Séance de VENDREDI 09/02/2024 à Servel

Victime de la canicule de 2003, le plus vieux chêne de Versailles était debout depuis 324 ans. Mais, en ce 9 février 2005, l’arbre favori de Marie-Antoinette va tomber. Il est environ 12 h 30, lorsque le mât, lourd de 60 tonnes, est abattu dans un sinistre craquement, suivi d’un impressionnant fracas. Il n’a fallu que quelques minutes à deux puissants tracteurs pour le mettre à terre.

Le chêne de Marie Antoinette - 2/2 | Planté en 1681, haut de… | FlickrLe géant de 35 mètres de haut et de 5,5 mètres de circonférence était le doyen des arbres du domaine. Il avait échappé à la transformation du parc voulue par Louis XVI en 1776, et survécu à la tempête de 1999, qui avait pourtant emporté dix mille arbres du parc. Pour lutter contre la sécheresse, en 2003, il avait puisé dans ses réserves et limité son feuillage. Très exposé aux rayons du soleil, à bout de souffle après ce dernier effort de printemps, il n’a pas pu survivre à l’été.

En 1783, un officier des gardes de la reine avait demandé à l’horloger Breguet de créer pour la reine Marie-Antoinette la montre de poche la plus sophistiquée qui soit, à l’aide des matériaux les plus précieux. Il faudra quarante-quatre ans pour terminer cette pièce extraordinairement complexe que ni la reine, ni même l’horloger, ne verront achevée. Volée en avril 1983, la Breguet n° 160 « Marie-Antoinette » a été retrouvée en 2007 et a repris sa place au musée Mayer de Jérusalem d’où elle avait disparu. En 2004, Breguet, a souhaité que ses ateliers réalisent une exacte réplique du chef-d’œuvre alors porté disparu depuis vingt ans. Celle-ci sera présentée, après près de quatre ans de travail, dans un splendide coffret, confectionné avec le bois de l’historique chêne de Versailles.

19 ans après, le changement climatique n’avait pas encore eu raison de Parties Civiles. L’association, qui va sur ses seize printemps, perdurera-t-elle au-delà de la longévité du chêne ? Il est encore un peu tôt pour le dire.

Table 1, dite « Dynastie millénaire » : Tristan, Jérôme2, Fred et Dom s’installent devant Age of Innovation. Ce descendant de Terra Mystica est un jeu stratégique costaud où on développe chacun son peuple, à la fois en s’étalant sur la carte où l’on construit des bâtiments et par ses aptitudes et pouvoirs. Cela peut ressembler de loin à Smallworld (dont on retrouve l’appairage entre une faction et un pouvoir spécial en début de partie mais c’est très différent). Il s’agit de bien planifier car les ressources (cubes et or) sont rares et difficiles à obtenir, malgré un mécanisme original de « pouvoir », une sorte de denrée « boost » convertible en un peu tout mais là encore difficile à obtenir et pas toujours disponible. Jérôme choisit de développer sa navigation ce qui lui permet de s’implanter un peu partout. Fred et Tristan acquièrent rapidement des tuiles de revenu (eh oui, un des soucis du jeu est qu’il y a beaucoup de choix avec autant d’information à ingurgiter et une iconographie pas évidente. Il s’avère qu’il y a des tuiles de revenu qu’il vaut mieux acquérir tôt et des tuiles de scoring qu’on se dispute en fin de partie -Tristan l’ayant bien démontré à Fred-). Dom fait un placement de départ pas fameux et a du mal à développer ses villes qu’il n’interconnectera pas. Dans le dernier tiers de la partie, Tristan rattrape son retard mais Fred (dont c’est la deuxième partie) ne lâche rien. Il parvient encore à construire une troisième cité le temps de la 6e et dernière manche, les convertit en 15 PV additionnels et remporte le bonus final (18 PV) pour la plus grande agglomération. Jérôme regrette un coup qui aurait pu lui disputer la victoire mais Fred s’impose avec 150 PV devant Jérôme 130, Tristan 123 et Dom 112.

Table 2, dite « Réserves inépuisables » : Les choix à cette table furent orientés par la présence de 5 joueurs, et en puisant dans les ressources de l’armoire, on jette son dévolu sur Heat, un jeu de course automobile un peu sophistiqué, où il faut aller vite, mais sans griller son moteur faute de partir en tête-à-queue. Le jeu comporte également des bonus pour les retardataires, ce dont certains usèrent et abusèrent, telle Marie-Anne, qui, a force de squatter les dernières places du peloton, fur irrémédiablement distancée. Plus loin sur la piste, la bataille faisait rage, Thomas et Mickaël jouant des coudes, Élie et François s’adonnant à de grandes chevauchées solitaires aussi chevaleresques que risquées, car qui est en tête ne bénéficie ni des bonus de queue, ni de l’aspiration qui permet à un concurrent situé juste derrière ou à côté de se propulser devant. C’est finalement la gestion du moteur qui sera décisive: François, ignorant les limites de vitesse, franchit allègrement les derniers virages à grand coup de pénalités dont il se tire sans ambages avec son inépuisable réserve de cartes moteur. Fort d’un dernier tirage de cartes providentiel, il termine un essieu devant Élie, suivi de Mickaël et Thomas.

Les mêmes quittent alors leur combinaison pour enfiler le costume de banquiers centraux à QE. Ce jeu, au mécanisme original d’enchères sans limites, est une sorte de poker menteur, puisqu’il faut enchérir assez pour remporter des tuiles mais pas trop, car celui qui a le plus dépensé est éliminé à la fin de la partie ! Le déroulement des enchères de cette partie sera fascinant, parti d’une première à 1715, pour finir au-delà de 325 000 ! Thomas, qui aurait fait un excellent score de vainqueur (54), est ainsi éliminé par son dernier achat un peu trop gourmand, qui porte ses emplettes à plus de 420 000. C’est Élie qui emporte la mise avec 43 points (et un budget de 397 678), juste devant Mickaël (42 pour 394 013 dépensés), François, 28. Marie-Anne, perplexe devant l’équation budgétaire proposée, n’a acquis aucune tuile et termine juste avec les 7 points attribués au joueur le moins dépensier !

Table 3, dite « Patine du temps » : la campagne Batman shadow of the bat bat son plein, et la fine équipe (Steven Fabrice, Xel) se joue de Double face, incarné par Olivier, pour une victoire sans encombres.

Table 4, dite « Longévité légendaire » : l’équipe habituelle (François-René, Jérôme, Olivier, Armand), à la longévité légendaire, se retrouve pour une table de Gloomhaven jaws of the lion.

Table 5, dite « Battement de sourcil » : à Wink (un nouveau jeu sur nos tables, qui semble avoir été apprécié en mode fin de soirée) Steven l’emporte d’un clin d’œil devant François-René, Xel et Jérôme.

Séance de VENDREDI 12/01/2024 à Servel

undefinedPierre de Fermat, mort le 12 janvier 1665, magistrat, et surtout mathématicien fut aussi poète, latiniste et helléniste, et s’est intéressé aux sciences, en particulier à la physique (on lui doit le principe de Fermat en optique). Son dernier théorème, dont la démonstration n’a été établie que trois siècles plus tard par le britannique Andrew Wiles, le rendit célèbre. Il l’énonce en marge d’une traduction (du grec au latin) des Arithmétiques de Diophante, en regard d’un problème ayant trait aux triplets pythagoriciens : « Au contraire, il est impossible de partager soit un cube en deux cubes, soit un bicarré en deux bicarrés, soit en général une puissance quelconque supérieure au carré en deux puissances de même degré : j’en ai découvert une démonstration véritablement merveilleuse que cette marge est trop étroite pour contenir ». Cette note est le seul témoignage dont on dispose de Fermat sur cet énoncé dans le cas général. A fortiori aucune démonstration ou tentative de démonstration n’a été retrouvée. En revanche, Fermat évoque à plusieurs reprises le cas des cubes et des puissances quatrièmes, et on possède des preuves de lui et de contemporains sur le cas des puissances quatrièmes. C’est même, dans toute l’œuvre mathématique laissée par Fermat, la seule démonstration.

Les historiens des mathématiques ne sont pas certains que Fermat lui-même ait été longtemps convaincu d’avoir une preuve dans le cas général. En effet, les annotations marginales de Fermat sont des notes de lectures à son usage personnel, et si Fermat mentionne bien dans ses correspondances les cas particuliers du théorème pour n = 3 et n = 4, il n’aborde jamais explicitement le cas général, seule exception parmi ses énoncés de théorie des nombres. La mention de ces deux cas particuliers laisse penser que Fermat s’était lui-même rapidement rendu compte qu’il n’avait pas de démonstration générale, ni même simplement dans le cas n = 5.

Un autre argument fait la comparaison avec la conjecture de Fermat sur la primalité des nombres dits depuis « nombres de Fermat ». En effet, après avoir écrit plusieurs fois à ses correspondants qu’il n’avait pas de démonstration de ce résultat, il assure en posséder une par descente infinie dans une lettre de 1659. Or, la conjecture de Fermat est en défaut pour n = 5 (225 + 1 = 4 294 967 297 n’est pas premier mais divisible par 641), ce qui conduit à supposer que Fermat n’aurait vérifié précisément cette conjecture que jusqu’à n = 4, par une méthode dont il se serait persuadé à tort qu’elle fonctionnait au-delà, et procédé de même pour son « dernier théorème ». On ignore à ce jour s’il est possible de prouver le théorème de Fermat par des raisonnements n’utilisant que les propriétés arithmétiques et algébriques des entiers connues de son temps, mais l’on sait que certaines pistes, telles la méthode de descente infinie, échouent sous la forme qui réussit pour les petites valeurs de n. La plupart des spécialistes estiment, pour cette raison, qu’une approche « élémentaire » est vouée à l’échec.

359 ans après, Servel bruissait des crissements du couteau sur la galette des rois et du clapotis du cidre dans les verres pour une soirée prolifique, riche en nouveautés avec pas moins de trois nouveaux jeux ajoutés à notre bibliothèque de tags (Ad astra, Age of innovation, Faraway), et qui reçut la visite d’une apprentie journaliste. On a hâte de comparer sa recension avec la nôtre.

Table 1, dite « Primus inter pares » : Bruno Faidutti a décidément la cote à Parties Civiles, JérômeC y forme une table de son Ad astra et en sort vainqueur, devançant Nastassia, dans un mouchoir de poche avec Thomas. Suivent Marco et Marie-Anne.

Table 2, dite « Démonstration réussie » : Voici Age of innovation, un jeu visiblement d’une grande complexité au vu de l’heure tardive où il prit fin. Tristan, son promoteur, s’y impose avec 150, devançant de 30 Arakis. Plus loin sur la table de marque, on apercevait Doc Nico et son collègue Patrice, en compagnons d’infortune de Fred.

FarawayTable 3, dite « Carré parfait » : pour la dernière table formée de la première partie de soirée, Gilles étrenne Faraway, une nouveauté aux mécanismes déroutants de prime abord, et qui appela donc à une redite après la première partie de découverte. Lucas 93, Baptiste 65, Aurore 63, François 60, Gilles 58, Camille 57 pour la première. Revanche pour Aurore, 87, Lucas 85, François 78, Gilles 71, Baptiste 59 et Camille toujours 57 pour la seconde. On jette ensuite son dévolu sur Mot malin. Une première partie, commencée par un Adultère (Détective, Lit), et terminée par un hommage à Johnny (Casque, Nuit) puis à Schumacher (Casque, Lit) se solde par le score collectif « Bon ». Une seconde, puisque c’était la table des redites, parvient au niveau « Excellent », grâce aux malins Dop (Savon, Oeil), et Jésus (Pied, Eau).

Table 4, dite « Bête de sommes » : Mickaël sort son spécial, on a nommé La bête bien sûr, et attire Jesus (condisciple de Marco), Élie, Frank et Paul. Ce dernier incarnait le monstre et la partie se solda par un match nul, à une victime de la victoire pour notre jeune ami, mal parti, mais qui, selon son propre aveu, eut plus de succès quand il arrêta de réfléchir ! On passe ensuite aux additions vertigineuses de QE, et Paul l’emporte cette fois avec 44, explosant la concurrence (ses suivants, Frank et Mickaël pointant à 28), dans une partie où l’américain réussit à intoxiquer le japonais.

Table 5, dite « Descente infinie » : sur le toboggan infini de la campagne Batman shadow of the bat, on voit la fine équipe habituelle (Xel, Samuel, Fabrice, Steven) engranger un nouveau succès. Un jour, c’est mathématique, cette série prendra fin, mais ce n’était donc pas ce soir.

Table 6, dite « Marges providentielles » : à la table de Civilization Baptiste posa, comme à son habitude, beaucoup de questions. Et là, pas de marge trop étroite pour contenir les réponses : il reçut tant et tant de conseils avisés que sa victoire pourrait presque se lire comme un succès collectif pour Benjamin, Marc, Olive et Adrianne !

Table 7, dite « Conjecture indémontrable » : on retrouve la fine équipe (François-René, Jérôme, Olivier, Armand) pour cette table de Gloomhaven jaws of the lion. Cette campagne prendra-t-elle fin, on ne saurait le dire ? On est tenté de penser que la conjoncture est indémontrable.

Table 8, dite « Double jeu » : Mot malin attise les envies, et voici que la table 1, rejointe par Xel et Jérôme s’y met aussi, après que Marco eut tiré sa révérence. Ils furent bons, sans plus.

Table 9, dite « Correspondances dévoyées » : si, à l’époque de Pierre de Fermat, les correspondances étaient le moyen de se jauger et de partager ses connaissances, à Fiesta de los muertos il leur arrive d’être dévoyées. De cette table finale, on retiendra comme exemple de glissement progressif des sens qu’il n’était pas évident de penser à Odin avec un indice canin (Viking, Danois, Carlin) ou à Jacques Brel sur l’indice financier issu de l’enchaînement (Flammandes, Frite, Patate, Pognon).

Séance de VENDREDI 01/12/2023 à Servel

L’avion est le moyen de transport le plus sûr derrière le train. Mais quand un accident se produit c’est souvent avec un nombre élevé de victimes. Ainsi le 1er décembre 1974, un mauvais jour pour le transport aérien avec le crash de deux Boeing 727, l’un au nord de New York, l’autre au nord de Washington. Et encore le 1er décembre 1981 où suite à une incompréhension entre équipage et tour, un MD-80 en approche sur Ajaccio percute une montagne.

Table 1, dite « Bienvenue à bord » : Frank accueille Elie et Florian-venu-voir pour une table de Cascadia suivie d’un Trio.

Table 2, dite « Attachez vos ceintures » : Olive propose à Marie-Anne et Dom un Five Tribes, un jeu malin aux parties variées mais qui peut donner lieu a de longues phases de réflexion pour identifier un bon coup à réaliser (choisissez bien avec qui vous jouez). Marie-Anne donne l’exemple en obtenant 32 sous/PV grâce à un djinn bien choisi qui double son revenu. Olive rappelle comment utiliser habilement les meeples rouges (Assassins) pour prendre le contrôle de deux tuiles d’un coup. Dom fait un peu de tout (ressources, tuiles) mais a tendance à un peu trop dépenser son argent (enchères et achat de cartes Ressource), rappelons qu’à ce jeu chaque sou vaut 1 PV autrement dit on enchérit avec ses précieux PV ! Dom met fin à la partie en plaçant son dernier chameau sur une tuile, Marie-Anne a encore le temps d’acquérir deux ressources qui lui complètent un lot de 9 ressources différentes -qui vaut 60 PV-. Elle l’emporte avec 166 PV devant Dom 155 et Olive 147.

Les mêmes rejoints par Elie et se lancent dans Isle of Skye. Marie-Anne puis Elie font monter les enchères et tous développent leur territoire en recherchant montagnes et « brochs » compte-tenu des tuiles de scoring tirées pour la partie. Au décompte final ce sont les parchemins de Dom qui lui donnent les PV permettant de prendre le meilleur sur Marie-Anne, devant Elie et Olive.

Table 3, dite « Le commandant et son équipage » : la team de Gloomhaven les mâchoires du lion (F-R, Armand, OlivierB et Jérôme) poursuit sa campagne de longue haleine. Le scénario du soir consiste à assister aux combats que mène seul Armand, le Lanceur de sabres, en le soutenant plus ou moins. Il s’en tire et crédite l’équipe d’une victoire collective de plus. Ils continuent par un Dungeon Raiders : Olivier succombe pendant l’exploration des différents étages tandis que Jérôme, le plus faible des survivants, expire en ressortant. Par élimination c’est donc F-R qui l’emporte.

Table 4, dite « Programme de fidélité » : Une autre team qui continue ses rencontres périodiques c’est celle de Batman Shadow of the Bat (Xel, Samuel, OlivierL, Fabrice et Stéven). Fabrice dans le rôle de « double face » galère bien mais au final le succès est au rendez-vous. Ceux des deux teams qui ne sont pas rentrés font ensuite un Mot Malin de bonne facture où ils trouvent 24 mots sur 25.

Table 5, dite « Transports en commun » : Thomas attire Fred, JérômeC et BenjaminG dans un Brass Birmingham (« c’est un piège ! » les avait-on pourtant prévenus). Le Maître consacre son premier âge à construire des bâtiments de niveau 2 qui seront donc décomptés deux fois. Puis il investit massivement dans les chemins de fer et bondit au scoring final à 187 PV, devant Jérôme qui avec 167 a fait bonne figure pour sa première partie et était transporté de joie.

Table 6, dite « Concurrence sanglante » : on ne se lasse pas de La Famiglia, ce soir Mickaël attire dans ses rêts Fraçois, qui connait déjà, mais aussi Doc Nico et Gilles qui découvrent. L’explication de règles prenant le temps qu’il faut, on se retrouve à 21h50 à se contester les territoires entre l’équipe « Ferrari » (jaunes et rouges) de Gilles et François, et les « Mare Monti » (verts et bleus) de Mickaël et Doc Nico. La mise en place et les premiers choix dessinent un paysage contrasté, les rouges occupant le flanc Ouest, quand les Verts font de la côte Est un fief. Les bleus et les jaunes se répartissent, en position de contester des majorités sur les zones faibles, et de se faire avaler ailleurs. Bientôt, Ferrari prend la pôle position, avec trois territoires rouges et un jaune, lors que les randonneurs adoptent un train de sénateur. Mais, le mollet aguerri, ils montent en puissance, faisant leur miel de cueillettes providentielles au gré du chemin, on parle des tuiles d’influence, puissantes dans leur nature comme dans leur rang. Les Ferrari sont forts pour envahir les territoires voisins et faire prospérer l’économie, mais, paradoxalement, leur voiture est très poussive, et ils ont peu d’occasions de provoquer des attentats. En face, on ne s’embarrasse pas de ces précautions, et les bombes et autres razzias ensanglantent l’île. Au moment décisif, en fin de dernière manche, une sourde lutte d’influence au sud tourne à l’avantage des bleus. A la manche d’avant, Mickaël a fait main passe sur une pole position mal défendue, et est devenu premier joueur, ce qui règle les égalités sur l’influence : un choix stratégique majeur qui fait basculer la partie, car il fait exploser un contrat rouge et la région bascule. C’était la seule chance de nos motoristes, car, si les rouges ont défendu leurs bastions, les jaunes se sont perdus à de vaines luttes, oubliant l’objectif de conquête sur des territoires plus abordables. Comme disent les vendeurs de la célèbre marque, vous pouvez choisir votre couleur du moment que c’est le rouge… Le score de 6 à 3 reflète la brutalité du retournement de situation, et traduit la maestria de la stratégie au long cours des Mare Monti.

Table 7, dite « Allo la tour !? » : les restants tiennent compagnie à la table 6 après minuit en disputant quelques manches de Codenames. A la première les Rouges (Thomas, F-R, Xel), telle la tortue de la fable, égrènent des indices en 2 puis en 1. Pourquoi se forcer quand les Bleus (Jérôme, Dom, Steven, JérômeC) révèlent des Blancs et un Rouge (Rome avec l’indice Chemin qui visait Croix et Sommet) et auraient de toutes façons fini sur l’assassin Pavé si les Rouges n’avaient pas gagné avant. A la deuxième Steven et François-René jouent à saute-mouton, enchaînant les indices en 2, et les rouges gagnent à l’usure (Dinosaure 1: Écaille). A la troisième, François reste perplexe devant une grille improbable, et ses équipiers glissent sur les indices, Londres (pour Jeu), pourtant soufflé en face par Thomas, Veille pour Attente, Prise pour Alcool, mais trouvent miraculeusement Racine qui n’avait fait l’objet d’aucun indice (ils pensaient à Root pour Jeu, et à prendre racine pour l’attente !). François joue alors son va-tout en lançant l’indice Pente 4. Il était évident qu’il n’y avait pas 4 indices associés à pente mais un seul, à savoir Côte. Faute d’avoir raisonné ainsi, les bleus tombent aussitôt sur Chute et les rouges n’ont aucun mal à plier le match en un 3-0 net et sans bavures.

Séance de VENDREDI 17/11/2023 à Servel

National Rifle Association of America — WikipédiaL’American Rifle Association (qui deviendra la NRA, National Rifle Association of America) se donne pour mission de garantir le droit de tout citoyen américain de posséder et porter des armes, inscrit dans le IIe amendement de la Constitution américaine, qui stipule que de manière générale, « une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé ». L’association a vu le jour le 17 novembre 1871 dans la ville de New York à l’initiative d’anciens officiers de l’Union, désireux de regrouper des soldats nordistes, vétérans de la guerre de Sécession, mais également des membres de la classe moyenne supérieure intéressés par le tir et les armes à feu. Cette institution fut concomitante de celle de la Garde nationale de l’État de New York : les États-Unis se sont constitués dans la défiance vis-à-vis de toute centralisation imposée par un État tout-puissant. Chaque citoyen devait ainsi pouvoir résister aux velléités d’absolutisme. Un absolutisme que les Pères Pèlerins avaient fui lors de leur traversée de l’Atlantique sur le Mayflower au début du XVIIe siècle…

152 ans plus tard, chaque adhérent de Parties Civiles eut le choix des armes pour se défendre.

Table 1, dite « Décentralisée » : Dom ressuscite Ile of Skye, et entraîne quelques compères dans ce jeu oublié à base de construction de territoires qui donnent des points en fonction de propriétés qui varient à chaque tour, typiquement le jeu de type bouteille à l’encre, avec des calculs de prix qui donnent des maux de tête et où il est difficile de prédire qui va gagner. C’est Xof qui s’impose avec 76, grâce à de lucratifs parchemins, devant Dom, 64, puis François et Olivier B, 61.

Table 2, dite « Démasquée » : Une victoire brillante pour la fine équipe de Batman shadow of the bat.

Table 3, dite « A l’arme blanche » : à Lettres de Whitechapel, Marie-Anne joue à contre-emploi le rôle de Jack,  mais se fait surprendre par une équipe d’enquêteurs aguerris (François-René, Franck, Paul, Olive).

Table 4, dite « Pèlerine » : à Darwin’s journey, Elie, Fred, Louise et Martin ont arpenté le vaste monde.

Tables nocturnes, dites « Associations de malfaiteurs » : ont été aussi aperçus un So clover où François sortit un joli Monarque (Papillon, Révolution), et un Fiesta de los muertos. De nombreux morts ont été recensés dans les deux cas.

Séance de VENDREDI 10/11/2023 à Servel

Le 13 novembre 1970, première observation d’un neutrino dans une chambre à bulles d’hydrogène du Zero Gradient Synchrotron. Un neutrino invisible percute un proton, donnant naissance aux traces des particules résultant de la collision. Cette particule répond à une énigme dans la communauté des physiciens : la désintégration β  ne semble pas respecter les lois de conservation de l’énergie, de la quantité de mouvement et du spin. Pour satisfaire ces principes, Wolfgang Ernst Pauli postule dès 1930 l’existence d’une nouvelle particule, de charge électrique nulle, qu’il nomme initialement neutron et dont il estime la masse au moins 100 fois inférieure à celle du proton. C’est le physicien italien Edoardo Amaldi qui donne à la nouvelle particule le nom de « neutrino », une fois le neutron découvert. Les premiers neutrinos seraient apparus il y a 13,7 milliards d’années, peu après la naissance de l’univers. Depuis, ce dernier n’a cessé de s’étendre et de se refroidir, et ces neutrinos, dits cosmologiques, ont fait leur chemin. Théoriquement, ils forment aujourd’hui un fond de rayonnement cosmique, le fond cosmologique de neutrinos. Leur énergie est cependant bien trop faible pour qu’ils puissent être détectés avec les technologies actuelles.

Neutrino Particle Interaction Event Art Print by Fermi National Accelerator Laboratory - Fine Art America

53 ans moins 3 jours plus tard, un compte-rendu vous est livré d’une séance de Parties Civiles qui eut bel et bien lieu, mais trop dense pour être capturée par les technologies actuelles.

Table 1, dite « Énergie noire » : Rocketmen, sur sa rampe de lancement, recrute deux nouveaux adeptes, Tristan et Fred rejoignant François et Thomas. La concurrence est rude, et Tristan ne tarde pas à trouver la stratégie gagnante: une petite mission pour empocher 20$ et une main basse sur les premières cartes Innovation. Au faîte de sa puissance, il tente un voyage vers la lune, poussivement entamé, mais le poursuit jusqu’au bout quand-même alors qu’il avait besoin d’un 4, la carte la plus haute, et la seule sur les 18 de la pioche. Et, incroyable, il tire cette carte, mais, coup de théâtre, son succès est derechef annulé car il avait déjà fait ce même voyage ! Un épisode rocambolesque, mais qui ne l’empêche pas de finir largement en tête avec 30. Thomas, 23, a bien résisté, quand Fred, 13, et surtout François, 7, ont sombré, scotchés en bas de leur courbe d’apprentissage.

Table 2, dite « Tapie dans l’ombre » : Une victoire brillante pour la fine équipe de Batman shadow of the bat.

Table 3, dite « Changement de trajectoire » : Dom initie Marco à Ark Nova, et, dans un subtil changement de trajectoire dans l’espace-temps, se fait cueillir par l’éternelle jeunesse du monde.

Tables autres, dite « Traces infimes » : ont été aussi aperçus un Marvel Champions et un Yucatan. Leurs traces recueillies avaient une masse presque nulle.

Séance de VENDREDI 07/07/2023 à Servel

19 ans après le procès de Jeanne d’Arc, Charles VII publie, le 15 février 1450, une ordonnance disant que « les ennemis de Jeanne l’ayant fait mourir contre raison et très cruellement », il veut savoir la vérité sur cette affaire. Mais il faudra attendre 1455 et un rescrit papal pour que, survienne sur la demande de la mère de Jeanne, la révision du procès. Le pape a ordonné à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d’étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d’Arc. Son mémoire est la condition juridique du procès en réhabilitation. Celui-ci aboutit à casser le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Bréhal, qui enregistre les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges. Le jugement, prononcé le 7 juillet 1456, déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille. La plupart des juges du premier procès, dont l’évêque Cauchon, sont morts entre-temps.

567 ans plus tard, à Parties Civiles, on se perdait en conjectures.

Table 1, dite « Sauver la pucelle » : à Aliens François-René, Jérôme, Paul et Frank jouent la première quête, en mode découverte. Ils n’ont au aucun problème à sauver la malheureuse Newt.

Table 2, dite « Justice faite » : L’équipe habituelle de Batman (Xel, Fabrice, Samuel, Steven) engrange une victoire de justesse : tous les personnages sauf 1 étaient infectés, mais ils ont quand même eu raison du Joker.

Table 3, dite « Le bûcher des vanités » : Mickaël apporte sa nouvelle acquisition : Vindication (terme qui peut avoir  différents sens, mais revanche est le plus proche de l’esprit du jeu). Arakis, Olive et François prennent place. Neox fait un no show, et se voit donc éliminé de la feuille de score. Ce jeu se présente comme une quête personnelle d’un personnage au passé trouble, en quête de rédemption après avoir été recueilli sur une île déserte. Une thématique originale et qu’on aimera approfondir plus tard, car on est tout de suite dans le vif de l’action d’un jeu original, et où pourtant l’action principale consiste à déplacer des cubes pour activer des lieux ou des compagnons. L’attrait du jeu tient à ce que chaque lieu a des propriétés uniques, et qu’une stratégie mûrement réfléchie s’imose. Mais il n’ets pas possible de la planifier vraiment car les lieux sont dévoilés au fur et à mesure de l’avancée des joueurs. A la recherche désespérée d’une auberge, qui permet de recruter des compagnons, cette partie découverte vit le coquin de sort places les trois tuiles auberges dans les trois dernières tuiles tirées ! Un des aspects importants du jeu est la mobilité. Or, seul Mickaël réussit à augmenter sa vitesse, et encore, d’une unité ! La faute là encore à la tuile correspondante excentrée et aux embouteillages sur le chemin pour y aller…Au final, Arakis l’emporte avec 101, devant Mickaël, 92, Olive, 82, et François, 62, qui, malgré un dernier tour héroïque, se voit siffler la domination bleue.

Table 4, dite « Le bon berger » : Dom convainc Fred accompagné d’Elie de se lancer dans un Great Western Trail. Ils ont regardé les règles, c’est autant de temps de gagné et d’ailleurs la partie terminée à 23h15 fera mentir ceux qui pensent que c’est un jeu looong. Ce soir le placement des bâtiments neutres est fait au hasard pour changer. Les trois joueurs ont choisi des voies assez nettement différenciées : Elie exécute une stratégie « charpentier » réussie, il  taxe généreusement les autres et parsème la piste de bâtiments ; ils lui rapportent 33 PV sur un total de 83 et finit en deuxième place. Fred place quasiment un disque par gare et accumule les tuiles « chef de gare » qui améliorent la valeur de son troupeau. Sans avoir de vaches de haut de gamme, il parvient ainsi à livrer à New York (en bout de ligne de chemin de fer) en fin de partie. En revanche il finit avec peu de personnages sur son plateau personnel et a négligé de prendre des objectifs en synergie avec sa stratégie, il finit avec 75 PV. Dom, c’est plus fort que lui, se retrouve à dérouler une stratégie « vaches » tout en expérimentant avec l’affinement de son deck, il brûle un total de cinq cartes au cours de la partie. Il finit aussi avec pas mal de machinistes mais, gêné par Fred, n’a jamais réussi à s’arrêter en gare. Aidé par son cheptel de 35 PV et ses 4 objectifs réalisés il l’emporte avec 106 points.

Table 5, dite « Une si longue attente » : Une très loooongue partie d’Eclipse réunit Olivier B, Xof, Gilles et Marie-Anne. Il semble que Gilles s’en soit sorti vainqueur.

Table 6, dite « La mort vous va si bien » : Fiesta de los muertos réunit des rescapés pour une fin de soirée mouvementée, épicée par des épisodes scabreux, entre mots effacés et voix entendues à tort: Dom mélangeant les tablettes à tout rompre jusqu’à en effacer les indices, Elie transformant le menuet en menu, un Kilt trompeur, qui n’était pas celui de Sean Connery, un Roi que Louis XIV n’était pas.

Ont été aperçus aussi aussi : un Splendor Duel en trou normand opposant Xel à Fabrice, et un Die Crew 2 en digestif réunissant Xel, François, François-René et Jérôme, où ils firent des étincelles.

Séance de VENDREDI 05/05/2023 à Servel

COCO CHANEL SMOKING C'S SCREENPRINT — michi broussardLe 5.5.1921, Coco Chanel lançait son célèbre parfum, N°5. Mais 20 ans plus tard, profitant de la confusion et des lois antisémites, elle tente de récupérer la marque, car la célèbre fragrance dont elle ne détient les droits qu’à hauteur de 10 % est en fait la propriété d’une famille juive, les Wertheimer. Le 5 mai 1941, elle réclame donc aux autorités allemandes la propriété des Parfums Chanel, assurant qu’« ils sont toujours la propriété de Juifs » et qu’ils ont été légalement « abandonnés » par leurs propriétaires (les Wertheimer étant alors réfugiés aux États-Unis). Elle fait valoir un « droit indiscutable de priorité », et demande « réparation pour les préjudices subis pendant ces dix-sept années ». Cependant cette demande n’aboutira pas, Coco Chanel ignorant que les Wertheimer, anticipant les lois nazies, ont fait passer légalement le contrôle des Parfums Chanel entre les mains de leur ami Félix Amiot, qui le leur rendra après la guerre. Coco Channel ferme sa maison dès la déclaration de guerre et licencie ses 4000 couturières, et se réfugie à Lausanne après la libération. En 1954, âgée de 71 ans, Chanel acceptera de rouvrir sa maison sur l’insistance de ses commanditaires, les frères Wertheimer, qu’elle avait tenté de déposséder pendant l’Occupation et qui comptent sur sa présence pour relancer la vente des parfums. Elle renoue avec la création mais sa première collection est mal accueillie, car elle s’inscrit à contre-courant du style de Christian Dior, qui domine alors la mode.

5 tables en ce 5 mai pour Parties Civiles, et une sixième pour la route !

Table 1, dite « Occupation lucrative » : Voyage lointain dans l’univers de Super Motherload où des aventuriers en goguette en mal de conquêtes spatiales embauchent des pilotes pour de lucratives sessions d’extractions de minerais (au rendement évidemment négatif au vu du faramineux bilan carbone du trajet, mais c’est une autre histoire). Les minerais servent à recruter des pilotes toujours plus puissants, lancés dans une course sans fin à l’extractivisme forcené, et qui doivent aussi prendre garde à ne pas défricher des territoires trop près de futures richesses pour les concurrents. C’est la frustration de ce jeu : la montée d’adrénaline produite par la récupération d’un minerai est vite annihilée par la découverte du voisin que l’on a permise, et, c’est bien connu, l’herbe est plus verte ailleurs (ici, ce serait plutôt : le métal est plus brillant chez mon adversaire). A ce subtil jeu d’équilibre entre satisfaction immédiate et frustration larvée, Marie-Anne tire fort bien son épingle du jeu et l’emporte avec 48 ! Thomas la talonne (40), suivi de Gilles (35) et François (30).

Table 2, dite « Parfum de sueur » : Olivier B., Armand, Jérôme et F-R repartent en campagne à Gloomhaven jaws of the lion – une partie gagnée, non sans mal à leurs dires, dans les larmes et la sueur.

Table 3, dite « L’armée des ombres » : à Batman Shadow of the bat l’armée des ombres, composée depuis quelques semaines de Xel, Olivier L., Steven et Fabrice, concède une mort aussi rapide à vivre qu’à écrire.

Table 4, dite « Allemand et cruel » : Tristan invite Mickaël, Frank, Paul et Dom à découvrir Peloponnes. Œuvre du modérément connu Bernd Eisenstein, c’est clairement un jeu allemand : matériel simple et moche, règles simples et cruelles. On pourrait croire qu’il date du milieu des années 90 mais non, il est de 2009. Il s’agit de développer sa cité antique en maintenant un équilibre entre sa population (qu’il faut nourrir 3 fois dans la partie) et les points de victoire des tuiles Territoire que l’on achète aux enchères au début de chaque tour (et si on n’a pas été attentif, on peut devoir défausser aussitôt la tuile chèrement payée !). A la fin, c’est le score le plus faible sur ces deux critères qui est retenu. Ajoutez des calamités diverses qui arrivent on n’est jamais sûr quand et vous obtenez un jeu rapide mais punitif, certaines situations sont non rattrapables et certains ont bien couiné. Dans la première partie, la chance des débutants a joué à plein et Mickaël s’impose avec 27 PV devant Paul 24, suivent Tristan 20, Dom 15 et Frank 3 (don’t ask !). Nouvelle configuration après le départ du binôme père-fils : Dom est motivé par rejouer pour, selon ses mots « profiter des enseignements de la partie précédente ». Il enchaîne une série d’achats à contre-temps et perd quasiment toutes ses tuiles : il finit avec 2 quand les autres en sont à 7 ou 8. Une fois encore, Mickaël démontre sa maîtrise en scorant 25 PV devant Tristan 16 et Dom 5.

Table 5, dite « Victimes de la mode » : Encore une expédition spatiale à cette table, où Marc déballe une luxueuse édition de Terraforming Mars au matériel aussi clinquant qu’un défilé de Coco Chanel – attirant dans sa quête Baptiste-au-poil-ras. Il est 20h41 quand les deux compères s’installent. Il sera 1h24 quand ils la quitteront, Baptiste l’emportant 107 à 92 au terme du défilé de navettes le plus long de l’histoire.

Table 6, dite « Nez enrhumés, bouches déformées » : en matière de parfum, le nez est l’organe essentiel, et si, à Fiesta de los muertos, il n’est pas inutile d’en avoir, il faut aussi des bouches bien formées. A ce petit jeu de fin de soirée, chacun reçoit un personnage à faire deviner et inscrit un indice. L’indice seul passera ensuite par trois autres joueurs, et il s’agira d’appairer l’indice final (qui pourra avoir subi quelques déformations) et les personnages. La palme de la déformation reviendra sans doute à Dumbledore (directeur de l’école de sorcellerie Poudlard dans Harry Potter), qui sera affublé successivement des indices Sorcier – Marabout – Afrique – Sahara, ce dernier laissant notre brochette de joueurs perplexes ! Au final, c’est surtout le rire qui déforma les bouches des protagonistes, le plus souvent hilares devant les choix baroques qui leur furent proposés.

Séance de VENDREDI 11/04/2023 à Servel

undefinedLe 11 avril 1828, l’entreprise générale des omnibus crée à Paris de premières lignes de transport public à l’époque par des voitures à chevaux (hippomobiles).  Alors que le seul moyen pour se déplacer est le fiacre, le préfet de police de Paris l’autorise à exploiter une entreprise de voitures destinées à « transporter à bas prix les habitants de certains points de la ville à d’autres points également fixés et en suivant des itinéraires fixés par la ville », avec au plus dix lignes et cent voitures. La première ligne à itinéraire fixe exploitée allait de la rue de Lancry à la Madeleine et à la Bastille. Elle était desservie par une voiture à chevaux partant tous les quarts d’heure qui pouvait transporter jusqu’à quatorze personnes. L’arrêt était fait à la demande et le prix de la course, 25 cts, modique. Entre le 11 avril et le 15 octobre 1828, l’EGO transporta plus de deux millions et demi de voyageurs. En 1854, dernière année de fonctionnement de ces compagnies, elles transportèrent 30 millions de voyageurs.

Quelques 195 ans plus tard, tous les moyens de locomotion étaient mis à contribution à Parties Civiles.

Table 1, dite « à pieds » : Jérôme, François-René, Olivier B et Armand entament une campagne de Gloomhaven jaws of the lion – et ils le font bien : leurs trois premiers scénarios sont couronnés d’autant de succès.

Table 2, dite « en train » : grand retour de Great Western trial qui vit une partie homérique où Dom peina longtemps à recoller les wagons sur la piste de la locomotive, avant d’y faire un retour fulgurant, favorisé par des recrutements massifs de machinistes. Avec 120, il conclut une partie brillante, la victoire à une vache près, c’est le cas de le dire : celle que Mickaël avait dans sa main pour la dernière vente, qui lui donna accès au marché de New York et ses 9 PV de carte objectif. Avec 128, sa victoire est méritée tant il caracola en tête sur la ligne de chemin de fer, et sut imposer sa loi en construisant des bâtiments à péage, notamment un juste avant le marché, et juste avant que ses concurrents n’y arrivent. Xof, 92, fit belle figure au milieu de ce choc de titans, alors que François (48) sombra, peu aidé par des mains de vaches malchanceuses, et des choix de placements peu attractifs.

Table 3, dite « en cape » : réussite et échec se sont invités à la table de Batman shadow of the bat, qui fut pour Steven, Xel, Olivier L et Fabrice, une belle partie de détente en mode coopératif.

Table 4, dite « en canoë » : à Barrage, victoire implacable d’Arakis (113), devant les débutants Baptiste (58) et Marc (56), et l’initié Olive (40, mais en progrès, selon ses dires).

Séance de VENDREDI 07/04/2023 à Servel

Les Requests for comments (RFC), littéralement « demandes de commentaires », sont une série numérotée de documents décrivant les aspects et spécifications techniques d’Internet.  Les premières RFC concernaient le réseau ARPANET, utilisant le protocole de communication Network Control Protocol (NCP), et les financements publics de la DARPA. La première RFC, intitulée « Logiciel hôte », a été publiée le 7 avril 1969 par Steve Crocker, un ingénieur de UCLA. On y trouve déjà les principes collaboratifs d’Internet, à l’exemple de cette phrase, qui clôt l’introduction de la RFC 1 :  » Très peu de ce qui suit est ferme et les réactions sont attendues ».

54 ans plus tard, les rédacteurs de Parties Civiles étaient, comme souvent, à la recherche de commentaires croustillants sur les parties jouées, une quête rarement couronnée de succès, il faut bien le dire.

Table 1, dite « I’m Being Attacked by PRISONER.IANA.ORG! (RFC 6305) » : Jeff, Gilles et Tristan s’affrontent à Lockup – c’est le dernier cité qui s’impose dans l’univers glauque d’une prison, au bout d’une rigolade aussi intense qu’une orangeade.

Table 2, dite « All victims together (RFC 967) » : de cette partie de Batman Shadow of the bat on retiendra la déconfiture des protagonistes (Fabrice, Steven, Olivier L), mis en déroute par la fuite de Mr Freeze.

Table 3, dite « Discard Protocol (RFC 863) » : réussite à Cthulu Death may die malgré deux morts (Jérôme et François-René), mais Olivier B et Armand ont réussi de justesse à renvoyer le grand ancien Hastur à ses chères études.

Table 4, dite « Gigabit network economics and paradigm shifts (RFC 1216) » : un Barrage avec deux tours sans eau, c’est incongru mais il paraît qu’il faudra s’habituer à ce changement de paradigme, nous disent les experts. Arakis (83) réussit à déjouer cette contrainte, quand Fred (61), Samuel (40) et Olive (38) n’ont pas su renouveler leurs énergies.

Table 5, dite « Congestion Control Principles (RFC 2914) » : le trop méconnu Mythotopia, un Wallace fort bien tourné, fait en Marie-Anne (50) une nouvelle adepte, qui apprend visite, talonnant le maître Thomas (51), titulaire d’une carte décisive lui interdisant d’être mis en joue dans deux conflits, carte qui fut la clé pour contrôler la congestion finale sur la piste de score. François (49), longtemps en tête, complète ce tiercé serré comme un mouchoir de poche.

Table 6, dite « Frequently Asked Questions for Schools (RFC 1941) » : après un renoncement la semaine dernière faute de juge-arbitre agréé, Shogun no Katana fait son entrée dans la grande confrérie de nos jeux sous la houlette de Baptiste. Celui-ci terminera, selon ses mots, « invaincu dans la défaite », titre qu’il partage avec Xel. En haut du podium, Mickaël confectionna les meilleurs sabres en achetant des litres de laque, et gagne le droit d’aller enseigner sa nouvelle science dans les écoles.

Table 7, dite « Not issued (RFC 5314) » : en fin de soirée, les deux cadavres de table 3 tentent de ressusciter à Summoner wars – ils en gardent un souvenir exquis, sans aller jusqu’à le faire partager;

Séance de VENDREDI 15/07/2022 à SERVEL

Une révolte réprimée par la police, entraina la mort de 89 personnes à Vienne le 15 juillet 1927. Lors de cette « révolte de Juillet « ou Wiener Justizpalastbrand en allemand (incendie du palais de justice de Vienne), les manifestants incendient le palais de justice à la suite d’une décision contestée. Dans cette une période agitée, l’Autriche connut des affrontements violents entre les partis politiques de droite (chrétiens sociaux, CS) et de gauche (sociaux démocrates, SDAP). Ces deux partis avaient formé dans les années 1920 des troupes paramilitaires. Des affrontements eurent lieu entre ces deux groupes le 30 janvier 1927 à Schattendorf, faisant deux morts. Trois vétérans, membres d’une milice de droite, furent inculpés pour ces morts et jugés par un tribunal de Vienne. La décision du tribunal fut diffusée le soir du 14 juillet. Après 11 jours de débats, les jurés décident d’acquitter les trois accusés. Cette décision jugée partiale par la gauche (les CS étant au pouvoir) déclencha une immense manifestation le lendemain.

La première colonne de manifestants qui atteignit le Ring essaya en vain de prendre d’assaut le bâtiment de l’Université de Vienne. Le Ring se remplit peu à peu et des rixes eurent lieu près du Rathaus. Les manifestants lancèrent ensuite des pierres sur les cordons de sécurité protégeant le bâtiment du Parlement autrichien. Ils furent repoussés par la police aux abords du palais de justice. Ce bâtiment, représentant aux yeux des manifestants la justice partiale, fut pris d’assaut. Les manifestants commencèrent à détruire les vitres, le mobilier et les dossiers. Un inconnu entré dans le palais de justice mit le feu au bâtiment. Les pompiers ne purent pas y accéder et leurs tuyaux furent coupés.

Le chef de la police demanda au maire de Vienne de faire intervenir l’armée fédérale, la police n’étant pas préparée pour ce genre d’incidents. Le maire de Vienne refusa, tout comme le ministre de l’armée. Il demanda alors à la police, armée de fusils, de repousser les manifestants par la force. Les premiers coups de feu furent tirés en l’air puis sur la foule qui commença alors à se retirer vers la banlieue.

Le chancelier fédéral Ignaz Seipel, prêtre membre du parti des chrétiens sociaux, refusa de démissionner ainsi que de gracier les manifestants arrêtés. 30 000 Autrichiens se retirent de l’Église catholique. Le climat politique fut empoisonné par cette répression policière et la population s’éloigna du gouvernement. La révolte de Juillet signe la cassure définitive entre le CS et le SDAP et est considérée par de nombreux historiens comme la première étape vers la guerre civile de 1934.

Pour sortir de cette crise, on décida de renforcer le pouvoir exécutif. À droite, le parti nazi, et à gauche, le SDAP, deviennent de plus en plus forts. Le CS décide d’empêcher les prochaines élections. Après tout, le régime présidentiel d’Hindenburg en Allemagne montre qu’il est possible de gouverner un pays sans parlement. Le 4 mars 1933, le parlement s’auto-dissout. Pour le chancelier Dollfuß, le parlement a montré qu’il n’était pas capable de fonctionner et déclare le 7 mars qu’il gouvernera sans lui. Le 15, une session du parlement est organisée par quelques députés, mais empêchée par le gouvernement. Plusieurs mesures annoncent un changement idéologique, le passage d’un État démocratique à un État autoritaire : le republikanische Schutzbund est dissous et les Heimwehren s’organisent en milices. Le SDAP réagit en créant un mouvement à l’intérieur du parti, les socialistes révolutionnaires. Ils prônent la résistance armée en cas de dissolution des partis, d’interdiction des syndicats, d’attaques contre Vienne la rouge, et de constitution fasciste.

Des difficultés apparaissent entre l’Autriche et l’Allemagne, même s’ils sont des États autoritaires et idéologiquement proches. Pour Hitler, Dollfuß ne va pas assez loin, n’est pas assez radical. Il souhaite prendre le pouvoir en Autriche. Des attentats sont perpétrés en Autriche par les nazis, et le parti est interdit en juin 1933. Dolfuss se décida à passer à l’action de façon décisive contre les socialistes le 12 février 1934, après que son suppléant eut déclaré : « Nous allons commencer à nettoyer l’Autriche. Nous allons faire le travail à fond ». Une guerre civile éclate. Le gouvernement ordonne des perquisitions pour trouver des armes chez les anciens membres du republikanischer Schutzbund. Ceux-ci se défendent, provoquant des combats de rues avec la police et l’armée. On dénombre 1500 morts et blessés. Certains représentants du SDAP sont exécutés et le parti interdit. Les autres fuient à l’étranger. Le régime en place en sort renforcé car son principal opposant est éliminé.

Malgré la défaite, le fait que le mouvement socialiste autrichien ait finalement combattu le fascisme, plutôt que de capituler, comme en Allemagne, fut une source d’inspiration pour les antifascistes d’autres pays. « Plutôt Vienne que Berlin » devint un slogan autour duquel une nouvelle aile gauche s’organisa dans plusieurs partis sociaux-démocrates européens. En juillet 1934, les nazis autrichiens tenteront un coup d’État. Il échoue et fait 270 morts. 13 personnes sont exécutées et 4 se suicident avant. Le chancelier Dollfuß est assassiné. Pendant ce coup d’État, l’Allemagne reste neutre, pas encore assez forte militairement pour intervenir, attendant son heure.

95 ans après, à Lannion, de sourdes batailles éclatèrent.

Table 1, dite « Vengeance à venir » : à Nemesis (déesse de la juste vengeance des dieux dans la mythologie grecque) on déplora un mort, Killian, tombé prématurément. François-René termine sur orbite, grâce à l’aide d’Axel, qui le rejoignit dans cette issue victorieuse. Xel termina vivante mais incapable de remplir ses conditions de victoire, resta enfermée avec un stock de munitions impressionnant. Une vengeance est à prévoir.

Table 2, dite « Manœuvres préparatoires » : les aventures de Batman shadow of the bat rassemblent les deux Olivier, Fabrice et Steven. Ils ont gagné les deux scénarios introductifs, en attendant de passer aux choses sérieuses.

Table 3, dite « Révolte de Juillet » : à l’invitation d’Arakis, Thomas et Gilles rejoignent la table de Architectes du royaume de l’Ouest. Le doux Gilles se révolte, et engrange une victoire très serrée, puis une autre à Wildspace (deux parties jouées), où Arakis s’impose également.

Wild Space - Test jeu de société - Akoa Tujou

Table 4, dite « Procédures et artifices » : après quelques cogitations, Dom et François emmènent Adrianne au pays de Keyflower. Débutante à ce jeu, elle se constitue rapidement un tableau impressionnant, permettant d’activer de nombreuses actions, et réussit à s’emparer d’une tuile convoitée lors de l’Hiver. Sa partie toute en maîtrise se solde par un 47, insuffisant pour contrer Dom (70), qui caracola en tête avec des artifices procéduraux judicieusement planifiés. François termine avec 57 à l’issue d’ne partie catastrophique pour la déplacement de ses ressources, sauvé par trois tuiles bonus qui lui rapportèrent 36. Les mêmes enchaînent à Hanabi, où leurs feux d’artifice récoltent le score de 21 (« extraordinaire, restera gravé dans les mémoires »).