Séance de MARDI 31/01/2023 à Servel

9 joueurs pour 3 tables, avec des saveurs allant du sucré à l’amer.

Table 1, dite « Knock-out » : Une nouvelle table d’Akropolis rassemble Olive, Marc et Mathieu. Le jeu est familial par sa longueur et sa difficulté, et pas folichon par son look sans fioritures. Le trio enchaîne trois parties, toutes remportées par Mathieu. Selon lui, tout consiste à bien choisir le type de tuiles où optimiser son scoring.

Table 2, dite « Souvenir de notre caravane » : Réclamé par certains depuis son retour récent sur les tables de l’association, les Voyages de Marco Polo embarquent Neox, Jakez, Nastassia et VHN dans un envoûtant voyage au long cours sur les routes de la soie, dans des parfum d’encens et de bouse de chameau (moyen de transport universel pour traverser l’Asie centrale). En fait non, cela sentait plutôt les crêpes, courtesy of un ange bienveillant en table 3. Utilisant un « placement de dé » bien conçu, le jeu se caractérise aussi par ses personnages ayant chacun un pouvoir qui semble trop puissant à tous les joueurs qui ne l’ont pas tiré ! Ajoutons qu’il arrive qu’aller occuper un emplacement en début de manche, avec innocence ou vice, laisse un goût amer chez les adversaires qui voient leurs plans contrariés.

Ce soir Nastassia pouvait voyager d’oasis en oasis mais put peu le valoriser faute d’objectifs de voyage appropriés. Nicolas disposait d’un dé supplémentaire mais, assis à gauche de Dom il soupira beaucoup. Ledit Dom se goinfra de ressources gratuites et joua une partie équilibrée, scorant 6 contrats (contre 7 à Neox) et plaçant 8 comptoirs sur 9 sur le plateau. Jakez enfin partit de Beijing : non seulement cela lui assurait 10 PV mais il n’eut qu’un pas à faire pour pouvoir utiliser une tuile lui laissant activer au début de chaque manche n’importe quelle tuile du plateau. Ainsi il cumula plusieurs fois 3 PV ce qui, couplé à quelques contrats juteux, lui fit prendre une avance décisive au score. Il l’emporte avec 70 PV, Dom 65, Neox 50 et Nastassia 36.

Table 3, dite « Merci pour ce moment » : Prestement composée à l’appel de Thomas, cette table qui convoque A Study in Emerald (2e ed.) réveille de vieux souvenirs de Wallaciens chez certains, et a pour d’autres le parfum de la découverte. Nous sommes en équipes, 3 contre 2 à rôles cachés (loyalistes contre restaurateurs), mais, si chacune a ses bonus collectifs, la victoire est bien individuelle à ce jeu aux mécanismes subtils, qui mêle avec audace l’univers de Cthulhu et celui de Sherlock Holmes.

Au mitan de la partie, un autre parfum ne tarde pas à embaumer la table: celui des crêpes confectionnées par Marie-Anne. Leur dégustation suspendra pour un temps l’intense concentration des joueurs, plongés dans le délice d’un bonheur simple comme la Bretagne, avec, pour exhausteur, ce goût inimitable de beurre salé qui forge les souvenirs. Vers ce même moment, autour des joueurs, un triangle se forme issu des tables défaites, qui résonne autour du pentagone formé par les loyalistes et les restaurateurs, dans une polyphonie madrée. Mais que s’est-il passé jusque là ? Si peu, quelques cartes glanées, des déplacements furtifs d’agents, quelques coups bas, mais de ceux dont on se relève. A la manière de ces finales olympiques de poursuite cycliste, chacun attend que l’autre se dévoile. Il devient bientôt clair que François est un loyaliste, Thomas probablement aussi, tandis que les agissements parfois fourbes de Marie-Anne la situent dans le camp adverse.

Alors que la nuit s’effiloche en une interminable pente douce, François prend les devants, assassinant de sang-froid un des agents d’Evan pour un butin de 3 PV qui, on ne le sait pas encore (mais lui le pressent), pèsera lourd au décompte. Thomas prend le parti inverse, et choisit d’occire les supplétifs de Xel (qui en pousse bien sûr des cris d’orfraie). Il commet ce forfait sur la foi d’une interprétation toute personnelle (si Evan achète autant de cartes Assassins, c’est bien sûr pour se jeter sur les restaurateurs). François, pour sa part, a pris le parti inverse : Evan est définitivement un restaurateur, et il s’arme pour tuer les monstres à venir.
Sûr de son fait, Thomas force l’allure et déclenche la fin de partie à toute berzingue ! Mais, contrairement au cyclisme, celui qui franchit la ligne n’est pas, à ce jeu, un vainqueur assuré s’il a mal calculé son coup. Et en effet, à son grand dam, Xel est bien dans le camp de Thomas, c’est François qui avait vu juste, et qui, à la faveur d’une stratégie maîtrisée, l’emporte avec 18 ! Thomas, 17, est le dindon de cette farce. Xel, 12 et Marie-Anne, 11, ont fait le pari perdant de s’ouvrir tous les possibles pour au final ne jamais parier quand Evan, 6, ferme la marche, victime de vents contraires. A-t-il au moins dégusté une crêpe ? On n’en a pas le souvenir. Pour les autres, cette partie restera comme un moment proustien nourri des effluves de paroles, des langueurs du jeu, du beurre salé des crêpes.
« Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir »

Séance de VENDREDI 27/01/2023 à Servel

La National Geographic Society fut fondée le 27 janvier 1888. Cette organisation scientifique et éducative non lucrative américaine vise à accroître et diffuser les connaissances géographiques, puis s’étend à l’archéologie, les sciences naturelles, à la promotion de l’environnement, la protection historique et l’étude des cultures et de l’histoire du monde. L’ensemble de ses publications, dont le célèbre magazine à couverture jaune,  touche chaque mois 360 millions de personnes dans le monde.

135 ans plus tard, à Lannion, on se déployait dans toutes les zones géographiques par la magie des jeux de plateau.

Weather MachineTable 1, dite « Dystopie du présent » :  Du gros jeu pour ce vendredi qui prend la forme de Weather Machine, la dernière création de Vital Lacerda (Vinhos, Lisboa, The Gallerist). Avec un thème steampunk-apocalyptique assez artificiel, il s’agit pour Neox, Xel, Fred et Dom de faire de la R&D et fabriquer des machines compliquées pour réparer une météo déréglée (quel Amish a crié « haro sur le technosolutionnisme » au fond de la salle ?). Pour ce faire on va utiliser trois types de ressources (des robots, des engrenages et des bidons de cochonium) dans trois grandes zones du plateau : les projets gouvernementaux, le labo où on teste des solutions et la R&D où on publie des résultats. Tout ceci à travers un placement d’ouvrier assez classique, sauf qu’on ne récupère son meeple qu’au début de son tour et que donc un certain nombre d’emplacements restent occupés (surtout à 4 joueurs) par les autres. Saupoudrez l’ensemble de divers jetons qui permettent de faire des actions bonus et des enchaînements compliqués.

Cette première partie laisse un goût d’inachevé d’une part parce qu’il est difficile de construire une stratégie vu le niveau de complexité et d’intrication des mécanismes, d’autre part parce que certains pans du jeu n’ont jamais été utilisés (ex. construire un prototype après avoir réalisé une percée scientifique). Alors que l’auteur est réputé produire des jeux denses et longs, nous avons observé 12 tours s’écouler et la fin de partie arriver (après minuit quand même) avec l’étrange impression que tout allait trop vite. Le post mortem révéla qu’effectivement une règle avait été mal appliquée (d’ailleurs à l’instant où ces lignes sont écrites il reste deux interprétations concurrentes de la phrase en question) mais qui n’a finalement raccourci la partie que d’un tour car une autre condition de fin de partie se serait déclenchée.

De cette partie oubliable on consignera que Dom l’a emporté par 37 PV devant Neox 31, un Dom qui a beaucoup pesté pour avoir pris un départ désastreux faute d’avoir bien compris les règles (alors même qu’il les a expliquées !). Il est clair que seules des nouvelles sessions pourront révéler la richesse du jeu et faire émerger les combinaisons efficaces. Pour se donner une idée, les statistiques sur BGG indiquent que pour 4 joueurs expérimentés, le gagnant finit en général au delà des 100 PV.

Skymines

Table 2, dite « Des monstres et des hommes » : à cette table de Massive darkness, nous retrouvons François-René et les deux Olivier, pour une partie gagnée, mais « pas facile » selon le récit laconique des protagonistes.

Table 3, dite « Un futur à construire » : Première sortie pour Skymines, petit  cousin de Mombasa, premier gros jeu d’Alexander Pfister, celui qui l’a révélé au grand public (Diamant d’or en 2015, et épuisé en boutiques depuis bien longtemps). Plutôt que de coloniser le continent africain, on y colonise la lune, c’est plus consensuel (quoique) !

Le plateau principal représente la Lune (ou des astéroïdes sur son autre face) et les différentes compagnies qui s’affrontent pour en extraire les ressources. Les joueurs incarnent des investisseurs qui financent ces compagnies, collectent de l’Hélium-3 et réalisent des recherches scientifiques pour gagner le plus de crypcoins possible au terme des sept manches de la partie.

Comme souvent dans ses jeux, Pfister mélange plusieurs mécaniques dans Skymines. Il y a un peu de deckbuilding : les ressources Titane, Minéraux et Carbone permettent d’acquérir de nouvelles cartes au marché en payant leur coût plus celui de leur emplacement, mais le deck se reconstitue selon un mécanisme inédit.  Dépenser votre énergie dans une compagnie vous permet de placer ses succursales sur la Lune, de gagner les bonus des secteurs sur lesquels vous les placez, et même de virer les succursales des autres compagnies. Un mécanisme de majorité permet de récompenser les actionnaires de ces sociétés selon leurs nombres de parts, acquises au cours du jeu à coup de ressources. Et enfin, du développement : sur votre plateau personnel, vous disposez de deux pistes pour gagner des points en fin de partie. La piste d’Hélium-3 progresse lorsque vous utilisez une carte Ingénieur dans votre phase d’actions ou grâce à l’occupation de certains secteurs de la Lune. La piste de recherche nécessite de remplir les demandes indiquées sur les jetons recherche qui la composent en plaçant les cartes correspondantes dans votre zone d’action (avoir 2 Énergies et 2 Minéraux par exemple). Les jetons Recherche s’obtiennent en dépensant des points de science et on avance sur la piste en jouant une carte Chercheur dans la zone d’action.

Samuel, possesseur du jeu, fit merveille avec une stratégie efficace sur tous les plans, et l’emporte avec 92. Suivent Evan, 75, Olive, 66, et François, 50, qui joua de malchance, pénalisé par un sous-investissement sur la compagnie la mieux développée et surtout butant d’un rien sur deux seuils sur les pistes qui lui auraient octroyé 15 PV de plus. Un excellent opus, d’une grande richesse, et à la courbe d’apprentissage plutôt douce pour un jeu de ce calibre.

Table 4, dite « Une histoire à refaire » : à Twilight struggle, les Américains (Tristan) défont les Russes (Mickaël) dans un remake de vendredi dernier, et pour un résultat probablement identique, même si l’issue du combat n’était point connue alors que le carrosse du chroniqueur s’avançait.

Table 5, dite « Sous la terre comme au ciel » : le grand retour de se confirme, et, dans cet univers peuplé de divinités égyptiennes, c’est Gilles qui survole la partie avec 42, devant Marie-Anne, 35, Baptiste, 27, Thomas, 18, et Franck, 15. Les mêmes, rejoints par Jakez, enchaînent sur un Sub Terra qui se solde par une défaite suite à une erreur fatale de Frank, garde du corps qui ne remplit pas son office.

Séance de MARDI 24/01/2023 à Servel

Michel Serrault vit le jour le 24 janvier 1928. Ayant proclamé jeune avoir deux passions, faire rire et s’occuper de Dieu, il tranche en faveur de la carrière de comédien après avoir fait deux ans de petit séminaire. Longue carrière, qui couvre plus de 50 ans de cinéma d’après-guerre et qui le vit recevoir 3 César de Meilleur Acteur, c’est le seul à ce jour. Le compte-rendu de cette soirée de jeux ne permettra d’évoquer qu’une poignée de longs-métrages parmi les plus de 140 où il figura.

Table 1, dite « Moi y’en a vouloir des sous (Jean Yanne, 1972) » : La dernière fois que nous avions joué à Saint Petersbourg nous nous retrouvions encore à Saint Elivet et Xel reignait en maîtresse. Mais ce soir elle logeait en table 3 et tous les espoirs étaient permis à Neox, François, Mathieu et VHN. Remontant à la grande époque des jeux allemands subtils, épurés et moches, c’est un jeu où on construit son moteur avec des cartes qui combotent. Peu de règles (dans un livret plutôt mal fichu) mais quelques mécanismes malins comme le marché de cartes dont on a intérêt à manipuler la composition, la possibilité (un peu comme à Splendor) de mettre de côté une carte pour en différer l’achat, les cartes « upgrade » au rapport coût/bénéfice souvent valable et les tours de jeu où chaque phase débute par un joueur différent.

Dom réussit à construire un moteur équilibré qui produit des roubles aux phases 1 (ouvriers) et 3 (nobles) pendant que François et Neox privilégient l’achat en phase 2 de bâtiments qui rapportent des points et sont plus contraints par les sous. Mathieu quant à lui fait de tout et s’oriente vers l’accumulation de Nobles. Les trois premières piles de cartes se vident quasi-simultanément, signalant la fin de la partie. Grâce à ses 9 types différents de Nobles, Dom score 45 PV qui le propulsent vers la victoire avec 147 PV devant Mathieu 110, Neox 108 et François 85.

Table 2, dite « Les Combinards (Jean-Claude Roy, 1964) » : Cela fait plusieurs fois que Galileo Project -un de nos achats de Noël- sort, cette fois c’est avec la combo BenjaminF + BenjaminG, Nastassia et Jakez. C’est un jeu où on construit son moteur avec des tuiles qui combotent.  BenjaminF s’avère le meilleur combinard et l’emporte de peu sur Nastassia (65 PV contre 62) et commente sobrement « les planètes, ça score ». Suivent Jakez 45 et BenjaminG 39. Ce dernier qui en est à sa troisième partie et était apparemment victime d’une déchirure spatiotemporelle constate avec dépit qu’il fait de moins en moins de points, ayant scoré 75 PV la première fois.

Table 3, dite « Garde à vue (Claude Miller, 1981) » : Quatre monte-en-l’air dont un mineur (elle est belle la jeunesse !) nommés Ms Red (Xel), Mr. Yellow (Thomas), Mr. White (Marc) et Mr. Orange (Evan) entreprennent un fric-frac avec Burgle Bros. Nous ne connaisssons leur destination finale (la Barbade ou la Santé ?) mais cela n’avait pas l’air gagné. Une personnage ayant beaucoup fréquenté la pipi-room, il y avait de la gastro (ou des rondes insistantes de gardiens) dans l’air. Il faut aussi dire qu’avec des trophées douteux tel un seau d’actinides mineurs entre les mains des lascars, l’air était un peu malsain.

Séance de VENDREDI 20/01/2023 à Servel

Le 20 janvier 1983, François Mitterrand s’exprimait devant les députés du Bundestag, et lance une formule qui fera date : « Les fusées sont à l’Est, les pacifistes à l’Ouest ! »

L’enjeu est de taille : les Soviétiques installent dans les pays satellites d’Europe centrale des missiles nucléaires SS-20 pointés vers l’Europe occidentale. Face à cette menace, les Américains et leurs alliés de l’OTAN se proposent de répliquer en installer en Allemagne fédérale des missiles tout aussi puissants (les Pershing) orientés vers l’Europe communiste et l’URSS. Les pacifistes et gauchistes occidentaux se mobilisent contre ce projet au nom de l’aphorisme : « Plutôt rouges que morts ! ».

Par sa prise de position historique devant les députés allemands, l’homme du 10 mai contribua à retourner l’opinion occidentale en faveur des Américains. Les Soviétiques reculeront, se résignant à démanteler leurs SS-20.

40 ans plus tard, à Parties Civiles, on rejouait la guerre, chaude ou froide, c’est selon, dans des luttes crépusculaires.

Table 1, dite « Fusées long feu » : Innovation est bien ce jeu où aucune partie ne se ressemble, et où tout reste encore possible pour les cas les plus désespérés, surtout à partir de l’âge 9. Dans cette partie en équipes, le duo Dom / François pense avoir écrasé la concurrence, avec un départ en fusée, 5 dominations à 1, emmené par un Dom flamboyant mais qui rendit l’âme comme un feu de paille, et par un François astucieux sur sa seule domination (la diplomatie), mais freiné par un tableau injouable. La sixième domination se fait attendre : elle ne peut plus venir de Dom, au tableau famélique, ni de François, incapable de faire grandir son influence, et qui  lorgne secrètement les 6 comptabilisations par tour qui apporteraient la victoire, fomentant en vain des plans qui échoueront tous. En face, on joue l’apaisement : le tableau mirifique de Xel fait merveille, apportant la seule domination (la militaire) que le duo qu’elle forme avec Xof aura pu engranger. Mais si l’on parle d’influence, c’est autre chose : le temps joue pour eux, car au-delà de l’âge 10, seule l’influence compte si personne n’a atteint les  6 dominations. Les mouches ont changé d’âne, et il suffit de laisser le temps s’écouler pour voir se matérialiser leur victoire, sur un inexorable 84/22.

Table 2, dite « Jeune fille en feu » : la table 1 enchaîne sur Scout, conclu par Xel, 45 à la faveur de mains enflammées, devant Dom, 36, Xof, 35, et François, 27. C’était sa soirée !

So Clover !Table 3, dite « Paix froide » : Première sortie pour Trône de fer, une partie au long cours à ce jeu où l’on fait équipe avec ses voisins mais tout en jouant quand même pour soi, dans une sorte de paix froide. Thomas s’adjuge une victoire de prestige au départage, devançant Samuel, Lise, François-René et Mathieu.

Table 4, dite « Guerre chaude » : à Twilight struggle, les Américains (Tristan) défont les Russes (Mickaël) dans une partie où l’avènement de Jean-Paul II a été le tournant. Castro et le Che furent des victimes collatérales d’une guerre qui n’avait rien de froid.

Table 5, dite « Lost in translation » : deuxième sortie d’un des achats de Noël de l’association, So clover ! clôt agréablement cette soirée et fut l’occasion de fous-rires mémorables dont ce petit cousin coopératif de Codenames semble être un pourvoyeur inépuisable. On en retiendra les associations ingénieuses Drague (Plan / Sucette), Corned beef (Goût / Militaire), Prostituée (Trou / Cadeau), ou encore Cadavre (Bouchon / Squelette).

Séance de MARDI 17/01/2023 à Servel

couronnement d'un papeLe 17 janvier 1377, cédant aux prières de Sainte Catherine de Sienne, faisant fi des lamentations de son entourage attaché au Palais des Papes et à son luxe, le pape Grégoire XI, dernier pape français, met fin à la captivité d’Avignon et réinstalle le Saint-Siège à Rome. La monarchie capétienne, affaiblie par la guerre de Cent Ans, n’est plus assez forte pour retenir le pape. Mais, à sa mort, le 27 mars 1378, le peuple romain impose l’élection d’un pape indigne, déséquilibré et violent, Urbain VI, qui cherche à imposer au Collège une vie conforme à l’idéal évangélique, demandant aux cardinaux de renoncer à leurs pensions et d’investir dans la restauration de l’Église. Deux conceptions de l’Église, du fonctionnement de ses institutions, de sa fiscalité et du rôle de ses princes — l’une avignonnaise, l’autre romaine — s’opposent. Les cardinaux, en majorité français, habitués aux fastes et aux intrigues de couloirs grâce auxquelles ils ont pu accéder à leurs charges si rémunératrices, voient d’un très mauvais œil ce pape moralisateur et intransigeant qui violente les cardinaux qui s’opposent à lui, jusqu’à les dépouiller et les faire exécuter en place publique. Treize cardinaux, pour la plupart français, se réuniront en septembre 1378 à Anagni, sous la protection de troupes gasconnes et navarraises, annulant l’élection d’Urbain VI et conférant la tiare au cardinal Robert de Genève. Clément VII, faute de pouvoir faire autrement, regagnera Avignon. C’est le début du Grand Schisme d’Occident, qui divisera pendant quarante ans l’Europe chrétienne en deux courants, entre papes et antipapes, Rome et Avignon, le tout sur fond de perte d’influence de l’église face à la noblesse et la bourgeoisie et de laïcité rampante des esprits.

Quelques années plus tard, un schisme était en gestation à l’occident de Lannion, lors d’une paisible soirée de jeux. Dans l’attente de Marie-Anne, cinq joueurs avaient constitué une table de Râ et quatre une table des voyages de Maroc Polo. Deux tables complètes donc. Laquelle allait se séparer pour accueillir notre nouvelle joueuse ? A ce suspense intense comme un carré de chocolat noir, il fut mit fin par l’intéressée qui choisit, pour un temps, d’assister en spectatrice, à la deuxième. Le schisme occidental de Lannion fit donc long feu.

Table 1, dite « Un Dieu en partage » : fut choisi comme un jeu du mardi par une table de joueurs sages comme des images, c’est à peine si on entendait quelques invocations poussives du divin à l’approche de la fin de la piste qui scande ses apparitions. Se partageant presque ses faveurs, Matthieu, grâce à un tableau puissant et équilibré, l’emporte avec 40 devant Jakez, 38, roi des Pharaons et du Nil. François (23), moyen partout, occupe le ventre mou d’un classement dont Benjamin (13) et Evan (10) sondent les profondeurs, faute d’avoir su utiliser leurs jetons à temps.

Les Voyages de Marco PoloTable 2, dite « Vers l’Orient compliqué » : Les voyages de Marco Polo, table au long de cours de joueurs motivés par le thème au point d’avoir réservé leur strapontin sur la toile, voit une courte victoire de Neox (57), vainqueur à coup d’idées simples, qui devance Xel (53), Marc (49), et Anastasia (37).

Table 3, dite « Papes vs. antipapes » : De l’Egypte antique, la table 1 bifurque vers la Grèce d’Akropolis, et accueille donc Marie-Anne à ce jeu très astucieux, où il s’agit de composer un village en forme de puzzle de différents types de tuiles, qui rapportent des points selon leur nombre, leurs règles de pose, et, surtout, la présence de multiplicateurs et de tuiles en étage. S’y affrontèrent urbanistes et clémentistes. Dans la première catégorie, on rangera sans hésitation aucune les intransigeants Mathieu, vainqueur avec 111 dont un hallucinant 66 sur les guerriers et deux zéros, et Benjamin (88, dont 58 sur les habitations, et également deux zéros). Partisans du confort coupable d’une feuille de score plus équilibrée et sans aucun zéro, François (98) et Marie-Anne (86) apprirent à leurs dépends que patience et longueur de temps font parfois moins que force et que rage.

Table 4, dite « Vers la réforme » : le grand schisme d’Occident dérive toujours plus vers l’Orient avec cette table finale de Sushi go qui réunit les protagonistes du voyage de la table 2. Xel et Anastasia – en parfaite égalité avec 58, y détrônent Neox 56, et où Marc restera non noté dans nos grimoires, faute d’un scribe attentif. Portant deux joueuses en tête, cette table clôt idéalement la parenthèse du schisme non avenu de Lannion, annonçant la réforme et l’émancipation à venir des femmes.

Séance de VENDREDI 13/01/2023 à Servel

En ce vendredi 13, on compta au moins de 21 participants à la soirée galette des rois de Parties Civiles, dont pas moins de trois nouveaux membres ! Dans la Bible, Jésus fut crucifié un vendredi. La veille au soir, pour son dernier repas, la Cène, Jésus convia ses douze apôtres, ce qui fait treize. Judas est désigné comme le treizième, le traître. Un tel sort funeste ne fut pas promis à notre Président qui, en préambule à cette cène païenne, prononça le discours à la fois le plus bref et le plus inattendu de notre riche histoire. Puis, on joua, mais on n’en avait pas fini avec les libations, le cidre et le rhum arrangé vanille échauffèrent les esprits jusque tard dans la nuit.

Table 1, dite « Tradition brisée » : ambiance rhum-vanille à cette table où prend place Marie-Anne, son instigatrice. Thomas ressort le Brass historique et les lumières clignotent dans les yeux de Xel et François, en souvenir de temps anciens et de fonds de culotte usés à bâtir rails, canaux et autres manufactures. Le score canon de 467  couronne une prestation collective de haut vol. Marie-Anne (104) réussit 2 chantiers navals, ce que personne d’autre ne tenta, François (110) eut une feuille de score équilibrée à laquelle il ne manqua qu’un soupçon d’audace, Thomas (126)  se distingua par de puissantes manufactures, mais se fit souffler la victoire par Xel (127), qui, en soufflant la victoire aux jaunes, brisa là une tradition au moins décennale.

Table 2, dite « Terre promise » : à la table de Galileo, Matthieu s’impose sans faiblir avec 62, laissant Benjamin (48), Evan (42) et Nicolas (41) dans son sillage, dans une partie deux fois plus rapide que la semaine précédente.

Table 3, dite « Des souris et des hommes » : Première sortie pour Aftermath, promis à un avenir radieux en mode campagne. La soirée prend un air murin pour Fabrice qui se retrouve avec Lise, Dom et Marc pour découvrir ce cousin de Mice & Mystics. Un jeu d’aventure coopératif et narratif, donc, où chacun incarne un rongeur et, en groupe, part mener des missions dans un monde ravagé et débarrassé des humains. Mais pas des nuisibles, puisque toutes sortes d’autres animaux se chargent de compliquer la vie des petits aventuriers à fourrure. Pour cette mission de découverte, il s’agissait de partir à l’assaut de la carcasse d’un distributeur de friandises et d’en ramener au camp de base un sachet d’oignons grillés. A son tour on peut faire quelques actions en dépensant une main de 5 cartes dont la force va de 1 à 3. La possibilité de passer des cartes à un autre joueur incite à une vraie planification commune en tirant parti de la position et des aptitudes/équipements de chacun. Cette première mission a été couronnée de succès tout en laissant une sensation de presque trop facile, en particulier parce que la seule mauvaise rencontre a été avec une nuée de cafards dont Lise et Fabrice sont venus à bout. A mieux explorer aussi une prochaine fois, l’horloge dont l’écoulement inexorable accroît les risques de mauvaise rencontre. Peut-être lors d’un prochain épisode de la campagne, mode de jeu privilégié pour Aftermath.

Table 4, dite « Sainte Russie » : à Twilight struggle, les Russes (Franck) se jouent des américains (Mickaël).

Table 5, dite « Pour les siècles des siècles » : cette table de Massive Darkness accueillait Samuzl, OlivierB, Théophile, pour sa première apparition sur nos tables, mais remplacé à la mi-temps par Jérôme suite à un autre engagement, et bien sûr François-René. Que croyez-vous qu’il arrivât ? Ce que vous voulez, car l’issue de cette partie restera dans les limbes pour les siècles des siècles.

Table 6, dite « Charité mal ordonnée » : dans cette aventure collective qu’est Marvel zombies, Neox a joué une carte personnelle, puis, ouvrant son cœur, s’est ouvert aux autres, ce qui a paradoxalement conduit ses équipiers (OlivierL, Gilles, Aurore, Baptiste-aux-mains-pleines, Steven) à une défaite inexorable.

Table 7, dite « Parfum d’antan » : c’est la soirée « oldies but goodies », et voici Dominion qui fait son retour sur nos tables ! Tristan s’adjuge deux parties au nez et à la barbe de Baptiste, Jérôme et notre nouvel adepte, Jakez.

Table 8 , dite « Même joueur meurt encore » : les protagonistes de la table 1 accueillent Mickaël pour un digestif Scout, où, dans les effluves rhum-vanille, Thomas (27) subit une fois de plus une domination féminine, Marie-Anne (28) figurant l’ange exterminatrice. François (25), Xel (22) et Mickaël (11) n’ont rien pu y faire.

Séance de MARDI 10/01/2023 à Servel

On ignore la hauteur d’eau de la rivière Rubicon quand les légions de César la traversent le 10 janvier 49 av. JC mais la loi de Rome interdisait -sous peine de mort- à quiconque de la franchir avec une armée, sauf autorisation expresse. Pompée régnait alors à Rome et César, perçu (à juste titre) comme une menace, avait été intimé de dissoudre ses forces armées et de renoncer à son commandement. En franchissant la frontière du territoire directement administré par le Sénat, il déclenchait un coup d’état et immortalisa sa prise de risque par la phrase (que ne désapprouverait pas un joueur de Bios Genesis) « alea jacta est ». Ce fut le début d’une guerre civile de cinq années marquée par la victoire de Pharsale et qui vit la fin de la république, remplacée par l’empire romain.

Table 1, dite « Luttes intestines » : League of Six est le premier jeu de Vladimir Suchy, auteur de Underwater Cities (voir ci-dessous). Selon l’archiviste officiel, la dernière partie en ces murs (à St Elivet en fait) remonte à 2013. Il suscite ce soir l’intérêt de chevelus et de moins chevelus (Thomas, Xel, Evan et François). Malgré une remontée impressionnante de François au décompte final (24 PV sur les nobles, ce qui ne l’empêcha pas de finir dernier), Thomas s’adjuge cette partie dont des violentes luttes d’influence ont scellé l’issue, gagnées grâce à la pugnacité du vainqueur qui multiplia l’appel aux gardes pour imposer sa loi. Don’t mess with Thomas (73 PV) pensèrent Xel 68, Evan 62 et François 60. Les mêmes finissent la soirée avec Scout : Xel et Evan , à égalité avec 33, dominent Thomas 12, et François 5 dans une partie où le timing a été crucial, Evan donnant le tempo en mettant fin à deux des quatre manches.

Table 2, dite « Hauteur d’eau » : A Underwater Cities, un trio de cinquantenaires (Olive, Marc et Dom) construit son moteur de production de ressources sur 10 tours. Le jeu est fluide (!) avec un placement d’ouvrier classique, combiné à la construction d’un tableau de cartes de plus en plus puissantes. En début de partie, il faut faire attention à ne pas manquer de ressources, ensuite normalement on en produit une partie à l’image de Marc dont les entrepôts débordaient à la fin. Dom est le seul à aller chercher des cartes de scoring qui lui rapportent 22 PV, scellant sa victoire avec 113 PV devant Marc 73 et Olive 71.

Table 3, dite « Choc des chevaliers » : Une fois n’est pas coutume, on joue tard un mardi. La partie de Paladins du Royaume de l’Ouest finit encore plus tard que la précédente sur une table de marque reserrée : Mathieu 79, BenjaminG 77, Alex 72 et Nastassia 66, avec deux nouvelles adhésions à la clé.

Séance de VENDREDI 06/01/2023 à Servel

US Capitol invaded | Cartoon MovementLe 6 janvier 2021, des milliers de partisans se réunissent à l’invitation du président sortant Donald Trump, qui les incite à se lancer à l’assaut du Capitole dans une tentative de bloquer la certification des résultats du vote du collège électoral de l’élection présidentielle américaine de 2020 et la victoire de Joe Biden, alors que le congrès des États-Unis y est réuni pour effectuer cette étape finale du processus électoral.

2 ans plus tard, Parties Civiles prenait d’assaut la maison de quartier de Servel, mais les intentions des envahisseurs furent généralement pacifiques, nonobstant certaines humeurs restées belliqueuses…

Table 1, dite « Tout reconstruire » : Londres a été dévasté par e grand incendie, et tout est à reconstruire. C’est l’objet de London, un Wallace trop méconnu et pourtant très bon, avec son mécanisme original de reconstruction de la ville, qui ne doit exclure personne et surtout pas les pauvres. Deux stratégies s’y affrontèrent : Xel, en mode fourmi, utilisa seulement 4 piles, ne fit aucun emprunt, et n’eut qu’un seul pauvre à déplorer en fin de partie. La victoire lui revient à bon droit, 77 à 74 devant Thomas, qui adopta la stratégie cigale : deux emprunts et surtout 6 piles sur son étal qui multiplièrent ses pauvres, pour une pénalité de 9 PV à la fin, qui fut fatale. Quant à François, il bâtit 5 piles dont il ne fit rien d’utile, fit 2 emprunts sans but précis et qu’il remboursa par miracle : ses 57 points sont bien suffisants pour ponctuer cette stratégie brouillonne, mais en belle harmonie avec le célèbre brouillard qui enveloppe la Tamise.

Table 2, dite « Terre à défendre » : à la table de Galileo, Lucie l’emporte d’un petit point, devançant un aréopage de boomers (Jérôme et des deux Olivier), ce qui démontre une fois encore que, quand il s’agit de préserver la planète, les jeunes ont beaucoup à nous apprendre.

Table 3, dite « Capitulation en ordre » : Première sortie de Quartermaster 1914, dérivé du jeu équivalent sur la seconde guerre mondiale qui a déjà été vu une dizaine de fois à PC. Pour rejouer le conflit on a F-R (Autriche-Hongrie+Ottomans), Frank (Allemagne), JiBee (France+Italie), Dom (Royaume Uni+USA) et Christophe (Russie). Le jeu garde les principes de son cousin avec ses decks de cartes dont la taille et la composition reflètent les forces et les caractéristiques des parties au conflit. Il enrichit l’ancien mécanisme des cartes « Riposte » en permettant à chaque tour, en plus de son action principale, de jouer une carte face cachée devant soi : elle pourra être utilisée soit pour faire perdre 1 ou 2 cartes à un adversaire (en action bonus), soit au cours d’un combat pour défendre ses troupes et éviter leur élimination (sauf si l’attaquant contre-attaque lui même). On peut même la reprendre en main ce qui permet de bluffer et de changer de tactique en cours de partie.

La guerre a commencé par une expansion allemande à l’ouest : après une prise rapide de Paris, les français ont été réduits à l’impuissance mais les italiens ont résisté dans les Alpes sans être victimes de la flotte austro-hongroise déployée en Adriatique. Les russes et les autrichiens ont rapidement occupé toute l’Europe de l’est en s’affrontant sporadiquement. Les anglais, après avoir déployé deux flottes, ont mené des guerres économiques douloureuses contre l’Allemagne, la forçant à défausser une douzaine de cartes. Après voir réussi à défendre avec succès la Belgique, les allemands ont fini par abandonner ce front faute de cartes « construire une armée ». C’était le début de la fin, les territoires ont commencé à changer de camp sous la poussées de français revigorés puis l’écart aux points à se creuser une fois que toutes les cartes allemandes ont été épuisées. Une capitulation russe valant 5 PV a précipité la fin de la partie : avec une avance de 14 PV, les puissances alliées l’ont emporté au 15e tour.

Table 4, dite « Assauts et édifices » : première sortie sur nos tables pour Tiletum, nouveau jeu de la paire d’auteurs Luciani (Barrage, Grand Austria Hotel) / Tascini (Teotihuacan, Marco Polo), déjà vue en duo, entre autres sur le mystique Tzolk’in. Un jeu où la finalité est de combiner construction de maisons, cathédrales, blasons et colonnes, et où la patte des auteurs saute aux yeux. La mécanique de base est un draft de dés placés le long d’une roue : quand on prend un dé, sa position indique l’action qu’on va faire, sa couleur indique la ressource qu’on va recevoir, son chiffre indique combien de ressources on va recevoir de ce type, et la différence entre son chiffre et 7 indique la force de l’action ! Donc beaucoup d’éléments à surveiller, d’autant que les couleurs des dés et des ressources correspondantes sont légèrement différentes et proches à la fois des autres ressources ! Mickaël s’adjuge cette partie inaugurale devant Fred, Benjamin et le jeune Paul.

Table 5, dite « Mystique » : la table 1 enchaîne sur un petit Vodoo prince que François croit remporter à la dernière manche, comptant sur la coopération avisée de Thomas, mais celle-ci ne vint point car il termine dernier, et c’est Xel qui l’emporte 25 à 23, Thomas (17) finissant envouté par ce duel au sommet.

Table 6, dite « Un mariage et des enterrements » : rien de mieux pour conclure la soirée et commencer l’année nouvelle qu’un nocturne Codenames. Prirent place autour de la table les Rouges (Xel, Dom, Thomas, Jibee, Xof, Fred) et les Bleus (François, Paul, Franck, François-René, Benjamin).

  • Bleus 1-0 : une histoire d’eau se termine en naufrage, Jibee apprenant à ses dépends que l’indice Flotte peut faire penser à Eau plus qu’à Baleine
  • Bleus 2-0 : après une polémique sur un indice douteux Paris-Roubaix (Route, Pavé, Ville, Plateau), suite à un conciliabule en forme de quiproquo sur sa validité entre maîtres-espions, les Rouges se fourvoient sur le dernier mot, Grammes restant incompris pour Colle et Balance, tout autant que le précédent Mandale (Colle, Balance), qui eut l’audace de prendre les noms pour des verbes, et se termina par le choix du Pain, un indice que recherchaient déjà au coup d’avant le camp adverse avec Pizza.
  • Bleus 2-1 : encore un choix malheureux d’indice : après un début sur les chapeaux de roue avec l’indice Porno – qui ne visait pas Cœur, malgré la remarque candide d’un des protagonistes  (« Vu ce qu’ils  font, ils doivent être très amoureux »), les Bleus perdent avec Panache en se prenant pour Ravaillac : sur Henri IV, ils avaient bien identifié le Pot de la poule, mais aussi et surtout l’assassin Palais !
  • La partie se conclut sur un 2-2, l’assassin étant encore une fois choisi (Guide pour Tribu au lieu de Suisse) !

Séance de MARDI 03/01/2023 à Servel

Après 10 jours d’interruption pour cause de sobriété festive, reprise des activités ludiques.

Table 1, dite « Rurale » : Dans la jungle sudaméricaine, Neox, François, Evan et VHN enchaînent deux parties d’El Dorado, jeu léger de course basé sur du deckbuilding. Certes, mais vu qu’il y a peu moyen d’alléger son deck pour faire tourner ses grosses cartes, il vaut mieux faire preuve de modération dans ses achats. Dans la première partie, Neox fait la course en tête et résiste au retour de Dom qui crame tous ses jetons bonus sans parvenir à le rattraper à temps. Evan quant à lui est distancé, voir la remarque précédente sur les achats. Dans la seconde partie, une jungle dense nécessite d’avoir rapidement des cartes adaptées. Faute d’y parvenir, Neox bouchonne Dom dans le chemin facile tandis que François (carte+jeton) et Evan (2 cartes) franchissent l’obstacle. On se dit que cela va se jouer entre eux mais Neox fait un retour spectaculaire et finit juste derrière Evan, premier parvenu au but. Dom quant à lui est distancé, voir la remarque précédente sur les achats.

Table 2, dite « Urbaine » : C’est la première apparition de Akropolis, jeu familial de placement de tuiles hexagonales avec un scoring à la Kingdomino. Là encore deux parties sont disputées et voient Marie-Anne et Xel lutter pour la victoire (123 vs. 101 puis 132 vs. 114). Benjamin et Marc ne peuvent que constater la supériorité des dames.

Séance de VENDREDI 23/12/2022 à Servel

Le 23 décembre 1588, Henri de Lorraine, duc de Guise, est assassiné sur l’ordre d’Henri III qui l’avait convoqué sous prétexte d’un prochain déplacement. Guise pense que le roi va enfin le nommer connétable. Alors que le duc passe dans la chambre du roi pour se rendre à ce cabinet, il tombe dans un guet-apens : huit membres de la garde personnelle du roi se ruent sur lui pour l’exécuter. Le duc parvient à riposter et blesser quatre adversaires avant de s’effondrer, percé d’une trentaine de coups d’épée et de dagues, le sieur de Loignac l’achevant en lui enfonçant son épée dans les reins.

Son corps est confié à Richelieu, grand prévôt de France, qui par commandement du roi, le fait dépecer par le bourreau puis brûler à la chaux vive avant que ses cendres ne soient dispersées dans la Loire. Le même jour sont arrêtés sa mère Anne, son fils Charles. Son frère Louis est exécuté puis brûlé, les cendres jetées à la rivière le lendemain. Quoique apocryphe, un célèbre mot historique est prêté à Henri III. Voyant étendu à ses pieds le corps de son ennemi qui mesurait presque deux mètres, le roi se serait exclamé : « Il est plus grand mort que vivant ! ».

À la tête d’un puissant réseau nobiliaire, le duc était devenu populaire pendant les guerres de Religion, se posant en défenseur de la foi catholique. Après avoir participé au massacre de la Saint-Barthélemy (1572), il s’illustre à plusieurs reprises sur le champ de bataille en combattant les protestants. Chef de la Ligue catholique (1584), il aspira à gouverner la France et réduire l’influence politique du parti protestant en France, en vertu du principe de catholicité de la couronne.

Sa mort provoquera indirectement l’assassinat du roi, qui meurt des suites de ses blessures 2 août 1589, après avoir été poignardé par Jacques Clément, moine dominicain ligueur, qui le considérait ennemi déclaré du catholicisme depuis qu’il avait commandité l’assassinat.

Quelques 434 années plus tard, la concorde régnait à Parties Civiles, alimentée par de savoureuses douceurs (vin chaud et gâteaux de Noël de Marie-Anne, fondant au chocolat de Frank), comme un avant-goût de Noël.

Table 1, dite « Guet-apens » : Comment résister à un Brass:Birmingham de Noël ? Aussitôt l’offrande émise par Thomas, les places s’arrachèrent pout tomber dans son guet-apens, et pourtant, les trois autres (Marie-Anne, Xel, Gilles) n’étaient pas venus faire de la figuration. Tous terminèrent entre 130 et 150, laissant cependant la précédence à la marque jaune de l’heureux propriétaire du jeu.

Table 2, dite « Exécution sommaire » : Yona, Dom, François et Vincent redécouvrent l’excellent Dune imperium – un jeu où le timing est important car la fin de partie se déclenche sur l’arrivée au score de 10 points de prestige. C’est ce que compris d’emblée François, qui asséna un rythme d’enfer à cette partie, s’octroyant rapidement le troisième meeeple personnel, gagnant régulièrement de lucratifs combats, et délaissant stratégiquement le marché des cartes. Ce blitz krieg culmina dans un combat homérique au dernier tour, où il écrasa l’ultime combat, pourvoyeur de 2 points de prestige, y déployant pas moins de 28 forces armées, 12 de plus que son poursuivant immédiat. Dom, 7, Yona et Vincent, 6, n’eurent pas le loisir de mettre fin à l’inexorable issue.

Table 3, dite « Dagues aiguisées » : dans le huis-clos en tête-à-tête de Twilight struggle Mickaël, à la tête des Russes, dame le pion à Frank l’américain, qui rata tous ses tirs : il ne suffit pas d’avoir les meilleures dagues, encore faut-il les aiguiser avec soin.

Table 4, dite « Patience et longueur de temps » : unis dans la quête d’un Massive Darkness François-René, Paul-le-jeune, et Olivier B se sont adjugé de justesse une victoire au long cours.

Table 5, dite « Loi salique » : La popularité de Scout ne se dément pas, et la table 1 met à profit sa fraîche connaissance du jeu pour remettre le couvert. Deux parties que Xel s’adjuge avec les excellents scores de 43 et 46. Venant après les vainqueurs masculins des deux séances précédentes, cette percée féminine brise la loi salique qui commençait à poindre.

Table 6, dite « Plus grands morts que vivants » : Cette soirée d’avant Noël ne pouvait se conclure sans un nocturne Codenames. Prirent place autour de la table les Rouges (François, Dom, Mickaël, petit Paul) et les Bleus (Frank, Yona, Vincent, François-René). Dans la première manche, François surprend par sa lenteur à imaginer les bonnes combinaisons, et son équipe perd sur le fil, faute d’avoir décrypté la pourtant splendide triangulation finale sur Bois 3 (Bouteille, Corde, Canne). Mais les Bleus chutent immédiatement après, l’assassin Tour étant touché dès le premier mot pour l’audacieux Magellan 6 lancé par l’intrépide Vincent. Cette défaite éclair donne lieu à un remake par les deux mêmes maîtres-espions, et Dom se met en phase avec ses partenaires, après un débat homérique sur Anorak (poche, neige, et non pas voile, défendu mordicus par le jeune Paul), mais cela ne suffit point, Vincent concluant sur un Moreno 1 pour Puce. Puis égalisation des Rouges à 2-2 sur un parcours maîtrisé par Mickaël, aidé d’une grille favorable.  La dernière manche se conclut par un deuxième assassin, Noyau, touché par les Bleus à l’issue d’un débat intense entre les ressorts intimes de la Physique (le noyau) et de la Chimie (l’électron). Deux fois morts avant l’heure, les Bleus ont fait preuve de panache, et terminent plus grands morts que vivants.