Séance de MARDI 07/04/2026 à Servel

François Xavier naît le 7 avril 1506 dans une famille noble du royaume de Navarre, situé à cheval sur les Pyrénées occidentales. C’est une période troublée car la Castille l’annexe en 1512 ; son père meurt et les possessions familiales sont saisies. François, le plus jeune des fils, part étudier à Paris où il reste onze ans, commençant à y enseigner. Mais il a fait des rencontres déterminantes dont Ignace de Loyola, plus âgé, et décide pour une carrière religieuse. Il est prêtre en 1537, cofonde en 1539 la société de Jésus et se retrouve envoyé comme missionnaire par le roi du Portugal vers ses récentes possessions de l’océan Indien. Certes il y a un évêque à Goa mais la religion n’est pas au cœur des préoccupations locales. Xavier tente d’évangéliser à la fois les portugais et les populations vivant le long de la côte, fondant des églises, catéchisant les enfants et consacrant du temps aux malades dans les hôpitaux. Il se demande s’il vaut mieux cibler les notables (à valeur d’exemple et pouvant utiliser leur influence) ou bien les masses -question toujours d’actualité sur d’autres sujets- et finit par vouloir aller plus loin. En 1845 il part à l’est et poursuit son action quelques années aux Moluques, les précieuses îles aux épices. Ayant rencontré un japonais et fasciné par le pays, il l’atteint en 1549 mais s’il reçoit un accueil poli son action se heurte à une interdiction de la conversion au christianisme. De plus la langue est un obstacle et beaucoup pratiquent déjà des rites bouddhiques ou shinto. Revenu à Goa en 1552 c’est en Chine qu’il décide de repartir mais il oublie sa lettre d’introduction officielle et se retrouve contraint de continuer à l’économie ; il tombe malade et meurt fin 1552 dans une petite île en face de la côte du Guangdong. Son corps est exhumé et ramené à Goa en 1554 ; divers morceaux en sont démontés dont l’avant-bras qui finit à l’église du Gesù de Rome, sa principale église jésuite. 520 ans plus tard, c’est plus vers les Amériques et le Moyen-Orient qu’on pérégrina.

Table 1, dite « Evangéliste » : Jean-Baptiste, Benjamin, Corentin et François2 se lancent dans un Tzolk’in sous la houlette du premier qui leur enseigne les principes d’un des plus anciens jeux de l’association. L’expérience et la vision du jeu de l’ex-Président, nourri aux galettes de maïs hyperprotéinées, se reflète sur la feuille de score qu’il domine avec 65 PV devant François 41, Corentin 40 et Benjamin un peu moins.

Table 2, dite « Pérégrinations » : Jeux à deux pour Olive et VHN qui commencent par deux parties de Watergate (comme journalistes et Nixon respectivement) assez différentes. Dans la première Nixon se bat pour les marqueurs Opinion (s’il en gagne 5 il gagne) mais néglige un peu le tableau des informateurs où Olive contourne le blocage initial. Dans la dernière manche les deux camps peuvent remplir leur condition de victoire mais Olive manque de chance et ne peut obtenir un dernier jeton Preuve jaune. Le même est beaucoup plus agressif sur les deux marqueurs Opinion et Initiative dans la seconde partie, au point qu’Olive joue presque toujours le premier (avec l’avantage d’une carte en main de plus). Arrivés à 4-4 en Opinion, Dom neutralise les trois derniers informateurs en une manche, Olive n’a plus de possibilité de jeu sur le tableau des preuves et doit concéder. Ils finissent avec un Five Tribes où Olive prend un départ canon dans la collection de ressources pendant que Dom multiplie les Djinns. Au décompte Olive accumule les points avec les meeples jaunes et blancs mais Dom a un écart de 31 PV sur les ressources, il finit en tête avec 223 à 199.

Séance de VENDREDI 10/03/2023 à Servel

Le 11 mars 2011 à 5 h 46 UTC avait lieu le plus important séisme mesuré au Japon. Son épicentre se situe à 300 km au nord-est de Tokyo. Le séisme a entraîné un arrêt automatique des réacteurs en service de la centrale nucléaire de Fukushima, la perte accidentelle de l’alimentation électrique et le déclenchement des groupes électrogènes. L’observation d’émissions de xénon, avant même la première dépressurisation volontaire du premier  réacteur, indique des dommages structurels probables dans la partie nucléaire des installations immédiatement après le séisme.

51 minutes plus tard, un tsunami provoqué par le tremblement de terre aborde la côte orientale. La vague atteint une hauteur de 30 m par endroits (15 m à la hauteur de la centrale), parcourant jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres, ravageant 600 km de côtes et détruisant partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires. À la suite du tsunami, des groupes électrogènes de secours sont tombés en panne. Des débris ont pu obstruer des prises d’eau. Ces défaillances, couplées à plusieurs erreurs humaines, ont causé l’arrêt des systèmes de refroidissement de secours des réacteurs nucléaires ainsi que ceux des piscines de désactivation des combustibles irradiés. Le défaut de refroidissement des réacteurs a induit la fusion totale du cœur d’au moins deux réacteurs nucléaires puis d’importants rejets radioactifs.

Une BD très documentée fait le récit de la catastrophe, qui fut exposée il y a quelques temps à la médiathèque de Lannion.

12 ans après (heure de Chicago), un tsunami de joueurs en fusion envahissait une brûlante soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Chronique d’une mort annoncée » : Ghost stories se solde en général par la déconfiture des joueurs, prêtres taoïstes qui ont la dure mission de protéger le village de l’armée des ombres qui se prépare à l’envahir. Une fois encore, Xel, Jérôme et Baptiste se sont fait rattraper par les fantômes.

Table 2, dite « Le monde du silence » : c’est, grâce à Dom (inspiré par la fin du confinement en Chine ?), le grand retour de L’année du dragon qui n’avait plus été aperçu sur nos tables depuis 5 longues années. Un jeu où il s’agit d’échapper à une série de catastrophes (épidémie, famine, guerre…) où il ne manque que l’accident nucléaire, et qui s’enchaînent au long des 12 mois de l’année du dragon. La planification est essentielle car ces événements sont connus à l’avance, mais les moyens de s’en prémunir dépendent fortement des serviteurs que l’on recrute à raison d’un nouveau chaque mois, et d’un ordre du tour qui peut déjouer les plans les mieux établis. Dom fait rapidement la course en tête, et se trouve plus souvent qu’à son tour premier joueur, ce qui lui permet de contrarier les plans de s’en adversaire, et il ne s’en cache même pas, faisant partie de ces joueurs qui commentent le cheminement de leur propre pensée. Mais il commet à la fin du printemps une erreur de débutant, qui lui impose de licencier des serviteurs sans cause réelle ni sérieuse, ce qui lui coutera certainement une victoire promise (on saluera à l’occasion son fair-play: il ne demanda aucun rollback). De son côté, François, après un départ poussif, fomente en silence, l’été venu, un plan à triple détente : recruter un artificier, un médecin, et, surtout, deux bouddhas qui lui apporteront 12 PV. Avec 97, il engrange une victoire de prestige devant Dom (89).  Quant à Thomas, 83, frappé par le délabrement de ses temples, et Evan, 72, victime d’une stratégie insuffisamment diversifiée (il termine avec 7 fusées !), ils n’en peuvent mais.

Table 3, dite « Équilibre de la terreur  » : Twilight Struggle n’en finit plus de faire des émules, et c’est Frank la victime du jour, américain trop tendre face à Mickaël, un soviétique déterminé et tout à son rêve d’empire.

Table 4, dite « Énergie renouvelable » : Fred, François-René, Olivier B et Neox se lancent à la poursuite d’un corps étranger à Alien et voient leur quête aboutir, comme toujours depuis qu’ils l’entreprennent, soulignent-ils. Enhardis, ils se  lancent ensuite dans Heat, où François-René fut le plus intrépide des vainqueurs, et Fred le plus timoré des vaincus.

Table 5, dite « Tsunami mortel  » : un Sub Terra récupère des joueurs issus de tables éparses comme Thomas, Fred et François-René, parmi lesquels 2 seuls sur 6 échappèrent à la noyade collective d’un tsunami mortel.

DefaultTable 6, dite « Alerte rouge » : Dom propose à François de découvrir Watergate et reçoit une réponse teintée de l’enthousiaste du débutant, aussitôt attaché aux basques de Nixon en prenant la tête des journalistes avides de pousser le Président dans ses derniers retranchements. Il faut à un mouvement de pouvoir relier Nixon à deux témoins, ce qui aurait scellé sa victoire, mais la carte promise n’arriva jamais. Des on côté, Nixon alignait les pions rouges en faisant usage de la force brute que lui donnaient des cartes puissantes de conspirateurs, qu’il utilisa pour leur force, stratégie permise par le dévoilement précoce des témoins par l’équipe des journalistes, qui fut probablement la clé du jeu. Lors de la manche décisive, il fallait une carte de force 3 à Dom pour poser son cinquième pion rouge synonyme de victoire, et il en avait une de force 4 dans sa manche. Voilà qui donne envie de lire Les hommes du Président du duo Bernstein/ Woodward à l’origine de l’enquête qui fit tomber le 37ième Président  (on conseillera au lecteur à la recherche d’actualités plus récentes le Peur du même Woodward sur la présidence N°45, celle de Trump). Notons enfin que le titre français de l’ouvrage des journalistes du Washington Post masque, exemple parfait d’un « Lost in translation« , l’emprunt du titre anglais (« All the President’s men« ) à la célèbre comptine Humpty Dumpty, qui se présente souvent comme une énigme, dont la solution est « un œuf » (représentation classique de Humpty Dumpty)… ou un Président de la première puissance mondiale :

Humpty Dumpty sat on a wall.
Humpty Dumpty had a great fall.
All the king’s horses and all the king’s men
Couldn’t put Humpty together again.

Table 7, dite « Sous les flots » : Le monde de Narak voit Eve (76) atteindre la première le temple au grand dam de Marc (60), laissé à mille lieues de Venise, seul dans le désert d’où retentissent les rugissements du lion.

Table 8, dite « Communications abouties  » : en fin de soirée, on sort Mot malin où Xel, Gilles et Jérôme signent le score collectif de 17/25, qualifié d’excellent. Votre chroniqueur assista en fin de partie à la méprise d’un joueur qui s’était trompé de case, mais le mot qu’il avait choisi pour Indice (Spaghetti) entrait en étrange résonance avec celui de la case visée : Pelle / Élastique.

Table 9, dite « Dérives continentales » : pendant que les tablées entières dérivaient par continents vers ses gâteaux maison, Marie-Anne était embarquée dans un Kepler 3042 qu’elle perdit (38), devançant de peu Alex (37). Plus loin sur la table de marque, Benjamin (51) s’impose face à Samuel (48).