Séance de VENDREDI 07/07/2023 à Servel

19 ans après le procès de Jeanne d’Arc, Charles VII publie, le 15 février 1450, une ordonnance disant que « les ennemis de Jeanne l’ayant fait mourir contre raison et très cruellement », il veut savoir la vérité sur cette affaire. Mais il faudra attendre 1455 et un rescrit papal pour que, survienne sur la demande de la mère de Jeanne, la révision du procès. Le pape a ordonné à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d’étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d’Arc. Son mémoire est la condition juridique du procès en réhabilitation. Celui-ci aboutit à casser le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Bréhal, qui enregistre les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges. Le jugement, prononcé le 7 juillet 1456, déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille. La plupart des juges du premier procès, dont l’évêque Cauchon, sont morts entre-temps.

567 ans plus tard, à Parties Civiles, on se perdait en conjectures.

Table 1, dite « Sauver la pucelle » : à Aliens François-René, Jérôme, Paul et Frank jouent la première quête, en mode découverte. Ils n’ont au aucun problème à sauver la malheureuse Newt.

Table 2, dite « Justice faite » : L’équipe habituelle de Batman (Xel, Fabrice, Samuel, Steven) engrange une victoire de justesse : tous les personnages sauf 1 étaient infectés, mais ils ont quand même eu raison du Joker.

Table 3, dite « Le bûcher des vanités » : Mickaël apporte sa nouvelle acquisition : Vindication (terme qui peut avoir  différents sens, mais revanche est le plus proche de l’esprit du jeu). Arakis, Olive et François prennent place. Neox fait un no show, et se voit donc éliminé de la feuille de score. Ce jeu se présente comme une quête personnelle d’un personnage au passé trouble, en quête de rédemption après avoir été recueilli sur une île déserte. Une thématique originale et qu’on aimera approfondir plus tard, car on est tout de suite dans le vif de l’action d’un jeu original, et où pourtant l’action principale consiste à déplacer des cubes pour activer des lieux ou des compagnons. L’attrait du jeu tient à ce que chaque lieu a des propriétés uniques, et qu’une stratégie mûrement réfléchie s’imose. Mais il n’ets pas possible de la planifier vraiment car les lieux sont dévoilés au fur et à mesure de l’avancée des joueurs. A la recherche désespérée d’une auberge, qui permet de recruter des compagnons, cette partie découverte vit le coquin de sort places les trois tuiles auberges dans les trois dernières tuiles tirées ! Un des aspects importants du jeu est la mobilité. Or, seul Mickaël réussit à augmenter sa vitesse, et encore, d’une unité ! La faute là encore à la tuile correspondante excentrée et aux embouteillages sur le chemin pour y aller…Au final, Arakis l’emporte avec 101, devant Mickaël, 92, Olive, 82, et François, 62, qui, malgré un dernier tour héroïque, se voit siffler la domination bleue.

Table 4, dite « Le bon berger » : Dom convainc Fred accompagné d’Elie de se lancer dans un Great Western Trail. Ils ont regardé les règles, c’est autant de temps de gagné et d’ailleurs la partie terminée à 23h15 fera mentir ceux qui pensent que c’est un jeu looong. Ce soir le placement des bâtiments neutres est fait au hasard pour changer. Les trois joueurs ont choisi des voies assez nettement différenciées : Elie exécute une stratégie « charpentier » réussie, il  taxe généreusement les autres et parsème la piste de bâtiments ; ils lui rapportent 33 PV sur un total de 83 et finit en deuxième place. Fred place quasiment un disque par gare et accumule les tuiles « chef de gare » qui améliorent la valeur de son troupeau. Sans avoir de vaches de haut de gamme, il parvient ainsi à livrer à New York (en bout de ligne de chemin de fer) en fin de partie. En revanche il finit avec peu de personnages sur son plateau personnel et a négligé de prendre des objectifs en synergie avec sa stratégie, il finit avec 75 PV. Dom, c’est plus fort que lui, se retrouve à dérouler une stratégie « vaches » tout en expérimentant avec l’affinement de son deck, il brûle un total de cinq cartes au cours de la partie. Il finit aussi avec pas mal de machinistes mais, gêné par Fred, n’a jamais réussi à s’arrêter en gare. Aidé par son cheptel de 35 PV et ses 4 objectifs réalisés il l’emporte avec 106 points.

Table 5, dite « Une si longue attente » : Une très loooongue partie d’Eclipse réunit Olivier B, Xof, Gilles et Marie-Anne. Il semble que Gilles s’en soit sorti vainqueur.

Table 6, dite « La mort vous va si bien » : Fiesta de los muertos réunit des rescapés pour une fin de soirée mouvementée, épicée par des épisodes scabreux, entre mots effacés et voix entendues à tort: Dom mélangeant les tablettes à tout rompre jusqu’à en effacer les indices, Elie transformant le menuet en menu, un Kilt trompeur, qui n’était pas celui de Sean Connery, un Roi que Louis XIV n’était pas.

Ont été aperçus aussi aussi : un Splendor Duel en trou normand opposant Xel à Fabrice, et un Die Crew 2 en digestif réunissant Xel, François, François-René et Jérôme, où ils firent des étincelles.

Séance de MARDI 04/07/2023 à Servel

undefinedLes jours d’orage en été, je montais au haut de la grosse tour de l’ouest. Le roulement du tonnerre sous les combles du château, les torrents de pluie qui tombaient en grondant sur le toit pyramidal des tours, l’éclair qui sillonnait la nue et marquait d’une flamme électrique les girouettes d’airain, excitaient mon enthousiasme : comme Ismen sur les remparts de Jérusalem, j’appelais la foudre ; j’espérais qu’elle m’apporterait Armide.

Né le jour de la naissance de la III ème République (4 septembre) et mort celui de celle de l’Amérique (4 juillet), François-René, vicomte de Chateaubriand, était un écrivain romantique tourmenté par la politique.

Table 1, dite « mémoires d’Outre-Tombe » : plus redoutable encore que le premier, Sub Terra 2 est une quête faite de patience, courage et persévérance. Xel, Marie-Anne,  Nastassia, François, Mickaël et François-René se plongent dans l’univers volcanique du jeu, mais sombrent rapidement. On remet le couvert, de nouveaux rôles apparaissent et une équipe plus aguerrie fait merveille : un Colosse puissant (François), une Cartomancienne providentielle (Nastassia), un Chien et son dresseur prêts à tout (Mickaël) complétés de tireurs d’élite et de guérisseurs, parvient à récupérer les trois clés et à atteindre l’artefact. Le voyage retour est semé d’embûches, la lave coule à flots, mais les jets de dés font merveille, et la fine équipe trouve la sortie, qui debout, qui en rampant, pour une superbe victoire collective ! Un Trio permet de calmer les esprits en redescendant sur terre, d’abord en solo (victoire de Marie-Anne), puis en équipes (François-René et François).

Séance de VENDREDI 30/06/2023 à Servel

Le 30 juin 1764, sur les rudes plateaux du haut Vivarais (au sud du Massif Central), Jeanne Boulet, une bergère de 14 ans, meurt victime d’une « bête féroce », selon le curé qui l’enterre. À partir de là, les agressions de jeunes bergers vont se multiplier en dépit de grandes battues. La psychose se répand dans cette région appelée Gévaudan, qui correspond à l’actuel département de la Lozère. La mystérieuse « bête du Gévaudan » fait même parler d’elle à la cour du roi Louis XV, à Versailles. On lui attribuera selon les sources 88 à 124 agressions, souvent mortelles, jusqu’au 19 juin 1767.

Le royaume compte alors quelque 20 000 loups mais le drame intervient opportunément pour la presse, en mal de ventes après la guerre de Sept Ans. Les gazettes s’emparent de l’affaire et, en quelques mois, publient en feuilleton des centaines d’articles. Dépassant rapidement le fait divers, la Bête du Gévaudan mobilise les troupes militaires et donne naissance à toutes sortes de rumeurs et croyances  tant sur sa nature —  un loup, un animal exotique, un sorcier, voire un loup-garou — que sur les raisons qui la poussent à s’attaquer aux populations, l’évêque de Mende énonçant alors un « châtiment divin ».

Les historiens expliquent les prédations de la Bête par la présence de plusieurs loups devenus anthropophages. Ce phénomène, peu commun mais marquant, est observé à plusieurs reprises lorsque des « bêtes dévorantes » adoptent un comportement déviant, similaire à celui de la Bête du Gévaudan, ciblant exclusivement les humains selon des modalités spécifiques d’attaque et de consommation des victimes (Bête de l’Auxerrois entre 1732 et 1734, Bête du Lyonnais entre 1754 et 1756, Bête des Cévennes en 1813). De tels cas s’inscrivent dans le contexte global des centaines d’attaques attribuées majoritairement aux « loups carnassiers » en France depuis la fin du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle

Description de cette image, également commentée ci-après

La bête du Gévaudan est un concept qui fait florès dans les récentes productions ludiques, comme nous en avons l’illustration à cette soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Tempus fugit» : à Mage knight Marc et Olive ont un rendez-vous qui se poursuivra jusqu’au bout de la nuit, bien trop tard pour notre bouclage

Table 2, dite « Passion dévorante » : Tristan, Gérard et Dom disputent une partie de Pax Pamir. Les loyautés initiales sont russes (Tristan & Gérard) et afghane (Dom). La phase initiale de déploiement voit un Gérard agressif aller détruire des cartes adverses tandis que chacun se positionne pour placer ses disques. C’est Dom qui casse sa tirelire pour acheter le premier contrôle de domination et prendre 3 PV. Ensuite Tristan et Gérard commencent à développer un tableau puissant et à imposer la présence des blocs russes sur la carte. Le tournant de la partie est l’achat par Tristan d’un événement qui bloque le régime favorisé en « économique ». Avec trois actions Tax gratuites dans son tableau il accumule et utilise une petite fortune investie en particulier dans trois Cadeaux. Gérard et lui sont proches à la fois en disques et en influence russe ; le second contrôle de domination se déclenche tout seul par l’arrivée de la 3e carte sur 4 et constate une domination russe. Avec 5 PV Tristan se retrouve avec 2 points d’avance. Tous les blocs sont nettoyés de la carte et il reste aux trois lascars à se positionner pour le dernier contrôle de domination dont on attend qu’il se joue aux disques. Tristan réarrange habilement son tableau vers des cartes bleues et protège sa carte Kaboul (qui vaut deux disques) contre les attaques des voisins. Gérard joue le tout pour le tout en se ralliant aux afghans mais Tristan utilise le reliquat de son trésor de guerre pour construire deux blocs ; il est trop tard pour créer une domination afghane et il ne lui reste plus qu’à déclencher le dernier contrôle où tous marquent 2 PV, sans changer l’ordre : Tristan 7, Dom et Gérard 5.

Table 3, dite « Réalité augmentée » : Fred apporte Beast qui revisite le thème de la traque d’une bête sauvage déjà apparu récemment  sur nos tables. La bête était fidèle à l’histoire du Gévaudan, mais ici la Bête, une créature géante inspirée des dieux nordiques dans un endroit où la nature est encore inexplorée, mystique et dangereuse. Lorsque les humains sont arrivés, ils pensaient avoir trouvé un paradis intact, rempli de forêts généreuses, de lacs poissonneux et d’eau douce et froide coulant des montagnes. Mais au fur et à mesure que leurs colonies s’étendaient et que les forêts environnantes s’amenuisaient, la nature elle-même a réagi. De grandes créatures connues sous le nom de bêtes sont apparues, et avec leurs crocs, leurs griffes et leurs pouvoirs mystiques, elles ont représenté une menace incroyable pour les humains. Afin de protéger les colonies, les humains ont recruté des chasseurs spécialisés, chargés de traquer et de tuer les bêtes avant qu’un trop grand nombre de leurs semblables ne périssent. Voilà pour l’ambiance. Pour les règles, les choses se compliquent, avec, dans une partie disputée en trois jours (aube, journée, nuit), des objectifs intermédiaires, des cibles à abattre qui ne sont pas les joueurs (moutons, sangliers, paysans), et des dispositifs additionnels (sentinelles, récompenses qui permettent d’améliorer ses pouvoirs), sans oublier des règles de draft et de tour de jeu tortueuses. Tout cet équipage rend la traque moins lisible, et finit par parasiter l’essence du jeu, d’autant que les protagonistes auront l’impression d’avoir utilisé à peine un dixième des possibilités. La bête, incarnée par Élie, ne résista pas longtemps aux assauts des poursuivants (Fred, François, Frank), la faute à deux erreur fatales : choisir une région de départ trop proche, et, surtout, finir ses tours par l’assaut d’une bête (ce qui la révèle, plutôt que sur un déplacement. Mickaël, qui a observé la situation en connaisseur, propose son Trio pour finir la soirée. Un jeu retors qui sollicite fortement la mémoire, où Élie s’adjuge un premier opus, et François un second, joué avec la variante.

Table 4, dite « Duel inégal » : Flavien, Xel, Flavien, Gilles, Armand et François-René ferroient à Battlestar Gallactica dans une partie qui mêle joueurs expérimentés et novices. François-René, cylon patenté et aguerri, fait le choix stratégique de s’allier avec Armand, coupant les fonctions de commandant aux humains. Ces derniers, essentiellement des novices, frappés de plus par une attrition de cartes jaunes, passeront le plus clair de leur temps à l’obscurcir en prison jusqu’au bout de la nuit, et en retireront le souvenir amer d’un ROI plaisir/temps défavorable.

Table 5, dite « Légendaire » : Dans l’aquarium, musique et effluves de thé roïbos nous invitent à pénétrer dans un autre monde : celui du JdR Les lames du cardinal. Une joyeuse équipe composée de Marie-Anne, Neox, Steven, Baptiste-aux-poches-pleines et Nastassia était encore dans sa réalité parallèle à l’heure où pointaient les laudes.

Séance de MARDI 27/06/2023 à Servel

Le 27 juin 1905 l’équipage du cuirassé Potemkine se mutine lors de manoeuvres au large de Kherson, refusant de manger de la viande avariée. Malgré des tentatives de la marine impériale russe, il repart d’Odessa pour aboutir dix jours plus tard dans un port roumain où l’équipage demande l’asile tandis que la marine récupérera son navire endommagé.

Table 1, dite « Préparation inmangeable » : Marc, Nastassia, Xel et François-René jouent aux Charlatans de Belcastel, (avec ou sans extension, je ne sais). Ils sont repartis contents de leur partie, même Nastassia qui a eu la main un peu lourde avec les ingrédients mis dans son chaudron qui lui a pété au visage plus d’une fois. C’est Xel, habile à accomoder les restes, qui l’a emporté avec une stratégie « je mets tout ce qui me tombe sous la main dans ma tambouille ». Elle score 26 PV juste devant F-R avec 23, Marc et Nastassia étant nettement derrière. En fin de soirée ils ont été vus jouer à The Crew (bien dans le thème de la soirée)

Table 2, dite « Navigation à rebondissements » : N’ayant pu recruter d’autre joueur, c’est en face-à-face qu’Olive et Dom se plongent dans Maracaibo. Le jeu n’est pas sans rappeler Great Western Trail du même auteur, avec le parcours à un rythme variable d’un circuit (nautique à travers les Antilles) où on active le lieu où on s’arrête tout en développant son plateau individuel. Ici il est encore plus ouvert avec la possibilité d’avancer lentement ou vite, l’importance d’un tableau de cartes qui va venir soutenir la stratégie choisie et quatre axes de développement (les combats, l’exploration, les quêtes et les espions). On peut avoir l’impression de jouer dans son coin mais l’interaction indirecte est importante et il y a un vrai aspect « course ». Pour ce premier essai Olive prend progressivement de l’avance en PV tout en développant son influence auprès des trois nations et partant loin dans l’exploration de la jungle. Dom achète de nombreuses cartes et cherche à les utiliser pour augmenter son revenu (en argent et en PV) de fin de manche ; mais il est pris de vitesse par Olive qui met fin prématurément à la troisième manche. Au décompte final l’avance de ce dernier fond progressivement et débouche sur une courte victoire 185 à 172 de Dom.

Séance de VENDREDI 23/06/2023 à Servel

Le 23 juin 1959, un souffle au cœur arrachait Boris Vian à notre monde. Son époque est lointaine désormais, mais la lecture de ses aventures intemporelles continue de fasciner les générations. 64 ans plus tard, à Parties Civiles, on n’oublia pas de lui rendre hommage.

Boris Vian - Les thèmes BD - BDTheque.com

Table 1, dite « La saveur de la mort » : retour triomphal de Black orchestra sous la houlette de Mickaël qui convainc sans peine deux nouveaux adeptes amateurs de sensations fortes, Thomas et Olivier L., et le déjà convaincu François. Mais voici qu’arrivent du diable vauvert Dom et François-René. Le premier prend place pour les règles, le second se morfond d’avoir laissé passer son tour, mais François lui cède la place, pressentant en lui un futur militant convaincu, ce qui s’avèrera vrai, et évitant une potentielle mésalliance ludique entre les nouveaux venus. Ainsi constitué, le quatuor réussira à tuer Hitler, grâce à Thomas et un jet à quatre cibles, succédant à l’infortuné Mickaël, auteur d’un jet à 0 cible.

Je voudrais pas crever Non monsieur non madame Avant d’avoir tâté Le goût qui me tourmente Le goût qu’est le plus fort Je voudrais pas crever Avant d’avoir goûté La saveur de la mort..
(Je voudrais pas crever, recueil de poèmes)

Table 2, dite « Vraiment du vol » : Pas besoin d’être riche pour être heureux: voici la morale que tirera Tristan de sa victoire à The great Zimbabwe. Adrianne, elle, termina fort riche mais défaite, trahie par sa bonté à l’égard du fourbe qui, minaudant à qui mieux-mieux, avait bien caché son jeu et profita d’un objectif facile. Baptiste, troisième larron, n’y put rien non plus.

– Ah! dit Colin. Combien vous dois-je ?
– c’est très cher, dit le marchand. Vous devriez m’assommer et partir sans payer…
– Oh! dit Colin, je suis trop fatigué …
– Alors, c’est deux doublezons, dit le marchand. Colin tira son portefeuille.
– Vous savez, dit le marchand, c’est vraiment du vol.
– ça m’est égal … dit Colin d’une voix morte.
(L’écume des jours)

Table 3, dite « Une autre vie » : à Cascadia Jack emporte une partie étirée de lenteurs avec 91, devant Olivier B., 88, Xel, 84, et Fred, 75. Jack lâche alors l’affaire, et les rescapés enchaînent ensuite un Splendor que Xel, plongée dans les souvenirs, s’adjuge avec 15, devançant Olivier, 14 et Fred, 9.

Il n’y a pas de souvenirs, c’est une autre vie revécue avec une autre personnalité qui résulte pour partie de ces souvenirs eux-mêmes.
On n’inverse pas le sens du temps à moins de vivre les yeux fermés, les oreilles sourdes.

(L’herbe rouge)

Table 4, dite « Jamais fuir » : François entame avec courage le pacte faustien conclu avec Dom sur Innovation. Laminé dans une première partie (6 à 2) où son adversaire réussit l’exploit de faire deux dominations thématiques dans le même tour, il ne se défile pas et remet le couvert, faisant meilleure figure dans la deuxième où il s’incline quand même (6 à 4).

Un homme digne de ce nom ne fuit jamais. Fuir, c’est bon pour les robinets.
(Les bâtisseurs d’empire)

Table 5, dite « Ils se contentent de mots » : rien de mieux pour conclure la soirée qu’un bon vieux  Codenames. Prennent place autour de la table les Rouges (Adrianne, Dom, François) et les Bleus (Xel, Fred, Tristan).

  • Rouges 1-0 : une victoire homérique malgré quatre blancs découverts et une Marine 4 énigmatique (Tableau, Fond, Plage, Raie), grâce à l’imprudence du maître-espion des Bleus sur l’indice Coiffeur 2, qui envoie direct son équipe sur Raie, le dernier mot rouge à découvrir !
  • Rouges 2-0 : les Bleus touchent l’assassin Marche que les Rouges ont doctement évité sur l’indice Politique 2 (Droite, Guide) !
Vous savez, dit Angel, en général, on ne sait rien.
Et les gens qui devraient savoir, même, c’est-à-dire ceux qui savent manipuler les idées, les triturer, et les présenter de telle sorte qu’ils s’imaginent avoir une pensée originale ne renouvellent jamais leur fond de choses à triturer, de sorte que leur mode d’expression est toujours de vingt ans en avance sur la matière de cette expression. Il résulte de ceci qu’on ne peut rien apprendre avec eux parce qu’ils se contentent de mots.
(L’automne à Pékin)

Séance de MARDI 20/06/2023 à Servel

À Nuremberg, le 20 juin 1492, quelques semaines avant la découverte du Nouveau Monde par les Européens, le cartographe et navigateur Martin Behaïm achève la réalisation du premier globe terrestre, d’un diamètre de 50 centimètres, est aujourd’hui conservé dans sa ville natale. La rotondité de la Terre, mise en évidence deux mille ans plus tôt, ne fait alors de doute pour personne. Il faudra néanmoins attendre un demi-siècle de plus pour comprendre avec Copernic qu’elle tourne autour du Soleil et n’est qu’une planète parmi d’autres.

Quelques années plus tard, à Parties Civiles, on refaisait le monde.

Table 1, dite « Nordique » : à The thing Xel, Marie-Anne,  Nastassia, Thomas, François-René sont plongés dans l’univers du célèbre film de John Carpenter en Antarctique, où un groupe de chercheurs américains fait la découverte d’un corps enfoui dans la neige depuis plus de 100 000 ans. La créature reprend vie une fois décongelée, et elle commence à assimiler et imiter les autres organismes vivants. C’est Xel qui incarnait la chose, et la victoire des humains fut au rendez-vous.

Table 2, dite « Dominicaine » : Flavien et François défient Dom à La gloire de Rome et, dès le premier tour, Flavien et Dom prennent la taille Patron en recrutant un artisan. Flavien combotte si bien qu’il remplit ses stocks et multiplie les actions gratuites. Cette chance du débutant sera couronnée de l’infortune d’une troisième place, par faute d’une chambre forte bien vide. Dom, qui a réussi à y placer trois morceaux de marbre au dernier tour, l’emporte 26 à 24 devant François. Une seconde partie s’impose derechef, qui voit sa domination prendre un tour impérial, 37 à 24 cette fois-ci, pour le même podium. Ils enchaînent ensuite sur un Mot malin et sont couronés du bon score collectif de 20/25 !

Table 3, dite « Mystique » : On termine par  la fusion des deux tables à Fiesta de los muertos dont le thème macabre n’exclut pas la rigolade, surtout quand Neox pointe sa fraise pour s’y encanailler en fin de partie.

Séance de VENDREDI 16/06/2023 à Servel

Au matin du 16 juin 1976, une série de manifestations menées par des élèves noirs de l’enseignement public secondaire éclate à Soweto, en Afrique du Sud, pour protester contre l’introduction de l’afrikaans comme langue officielle d’enseignement à égalité avec l’anglais dans les écoles locales. Pour disperser la foule, la police tire à balles réelles, causant au moins 23 morts. On estime que 20 000 élèves ont participé à ces émeutes, et entre 176 et 700 personnes ont été tuées au total par les forces de police. Le 16 juin est devenu en 1994 un jour férié en tant que fête de la jeunesse, et depuis 1991, la journée de l’enfant africain est organisée chaque année le 16 juin sur tout le continent africain, en souvenir du massacre des enfants à Soweto.

L’association de l’afrikaans à l’apartheid avait incité les noirs d’Afrique du Sud à préférer l’anglais, langue internationale, y compris dans les bantoustans où l’anglais avait le statut de langue officielle au côté des langues autochtones. Le décret de 1974 était destiné à renverser le déclin de l’apprentissage et de l’utilisation de l’afrikaans dans la jeune population noire et de se conformer à l’obligation constitutionnelle (faite également aux écoles blanches) de prodiguer un enseignement dans les langues anglaises et afrikaans. Pour le justifier, le vice-ministre de l’Éducation bantoue déclara « Pourquoi devrions-nous commencer maintenant à se quereller à propos de la langue d’enseignement pour les personnes de race noire ? Non, je ne les ai pas consultés et je ne vais pas les consulter. J’ai consulté la Constitution de la République d’Afrique du Sud ».

La répercussion médiatique internationale du soulèvement de Soweto, ainsi que sa répression, est à l’origine de l’adoption par l’ONU en 1977, d’un embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Afrique du Sud. Les émeutes ont aussi des répercussions économiques, affectant le rand sud-africain et amorçant un début de boycott  à la fois politique et économique qui culminera au milieu des années 1980. À aucun moment, les gouvernements sud-africains n’arriveront à restaurer la stabilité politique et sociale qu’avait connu le pays jusqu’alors.

47 ans plus tard, à Parties Civiles, on parlait en toutes les langues.

Table 1, dite « Victime expiatoire » : La bête personnifiée par Tomas se fait débusquer à l’issue d’une longue traque, menée par Baptiste, Marie-Anne et Benjamin.

Table 2, dite « Justice en noir » : L’équipe habituelle de Batman (Xel, Fabrice, Samuel, Steven) engrange une nouvelle victoire.

Table 3, dite « Stärker zusammen » : déjà 5 ans que Black orchestra n’était sorti sur nos tables. Et voici que Mickaël en apporte la version traduite en français,  attirant Frank et François dans un projet au long cours : un complot contre Hitler. Ballotés au gré des événements, interrogés et arrêtés par la  Gestapo plus souvent qu’à leur tour, nos trois ennemis de l’intérieur (deux de la Wechmacht et un de l’Abwer) ont fomenté moult projets, tous entre les mains de Dietrich Bonhoeffer, un pasteur luthérien, théologien, essayiste et résistant au nazisme (joué par François), mais qui s’évanouissaient régulièrement, faute de remplir les conditions nécessaires, ou à cause de la puissance du Fûhrer. A l’aube de l’année 7, celle de tous les dangers, la cause semble perdue. Mais il existe une fenêtre de tir : un des complots permet de viser Hitler après un de ces déplacements, c’est une opportunité à ne pas manquer, car, nous le pressentons, un seul complot sera tenté, et, comme lors de la partie inaugurale de 2018, il fut réussi avec une chance insolente, 4 cibles tirées aux dés sur 4 (probabilité de 1/81 calcule aussitôt Frank) !

Table 4, dite « Un lion en été » : François-René, Jérôme, Olivier B et Armand continuent leur campagne au long cours à Gloomhaven : jaws of the lion. Le scénario 8 se signe par une nouvelle victoire.

Table 5, dite « Grains de victoire » : Après plusieurs parties récentes de Great Western Trail, Marc propose à Tristan, Christophe et Dom de varier les plaisir en découvrant la variante « Argentine« , l’autre pays du bœuf. L’essentiel des mécanismes et des règles est toujours là, on parcourt la piste menant à Buenos Aires en recrutant des personnages (gaucho, charpentier ou machiniste ferroviaire) et on fait face à une grande variété de choix stratégiques et tactiques dans ce jeu où une seule tuile apparue sur votre chemin peut vous faire couiner amèrement (ils se reconnaîtront). Parmi les nouveautés, en avançant sa locomotive on s’ouvre la possibilité de raccourcis qui permettent de parcourir bien plus vite la piste. L’autre changement est le remplacement des nuisances (terrains hostiles, bandits, indiens et autres incidents de parcours) par des paysans qui vous taxent au passage mais sauront vous récompenser en pesos si vous les aidez, et l’ajout d’une ressource « grain » qui permet de gagner sous ou PV au moment de la livraison de son troupeau, avec un aspect « tempo » à bien maîtriser, des bateaux prennent le large à des moments clés.
Marc ouvre la partie par un coup de maître : plutôt que classiquement commencer par recruter un perso, il a analysé la position des bâtiments et a noté que, moyennant une bonne main de départ, il y a moyen de faire une livraison précoce qui rapportera assez pour recruter dans la foulée deux persos. Il mène une partie de haut vol et récolte des points de façon équilibrée, il l’emporte avec 120 PV. Dom, avec un manque chronique d’argent, a un bon cheptel et a fait des placements de disques rentables dans les ports mais a un peu négligé sa loco et les gares, il suit avec 112 PV. Xof multiplie les livraisons mais travaille peu la génétique bovine, son troupeau reste faible et il score 100 PV. Tristan (qui n’avait joué à aucune version du jeu) hésite entre une stratégie Bâtiments et Cultivateurs et sa loco a subi quelques croc-en-rails. Il finit avec 90 PV mais on sent qu’il n’en restera pas là.

Table 6, dite « Morts pour une cause » : Après une soiré haletante, le divertissant Fiesta de lors muertes fait office de défouloir, mais la partie fur menée gentiment et les dérives sémantiques restèrent globalement maîtrisées, à l’exception du dérapage incontrôlé qui vit Tromblon devenir Carton. La coupable a été condamnée à lire une pile de BD, le tromblon étant par exemple manié dans Léonard par le personnage éponyme pour punir son disciple, dans les aventures de Picsou quand celui-ci parle de ses aventures de chercheur d’or au Klondike, et dans Achille Talon.

Séance de MARDI 13/06/2023 à Servel

https://www.pointdevue.fr//storage/images/article_900/2023/01/GettyImages-475598101FWE0pt7WCw.jpgLe 13 juin 313, l’empereur Constantin promulgue l’édit de tolérance de Milan par lequel il légalise le christianisme. C’est un retournement spectaculaire après la « Grande Persécution » inaugurée dix ans plus tôt par les tétrarques Dioclétien et Galère. Dans le même temps où il décentralisait l’administration de l’empire, Dioclétien éprouvait la nécessité de renforcer sa cohésion culturelle et politique. Son règne est marqué par de violentes persécutions contre les communautés chrétiennes qui refusent de sacrifier au culte impérial.

L’édit de Milan se singularise par le fait qu’il introduit un élément nouveau dans la société romaine : la liberté religieuse. Jusque-là, la religion était affaire de communauté et d’identité ethnique. On suivait la religion de ses ancêtres et de son groupe. L’édit de Milan reconnaît à chaque individu la faculté de suivre la religion de son choix. C’est un changement radical de paradigme d’autant qu’il lève par ailleurs les interdits qui pèsent sur la communauté des chrétiens. Les Églises locales se voient restituer les biens confisqués, même lorsqu’ils ont été vendus à des particuliers.

Dès lors, tout change. Le christianisme rassemble à cette date un dixième à peine de la population de l’empire romain (cinquante millions d’habitants). Il est surtout présent en Asie mineure (actuelle Turquie) et en Afrique du Nord. Né dans les classes populaires, il gagne de plus en plus la faveur des classes supérieures et des élites intellectuelles et urbaines. Fort de la protection impériale, il va prendre son essor et s’imposer en quelques décennies comme la seule religion officielle de l’empire.

Dix-sept siècles après, à Parties Civiles, chacun avait en liberté choisi de suivre son culte.

Table 1, dite « Un empereur » : Thomas attire dans ses rets Flavien et Benjamin pour un amical Brass : Birmingham. Les novices y firent bonne impression, surtout Flavien (181), qui manqua de peu l’affront suprême de mater le maître (Thomas, 198), à un classique où, avec 112, Benjamin se cherche encore. La soirée vire alors à la correction à Red 7, Thomas infligeant un historique 35-0-0 aux impétrants.

Table 2, dite « Deux impératrices » : Ark Nova est choix osé pour un mardi, surtout à 4, mais, Xel, Marc, François et Nastassia bravent les pendules et se lancent, après un rappel de règles administré façon puzzle par Nastassia. Marc, sans affoler le chronomètre, prend rapidement la tête sur la piste d’attrait tandis que Xel joue ses tours en 15 secondes faute d’animaux adéquats, que François patine sur la piste de conservation, et que Nastassia construit méthodiquement son zoo, réussissant l’exploit de remplir au final toutes les zones constructibles (récompense de 7 PC à la clé). Passées les matines, le suspense règne encore sur la fin de partie que déclenche le joueur qui fait se croiser les pistes. C’est Nastassia qui s’y colle et se voit vainqueure. Mais, in cauda venenum, par le truchement des points de fin de partie, elle se voit rejointe à +17, et même devancée par Xel au départage (3 projets conservation à 2) ! Derrière les deux impératrices, Marc fait bonne figure (+14) quand François paie son décollage tardif (-11).

Séance de MARDI 06/06/2023 à Servel

Et cette belle soirée printanière, un débarquement de cinq ludopathes a été remarqué en baie de Lannion, non loin de Servel.

Table 1, dite « Le jour le plus long » : Marie-Anne, Thomas, Xel, Benjamin et Nastassia s’essaient d’abord à une enquête de Bureau of investigation – qui est, rappelons-le, une sorte de Sherlock à la sauce Cthulu, en moins fouillé dans les attendus des réponses aux questions. Un joli méli-mélo de déductions se traduisit par le score honorable de 4/7. La soirée était déjà avancée, mais ce n’était qu’un début : ils jouent ensuite à Red 7, la nouvelle star des mardis, que Xel s’octroie après des manches interminables et sur épuisement de la pioche, car elle n’avait atteint que 26 des 30 points requis.

Séance de VENDREDI 02/06/2023 à Servel

Il paraît que le dernier couple de grand pingouin (Pinguinus impennis) a été tué le 2 juin 1844 sur son dernier refuge, l’ilôt d’Eldey proche de l’Islande. En plus c’était à la demande de musées d’histoire naturelle qui voulaient chacun avoir leur spécimen naturalisé. Méditons sur cette histoire absurde et tournons-nous vers la ménagerie réunie en ce vendredi quasi estival, un temps à ne pas mettre un pingouin dehors.

Table 1, dite « Fauve » : Le cri/grondement de La Bête résonne de nouveau à Servel, poussé par un Mickaël traqué par Thomas en lieutenant de louvèterie limite sadique, Marie-Anne, Frank et Paul (des enfants maintentant, c’est du beau !). Malgré son expérience, Mickaël prend un mauvais départ la première année et en tendant l’oreille on pourrait entendre des ricanements autour de la table. Mais il parvient à rétablir admirablement la situation et échappe à la nasse jusqu’à la dernière année. Là, une brume bienvenue désoriente ses poursuivants; avec 22 victimes et 3 jetons restants, il arrache un match nul très méritoire. Ils jouent ensuite à Trio, petit jeu de cartes d’origine japonaise (comme Scout apprécié récemment), dans différentes configurations.

Table 2, dite « Lion » : La campagne de Gloomhaven les mâchoires du Lion se poursuit pour F-R, Armand, OlivierB et Jérôme. C’était leur sixième scénario et ils ont affronté des choses peu ragoûtantes comme des stalactites gluantes. Mais le collectif est solide et ils ont même récupéré un Jérôme un peu trop généreux dans l’effort qui s’est effondré avant la fin des combats. Armand passe son personnage au niveau 3, en route vers de nouvelles aventures.

Table 3, dite « Dragon » : A la demande de Tristan qui y jouait dans sa jeunesse, l’Année du Dragon revient sur les tables. Autour de lui : Fred, Xof et VHN. Le barbu, comme souvent, fait d’emblée des choix stratégiques marqués : il achète immédiatement un parchemin rapportant 2 PV par tour (bientôt imité par Fred) puis investit dans les lettrés qui, au milieu de la partie, lui rapportent 6 PV s’il active leur action (et qu’on le laisse faire !). Autant dire que Fred et lui prennent une belle avance sur la piste de score mais c’est au détriment de leurs personnages, ce jeu impose toujours de choisir sa punition. En face Dom est plus industrieux, construisant ses palais et veillant à ne pas perdre trop de personnages avec l’enchaînement de calamités, renonçant au passage aux points des feux d’artifice. Xof qui découvre le jeu cherche la voie (petit clin d’oeil aux tintinophiles).  En fin de partie Dom et Xof sont devant pour l’ordre du tour et peuvent choisir les actions optimales pour eux. Le décompte final est l’occasion pour Dom de faire carton plein avec 20 PV pour ses persos et 9 pour ses bouddhas. Tristan est un point devant Fred au score et se réjouit jusqu’à ce que Fred réalise qu’il n’a pas décompté ses ressources+yuan restants. Il grappille deux points et l’emporte avec 97 PV devant Tristan 96, Dom 92 et Xof 83.

Le jeu de Stefan Feld étant relativement court, les mêmes installent un Innovation en mode « par équipe » (Tristan+Fred contre Xof+Dom). La condition de victoire la plus probable est qu’une paire accumule 6 Dominations. La partie débute par de belles séries de comptabilisations grâce à Métallurgie pour Fred et grâce à Rames pour Dom. Ainsi les premières dominations partent vite, deux pour chacun. Ensuite quelques dogmes de Suprématie viennent chambouler tout ça, Dom fait parler la Poudre et invoque le code des Pirates, Tristan siphonne l’influence avec Navigation et Fred nettoie l’influence avec Vaccination. Cela n’empêche pas Dom, avec un coup de pouce de l’Agriculture, de dominer les âges 5 et 6. A quatre joueurs les piles centrales se vident vite et on est déjà à l’âge 8. Dom achève de décaler à droite ses cinq couleurs (5e domination) et dans la foulée croit même qu’en décalant une couleur vers le haut il révèle la troisième icône Tour qui lui donnera la domination « 3 exemplaires de chaque icône ». Mais non, le changement de décalage masque aussi une Tour, ce n’est que partie remise et à 5-2 la messe semble dite. Sauf que Tristan met en jeu « Banlieues chics » qu’il est seul à exécuter, il a le plus de Pommiers malgré un tableau faiblard. Il archive les six cartes de sa main ce qui lui permet de comptabiliser six « 10 » ! le voilà en tête sur l’influence malgré la tentative de Christophe de la réduire. Il ne reste plus à Fred qu’à piocher 2 cartes pour que la pile des 10 soit épuisée. Le gagnant est alors le joueur avec la plus grosse influence : mon collègue rédacteur footophile dirait que c’est une victoire contre le cours du jeu, je dirais que c’est une illustration de plus des rebondissements et de la variété des expériences que procure ce jeu où rien n’est jamais perdu™.

Table 4, dite « Ruminants » : Alors que plusieurs tables se sont constituées, un quarteron de joueurs en semi-retraite (Samuel, Xel, François et Flavien) hésite sur la voie à suivre. Lorgnant sur le sac de Samuel, François repère le rarement sorti Boonlake (d’A. Pfister) et on s’accorde pour un jeu avec de nouvelles règles, format moyen-facile, nous dit-on. Ce n’est pourtant pas un divertissement pour les Mickeys : il sera passé minuit quand les feux de la table s’éteindront, après une explication de règles filandreuse sortie du plus loin de la mémoire de son propriétaire, et une bonne flopée de tours de jeux. Nous voici propulsés en un groupe de pionniers qui ont délaissé la civilisation pour s’établir à Boon Lake, une région habité des humains mais il y a fort longtemps.

Cette région inexplorée nous voit explorer les paysages, construire des maisons et des établissements, élever du bétail, produire des matières premières et développer des infrastructures. Last but not least, il y a des bateaux, qui franchissent des barrages, déclenchant à chaque fois un décompte intermédiaire. Le tour de jeu consiste à choisir un groupe d’action, qui est suivi d’une ou plusieurs actions que font à la suite les autres joueurs. L’action donne droit à un déplacement du bateau d’autant plus lointain que l’action est haut dans la pile : mais une fois jouée, elle descend en dernière position, et ne devient accessible immédiatement qu’au prix d’une lourde pénalité. Samuel est premier joueur, et Flavien s’insurge de ce mécanisme qui le mettra perpétuellement en bonne position pour choisir les meilleures options. Samuel réfute: il n’y a pas de mauvais choix, et en effet, les possibilités de scorer sont multiples, et demandent une attention soutenue à qui veut optimiser sa stratégie, surtout s’il prend en compte la réalisation des objectifs de décompte, au mécanisme retors (on gagne 1/2/3/4 PV en les réalisant, selon le décompte, mais on en perd autant en les échouant). Chacun choisit sa stratégie : les cartes pour Flavien, les constructions et le bétail pour François, les pistes d’argent et de cartes pour Samuel, et..un peu de tout pour Xel. Au final, Samuel, longtemps en retard, franchit la rivière en tête avec 135 PV, bien aidé par des cartes de fin de partie. François le talonne avec 120, avec de beaux villages et un cheptel lucratif, et réalise l’exploit d’accomplir le quatrième objectif. Flavien culmine à 115, avec un gigantesque étalage de cartes mais une mince présence sur le terrain. Xel, à 93, ferme la marche.