Séance de VENDREDI 12/05/2023 à Servel

FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1976. Bayern Münich vs Saint-Etienne.Le 12 mai 1976, les Verts de Saint-Étienne échouaient en finale de la Coupe d’Europe (0-1), victimes par deux fois des fameux poteaux carrés de Glasgow. Ils furent à leur retour célébrés comme des vainqueurs, à l’époque où, à la fin, les allemands gagnaient souvent.

47 ans après, certains joueurs de Parties Civiles en gardent un souvenir ému. Et pour d’autres, la soirée prit un tour tout aussi cruel.

Table 1, dite « Ils ont tout tenté » : Face à La bête (Thomas), Xel, Armand François-René et Mickaël ont joué de malchance, pariant sur les mauvaises villes, et se sont fait balader dans les grandes largeurs.

Table 2, dite « Carrément techno » : premier opus de Beyond the sun – Frank s’y impose avec 69 après avoir créé un empire technologique, devançant Fred (57) et Baptiste-au-poil-ras (46).

Table 3, dite « Cruelle » : à Peloponnes Tristan se protégea contre la peste, manœuvre avisée qui lui permit de préserver ses troupes et s’octroyer la victoire (30). Olivier L (18) et François (14) ont à leur dépens pris la mesure des pièges de ce jeu allemand toujours aussi cruel. Ils enchaînent avec Infarkt, encore plus cruel mais tchèque, où les joueurs jouent avec leur santé. Olivier disparut le premier, emporté par le diabète, puis François fit une dépression fatale.

Table 4, dite « Mort à l’arrivée » : les protagonistes de la table 1 accueillent finalement le mort-vivant Olivier pour un Sub Terra. Une idée fatale, car ils succombèrent.

Séance de MARDI 09/05/2023 à Servel

undefinedSon collaborateur et ami Jean Monnet lui a fait part de l’urgente nécessité pour la France de se faire un allié de l’Allemagne et rédige un projet destiné à initier une fédération européenne. Ayant fait accepter le projet en un temps record par les ministres des Affaires économiques du Royaume-Uni, des trois pays du Benelux et de l’Italie réunis dans le plus grand secret à Paris le 8 mai 1950, puis par Konrad Adenauer, auprès de qui il a dépêché un émissaire spécial, et enfin par le gouvernement Bidault en conseil des ministres le 9 mai, Robert Schuman concrétise l’initiative en proposant par sa déclaration du 9 mai 1950, de placer la production franco-allemande du charbon et de l’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. Le plan Schuman entraîne la signature du traité de Paris le 18 avril 1951 qui crée la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), origine de l’Union Européenne.

73 ans après, à Parties Civiles, ils étaient 6, comme les pays fondateurs de la CECA et de l’UE (France, RFA, Italie, et les trois du Benelux).

Table 1, dite « Unis dans la diversité » : deux jeux anglais et un éventreur pour cette soirée Européenne, comme un souvenir et peut-être un avenir, et voici Thomas, grand inquisiteur de Lettres de Whitechapel, qui fait deux victimes expiatoires coup sur coup: Xel, dès la première nuit, puis Nastassia, la deuxième nuit. Marie-Anne, Benjamin et Olive ont admiré de loin l’artiste, qui proposa ensuite un petit Scout pour se remettre de ses émotions.

Séance de VENDREDI 05/05/2023 à Servel

COCO CHANEL SMOKING C'S SCREENPRINT — michi broussardLe 5.5.1921, Coco Chanel lançait son célèbre parfum, N°5. Mais 20 ans plus tard, profitant de la confusion et des lois antisémites, elle tente de récupérer la marque, car la célèbre fragrance dont elle ne détient les droits qu’à hauteur de 10 % est en fait la propriété d’une famille juive, les Wertheimer. Le 5 mai 1941, elle réclame donc aux autorités allemandes la propriété des Parfums Chanel, assurant qu’« ils sont toujours la propriété de Juifs » et qu’ils ont été légalement « abandonnés » par leurs propriétaires (les Wertheimer étant alors réfugiés aux États-Unis). Elle fait valoir un « droit indiscutable de priorité », et demande « réparation pour les préjudices subis pendant ces dix-sept années ». Cependant cette demande n’aboutira pas, Coco Chanel ignorant que les Wertheimer, anticipant les lois nazies, ont fait passer légalement le contrôle des Parfums Chanel entre les mains de leur ami Félix Amiot, qui le leur rendra après la guerre. Coco Channel ferme sa maison dès la déclaration de guerre et licencie ses 4000 couturières, et se réfugie à Lausanne après la libération. En 1954, âgée de 71 ans, Chanel acceptera de rouvrir sa maison sur l’insistance de ses commanditaires, les frères Wertheimer, qu’elle avait tenté de déposséder pendant l’Occupation et qui comptent sur sa présence pour relancer la vente des parfums. Elle renoue avec la création mais sa première collection est mal accueillie, car elle s’inscrit à contre-courant du style de Christian Dior, qui domine alors la mode.

5 tables en ce 5 mai pour Parties Civiles, et une sixième pour la route !

Table 1, dite « Occupation lucrative » : Voyage lointain dans l’univers de Super Motherload où des aventuriers en goguette en mal de conquêtes spatiales embauchent des pilotes pour de lucratives sessions d’extractions de minerais (au rendement évidemment négatif au vu du faramineux bilan carbone du trajet, mais c’est une autre histoire). Les minerais servent à recruter des pilotes toujours plus puissants, lancés dans une course sans fin à l’extractivisme forcené, et qui doivent aussi prendre garde à ne pas défricher des territoires trop près de futures richesses pour les concurrents. C’est la frustration de ce jeu : la montée d’adrénaline produite par la récupération d’un minerai est vite annihilée par la découverte du voisin que l’on a permise, et, c’est bien connu, l’herbe est plus verte ailleurs (ici, ce serait plutôt : le métal est plus brillant chez mon adversaire). A ce subtil jeu d’équilibre entre satisfaction immédiate et frustration larvée, Marie-Anne tire fort bien son épingle du jeu et l’emporte avec 48 ! Thomas la talonne (40), suivi de Gilles (35) et François (30).

Table 2, dite « Parfum de sueur » : Olivier B., Armand, Jérôme et F-R repartent en campagne à Gloomhaven jaws of the lion – une partie gagnée, non sans mal à leurs dires, dans les larmes et la sueur.

Table 3, dite « L’armée des ombres » : à Batman Shadow of the bat l’armée des ombres, composée depuis quelques semaines de Xel, Olivier L., Steven et Fabrice, concède une mort aussi rapide à vivre qu’à écrire.

Table 4, dite « Allemand et cruel » : Tristan invite Mickaël, Frank, Paul et Dom à découvrir Peloponnes. Œuvre du modérément connu Bernd Eisenstein, c’est clairement un jeu allemand : matériel simple et moche, règles simples et cruelles. On pourrait croire qu’il date du milieu des années 90 mais non, il est de 2009. Il s’agit de développer sa cité antique en maintenant un équilibre entre sa population (qu’il faut nourrir 3 fois dans la partie) et les points de victoire des tuiles Territoire que l’on achète aux enchères au début de chaque tour (et si on n’a pas été attentif, on peut devoir défausser aussitôt la tuile chèrement payée !). A la fin, c’est le score le plus faible sur ces deux critères qui est retenu. Ajoutez des calamités diverses qui arrivent on n’est jamais sûr quand et vous obtenez un jeu rapide mais punitif, certaines situations sont non rattrapables et certains ont bien couiné. Dans la première partie, la chance des débutants a joué à plein et Mickaël s’impose avec 27 PV devant Paul 24, suivent Tristan 20, Dom 15 et Frank 3 (don’t ask !). Nouvelle configuration après le départ du binôme père-fils : Dom est motivé par rejouer pour, selon ses mots « profiter des enseignements de la partie précédente ». Il enchaîne une série d’achats à contre-temps et perd quasiment toutes ses tuiles : il finit avec 2 quand les autres en sont à 7 ou 8. Une fois encore, Mickaël démontre sa maîtrise en scorant 25 PV devant Tristan 16 et Dom 5.

Table 5, dite « Victimes de la mode » : Encore une expédition spatiale à cette table, où Marc déballe une luxueuse édition de Terraforming Mars au matériel aussi clinquant qu’un défilé de Coco Chanel – attirant dans sa quête Baptiste-au-poil-ras. Il est 20h41 quand les deux compères s’installent. Il sera 1h24 quand ils la quitteront, Baptiste l’emportant 107 à 92 au terme du défilé de navettes le plus long de l’histoire.

Table 6, dite « Nez enrhumés, bouches déformées » : en matière de parfum, le nez est l’organe essentiel, et si, à Fiesta de los muertos, il n’est pas inutile d’en avoir, il faut aussi des bouches bien formées. A ce petit jeu de fin de soirée, chacun reçoit un personnage à faire deviner et inscrit un indice. L’indice seul passera ensuite par trois autres joueurs, et il s’agira d’appairer l’indice final (qui pourra avoir subi quelques déformations) et les personnages. La palme de la déformation reviendra sans doute à Dumbledore (directeur de l’école de sorcellerie Poudlard dans Harry Potter), qui sera affublé successivement des indices Sorcier – Marabout – Afrique – Sahara, ce dernier laissant notre brochette de joueurs perplexes ! Au final, c’est surtout le rire qui déforma les bouches des protagonistes, le plus souvent hilares devant les choix baroques qui leur furent proposés.

Séance de MARDI 02/05/2023 à Servel

Leonardo Da Vinci - Paul Baker Cartoons and CaricaturesAussi surprenant que cela paraisse aujourd’hui, ce n’est pas comme peintre que Léonard est en son temps célèbre, mais comme organisateur de fêtes. Il déploie son génie d’inventeur pour développer des machines et mettre en place des spectacles inédits. Disparu le 2 mai 1519, par son génie, il symbolise la Renaissance italienne sans avoir reçu de formation poussée et connaissant mal les œuvres antiques. Le nombre de tableaux qui lui sont attribués avec certitude se compte sur les doigts des deux mains. Il a projeté de rédiger 120 traités sur les sujets les plus divers, sans jamais en écrire un seul.

504 ans plus tard, inventeurs et voyageurs rejoignaient une soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Un incendie et un naufrage » : Thomas, représentant officiel de Mr. Wallace, arrive avec sa malette chargée de Brass et Londres. S’ensuit un conciliabule sur leurs mérites et longueurs respectifs et l’équipe opte pour le successeur en mode VF (comme son nom le suggère) de London, plus adapté pour un mardi.  Entre London et Londres, le code a changé, un peu, mais l’esprit de l’incendie de 1666 demeure. Si Xel et François s’y retrouvent, Benjamin découvre le jeu et y fait belle figure, maîtrisant l’économie particulière qui lui est propre, faite de livres sterling qu’il s’agit de préserver, et de pauvres qu’il convient d’éviter. Thomas a pris la première carte quartier, celle qui fait gagner, et enchaîne les combos avec maestria. Xel maîtrise sa collection de pauvres, et faillit l’emporter, terminant à 38, derrière Thomas (43) : il lui a manqué une pièce pour pouvoir acheter la carte à 7 PV qui l’aurait faite gagner. Benjamin (30) complète ce fier podium, dont François chute après avoir bien progressé sur la piste de score,  mais terminant à -18 à l’heure du décompte final, après avoir écopé d’un malus de fin de partie monstrueux de -56 (-14 PV d’emprunts non remboursés et -42 PV de pauvres surnuméraires). Il fut la victime d’une déroute financière prématurée (et ce n’est pas faute d’avoir entendu Thomas dire et redire qu’il y avait peu de cartes qui rapportaient des livres à l’âge C), et de choix stratégiques pathétiquement mauvais.

Table 2, dite « Voyageurs au long cours » : à la table des Ruines perdues de Narak, Nastassia fait belle impression, terminant avec 54, à une encâblure d’Olive (57) et un mouillage de Marc (64), qui éclaboussa la partie de sa classe, dirent ses adversaires.

Table 3, dite « Scientifiques à l’appel » : un Red 7 haletant conclut cette soirée, et son issue fut indécise. La sècheresse du score final (Nastassia/Xel 38, François 8, Benjamin 8, Thomas 0) reflète mal l’intensité de manches toujours tendues, et notamment de la dernière où François se voyait l’emporter sans coup férir avec une longue de cartes vertes parachevant une lignée de cartes paires, avant que d’être surpris par un ultime coup de Jarnac du binôme bicéphale, qui réussit à infléchir le cours par une suite providentielle.

Séance de VENDREDI 28/04/2023 à Servel

Jacques Dutronc est né il y a 80 ans, le 28 avril 1943. C’est donc un enfant de la guerre et non pas un boomer. Parisien installé de longue date en Corse, il a mené de front une carrière de chanteur (ses principaux succès ayant été composés sur moins de dix ans dans sa jeunesse, souvent sur des textes de Jacques Lanzmann) et d’acteur (couronnée par un César pour son rôle dans Van Gogh, il a aussi failli jouer dans les Aventuriers de l’arche perdue). Mais place aux play-boys de Parties Civiles, arrivés à toute berzingue (à vélo) : il est vingt heures, Servel s’éveille.

Table 1, dite « Opium (chanson 1987, avec Bambou) » : Excursion sur les routes de la soie avec les Voyages de Marco Polo pour OlivierB (pouvoir de Matteo Polo : dé blanc supplémentaire + 1 contrat par manche), François (Berke Khan : ne paie pas s’il utilise un emplacement occupé) et Dom (Rashid : choisit la valeur de ses dés plutôt que les lancer). Bien sûr chacun s’est plaint à un moment qu’un personnage adverse était surpuissant, c’est tout le sel de ce jeu ! François a choisi de filer comme un chameau de course jusqu’à Beijing mais sans prendre le temps de se placer dans les villes intermédiaires. Olivier peste quand il ne peut pas faire une action par manque de sous. Dom accumule contrat sur contrat (il en scorera 9) mais tarde à arriver à des villes avec des pouvoirs intéressants, il voit à chaque manche ses adversaires toucher 5 sous mais pas lui. A la dernière manche, un enchaînement ajusté au quart de poil de chameau lui permet de convertir 6 poivres + 6 chameaux en 12 PV sous le regard atterré des autres. La révélation des cartes objectifs produit des gains de points comparables, tous ont relié 2 ou 3 villes mais au total bien peu de comptoirs ont été posés. Une fois la poussière retombée et les voyageurs reposés au caravansérail, la piste de score affiche 77 PV pour Dom, 56 pour François et 48 pour Olivier qui réalise à ce moment qu’il a oublié de prendre son contrat gratuit au début de chaque manche.

Table 2, dite « L’aventurier (chanson 1974) » : Xel, Xof, Neox et F-R découvrent un Sub Terra 2 flambant neuf. C’est le cas de le dire puisque cette fois les explorateurs souterrains sont dans les entrailles d’un volcan. De l’avis général le jeu a bien plu et est suffisamment différent du premier opus. Xof a pas mal pratiqué le bouche-à-bouche mais cela n’a pas empêché une issue fatale. A la dernière minute, ils étaient dans la dernière salle, ils avaient l’artefact en main quand le volcan a explosé, entraînant une défaite collective. On ne négocie pas les lois de la géologie.

Table 3, dite « Les victimes (film 1995) » : Conquis par la partie de la semaine précédente, Thomas et Mickaël rejouent deux fois à la Bête dans une configuration 1 contre 1. Dans la première, Mickaël dévoile efficacement l’identité de la Bête-Thomas. La seconde est beaucoup plus serrée : parti du nord-ouest, la Bête-Mickaël parcourt le sud du Gévaudan en le garnissant de victimes. Au début de la troisième année, il tente un bluff alors qu’il aurait pu attendre l’automne et l’hiver, saisons dont le mauvais temps lui est favorable. Mal lui en prit, la puissance de l’analyse de Thomas et sa tactique de la « T’naille » lui font capturer deux jetons d’identité en un tour, il met fin aux agissements de la Bête qui échoue à cinq victimes du but.

Table finale dite « J’comprends pas (chanson 1974) » : Les six restants (Mickaël, François, F-R, Thomas, Xel, Dom), tous fort expérimentés, disputent un Codenames vespéral sur la boîte officielle aux mots plus ou moins inspirés. La première manche (Dom vs. François) est du grand n’importe quoi : l’un annonce Lumineux ce qui envoie sur Rayon, l’autre annonce Chef alors que le mot est présent sur la grille ! (pénalité implacable : fin du tour et l’autre équipe révèle un de ses mots). Les mots blancs se multiplient sur la grille alors que les Bleus ont du mal à décoder des indices comme « Rugbyman 2 ». Le maitre-espion Rouge se demande comment guider son équipe vers les derniers mots (malgré Chef ils ne veulent pas aller sur Indien et en plus il y a un Patron parasite qui traîne encore) : Einstein 2 révèle Génie mais pas Bureau (… des brevets de Zürich). Twist final, l’indice Télé 4 combiné à un reliquat de Rugbyman envoie les Bleus sur une Couverture assassine, mettant fin à cette manche foutraque.

Deuxième partie plus classique où les Rouges gagnent à la régulière avec des indices solides comme Tabouret 2 (Siège, Piano) et Alamo 2 (Fort, New-York) tandis que Phare 2 suscite de longs débats (Lumière mais ensuite Géant ? ou Code à cause des feux de croisement ? ou New-York mais non la statue de la Liberté n’est pas un phare destiné à la navigation et sa torche n’est pas lumineuse). En face les Bleus ont tourné (en rond) autour de la ruralité avec des indices comme Campagnard et Terroir.

Dans la dernière manche, malgré le joli Blanche-Neige 4 (Pomme, Poison, Visage, pas Château comme l’ont fait remarquer les Disneyphiles -c’est celui de la Belle au bois dormant- mais Danse pas facile à trouver) face à un Charles III 3 jugé légal (Roi, Londres, Canada et là encore pas Château malgré Windsor), les Rouges finissent pas associer Centre à Elevage 3 (et non pas Poison malgré les excédents d’azote des installations industrielles) et par l’emporter 3 à 0.

Séance de MARDI 25/04/2023 à Servel

Ruban de 35 km autour de Paris, jalonné de 148 ponts, 23 tunnels, 6 échangeurs autoroutiers et emprunté par plus d’un million de véhicules chaque jour, le périphériue fut inauguré le 25 avril 1973, salué par le premier ministre comme un «succès» pour la circulation parisienne et pour la sécurité.« Il s’agit d’un ouvrage bien intégré dans l’ensemble du paysage parisien», se félicite le chef du gouvernement de Georges Pompidou. Depuis, le «périph» est aussi apparu comme une fracture visible entre la capitale et sa banlieue. Avec ses embouteillages, la pollution et le bruit qui en font la bête noire de la mairie de Paris, l’autoroute urbaine la plus empruntée d’Europe n’a pas fini d’écrire son histoire.

50 ans plus tard, nul besoin de périphérique ni de rocade pour rejoindre la soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Patrouilles en ville » : François invite Xel et Marie-Anne à une balade new-yorkaise avec P.I. Une partie où nos enquêteurs de choc mèneront la danse avec maestria pour conclure sur un sommet inégalé : Xel et François terminent à 17 et sont déclarés vainqueurs, étant aussi à égalité sur tous les critères de départage, et Marie-Anne finissant à un bloc (15), le tout sans aucune pénalité : certainement le score collectif le plus élevé de l’histoire de ce jeu !

Table 2, dite « Roue dans roue » : Vincent et Dom s’installent pour jouer à Innovation, ils joueront deux parties très différentes. Dans la première, Vincent récupère rapidement deux Dominations spéciales, dont une avec Maçonnerie qui le fait bénéficier tôt d’un tableau à cinq couleurs. Dom domine l’âge 1 avec Agriculture, carte rapidement recouverte par l’utilisation répétée de Mathématiques qui l’amène à piocher des 5, bien en avance sur Vincent, mais dont il ne fera pas grand chose d’utile. Il parvient toutefois à continuer à marquer de l’influence et domine encore les âges 2 à 4. Un petit coup de Vaccination, il perd 12 points et ne scorera plus de la partie (Vincent quant à lui a brièvement eu un 4 rapidement chipé par son adversaire). Configuration étonnante alors où les deux sont figés à 4 Dominations à 3, montent jusqu’à l’âge 9, ont un tableau bien développé (conséquence d’un usage généreux de Expérimentation par Vincent) et bien décalé mais ne parviennent qu’à se disputer sans succès la Domination spéciale « 3 icônes de chaque », il manque 1 Pommier à Vincent et 1 Château à Dom et le bon décalage ne veut pas venir. Vincent finit par mettre en jeu une des cartes qui permet d’activer un dogme de coopération sans le partager. Il utilise Collaboration « Si vous avez au moins 10 cartes vertes vous gagnez », il en a 11 et l’emporte ainsi immédiatement.

Physionomie très différente pour la revanche : grâce à Tissage, Vincent domine l’âge 1. Ensuite Dom parvient à comptabiliser régulièrement des points et chipe les cartes en main de Vincent avec Construction. Il domine ainsi les âges 2 à 4. Une arrivée opportune de la Poudre qui garnit son influence et un petit coup de pouce de Vincent qui lui met en jeu une 5 lui donnent l’âge 5. Avec 5 Dominations à 1 il ne restait plus qu’à parvenir à jouer une 6 pour que Dom plie la partie.

Table 3, dite « Dans un tunnel d’asteroîdes » : à la table de Space race, Arakis s’impose avec 2005, devant Matthieu, 2004, et Jakez, resté coincé au XX ième siècle (1996).

Table 4, dite « Sur la route » : sur la route semée d’embûches d’Almanac, Neox s’impose en douceur (230), devant François-René (207), Nastassia (201), et laissant loin derrière l’infortuné Mickaêl (166) musarder en chemin.

Table 5, dite « Covoiturage » : un Mot malin conclut cette soirée festive, avec trois parties qui seront créditées de deux résultats « Excellents » (24 et 23) et un « Bon » (20), sur 25 possibles en mode expert. On a frôlé la perfection mais Hobbit (Trésor, Jeune) ne fut pas trouvé, pas plus que Némo (Armure, Pieuvre). A l’inverse quelques téléspectateurs nostalgiques ont bien identifié Nathalie Simon (Carte, Trésor). La soupe eut du mal à trouver son public avec (Plat, Moustache), et pourtant, c’est bien connu, une soupe sans sel c’est comme un baiser sans moustache.

Séance de VENDREDI 21/04/2023 à Servel

Table 1, dite « Gévaudan qui saigne » : Mickaël fait découvrir à Thomas, Jérôme, OlivierB et VHN La Bête, un jeu en mode « 1 contre n » qui n’est pas sans rappeler les Lettres de Whitechapel. Ici c’est dans le centre de la France au XVIIIe siècle qu’une bande d’enquêteurs cherche à identifier qui attaque depuis un moment les habitants au point de créer une vraie psychose qui déstabilise le pouvoir royal. Pour la Bête c’est une course de vitesse, elle doit faire 25 victimes sachant que plus le temps passe, plus les troupes royales déployées protègent de villages. Son principal atout est sa mobilité et aussi des jetons « Traces » qui lui donnent un pouvoir supplémentaire le temps d’un tour mais que les enquêteurs cherchent à récupérer, entravant là encore progressivement le pouvoir d’action de la Bête. Ajoutons l’arrivée à chaque tour (=saison) d’un événement, favorable aux enquêteurs en printemps/été et à la Bête en automne/hiver où le mauvais temps efface ses traces.

Mickaël qui connaissait le jeu enfila le costume poilu de la Bête pour rapidement déchanter. Parti du nord du territoire, ses deux premières attaques furent bloquées par un positionnement heureux des enquêteurs sur place. Elle descendit progressivement vers le sud, accumulant les victimes mais aussi perdant progressivement ses jetons Traces et osant peu utiliser leur pouvoir. Face à elle se déployait la stratégie implacable préconisée par le sergent-chef Thomas : « la t’naille ». L’hiver de la seconde année força la Bête à revenir en arrière vers un territoire peu sûr pour elle et dès le printemps suivant son identité était confirmée : c’était le Diable et sur cette révélation les enquêteurs l’emportaient et le calme pouvait revenir au Gévaudan.

La fin de soirée enchaîne deux jeux de cartes : Scout d’abord, toujours intéressant et où Thomas l’emporte avec 32 PV devant Mickaël 30. Red 7 ensuite, avec moins de joueurs et dont l’issue n’a pas été précisée.

Table 2, dite « Navigator et à travers » : Tristan attire Baptiste2 et BenjaminG dans une partie de Navegador. Nous ne serions pas surpris s’il les avait mangés tous crus.

Table 3, dite « Cylon jouait ? » : Grand retour de BattleStar Galactica avec Steven, F-R, Xel, Marie-Anne, OlivierL. On nous a brouillé l’écoute et aucun CR n’est parvenu sur terre.

Séance de VENDREDI 11/04/2023 à Servel

undefinedLe 11 avril 1828, l’entreprise générale des omnibus crée à Paris de premières lignes de transport public à l’époque par des voitures à chevaux (hippomobiles).  Alors que le seul moyen pour se déplacer est le fiacre, le préfet de police de Paris l’autorise à exploiter une entreprise de voitures destinées à « transporter à bas prix les habitants de certains points de la ville à d’autres points également fixés et en suivant des itinéraires fixés par la ville », avec au plus dix lignes et cent voitures. La première ligne à itinéraire fixe exploitée allait de la rue de Lancry à la Madeleine et à la Bastille. Elle était desservie par une voiture à chevaux partant tous les quarts d’heure qui pouvait transporter jusqu’à quatorze personnes. L’arrêt était fait à la demande et le prix de la course, 25 cts, modique. Entre le 11 avril et le 15 octobre 1828, l’EGO transporta plus de deux millions et demi de voyageurs. En 1854, dernière année de fonctionnement de ces compagnies, elles transportèrent 30 millions de voyageurs.

Quelques 195 ans plus tard, tous les moyens de locomotion étaient mis à contribution à Parties Civiles.

Table 1, dite « à pieds » : Jérôme, François-René, Olivier B et Armand entament une campagne de Gloomhaven jaws of the lion – et ils le font bien : leurs trois premiers scénarios sont couronnés d’autant de succès.

Table 2, dite « en train » : grand retour de Great Western trial qui vit une partie homérique où Dom peina longtemps à recoller les wagons sur la piste de la locomotive, avant d’y faire un retour fulgurant, favorisé par des recrutements massifs de machinistes. Avec 120, il conclut une partie brillante, la victoire à une vache près, c’est le cas de le dire : celle que Mickaël avait dans sa main pour la dernière vente, qui lui donna accès au marché de New York et ses 9 PV de carte objectif. Avec 128, sa victoire est méritée tant il caracola en tête sur la ligne de chemin de fer, et sut imposer sa loi en construisant des bâtiments à péage, notamment un juste avant le marché, et juste avant que ses concurrents n’y arrivent. Xof, 92, fit belle figure au milieu de ce choc de titans, alors que François (48) sombra, peu aidé par des mains de vaches malchanceuses, et des choix de placements peu attractifs.

Table 3, dite « en cape » : réussite et échec se sont invités à la table de Batman shadow of the bat, qui fut pour Steven, Xel, Olivier L et Fabrice, une belle partie de détente en mode coopératif.

Table 4, dite « en canoë » : à Barrage, victoire implacable d’Arakis (113), devant les débutants Baptiste (58) et Marc (56), et l’initié Olive (40, mais en progrès, selon ses dires).

Séance de MARDI 11/04/2023 à Servel

Table 1, dite « Vélo fatal » : C’est non pas une mais deux volontaires (ou victimes ?) qui se présentent pour découvrir Innovation : Marie-Anne et Nastassia. Elles sont en de bonnes mains, accueillies par Xel et VHN dans une configuration 2 vs. 2 en équipes. Après la présentation des règles et des différentes façons de gagner et de mettre fin à la partie, les cartes sont lâchées. Dom ouvre d’une façon que François ne renierait pas en jouant Agriculture qui, seul à en bénéficier, lui donne deux premières dominations. Pas en reste, Xel puis Nastassia s’approprient rapidement et habilement les dominations Diplomatie et Technologie. Cette dernière est rapidement à la tête d’un tableau bien garni face à ceux riquiqui de Xel et Dom. Marie-Anne qui domine sur les ampoules a du mal à transformer son tableau en actions utiles, que ce soit pour scorer ou pour nuire aux autres. Xel rogne les ailes de Dom mais la Poudre du bougre lui permet de récupérer deux autres dominations au détriment du jeu de Xel qui n’avait pas tourné la page des châteaux.

La mise en jeu de Vaccination par celle-ci fige temporairement la partie en vidant l’influence de la paire Nastassia/Dom. Marie-Anne parvient à 24 points d’influence, un supplice de Tantale puisqu’il en faudrait 25 pour dominer l’âge 5. Des cartes puissantes de niveau 7 et 8 entrent en jeu, dont la Bicyclette (« échangez toutes les cartes de votre main avec celles de votre influence ») posée discrètement par Dom (who else ?). Nastassia neutralise la carte de Marie-Anne qui l’aurait neutralisée et suite à ce une-deux, Dom se retrouve avec 27 points d’influence, suffisamment pour s’approprier la sixième domination qui donne la victoire à son équipe. Nous écrivions dans notre précédent CR à propos de ce jeu « une première expérience qui mèle toujours en des proportions variables griserie, fascination, tournis, perplexité et dépit ». On en verra probablement une rejouer à Innovation mais la seconde a juré qu’on ne l’y prendrait plus.

Table 2, dite « Vaisseau spatial » : Les piliers de salle Olive et Marc découvrent Circadiens Premières Lueurs, cela tombe bien il est jugé best with two. Jeu de gestion et de planification de la famille qui fait chauffer les neurones et où les dés sont des ouvriers qui activent des actions. En plus ici une dimension programmation car chacun choisit secrètement leur ordre d’utilisation (mais sans mécanisme de compensation en cas de mauvais lancer). Au fait de quoi ça parle ? on est loin dans l’espace et le futur et les joueurs prennent contact avec des civilisations humanoïdes sur une planète lointaine dont les richesses font envie (cela ressemble un peu au XVIe siècle sauf qu’il ne semble pas prévu d’exterminer les natifs du lieu). Chaque joueur débute avec une aptitude asymétrique et il y a une course aux bonus : pas question comme parfois de prendre son temps à construire un moteur puissant avant d’aller chercher des PV. Voici un procès-verbal tout frais sorti de la machine à écrire d’Olive :

C’est un jeu du compère de Shemp PHILIPPS, S.J MACDONALD; on nous propose ici de partir à la découverte d’une planète et de races Aliens. Chaque joueur dispose d’une base où secrètement nous allons programmer l’ensemble des actions que nous allons réaliser par la suite (et ceci par 8 fois). Nos ouvriers sont des dès, nous démarrons avec trois et pourrons au maximum en avoir cinq actifs lors d’une manche.
Pour ce qui est de la programmation nous avons deux zones sur nos plateaux personnels, les garages pour envoyer nos agents sur des plateaux actions, et des fermes pour la production d’une partie des ressources. Les joueurs ont à leur disposition 9 plateaux pour placer leurs ouvriers mais les places sont limitées et chères. Il  y a des zones de fortes interactions. Le système de scoring est sympathique surtout sur l’accord de bonus / malus sur le plateau Alien. Chaque joueur choisi en début de jeu un personnage qui donne de l’asymétrie et des bonus  avantageux pour tous. Le côté programmation peut entrainer une certaine paralysis analysis. Les neurones chauffent, que du bonheur. C’est Marc qui l’emporte pour sa partie de découverte, 75 PV à 70 pour Olive.

Séance de VENDREDI 07/04/2023 à Servel

Les Requests for comments (RFC), littéralement « demandes de commentaires », sont une série numérotée de documents décrivant les aspects et spécifications techniques d’Internet.  Les premières RFC concernaient le réseau ARPANET, utilisant le protocole de communication Network Control Protocol (NCP), et les financements publics de la DARPA. La première RFC, intitulée « Logiciel hôte », a été publiée le 7 avril 1969 par Steve Crocker, un ingénieur de UCLA. On y trouve déjà les principes collaboratifs d’Internet, à l’exemple de cette phrase, qui clôt l’introduction de la RFC 1 :  » Très peu de ce qui suit est ferme et les réactions sont attendues ».

54 ans plus tard, les rédacteurs de Parties Civiles étaient, comme souvent, à la recherche de commentaires croustillants sur les parties jouées, une quête rarement couronnée de succès, il faut bien le dire.

Table 1, dite « I’m Being Attacked by PRISONER.IANA.ORG! (RFC 6305) » : Jeff, Gilles et Tristan s’affrontent à Lockup – c’est le dernier cité qui s’impose dans l’univers glauque d’une prison, au bout d’une rigolade aussi intense qu’une orangeade.

Table 2, dite « All victims together (RFC 967) » : de cette partie de Batman Shadow of the bat on retiendra la déconfiture des protagonistes (Fabrice, Steven, Olivier L), mis en déroute par la fuite de Mr Freeze.

Table 3, dite « Discard Protocol (RFC 863) » : réussite à Cthulu Death may die malgré deux morts (Jérôme et François-René), mais Olivier B et Armand ont réussi de justesse à renvoyer le grand ancien Hastur à ses chères études.

Table 4, dite « Gigabit network economics and paradigm shifts (RFC 1216) » : un Barrage avec deux tours sans eau, c’est incongru mais il paraît qu’il faudra s’habituer à ce changement de paradigme, nous disent les experts. Arakis (83) réussit à déjouer cette contrainte, quand Fred (61), Samuel (40) et Olive (38) n’ont pas su renouveler leurs énergies.

Table 5, dite « Congestion Control Principles (RFC 2914) » : le trop méconnu Mythotopia, un Wallace fort bien tourné, fait en Marie-Anne (50) une nouvelle adepte, qui apprend visite, talonnant le maître Thomas (51), titulaire d’une carte décisive lui interdisant d’être mis en joue dans deux conflits, carte qui fut la clé pour contrôler la congestion finale sur la piste de score. François (49), longtemps en tête, complète ce tiercé serré comme un mouchoir de poche.

Table 6, dite « Frequently Asked Questions for Schools (RFC 1941) » : après un renoncement la semaine dernière faute de juge-arbitre agréé, Shogun no Katana fait son entrée dans la grande confrérie de nos jeux sous la houlette de Baptiste. Celui-ci terminera, selon ses mots, « invaincu dans la défaite », titre qu’il partage avec Xel. En haut du podium, Mickaël confectionna les meilleurs sabres en achetant des litres de laque, et gagne le droit d’aller enseigner sa nouvelle science dans les écoles.

Table 7, dite « Not issued (RFC 5314) » : en fin de soirée, les deux cadavres de table 3 tentent de ressusciter à Summoner wars – ils en gardent un souvenir exquis, sans aller jusqu’à le faire partager;