Séance de DIMANCHE 18/02/2024 à Servel

Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 2024, à Servel, bourgade du grand Lannion. De l’avis général, ils n’y étaient pas à leur place, sortant un peu de l’ordinaire. À première vue, Lannion n’est, en effet, rien de plus qu’une sous-préfecture française de la côte bretonne. Mais on y joue, et, figurez-vous, même le dimanche. Un jour peu ordinaire pour les hommes, ils dorment, mais habituel pour les Dieux, on les vénère. Le jour était ainsi merveilleusement choisi pour continuer un Sleeping gods de longue haleine. Dimanche est jour de chasse, aussi, et La bête ne fut pas en reste. Elle fit son œuvre, plusieurs des villageois ayant reçu nuitamment le télégramme tragique : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. ». La chute de la mère, genèse de la vie, hantait les lieux : Bios: Genesis était évidemment de la partie, La Famiglia, au sens large, aussi, dont la mitraille répondait aux crépitements de Bolt Action, déployé en majesté dans la grande salle. Plus tard, la paix incertaine de Pax Pamir avait un parfum étranger de guerre froide. Nous étions aux temps de la grande guerre. Ou peut-être hier, je ne sais pas.  La guerre ne veut rien dire. C’était peut-être hier.

Dans une autre salle, on entendait The Gallerist : Puis-je, monsieur, vous proposer mes services, sans risquer d’être importun ? Je crains que vous ne sachiez vous faire entendre de l’estimable gorille qui préside aux destinées de cet établissement. Il ne parle, en effet, que le hollandais. Affaire étrangère et étrange affaire, il n’y avait dans l’établissement que des crêpes (succulentes), des cookies (moelleux) et un fondant (parfait) pour attirer fieffés coquins et petites pestes. Mais ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, c’est que le bacille ludopathe ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester des jours endormi dans les armoires, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, mardi ou vendredi, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, il réveillerait ses cubes et enverrait mourir ses tuiles dans la cité heureuse de Servel, où l’on donnerait une grande Fiesta de los muertos.

Séance de VENDREDI 20/10/2023 à Servel

Le charleston, née dans la ville éponyme de Caroline du Sud,  est à l’origine de la plupart des danses modernes, construites sur les rythmes négro-américains et dans lesquelles les figures improvisées tiennent une place importante, avec parfois des mouvements acrobatiques inspirés des danses africaines ou antillaises. Sous sa forme théâtrale, le charleston fut dansé pour la première fois au New Amsterdam Theatre de New York le 20 octobre 1923, par Ned Wayburn.

Un siècle plus tard, à la veille du festival Scorfel, la profusion des tables de Parites Civiles faisait tourner les têtes à Servel.

Table 1, dite « La valseuse » : à Amalfi Xel (182) fait valser deux comparses, Olivier L (100) et Mickaël (111). Ils enchainent ensuite à Dig out, dont ils sortent sans problèmes.

Expéditions - Autour du MondeTable 2, dite « Tango lointain » : Une nouveauté à cette table avec Expéditions, qui se joue bien, dans l’esprit des aventuriers du rail, et avec des tours très rapides selon les protagonistes. Arakis, qui le propose, en sera à jamais le premier vainqueur (98), Martin (76), Louise (47), Benjamin (43) et Olive 33 jouant les utilités.

Table 3, dite « Le bal des dupes » : les habitués de Pax Pamir (Fred, Gérard, Dom, François) accueillent avec plaisir Tristan, dont les souvenirs sont plus anciens. Les afghans y tiennent le haut du pavé, dans une rivalité avec les britanniques, faiblement contestés par une brève incursion des russes, tenus par François, encalminé par des choix malheureux, et qui décide en fin de partie un renversement d’alliance stratégique. Il faillit réussir, car la fin de partie se solde par une domination territoriale, à la surprise de certains qui misaient sur un scénario inverse. Il y engrang trois points d’influence, ex-æquo e trio avec Tristan (ils terminent à 6 chacun), et Fred, qui l’emporte au final avec 8, ayant bénéficié d’un accessit au premier contrôle de domination. Gérard est pris au piège par cette fin imprévue et culmine à 5, quand Dom, alignant les disques à qui mieux-mieux, paie d’un score vierge le prix fort d’un pari perdant sur le scénario.

Table 4, dite « Danse avec les lions » : les habituels de Gloomhaven les mâchoires du lion (F-R, Armand, OlivierB et Jérôme) engrangent une victoire sur le fil du rasoir. Finiront-ils par oublier les règles de tous les autres jeux ?

Table 5, dite « Pas de deux » : après l’Orient compliqué, retour aux idées simples du vieux continent avec cette table où l’on retrouve les protagonistes de la table 3, hors Gérard, à Kardinal und König. Dom y prend une revanche éclatante et l’emporte 50 à 49 devant Tristan !

Table 6, dite « Paso doble » : c’est une table de Codenames qui clôt la soirée. Les bleus (F.-R., Dom, Jérôme) l’emportent deux fois de suite 9 à 8 devant les rouges (Benjamin, François).

Séance de VENDREDI 01/09/2023 à Servel

Illustration.Après 72 ans et 100 jours de règne, Louis XIV, parfois appelé le Roi-Soleil (appellation tardive qui remonte à la monarchie de Juillet), disparaît le 1er septembre 1715. La légende raconte qu’il aurait lancé aux parlementaires réticents à la monarchie de droit divin le célèbre mot « L’État, c’est moi ! », mais le fait est erroné. En réalité, le monarque absolu se dissociait de l’État, dont il se définit lui-même comme étant seulement le premier serviteur et, sur son lit de mort, déclara : « Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours ».

Trois cent huit ans après, à Lannion, dans une ambiance des plus civiles, plusieurs maîtres de droit divin virent la fin de leur règne.

Table 1, dite « Dynastie millénaire » : Mickaël sort Gugong. Un classique pour lui, qui, fort de sa connaissance millénaire du jeu, pense ne faire qu’une bouchée d’une opposition novice. Mais la jeunesse est sans pitié : Nico77 (53) et Axel (43) se disputent les honneurs, Arakis et Baptiste-au-poil-ras ne déméritent pas, un seul être vous manque, et la dynastie en est toute dépeuplée.

Table 2, dite « Soleil couchant » : ambiance studieuse dans la forge de Shogun no Katana. Si rien n’a filtré de ce duel à couteaux tirés et au long cours entre Steven et Baptiste-aux-mains-pleines, on en serait pas surpris d’apprendre l’extinction du roi du soleil levant.

Table 3, dite « Une si longue attente » : chaque semaine, les protagonistes de Gloomhaven les mâchoires du lion attendent leur heure, suivant un rythme séculier que seules rythment les saisons. F-R, OlivierB, Jérôme et Armand semblent prendre goût à cette histoire qui dure.

Table 4, dite « Un roi et du divertissement » : un Pax Pamir fomenté avant l’heure réunit Gérard, Dom, François, Fred et Elie, autant dire la fine fleur et le grands seigneurs. A l’entame, face à Dom et Élie, britanniques, Fred et Gérard, afghans, François choisit brièvement la tunique cosaque, mais s’en départit vite pour rejoindre le giron de l’empire colonial, et nous voici dans une configuration 3 contre 2 qui ne bougera plus jusqu’à la toute fin, dans une partie où un tirage fort inégal fit arriver en toute fin les patriotes russes, dont personne ne voulut. A l’approche du décompte final, le suspense est à son comble, et l’on s’oriente vers une domination réussie par les britanniques, renforcée encore par le revirement de Fred qui, à défaut de coopérer militairement, ne pose pas d’embûches, et laisse Gérard démuni en troupes, riche de presque tous ses cylindres déployés, pari trop fort sur la condition de fin inverse (pas de domination d’une coalition). Fort de la mène au score, Fred a fait, on le saura après coup, un pari de coup de billard à trois bandes qui lui aurait offert la victoire sur une égalité au dernier décompte. Mais, sur la dernière carte du jeu, c’était celle tant attendue du dernier contrôle de domination, il se fait mater par Dom, qui a le plus d’influence dans la coalition (4 contre 3, 3, et 3 !), sur un coup de haute stratégie (achat d’une carte qui lui offre sur un plateau un cadeau surnuméraire), grâce auquel il marque deux fois 5 points, ce qui le porte à 11. Fred, 9, François, 4, et Élie, 0, ont pu y croire jusqu’au bout. Gérard finit à 6, riche de tout l’or du monde, d’une armada de cylindres incomparable, et, tel Louis XIV, finit dans une longue agonie, assistant impuissant à l’inexorable domination de l’empire britannique. Le roi est mort, vive le roi !

Table 5, dite « Dernières lueurs » : dans le jour finissant, Jérôme et François-René se lancent dans un Codenames duet, succédané de la version à plusieurs dont ils sont privés par les sourdes batailles qui se livrent sur les tables voisines.

Séance de VENDREDI 30/06/2023 à Servel

Le 30 juin 1764, sur les rudes plateaux du haut Vivarais (au sud du Massif Central), Jeanne Boulet, une bergère de 14 ans, meurt victime d’une « bête féroce », selon le curé qui l’enterre. À partir de là, les agressions de jeunes bergers vont se multiplier en dépit de grandes battues. La psychose se répand dans cette région appelée Gévaudan, qui correspond à l’actuel département de la Lozère. La mystérieuse « bête du Gévaudan » fait même parler d’elle à la cour du roi Louis XV, à Versailles. On lui attribuera selon les sources 88 à 124 agressions, souvent mortelles, jusqu’au 19 juin 1767.

Le royaume compte alors quelque 20 000 loups mais le drame intervient opportunément pour la presse, en mal de ventes après la guerre de Sept Ans. Les gazettes s’emparent de l’affaire et, en quelques mois, publient en feuilleton des centaines d’articles. Dépassant rapidement le fait divers, la Bête du Gévaudan mobilise les troupes militaires et donne naissance à toutes sortes de rumeurs et croyances  tant sur sa nature —  un loup, un animal exotique, un sorcier, voire un loup-garou — que sur les raisons qui la poussent à s’attaquer aux populations, l’évêque de Mende énonçant alors un « châtiment divin ».

Les historiens expliquent les prédations de la Bête par la présence de plusieurs loups devenus anthropophages. Ce phénomène, peu commun mais marquant, est observé à plusieurs reprises lorsque des « bêtes dévorantes » adoptent un comportement déviant, similaire à celui de la Bête du Gévaudan, ciblant exclusivement les humains selon des modalités spécifiques d’attaque et de consommation des victimes (Bête de l’Auxerrois entre 1732 et 1734, Bête du Lyonnais entre 1754 et 1756, Bête des Cévennes en 1813). De tels cas s’inscrivent dans le contexte global des centaines d’attaques attribuées majoritairement aux « loups carnassiers » en France depuis la fin du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle

Description de cette image, également commentée ci-après

La bête du Gévaudan est un concept qui fait florès dans les récentes productions ludiques, comme nous en avons l’illustration à cette soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Tempus fugit» : à Mage knight Marc et Olive ont un rendez-vous qui se poursuivra jusqu’au bout de la nuit, bien trop tard pour notre bouclage

Table 2, dite « Passion dévorante » : Tristan, Gérard et Dom disputent une partie de Pax Pamir. Les loyautés initiales sont russes (Tristan & Gérard) et afghane (Dom). La phase initiale de déploiement voit un Gérard agressif aller détruire des cartes adverses tandis que chacun se positionne pour placer ses disques. C’est Dom qui casse sa tirelire pour acheter le premier contrôle de domination et prendre 3 PV. Ensuite Tristan et Gérard commencent à développer un tableau puissant et à imposer la présence des blocs russes sur la carte. Le tournant de la partie est l’achat par Tristan d’un événement qui bloque le régime favorisé en « économique ». Avec trois actions Tax gratuites dans son tableau il accumule et utilise une petite fortune investie en particulier dans trois Cadeaux. Gérard et lui sont proches à la fois en disques et en influence russe ; le second contrôle de domination se déclenche tout seul par l’arrivée de la 3e carte sur 4 et constate une domination russe. Avec 5 PV Tristan se retrouve avec 2 points d’avance. Tous les blocs sont nettoyés de la carte et il reste aux trois lascars à se positionner pour le dernier contrôle de domination dont on attend qu’il se joue aux disques. Tristan réarrange habilement son tableau vers des cartes bleues et protège sa carte Kaboul (qui vaut deux disques) contre les attaques des voisins. Gérard joue le tout pour le tout en se ralliant aux afghans mais Tristan utilise le reliquat de son trésor de guerre pour construire deux blocs ; il est trop tard pour créer une domination afghane et il ne lui reste plus qu’à déclencher le dernier contrôle où tous marquent 2 PV, sans changer l’ordre : Tristan 7, Dom et Gérard 5.

Table 3, dite « Réalité augmentée » : Fred apporte Beast qui revisite le thème de la traque d’une bête sauvage déjà apparu récemment  sur nos tables. La bête était fidèle à l’histoire du Gévaudan, mais ici la Bête, une créature géante inspirée des dieux nordiques dans un endroit où la nature est encore inexplorée, mystique et dangereuse. Lorsque les humains sont arrivés, ils pensaient avoir trouvé un paradis intact, rempli de forêts généreuses, de lacs poissonneux et d’eau douce et froide coulant des montagnes. Mais au fur et à mesure que leurs colonies s’étendaient et que les forêts environnantes s’amenuisaient, la nature elle-même a réagi. De grandes créatures connues sous le nom de bêtes sont apparues, et avec leurs crocs, leurs griffes et leurs pouvoirs mystiques, elles ont représenté une menace incroyable pour les humains. Afin de protéger les colonies, les humains ont recruté des chasseurs spécialisés, chargés de traquer et de tuer les bêtes avant qu’un trop grand nombre de leurs semblables ne périssent. Voilà pour l’ambiance. Pour les règles, les choses se compliquent, avec, dans une partie disputée en trois jours (aube, journée, nuit), des objectifs intermédiaires, des cibles à abattre qui ne sont pas les joueurs (moutons, sangliers, paysans), et des dispositifs additionnels (sentinelles, récompenses qui permettent d’améliorer ses pouvoirs), sans oublier des règles de draft et de tour de jeu tortueuses. Tout cet équipage rend la traque moins lisible, et finit par parasiter l’essence du jeu, d’autant que les protagonistes auront l’impression d’avoir utilisé à peine un dixième des possibilités. La bête, incarnée par Élie, ne résista pas longtemps aux assauts des poursuivants (Fred, François, Frank), la faute à deux erreur fatales : choisir une région de départ trop proche, et, surtout, finir ses tours par l’assaut d’une bête (ce qui la révèle, plutôt que sur un déplacement. Mickaël, qui a observé la situation en connaisseur, propose son Trio pour finir la soirée. Un jeu retors qui sollicite fortement la mémoire, où Élie s’adjuge un premier opus, et François un second, joué avec la variante.

Table 4, dite « Duel inégal » : Flavien, Xel, Flavien, Gilles, Armand et François-René ferroient à Battlestar Gallactica dans une partie qui mêle joueurs expérimentés et novices. François-René, cylon patenté et aguerri, fait le choix stratégique de s’allier avec Armand, coupant les fonctions de commandant aux humains. Ces derniers, essentiellement des novices, frappés de plus par une attrition de cartes jaunes, passeront le plus clair de leur temps à l’obscurcir en prison jusqu’au bout de la nuit, et en retireront le souvenir amer d’un ROI plaisir/temps défavorable.

Table 5, dite « Légendaire » : Dans l’aquarium, musique et effluves de thé roïbos nous invitent à pénétrer dans un autre monde : celui du JdR Les lames du cardinal. Une joyeuse équipe composée de Marie-Anne, Neox, Steven, Baptiste-aux-poches-pleines et Nastassia était encore dans sa réalité parallèle à l’heure où pointaient les laudes.

Séance de VENDREDI 07/10/2022 à Servel

Le 7 octobre 1895 vient au monde Maurice Grevisse quelque part en Belgique. Sa langue maternelle est un dialecte et il fait l’apprentissage du français à l’école primaire où il se destine à devenir instituteur. Après avoir commencé à enseigner, il se lance dans la rédaction d’une grammaire française qu’il aura toutes les peines du monde à faire publier. Aujourd’hui pavé de 1700 pages, Le bon usage est un ouvrage de référence pour qui aime la langue française.

Table 1, dite « Superlatif absolu » : François raconte la partie de Pax Pamir (Ed. 2) : Fred attire dans ses filets, outre François, déjà adepte, deux nouveaux combattants, Olive et Samuel. Dans la rivière de cartes,  des partisans afghans attirent les regards et bientôt, tout le monde en choisit l’allègeance ! Dans cette séquence initiale, la faction afghane réussit évidemment sa domination, et François et Olive se partagent 4 points. Frédéric tente alors une diversion et devient britannique, Olive russe, mais rien ne résiste à François qui, fidèle aux pachtouns, enquille une deuxième domination …et toujours sans combat ! Quand arrive la troisième carte, François prend les choses en main, et, muni d’un tableau puissant, balade ses espions, fomenté des trahisons, achete des diamants …et lorgne sur une carte évènement qui abaisse le seuil de domination à deux, pour aussitôt s’en emparer. Samuel, jouant avant lui, n’a pas réalisé le danger, et François achète la troisième carte domination, parachevant son triomphe. Il l’emporte avec 14, laissant Olive à 6, Samuel à 5, et Fred à un impensable 0 dans cette partie inédite qui ne connut aucun combat !

Table 2, dite « Genre des noms animés » : maxi-table de The Thing avec Xel, Thomas, F-R, Yvan, Kilian, Evan, NicoH, Lowan et l’extension du jeu. Thomas est la Chose et très vite il mord Lowan. Ce dernier va ensuite semer ses germes en laissant assez de traces pour se faire confondre. Croyant l’affaire réglée, les autres déroulent leur plan et finissent par se regrouper pour monter dans l’hélicoptère. Bien que jugé un peu suspect, Thomas est accueilli à bord, pour le malheur des autres passagers irrémédiablement contaminés. Les affichettes indiquaient pourtant que le port du masque était recommandé. Les restants patientent ensuite en disputant deux petits Red 7 remportés par Evan et ???.

Table 3, dite « Attribut du sujet » : et pourquoi pas un classique ? une partie d’Agricola (version 2016) rassemble Tristan (enthousiaste), Dom (motivé, une partie à son actif il y a 7 ans), Mickaël (intéressé, y a joué il y a longtemps) et Stéven (curieux, découvre le jeu). Comme toujours, pas mal de stress pour arriver à nourrir sa famille de fermiers lors des 6 phases de récoltes, surtout quand l’action qui avait été prévue est prise par un autre joueur. Mais nos joueurs cultivés parviennent tous à éviter l’infâmante mendicité (-3 PV) qui sanctionne un manque de nourriture. Le début de la partie voit une ruée vers les cartes Savoir-Faire que Tristan construit comme un métronome, prenant de l’avance sur l’agrandissement et l’amélioration de sa longère (c’est le seul qui finira au max avec 5 pièces en pierre). Mickaël et Stéven construisent des paturages, manifestement destinés à accueillir les quatre moutons accumulés sur le plateau. Sauf que Dom les passe au barbecue pour nourrir sa famille. Tristan et lui sont les premiers à agrandir la famille en milieu de partie, ils seront les seuls à finir avec 5 fermiers. En fin de partie Tristan influence Stéven à son profit et ne laisse aucune parcelle en jachère. Connaissant bien le mode de scoring, il est bon partout et finit avec 41 PV. Dom, plus inégal mais avec 10 points sur ses nombreuses cartes, le talonne à 40 PV. Stéven (31) et Mickaël (25) complètent la feuille de score. La prochaine fois il faudra essayer le draft des cartes.

Table 4, dite « AOpposition » : calmement et toute la soirée, Baptiste et OlivierL en découdent du côté de Guadalcanal autour d’une table de Bolt Action de belle allure.

Table 5, dite « Phonétique syntactique » : un Codenames en point d’orgue de la soirée avec des Rouges (Xel, F-R, VHN) face à des Bleus (Thomas, François, Tristan, Stéven). La première manche finit serrée après que, toujours romantique, F-R associe Pieu à l’indice Amoureux 2 (qui visait Fou). Les Rouges ont du mal avec Embastille 2 (Prise, Coffre) tandis que les Bleus ratent Tissu pour Drapeau 2 ce qui permet aux Rouges de gagner après un dernier raisonnement à-propos de la paire Xel/F-R. Dans la seconde manche, le Elton John 4 de François perd son équipe (Londres, Piano mais ils manquent Plume et Talon) qui, avec l’indice Serveuse 2, offre ensuite Verre sur un plateau. Sans forcer son talent F-R finit avec deux indices en 1, concluant la partie sur un 2-0.

Table 6, dite « Passsé surcomposé » : ils devaient avoir faim de jeux Olive, Fred et Samuel puisqu’ils repartent pour un gros jeu en l’occurence Châteaux de Bourgogne, un classique qui fit les grandes heures de Saint-Elivet mais n’avait pas été vu depuis 2014. Fred a pris la tête en milieu de partie pour s’envoler au score sur le final. Il a bien développé son duché et a réussi à prendre plusieurs tuiles bonus constatant  le fait qu’il a complété  tous les districts d une même couleur sur son plateau. Samuel qui découvrait a eu un peu peur de prendre une raclée au départ mais a recollé à la marque pour finir sur ces scores : Fred 187  PV, Olive 163 et Samuel 162.

Séance de VENDREDI 02/09/2022 à Servel

Les 2 et 3 septembre 1792, à l’instigation de meneurs comme le journaliste Jean-Paul Marat, qui agitent la crainte des complots et celle, bien réelle, de l’invasion, des dizaines de sans-culottes envahissent les prisons parisiennes. À l’Abbaye, la Force, la Conciergerie, Bicêtre, ils massacrent les prisonniers prétendument contre-révolutionnaires. Au total, un millier de victimes : aristocrates, prêtres réfractaires, mais aussi droit commun et citoyens ordinaires. Parmi les victimes figure la princesse Marie-Thérèse de Lamballe (42 ans), ancienne confidente de la reine, connue pour être aussi belle que vertueuse, et qui avait été enfermée à la prison de la Force après avoir accompagné la famille royale à la prison du Temple. Son corps est mis en lambeaux par les émeutiers. Sa tête, plantée au bout d’une pique, sera promenée sous la fenêtre de la cellule de la reine. Avec ces massacres, la Révolution française entre dans sa phase la plus violente.

230 années plus tard, à Lannion, complots et invasions faisaient rage.

Table 1, dite « Invasion annoncée » : à la table de The thing Fabrice, alias la chose, vit son parcours finir dans la cuisine, cerné par Gilles, Killian, Thomas, François-René, Tristan et Matthieu.

Table 2, dite « Contre-révolutionnaire » : à Pax Pamir Fred, François et Xof sont rejoints par Yann. Ce dernier démarre russe comme François, face à deux britanniques. Mais Fred change d’allégeance et passe russe pour éviter de perdre son unique tribu. Xof se retrouve isolé, même s’il emporte la première domination, provoquée abruptement par l’irruption de deux de ces cartes au marché, avec François. Ce dernier assoit son  emprise, avec trois tribus et un bel empire russe sur les terres du royaume d’Afghanistan. Mais la petite histoire rejoint la grande et tous les britanniques changent de casaque, laissant François unique russe, qui déclenche avec fierté la troisième domination et prend la tête. La dernière domination se joue à peu, mais François est surpris par Xof, qui, fort d’un inépuisable trésor de guerre, achète pour 5 roupies la carte fatale, celle qui compte double ! Au final, l’oligarque l’emporte avec 9, devant Yann et Fred à 6. François, dernier avec 5, boit le calice jusqu’à la lie, mais il aura défendu jusqu’au bout l’honneur des cosaques.

DefaultTable 3, dite « Un jour sans fin » : bien que formée de joueurs rapides, cette table qui découvre Madeira – un jeu qui transporte – s’étira jusqu’au petit jour, avec l’impression curieuse des joueurs d’avoir eu assez de bois – ressource critique du jeu –  sans vraiment le mériter ni jouer au bûcheron. Mickaël (78) y devance d’une écharde Xel (77), Yvan (73) et Olive (72) au terme d’un voyage forcément exotique.

Table 4, dite « Le petit prince » : à Ark Nova c’est le très juvénile Tom qui se joue d’une concurrence essentiellement adulte. Seul Samuel (17) fut en mesure de lui résister, mais il dut céder. Une performance, car ce jeu n’est pas des plus simples, et la soirée ne fut pas des plus courtes, mais le petit Prince n’y a pas fait que dessiner des moutons.Acheter Dale of Merchants - Jeu de société - Snowdale Design

Table 5, dite « Expéditive » : découverte d’une autre nouveauté, le deck builer aux mécanismes originaux qu’est Dale of merchants. Cette partie inaugurale en format duo voit la vengeance de François qui surprend Fred en construisant, par le biais d’une carte spéciale, les niveaux 7 et 8 de son étal dans la même action.

Séance de MARDI 03/05/2022 à Servel

Nicolas Machiavel naquit le 3 mai 1469 au coeur d’une période tumultueuse qui voyait s’affronter en Italie la papauté, les cités-états et diverses puissances étrangères (courte page de publicité : pour quiconque est intéressé par un jeu évoquant cette époque volatile mêlant les pouvoirs politiques, religieux, économiques et militaires, nous recommandons Pax Renaissance). Florentin, il vécut cette époque troublée comme diplomate et conseiller, mettant aussi la main à la pâte par exemple en créant une des premières armées de conscrits, et se frottant aux Borgia et aux Medici. Son livre Le Prince reste une oeuvre fondamentale de philosophie politique.

Table 1, dite « Chacun pour soi » : bien tranquilles à l’écart, Xel, Thomas et Olive rejouent à Crisis. Un jeu où chaque joueur a un objectif de victoire, mais où il faut aussi coopérer un minimum pour éviter qu’une crise globale ne coule le pays. Ainsi Thomas qui provoque la crise fatale, ce qui n’empêche pas Xel de tirer les marrons du feu en réalisant son objectif. Après ce dénouement rapide ils repartent pour une deuxième partie où cette fois tout le monde atteint son but, et c’est Thomas, bien conseillé par McKinsey, qui l’emporte en étant le plus riche.

Pas rassasiés, les mêmes sortent ensuite Deep Sea Adventure. Il semble que le coffre d’Olive lui permette à la fois de plonger profond et de remonter vite, il a ramené les trésors les plus convainquants.

Table 2, dite « Luttes d’influence » : Gilles est impatient de faire découvrir Lockup, un jeu où des bandes de créatures intriguent dans les couloirs moisis d’une prison. Il attire Neox et Yannick mais le jeu s’est révélé fort long, à l’heure actuelle le résultat final s’est perdu dans les brumes nocturnes du plateau de Servel.

Table 3, dite « Retournements d’alliances » : « et si on ressortait Pax Pamir ? », se disent comme un seul homme Fred, François et VHN, motivés par leur récente partie et curieux de déccouvrir la dynamique du jeu à trois joueurs. Equilibre initial avec Fred anglais, Dom afghan et François russe mais François rejoint très vite le camp afghan. Malgré le ratio 2-1, le déploiement de troupes reste équilibré et l’arrivée du premier contrôle de domination permet à Dom de partager 4 PV avec Fred. Le déploiement progressif des pièces vertes laisse penser qu’au scoring suivant les afghans seront Dominants et donc que c’est l’influence qui déterminera les points gagnés. François s’y prépare en achetant un Présent puis entre en jeu l’événement qui double la valeur d’influence de chaque Présent. Dom casse sa tirelire pour l’acheter, comptant sur la carte pour rattraper son retard sur François. Mais voila que 2 cartes « contrôle de domination » entrent en jeu coup sur coup, déclenchant un scoring prématuré. Dom n’a pas eu le temps d’acheter un Présent et partage 8 points avec François (le score est alors Dom 6, François 4, Fred 2).

Il ne reste plus qu’un seul contrôle de domination dont le score sera doublé, ceci alors que le plateau est nettoyé de toutes ses pièces aux couleurs des factions. François en profite pour rejoindre le camp anglais, inversant le ration 2-1. Paradoxalement, c’est Dom qui maintient une avance aux pièces afghanes en dépensant son argent pour construire des armées et en utilisant ses actions bonus pour combattre troupes et tribus adverses. La dernière carte de scoring entre en jeu mais personne n’a les moyens de l’acheter. François cherche à neutraliser Fred en achetant l’événement « ses Patriotes ne compteront pas pour le décompte d’influence ». Dom n’a pas assez d’argent ni d’actions pour à la fois déployer un cylindre et déclencher le décompte. S’il laisse François qui joue après lui le faire, ce dernier risque de marquer 10 PV contre 6 pour Dom. Jouant le tout pour le tout, il joue un Patriote anglais qui change son allégeance, nettoie son tableau et change le régime favorisé. Il en profite pour détruire une des cartes violettes de François qui entraine le retour de deux tribus-cylindres. La partie finit par un jeu de massacre où Fred et François (ce dernier à la tête d’un tableau de 7 cartes) augmentent leur influence en faisant sauter des espions sur les cartes de Dom. Il reste assez d’argent à ce dernier pour acheter un Présent puis la carte de scoring (les anglais sont alors Dominants), et l’emporter par 16 PV contre 8 à François et 6 à Fred.

Séance de VENDREDI 29/04/2022 à Servel

Le 28 avril 1789 éclate la mutinerie du HMS Bounty. Ce navire de la Royal Navy avait été envoyé par le grand capital pour transférer des arbres à pain de Tahiti vers les Caraïbes. A sa tête le lieutenant William Bligh qui avait fait partie de la troisième expédition de Cook. Parmi l’équipage, un jeune marin, Fletcher Christian, a déjà voyagé avec Bligh comme padawan. Après avoir tenté pendant deux semaines de passer le cap Horn, le capitaine finit par changer de route et rejoindre l’Océanie par le cap de Bonne Espérance. Après 6 mois de voyages le Bounty atteint Tahiti après quelques accrochages au sein de l’équipage. Commencent 5 mois relativement libres où les marins goûtent aux plaisirs locaux. Mais les meilleures choses ont une fin et, la cale pleine de plants, le navire reprend la mer. L’humeur du capitaine se dégrade et il passe ses fréquentes crise de rage sur l’équipage, et notamment sur Christian. Au petit matin, ce dernier convainc la moitié de l’équipage de se mutiner et le capitaine se retrouve abandonné dans une chaloupe avec 17 autres marins restés loyaux et 5 jours de rations tandis que les 23 autres retournent à Tahiti après avoir échoué à s’établir sur un ilot coralien.

Les mutins se divisent ensuite, 15 restent sur place tandis que Christian et 8 autres, accompagnés par un groupe de 20 tahitien(ne)s emmenés contre leur gré repart pour s’installer sur l’île inhabitée de Pitcairn. Après une période de troubles, les survivants et leurs enfants forment une communauté qui y survit. De son côté, les loyalistes voyageront dans leur youyou sur 6500 km, évitant les tribus hostiles, passant à l’écart de l’Australie et finissant après un mois et demi par atteindre le Timor. Bligh y dénonce la mutinerie, y perd de maladie quelques compagnons et revient à Londres en mars 1790.

Six mois plus tard, le HMS Pandora fait voile pour retrouver les mutins. Ceux de Tahiti sont vite capturés mais ceux de Pitcairn ne seront pas repris. Notons que le Pandora est passé devant Vanikoro où il a ignoré des signaux de fumée, possiblement émis par les survivants de l’expédition de La Pérouse. Les aventures ne sont pas finies, le vaisseau s’échoue sur la grande barrière de corail et coule. Dix mutins survivants sont ramenés à Londres en juin 1792 et trois d’entre eux finiront pendus. Quant à Bligh, il eut encore le temps de retransporter avec succès une cargaison d’arbres à pain, d’être nommé gouverneur de New South Wales où il fut déposé dans un coup d’état et de finir vice-amiral. Pour ceux qui ont lu jusque là, oui je me suis trompé d’un jour.

Table 1, dite « Aventure au long cours » : longue, forcément longue partie de Eclipse pour F-R, Tristan, JiBee et OlivierL avec un Neox venu en curieux absorber les règles. « Juste un jeu de dés » bougonne Tristan avec un clin d’oeil. Aucune nouvelle ne nous est parvenue, souhaitons que les vaisseaux (spatiaux) soient arrivés à bon port.

Table 2, dite « Archipels et bateaux » : c’est Yamatai pour Olive, OlivierB et Vincent2. Le dernier nommé l’emporte avec 43 PV contre une trentaine aux deux autres.

Table 3, dite « A l’échafaud » : jeu du chat et de la souris pour petits et grands : Paul découvre son côté obscur dans le rôle de Jack au Mystère de Whitehall, face à Mickaël, Frank et Thomas. Au début il ricane mais l’angoisse naît au fur et à mesure du resserrement de la nasse policière. Le crime ne paie pas, jeune Paul, et sa Majesté est impitoyable.

Table 4, dite « Populations hostiles » : après la chouette partie il y a un mois, nous sommes plusieurs motivés par refaire un Pax Pamir (2nde édition), en l’occurence Fred et Dom (qui démarrent russes), François (anglais) et Christophe (afghan). Le marché initial est riche en partisans russes, Fred et Dom s’y servent, surtout le second qui peut les acheter gratuitement. Sur le terrain, Fred occupe 2 territoires et Christophe provoque quelques escarmouches pour éviter que les russes ne soient dominants (ce terme ayant un sens spécifique dans le contexte du jeu). Le premier contrôle de domination passe et 3 joueurs prennent chacun 1 PV. Christophe se sent bien seul tandis que Fred et Dom co-construisent une domination russe sur le plateau. Alléché par le parfum du succès, François se rallie à la cause et commence par froisser ses nouveaux alliés en tentant quelques coups bas.

Le second contrôle de domination est acheté par Dom, leur influence auprès des russes donne 5/3/1 points à Dom/Fred/François et le plateau est nettoyé des pièces de couleur. Fred a des vélléités de tourner coasaque mais a du mal à choisir entre afghans et anglais tandis que François déploie de nombreux espions histoire de bien figurer au décompte suivant. Rapidement, le 3e contrôle de domination entre au marché ; François joue un patriote afghan qui change son alignement en lui faisant perdre un espion. Dom a alors le plus de cylindres déployés, il déclenche le décompte et atteint 9 PV devant Fred 4, François 3 et Xof 0. Avec 5 points d’avance, il remporte automatiquement la partie.

Après ce dénouement relativement rapide, un accord est trouvé autour de Carcassonne, dans l’armoire depuis Noël dans une fort jolie édition « 20e anniversaire ». La table attire d’éminents experts, Thomas et Mickaël, qui commentent doctement et fournissent un soutien sur les règles. Le Dom en mode sangsue arrive à s’incruster dans le scoring de quelques villes juteuses et n’oublie pas de placer un meeple dans les prairies en fin de partie. Il évite la famine de meeples et finit avec 127 PV devant les trois autres groupés autour de 80.

Table 5, dite « Rébellion » : Gilles entraîne Lucie, Nicolas3 et Lohan dans la découverte d’Auztralia. Les jeunes se sont bien battus mais ont succomné trop tôt, rien ni personne n’a pu empêcher le triomphe des grands anciens. Les mêmes poursuivent avec un Oriflamme : une seule partie donc pas le temps de bien explorer les synergies entre cartes, mais ce qu’il faut de coups en douce. Et qui l’emporta ? Lucie-fer.

Table 6, dite « Communauté prospère » : dans l’aquarium on retrouve toute la ménagerie d’Ark Nova avec comme palefreniers Adélie, Xel, Samuel et François2. Comme les autres fois cela a duré mais dans l’aquarium comme en Océanie on ne vous entend pas vous noyer.

Table 7, dite « Signaux de fumée » : un joyeux mélange des tables 2 3 4 finit la soirée avec Just One en mode libre, on a bien dû faire une vingtaine de tours. Selon François, on a été plutôt bons (malgré l’élimination de Oeuf pour Cube, trop d’anciens ludopathes parisiens autour de la table), et pourtant il ne sut pas identifier Bar à travers les indices Comptoir, Poisson, Brochet, Mitzvah et Grillé.

Séance de VENDREDI 25/03/2022 à Servel

Le 25 mars 1896 s’ouvrent les premiers jeux olympiques modernes à Athènes. 285 athlètes (tous des hommes) s’affrontent sportivement dans 9 disciplines (dont le cyclisme alors nommé vélocipédie, qui remonte comme chacun sait à la plus haute antiquité). A contrario pas d’équitation ce qui démontre bien la suprématie de la machine sur la bête.

Table 1, dite « Affrontement » : cela faisait un moment que Fred voulait partager son Pax Pamir (2e edition en français). Un jeu à part qui a lancé la carrière de Cole Wehrle, magnifiquement produit sans tomber dans la vulgarité injectée de plastique, au thème improbable mais richement documenté (la lutte entre puissances étrangères et locales dans l’Afghanistan du XIXe siècle) et qui se retrouve étonnamment en 45e position du classement BGG alors que c’est clairement un jeu de niche. Les autres partants sont Tristan, Dom (dont l’oeil s’allume quand il entend « Pax ») et Neox (toujours curieux et éclectique bien que pas encore converti à Pax Renaissance, personne n’est parfait). Les alignements initiaux sont équilibrés (Neox+Dom russes, Fred+Tristan afghans) et le plateau en tissu se recouvre de pièces colorées sans qu’une faction ne prenne l’avantage au fil des escarmouches et des dépositions. Côté individuel, Tristan parvient comme à son habitude à composer une sélection judicieuse et puissante de cartes (dont l’achat gratuit à Herat dont il usera et abusera), imité à ce petit jeu par Neox. Les deux autres en sont réduits à de petits tableaux et un marché constamment asséché d’argent par les précédents.

Le scoring à ce jeu est très particulier : il survient 4 fois dans la partie à l’achat d’une carte spéciale et le décompte suit deux logiques très différentes selon si une faction domine ou non. Les deux premières fois, Dom oriente les choses pour partager les points avec Neox, officiellement son allié. Les voilà tous deux à 6 PV. Après une dominance russe 12 à 7, La carte est nettoyée de toutes ses pièces alors que Fred, faute d’options viables, a choisi de rallier le camp anglais. Le troisième décompte se résout au nombre de pièces déployées, Neox prend 1 PV et Tristan 3. La fin est haletante : Dom dans le rôle de l’idiot utile met en jeu 3 soldats anglais au Penjab, le fief imprenable de Tristan, lui graissant généreusement la patte au passage et rejoignant la faction anglaise. L’espoir renaît chez Fred. Avec seulement 5 anglais déployés, Neox et Tristan, sans alliés, estiment qu’il est préférable de rejoindre le camp des nouveaux maîtres. Ils parviennent rapidement qui à acheter des patriotes, qui à capturer des mis à prix (parfois en dynamitant ses propres cartes, un joli coup encore jamais vu et permis par leurs nombreuses actions Trahir).  Dom toujours à court de monnaie n’arrive pas à acheter un deuxième trophée et le dernier décompte (où les points sont doublés) voit donc Fred (3 d’influence anglaise) s’octroyer 10 PV tandis que les 3 autres, à égalité à 2 d’influence, récupèrent chacun 2 PV. Fred passe de 0 à 10 points et l’emporte sous le nez de Neox 9, Dom 8 et Tristan 6. Superbe partie où chacun a été en position de gagner et où toute la richesse et les retournements de situation du jeu ont été mis en lumière. Comme les autres jeux de la série Pax, il a aussi une immense rejouabilité grâce au mécanisme de rivière de cartes où seule une fraction du deck est utilisée à chaque partie.

Table 2, dite « Affrontement » : choc entre Dionysos (F-R) et Helios (Mickaël) à Mythic Battles. Le premier a envoyé de jeunes satyres, le second n’a pas pu résister.

Table 3, dite « Affrontements » : double confrontation entre Gilles et OlivierL à Super Fantasy Brawl. Manche aller pour Olivier 5-4 mais cela a été très tendu. Manche retour pour Gilles 5-4 mais cela a été très très tendu.

Table 4, dite « Affrontements » : OlivierB, Fabrice et Samuel jouent à Gloomhaven Jaws of the Lion. En thèorie c’est plus court que le papa (parmi les bonnes idées, noter le livret de scénarios-plateau, on joue directement sur la page ouverte). En pratique à minuit et demi ils étaient encore là à ouvrir des portes, combattre des monstres et empocher des trésors. Oui mais c’est parce qu’ils ont enchainé trois scénarios, une autre bonne idée pour rendre le jeu plus accessible est que les règles sont introduites progressivement sur les 5 premiers.

Table 5, dite « Affrontement » : Xel, Adélie, Thomas et Matthieu (une nouvelle recrue déjà bien immergée dans le jeu de plateau) disputent d’abord un Amyitis, les deux derniers finissent à égalité. Ils poursuivent par In Flanders Fields et c’est Xel (qualifiée à tort d’artillerie lourde de l’association) qui ressort gagnante de la boue des tranchées.

Séance de VENDREDI 15/11/2019 à Servel

Soirée dans le grande salle avec quelques refrains traînant dans l’air.

Table 1, dite : « Double je » : configuration inhabituelle pour Claustrophobia 1643, normalement un jeu à deux : face à OlivierL, Neox et Sébastien jouent à quatre mains. Olivier en rit, lui qui a récemment malmené Camille. Et pourtant les deux parties de la soirée se concluent par une nette correction infligée par la paire de compères.

Table 2, dite « Hit the road, Jack » : configuration resserrée pour la reprise des enquêtes de Sherlock Holmes : Yona remplace son frère tandis que François est retenu par une observation anatomique (sans même y convier Jasper Meeks, le célèbre légiste). Première soirée sur les traces de Jack l’éventreur sur le pavé mal famé de Whitechapel. A retenir, ce n’est pas parce qu’un individu est Docteur qu’il faut croire toute ce qu’il dit. Au moment des questions nous pensions avoir plutôt bien cerné le sujet ; au moment des réponses il a fallu concéder un excès de confiance, le score final étant de 35.

Table 3, dite « Un autre monde » : Mickaël, Frédéric et Eric ont rêvé d’un autre monde avec Dreamscape. Victoire onirique pour l’homme Eric.

Table 4, dite « Rebel rebel » : quatre amateurs de jeux velus (ou en l’occurrence barbus) se plongent avec Pax Pamir dans les luttes de pouvoir dans l’Afghanistan du XIXe. Deux connaissent et apprécient (Gérard et Tristan) tandis que deux découvrent et vont apprécier (Benoit et Christophe). La partie a duré jusqu’au dernier Dominance Check et c’est Christophe qui s’est imposé avec 12 points (et 0 à Tristan). Il ne faut pas sous-estimer les wargameurs qu’on invite à sa table.

Table 5, dite « Un peu plus près des étoiles » : une table avec Jeff, Jérôme et Elouann commence par un Ganymède. Ensuite, Smallworld pour finir par Secret Hitler. A chaque fois c’est Elouann, qui avait ce soir une bonne étoile, qui gagne. Ils sont pénibles, ces jeunes.

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