Séance de MARDI 30/05/2023 à Servel

Les notes télégraphiques envoyées en morse par Xel :

Table unique, dite « Unique » : Nastassia, Benjamin, Gilles, Armand, Flavien, Xel + Neox en PNJ jouent à Not alone avec Gilles en mode ‘je me fais rouler dessus’ puis initiation à Room 25 : les gardiens Gilles et Armand l’emportent (la mise en place n’est pas garantie)

Séance de VENDREDI 26/05/2023 à Servel

Le 26 mai 1993, l’Olympique de Marseille remportait la finale de Ligue des champions grâce au coup de tête de Boli et offrait au football français la première Coupe d’Europe de son histoire.

De Marseille, il fut question 30 ans plus tard à Parties Civiles, comme ce récit en témoigne.

Table 1, dite « Terre promise » : pour le grand retour de Neox, on papote, puis le Sub Terra 2 qu’il avait promis envoie tous les protagonistes (il y avait aussi Xel, Mickaël, Xof et Tristan) six pieds sous terre. Pour se remettre ils sont allés voir le dernier joujou du président (qui fonctionne avec du lithium extrait sous terre).

Table 2, dite « A jamais les premiers » : Arakis sort Titan – jeu imposant qui met vraiment dans l’ambiance avec son dispositif imposant : on s’y croirait presque, à extraire les ressources des entrailles du satellite de Saturne. Pour cette grande première sur nos tables, nous sommes dans le futur, l’humanité continue à envahir l’univers et à l’exploiter. Elle se prépare à s’étendre hors du système solaire devenu trop étriqué pour son développement et un gigantesque anneau-cité a été déployé autour de Titan et des corporations minières mandatées afin d’exploiter les faramineux gisements en étendant leur réseau de forages et de bâtiments. Les joueurs doivent s’y répandre comme la vérole sur le bas clergé et se remplir les soutes. Mais ils devront composer avec les autres humains avides et surtout avec le tholins, polluant, qui colle aux cales et qui ne rapporte que des ennuis. Belle découverte de ce jeu très pur (pas de dé ni de cartes ni de hasard ni d’asymétrie, un mécanisme universel mais qu’il s’agit de bien appréhender), qui voit longtemps François prendre la tête, mais c’est une illusion car il s’est lesté de tholins au passage et culmine à 93. En tête, un duel de titans oppose Arakis à Flavien et le score final les voit tous deux à 116 alors que le sparnassien s’apprêtait à sabrer le champagne de la victoire ! Mais c’est finalement Arakis qui l’emporte au départage, avec un tube de plus restant sur son plateau !

KS le 17/09] Titan - Discutons projets participatifs - Tric Trac

Table 3, dite « Duel au sommet » : Fred et Dom, arrivés tard, décident de découvrir Splendor Duel. En fait le jeu original est tout à fait potable à deux mais les lois du marché sont ainsi faites. Co-autoré par le maître autoproclamé Bruno Cathala, le jeu garde la mécanique de son parent : achat de cartes avec des jetons de couleur, la plupart des cartes fournissant un jeton permanent pour les achats suivants ; jeton or joker permettant de réserver une carte etc. Les nouveautés vont dans deux directions :

  • des options plus riches : 3 conditions de victoire au lieu de 1 avec l’ajout de couronnes sur certaines cartes et la possibilité de faire une « longue » dans une couleur. Une façon plus compliquée de prendre les jetons qui sont déposés sur une grille où il faut prendre une ligne de 3 jetons adjacents ; une fois dépensés ils finissent  dans un sac et c’est une action de jeu spéciale qui les replace sur la grille.
  • plus d’interaction et de gestion du tempo avec la possibilité de voler un jeton à l’adversaire, d’aller chercher un jeton supplémentaire au début de son tour ou bien de rejouer (déjà vu dans 7 Wonders Duel du même) et encore la décision de quand regarnir la grille avec les jetons du sac.

Dans la première partie, le marché de cartes initiales regorge de cartes rouges avec des valeurs intéressantes. Dom les construit méthodiquement et atteint les 10 points de la victoire que Fred avait un peu perdus de vue. Dans la seconde, Fred prend de l’avance sur les couronnes mais on retrouve la course aux points du Splendor original et Dom l’emporte par 21 à 16.

Table 4, dite « Campagne au long cours » : François-René, Jérôme, Olivier B et Armand continuent leur campagne ua long cours à Gloomhaven : jaws of the lion. Encore un peu de suspense pour savoir si elle sera du même tonneau de Marseille 1993….

Table 5, dite « Marseille for ever » : Table finale de Codenames qui grossit manche après manche, ralliant les joueurs restés : la première manche est efficace, les équipes trouvent leurs mots deux par deux malgré la petite hésitation des Bleus (Xel, F-R, François et Dom) devant l’indice Planeur 2 (Aile et Volant mais pas l’assassin Ficelle). A ce rythme, l’équipe Rouge (Fred, Xof, Jérôme, Mickaël) qui joue en second peut finir un tour plus tôt. On lui doit l’efficace Handisport 2 (Course et Guide). Une fois Course recouvert, Dom tente le tout pour le tout avec Bateau 4 qui révèle bien Vapeur et Pont mais échoue sur la Rivière blanche.
Les Bleus égalisent dans une seconde manche course de lenteur, au point que les maîtres-espions s’interrogent sur ne donner que des indices en 1 : s’ils donnent en 2, les équipes s’arrêtent après un mot ou bien choisissent un mot blanc (nous resterons discrets sur l’indice Champ qui était en fait un mot visible). F-R mouille sa chemise mais son Multiplicaboost 3 (Pion, Fusée, Fils mais pas Bois car le jeu est en plastique) reste incompris.Il finit par lancer un Katioucha 3 qui malgré une orthographe approximative mène sur les 3 mots manquants (Fusée, Eclat, Poste). Le maître-espion défait explique alors avoir été pris de vitesse dans l’hilarité générale.
Pour la manche décisive François évoque ses souvenirs d’enfance avec Marseille 3 (Ville, Club et Huile) ce qui n’empêche pas les Bleus de révéler un mot rouge et de commencer à douter; L’indice Rouge suivant, Tête 2, révèle Chapeau puis après quelques hésitations, l’assassin Rame (c’était Bobine), délivrant François de l’épineuse triangulation qui lui restait (Retenue, Foudre et Cafard).

Table 6, dite « Troisième mi-temps » : Un So clover final emmène au bout de la nuit François-René, Jérôme, Xel et François, qui donna lieu à quelques perplexités sur des indices comme Graisse (Baleine, Sale), Blason (Epée, Paire) ou encore Usain Bolt (Tonnerre, Trophée), mais surtout un énigmatique Alice qui donna lieu à de nombreuses conjectures – c’était (Aventure, Verger). Pour leur part Airbag (Sac, Danger), Lait (Mère, Nourriture) furent découverts sans coup férir.

Séance de MARDI 23/05/2023 à Servel

Jérôme Savonarole — WikipédiaLe 23 mai 1498, Jérôme Savonarole était exécuté à Florence. Ce frère dominicain, prédicateur et réformateur avait pendant 5 ans dirigé un régime théocratique dans la république de Florence. Jeune prêtre, Savonarole prêche contre le luxe, la recherche du profit, la dépravation des puissants et de l’Église, la recherche de la gloire. Il est amené à dénoncer le comportement du pape Alexandre VI qu’il présente comme l’Antéchrist. Ses pamphlets violents contre les Médicis contribuent à l’expulsion de Pierre de Médicis par les Florentins. Savonarole prend le contrôle du gouvernement de la cité. Il rencontre le roi Charles VIII, négocie les conditions de la paix et évite le sac de la ville. Les Florentins sont autorisés à choisir leur propre mode de gouvernement. Le ralliement de Savonarole aux Français en fait un des principaux ennemis des Médicis, mais aussi du pape.

Il institue alors un régime qu’il décrit comme une « République chrétienne et religieuse », déclare Jésus-Christ « roi du peuple florentin ». Son régime comporte des réformes sociales et politiques : il modifie le système d’imposition, abolit la torture, renforce les lois contre l’usure, établit une cour d’appel et un système de secours aux pauvres. Mais il a aussi un aspect moral : il rend la sodomie passible de la peine de mort. Les jeunes adolescents, revêtus de robes blanches, parcourent les rues pour inciter les Florentins à l’aumône et à la charité.

Savonarole et ses partisans élèvent le bûcher des Vanités (7 février 1497). Des jeunes garçons sont envoyés de porte en porte pour collecter tous les objets liés à la « corruption spirituelle » : les miroirs et cosmétiques, les images licencieuses (femmes nues peintes sur les couvercles), les livres non religieux, les jeux, les robes splendides, les livres de poètes jugés immoraux, comme Boccace et Pétrarque. Tout fini brûlé dans un grand bûcher élevé sur la place de la Seigneurie. Des chefs-d’œuvre de l’art florentin de la Renaissance disparaissent ainsi, y compris des peintures de Botticelli, que l’artiste a lui-même apportées.

En 1498, le pape lance un procès d’Inquisition, l’accusant d’hérésie, de prophétisme, de sédition et d’erreur religieuse, mené par les dominicains, l’ordre de Savonarole, comme le veut la tradition. Arrêté, il passe cinquante jours en prison et y subit deux séances de tortures, administrées l’une par la ville de Florence, l’autre par un émissaire spécial du pape. Peu de preuves d’hérésie sont apportées, en dehors du fait qu’il affirme être un prophète parlant sous l’inspiration divine. Il est néanmoins condamné à mort avec deux de ses soutiens. Savonarole avait perdu toute crédibilité depuis qu’il avait refusé de se soumettre à une disputatio que réclamaient ses partisans pour lui permettre de prouver sa bonne foi.

A Parties Civiles, quelques années plus tard, une inquisition et une plongée dans les bas-fonds faisaient écho au destin tragique du frère.

Table 1, dite « Inquisition » : Thomas, Flavien, Armand, Xel, Nastassia et Marie-Anne s’exercent à Bureau of investigation et sa première enquête, « Le visage ». Le résultat brillant de 6 points sur 7 possibles leur sera un motif de vanité éternelle.

Table 2, dite « Bas fonds » : un Sub Terra conclut cette soirée, qui voit une magnifique victoire collective sur la dernière carte du jeu. Même Thomas, longtemps brebis égarée loin du troupeau, se voit tiré sur le tard des affres du purgatoire.

Séance de VENDREDI 19/05/2023 à Servel

Le 19 mai 1635, Richelieu, au nom de la France, déclare la guerre à l’Espagne. La France entre de cette façon dans la guerre de Trente Ans (aussi appelée « la guerre allemande » car elle menaçait son équilibre interne et qu’elle voyait se battre des Allemands dans les deux camps), qui ravage l’Europe depuis 17 ans. Elle va y gagner l’Alsace, prenant le risque d’une invasion espagnole qui n’est évitée que par la victoire de Rocroi, 8 ans plus tard grâce à un général de 22 ans (« le grand Condé »), et sortira grande gagnante de la guerre, comme un prélude au règne de Louis XIV. On s’accorde aujourd’hui sur le chiffre de trois à quatre millions de morts en trente ans pour une population initiale de 17 millions d’habitants.

Les traités de Westphalie qui la terminent en 1648 initient la nécessité d’un équilibre politique « par et dans la pluralité des États », révélant la fin d’un monde et l’établissement progressif d’un nouvel ordre qui met fin à l’idée d’une paix terrestre perpétuelle administrée par un Empire renvoyant à l’idée d’une autorité pastorale. Désormais, les principes d’administration des hommes se baseront  sur le primat de la raison d’État. Ces traités apparaissent donc comme un pivot temporel, seuil de passage d’un ordre autoritaire de type pastoral vers une rationalité politique privilégiant l’État souverain, fondement du droit international moderne.

A Parties Civiles, quelques années plus tard, on enregistra quelques morts dans de vastes contrées.

Eclipse (2011) - Jeu de société - Tric TracTable 1, dite « Retour d’enfer » : L’affaire avait été planifiée : pour son grand retour sur nos tables, le défi lancé par Arakis à Eclipse (le jeu lui aussi est de retour, son apparition sur nos grimoires relevant justement de l’irrégularité des éclipses : deux fois en 9 ans), n’était pas en l’air. Avec 37, il triomphe en conduisant les Plantes, devançant Jeff (29), Olivier B. (27) et Gilles (23).

Table 2, dite « Riche lieu » : à Ark nova on apprend qu’un zoo, sous la houlette de Mickaël, peut être un riche lieu foisonnant d’espèces. Avec +30, il domine sans peine une partie que Xel (-30) et Olivier L. (-21) terminent sur des scores négatifs !

Table 3, dite « Pastorale » : Fred et Dom sont motivés par rejouer à Great Western Trail dont la richesse est loin d’avoir été épuisée, ils récupèrent Baptiste-au-poil-ras comme troisième joueur novice. Au début on se marche un peu sur les pieds, tout le monde veut construire dans les emplacements « forêt ». Dom recrute des machinistes pendant que Fred recrute des vaches et parcourt rapidement la piste qui mène à Kansas City où il fait de lucratives livraisons qu’il transforme en recrutements multiples. Baptiste s’interroge à voix haute sur les multiples choix possibles et empile les tuiles Danger tout en parvenant à faire avancer sa loco au rythme de ses livraisons. Dom accumule tranquillement des Objectifs dont il remplit ensuite méthodiquement les conditions. Il enchaine 3 arrêts dans des gares, à chaque fois y larguant un machiniste en échange de « certificats permanents » qui améliorent la valeur de sa main lors de la livraison au terminal ferroviaire de Kansas City. Il joue un coup vache à Fred la troisième fois : n’ayant pas assez d’argent pour aller chercher la tuile bonus, il s’arrête dans la gare où Fred, suffisamment doté, allait récupérer la tuile et y patiente jusqu’à ce que Fred poursuive son périple pour convertir plus loin son argent en PV à un taux plus favorable. Un petit coup de marche arrière et voilà le Dom de retour dans la gare, cette fois avec les sous pour prendre la tuile bonus. Ayant augmenté sa limite de main à 6 cartes, malgré un cheptel moyen il arrive en fin de partie à faire deux livraisons rentables à New York et met fin à la partie. Après décompte, la stratégie de Dom s’impose avec 130 PV contre 84 pour Fred et 69 pour Baptiste.

Table 4, dite « Victimes en série » : François-René incarne pour la première fois La bête. Poursuivi par Thomas et François, il joua de malchance et fut pris en tenaille par ses adversaires, qui réussirent plusieurs enquêtes décisives, réduisant ses options comme peau de chagrin. Au final, le diable, puisque tel était son choix, fut démasqué alors qu’il manquait encore 9 victimes sur 25 à la bête pour espérer l’emporter.

Table 5, dite « Primus inter pares » : à Azul on vit une partie très aboutie de François qui scelle une belle victoire (99 avec deux couleurs complètes, une colonne et deux lignes). Thomas, 69 et François-René, 84, ont attribué leur déconfiture à leur quasi-absence du rôle de premier joueur, trusté systématiquement par le vainqueur, ce qui lui ouvrit les meilleurs choix de départ.

Table 6, dite « Ordre nouveau » : Thomas aurait-il perdu la main à Red 7  ? En tous cas, avec les règles étendues qui donnent beaucoup  de profondeur au jeu, il sera fanny d’une partie dominée par François (35), jamais à court d’options, et où François-René (15) opposa une vaillante mais vaine résistance.

Table 7, dite « Ordres établis » : un Sub Terra conclut cette soirée fertile, qui se traduisit par la confirmation de deux ordres établis dans cette soirée : celle brillante de Mickaël (seul à se sauver avec Thomas) et l’infortune de François-René, coincé entre attaques de bêtes, explosions de gaz, inondations et éboulements. Encore une partie perdue collectivement donc, car Xel, François, et Olivier L. furent aussi enregistrés au champ d’honneur.

Séance de MARDI 16/05/2023 à Servel

Mao Zedong, Chairman of the Communist Party of ChinaLe 16 mai 1966 peut être considéré comme le point de départ de la grande révolution culturelle prolétarienne, plus couramment appelée  la révolution culturelle (1966-1976), l’un des événements marquants de l’histoire de la république populaire de Chine, dont le retentissement international fut considérable.

Le prétexte au déclenchement de la révolution culturelle a été une pièce de théâtre parue en 1961, La Destitution de Hai Rui, de Wu Han, historien et vice-maire de Pékin. À l’instigation de Jiang Qing, une critique en paraît en novembre 1965 dans un journal de Shanghai, reprochant à la pièce de se livrer à une attaque déguisée contre Mao. Au début de l’année 1966, les critiques visent d’autres intellectuels connus.

En mai 1966 se constitue un « groupe de la révolution culturelle du Comité central » qui critique le groupe de Peng Zhen. La circulaire du 16 mai 1966 dénonce tous les « révisionnistes » présents dans la culture, la politique et l’armée du pays. Le 29 mai, la première organisation de gardes rouges voit le jour au sein de l’université Tsinghua. Les gardes rouges étaient des jeunes, pour la plupart des collégiens et étudiants organisés en factions dont le but était d’appliquer la révolution culturelle, si besoin par la contrainte. Celle-ci avait pour objectif l’élimination des intellectuels et des ennemis politiques de Mao. Les gardes rouges se divisèrent rapidement selon leur degré de radicalité et s’opposèrent même de façon violente. Ils furent rejoints par les exclus du parti, les ouvriers précaires et quelques cadres opportunistes.

Le 8 août 1966, le comité central du Parti communiste chinois émit un projet de loi (sans doute rédigé par Mao) qui constitue une forme de charte de la révolution culturelle. Dans cette « Décision en seize points » le gouvernement chinois se déclarait en faveur d’une purge au sein du parti communiste et parmi les intellectuels. La révolution culturelle visait les « Quatre Vieilleries », c’est-à-dire les traditions et le passé chinois. « La grande révolution culturelle prolétarienne vise à liquider l’idéologie bourgeoise, à implanter l’idéologie prolétarienne, à transformer l’homme dans ce qu’il a de plus profond, à réaliser sa révolution idéologique, à extirper les racines du révisionnisme, à consolider et à développer le système socialiste. Nous devons abattre les responsables du parti engagés dans la voie capitaliste. Nous devons abattre les sommités académiques réactionnaires de la bourgeoisie et tous les “monarchistes” bourgeois. Nous devons nous opposer à tous les actes de répression contre la révolution. Nous devons liquider tous les génies malfaisants. Nous devons extirper énergiquement la pensée, la culture, les mœurs et coutumes anciennes de toutes les classes exploiteuses. Nous devons réformer toutes les parties de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique du socialisme. Nous devons purger la terre de toute la vermine et balayer tous les obstacles ! »

Table 1, dite « Rouge sang » : Thomas, sous les traits de Jack l’éventreur de Lettres de Whitechapel, triomphe au terme d’une vaine quête de ses poursuivants (Nastassia, Xel, Flavien), et  propose ensuite un petit Red 7 pour parachever sa soirée, remporté avec brio par Nastassia.

Séance de VENDREDI 12/05/2023 à Servel

FINALE COUPE DES CLUBS CHAMPIONS 1976. Bayern Münich vs Saint-Etienne.Le 12 mai 1976, les Verts de Saint-Étienne échouaient en finale de la Coupe d’Europe (0-1), victimes par deux fois des fameux poteaux carrés de Glasgow. Ils furent à leur retour célébrés comme des vainqueurs, à l’époque où, à la fin, les allemands gagnaient souvent.

47 ans après, certains joueurs de Parties Civiles en gardent un souvenir ému. Et pour d’autres, la soirée prit un tour tout aussi cruel.

Table 1, dite « Ils ont tout tenté » : Face à La bête (Thomas), Xel, Armand François-René et Mickaël ont joué de malchance, pariant sur les mauvaises villes, et se sont fait balader dans les grandes largeurs.

Table 2, dite « Carrément techno » : premier opus de Beyond the sun – Frank s’y impose avec 69 après avoir créé un empire technologique, devançant Fred (57) et Baptiste-au-poil-ras (46).

Table 3, dite « Cruelle » : à Peloponnes Tristan se protégea contre la peste, manœuvre avisée qui lui permit de préserver ses troupes et s’octroyer la victoire (30). Olivier L (18) et François (14) ont à leur dépens pris la mesure des pièges de ce jeu allemand toujours aussi cruel. Ils enchaînent avec Infarkt, encore plus cruel mais tchèque, où les joueurs jouent avec leur santé. Olivier disparut le premier, emporté par le diabète, puis François fit une dépression fatale.

Table 4, dite « Mort à l’arrivée » : les protagonistes de la table 1 accueillent finalement le mort-vivant Olivier pour un Sub Terra. Une idée fatale, car ils succombèrent.

Séance de MARDI 09/05/2023 à Servel

undefinedSon collaborateur et ami Jean Monnet lui a fait part de l’urgente nécessité pour la France de se faire un allié de l’Allemagne et rédige un projet destiné à initier une fédération européenne. Ayant fait accepter le projet en un temps record par les ministres des Affaires économiques du Royaume-Uni, des trois pays du Benelux et de l’Italie réunis dans le plus grand secret à Paris le 8 mai 1950, puis par Konrad Adenauer, auprès de qui il a dépêché un émissaire spécial, et enfin par le gouvernement Bidault en conseil des ministres le 9 mai, Robert Schuman concrétise l’initiative en proposant par sa déclaration du 9 mai 1950, de placer la production franco-allemande du charbon et de l’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. Le plan Schuman entraîne la signature du traité de Paris le 18 avril 1951 qui crée la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), origine de l’Union Européenne.

73 ans après, à Parties Civiles, ils étaient 6, comme les pays fondateurs de la CECA et de l’UE (France, RFA, Italie, et les trois du Benelux).

Table 1, dite « Unis dans la diversité » : deux jeux anglais et un éventreur pour cette soirée Européenne, comme un souvenir et peut-être un avenir, et voici Thomas, grand inquisiteur de Lettres de Whitechapel, qui fait deux victimes expiatoires coup sur coup: Xel, dès la première nuit, puis Nastassia, la deuxième nuit. Marie-Anne, Benjamin et Olive ont admiré de loin l’artiste, qui proposa ensuite un petit Scout pour se remettre de ses émotions.

Séance de VENDREDI 05/05/2023 à Servel

COCO CHANEL SMOKING C'S SCREENPRINT — michi broussardLe 5.5.1921, Coco Chanel lançait son célèbre parfum, N°5. Mais 20 ans plus tard, profitant de la confusion et des lois antisémites, elle tente de récupérer la marque, car la célèbre fragrance dont elle ne détient les droits qu’à hauteur de 10 % est en fait la propriété d’une famille juive, les Wertheimer. Le 5 mai 1941, elle réclame donc aux autorités allemandes la propriété des Parfums Chanel, assurant qu’« ils sont toujours la propriété de Juifs » et qu’ils ont été légalement « abandonnés » par leurs propriétaires (les Wertheimer étant alors réfugiés aux États-Unis). Elle fait valoir un « droit indiscutable de priorité », et demande « réparation pour les préjudices subis pendant ces dix-sept années ». Cependant cette demande n’aboutira pas, Coco Chanel ignorant que les Wertheimer, anticipant les lois nazies, ont fait passer légalement le contrôle des Parfums Chanel entre les mains de leur ami Félix Amiot, qui le leur rendra après la guerre. Coco Channel ferme sa maison dès la déclaration de guerre et licencie ses 4000 couturières, et se réfugie à Lausanne après la libération. En 1954, âgée de 71 ans, Chanel acceptera de rouvrir sa maison sur l’insistance de ses commanditaires, les frères Wertheimer, qu’elle avait tenté de déposséder pendant l’Occupation et qui comptent sur sa présence pour relancer la vente des parfums. Elle renoue avec la création mais sa première collection est mal accueillie, car elle s’inscrit à contre-courant du style de Christian Dior, qui domine alors la mode.

5 tables en ce 5 mai pour Parties Civiles, et une sixième pour la route !

Table 1, dite « Occupation lucrative » : Voyage lointain dans l’univers de Super Motherload où des aventuriers en goguette en mal de conquêtes spatiales embauchent des pilotes pour de lucratives sessions d’extractions de minerais (au rendement évidemment négatif au vu du faramineux bilan carbone du trajet, mais c’est une autre histoire). Les minerais servent à recruter des pilotes toujours plus puissants, lancés dans une course sans fin à l’extractivisme forcené, et qui doivent aussi prendre garde à ne pas défricher des territoires trop près de futures richesses pour les concurrents. C’est la frustration de ce jeu : la montée d’adrénaline produite par la récupération d’un minerai est vite annihilée par la découverte du voisin que l’on a permise, et, c’est bien connu, l’herbe est plus verte ailleurs (ici, ce serait plutôt : le métal est plus brillant chez mon adversaire). A ce subtil jeu d’équilibre entre satisfaction immédiate et frustration larvée, Marie-Anne tire fort bien son épingle du jeu et l’emporte avec 48 ! Thomas la talonne (40), suivi de Gilles (35) et François (30).

Table 2, dite « Parfum de sueur » : Olivier B., Armand, Jérôme et F-R repartent en campagne à Gloomhaven jaws of the lion – une partie gagnée, non sans mal à leurs dires, dans les larmes et la sueur.

Table 3, dite « L’armée des ombres » : à Batman Shadow of the bat l’armée des ombres, composée depuis quelques semaines de Xel, Olivier L., Steven et Fabrice, concède une mort aussi rapide à vivre qu’à écrire.

Table 4, dite « Allemand et cruel » : Tristan invite Mickaël, Frank, Paul et Dom à découvrir Peloponnes. Œuvre du modérément connu Bernd Eisenstein, c’est clairement un jeu allemand : matériel simple et moche, règles simples et cruelles. On pourrait croire qu’il date du milieu des années 90 mais non, il est de 2009. Il s’agit de développer sa cité antique en maintenant un équilibre entre sa population (qu’il faut nourrir 3 fois dans la partie) et les points de victoire des tuiles Territoire que l’on achète aux enchères au début de chaque tour (et si on n’a pas été attentif, on peut devoir défausser aussitôt la tuile chèrement payée !). A la fin, c’est le score le plus faible sur ces deux critères qui est retenu. Ajoutez des calamités diverses qui arrivent on n’est jamais sûr quand et vous obtenez un jeu rapide mais punitif, certaines situations sont non rattrapables et certains ont bien couiné. Dans la première partie, la chance des débutants a joué à plein et Mickaël s’impose avec 27 PV devant Paul 24, suivent Tristan 20, Dom 15 et Frank 3 (don’t ask !). Nouvelle configuration après le départ du binôme père-fils : Dom est motivé par rejouer pour, selon ses mots « profiter des enseignements de la partie précédente ». Il enchaîne une série d’achats à contre-temps et perd quasiment toutes ses tuiles : il finit avec 2 quand les autres en sont à 7 ou 8. Une fois encore, Mickaël démontre sa maîtrise en scorant 25 PV devant Tristan 16 et Dom 5.

Table 5, dite « Victimes de la mode » : Encore une expédition spatiale à cette table, où Marc déballe une luxueuse édition de Terraforming Mars au matériel aussi clinquant qu’un défilé de Coco Chanel – attirant dans sa quête Baptiste-au-poil-ras. Il est 20h41 quand les deux compères s’installent. Il sera 1h24 quand ils la quitteront, Baptiste l’emportant 107 à 92 au terme du défilé de navettes le plus long de l’histoire.

Table 6, dite « Nez enrhumés, bouches déformées » : en matière de parfum, le nez est l’organe essentiel, et si, à Fiesta de los muertos, il n’est pas inutile d’en avoir, il faut aussi des bouches bien formées. A ce petit jeu de fin de soirée, chacun reçoit un personnage à faire deviner et inscrit un indice. L’indice seul passera ensuite par trois autres joueurs, et il s’agira d’appairer l’indice final (qui pourra avoir subi quelques déformations) et les personnages. La palme de la déformation reviendra sans doute à Dumbledore (directeur de l’école de sorcellerie Poudlard dans Harry Potter), qui sera affublé successivement des indices Sorcier – Marabout – Afrique – Sahara, ce dernier laissant notre brochette de joueurs perplexes ! Au final, c’est surtout le rire qui déforma les bouches des protagonistes, le plus souvent hilares devant les choix baroques qui leur furent proposés.

Séance de MARDI 02/05/2023 à Servel

Leonardo Da Vinci - Paul Baker Cartoons and CaricaturesAussi surprenant que cela paraisse aujourd’hui, ce n’est pas comme peintre que Léonard est en son temps célèbre, mais comme organisateur de fêtes. Il déploie son génie d’inventeur pour développer des machines et mettre en place des spectacles inédits. Disparu le 2 mai 1519, par son génie, il symbolise la Renaissance italienne sans avoir reçu de formation poussée et connaissant mal les œuvres antiques. Le nombre de tableaux qui lui sont attribués avec certitude se compte sur les doigts des deux mains. Il a projeté de rédiger 120 traités sur les sujets les plus divers, sans jamais en écrire un seul.

504 ans plus tard, inventeurs et voyageurs rejoignaient une soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Un incendie et un naufrage » : Thomas, représentant officiel de Mr. Wallace, arrive avec sa malette chargée de Brass et Londres. S’ensuit un conciliabule sur leurs mérites et longueurs respectifs et l’équipe opte pour le successeur en mode VF (comme son nom le suggère) de London, plus adapté pour un mardi.  Entre London et Londres, le code a changé, un peu, mais l’esprit de l’incendie de 1666 demeure. Si Xel et François s’y retrouvent, Benjamin découvre le jeu et y fait belle figure, maîtrisant l’économie particulière qui lui est propre, faite de livres sterling qu’il s’agit de préserver, et de pauvres qu’il convient d’éviter. Thomas a pris la première carte quartier, celle qui fait gagner, et enchaîne les combos avec maestria. Xel maîtrise sa collection de pauvres, et faillit l’emporter, terminant à 38, derrière Thomas (43) : il lui a manqué une pièce pour pouvoir acheter la carte à 7 PV qui l’aurait faite gagner. Benjamin (30) complète ce fier podium, dont François chute après avoir bien progressé sur la piste de score,  mais terminant à -18 à l’heure du décompte final, après avoir écopé d’un malus de fin de partie monstrueux de -56 (-14 PV d’emprunts non remboursés et -42 PV de pauvres surnuméraires). Il fut la victime d’une déroute financière prématurée (et ce n’est pas faute d’avoir entendu Thomas dire et redire qu’il y avait peu de cartes qui rapportaient des livres à l’âge C), et de choix stratégiques pathétiquement mauvais.

Table 2, dite « Voyageurs au long cours » : à la table des Ruines perdues de Narak, Nastassia fait belle impression, terminant avec 54, à une encâblure d’Olive (57) et un mouillage de Marc (64), qui éclaboussa la partie de sa classe, dirent ses adversaires.

Table 3, dite « Scientifiques à l’appel » : un Red 7 haletant conclut cette soirée, et son issue fut indécise. La sècheresse du score final (Nastassia/Xel 38, François 8, Benjamin 8, Thomas 0) reflète mal l’intensité de manches toujours tendues, et notamment de la dernière où François se voyait l’emporter sans coup férir avec une longue de cartes vertes parachevant une lignée de cartes paires, avant que d’être surpris par un ultime coup de Jarnac du binôme bicéphale, qui réussit à infléchir le cours par une suite providentielle.

Séance de VENDREDI 28/04/2023 à Servel

Jacques Dutronc est né il y a 80 ans, le 28 avril 1943. C’est donc un enfant de la guerre et non pas un boomer. Parisien installé de longue date en Corse, il a mené de front une carrière de chanteur (ses principaux succès ayant été composés sur moins de dix ans dans sa jeunesse, souvent sur des textes de Jacques Lanzmann) et d’acteur (couronnée par un César pour son rôle dans Van Gogh, il a aussi failli jouer dans les Aventuriers de l’arche perdue). Mais place aux play-boys de Parties Civiles, arrivés à toute berzingue (à vélo) : il est vingt heures, Servel s’éveille.

Table 1, dite « Opium (chanson 1987, avec Bambou) » : Excursion sur les routes de la soie avec les Voyages de Marco Polo pour OlivierB (pouvoir de Matteo Polo : dé blanc supplémentaire + 1 contrat par manche), François (Berke Khan : ne paie pas s’il utilise un emplacement occupé) et Dom (Rashid : choisit la valeur de ses dés plutôt que les lancer). Bien sûr chacun s’est plaint à un moment qu’un personnage adverse était surpuissant, c’est tout le sel de ce jeu ! François a choisi de filer comme un chameau de course jusqu’à Beijing mais sans prendre le temps de se placer dans les villes intermédiaires. Olivier peste quand il ne peut pas faire une action par manque de sous. Dom accumule contrat sur contrat (il en scorera 9) mais tarde à arriver à des villes avec des pouvoirs intéressants, il voit à chaque manche ses adversaires toucher 5 sous mais pas lui. A la dernière manche, un enchaînement ajusté au quart de poil de chameau lui permet de convertir 6 poivres + 6 chameaux en 12 PV sous le regard atterré des autres. La révélation des cartes objectifs produit des gains de points comparables, tous ont relié 2 ou 3 villes mais au total bien peu de comptoirs ont été posés. Une fois la poussière retombée et les voyageurs reposés au caravansérail, la piste de score affiche 77 PV pour Dom, 56 pour François et 48 pour Olivier qui réalise à ce moment qu’il a oublié de prendre son contrat gratuit au début de chaque manche.

Table 2, dite « L’aventurier (chanson 1974) » : Xel, Xof, Neox et F-R découvrent un Sub Terra 2 flambant neuf. C’est le cas de le dire puisque cette fois les explorateurs souterrains sont dans les entrailles d’un volcan. De l’avis général le jeu a bien plu et est suffisamment différent du premier opus. Xof a pas mal pratiqué le bouche-à-bouche mais cela n’a pas empêché une issue fatale. A la dernière minute, ils étaient dans la dernière salle, ils avaient l’artefact en main quand le volcan a explosé, entraînant une défaite collective. On ne négocie pas les lois de la géologie.

Table 3, dite « Les victimes (film 1995) » : Conquis par la partie de la semaine précédente, Thomas et Mickaël rejouent deux fois à la Bête dans une configuration 1 contre 1. Dans la première, Mickaël dévoile efficacement l’identité de la Bête-Thomas. La seconde est beaucoup plus serrée : parti du nord-ouest, la Bête-Mickaël parcourt le sud du Gévaudan en le garnissant de victimes. Au début de la troisième année, il tente un bluff alors qu’il aurait pu attendre l’automne et l’hiver, saisons dont le mauvais temps lui est favorable. Mal lui en prit, la puissance de l’analyse de Thomas et sa tactique de la « T’naille » lui font capturer deux jetons d’identité en un tour, il met fin aux agissements de la Bête qui échoue à cinq victimes du but.

Table finale dite « J’comprends pas (chanson 1974) » : Les six restants (Mickaël, François, F-R, Thomas, Xel, Dom), tous fort expérimentés, disputent un Codenames vespéral sur la boîte officielle aux mots plus ou moins inspirés. La première manche (Dom vs. François) est du grand n’importe quoi : l’un annonce Lumineux ce qui envoie sur Rayon, l’autre annonce Chef alors que le mot est présent sur la grille ! (pénalité implacable : fin du tour et l’autre équipe révèle un de ses mots). Les mots blancs se multiplient sur la grille alors que les Bleus ont du mal à décoder des indices comme « Rugbyman 2 ». Le maitre-espion Rouge se demande comment guider son équipe vers les derniers mots (malgré Chef ils ne veulent pas aller sur Indien et en plus il y a un Patron parasite qui traîne encore) : Einstein 2 révèle Génie mais pas Bureau (… des brevets de Zürich). Twist final, l’indice Télé 4 combiné à un reliquat de Rugbyman envoie les Bleus sur une Couverture assassine, mettant fin à cette manche foutraque.

Deuxième partie plus classique où les Rouges gagnent à la régulière avec des indices solides comme Tabouret 2 (Siège, Piano) et Alamo 2 (Fort, New-York) tandis que Phare 2 suscite de longs débats (Lumière mais ensuite Géant ? ou Code à cause des feux de croisement ? ou New-York mais non la statue de la Liberté n’est pas un phare destiné à la navigation et sa torche n’est pas lumineuse). En face les Bleus ont tourné (en rond) autour de la ruralité avec des indices comme Campagnard et Terroir.

Dans la dernière manche, malgré le joli Blanche-Neige 4 (Pomme, Poison, Visage, pas Château comme l’ont fait remarquer les Disneyphiles -c’est celui de la Belle au bois dormant- mais Danse pas facile à trouver) face à un Charles III 3 jugé légal (Roi, Londres, Canada et là encore pas Château malgré Windsor), les Rouges finissent pas associer Centre à Elevage 3 (et non pas Poison malgré les excédents d’azote des installations industrielles) et par l’emporter 3 à 0.