Séance de MARDI 10/01/2023 à Servel

On ignore la hauteur d’eau de la rivière Rubicon quand les légions de César la traversent le 10 janvier 49 av. JC mais la loi de Rome interdisait -sous peine de mort- à quiconque de la franchir avec une armée, sauf autorisation expresse. Pompée régnait alors à Rome et César, perçu (à juste titre) comme une menace, avait été intimé de dissoudre ses forces armées et de renoncer à son commandement. En franchissant la frontière du territoire directement administré par le Sénat, il déclenchait un coup d’état et immortalisa sa prise de risque par la phrase (que ne désapprouverait pas un joueur de Bios Genesis) « alea jacta est ». Ce fut le début d’une guerre civile de cinq années marquée par la victoire de Pharsale et qui vit la fin de la république, remplacée par l’empire romain.

Table 1, dite « Luttes intestines » : League of Six est le premier jeu de Vladimir Suchy, auteur de Underwater Cities (voir ci-dessous). Selon l’archiviste officiel, la dernière partie en ces murs (à St Elivet en fait) remonte à 2013. Il suscite ce soir l’intérêt de chevelus et de moins chevelus (Thomas, Xel, Evan et François). Malgré une remontée impressionnante de François au décompte final (24 PV sur les nobles, ce qui ne l’empêcha pas de finir dernier), Thomas s’adjuge cette partie dont des violentes luttes d’influence ont scellé l’issue, gagnées grâce à la pugnacité du vainqueur qui multiplia l’appel aux gardes pour imposer sa loi. Don’t mess with Thomas (73 PV) pensèrent Xel 68, Evan 62 et François 60. Les mêmes finissent la soirée avec Scout : Xel et Evan , à égalité avec 33, dominent Thomas 12, et François 5 dans une partie où le timing a été crucial, Evan donnant le tempo en mettant fin à deux des quatre manches.

Table 2, dite « Hauteur d’eau » : A Underwater Cities, un trio de cinquantenaires (Olive, Marc et Dom) construit son moteur de production de ressources sur 10 tours. Le jeu est fluide (!) avec un placement d’ouvrier classique, combiné à la construction d’un tableau de cartes de plus en plus puissantes. En début de partie, il faut faire attention à ne pas manquer de ressources, ensuite normalement on en produit une partie à l’image de Marc dont les entrepôts débordaient à la fin. Dom est le seul à aller chercher des cartes de scoring qui lui rapportent 22 PV, scellant sa victoire avec 113 PV devant Marc 73 et Olive 71.

Table 3, dite « Choc des chevaliers » : Une fois n’est pas coutume, on joue tard un mardi. La partie de Paladins du Royaume de l’Ouest finit encore plus tard que la précédente sur une table de marque reserrée : Mathieu 79, BenjaminG 77, Alex 72 et Nastassia 66, avec deux nouvelles adhésions à la clé.

Séance de VENDREDI 06/01/2023 à Servel

US Capitol invaded | Cartoon MovementLe 6 janvier 2021, des milliers de partisans se réunissent à l’invitation du président sortant Donald Trump, qui les incite à se lancer à l’assaut du Capitole dans une tentative de bloquer la certification des résultats du vote du collège électoral de l’élection présidentielle américaine de 2020 et la victoire de Joe Biden, alors que le congrès des États-Unis y est réuni pour effectuer cette étape finale du processus électoral.

2 ans plus tard, Parties Civiles prenait d’assaut la maison de quartier de Servel, mais les intentions des envahisseurs furent généralement pacifiques, nonobstant certaines humeurs restées belliqueuses…

Table 1, dite « Tout reconstruire » : Londres a été dévasté par e grand incendie, et tout est à reconstruire. C’est l’objet de London, un Wallace trop méconnu et pourtant très bon, avec son mécanisme original de reconstruction de la ville, qui ne doit exclure personne et surtout pas les pauvres. Deux stratégies s’y affrontèrent : Xel, en mode fourmi, utilisa seulement 4 piles, ne fit aucun emprunt, et n’eut qu’un seul pauvre à déplorer en fin de partie. La victoire lui revient à bon droit, 77 à 74 devant Thomas, qui adopta la stratégie cigale : deux emprunts et surtout 6 piles sur son étal qui multiplièrent ses pauvres, pour une pénalité de 9 PV à la fin, qui fut fatale. Quant à François, il bâtit 5 piles dont il ne fit rien d’utile, fit 2 emprunts sans but précis et qu’il remboursa par miracle : ses 57 points sont bien suffisants pour ponctuer cette stratégie brouillonne, mais en belle harmonie avec le célèbre brouillard qui enveloppe la Tamise.

Table 2, dite « Terre à défendre » : à la table de Galileo, Lucie l’emporte d’un petit point, devançant un aréopage de boomers (Jérôme et des deux Olivier), ce qui démontre une fois encore que, quand il s’agit de préserver la planète, les jeunes ont beaucoup à nous apprendre.

Table 3, dite « Capitulation en ordre » : Première sortie de Quartermaster 1914, dérivé du jeu équivalent sur la seconde guerre mondiale qui a déjà été vu une dizaine de fois à PC. Pour rejouer le conflit on a F-R (Autriche-Hongrie+Ottomans), Frank (Allemagne), JiBee (France+Italie), Dom (Royaume Uni+USA) et Christophe (Russie). Le jeu garde les principes de son cousin avec ses decks de cartes dont la taille et la composition reflètent les forces et les caractéristiques des parties au conflit. Il enrichit l’ancien mécanisme des cartes « Riposte » en permettant à chaque tour, en plus de son action principale, de jouer une carte face cachée devant soi : elle pourra être utilisée soit pour faire perdre 1 ou 2 cartes à un adversaire (en action bonus), soit au cours d’un combat pour défendre ses troupes et éviter leur élimination (sauf si l’attaquant contre-attaque lui même). On peut même la reprendre en main ce qui permet de bluffer et de changer de tactique en cours de partie.

La guerre a commencé par une expansion allemande à l’ouest : après une prise rapide de Paris, les français ont été réduits à l’impuissance mais les italiens ont résisté dans les Alpes sans être victimes de la flotte austro-hongroise déployée en Adriatique. Les russes et les autrichiens ont rapidement occupé toute l’Europe de l’est en s’affrontant sporadiquement. Les anglais, après avoir déployé deux flottes, ont mené des guerres économiques douloureuses contre l’Allemagne, la forçant à défausser une douzaine de cartes. Après voir réussi à défendre avec succès la Belgique, les allemands ont fini par abandonner ce front faute de cartes « construire une armée ». C’était le début de la fin, les territoires ont commencé à changer de camp sous la poussées de français revigorés puis l’écart aux points à se creuser une fois que toutes les cartes allemandes ont été épuisées. Une capitulation russe valant 5 PV a précipité la fin de la partie : avec une avance de 14 PV, les puissances alliées l’ont emporté au 15e tour.

Table 4, dite « Assauts et édifices » : première sortie sur nos tables pour Tiletum, nouveau jeu de la paire d’auteurs Luciani (Barrage, Grand Austria Hotel) / Tascini (Teotihuacan, Marco Polo), déjà vue en duo, entre autres sur le mystique Tzolk’in. Un jeu où la finalité est de combiner construction de maisons, cathédrales, blasons et colonnes, et où la patte des auteurs saute aux yeux. La mécanique de base est un draft de dés placés le long d’une roue : quand on prend un dé, sa position indique l’action qu’on va faire, sa couleur indique la ressource qu’on va recevoir, son chiffre indique combien de ressources on va recevoir de ce type, et la différence entre son chiffre et 7 indique la force de l’action ! Donc beaucoup d’éléments à surveiller, d’autant que les couleurs des dés et des ressources correspondantes sont légèrement différentes et proches à la fois des autres ressources ! Mickaël s’adjuge cette partie inaugurale devant Fred, Benjamin et le jeune Paul.

Table 5, dite « Mystique » : la table 1 enchaîne sur un petit Vodoo prince que François croit remporter à la dernière manche, comptant sur la coopération avisée de Thomas, mais celle-ci ne vint point car il termine dernier, et c’est Xel qui l’emporte 25 à 23, Thomas (17) finissant envouté par ce duel au sommet.

Table 6, dite « Un mariage et des enterrements » : rien de mieux pour conclure la soirée et commencer l’année nouvelle qu’un nocturne Codenames. Prirent place autour de la table les Rouges (Xel, Dom, Thomas, Jibee, Xof, Fred) et les Bleus (François, Paul, Franck, François-René, Benjamin).

  • Bleus 1-0 : une histoire d’eau se termine en naufrage, Jibee apprenant à ses dépends que l’indice Flotte peut faire penser à Eau plus qu’à Baleine
  • Bleus 2-0 : après une polémique sur un indice douteux Paris-Roubaix (Route, Pavé, Ville, Plateau), suite à un conciliabule en forme de quiproquo sur sa validité entre maîtres-espions, les Rouges se fourvoient sur le dernier mot, Grammes restant incompris pour Colle et Balance, tout autant que le précédent Mandale (Colle, Balance), qui eut l’audace de prendre les noms pour des verbes, et se termina par le choix du Pain, un indice que recherchaient déjà au coup d’avant le camp adverse avec Pizza.
  • Bleus 2-1 : encore un choix malheureux d’indice : après un début sur les chapeaux de roue avec l’indice Porno – qui ne visait pas Cœur, malgré la remarque candide d’un des protagonistes  (« Vu ce qu’ils  font, ils doivent être très amoureux »), les Bleus perdent avec Panache en se prenant pour Ravaillac : sur Henri IV, ils avaient bien identifié le Pot de la poule, mais aussi et surtout l’assassin Palais !
  • La partie se conclut sur un 2-2, l’assassin étant encore une fois choisi (Guide pour Tribu au lieu de Suisse) !

Séance de MARDI 03/01/2023 à Servel

Après 10 jours d’interruption pour cause de sobriété festive, reprise des activités ludiques.

Table 1, dite « Rurale » : Dans la jungle sudaméricaine, Neox, François, Evan et VHN enchaînent deux parties d’El Dorado, jeu léger de course basé sur du deckbuilding. Certes, mais vu qu’il y a peu moyen d’alléger son deck pour faire tourner ses grosses cartes, il vaut mieux faire preuve de modération dans ses achats. Dans la première partie, Neox fait la course en tête et résiste au retour de Dom qui crame tous ses jetons bonus sans parvenir à le rattraper à temps. Evan quant à lui est distancé, voir la remarque précédente sur les achats. Dans la seconde partie, une jungle dense nécessite d’avoir rapidement des cartes adaptées. Faute d’y parvenir, Neox bouchonne Dom dans le chemin facile tandis que François (carte+jeton) et Evan (2 cartes) franchissent l’obstacle. On se dit que cela va se jouer entre eux mais Neox fait un retour spectaculaire et finit juste derrière Evan, premier parvenu au but. Dom quant à lui est distancé, voir la remarque précédente sur les achats.

Table 2, dite « Urbaine » : C’est la première apparition de Akropolis, jeu familial de placement de tuiles hexagonales avec un scoring à la Kingdomino. Là encore deux parties sont disputées et voient Marie-Anne et Xel lutter pour la victoire (123 vs. 101 puis 132 vs. 114). Benjamin et Marc ne peuvent que constater la supériorité des dames.

Séance de VENDREDI 23/12/2022 à Servel

Le 23 décembre 1588, Henri de Lorraine, duc de Guise, est assassiné sur l’ordre d’Henri III qui l’avait convoqué sous prétexte d’un prochain déplacement. Guise pense que le roi va enfin le nommer connétable. Alors que le duc passe dans la chambre du roi pour se rendre à ce cabinet, il tombe dans un guet-apens : huit membres de la garde personnelle du roi se ruent sur lui pour l’exécuter. Le duc parvient à riposter et blesser quatre adversaires avant de s’effondrer, percé d’une trentaine de coups d’épée et de dagues, le sieur de Loignac l’achevant en lui enfonçant son épée dans les reins.

Son corps est confié à Richelieu, grand prévôt de France, qui par commandement du roi, le fait dépecer par le bourreau puis brûler à la chaux vive avant que ses cendres ne soient dispersées dans la Loire. Le même jour sont arrêtés sa mère Anne, son fils Charles. Son frère Louis est exécuté puis brûlé, les cendres jetées à la rivière le lendemain. Quoique apocryphe, un célèbre mot historique est prêté à Henri III. Voyant étendu à ses pieds le corps de son ennemi qui mesurait presque deux mètres, le roi se serait exclamé : « Il est plus grand mort que vivant ! ».

À la tête d’un puissant réseau nobiliaire, le duc était devenu populaire pendant les guerres de Religion, se posant en défenseur de la foi catholique. Après avoir participé au massacre de la Saint-Barthélemy (1572), il s’illustre à plusieurs reprises sur le champ de bataille en combattant les protestants. Chef de la Ligue catholique (1584), il aspira à gouverner la France et réduire l’influence politique du parti protestant en France, en vertu du principe de catholicité de la couronne.

Sa mort provoquera indirectement l’assassinat du roi, qui meurt des suites de ses blessures 2 août 1589, après avoir été poignardé par Jacques Clément, moine dominicain ligueur, qui le considérait ennemi déclaré du catholicisme depuis qu’il avait commandité l’assassinat.

Quelques 434 années plus tard, la concorde régnait à Parties Civiles, alimentée par de savoureuses douceurs (vin chaud et gâteaux de Noël de Marie-Anne, fondant au chocolat de Frank), comme un avant-goût de Noël.

Table 1, dite « Guet-apens » : Comment résister à un Brass:Birmingham de Noël ? Aussitôt l’offrande émise par Thomas, les places s’arrachèrent pout tomber dans son guet-apens, et pourtant, les trois autres (Marie-Anne, Xel, Gilles) n’étaient pas venus faire de la figuration. Tous terminèrent entre 130 et 150, laissant cependant la précédence à la marque jaune de l’heureux propriétaire du jeu.

Table 2, dite « Exécution sommaire » : Yona, Dom, François et Vincent redécouvrent l’excellent Dune imperium – un jeu où le timing est important car la fin de partie se déclenche sur l’arrivée au score de 10 points de prestige. C’est ce que compris d’emblée François, qui asséna un rythme d’enfer à cette partie, s’octroyant rapidement le troisième meeeple personnel, gagnant régulièrement de lucratifs combats, et délaissant stratégiquement le marché des cartes. Ce blitz krieg culmina dans un combat homérique au dernier tour, où il écrasa l’ultime combat, pourvoyeur de 2 points de prestige, y déployant pas moins de 28 forces armées, 12 de plus que son poursuivant immédiat. Dom, 7, Yona et Vincent, 6, n’eurent pas le loisir de mettre fin à l’inexorable issue.

Table 3, dite « Dagues aiguisées » : dans le huis-clos en tête-à-tête de Twilight struggle Mickaël, à la tête des Russes, dame le pion à Frank l’américain, qui rata tous ses tirs : il ne suffit pas d’avoir les meilleures dagues, encore faut-il les aiguiser avec soin.

Table 4, dite « Patience et longueur de temps » : unis dans la quête d’un Massive Darkness François-René, Paul-le-jeune, et Olivier B se sont adjugé de justesse une victoire au long cours.

Table 5, dite « Loi salique » : La popularité de Scout ne se dément pas, et la table 1 met à profit sa fraîche connaissance du jeu pour remettre le couvert. Deux parties que Xel s’adjuge avec les excellents scores de 43 et 46. Venant après les vainqueurs masculins des deux séances précédentes, cette percée féminine brise la loi salique qui commençait à poindre.

Table 6, dite « Plus grands morts que vivants » : Cette soirée d’avant Noël ne pouvait se conclure sans un nocturne Codenames. Prirent place autour de la table les Rouges (François, Dom, Mickaël, petit Paul) et les Bleus (Frank, Yona, Vincent, François-René). Dans la première manche, François surprend par sa lenteur à imaginer les bonnes combinaisons, et son équipe perd sur le fil, faute d’avoir décrypté la pourtant splendide triangulation finale sur Bois 3 (Bouteille, Corde, Canne). Mais les Bleus chutent immédiatement après, l’assassin Tour étant touché dès le premier mot pour l’audacieux Magellan 6 lancé par l’intrépide Vincent. Cette défaite éclair donne lieu à un remake par les deux mêmes maîtres-espions, et Dom se met en phase avec ses partenaires, après un débat homérique sur Anorak (poche, neige, et non pas voile, défendu mordicus par le jeune Paul), mais cela ne suffit point, Vincent concluant sur un Moreno 1 pour Puce. Puis égalisation des Rouges à 2-2 sur un parcours maîtrisé par Mickaël, aidé d’une grille favorable.  La dernière manche se conclut par un deuxième assassin, Noyau, touché par les Bleus à l’issue d’un débat intense entre les ressorts intimes de la Physique (le noyau) et de la Chimie (l’électron). Deux fois morts avant l’heure, les Bleus ont fait preuve de panache, et terminent plus grands morts que vivants.

Séance de MARDI 20/12/2022 à Servel

Le 20 décembre de l’an 69, l’empereur Vitellius est égorgé sur le forum de Rome par des mécontents. Cet assassinat conclut une année troublée (dite des quatre empereurs) qui a vu trois généraux se succéder en quelques mois à la tête de l’empire romain : Galba, Othon et enfin Vitellius, après la mort tragique de Néron, dernier empereur de la famille de César et Auguste. Sitôt connue la mort de Vitellius, les légions proclament le général Titus Flavius Vespasien empereur, presque malgré lui.

Ce militaire de 60 ans se distingue par ses origines des premiers César, tous issus de l’aristocratie romaine. Né dans la famille d’un modeste publicain de l’Italie centrale, il a fait la preuve de ses capacités en réprimant une révolte en Palestine. Il laisse à son fils Titus le soin d’en finir avec les Juifs, et s’installe à Rome pour rétablir l’ordre et redresser les finances publiques. En dix ans de règne, cet homme providentiel consolidera de manière remarquable l’œuvre de César et Auguste.

Il favorise les provinciaux et nomme les plus riches au Sénat pour affaiblir la vieille aristocratie romaine, encline au complot. Il gère les finances en père de famille mais ne néglige pas les grands travaux. C’est ainsi qu’il lance la construction d’un nouvel amphithéâtre de 50 000 places, le Colisée, nom issu de la proximité d’une grande statue de Néron. Vespasien affermit aussi la conquête des îles britanniques et se protège des Germains en annexant les Champs Décumates, entre Rhin et Danube, de façon à raccourcir la frontière.

Après la mort de Vitellius sur le forum, l’empire va renouer avec la paix pour plus d’un siècle et demi. Mais il ne reste plus rien de l’héritage de César et Auguste, sinon un pouvoir autocratique que les généraux vont se passer de génération en génération par le biais d’une adoption ou d’un coup de force. L’empereur tentera d’instaurer une succession héréditaire à la tête de l’empire en y préparant son fils Titus. Mais sa dynastie des Flaviens s’éteindra après le règne de son second fils, Domitien.

Titus aurait manifesté devant Titus des réticences à collecter de l’argent sur l’urine tirée des latrines publiques et employée par les foulons pour le dégraissage des peaux. Prenant une poignée de pièces d’or dans un sac et les lui mettant sous le nez, Vespasien lui aurait alors répondu : « non olet » expression qui signifie : « Il n’a pas d’odeur ». C’est du moins ce que raconte l’historien Suétone. C’est pourquoi le nom de l’empereur a été utilisé pour baptiser nos… vespasiennes. L’idée est venue du comte de Rambuteau, préfet de Paris, qui fit installer pas moins de 450 urinoirs à Paris !

Quelques années plus tard, à Lannion, l’empereur Dominique étendait sa domination sur le petit peuple de Parties Civiles, jugez plutôt de ce qui suit.

Table 1, dite « Rendre à César » : Longtemps annoncé, voici Living forest, un jeu à conditions de victoires multiples qui nous entraîne dans le monde féérique des forêts magiques. On y récolte des plantes, des fleurs de lotus, on y éteint des feux, et on peut rencontrer des varans au passage, qui dévastent les decks des joueurs. Le feu est l’option choisie par au moins deux joueurs de manière évidente (Axel, qui en a bien besoin, venant nous faire un amical passage depuis les terres nordiques qui abritent son exil, et Dom, qui n’en n’a pas clair mais qui le révèle le côté « feu sous la glace » de son caractère. Neox semble hésiter, ratiociner, et avouera au final sa perplexité. François penche pour le feu aussi mais cultive également du lotus, dans une certaine discrétion (il parviendra quand même à 8). C’est Dom qui atteint le premier les 12 tuiles victorieuses, au bout d’une stratégie maîtrisée.

Table 2, dite « Semée d’embuches » : Thomas sort son dernier spécial, le Super Motherload – un parcours semé d’embuches et de trouvailles autour duquel s’attablent Xel et Marie-Anne. On se laisse à penser que la gent masculine l’a emporté.

Table 3, dite « Vidanges rapides » : Fort de son succès de mardi, le Scout de Thomas reprend du service. Sans François, beau vainqueur vendredi avec 28, mais mis cette fois sur le banc faute de place dans ce jeu à 5, ni Neox, qui joue au coach-spectateur, mais sans connaître les règles. A ce jeu où il s’agit de se vider aussi rapidement que possible de sa main, les prostates sensibles partent avec un antage. Le talent y fait aussi bien sûr, et c’est avec le score impérial de 46 que Dominique emballe l’affaire sans même prendre le temps de fréquenter les vespasiennes.

Séance de VENDREDI 16/12/2022 à Servel

Il n’est pas rare que la terre tremble le 16 décembre, par exemple en 1575 au Chili, en 1811 au Missouri (USA) et en 1920 au Gansu (Chine). A cette même date en 2022, la terre du Trégor était gelée mais immobile. Faute d’événements tectoniques à l’extérieur, on se réfugia à l’intérieur (où il régnait 19°C, pas plus M’sieur le maire).

Table 1, dite « Champ de ruines » : Retour hivernal de Sherlock Holmes Detective Conseil avec l’enquête « La vallée de la rivière pourpre » de la boîte Les francs-tireurs de Baker Street. On retrouve la fine équipe qui fit les grandes heures des années 2016 et 2019 avec F-R, François, Thomas, VHN, Frank et Fred. Après avoir commencé par analyser un journal qui n’était pas le bon, on peut dire que globalement les pièces du puzzle furent identifiées mais qu’ils ne parvinrent pas à les assembler en une image cohérente. En particulier un contresens sur le rôle d’un des protagonistes les maintint loin de la vérité. Le score final de 45-30=15 reflète bien à la fois nos visites superflues et notre incapacité à répondre à la plupart des questions.

Table 2, dite « Mécanique du solide » : Nous ne savons rien sur le jeu Galileo descendu par la cheminée la semaine dernière. A peine qui y a joué : Mickaël, BenjaminG, Matthieu, OlivierB? Encore moins ce qui s’y est passé et qui a gagné. En revanche nous avons quelques souvenirs des contributions de Galilée à l’astronomie, l’instrumentation scientifique (la lunette) et la cinématique.

Table 3, dite « Désastres » : Il fallait trouver un jeu à cinq et comme certains mardis récents le choix de Xel, Marie-Anne, Baptiste2, Tristan, Xof s’est porté sur . Un jeu où il faut faire attention aux tuiles « désastres » qui garnissent parfois les lots mis aux enchères. Bizarrement, la salle n’a pas résonné du cri habituel invoquant le dieu solaire. Néanmoins Xel (46 PV) a pris le meilleur sur Tristan (44), Xof (30), Baptiste (21) et M-A (18) Ensuite c’est au tour de Pandémie Contagion d’atterir sur la table et l’ordre change : Baptiste 50, Xof 43, M-A 39, Xel 35 et Tristan 31.

En fin de soirée, les restants des tables 1 et 3 ont découvert Scout, un petit jeu de cartes japonais et malin. Mais une fois encore, des informations essentielles nous manquent pour en faire un compte-rendu circonstancié.

Séance de MARDI 13/12/2022 à Servel

Suite à l’annonce de pluies verglaçantes, calamité météorologique redoutée des trégorrois, le nombre de participants prévus pour cette soirée de jeux s’amenuisa au fur et à mesure qu’approchait l’heure de rendez-vous.

Table 1, dite « Calamités » : Nous devions être quatre et jouer à Living Forest, nous fûmes cinq et jouâmes à Pandémie Contagion. Comment peut-on s’amuser, après trois ans de Covid, à incarner des maladies qui, telles les sept plaies d’Egypte, s’abattent sur des métropoles pour en anéantir la population ? Nous renvoyons la question à Evan, Matthieu, BenjaminF, Neox et VHN. A ce jeu de majorité et de placement de cubes avec une pincée de hasard, les deux derniers nommés finissent la partie à égalité de points de victoire. Oui mais Nicolas avait un variant de plus, ce qui suffit à rétrograder l’autre sur la marche inférieure du podium. Appelons cela la sélection naturelle en action.

Séance de VENDREDI 09/12/2022 à Servel

Cette semaine c’était la Saint-Nicolas. Inaugurant la saison des fêtes, les petits joueurs sages de Parties Civiles se sont réunis par une nuit glaciale pour une séance de déballage/dépunchage sous la houlette d’un sympathique et débonnaire homme à la barbe pas encore blanche. Ils ont trinqué, joué et passé un bon moment ensemble. Une mention spéciale pour la collection de pulls de Noël qui a été arborée à cette occasion et un chaleureux merci à ceux et celles qui ont choisi les jeux venus enrichir le placard et organisé la soirée.

Table 1, dite « Course de traîneaux » : Passant directement au banc d’essai voici Heat, un jeu de course de monoplaces par les auteurs de Flamme Rouge avec au volant Frank, F-R, Matthieu, Thomas et VHN. Ca a l’air plutôt bien fait avec dès la boîte de base la possibilité de jouer à six, des règles avancées (météo, customisation des voitures, mode championnat..) et quatre circuits. Contrairement à la course de vélos où il s’agit de bien gérer sa fatigue,  de profiter au maximum de l’aspiration du peloton, et où chaque carte ne peut être utilisée qu’une fois, ici il faut gérer une prise de risque en poussant la mécanique à ses limites. Avec une main de sept, on se sent un peu moins dépendant du hasard de la pioche des cartes. Deux circuits ont été essayés : Grande-Bretagne où F-R fait jouer tout son talent et où Dom enrhume Frank dans le dernier virage ; Italie avec quelques virages très serrés où Matthieu prend le meilleur sur Dom et F-R dans la dernière longue ligne droite. Thomas de son côté a pas mal tutoyé les bacs à gravier et a été inscrit à un stage de récupération de points (de victoire).

Après recomposition, F-R, Thomas, Neox et Dom découvrent So Clover!, un jeu coopératif d’association de paires de mots qui a été qualifié de « bon entraînement pour Codenames« . Sur un score maximum (très) théorique de 24 points, ils en marquèrent 13 (avec une petite entorse aux règles mais on n’allait pas gâcher la fête). On se souviendra que F-R, qui visiblement fréquente peu les festou-noz, les associe aux saucisses (pourquoi pas) mais aussi aux chars (dans une confusion avec le carnaval ou la gay pride).

Table 2, dite « Indigestion » : Copieux comme une dinde de Noël, voici que sort d’une hotte Projet Gaia autour duquel s’attablent Adriane, Yvan, Tristan et Fred. Ils partirent dans la dou-ouuuce nuit de l’espace et on ne les revit plus.

Table 3, dite « Hygge » : Dans la quiétude d’un coin de salle, Aurore et Baptiste jouent paisiblement à Cottage Garden. La première l’emporte et ils s’endorment enlacés sous le sapin.

Table 4, dite « Chahuts » : Dans un autre coin, deux garnements nommés Olive et Samuel se chamaillent à qui colonisera le mieux Mars, le jeu est Terrraforming Mars Expédition Ares. Samuel finit par l’emporter de 6 points.

Table 5, dite « Excursion » : Profitant des fêtes pour faire une visite au zoo, Mickaël, OlivierB et OlivierL jouent à Ark Nova. Leur lettre au Père Noël nous fera savoir ce qui s’y est passé.

Séance de MARDI 06/12/2022 à Servel

En ce 6 décembre à Lannion, la journée météo commença par du soleil, masqué à la mi-journée par de la brume, et se termina par quelques gouttes de pluie voire de neige fondue. Les températures allèrent de 0,9°C à 6,7°C et le soleil se coucha à 17h14.

Table 1, dite « Brume et soleil » : Cinq joueurs (Neox, Evan, MatthieuG, Thomas et VHN) s’attablent autour de deux boîtes de jeu à cinq. Isle of Skye tout d’abord : Thomas traîne à l’arrière de la piste de score mais fait un bond de géant (dont 15 PV pour trois triplets ferme/broch/phare) à la cinquième et dernière manche. Avec 67 PV il coiffe Dom (65) qui manquait de fonds pour acheter ses tuiles, Matthieu (58), Neox (53) et Evan (39). Il n’est pas tard, on ouvre donc la boite de . Comme toujours, le hasard de la pioche des tuiles conduit à des manches aux physionomies variées. Dans la première, les tuiles Râ tardent à sortir et on voit passer nombre de crues et de désastres. La seconde file à vitesse accélérée, la plupart des joueurs n’ont pas le temps de remporter trois enchères. Dans la dernière, seul Neox parvient à pêcher une crue, tant mieux pour ses 8 tuiles Nil. Dom et Evan ont tous deux 10 points pour 7 monuments différents mais Evan perd régulièrement 5 points faute d’artisan à la fin de la manche. Au final, Dom l’emporte avec 43 PV devant Neox 39, Thomas 35, Matthieu 27 et Evan 25.

Séance de VENDREDI 02/12/2022 à Servel

Le 2 décembre on ne chôme pas chez les Bonaparte. Pour Napoléon qui a commencé artilleur et fini empereur, la date évoque un couronnement mégalomane en 1804 et la victoire décisive d’Austerlitz en 1805 contre la coalition des Anglais, des Autrichiens et de Russes en pleine expansion (au dépens de la Pologne et de l’empire Ottoman). Pour son neveu Louis-Napoléon (roi du grand-écart, il réussit à être à la fois le premier président de la France, élu au suffrage universel, et son dernier empereur), on se souvient du coup d’état de 1851 (jamais deux sans trois, après des essais ratés en 1836 et 1840) suivi de son couronnement comme Napoléon III en 1852 pour un règne de 18 ans qui finira, pour un monarque usé par la maladie, par la défaite de Sedan en 1870.

Table 1, dite « Expansion russe » : C’est semble-t-il la première fois qu’on sort la grosse boite de Ultimate Railroads (aka Russian Railroads avec toutes ses extensions et rafraîchi derrière les oreilles) autour de laquelle s’installe un quarteron de vétérans : Xel, François, Tristan et VHN. Tristan prend un départ canon en construisant à un rythme de stakhanoviste son transsibérien. Il récupère rapidement ses deux ouvriers supplémentaires en nous assénant une maxime solide comme de l’acier de Krivoi-Rog : « aux jeux de placement d’ouvrier, il faut un max d’ouvriers ». Xel développe résolument son industrie en se plaignant d’être, à ce jeu, rouillée comme une brame sortie d’un combinat vétuste et laissée sous la pluie bretonne. Dom fait du Tristan en moins bien mais a bien noté que la majorité sur les Conducteurs vaudrait 40 PV en fin de partie. Par un placement agressif en tête de l’ordre du tour, il parvient à en embaucher 3 sur 7. Au décompte final, il profite de son autre bonus de fin de partie de 30 PV pour fondre à toute vapeur sur Tristan qui avait mené de bout en bout : il l’emporte avec 345 PV devant Tristan 321, Xel 235 et François 215. Les plus courageux parmi ces joueurs passèrent ensuite en mode coopératif avec The Crew.

Table 2, dite « Couronnement impérial » : Quand l’abondance confine à l’excès, c’est par exemple quand on joue à Pillards de la Mer du Nord avec ses deux extensions. L’espace de décision s’ouvre nettement et le jeu ralentit. Il en faut plus pour décourager Neox qui embarque avec OlivierL, Steven et Matthieu-un-nouvel-adhérent. Au terme d’une partie pas si longue que ça c’est le discret mais efficace Steven qui s’impose avec plus de 70 points en ayant misé sur l’affrontement avec les Jarl.

Table 3, dite « Jamais deux sans trois » : Nouvelle partie de Massive Darkness pour F-R, Mickaël et OlivierB. Ils triomphent dans deux scénarios successifs au point de se demander si tout ceci n’est pas trop facile. Ou peut-être sont ils juste talentueux et bien organisés ? Au mépris des formules, ils n’ont pas rejoué une troisième fois.

Table 4, dite « Victoire décisive » : Pour faire plaisir à Baptiste, proposez-lui un Shem Philipps. Ce soir ce sont les Paladins du Royaume de l’Ouest qui sont de sortie avec Aurore, Benjamin et son collègue Alexandre qui lui aussi va rejoindre la troupe du PC-Circus. Au terme d’une partie qui passa l’heure de minuit, c’est la discrète mais efficace Aurore qui s’impose avec 98 PV. Elle a construit son succès sur la commission, c’est à dire l’envoi de moines.

Table 5, dite « On ne chôme pas » : On est vendredi donc on peut se coucher tard. C’est implicite dans la partie de Boonlake qui rassemble Olive, Fred, Baptiste2 et Samuel. Partie qui dura au delà de l’éclaircie entre deux froides averses quand le rédacteur de ces mots enfourcha sa monture pour disparaître dans la nuit, entouré du cri des chacals et du vacarme des serpents à sonnette. Le récit du déroulé, l’analyse des stratégies et le nom des buteurs nécessitera donc une contribution tierce.