels jaunâtres et les couchers de soleil rouges dus à la présence d’aérosols soufrés dans l’atmosphère ; quant à Mary Shelley, coincée par les pluies continuelles avec sa bande d’amis dans une villa suisse et peut-être influencée par l’atmosphère lugubre de l’époque, elle écrit son roman Frankenstein. 211 ans plus tard, on continue sur tous les continents à modifier le climat sans faire de vagues.

Table 1, dite « Quatre cavaliers de l’apocalypse » : Tristan, Mickaël, JérômeC et OlivierL (re)découvrent un classique (un sommet diraient certains) du maître Knizia : Tigre & Euphrate qui va sur ses 30 ans (le jeu, pas le maître qui doit être septuagénaire). Tristan se glisse à la première place de la confrontation avec 7 PV devant Mickaël & Jérôme 6 et Olivier 3.

Table 2, dite « Climat ingrat » : A Dune Imperium Insurrection, c’est F-R qui, fort d’un personnage qui permet de supprimer une carte devant soi, affine et optimise son deck et remporte une belle victoire face à Pierre-Yves, Corentin et Elie en finissant avec 13 points -il en faut 10 pour gagner-.

Table 3, dite « Stratosphérique » :  A ARCS c’est Fred qui donne une leçon aux autres (Jack, Virginie, Caroline). Bien que sa flotte spatiale ait été réduite à pas grand chose, il a su manipuler à son profit les conditions de victoire.

Table 4, dite « Vague scélérate » : Une table complète de Container avec Gérard, Olive, Thomas, Xof et VHN. Malgré les difficultés de navigation actuelles, tous sont motivés par ce jeu économique très ouvert où une compétence-clé est de savoir évaluer les lots de conteneurs mis aux enchères. En général il vaut mieux se spécialiser un minimum entre les trois activités principales (produire/acheter/transporter), en particulier parce que les deux premières nécessitent des investissements qu’il faut ensuite rentabiliser. Ainsi Xof et Olive ont investi dans les usines et Thomas dans les entrepôts. Cependant, une politique de prix un peu excessive du dernier a fait que la rotation de ses marchandises a été faible, un lot restant coincé sans preneur pendant un bon moment. Cela ne l’a pas empêché d’accumuler une belle collection de conteneurs et de réaliser aussi quelques belles ventes de cargaisons. En fin de partie seul Gérard ne dispose pas des 5 couleurs de conteneurs (ce qui améliore la valorisation du stock). Avec 233 M$ (dont 132 pour son stock), Thomas l’emporte nettement devant Dom 178, Xof 151, Olive 144 et Gérard 136. Pourtant il faudra rejouer car une « minime » erreur de règles a alloué aux joueurs bien trop de capital de départ, ce qui a éliminé la nécessité d’emprunter en cours de partie et considérablement allégé la contrainte monétaire au cœur du jeu.

Table 5, dite « Balayé » : Olive et Dom poursuivent avec deux sessions de Splendor Duel que Olive ne connait pas encore. La version 2J impose des contraintes sur les lots de jetons qu’on prend et crée trois conditions de victoire différentes (20 points, 10 couronnes ou 10 cartes de la même couleur). Il y a aussi des minis-bonus qui modifient le cours du jeu et ajoutent un côté tactique, on retrouve bien la patte de Bruno Cathala. Dans la première partie, Dom accumule les couronnes et conclut avec 10. Pour la seconde Olive fait de même : il en a 5 puis 8 et Dom ne peut que réserver une carte de niveau 3 avec encore 2 couronnes ; il se retrouve à viser les 20 PV qu’il finit par atteindre avec une carte coûtant 8 Blancs, bien aidé par l’asséchement en couronnes du marché des cartes à ce moment.

Table 6, dite « Dé-cône-age » : Un assemblage de joueurs des tables 1, 2 et 4 joue à QE. Les mêmes, ou d’autres, finissent la soirée par une partie de Bomb Busters.