Séance de VENDREDI 12/08/2022 à Servel

Depuis sa création en 1949, la RDA subissait un flot d’émigration croissant vers la RFA, particulièrement à Berlin. La frontière urbaine est difficilement contrôlable, contrairement aux zones rurales. Entre 2,6 et 3,6 millions d’Allemands fuient la RDA par Berlin entre 1949 et 1961, privant le pays d’une main-d’œuvre indispensable au moment de sa reconstruction et montrant à la face du monde leur faible adhésion au régime communiste. Émigrer ne pose pas de difficulté majeure, car, jusqu’en août 1961, il suffit de prendre le métro ou le train pour passer d’est en ouest. Pendant les deux premières semaines d’août 1961, riches en rumeurs, 47 000 citoyens est-allemands passent à l’Ouest via Berlin.

Officiellement appelé par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste », un dispositif militaire complexe comportant deux murs de 3,6 m de haut, avec un chemin de ronde, entourant intégralement le secteur ouest de la ville sur 155 km, fort de 302 miradors et dispositifs d’alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et de barbelés dressés vers le ciel, est érigé en plein Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par la RDA, qui tente ainsi de mettre fin à l’exode croissant de ses habitants vers la RFA. Il séparera physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant 28 ans, et constitue le symbole le plus marquant d’une Europe divisée par le rideau de fer.

Mobilisation pour sauver un pan du mur du Berlin - Le Point

61 ans plus tard, à Lannion, on se battait pour la liberté, à l’abri de murs et d’enclos.

Table 1, dite « Enclos à défendre» :  à cette table, on tenta jusqu’au bout de la nuit de protéger les espèces en construisant des zoos aussi attractifs que possibles à Ark Nova. L’un ne va pas sans l’autre à ce jeu, où deux pistes font le tour du plateau : attractivité et conservation, et celui qui y progresse jusqu’à leur point de rendez-vous gagne la partie. Axel, faisant longtemps cavalier seul jusqu’à être repris sur la fin par François, fond sur la victoire avec 23 points, tandis que François (7), Olivier B (6) et Mickaël (4) forment un beau tir groupé.

Table 2, dite « In memoriam » : dans l’univers tourmenté de Nemesis, Yann sombre le premier, rejoint ensuite par Nicolas II. Les deux morts au champ d’honneur laisseront Camille et François-René s’adjuger une victoire à la Pyrrhus.

Table 3, dite « Marche à l’ombre » : Le mystère de Whitehall voit Thomas réussir à rester furtivement tapi dans l’ombre l’essentiel de la partie, mystifiant Xel et Adélie qui ne savaient à quel GPS se vouer. Il eut moins de chance à In Flanders field, périssant, tout comme Adélie, sous l’effet de la fatale combinaison « triple 1 ». Plus prudente, Xel tira les marrons du feu.

Séance de MARDI 09/08/2022 à Servel

On ne compte plus les articles qui ont été écrits sur ce 9 août 1942, non plus tous les fantasmes qui en ont découlé. Sur tous les détails, la photo d’après-match où on voit des sourires, sur ce qu’il s’est réellement passé pendant, et ensuite, mais aussi sur le contexte d’un Kiev martyr au lendemain du massacre de Babi Yar, fin septembre 1941, le plus grand massacre de la Shoah par balles mené par les troupes nazies en Union soviétique (33 000 morts). Ce jour là, l’histoire va s’écrire sur un terrain de football. Celle d’un match qu’il ne fallait pas gagner, mais aussi celle du stade Zénith de Kiev, devenu depuis le Start Stadium.

En juin 1941, Hitler déclenche l’opération Barbarossa, malgré le traité de non-agression signé deux ans plus tôt et Kiev  tombe, le 19 septembre. Le championnat soviétique a alors vu le jour cinq ans plus tôt et doit se mettre en attente. Déjà, il y a ce monstre sportif : le Dynamo Kiev, son histoire, ce club fondé par la police et le NKVD qui commence à se faire un nom alors que ses joueurs sont appelés à prendre les armes pour défendre l’Ukraine. Ce pays « laboratoire de souffrance de Staline » comme l’explique l’écrivain Pierre-Louis Basse, auteur de Gagner à en mourir (2012), consacré au Match de la mort. Il poursuit : « Le sentiment était alors assez bizarre à ce moment-là car l’arrivée des troupes allemandes a été perçue comme une respiration pour les habitants de Kiev. C’est d’ailleurs une erreur majeure de Hitler car cette région, au départ, était assez acquise aux SS. » Au final, l’opération Barbarossa conduira à la capture de centaines de milliers de prisonniers soviétiques avant la remise en liberté de ceux considérés « inoffensifs » dont d’anciens joueurs du Dynamo comme le gardien Nikolai Trusevich.

Le Dynamo Kiev n’existe plus. Trusevich et ses potes errent dans les rues de Kiev, cherchent à manger et à tuer le temps jusqu’à ce que l’ancien gardien tombe sur Jozef Kordik, un Tchèque considéré par les Nazis comme un étranger d’origine allemande, au point d’être nommé directeur d’une boulangerie de la ville. Il y engagera Nikolai Trusevich. L’histoire s’écrit ainsi : les mois passent, l’idée d’un club de foot se forme et Trusevich file retrouver ses anciens coéquipiers de l’époque pour mettre en place le FC Start. Le groupe se compose alors de huit anciens joueurs du Dynamo et trois du Lokomotiv Kiev et prend les couleurs qu’il trouve, celles de l’équipe nationale soviétique : short blanc, maillot rouge,  chaussettes rouges. Trusevich dira : « Les Fascistes devraient savoir que cette couleur ne peut être vaincue.». Le FC Start devient vite intouchable. Il ne perdra jamais une rencontre.

Le 6 août contre la Flakelf, l’équipe montée par la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, malgré les menaces, la bande à Trusevich s’amuse (5-1). Les autorités n’apprécient pas, parlent du moral des aviateurs du IIIe Reich, mais peu importe. Basse le retranscrit : «  Une ville qui reprend goût à une forme de légèreté et d’indépendance, de victoire aussi, fût-elle avec un ballon, peut très vite devenir dangereuse pour l’occupant. » La Flakelf demande alors une revanche qui aura lieu trois jours plus tard. Voilà ce qu’on appelle aujourd’hui le Match de la mort. Le stade du Zénith est sous surveillance alors que Kiev est rempli d’affiches pour annoncer la rencontre du jour. La police est présente, les troupes allemandes aussi, qui ont rempli de force le stade pour que l’humiliation se fasse sous les yeux de la nation.

L’arbitre de la rencontre, un officier SS, se présente avant la rencontre dans le vestiaire du FC Start et demande à l’adversaire, dans un russe parfait, de saluer avant le coup d’envoi à « notre manière », c’est-à-dire en réalisant le salut nazi. Le silence est total. Quelques minutes plus tard, le XI de la Flakelf entre, fait le salut nazi alors que le FC Start refuse de s’exécuter. Les joueurs ukrainiens auraient alors crié un « Da zdravstvuyet sport » – slogan soviétique à la gloire du sport – repris par le stade. La suite ? Des sales coups, de la pression, Trusevich frappé à la tête, la Flakelf qui ouvre le score sur l’action, un arbitre qui ne siffle pas. Mais le FC Start se remet à l’endroit pour lancer sa démonstration, qui se terminera sur un net 5-3. « Une histoire de dribbleurs fous et insouciants, qui avaient préféré la mort à un match arrangé » , selon Basse, jusqu’à repousser une dernière pression autoritaire à la pause (3-1).

Quelques jours plus tard, les joueurs sont arrêtés par la Gestapo. La raison ? Ils seraient membres du NKVD. L’un des joueurs est torturé jusqu’à la mort à cause de son statut de membre du Parti communiste. Trusevich, lui, est arrêté le 18 août dans la boulangerie avec deux coéquipiers. Les trois hommes seront interrogés 23 jours puis envoyés au camp de travail de Syrets, à Bobi Yar, près de Kiev, où huit joueurs seront déportés, et trois exécutés en février 1943 – dont Trusevich, qui se serait levé sur un « le sport rouge ne mourra jamais » avant de mourir.

Le premier article dans la presse soviétique consacré à l’illustre rencontre parait le 17 novembre 1943 dans la Kiïvska pravda, puis, en 1944, le journal du front de Transbaïkalie  publie, sous forme de feuilleton, la nouvelle Dinamovtsy qui présente les joueurs comme héros de la résistance. En transformant les joueurs en personnages de la lutte anti-nazie, l’auteur cherchait à leur épargner d’inévitables poursuites pour collaboration, car c’est ainsi qu’une rencontre sportive pouvait être interprétée. Le terme Match de la mort sera évoqué une première fois en 1958 par la propagande soviétique, alors que la rencontre avait au départ été vue comme une collaboration avec l’occupant.

Après la guerre, deux films de 1962, Troisième mi-temps et Deux mi-temps en enfer consolident ce scénario dans la mémoire collective des Soviétiques. Le film Match d’Andreï Malioukov réalisé en 2012, qui a reçu la majorité de son financement du gouvernement russe, ne remet pas en cause l’héroïsme des footballeurs, mais se distingue des productions précédentes par la représentation de la plupart des Ukrainiens comme collaborateurs et sympathisants des nazis. Les Ukrainiens ont réagi avec indignation à de telles représentations.

En France, l’écrivain Laurent Binet dans son roman HHhH (2010) reprit la légende forgée par les Soviétiques, celle de la menace de mort en cas de victoire de l’équipe soviétique. Depuis, la romantisation a fait son travail et, non, les joueurs n’ont pas été exécutés dès la fin de la rencontre. Reste une statue, posée à l’entrée du stade Zénith en 1971. Et une absence totale d’images. Pourtant, selon les mots de Basse, les Allemands « filmaient tout. Y compris leurs crimes de masse. Les derniers moments, en sous-vêtements, des familles condamnées. Les pendus, dans les villages, qui faisaient dans l’hiver comme de gros épouvantails, pris dans la glace. Les partisans fusillés. On peut s’étonner qu’ils n’aient pas filmé le match du 9 août 1942. »

9 août 1942 - Le « match de la mort » - Herodote.net

80 ans plus tard, à Lannion, une lutte à mort se déroulait dans le huis clos d’une maison de quartier.

Table 1, dite « Gardiens et prisonniers » : Xel, François, Yann, Malo, Fred et Xof trouvent en Room 25 la réconfortante combinaison d’un jeu pas trop long, bon à 6, et dont on sait expliquer les règles. L’aventure tourna court pour les prisonniers, Yann périssant rapidement dans la chambre rouge, pourtant dûment signalée par une balise mémorielle de François, et Fred, unanimement soupçonné, se fit pousser dans un bain d’acide. Pourquoi ne se défendit-il pas de l’opprobre qui l’entourait, cela reste un mystère de blanche colombe (celle que n’atteint pas le prurit du crapaud baveux). Quoi qu’il soit, deux prisonniers morts, cela suffit à faire gagner Xof et Malo, sur lesquels les doutes s’épaississaient au fil des tours sans qu’on devinât jamais que, gardiens, ils l’étaient tous les deux.

Les mêmes enchainent ensuite sur l’inoffensif Détective Club, qui vit la victoire éclatante de Malo, beau parleur devant l’éternel, alors que Fred, ici encore, fut soupçonné bien plus souvent qu’à son tour, et sans qu’il s’en défendît avec assez de vigueur.

Séance de VENDREDI 05/08/2022 à Servel

Compte-rendu télégraphique de cette soirée d’été :

Table 1, dite « Disney » : Xel, François, Dom et Nicolas-Mickey jouent à Azul (François grâce à deux couleurs complètes), à Deep Sea Adventure (Dom, seul à ramener un unique jeton de 9 en 3 manches) et à The Crew.

Table 2, dite « Histoire de mechs » : Kilian initie Malo à Battletech. Conclusion : mieux vaut avoir un minimum de chance quand on doit lancer plein de dés.

Table 3, dite « Primitive » : Franck, Paul-Jr et Mickaël coopèrent à Paleo.

Table 4, dite « Pas de quartier » : Cela a chauffé à Nemesis pour F-R, Axel, Nicolas2, Yvan et Yann. Le trublion de service s’est tiré d’un mauvais pas en balançant deux grenades et fait partie des rares survivants.

Table 5, dite « Grossebaf, chef normand » : Thomas, Fred et Olivier x2 jouent en équipes à Northgard, un jeu vikingoïde dérivé d’un jeu vidéo.

Table 6, dite « Finale » : Codenames tardif pour des Bleus (Fred, François, Fom, F-R) et des Rouges (Xel, Yvan , Nicolas puis F-R)

  • manche 1 : alors que c’est serré les Rouges choisissent l’assassin Pomme
  • manche 2 : rythme poussif mais la balance penche en faveur des Rouges grâce à un Canard aux navets
  • manche 3 : les Rouges, incapables de voir à travers l’infortunée Basketteuse enchaînent les mots blancs dès leur premier choix ; les Bleus ont partie gagnée quand sur le dernier indice Partition ils choissent Note puis l’assassin Coupure

Séance de VENDREDI 29/07/2022 à SERVEL

Le Scoutisme, Scout Rover, Ranger PNG - Le Scoutisme, Scout Rover, Ranger transparentes | PNG gratuitÀ l’âge de vingt-six ans, Robert Baden-Powell, sous-lieutenant britannique dans l’armée des Indes, est promu capitaine, déplacé en Afrique du Sud, où il a l’occasion d’entrer en contact avec des éclaireurs indigènes pour lesquels il a beaucoup d’admiration. Il se perfectionne à leur contact dans l’art de l’approche et de l’exploration. C’est en Afrique qu’il a pour la première fois la possibilité de former des éclaireurs militaires selon ses méthodes : en petites unités ou patrouilles, chacune sous les ordres d’un chef. Il attribue aux plus méritants un insigne dont le dessin s’inspire du point Nord de la boussole, très similaire à ce qui deviendra le badge du scoutisme mondial.

Il fait une brillante carrière militaire, respecté et obéi, remarqué pour ses talents d’éclaireur mais aussi pour ses talents artistiques (il monte des pièces de théâtre et revisite à sa façon des pièces de Shakespeare), mais l’événement qui le rend célèbre dans tout l’Empire britannique est le sauvetage de la petite ville de Mafeking en 1899, durant la seconde guerre des Boers. Avec beaucoup d’astuce et un courage communicatif, il réussit à sauver une ville assiégée 217 jours par des troupes ennemies quatre fois plus nombreuses. Il en utilise les jeunes comme estafettes, pour transmettre des messages à pied et à vélo, comme observateurs, comme sentinelles ou comme éclaireurs. À sa libération, il est acclamé comme un héros et nommé major général. Il avait prouvé que des jeunes étaient tout à fait capables de réussir une mission, pourvu qu’on leur fasse confiance. Il publie ses observations sous le nom de Scouting (L’art des éclaireurs) dans un petit fascicule destiné aux militaires appelé : Aids to scouting. Promu lieutenant général en 1907, il organise un camp de huit jours avec vingt jeunes hommes de différentes classes sociales sur l’île de Brownsea, l’inaugurant en soufflant dans sa corne de koudou. Il y teste ses idées d’éducation par le jeu, l’indépendance et la confiance. Ce 29 juillet 1907 marque le début du scoutisme.

À la suite de ce camp, il écrit l’ouvrage Scouting for boys (Éclaireurs). Avec ce livre, il lance un nouveau mouvement autonome et crée la base du scoutisme avec ses cinq buts : Santé ; Sens du concret ; Personnalité ; Service ; Sens de Dieu. En 1910, il différencie trois classes d’âge : Les Louveteaux (8-12 ans) ; Les Éclaireurs (12-17 ans) ; Les Routiers (17 ans et plus).  À son retour au Royaume-Uni, accueilli triomphalement, il constate que Aids to scouting a un immense succès auprès des jeunes hommes britanniques et est utilisé par des éducateurs. Il reçoit beaucoup de courriers lui demandant des conseils. Marqué par le spectacle de la jeunesse britannique des quartiers populaires, désœuvrée, souvent en mauvaise santé et délinquante, il décide de mettre en pratique les principes qu’il a observés à la guerre au service des jeunes hommes.

115 ans après, à Lannion, louveteaux et éclaireurs joutaient sous le regard de quelques routiers, à moins que ce ne soit l’inverse.

Mr Jack London - Jeux de Réflexion - 2 Joueurs - Boutique Esprit JeuTable 1, dite « Éclaireurs dans la nuit » : à l’invitation de Thomas, François se lance à la découverte de Mr Jack – on parle ici de l’éventreur bien connu, mais qu’il s’agit dans ce jeu de découvrir sous les traits d’un des huit personnages. L’un des joueurs, Jack, a pour mission de s’échapper à la faveur de la nuit, pour autant qu’il soit invisible. L’autre, Sherlock, de l’identifier et lui mettre le grappin dessus. Un savant algorithme, permettant de déterminer si Jack est visible ou pas, aiguille l’enquêteur au fil des tours. Un jeu où l’anticipation est de mise, une action brillante au tour N pouvant être désastreuse au tour N+1, et où la partie se joue souvent à un rien – mais pour Thomas, trois petits riens furent autant de victoires. Le haut niveau, c’est bien connu, se joue sur des détails.

Table 2, dite « Tendres louveteaux » : Stardew Valley revient et, sous la houlette de Xel, fait trois nouveaux adeptes: Malo, Ivan, nouveau venu sur nos tables, et Killian. Cet équipage d’âge tendre, s’il fit usage cette fois-ci des bonnes règles, n’en termina cependant pas avant les vigiles, la faute à un dernier tour où il lui manqua des actions, et, peut-être aussi, à un de nos louveteaux qui échoua, dit-on, à traire les poules. Pour les parties suivantes, on leur conseille de mémoriser cette petite phrase: « Mets le paquet, tu seras le nouveau vainqueur du concours » qui leur rappellera l’ordre des heures canoniales (matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres, complies), et, à l’occasion, les motivera aussi. Guy Roux ne l’aurait pas reniée.

Table 3, dite « Causes perdues » : à la table de Zombicide François-René, Olivier B, Nicolas II et Axel n’ont pas résisté. Puis, ils ont entamé un Summoner wars, dont l’issue, tardive, restera incertaine.

Table 4, dite « Education par le jeu » : Table à 3 temps pour Frank, PaulJr, Mickaël et Dom qui déballent des jeux arrivés du FLIP. Le premier temps est la découverte de Cascadia, récent Spiel des Jahres (en catégorie Tout public, pour les initiés c’est Living Forest qui reste lui aussi à jouer). Le narrateur adjoint avoue être resté sur sa faim devant le manque d’originalité, d’interaction et de variété. A son tour on prend un couple tuile hexagonale Terrains / jeton Animal, on ajoute sa tuile à son domaine (sans aucune contrainte de continuité des terrains, contrairement à Kingdomino ou Carcassonne) et on pose l’animal sur une tuile vide portant son symbole (1 à 3 symboles par tuile). Chaque animal a un mode de scoring spécifique à la partie, basé sur une combinaison de leur nombre et de leur disposition. Il vaut mieux choisir quelques axes et s’y tenir mais chaque jeton va rapporter en moyenne autour de 3 points (ainsi les 20 jetons de nos 4 joueurs ont scoré respectivement 67, 59, 59 et … 59 PV). Les points amenés par les terrains (plus grande zone et petits bonus de majorité) sont marginaux et au total Frank qui a tout misé sur le wapiti (un élan mais en plus piti) l’emporte avec 81 PV devant Dom 77, Mickaël 72 et Paul 67.

2e temps : Cartaventura « Caravanes », un jeu coopératif et narratif (limite didactique, comment en savoir plus sur l’Orient en 1341) où on construit une carte (géographique) et une aventure en lisant des cartes (tirées de la boîte) carrées (qui peuvent aussi être des objets qu’on garde devant soi). Un petit côté 7e Continent en plus simple et plus court; Plusieurs boîtes sont déjà sorties, ici on part de Tanger à la recherche d’un oncle jamais revenu de son pèlerinage à la Mecque. Comme dans les « livres dont vous êtes le héros » on fait des choix et si Thomas, il y a de moins bons choix ! Ainsi sommes-nous revenus bredouilles de la corne de l’Afrique pour repartir en direction de la mer Noire où des corsaires napolitains nous ont capturés comme esclaves alors qu’on n’avait dépilé qu’un tiers des cartes du paquet. Inch Allah comme on dit par là !

3e temps : Splito, un petit jeu de cartes dont l’originalité est de créer des incitations partagées avec les joueurs voisins. En effet on joue des cartes (normales ou de scoring) à sa droite ou à sa gauche et les deux joueurs de part et d’autre marquent les points des cartes de scoring situées entre eux. Le score de chacun est le produit des points marqués avec ses deux voisins. Il vaut donc mieux répartir 12 points comme 6 et 6 (score de 36) que comme 10 et 2 (score de 20). Dom applique ce principe arithmétique et l’emporte avec 49 points.

Table 5, dite « Développement durable » : Thomas, Xel, François et Dom revisitent la grande guerre à In Flanders fields et si Dom et François franchissent l’arrivée en tête, c’est Dom qui l’emporte, pour avoir épargné une troupe de plus.

Séance de MARDI 26/07/2022 à Servel

ESPERANTO UNIVERSE LATE ASTRONOM By rmay | Education & Tech Cartoon | TOONPOOLLe 26 juillet 1887 Louis-Lazare Zamenhof publie, sous le pseudonyme Dr Esperanto Langue internationale, et établit les bases de la langue qui sera popularisée sous le nom d’espéranto. Ce livre est fréquemment surnommé Unua libro (premier livre) car c’est le premier livre à avoir marqué la naissance de l’espéranto. On y trouve les seize règles de grammaire, 900 racines de vocabulaire, et quelques textes en espéranto dont le Notre Père, des versets de la Bible, une lettre, de la poésie. Son introduction présente les motivations de l’auteur, qui travaillait sur ce projet depuis l’adolescence:

  1. Que la langue soit extrêmement facile, de manière qu’on puisse l’apprendre, comme qui dirait, en passant.
  2. Que chacun qui apprendra cette langue, puisse aussitôt en profiter pour se faire comprendre des personnes de différentes nations.
  3. Trouver les moyens de surmonter l’indifférence des hommes avec une langue vivante, et pas uniquement à l’aide du dictionnaire.

L’espéranto n’est généalogiquement issu d’aucune famille de langues vivantes mais une part de sa grammaire et l’essentiel de son vocabulaire portent à le rattacher aux langues indo-européennes (souvent aux langues romanes). Toutefois, la typologie morphologique de l’espéranto l’écarte significativement des langues indo-européennes, largement à dominante flexionnelle. En effet, il consiste en monèmes invariables qui se combinent sans restriction, ce qui l’apparente aux langues isolantes (Asie, sud de l’Afrique). En espéranto, comme en chinois, on dérive « mon » (mia), de « je » (mi) et « premier » (unua) de « un » (unu). Sa tendance à accumuler les morphèmes porteurs d’un trait grammatical distinct le rapproche aussi des langues agglutinantes (tel le finnois, le basque).

Selon les estimations du linguiste et espérantiste findandais Jouko Lindstedt, le nombre d’espérantophones capable de réellement parler la langue serait de 100 000 (avec une marge d’erreur d’un demi-ordre de grandeur, soit entre 30 000 et 300 000), 1 million pouvant le comprendre. Ce qui reste assez modeste par rapport au globish, qui, lui, n’a eu les honneurs d’aucun manuel.

Table 1, dite « Lost in translation » : 135 ans après, à Lannion, il fut difficile de trouver une langue commune dans une assemblée limitée à 7 joueurs (Malo, Thomas, François-René, Xel, Mickaël, François, Axel). On commença par The thing, où une explication de règles fantaisiste fut l’occasion d’un quiproquo initial, François se croyant chose à la vision d’un jeton chien. Axel étant la vraie chose, on en fut vite réduit à rebattre les cartes. De nouveau, François se trouva tout chose, cette fois-ci à bon droit, et promptement démasqué par un test agressivement mené par les humains, au fallacieux prétexte qu’il s’était installé sur la case Leader (de manière totalement involontaire, rien de tout cela n’ayant été exposé). Ayant eu le temps cependant de faire deux rencontres, le doute se propagea dans l’assistance, d’autant que les deux cas contacts se recroisèrent ensuite plusieurs fois, augmentant leur probabilité d’avoir été chosifiés. A l’heure de monter dans l’hélicoptère, les humains décidèrent donc de se passer de leur compagnie. Mal leur en prit, car si François-René était bien contaminé, Mickaël était resté l’humaniste que tous connaissent. Entraînant la défaite des humains, ce choix funeste consacra la victoire des deux François.

On poursuivit par un tour de Detective Club, jeu populaire en fin de soirée sur nos tables ces temps-ci. Là encore, les quiproquo furent nombreux dans cette bataille entre les frugaux et les cigales, les premiers ayant à cœur de proposer un indice difficile à associer, voire abscons, et les seconds, au contraire, un indice tellement large (végétal par exemple) que pratiquement chaque carte peut l’illustrer. Cette fois, François, que d’aucuns classeront parmi les abscons, resta au parfum tout du long, ne recevant aucun carnet vierge, mais il peina à déchiffrer les intentions. Dans le camp adverse, Thomas multiplia les ouvertures, et Malo fut accusé bien plus souvent qu’à son tour, faute de tromper son monde à l’oral. A égalité, Xel et Mickaël furent les plus perspicaces.

Séance de VENDREDI 22/07/2022 à SERVEL

Après que la prédication pour lutter contre l’hérésie cathare se fut révélée être un échec, et après l’assassinat de Pierre de Castelnau le 14 janvier 1208, le légat du pape Innocent III décide de lancer une croisade contre les cathares. Le comte de Toulouse, chef d’une des régions atteintes par l’hérésie, ayant fait amende honorable et rejoint la croisade, les croisés décident d’attaquer les vicomtés de Béziers, du Razès, d’Albi et de Carcassonne.

Quand la croisade arrive à Montpellier, le seigneur de Béziers réaffirme son attachement à la foi romaine, et tente de négocier avec la croisade, mais le légat exige une soumission totale. Le jeune vicomte refuse, jugeant l’exigence inacceptable. Il retourne à Béziers le 21, la met en état de siège pour qu’elle puisse résister pendant au moins quarante jours et promet d’envoyer rapidement une armée de secours. Alors que la croisade, forte de 20 000 hommes, approche de la ville, l’évêque de Béziers, tente une ultime médiation. Le légat exige que les cathares lui soient livrés. L’évêque fait remarquer les difficultés morales et matérielles de cette entreprise, et l’abbé de Cîteaux exige que tous les catholiques sortent de la ville pour ne pas partager le sort des cathares. La population et les consuls (capitouls) de la ville repoussent cette exigence, se sentant à l’abri dans la ville, et refusant de se désolidariser de leurs concitoyens. Seuls l’évêque et quelques catholiques quittent la ville.

La croisade atteint la ville le 22 juillet 1209. Les fortifications paraissant trop solides pour être prises d’assaut, l’armée commence à s’installer et se prépare à un siège qui promet d’être long. Quelques téméraires tentent alors une sortie, sans doute pour narguer l’armée assaillante. Mais l’assaut tourne mal, les Biterrois se trouvent submergés et refluent vers la ville en désordre, incapables d’empêcher leurs poursuivants d’y pénétrer. Les ribauds envahissent la ville et commencent à massacrer les habitants, n’épargnant pas  même ceux réfugiés dans les églises. C’est à ce moment que le légat du pape et les chevaliers sont avertis de la prise de la ville. Quand ils arrivent, c’est pour constater que le pillage a commencé. Ils tentent de chasser les ribauds de la ville. Pour se venger, les ribauds y mettent alors le feu. Le légat aurait déclaré, selon la tradition historiographique « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». Les historiens concluent généralement à l’inauthenticité de la phrase, mais elle correspondait tout à fait à la mentalité de l’époque.

22 Juillet 1209: le Sac de Béziers

813 ans après, à Lannion, de sourdes batailles faisaient rage.

Table 1, dite « Pour les siècles des siècles » : Xel, Killian, Axel et Vincent se lancent à corps perdu dans la découverte de Stardew Valley – un jeu à dominante agricole, coopératif et qui peut se révéler interminable surtout si, comme l’ont fait nos novices, on utilise un deck de 80 cartes au lieu de 20. La partie ainsi lancée sur ces bases était promises pour durer les siècles des siècles.

Table 2, dite « Forteresses prenables » : l’excellent Dead reckoning revient et fait de nouveaux adeptes, sous la houlette de Julien. Steven Olivier L et Arakis sont cette fois-ci de l’expédition, et c’est Olivier qui réussit le mieux à assaillir les forteresses adverses, s’adjugeant une victoire de justesse. Reste une énigme toujours non résolue après deux parties: comment faire bon usage des gouvernails ?

Table 3, dite « Armes fatales » : à l’invitation de Dom, une table de Bruges se forme. Jibee joue à fond les personnages et combotte non sans succès, mais il est chichement récompensé de 33 PV. Thomas construisit des maisonnées, et tenta de se placer sur la piste de réputation, mais ne culmina qu’à 27 PV. Dom ferrailla avec Jibee sur les personnages, mais, sans succès, engrangeant 43 PV. Enfin, François joua une stratégie duale : les canaux qui lui rapportèrent pas moins de 16 de ses 46 PV, et l’hôtel de ville, où, par un coup machiavélique, il réussit à prendre seul la tête. Son tableau fut peu garni en nombre, mais riche en qualité avec la baronne, autre arme fatale qui lui permit de multiplier les actions gratuites, une autre des clés d’une victoire, ma foi, fort bien construite.

Table 4, dite « Dieu reconnaîtra les siens » : une table de Zombicide accueille  François-René, Lucie, Florian, dont on salue le passage, Mickaël, Malo et Olivier B. Abondance de biens nuit : tous ces paroissiens se sauveront pas leur âme face aux hordes de zombies.

Table 5, dite « Desseins hérétiques » : à Detective Club Jibee puis Dom s’octroient deux parties, dans la bonne humeur générale que permet ce jeu, où le succès tient autant aux talents de composition picturale qu’à l’art oratoire du jeu de rôle.

Table 6, dite « Terrain conquis » : pour finir la soirée, Lucie mate Malo à Splendor – un jeu où, dit-on, elle fait toujours merveille.

Séance de MARDI 19/07/2022 à Servel

Le grand incendie de Rome débuta le 19 juillet 0064 près du Circus Maximus. Il brûla six jours, se calma puis reprit pour trois jours supplémentaires. Les deux tiers de la ville furent détruits et on ne saura jamais quel fut le comportement de Néron face à ce cataclysme. Il semble cependant établi qu’il profita du drame pour lancer une persécution des chrétiens. Avance rapide de 1958 ans et partout en France, du bassin d’Arcachon aux monts d’Arrée, les incendies profitent de l’extrême sécheresse qui règne depuis plusieurs mois. Et ce n’est que le début.

Table 1, dite « Ville combustible » : Matthieu (aka Arakis), Thomas et Dom lancent un Iki. Dès la fin de la première saison, le premier marque 14 PV grâce au placement judicieux de trois artisans de la même couleur, une très jolie entrée en matière. Les stratégies se dessinent progressivement : le tabac pour Matthieu, les poissons pour Dom, un peu des deux pour Thomas qui vient les asticoter. Seul Thomas déplore une victime des incendies qui ravagent périodiquement Edo pendant que Matthieu laisse tactiquement un personnage mourir de faim après qu’il a scoré. Dom est le seul à finir avec un perso de chaque couleur et Matthieu conclut une planification soignée par la construction d’un bâtiment à 26 PV. Il l’emporte d’une courte tête avec 93 PV contre 89 à Dom et 78 à Thomas.

Table 2, dite « Imperator » : cet été on ressort les grands classiques et Axel réunit Xel, Gilles et Nicolas-2 pour un Dominion. Le grand ancêtre des deck-builders est connu et apprécié entre ces murs et le plateau était relevé, aussi c’est un peu surpris que nous avons enregistré le score sans appel de 43 PV pour Axel, plus que la somme des 3 autres (14, 11 et 9) ! Cet âge est impitoyable, dire qu’on l’a connu grand comme ça.

Histoire d’oublier ce cruel résultat, de la légèreté ensuite avec Mot Malin, partie qui verra l’apparition tardive d’un visiteur nommé Malo, d’abord curieux puis conquis par nos activités ludiques et civiles.

Bouquet final et collectif avec une manche unique de Codenames entre des Bleus (Xel, VHN, Malo et Thomas) et des Rouges (Gilles, Matthieu, Axel et Nicolas). Partie équilibrée avec des indices proches « Maintien » (Ceinture, Couche) pour l’une, « Contraint » (Rail, ?) pour l’autre. Un Pilier concédé donne l’avantage aux Rouges et le désespéré Tir 2 ne permet pas, au delà de Canon, d’aller chercher Echelle et Couche tandis que Thomas avait vu juste en nous détournant d’un Corde pourtant logique.

Séance de VENDREDI 15/07/2022 à SERVEL

Une révolte réprimée par la police, entraina la mort de 89 personnes à Vienne le 15 juillet 1927. Lors de cette « révolte de Juillet « ou Wiener Justizpalastbrand en allemand (incendie du palais de justice de Vienne), les manifestants incendient le palais de justice à la suite d’une décision contestée. Dans cette une période agitée, l’Autriche connut des affrontements violents entre les partis politiques de droite (chrétiens sociaux, CS) et de gauche (sociaux démocrates, SDAP). Ces deux partis avaient formé dans les années 1920 des troupes paramilitaires. Des affrontements eurent lieu entre ces deux groupes le 30 janvier 1927 à Schattendorf, faisant deux morts. Trois vétérans, membres d’une milice de droite, furent inculpés pour ces morts et jugés par un tribunal de Vienne. La décision du tribunal fut diffusée le soir du 14 juillet. Après 11 jours de débats, les jurés décident d’acquitter les trois accusés. Cette décision jugée partiale par la gauche (les CS étant au pouvoir) déclencha une immense manifestation le lendemain.

La première colonne de manifestants qui atteignit le Ring essaya en vain de prendre d’assaut le bâtiment de l’Université de Vienne. Le Ring se remplit peu à peu et des rixes eurent lieu près du Rathaus. Les manifestants lancèrent ensuite des pierres sur les cordons de sécurité protégeant le bâtiment du Parlement autrichien. Ils furent repoussés par la police aux abords du palais de justice. Ce bâtiment, représentant aux yeux des manifestants la justice partiale, fut pris d’assaut. Les manifestants commencèrent à détruire les vitres, le mobilier et les dossiers. Un inconnu entré dans le palais de justice mit le feu au bâtiment. Les pompiers ne purent pas y accéder et leurs tuyaux furent coupés.

Le chef de la police demanda au maire de Vienne de faire intervenir l’armée fédérale, la police n’étant pas préparée pour ce genre d’incidents. Le maire de Vienne refusa, tout comme le ministre de l’armée. Il demanda alors à la police, armée de fusils, de repousser les manifestants par la force. Les premiers coups de feu furent tirés en l’air puis sur la foule qui commença alors à se retirer vers la banlieue.

Le chancelier fédéral Ignaz Seipel, prêtre membre du parti des chrétiens sociaux, refusa de démissionner ainsi que de gracier les manifestants arrêtés. 30 000 Autrichiens se retirent de l’Église catholique. Le climat politique fut empoisonné par cette répression policière et la population s’éloigna du gouvernement. La révolte de Juillet signe la cassure définitive entre le CS et le SDAP et est considérée par de nombreux historiens comme la première étape vers la guerre civile de 1934.

Pour sortir de cette crise, on décida de renforcer le pouvoir exécutif. À droite, le parti nazi, et à gauche, le SDAP, deviennent de plus en plus forts. Le CS décide d’empêcher les prochaines élections. Après tout, le régime présidentiel d’Hindenburg en Allemagne montre qu’il est possible de gouverner un pays sans parlement. Le 4 mars 1933, le parlement s’auto-dissout. Pour le chancelier Dollfuß, le parlement a montré qu’il n’était pas capable de fonctionner et déclare le 7 mars qu’il gouvernera sans lui. Le 15, une session du parlement est organisée par quelques députés, mais empêchée par le gouvernement. Plusieurs mesures annoncent un changement idéologique, le passage d’un État démocratique à un État autoritaire : le republikanische Schutzbund est dissous et les Heimwehren s’organisent en milices. Le SDAP réagit en créant un mouvement à l’intérieur du parti, les socialistes révolutionnaires. Ils prônent la résistance armée en cas de dissolution des partis, d’interdiction des syndicats, d’attaques contre Vienne la rouge, et de constitution fasciste.

Des difficultés apparaissent entre l’Autriche et l’Allemagne, même s’ils sont des États autoritaires et idéologiquement proches. Pour Hitler, Dollfuß ne va pas assez loin, n’est pas assez radical. Il souhaite prendre le pouvoir en Autriche. Des attentats sont perpétrés en Autriche par les nazis, et le parti est interdit en juin 1933. Dolfuss se décida à passer à l’action de façon décisive contre les socialistes le 12 février 1934, après que son suppléant eut déclaré : « Nous allons commencer à nettoyer l’Autriche. Nous allons faire le travail à fond ». Une guerre civile éclate. Le gouvernement ordonne des perquisitions pour trouver des armes chez les anciens membres du republikanischer Schutzbund. Ceux-ci se défendent, provoquant des combats de rues avec la police et l’armée. On dénombre 1500 morts et blessés. Certains représentants du SDAP sont exécutés et le parti interdit. Les autres fuient à l’étranger. Le régime en place en sort renforcé car son principal opposant est éliminé.

Malgré la défaite, le fait que le mouvement socialiste autrichien ait finalement combattu le fascisme, plutôt que de capituler, comme en Allemagne, fut une source d’inspiration pour les antifascistes d’autres pays. « Plutôt Vienne que Berlin » devint un slogan autour duquel une nouvelle aile gauche s’organisa dans plusieurs partis sociaux-démocrates européens. En juillet 1934, les nazis autrichiens tenteront un coup d’État. Il échoue et fait 270 morts. 13 personnes sont exécutées et 4 se suicident avant. Le chancelier Dollfuß est assassiné. Pendant ce coup d’État, l’Allemagne reste neutre, pas encore assez forte militairement pour intervenir, attendant son heure.

95 ans après, à Lannion, de sourdes batailles éclatèrent.

Table 1, dite « Vengeance à venir » : à Nemesis (déesse de la juste vengeance des dieux dans la mythologie grecque) on déplora un mort, Killian, tombé prématurément. François-René termine sur orbite, grâce à l’aide d’Axel, qui le rejoignit dans cette issue victorieuse. Xel termina vivante mais incapable de remplir ses conditions de victoire, resta enfermée avec un stock de munitions impressionnant. Une vengeance est à prévoir.

Table 2, dite « Manœuvres préparatoires » : les aventures de Batman shadow of the bat rassemblent les deux Olivier, Fabrice et Steven. Ils ont gagné les deux scénarios introductifs, en attendant de passer aux choses sérieuses.

Table 3, dite « Révolte de Juillet » : à l’invitation d’Arakis, Thomas et Gilles rejoignent la table de Architectes du royaume de l’Ouest. Le doux Gilles se révolte, et engrange une victoire très serrée, puis une autre à Wildspace (deux parties jouées), où Arakis s’impose également.

Wild Space - Test jeu de société - Akoa Tujou

Table 4, dite « Procédures et artifices » : après quelques cogitations, Dom et François emmènent Adrianne au pays de Keyflower. Débutante à ce jeu, elle se constitue rapidement un tableau impressionnant, permettant d’activer de nombreuses actions, et réussit à s’emparer d’une tuile convoitée lors de l’Hiver. Sa partie toute en maîtrise se solde par un 47, insuffisant pour contrer Dom (70), qui caracola en tête avec des artifices procéduraux judicieusement planifiés. François termine avec 57 à l’issue d’ne partie catastrophique pour la déplacement de ses ressources, sauvé par trois tuiles bonus qui lui rapportèrent 36. Les mêmes enchaînent à Hanabi, où leurs feux d’artifice récoltent le score de 21 (« extraordinaire, restera gravé dans les mémoires »).

Séance de MARDI 12/07/2022 à Servel

Table unique sous la chaleur, déplacement en groupe (7 larrons : F-R, Nicolas2, Xel, Mickaël, Thomas, VHN et Axel) vers l’Antarctique pour se rafraîchir et semi-coopérer à The Thing. D’emblée une tempête de neige, première d’une série, nous met sur la défensive. On part au plus pressé, réparer et alimenter chaudière et groupe électrogène. La recherche d’armes, de carburant et de tests antigéniques attendra. Les soupçons naissent mais sans qu’il soit évident que l’un ou l’autre des joueurs est passé du côté de la Chose. Quand Nicolas, provisoirement leader du groupe, décide de saboter la chaudière puis de renoncer à utiliser les actions utiles restantes (Réparer et Utiliser) on y voit plus clair. Le plan initial d’appeler l’hélicoptère de secours n’est pas mauvais, le pouvoir de F-R aide à le réaliser. Mais, satané mauvais temps, l’hélico tarde à arriver jusqu’à la base où tout se dégrade (chaufferie HS, plus de bouffe, le seul test PCR qu’on a récupéré se révèle contrefait etc.).

On essaie de se souvenir qui a croisé N2 et quand ; des soupçons planent sur Mickaël et maintenant que la Chose est révélée, il faut bien réfléchir à la pièce où on se rend vu que personne n’a récupéré d’arme. Nicolas surprend tout le monde (et en particulier le principal intéressé) en envoyant une force de 2 au groupe électrogène, lieu improbable qu’avait choisi F-R pour se réfugier. Il est aussitôt englouti et assimilé par la Chose. Au dernier tour, Thomas est le moins suspect et monte bien dans l’hélico. Il s’agit maintenant de bien choisir qui l’accompagnera : les Humains ne gagnent que s’ils embarquent tous et toutes, sans prendre avec eux de personnage contaminé. Dom est jugé clean puis vient le tour d’Axel. Il s’était fait oublier et par comparaison avec Mickaël inspire confiance. Mal nous en prit, il avait été mordu au 3e tour (puis avait contaminé Mickaël) et entraîne la perte des Humains. De toutes façons, Thomas ne voulait pas de Xel à bord, or cette dernière, malgré des choix difficiles à justifier, était restée Humaine. Cruel destin.

Séance de VENDREDI 08/07/2022 à SERVEL

Le 8 juillet 1982, à Séville, la France s’inclinait face à l’Allemagne de l’Ouest en demi-finale de la coupe du monde au bout d’un match de légende sur fond d’une rivalité historique encore chaude, que l’agression du gardien allemand fit douloureusement revivre. L’occasion manquée d’atteindre la première finale de son histoire, qu’il faudra encore attendre 16 ans.

40 ans après, il n’y a plus qu’une seule Allemagne, et elle est en couple avec la France. Pour les joueurs de Parties Civiles, à Lannion, l’occasion ne fut pas manquée de faire des premières découvertes.

Table 1, dite « Puissance, argent et gloire » : initié en 2020, le kick starter de Dead reckoning est arrivé la matin même ! Il est tout chaud, à peine Dead Reckoning FR – ALDERAC ENTERTAINMENT GROUPdépunché par Julien, qui a sans doute rêvé de cet instant plus d’une fois sous la douche (ou pas…). C’est un jeu d’exploration, de piraterie et d’influence dans un univers ressemblant aux Caraïbes. Avec un deck de cartes, chaque joueur commande un bateau et son équipage, et cherche à amasser la plus grande fortune. Il y a des combats évidemment, car la maîtrise des îles est la clé du gain de l’influence et des différents objectifs de fin de partie (le premier jouer à en remplir 4 met fin au jeu, sans pour autant que la victoire lui soit promise). La grande originalité de ces combats est que l’état des forces en présence ne fait pas tout, car il faut lancer les cubes représentant les forces dans un toboggan, qui décidera de son sort (dégâts, gains, et même issue su combat). Ainsi, la dernière action de la partie fut un assaut de François sur Xof, qu’il entama façon tête brulée à 4 cubes contre 13, et qu’il gagna (tut en succombant de ses blessures, mais les deux sont compatibles) ! Le principal effet de cette dernière joute fut d’octroyer 5 pièces d’or à Xof, qui n’en demandait pas tant, d’autant qu’il venait de connaître la même conclusion dans un fight avec Julien, tout aussi hasardeux étant donnée l’impressionnante armada de canons qu’il avait amassée au long de la partie. Autre particularité du jeu, les améliorations de cartes, avec des bonus transparents qui se glissent dans les protège-carte, notamment avec des icônes gouvernail que personne n’a bien réussi à utiliser (elles améliorent des actions existantes, encore faut-il avoir la bonne combinaison). Voici donc Xof avec 44 pièces d’or au compteur, de quoi lui assurer la victoire (87 PV au total). Julien fut un grand explorateur (24 PV sur les îles, autant que ses deux compères du podium), mais échoue à 68 PV. François amassa 30 pièces d’or (ce qui est l’un des objectifs), et culmine à 55 PV. Killian finit à 31 PV, attaqué de toutes parts et privé d’un port d’attache accessible. Une belle découverte pour un jeu au matériel superbe et qu’on rejouera sans hésiter.

Table 2, dite « Suspect N°1 » : Frank propose une nouvelle enquête du Bureau of Investigation, où l’on doit identifier une personne au moyen de témoignages. Même sans la VAR (inconnue en 1982), le suspect N°1 aura été identifié par la fine équipe, avec Nicolas II, Fred, le petit Paul, et la dame qui avait déjà goûté au jeu, mais dont on n’a pas noté le nom.

Table 3, dite « 1-1 à la mi-temps » : avec Xel, Thomas et Axel, François-René embarque une table dans l’univers, de perdition mais néanmoins ludique, de Burgle Bros 2 – Opération Casino (ici, c’est une victoire), puis dans celui beaucoup plus sanglant de Paris 1889 (là, une défaite).

Table 4, dite « Après prolongations » : le trop méconnu Mot malin remplace avantageusement Codenames dans les prolongations de nos soirées. L’esprit en est le même, mais il faut ici associer deux mots, sur une grille dévoilée, pour faire deviner l’emplacement qui correspond à la combinaison. Les protagonistes de la table 3, rejoints en cours de route par François, ont progressé de partie en partie, jusqu’à atteindre le niveau Excellent, avec 23 mots sur 25 trouvés. Parmi les prouesses de l’esprit que ce jeu ne manque pas de dévoiler parmi ses adeptes, on notera Élémentaire (Eau, Détective), Chevalière (Bague, Licorne), Jubilee (Caméra, Reine) et l’indépassable Lio (Banane, Royaume-Uni), pour banana split évidemment, qui malheureusement n’était pas venu à l’esprit du joueur qui le proposa. Edgar Hoover pour (Détective, États-Unis) resta incompris malgré ses 48 ans de présence à la tête des agences d’investigation états-uniennes (dont 37 au FBI), sous 8 présidents différents : on lui préféra (Moustache, États-Unis), et ce alors qu’il est resté désespérément glabre !

Table 5, dite « A la pièce » : à la table de Batman Gotham City Chronicles les héros (Steven, Olivier L., Fabrice) ont vaincu sur le fil – autant dire que ça s’est joué à la pièce.