Séance de VENDREDI 31/10/2025 à Servel

Entre le 4 octobre 1927 et le 31 octobre 1941, Gutzon Borglum et 400 ouvriers sculptent les quatre visages hauts de 18 mètres du mont Rushmore, commémorant les 150 premières années de l’histoire des États-Unis. Les présidents sont choisis par Borglum pour leurs rôles dans la sauvegarde et l’expansion du territoire national. George Washington représente la naissance de la nation, Thomas Jefferson l’expansion de la nation à la suite de l’achat de la Louisiane à la France en 1803, Abraham Lincoln la préservation de la nation pour son rôle dans la Guerre de Sécession et Theodore Roosevelt le développement de la nation, notamment la construction du canal de Panama. Le coût total de l’œuvre s’élèva à 989 992,32 dollars. Aucun ouvrier n’a trouvé la mort lors de la réalisation de l’œuvre, ce qui est remarquable pour l’époque.

Le mont Rushmore est un sujet de controverse pour les Lakotas, qui ont perdu leurs terres à la suite de la guerre les opposant à l’État fédéral entre 1876 et 1877 et considèrent ces collines comme sacrées même si les historiens pensent qu’ils avaient conquis la région par la force en chassant les tribus Cheyennes en 1776. Le monument a pour certains un caractère raciste en représentant les quatre présidents en fonction lors de l’acquisition des terres ancestrales appartenant aux autochtones. Il pourrait donc être interprété comme indication de la supériorité des Blancs sur la nation autochtone. Gutzon Borglum lui-même est sujet à controverse, car il fut membre du Ku Klux Klan. En réponse à ce monument, un autre mémorial est en construction un peu plus loin, représentant le célèbre chef autochtone Crazy Horse regardant en direction de l’Est par-dessus la crinière de son mustang vers la terre où ses guerriers sont morts. La réalisation de cette œuvre, qui devrait dépasser en taille le mont Rushmore, a débuté en 1948. Mais le sculpteur meurt en 1982 à 77 ans sans voir son œuvre achevée. Ses descendants continuent le travail, qui pourrait durer encore cinquante ans.

Il a été affirmé que la sculpture était définitive et que la roche ne permettait plus l’ajout d’un nouveau visage au mont Rushmore, même si le progrès technique rendrait la chose concevable. Plusieurs présidents ont été proposés comme cinquième visage du mont Rushmore. Le nom le plus demandé est celui de Franklin Roosevelt, souvent considéré comme l’un des meilleurs présidents des États-Unis. Il a aussi été envisagé d’ajouter l’effigie de John Fitzgerald Kennedy, puis celle de Ronald Reagan avant que le locataire actuel de la Miason blanche ne s’interroge à voix haute sur l’opportunité sa propre présence.

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84 ans après, il n’a pas été nécessaire de mobiliser les carrières de granit du Trégor pour réunir les membres de Parties Civiles.

Table 1, dite « Mimétique » : Quatre explorateurs partent cultiver le thé à Ceylan. Un jeu totalement thématique qui permet de planter, récolter, commercer la célèbre herbe, et de sceller des alliances lucratives avec les chefs locaux. Très bien construit autour de peu d’actions, le jeu offre en plus la rare faculté à tous de jouer en même temps, car à son tour, le joueur actif expose une des cartes de sa main comportant son action d’un côté, et de l’autre celle que ses adversaires peuvent jouer à la suite, ce qui neutralise les temps morts. Marie-Anne et Jérome C colonisent la région du centre tandis que Thomas et François parcourent la carte, pourchassant le bonus accordé au joueur qui établit sa présence dans les qutre régions (c’est Thomas qui réussit le premier). Autre originalité, le jeu comporte un décompte final identique sur tous les postes avec les mêmes PV (10 au premier, 6 au deuxième, 3 au troisième, 1 au quatrième). La fin de partie arrive vite : alors que François s’apprêtait à conclure une alliance dans une région qu’il contrôle, ce qui lui offrait une victoire certaine, Thomas lui coupe une fois de plus l’herbe sous le pied en la déclenchant ! La feuille de score est un mimétisme surprenant du Mont Rushmore: Marie-Anne s’impose avec 43 devant Thomas, 43 également mais battu au départage. Juste un peu plus bas, on trouve JérômeC, 42, et François, 41.

Ils essaient ensuite Forêt mixte Dartmoor, une déclinaison de l’original très semblable par ses mécanismes mais très différente par ses options de scoring, ce qui en désarçonne plus d’un, à commencer par François, lancé dans une vaine chasse aux libellules (79). Thomas a assuré (101), tandis que, sur le haut du pavé, JérômeC (112) et Marie-Anne (120) faisaient merveille par leurs combinaisons. Celle-ci jouant avant, celui-là fut privé de plusieurs opportunités qui scellèrent le sort de la partie.

Ils enchaînent enfin avec le récréatif Mojo, petit jeu de cartes où le hasard des tirages tient le premier rôle, et qui voit les perdants de la soirée, Thomas et François, s’assurer une victoire chacun.

Table 2, dite « Leçon d’histoire » : Delphine, Xel et Marc se mesurent à Benjamin pour Civilization. Ce dernier a l’air tout gentil, mais il a éclaté ses adversaires, seulon un témoignage resté anonyme.

Table 3, dite « A jamais les premiers » : Encore un spin-off à cette table, avec Ark Nova Sanctuary, sitôt reçu et derechef dépunché en direct ! Pour cette première historique, Stéven, 133, mate Mickaël, 104, et Jeff, 100. L’effet du hasard ? Une deuxième partie incline à penser le contraire, qui voit le même ordre d’arrivée sur des scores respectifs de 133, 128 et 88.

Table 4, dite « Double mixte » : ici, on joue à l’original de Forêt mixte. Au contraire du mont Rushmore, ce quatuor était mixte, Olivier B, Faline, Clément et Caroline étant au casting, mais l’ordre dans le monument nous est inconnu.

Table 5, dite « Colonisation » : F.-R., Caroline et Sébastien prennent une leçon à Dune insurrection. Leur maître ? Le redoutable Corentin.

Table 6, dite « Bâtisseurs » : Fred, Elie, OlivierL et Dom se lancent dans Kutna Hora, un jeu de développement économique caractérisé par un marché des ressources (chacun n’en produit que 3 sur 6) fluctuant à la hausse comme à la baisse. Le père et le fils donnent une leçon de maîtrise. Elie profite de la naïveté de Dom -en construisant une scierie il fait baisser le prix du bois- pour construire rapidement 3 bâtiments. Il s’assure ainsi un revenu conséquent qui alimente son moteur (des sous pour construire des bâtiments ou des mines qui augmentent le revenu). Il utilise aussi avec habileté l’action « Cathédrale » dont il obtient en particulier un double revenu énorme au bon moment (112 sous !). Fred de son côté tire parti du fait qu’il est longtemps le seul avec une mine dans les 4 niveaux pour accumuler 2 PV par manche. Il produit aussi des ressources (argent, bière et certificats) bien valorisées. Olivier, quant à lui, ne se remet pas d’un choix malheureux de premier bâtiment. Au terme des 5 manches le décompte final voit Elie conserver son avance avec 57 PV devant Fred 52, Dom 40 et Olivier 14.

Table 7, dite « Un train de sénateur » : après les premières parties, un grand groupe se réunit pour un Codenames. Parmi les Bleus (F-R, Sébastien, Caroline, Faline) et les Rouges (CarolineTh, Elie, Clément, Dom), il y a des habitués et des novices. Aux deux parties les Rouges qui jouent en second se trouvent face à un dilemme : avec 5 mots révélés ils doivent tenter de trouver d’un coup les 3 derniers, sinon l’adversaire risque de gagner en proposant des indices en 2. A la première partie, Dom a du mal à suivre le rythme du maître-espion F-R qui fait trouver ses mots trois par trois. Un inattendu prend la forme d’une main trop active qui touche « Base« , un mot rouge. Dom-le-veinard n’a plus qu’à conclure avec « Pyramide 2 » pour Château et Afrique. A la seconde partie (Fred vs. Clément), chaque équipe trouve un mot de l’autre et elles se retrouvent  à 5-5. Les maître-espions passent en mode « sauve qui peut », ne parvenant à faire trouver qu’un mot par tour et c’est Clément qui redonne la victoire aux Rouges avec l’audacieux « Gérard Larcher 2 » pour Cochon et Egalité.

Table 8, dite « En nage indienne » : Mickaël et Dom finissent la soirée autour de Agent Avenue : un jeu avec une dimension psychologique où on joue une carte visible et une carte retournée, l’adversaire en choisit une puis le joueur actif met en jeu l’autre. Si la carte visible a l’air trop alléchante, on se demande toujours s’il faut prendre ou pas l’autre. A ce petit jeu Mickaël est le plus psychologue des deux et l’emporte dans deux des trois parties.

Séance de MARDI 22/07/2025 à Servel

Ce 22 juillet est le deuxième plus court jour de l’année 2025. On sait que la terre tourne sur son axe en 24 heures mais en fait cette durée du jour peut varier de + ou – 1 milliseconde environ. Cependant, depuis 2020 les records sont régulièrement battus, avec un écart de durée maximal de -1,66 ms le 5 août 2024. Cette année, le 10 juillet est le jour le plus court avec -1,36 ms mais ce 22 juillet est proche avec -1,34 ms, le podium devant être complété par le 5 août (-1,25 ms). Aucune explication scientifique unanime n’existe pour ce phénomène mystérieux qui pourrait être lié à des effets gravitationnels avec la lune, ou peut-être aux mouvements du noyau et de l’atmosphère terrestres. Ce qui est sûr c’est que sur la très longue durée les jours terrestres se sont allongés, on était autour de 19 heures par jour au milieu du protérozoïque. Le fait que les journées écourtées récentes se trouvent pendant l’été nourrira probablement des idées complotistes sur une responsabilité du patronat. Quant au grand méchant habituel, le changement climatique, il intervient aussi : la fonte des calottes polaires et la montée des mers qui en découle changent la répartition des masses sur la planète, ce qui accélère la tendance de long-terme à l’allongement de la durée des jours (située entre 0,3 et 1 ms par siècle au cours des siècles passée, elle pourrait doubler).

Table 1, dite « Il n’y a plus de saisons » : Partie de Iki, un jeu qui se joue le temps de quatre saisons, pour Mickaël, Marie-Anne, Marc et BenjaminG. La partie a été serrée et il a fallu attendre le dernier tour pour que Mickaël tourne un poil plus vite que les autres et mette la main sur un bâtiment à 22 PV. Les autres n’ont pas su le bloquer et il finit en tête avec 107 points devant M-A, Benjamin et Marc.

Table 2, dite « Podiums » : Partie de Abyss pour Nolwenn, François, Olive et VHN. La partie est relativement courte avec peu de combats de monstres (un unique jeton gagné … et finalement volé) et peu de Lieux acquis. Deux Seigneurs-clés sont achetés tôt : celui qui permet de prendre deux piles de cartes au lieu d’une par François et celui qui donne une remise de 2 sur les achats de Seigneurs par Dom. Il en use et abuse et achète à bon rythme ses Seigneurs suivants en s’aidant d’une bonne réserve de perles. Inévitablement, il met bientôt fin à la partie avec son septième Seigneur. Nolwenn réussit à sa dernière action à récupérer un deuxième Lieu, ce sera la seule. Le décompte des points fait ressortir une avance de Nolwenn sur les Lieux (19 PV), de Olive sur les alliés engagés (19 PV) et de Dom, logiquement, sur les Seigneurs (50 PV). Au final ce dernier l’emporte avec 73 PV devant Nolwenn 61, François 52 et Olive 51.

Les mêmes poursuivent en ressortant de l’armoire Cat in the Box. Ce petit jeu de cartes aux mécanismes déroutants (on fait des plis avec des cartes toutes de la même couleur, c’est au moment de la jouer qu’elle prend une couleur, allusion aux principes de la mécanique quantique qui donnent son nom au jeu) et aux règles incroyablement mal écrites (remercions ici Nolwenn qui y avait déjà joué et qui a rectifié une poignée d’erreurs dans les explications du malheureux auteur de ces lignes) est entré dans notre ludothèque à Noël 2023 mais après une partie de découverte entachée de grosses erreurs de règles il avait été étiqueté « injouable et sans intérêt ». C’est donc sa réhabilitation qui est en jeu ce soir. Après les laborieuses explications de règles, on a déjà presque perdu Olive quand Younaël débarque tout frais de sa journée de travail et se joint, rebelote pour lui expliquer. C’est un jeu de plis où on commence par faire un pari sur le nombre de plis qu’on fera dans la manche. Mais on n’est jamais sûr du nombre total de plis car la plupart des manches ne vont pas au bout : elles prennent fin dès qu’un joueur ne peut plus fournir une combinaison valeur/couleur de carte encore disponible (c’est un « paradoxe »). Ainsi sur les 5 manches de la partie, une seule a été à son terme. Il y a peu de contraintes sur le choix des cartes jouées (pas d’obligation de fournir la couleur du pli ni de couper) et les meilleurs plans se voient torpillés par le joueur qui vous précède. Pour rester dans la terminologie quantique, disons qu’une certaine indétermination plane sur la tactique à utiliser. Younaël s’illustre en étant le seul à ne finir aucune manche avec un score négatif ou nul, il s’impose de peu avec 17 PV devant Nolwenn 16, Dom 15, François 9 et Olive 6. A ce stade on ignore si arborer une moustache à la Alain Aspect donne un avantage à ce jeu.

La table moins François finit la soirée avec un jeu récent, Tír na nÓg. Sur un thème irlandais et une mécanique de prise de cartes qui rappelle Spyrium, il s’agit pour chacun de construire sur cinq manches un tableau de 3 x 5 cartes, sachant que tous les joueurs ont à chaque partie les mêmes conditions de scoring variables, une par rangée de son tableau. Les cartes valent de 1 à 8 en quatre couleurs mais certaines disposent de pouvoirs spéciaux qui modifient soit les règles de la phase de prise des cartes, soit la valeur/couleur/position des cartes dans son tableau. Les points marqués à la fin de la partie proviennent d’une part des 3 objectifs des 3 rangées, d’autre part d’une règle de majorité sur les blocs de cartes adjacentes de même couleur. Et sur ce point nous avons joué en pensant que le bonus pour les trois plus grands domaines n’était attribué qu’une fois, indépendamment de leur couleur. Mais au moment du décompte il s’est avéré que c’est couleur par couleur. La contribution de ces bonus au score final est donc beaucoup plus forte, on aurait joué différemment et c’est avec un pauvre domaine vert de deux cartes que Dom prend 13 PV et s’adjuge la partie avec 99 PV devant Olive 92, Nolwenn 88 et Younaël 71. La prochaine fois, on sera prévenus !

Table 3, dite « Mystérieuse » : Une fois n’est pas coutume, un quatuor s’installe au calme pour faire un scénario du jeu de rôles Tactical Reward Student. Ce qui s’y est passé reste un mystère.

Table 4, dite « Nuit raccourcie » : Mickaël et F-R font une paire du court Agent Avenue (les deux fois pour le Président) puis le premier s’en va. Nolwenn, Younaël et F-R continuent après minuit avec un coopératif primitif, Paleo, avec quelques experts autour de la table. Ils réussissent dans le scénario 2 avec les loups.

Séance de VENDREDI 04/07/2025 à Servel

Alejandro Mogollo Art on X: "Eva Marie Saint as spy Eve Kendall in #AlfredHitchcock's #NorthbyNorthwest, wearing the beautiful black silk with red roses gown bought in Bergdorf. #evamariesaint #evekendall #hitchcock #masterpiece #spy #En cette fête de l’indépendance américaine, quel meilleur symbole de liberté que l’actrice Eva Marie-Saint, qui partage avec l’état fédéral sa date de naissance et fêtait en cette soirée son cent-unième anniversaire. Etonnament, les tables jouées ce soir se reflètent dans sa filmographie, jugez plutôt.

Table 1, dite « La mort aux trousses » : Nolwenn, Xel, F.-R., Armand, Jérôme, Vincent et Elouann embarquent pour un long voyage à bord de Battlestar Gallactica. Les deux derniers sont cylons, Elouann vite démasqué et sitôt embastillé, Vincent révélé sur le tard. Face à une équipe expérimentée, les deux novices ont eu le mérite de retarder l’inexorable jusqu’à une heure déraisonnable.

Table 2, dite « Les russes arrivent » : Dom, Olive et François revisitent Russian Railroads. Une partie rondement menée par Dom, qui déploie une myriade de rails richement valorisés par des étoiles qui doublent leurs points, et Olive, qui multiplie les actions supplémentaires. François axe sa stratégie sur la piste de construction, mais patine sur ses lignes, échouant à 186, devancé largement par Olive, 246. Tout en haut, le tsar Dom, à 342, n’a laissé aucune chance aux camarades cheminots.

Table 3, dite « Rien en commun » : Toujours aussi populaire, Ark Nova attire toujours les foules. Mickaël et olivier B se sont inclinés face à l’inévitable Steven, qui réussit à l’emporter par l’alliance de deux pensionnaires qui n’ont rien en commun sinon la rime: le lapin et le requin.

Table 4, dite « Don’t come knocking » : Mickaël et Stéven ferment la porte à clé pour un rendez-vous rapide aux chandelles dans les dédales de Agent Avenue. Leur étreinte fut aussi brève qu’intense, on n’a pas osé les déranger avant de leur donner rendez-vous en table 5.

Table 5, dite « Superman returns » : Les tables 2 et 4 se retrouvent donc à . Un jeu fièrement propulsé par Dom à la gloire du génial Reiner Knizia et qui vit son lot habituel de surprises (le Nil brusquement privé de crues, les arrivées intempestives du Dieu égyptien), dont Steven sut jouer avec une habileté diabolique et une chance insolente, notamment en faisant main basse sur une ligne pleine de tuiles magnifiques alors qu’il restait seul en piste à la fin de la première manche. Mais à ce niveau de fréquence, la chance n’est-elle pas une forme de talent ? Le tableau final parle de lui-même, avec Steven à 45, Mickaël, 36, Dom, 27, Olive, 22, et François 18.

Table 6, dite « Exodus » : Quelques rescapés de la table 1 tentent l’aventure à Die Crew. Une expérience mitigée, et pourtant, à ce jeu coopératif, il n’y a aucun cylon.