Séance de MARDI 03/02/2026 à Servel

Le 3 février 1790 voit la naissance de Gideon Mantell dans la petite ville de Lewes au sud de l’Angleterre (qui détient le record bizarre de l’avalanche la plus tueuse du pays, en 1836). Très jeune il s’intéresse à la géologie et traîne dans les carrières alentours. Il perd son père à 17 ans qui lui laisse assez d’argent pour aller au bout de ses études de médecine. A 26 ans il est installé comme généraliste, vient de se marier et a entamé une correspondance scientifique où il partage ses découvertes de fossiles (des ammonites en particulier) avec des naturalistes. Il parcourt les collines de craie locales, restes d’une mer chaude du crétacé riches en fossiles de vie marine. Son ardeur grandit après qu’avec sa femme ils découvrent de grands os et des dents de belle taille. Il est cependant refroidi quand Cuvier, la vedette de l’époque, les attribue à un rhinocéros. Mais il persiste et en comparant les dents à des espèces vivantes il estime qu’elles appartenaient à une sorte d’iguane, oui mais version XXL : dix-huit mètres de long (voyons, ça n’existe pas !) pour cet animal fantastique. Après quelques années son opinion s’impose parmi les scientifiques et la nouvelle espèce est appelée Iguanodon, le premier dinosaure identifié. Son activité de médecin finit par souffrir de sa passion dévorante et il vend en 1838 sa collection de fossiles au British Museum pour se renflouer. Dans les années 1840, installé à Londres, sa femme le quitte et il souffre constamment suite à un accident de carriole qui a endommagé sa colonne vertébrale. Il se met à soigner sa douleur à l’opium et succombe à une overdose en 1852. L’établissement d’un catalogue d’espèces disparues, grossièrement datées par stratigraphie, fut un point de départ de la réflexion sur l’évolution des espèces.

Dinosaures

Table 1, dite « Grande ardeur » : Jack, Caroline, F-R, Baptiste et Vincent jouent à Funkenschlag (sur la carte allemande de base, nous semble-t-il). Les jeux n’étaient pas faits quand la rédaction plia ses gaules en fin de soirée.

Table 2, dite « Mer chaude » : Après avoir récemment navigué en Baltique, c’est pour la mer de Chine qu’embarquent Xel, Olive, François et VHN en jouant à Macao. Un jeu grand format habilement reconstitué où on doit développer un tableau de cartes avec les bonnes combos, de façon à pouvoir convertir des sous en PV à la fin des tours où le taux de change (variable) est favorable. Dom met en jeu rapidement l’Oisif qui le dispense de l’obligation contraignante de prendre 1 carte au début de chaque tour, carte qu’il faut réussir à mettre en jeu faute de quoi elle vous pénalisera en fin de partie. La mise en jeu coûtant de 1 à 4 cubes, on voit l’importance de l’ordre du tour qui permet d’avoir un meilleur choix. François, lui, contournera la contrainte en jouant l’Abbé en fin de partie qui dispense de la pénalité pour les cartes restantes. Xel de son côté met la main à bon compte sur un pâté de maisons de la ville. Olive dévoile tôt son jeu en déployant un personnage qui double le montant de ses ventes de porcelaine. Il fait aussitôt main basse sur 3 tuiles de porcelaine qu’il finira par vendre pour 20 PV, ma foi une très bonne affaire. François fera de même en fin de partie avec la laque, on aurait probablement dû les priver d’une telle cargaison. François, toujours lui, utilise encore et encore la Cathédrale qui permet de convertir des lots de cubes en PV à la fin de chaque tour. Et des cubes il en a ! Sa stratégie s’avère gagnante, il l’emporte après avoir pris soin de priver Dom de Baronne avec 75 PV pour 67 à Dom, 46 à Xel et 43 à Olive.

Table 3, dite « Animaux fantastiques » : Faline, Nolwenn, Delphine et Corentin jouent à Wondrous Creatures où Nolwenn s’impose avec 150 PV, elle a bien scoré sur les objectifs.

Table 4, dite « Overdose » : Mickaël et BenjaminG, une fois n’est pas coutume (quoique…) s’installent dans le bocal pour leur habituel Ark Nova.

Séance de MARDI 27/01/2026 à Servel

Le 27 janvier 1983 dans la soirée, Louis de Funès est victime d’un infarctus dont il meurt dans l’heure. Ce n’est pas la première fois que son cœur le lâche, à 61 ans en mars 1975 il en avait déjà fait deux qui avaient conduit à sa mise en retrait de sa carrière d’acteur de cinéma et de théâtre. Cette pause ne dure qu’un an et il reprend les tournages avec un rythme toutefois bien plus modéré, d’autant plus que les assurance sont réticentes à s’engager sur ses projets. Deux des films de cette période figurent dans le top 10 de son box-office, l’Aile ou la Cuisse où il est en duo avec un comique bien plus jeune, Coluche, et le Gendarme et les Extra-Terrestres. A son décès, il travaillait avec le producteur Christian Fechner à l’adaptation de la pièce Papy fait de la résistance qui aboutira sans lui. Travelling avant de quarante-trois ans : à la maison de quartier, pas de papys (malgré un retraité-dans-dix-jours) mais une pensée pour son abondante filmographie couvrant 35 ans. On notera qu’il n’a commencé comme acteur qu’à 30 ans et qu’il a enchaîné les seconds rôles pendant dix ans, jusqu’à la Traversée de Paris en 1956.

Table 1, dite « Les Dents longues (1952) » : JiBee et BenjaminG, deux adhérents aux dents longues et aimant jouer et rejouer à leurs favoris se retrouvent face-à-face pour un Ark Nova (probablement avec l’extension). C’est finalement l’ex-Président qui l’emporte. « La faute aux cartes » selon son adversaire qui pourtant à ce stade devrait être familier avec le jeu.

Table 2, dite « Le Château de la dernière chance (1947) » : Corentin, Faline et F-R sortent Le Château Blanc et déballent son extension Matcha récemment arrivée dans le placard. Elle apporte, sous forme modulaire, un plateau secondaire, une nouvelle couleur de dé, de nouveaux ouvriers en bois -les Geishas- et de nouvelles actions. Chaque tour comprend 4 actions par joueur au lieu de 3 et de l’avis général élargit les stratégies possibles. Cependant l’apprentissage des règles a eu lieu dans la confusion et la victoire de Corentin n’a pas été jugée totalement concluante. La maîtrise sera au rendez-vous la prochaine fois.

Table 3, dite  » Fripouillard et Cie (1959) » : Olive, Caroline et VHN se lancent dans un Bruges récemment amélioré du module « bateaux » issu de l’extension La Ville sur le Zwin (pour la petite histoire c’est une marée catastrophique de tempête qui en 1134 ouvre le Zwin, un chenal qui relie Bruges à la mer et autour duquel elle va construire sa richesse de ville marchande , jusqu’à ce que son ensablement progressif la mène au déclin). Ce module est réputé améliorer l’équilibre du jeu en renforçant la stratégie « canaux » : on bénéficie désormais d’une action bonus si on paie un ouvrier de la bonne couleur. Et justement des canaux Olive en fait plein, il construit ses 10 sections à grande vitesse tandis que Dom, équipé d’un personnage permettant une construction gratuite par manche, peine à récupérer les cartes de la bonne couleur. Caroline, la seule à découvrir, tâtonne dans l’apprentissage des règles mais apprend vite. Les deux autres subissent les vilenies de cette fripouille de Dom dont le voleur les ponctionne chacun de 6 sous. Mais au décompte il s’avère que Caroline a construit une belle galerie de personnages de valeur et ne concède que 3 points à VHN qui gagne 55 PV à 52, et 36 à Olive. Le jeu est relativement court et fluide, on décide d’en refaire un. Cette fois Caroline sait anticiper et éviter les désastres, Olive fait de nouveau des canaux mais la carte jaune qui le débloquerait lui échappe longtemps, pendant que Dom se focalise exclusivement sur ses personnages, posant 0 canal et avançant à peine sur la piste de réputation. Son pari paie : avec 21 points de personnages et encore 12 points pour ceux qui scorent à la fin, il termine à 62 PV devant Caroline 57 et Olive 54.

Séance de VENDREDI 23/01/2026 à Servel

Comme Lavoisier, Claude Chappe faisait partie des privilégiés de l’ancien régime. Il naît en 1763 dans une famille aisée de Sarthe ouverte aux techniques et aux sciences (son oncle était astronome et fut envoyé en Sibérie par l’académie des sciences pour observer un transit de Vénus devant le soleil, un sacré périple) et étudie au collège jésuite de la Flèche, fameuse institution à l’époque qui compta Descartes parmi ses anciens élèves. Il obtient une position ecclésiastique assortie d’une bonne rente et peut alors se consacrer à son intérêt pour la physique. Fini tout cela à la Révolution, le voilà de retour sur les terres paternelles où il retrouve ses frères avec qui il travaille à un système de télégraphe optique.

L’idée de communiquer à distance par des signaux visuels n’est pas nouvelle mais sa contribution est d’organiser un système industriel complet avec construction de bâtiments sur des points hauts, recrutement et formation du personnel et invention d’un code original utilisant un bras rotatif aux extrémités articulées, facile à construire, qui reste discernable à grande distance et qui résiste bien aux tempêtes. Entrepreneur pionnier des réseaux de télécommunications, soutenu par son frère Ignace qui était membre de l’assemblée législative, il procède à des démonstrations convaincantes après pas mal de mises au point ; en 1793, avec l’ennemi aux frontières, il obtient le financement d’une ligne de télégraphe de Paris à Lille. En 1794, la nouvelle de la prise de la ville de Condé-sur-Escaut parvient à Paris en une heure, bien plus vite que n’importe quel cavalier. C’est la reconnaissance et plusieurs autres lignes sont construites, dont Paris-Brest en 1799 (qui traversait les Côtes d’Armor avec des stations notamment à Lanrodec et à Plougonver). Chappe prend la tête de l’Administration des Lignes Télégraphiques. A son apogée le réseau compte 8 lignes avec plus de 500 postes sur 4000 km mais à partir des années 1840 l’arrivée du télégraphe électrique, insensible aux conditions météo, transmettant l’information à plus haut débit et nécessitant moins de personnel le rend irrémédiablement obsolète et met fin à cette épopée économique d’un demi-siècle. Mais auparavant son inventeur est retrouvé mort au fond d’un puits à Paris le 23 janvier 1805, présumé suicidé. Une statue lui rendant hommage existait Boulevard Saint-Germain mais fut fondue en 1941.

Arrêtons-nous enfin sur deux aspects techniques intéressants du télégraphe de Chappe :

  • Chaque extrémité mobile pouvait être orientée dans 7 positions tandis que le bras principal de 4,6 m était soit horizontal soit vertical. Cela donnait un vocabulaire de 98 signaux (7 x 7 x 2), soit 92 symboles et 6 signaux de service. En les groupant par paires (il ne fallait pas se désynchroniser !) on pouvait communiquer 8464 (92 x 92) mots ou expressions : le premier code était le numéro de la page, le second le numéro de la ligne dans la page. Ce n’était donc pas un code alphabétique comme le fameux ASCII. Pour des raisons de confidentialité, seul un nombre restreint de directeurs disposaient du livre de vocabulaire qui était périodiquement renouvelé. Dans le Comte de Monte-Cristo, le héros (proto-hacker ?) soudoie un employé du télégraphe pour envoyer une fausse nouvelle visant à ruiner un banquier.
  • Il a fallu disposer d’instruments d’optique de qualité, des lunettes grossissant de 30 à 60 fois, mises au point à Londres à la fin des années 1750. Chaque station en avait deux réglées une fois pour toutes, visant les stations amont et aval à une distance de 10 à 20 km. Chacune coûtait plusieurs mois de salaire d’un employé au point que le pouvoir politique initiera le développement d’une industrie nationale d’optique pour ne plus dépendre des anglais.

Table 1, dite « Sacré périple » : Nouveau run de Tamashii : Chronicle of Ascend pour Stéven, Samuel et Fabrice. Ce soir ils doivent livrer différentes bricoles dans la galaxie mais face à eux cela ne rigole pas. Leur but principal est de survivre, ce qu’ils ont finalement réussi à faire.

Table 2, dite « Décodage hasardeux » : C’est cinq parties de l’apprécié The Gang qu’enchaînent F-R, Jérome, OlivierB, Armand et Bérenger. Il semble que la communication avec ce dernier ait été problématique ce qui donna 4 défaites sur 5, avec la consolation d’un perfect pour la dernière manche. La table réduite à trois dispute ensuite un Aeon’s End (coopératif) : face au boss « Chevalier des entours » ils ont gagné de justesse, avec juste un être survivant dans le village qu’ils devaient défendre, et il n’est même pas sûr que c’ait été un humain.

Table 3, dite « Radiocommunications » : Toujours loin mais loin dans l’espace une partie de S.E.T.I regroupe Fred (le seul à connaître), Corentin, CarolineTH et Sébastien. La partie a duré longtemps mais longtemps, et tout ce que nous avons capté sur notre radiotélescope de poche est que Caro & Seb galéraient, le second regrettant le choix de sa faction.

Table 4, dite « Epopée économique » : Ici pas de galères mais des barcasses ventrues appelées cogues, c.a.d de robustes cargos hauturiers qui sillonnaient la mer du Nord et la Baltique à l’époque de la Hanse. Quatre armateurs autour de Kogge : Tristan, Olive, Pierre-Yves et VHN. Une belle partie, très disputée et pleine de coups habiles et d’émotions. Olive et Dom, dans le sillage l’un de l’autre, parviennent à construire un second comptoir dès le premier tour. Tristan n’est pas en reste et P-Y, le seul à découvrir, se rôde aux conséquences subtiles des actions de jeu. L’auteur de ces lignes ne peut qu’encore une fois chanter les louanges de ce jeu original où on peut construire des coups créatifs mais où les joueurs qui vous précèdent disposent de plein de façons de faire tout dérailler (en changeant le stock de ressources dans les villes, en y construisant un comptoir avant vous, en modifiant la topologie des liaisons intervilles, ou plus grossièrement en pillant votre cargaison), d’où l’importance de l’enchère souvent cruciale de début de tour. On y joue un nombre variable de cartes qui vont à la fois déterminer l’ordre du tour (avec un petit bonus au premier qui décide du déplacement de l’échevin) et dans quelles villes de nouvelles ressources vont apparaître (… à condition qu’il en reste dans la réserve, là aussi on peut interférer avec vos plans). Tout ça pour dire qu’après moultes péripéties (P-Y qui pille sans conviction un Dom désigné à la vindicte populaire, Tristan qui accumule un butin considérable en pillant Riga mais que Olive, en faisant un triple déplacement, repille aussitôt -en ce cas la victime perd la moitié de sa cargaison mais il restait encore une dizaine de cubes au barbu qui put dans la foulée à la fois construire un comptoir et acquérir un jeton-bonus-) on retrouve trois joueurs à égalité avec 4 points de développement (DP) ; l’échevin est loin d’avoir bouclé son deuxième tour donc la partie va prendre fin au profit du premier à gagner son cinquième DP. Olive et Tristan ont l’avantage de pouvoir rejoindre à volonté la ville de l’échevin tandis que Dom a 6 cubes gris, il lui faut rejoindre l’échevin par les routes disponibles. Avec deux « 2 » en main, il peut remporter l’enchère mais, ayant bêtement révélé ses intentions, Tristan qui joue avant lui contre avec deux « 3 » et s’assure que l’échevin s’arrête avant. Dom se réfugie à Riga où il a un comptoir et achète deux « 3 », avec ça il devrait faire bonne figure à l’enchère suivante vu que Tristan aura moins de cartes en main. Malheureusement c’est Olive qui joue deux « 6 », déplace l’échevin à Stockholm où il le rejoint. Il lui manque un cube pour gagner et Dom, jouant en second, le rejoint en passant par Straslund et lui achète le jeton-bonus de la victoire.

Avec une petite reconfiguration (JiBee en plus, P-Y en moins) ils jouent ensuite à La Gloire de Rome. Tristan construit une combo de bâtiments qui le rend de plus en plus efficace pendant que JiBee et Olive, ne se faisant pas confiance, construisent chacun la Palissade (qui protège contre l’action du légionnaire). Ils mettent en jeu tous deux une carte avec un pouvoir à l’achèvement « faites l’action xxx pour chacun de vos points d’influence » (patron pour Olive, artisan pour JB) avec des résultats spectaculaires. Dom a moins de bâtiments et de clients mais soigne le remplissage de sa chambre forte avec des matériaux de qualité. Il met fin à la partie avant que Tristan soit surpuissant et ce sont des matériaux humbles et négligés (les débris et la brique) qui lui donnent 6 points de majorité lui permettant de l’emporter avec 33 PV (9 influence + 24 chambre forte) devant JB 28, Tristan 27 et Olive 14.

Table 5, dite « Dernières nouvelles ! » : On trouve à la table de l’Auberge Sanglante Marie-Anne, Mickaël, Thomas et JiBee. Une bien triste affaire d’aubergiste véreux et de clients abusés puis estourbis et enterrés. Mickaël est le plus psychopathe de tous les serial killers et sa cave (qui n’a pas le même usage qu’à Viticulture !) recèle en fin de partie pour 80 PV de victimes, mieux que Marie-Anne (71), Thomas (68) et JiBee (66). Plus ou moins les mêmes continuent avec Bomb Busters dont ils font plusieurs missions visant à chaque fois à désamorcer un engin explosif. Quelle époque nous vivons.

Séance de VENDREDI 16/01/2026 à Servel

Après le gel et la tempête, retour au calme pour cette séance hivernale qui précède le premier dimanche ludique de l’année.

Table 1, dite « Place net » : Isolés dans la quatrième dimension du bocal, Stéven, Samuel, OlivierL et Fabrice se lancent dans leur deuxième session de Tamashii : Chronicle of Ascend. Il s’agit d’un jeu coopératif qui se passe dans un futur plus ou moins proche où des IA autonomes ont pris le pouvoir. Un thème cyberpunk qui rappelle Neuromancien ou The Matrix et où les personnages alternent entre le monde physique et le monde virtuel des réseaux informatiques. Ce soir le scénario était plutôt facile mais les paquets IP avec leur témoignage ont été perdus dans un routeur nonchalant.

Table 2, dite « Tous contre un » : Mickaël ressort son Terroscape avec Erwan et OlivierB. C’est Erwan qui est opposé aux autres mais là encore le résultat définitif n’est pas connu.

Table 3, dite « Nous partîmes Cents » : Un grand retour pour Root enrichi d’une paire d’extensions. A la manœuvre, F-R (Seigneur des Cents) qui connaît bien et explique les subtilités de chaque faction asymétrique à Virginie (Marquise de Chats), Elie (Alliance de la Forêt) et Corentin (Lézards). Un coup d’œil au plateau aux 2/3 de la partie laissait peu d’illusions sur la capacité des Cents à envahir, détruire et contrôler leurs adversaires.

Table 4, dite « Avec modération » : Table à cinq de Viticulture (pour faire oublier le dry January ?) avec Thomas, Olive, Fred, BenjaminG et VHN. En début de partie Olive, loin dans l’ordre de choix du tour, prend souvent la place reculée attribuant 1 PV et avance doucement au score mais c’est Benjamin et Fred qui entament de belles ventes de vins (on verra plusieurs Prosecco de 9, le top du top, produits et vendus à cette partie). Thomas distille quelques remarques opaques sur l’acquisition du dernier ouvrier (grâce à, nous le citons, « un couillon ») et rejoint le duo en tête au score. On sent que le 6e tour sera (comme souvent) le dernier puisque la partie prend fin dès qu’un joueur atteint 20 PV. Fred pioche et plante des vignes, inhabituel à ce stade on se doute qu’il a une carte qui effectivement lui permet de récolter en grappillant 3 PV. Dom et Thomas achètent un cottage tardif pour récupérer une carte d’automne supplémentaire. Le premier sort une belle combo de cartes gagnant 8 PV en une action. Il marque encore deux fois 2 PV et se retrouve en tête. Mais Thomas a plus d’ouvriers en réserve, il pioche un contrat correspondant opportunément à sa seule cuvée de rouge et égalise à 23 PV. Comme il a plus d’argent c’est à lui que la victoire échoit devant Fred 21, Benjamin 20 et Olive 15.

Ils poursuivent sans Benjamin par une Course vers El Dorado que Thomas a envie de découvrir. C’est Olive qui prend le meilleur départ et commence à accumuler les barrières qu’on récupère quand on pénètre le premier sur une nouvelle tuile du parcours. Mais il se retrouve bloqué dans un passage qui nécessite une carte avec 3 Ors. Dom qui en a une en main le contourne et prend le large. Il a un deck solide avec plusieurs cartes qui font piocher, et des Machettes (avance de 6 cases Jungle) et continue d’avancer à un rythme soutenu. Pourtant Thomas revient sur lui et, par un habile raccourci aquatique, recolle. Dom poursuit sa course et arrive à une case ‘eau’ du but mais, deux tours de suite, ne pioche aucune carte présentant la rame manquante. Thomas continue de progresser, le dépasse et, avec un Capitaine (3 case Eau) en main, le coiffe dans une magnifique victoire.

Table 5, dite « Avec doigté » : Les restants de la grande salle (F-R, Mickaël, Thomas, Corentin) finissent la soirée avec Bomb Busters.

Séance de MARDI 30/12/2025 à Servel

Malgré le temps hivernal les courageux qui sont venus à Servel n’ont pas eu trop froid et ont fini l’année ludique de Parties Civiles.

Table 1, dite « On n’est pas couchés » : Axel est de passage et, ne doutant de rien, vient avec Galactic Cruise, un gros jeu mais alors sérieux. Il attire dans le silence éternel des espaces infinis Fred, Elie et Nico. A minuit ils estimaient en être à la moitié de la partie.

Table 2, dite « Tout ça pour ça ?! » : Faline et Corentin testent Fallout à deux, il semble que cela ait été rapide et pas très convaincant. On les aurait vus ensuite avec Take Time.

 Table 3, dite « The Beauce » : Mickaël, Benjamin, Erwan et VHN déballent le récemment entré Orléans. Un jeu de développement à base de bag building où il faut choisir quels type de personnages recruter, dans quels bâtiments privés le mieux les utiliser et quand s’en débarrasser en allant chercher un bonus sur le plateau de bienfaisance. Les règles sont simples, il y a un peu de course entre les joueurs pour aller chercher les Citoyens qui amèneront des points à la fin et on anticipe facilement les événements favorables ou néfastes qui s’annoncent en début de tour mais se résolvent à sa fin. Pour cette partie de découverte, Mickaël a multiplié les jetons Ressources et a acquis plein (trop ?) de technologies avec son laboratoire. Dom et Benjamin finissent à égalité sur le nombre de comptoirs que Dom transformait en sous (et donc en PV) avec sa trésorerie ; Benjamin arrive de justesse au multiplicateur de points x4. C’est Erwan qui se révèle le plus efficace en jouant à fond la carte des bateliers, rendus polyvalents avec le jardin potager, et en étant le seul à atteindre un multiplicateur x6. On l’a probablement laissé un peu trop libre d’aller chercher des Citoyens sur le plateau de bienfaisance où l’on peut se retrouver à faire l’idiot utile. Sa victoire est nette avec 132 PV devant Dom 118, Benjamin 110 et Mickaël 109.

Séance de MARDI 23/12/2025 à Servel

Le 23 décembre 1947, une petite équipe de physiciens des Bell Labs obtient des résultats concluants à une série d’expériences qu’elle mène depuis un mois sur les jonctions à semiconducteur. Ils viennent de fabriquer le premier prototype fonctionnel d’un transistor, un dispositif électronique qui permet d’amplifier ou de commuter un signal électrique. Un tel dispositif n’est pas nouveau en soi : la triode, une forme de tube à vide, a été inventée au début du XXe siècle et a permis une première révolution dans la radio et les télécommunications longue-distance. La promesse du transistor est de disposer d’un composant solid-state plus petit, plus fiable et consommant moins  (et donc chauffant moins). Un personnage-clé de cette quête est Julius Lilienfeld, un juif allemand qui émigre aux USA dans les années 20. Non seulement a-t-il inventé le condensateur électrolytique et observé l’émission d’électrons par effet de champ mais il dépose à partir de 1925 plusieurs brevets sur le principe d’un transistor à effet de champ. Cependant la maîtrise des matériaux semiconducteurs était à l’époque insuffisante pour qu’il parvienne à démontrer expérimentalement ses idées, il échoue donc dans sa quête du transistor.

Revenons à MM. John Bardeen et Walter Brattain qui travaillaient dans l’équipe de recherche de William Shockley. Ce qu’ils ont inventé en plaçant deux films d’or au contact d’un bloc de germanium est le transistor à point de contact, qui sera rapidement remplacé par le transistor à jonction bipolaire, lui-même inventé par Shockley l’année suivante. Cela suffit à leur valoir le prix Nobel de physique en 1956. A partir de là la machine est lancée : les premiers postes de radio portables à transistor sont lancés au milieu des années 50 et feront le succès initial de Sony qui en vendra des millions. Côté science, l’amélioration continue est en marche, la technique MOS (metal-oxide semiconductor) et les transistors planaires en silicium sont mis au point dans la seconde moitié des années 50. La route était ouverte aux circuits intégrés qui ont permis la révolution informatique. Pensez, quand vous confiez votre vie à ChatGPT, que tout ceci est parti de l’humble transistor du trio américain. Un dernier mot sur John Bardeen : il poursuivit ses travaux scientifiques dans le domaine de la supraconductivité ce qui lui valut un second prix Nobel de physique en 1972 (avec John Schrieffer et Leon Cooper qui étaient à l’époque de ces travaux respectivement thésard et postdoc, sacré début de carrière). Chapeau, seules trois autres personnes ont obtenu 2 prix Nobel en sciences : Marie Curie (physique et chimie), John Sanger et Barry Sharpless (chimie et chimie).

Table 1, dite « Amélioration continue » : Mickaël et Benjamin jouent à Ark Nova, qui s’en étonnera ? Pour eux l’extension va de soi et chaque partie affûte leur expérience du jeu. Mickaël a gagné de peu, avec notamment 9 points de fin de partie, un record selon lui. Ce fut une course ou il fallait optimiser chaque tour.

Table 2, dite « Voies de recherche » : Fred, François et VHN font une escapade de Noël à Vienne avec Grand Austria Hotel. Chacun essaie d’optimiser la gestion de son Gasthaus et d’y attirer les convives frigorifiés les mieux en ligne avec sa stratégie. Sur ce point Fred et Dom prennent des voies opposées. Le premier accumule les clients de valeur et les PV grâce notamment à une paire de personnels qui lui rapportent 6 points quand il prend un dé « 4 ». Son avance au score culmine à près de 40 points. Le second vise tel un monomaniaque les 3 objectifs variables de la partie mais ne loge quasiment que des convives à 0 point. A la surprise générale il arrive à 20 couronnes (pas facile dans un jeu où l’argent est cruellement rare), et est le premier à fermer 4 chambres rouges + 3 jaunes ainsi qu’à finir deux colonnes de chambres. Le voilà avec 45 PV en poche et seul Fred prendra une seconde place rapportant 10 points. Personne ne passe durant la partie, même pas François pourtant pénalisé par l’absence de dés « 2 » dont il avait besoin pour nourrir des convives réclamant café et vin. François et Fred finissent à l’extrémité de la piste de l’Empereur, là encore une configuration pas fréquente. Les personnels scorant en fin de partie ne réduisent pas l’écart entre Fred et Dom (14 PV chacun), Fred perd 5 points pour son convive resté attablé en fin de partie et finalement c’est d’une courte tête  que Dom coiffe Fred, 147 PV à 139, François qui s’était depuis longtemps résigné finissant avec 78.

Table 3, dite « Echecs et succès » : Nolwenn, Faline et François-René s’accordent pour jouer à The Loop. Ils sont arrivés au bout malgré quelques péripéties causées par Nolwenn. En milieu de soirée ils sont rejoints par Younaël et font deux missionx de Take Time, avec un succès puis un échec. Ils finissent par une partie de Cthulhu Death May Die ; le jeu a l’air impressionnant déployé sur la table mais selon eux ils se coucheraient à une heure raisonnable car « on y meurt vite » !

Séance de MARDI 16/12/2025 à Servel

Jane Austen est née il y a exactement 250 ans, avant-dernière d’une fratrie anglaise de huit enfants dont le père occupait de modestes fonctions religieuses. On sait en fait peu de choses de sa vie, surtout à travers les lettres à sa sœur Cassandra dont beaucoup ont été détruites. Elle lit beaucoup mais sa famille ne peut pas se permettre de l’envoyer longtemps en pension et elle manifeste très tôt un goût pour l’écriture. A 20 ans, elle fréquente et apprécie Tom Lefroy qui étudie pour être avocat mais aucun des deux n’ayant de fortune leur famille met fin à cette relation. Dans les années suivantes elle écrit plusieurs romans que son père tente sans succès de faire publier. Au centre de ses récits on trouve des femmes ; leur dépendance au mariage pour avoir statut social et moyens d’existence est un thème récurrent. Son activité littéraire a des hauts et des bas en fonction des déménage-ments et suite à la mort de son père qui les met dans une situation financière précaire où elle dépend de ses frères. A partir de 1810 ses romans sont publiés anonymement et suscitent un intérêt modeste du public, sans lui assurer un revenu solide. Elle tombe malade début 1816 et sa santé se dégrade progressivement jusqu’à son décès à 41 ans. Ce n’est qu’au XXe siècle que sa renommée dans le monde académique et la culture populaire -notamment à travers l’adaptation au cinéma ou à la télévision de ses romans- grandit au point d’en faire un classique.

Table 1, dite « Persuasion » : L’odyssée zoologique d’Ark Nova continue avec le recrutement de JiBee par les déjà mordus Mickaël et BenjaminG. Ce soir Mickaël leur donne une leçon. Pas contentés ils décident alors qu’il est déjà tard de remettre le couvert, il n’a même pas été nécessaire de les en persuader.

Table 2, dite « Le Cœur et la Raison » : Un Hermagor à quatre pour Xel, François, Olive et VHN, un choix de raison alors que le cœur de certain poussait pour sortir le Istanbul big box nouvellement acquis.  Un jeu daté par son matériel où la phase de placement pour récupérer des tuiles (ressources pour commercer) et des sous peut donner lieu à des couinements et de longues réflexions (voire aux deux) et où il est difficile de juger qui mène en cours de partie. Il s’agit de parcourir efficacement le territoire et de bien gérer le moment de « fermer » des zones, certaines incitent à venir tôt tandis que d’autres prennent de la valeur avec le temps. Après les quatre manches tout le monde sauf François est présent sur 5 villes de la grand-route, le voilà qui subit -5 points quand les autres en encaissent +5. Xel quant à elle a quelque peu négligé l’équilibre de ses districts mais elle a multiplié les placements efficaces sur la piste H. Dom finit en tête avec 102 PV devant Xel 90, Olive 87 et François 78.

Table 3, dite « The Watsons » : F-R et Faline se lancent dans Take Time, un jeu coopératif avec des épreuves de difficulté croissante, un peu comme The Crew ou Bombbusters. Il y a aussi un petit coté The Gang ou The Game dans la nécessité de lire le sens des actions des partenaires, et un petit côté Dr. Watson dans les déductions qu’il faut faire. On place autour d’un cercle des cartes allant de 1 à 12 jouées face cachée ou parfois visible, et on fait des calculs simples pour respecter la condition de victoire de chaque épreuve. Ils ont le temps de réussir la 2 et la 3 et s’arrêtent à la 4.

Table 4, dite « Orgueil et Préjugés » : F-R rejoint la table 2 pour deux parties de The Gang. La première sera qualifiée d’échauffement, certains cherchent leurs marques pour positionner la force de leur main et malgré quelques langues un peu trop déliées c’est un échec rapide; il faut dire que la difficulté augmente avec le nombre de joueurs. On repart pour une seconde partie où là le collectif a été solide, recadrant parfois quelques jugements hasardeux pour déboucher sur une victoire 3 succès contre 1 échec. Notons qu’Olive (aux innocents les mains pleines, il découvrait) à enchaîné les belles mains après avoir commencé direct par un flush. Un jeu où on peut faire preuve de préjugés (par exemple penser qu’on ne vaut rien avec une double paire) et d’orgueil (par exemple refuser de revoir son estimation malgré les encouragements des partenaires).

Séance de MARDI 02/12/2025 à Servel

Le 2 décembre 1840 le petit Emile Zola a juste huit mois. Intéressons-nous à son enfance et à son père, François Zolla. Formé comme officier d’artillerie, il quitte l’armée italienne à 25 ans et s’établit comme ingénieur en travaux publics. Il construit notamment en Autriche la première ligne de chemin de fer hors d’Angleterre. Il s’installe en France au début des années 1830 et s’y marie. Il est retenu pour construire un barrage-voute en maçonnerie (pas de béton à l’époque) destiné à alimenter par un canal la ville d’Aix-en-Provence qui a été touchée par le choléra en 1835 et 1837. Ce barrage Zola a été représenté sur un tableau de Cézanne mais François ne le verra pas achevé : à peine les travaux entamés il meurt d’une pneumonie en 1850. Les créanciers de la société du Canal Zola en profitent pour manœuvrer à leur profit et laissent la veuve dans un dénuement extrême. Ils quittent Aix pour Paris à ses 18 ans mais, élève à Saint-Louis, il échoue deux fois au baccalauréat. Dans les années 1860 Emile Zola se fait un nom dans le monde de l’édition et du journalisme mais c’est le cycle des Rougon-Macquart, publiés à un rythme soutenu à partir de 1871, qui fera son succès. 185 ans plus tard, évoquons quelques-uns de ces romans.

Table 1, dite « La bête humaine » :  Cette fois le retour de JiBee est confirmé, l’ex-président et prince de Caylus a réadhéré et se fait les dents ce soir sur Ark Nova, accompagné par les expérimentés Mickaël et BenjaminG. Il développe bien son bestiaire et se fait coiffer de peu par Mickaël qui a maintenu un bon rythme en gain de points de conservation notamment grâce aux dons.

Table 2, dite « La débâcle » :  Un autre moment décisif ce soir, c’est l’achèvement de l’odyssée Sherlock Holmes : Detective Conseil pour François, F-R, Frank, Vincent, Elouan et VHN. Le groupe qui avait entamé la première boîte à Ti Koad en juillet 2016 est quasiment au complet, avec pour certains moins de cheveux, pour d’autres des cheveux blanchis mais on peut leur reconnaître d’avoir de la suite dans les idées. Certes le rythme enlevé de la première année (6 enquêtes en 6 mois) a flanché mais la motivation, la créativité, la bonne humeur et la convivialité ont toujours été de la partie (ainsi qu’à l’occasion des boissons et douceurs diverses). Tout cela pour dire qu’en novembre c’était la dernière enquête des Irréguliers de Baker Street, « Mort d’un détective », qui se révéla être une affaire de longue haleine. Non seulement la conduite des opérations est différente (on peut faire autant de visites qu’on veut et on ne perd des points que si on est bredouilles) mais aussi ce n’est pas le groupe qui décide de mettre fin aux investigations, il faut donc accumuler suffisamment d’éléments pour que le jeu vous emmène à son acmé. La première séance nous avait mis sur la piste de la baronne Haisler, rencontrée dans l’Oeil du tigre –eh oui, il faut aussi se référer aux aventures précédentes de la boîte mais c’est déjà bien loin…- qui a disparu et dont le passé troublé resurgit ; on tâtonne un peu mais on finit par flairer la piste d’un gang violent qui grenouille dans certains clubs sportifs londoniens. La seconde séance, la semaine dernière, a vu de belles réussites (l’identification du boss du gang et surtout un décodage révélant l’adresse de leur repaire, sans parler du fait que très exceptionnellement Lestrade livre des infos utiles !) et quelques tâtonnements (double échec à la tentative de deviner l’adresse du nid d’amour de Lord Farrow en examinant le plan de Londres).

Pour le bouquet final, la première demi-heure est menée tambour battant en collectant les dernières infos-clés, en particulier auprès du bon Dr. Watson, qui tel Higgins dans Magnum nous gratifie de ses souvenirs militaires. Nous décidons de nous jeter dans la gueule du loup en entrant dans le bouge qui sert de QG aux affreux. Nous y trouvons une demi-douzaine de personnages et comprenons vite qu’il s’agit d’interagir avec discernement faute de quoi nous serons rapidement repérés. Après un début prometteur, nous faisons de mauvais choix et l’aventure se termine brutalement par un échec gratifié du score final (et immérité NDLR) de -40 PV. Tout ça parce que nous n’avons pas su mettre en relation un détail remontant au tout début de l’enquête. Le livret nous permet néanmoins de retenter notre chance pour l’honneur et cette fois nous progressons jusqu’à la confrontation finale et, grâce à des suggestions inspirées de Frank et Elouan, sauvons la malheureuse baronne pour ce dernier run qui fait oublier notre débâcle. Pour la suite, il sera difficile de trouver un jeu comparable à moins de tenter certains des scénarios fanmade.

Table 3, dite « Au bonheur des dames » : Nolwine entourée de Caroline, Faline et Marie-Christine se lance dans un Shards of Infinity coopératif, face à un boss final nommé Moc Sai. Cela n’avait pas l’air si simple que ça mais l’ambiance était bonne.

Table 4, dite « La terre » : Julien, Olive, Corentin et Vincent2 jouent à Dune, un jeu de luttes, d’alliances et de trahisons où on se dispute la terre (ou plutôt le sable) d’Arrakis. On sait que Julien n’a pas gagné.

Séance de VENDREDI 07/11/2025 à Servel

Du monde en ce premier vendredi de novembre, avec une grande variété de jeux sur les tables de l’association. Dans les couloirs les membres chargés de garnir la hotte de Noël (qui sera révélée le 12/12) menaient de discrets conciliabules.

Table 1, dite « Terre brûlée » : La nouvelle campagne de ISS Vanguard bat son plein avec F-R, OlivierB, Armand et Jérôme. Pour leur quatrième sortie ils découvrent et foulent une nouvelle planète mais à la suite de manœuvres malheureuses ils l’endommagent au point de se dire qu’il vaut mieux la quitter (toute ressemblance avec une planète existante etc.). Ils étaient pessimistes mais finissent par se tirer d’affaire en laissant la désolation derrière eux.

Table 2, dite « Kaiser » : Des joueurs sérieux (Tristan, Mickaël, Stéven, JérômeC) disputent deux parties de Hansa Teutonica. La première, sur la carte orientale de l’Allemagne, les déroute et aboutit à des scores plus faibles que d’habitude mais aussi à une victoire de Stéven. Retour sur le terrain familier pour la seconde avec trois joueurs resserrés au score mais une victoire de Stéven avec 69 PV.

Table 3, dite « Matent des boss » : La table du jeu coopératif accueille des habitués (Julien & MC) et des nouveaux (Cindy et Bérenger, Scorfel est passé par là dans le recrutement) qui disputent deux parties de Aeon’s End, un jeu de deckbuilding coopératif où on doit venir à bout d’un boss. Le premier (Rage Incarnée) ne leur résiste pas mais le second (Reine Carapace) avait l’air plutôt coriace.

Table 4, dite « Electrique » : Agricola, un classique s’il en est, n’était pas sorti récemment (il faut dire que Jack se fait rare) et se retrouve extrait du placard au profit de Xel, Thomas, Virginie (qui découvre) et VHN. Partie débutée par un draft maintenant classique, prolongée par un joueur prenant son temps comme un bestiau laissé dans une pâture appétissante et qui a vu une lutte intense pour la position de premier joueur. Xel et Virginie privilégient l’élevage et finissent avec une ferme de 3 pièces en pierre mais au décompte final la seconde est pénalisée par ses nombreuses parcelles restées en jachère. Comme toujours à ce jeu la diversification est récompensée et Dom l’emporte avec 43 PV devant Xel 35, Thomas 29 et Virginie 17. Ils finissent la soirée avec un Odin qui voit Xel mettre fin à la partie avec 23 points et Dom mettre fin à une série de dernières places avec 12 points (ce sont des points de pénalité, il en faut le moins possible).

Table 5, dite « Eclectique » : Nolwenn, Faline, Jeff et Corentin varient les plaisirs. Début de soirée avec The Loop, jeu coopératif qui les voit réussir. Poursuite avec Harmonies, un jeu où Faline confirme qu’elle est dure à détrôner.

Table 6, dite « Chaudron de la création » : Encore des visages récents à une table « protozone » où Frank, Younaël et Pierre-Yves partagent leurs créations avec Jules et Erwan. On y a joué à « Ah la ferme », « A la volée » et « Faut qu’j’achète », titres provisoires de ces jeux évolutifs au fil des semaines et des itérations de mise au point. Ils avaient l’air très satisfaits de leurs échanges et sont convenus de renouveler ces sessions entre auteurs ludiques.

Séance de MARDI 04/11/2025 à Servel

En 1962 la tension est à son comble entre les Etats-Unis et l’URSS (c’est l’année de la crise des missiles de Cuba) et, après quatre ans de moratoire sur les essais nucléaires des deux superpuissances, les soviétiques relancent une campagne qui a culminé avec l’arme la plus puissante jamais testée, la Tsar Bomba (sur laquelle on pourrait écrire beaucoup de choses. Disons seulement que sa puissance fut de 50 Mt mais que selon les calculs elle aurait fait 100 Mt si un bouclier d’uranium entourant les matières fissiles n’avait pas été remplacé par du plomb pour minimiser les retombées radioactives. Avec une masse de 27 tonnes ce n’était pas une arme déployable mais la preuve expérimentale qu’il y avait peu de limites à la puissance de cette famille de bombes tout en étant un outil de propagande pour le régime). Les américains de leur côté lancent rapidement le programme Dominic de 31 essais atomiques dont les bombes étaient larguées par avion, mais aussi l’opération Fishbowl consistant à provoquer des explosions à haute altitude avec des bombes lancées par des missiles Thor (« what could go wrong? » NDLA).

Le moins qu’on puisse dire c’est que cela n’a pas été une réussite. Sur les 9 essais, 4 ont échoué suite à une défaillance de la fusée, dont une destruction sur le pas de tir qui a nécessité plusieurs mois de décontamination. Le premier à aboutir a été l'(in)fameux Starfish Prime du 9 juillet où une charge de 1,4 Mt détonna à 400 km d’altitude et provoqua une puissante impulsion électromagnétique qui fit des dégâts sur les réseaux électriques et télécoms à Hawaii, à 1450 km de là. Elle endommagea aussi une bonne partie des instruments qui enregistraient l’essai, ainsi qu’entre 5 et 10 satellites qui tombèrent en panne dans les mois suivants. L’une des victimes est bien connue par ici puisqu’il s’agit de Telstar 1, lancé le 10 juillet, qui assura la première communication par satellite entre Andover et Pleumeur-Bodou le lendemain (il réalisa quelques autres premières techniques durant sa courte vie active comme la première transmission live de télévision transatlantique et l’échange lointain de messages entre deux ordinateurs IBM). Le dernier essai de la série fut Tightrope, une petite charge de 10 kt (bon c’est quand même la moitié de celles d’Hiroshima et Nagasaki) tirée le 4 novembre 1962, qui fut aussi le dernier essai nucléaire atmosphérique conduit par les USA. Soixante-trois ans plus tard, la prolifération nucléaire continue à bas bruit (et on a oublié que l’Afrique du Sud a construit puis démantelé une demi-douzaine de bombes A).

Table 1, dite « Artificier » : Retour de l’Année du Dragon sur nos tables dans une configuration à 4 joueurs (Olive, François, Marie-Christine et VHN). Olive déroule une stratégie audacieuse : il commence par acheter un grand privilège, ça c’est classique (mais risqué car ruineux quand le 3e événement de l’année est le paiement du tribut à l’empereur – d’ailleurs il n’échappera pas à la perte de deux personnages). Mais à la mi-partie, il double la mise et se retrouve à caracoler en tête en marquant 4 PV à la fin de chaque tour. Dépourvu d’agriculteur, il fera toute la partie en mode frugal avec une équipe restreinte, 6 persos au max tenant dans 2 temples et jamais un sou vaillant. Heureusement il dispute à Dom la position de premier joueur et garde donc une certaine liberté dans son choix d’action de début de tour. François achète un lettré tôt dans la partie et personne ne lui dispute les 4 PV qu’il peut ainsi marquer à la phase d’actions, il investit aussi au bon moment dans une paire de moines. Dom de son côté domine sur les feux d’artifices et fait grandir doucement ses temples et ses persos. En fin de partie François et MC sont victimes de la seconde famine, avec la perte respective de 3 et 5 persos qui manqueront cruellement au décompte final (« Je n’ai pas l’esprit à la fête » commente-elle sobrement à la seconde fête des dragons).  Au début du décompte les scores sont relativement regroupés mais Dom, aidé par ses moines et les 18 PV de ses 9 personnages, se détache. Il finit avec 101 PV contre 86 pour Olive, 82 pour François (qui remonte de 12 PV avec ses moines) et 74 pour MC.

Table 2, dite « Superpuissance » : Thomas, Marie-Anne et Julien jouent au récent Forêt Mixte Dartmoor, Thomas maîtrise et ne laisse aucun espoir aux deux autres.

Table 3, dite « Deuxième essai » : On reprend les mêmes mais le jeu change vers le petit frère : Mickaël, Stéven et BenjaminG et Sanctuary, version « simplifiée » d’Ark Nova. Malgré un thème partagé -construction d’un zoo- il y a beaucoup moins d’interaction dans cette version qu’il faudrait plutôt, nous dit-on, comparer à Harmonies. De même, finie la double piste (score et réputation) dont le croisement des pions déclenche la fin de partie, ici c’est le plus souvent le remplissage du zoo par un joueur qui met fin au jeu. Stéven et Mickaël qui l’ont inauguré vendredi finissent avec un score égal (et respectable) de 148, Benjamin suivant avec 109. Comme Mickaël a plus d’animaux c’est lui qui s’attribue la partie. Sans craintes des retombées ils se remettent en position pour une seconde partie.

Table 4, dite « Affrontement » : Nolwenn fait découvrir à Marc et Faline un nouveau jeu, les Royaumes Sauvages. Il s’agit de lutter pour le contrôle de cinq territoires en y plaçant des cubes en jouant des cartes (cela peut rappeler Kardinal und König mais en plus chaque territoire impose des contraintes différentes sur les cartes qui peuvent être jouées. Le jeu ajoute une dimension « tempo », il faut bien choisir le moment de ses actions car dès qu’un joueur a passé certaines deviennent indisponibles. A cette première partie c’est Faline qui s’en est le mieux tirée mais le groupe restait tiède sur la configuration à 3 joueurs où on peut tirer les marrons du feu d’un affrontement entre les deux autres.