Séance de MARDI 20/06/2023 à Servel

À Nuremberg, le 20 juin 1492, quelques semaines avant la découverte du Nouveau Monde par les Européens, le cartographe et navigateur Martin Behaïm achève la réalisation du premier globe terrestre, d’un diamètre de 50 centimètres, est aujourd’hui conservé dans sa ville natale. La rotondité de la Terre, mise en évidence deux mille ans plus tôt, ne fait alors de doute pour personne. Il faudra néanmoins attendre un demi-siècle de plus pour comprendre avec Copernic qu’elle tourne autour du Soleil et n’est qu’une planète parmi d’autres.

Quelques années plus tard, à Parties Civiles, on refaisait le monde.

Table 1, dite « Nordique » : à The thing Xel, Marie-Anne,  Nastassia, Thomas, François-René sont plongés dans l’univers du célèbre film de John Carpenter en Antarctique, où un groupe de chercheurs américains fait la découverte d’un corps enfoui dans la neige depuis plus de 100 000 ans. La créature reprend vie une fois décongelée, et elle commence à assimiler et imiter les autres organismes vivants. C’est Xel qui incarnait la chose, et la victoire des humains fut au rendez-vous.

Table 2, dite « Dominicaine » : Flavien et François défient Dom à La gloire de Rome et, dès le premier tour, Flavien et Dom prennent la taille Patron en recrutant un artisan. Flavien combotte si bien qu’il remplit ses stocks et multiplie les actions gratuites. Cette chance du débutant sera couronnée de l’infortune d’une troisième place, par faute d’une chambre forte bien vide. Dom, qui a réussi à y placer trois morceaux de marbre au dernier tour, l’emporte 26 à 24 devant François. Une seconde partie s’impose derechef, qui voit sa domination prendre un tour impérial, 37 à 24 cette fois-ci, pour le même podium. Ils enchaînent ensuite sur un Mot malin et sont couronés du bon score collectif de 20/25 !

Table 3, dite « Mystique » : On termine par  la fusion des deux tables à Fiesta de los muertos dont le thème macabre n’exclut pas la rigolade, surtout quand Neox pointe sa fraise pour s’y encanailler en fin de partie.

Séance de VENDREDI 16/06/2023 à Servel

Au matin du 16 juin 1976, une série de manifestations menées par des élèves noirs de l’enseignement public secondaire éclate à Soweto, en Afrique du Sud, pour protester contre l’introduction de l’afrikaans comme langue officielle d’enseignement à égalité avec l’anglais dans les écoles locales. Pour disperser la foule, la police tire à balles réelles, causant au moins 23 morts. On estime que 20 000 élèves ont participé à ces émeutes, et entre 176 et 700 personnes ont été tuées au total par les forces de police. Le 16 juin est devenu en 1994 un jour férié en tant que fête de la jeunesse, et depuis 1991, la journée de l’enfant africain est organisée chaque année le 16 juin sur tout le continent africain, en souvenir du massacre des enfants à Soweto.

L’association de l’afrikaans à l’apartheid avait incité les noirs d’Afrique du Sud à préférer l’anglais, langue internationale, y compris dans les bantoustans où l’anglais avait le statut de langue officielle au côté des langues autochtones. Le décret de 1974 était destiné à renverser le déclin de l’apprentissage et de l’utilisation de l’afrikaans dans la jeune population noire et de se conformer à l’obligation constitutionnelle (faite également aux écoles blanches) de prodiguer un enseignement dans les langues anglaises et afrikaans. Pour le justifier, le vice-ministre de l’Éducation bantoue déclara « Pourquoi devrions-nous commencer maintenant à se quereller à propos de la langue d’enseignement pour les personnes de race noire ? Non, je ne les ai pas consultés et je ne vais pas les consulter. J’ai consulté la Constitution de la République d’Afrique du Sud ».

La répercussion médiatique internationale du soulèvement de Soweto, ainsi que sa répression, est à l’origine de l’adoption par l’ONU en 1977, d’un embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Afrique du Sud. Les émeutes ont aussi des répercussions économiques, affectant le rand sud-africain et amorçant un début de boycott  à la fois politique et économique qui culminera au milieu des années 1980. À aucun moment, les gouvernements sud-africains n’arriveront à restaurer la stabilité politique et sociale qu’avait connu le pays jusqu’alors.

47 ans plus tard, à Parties Civiles, on parlait en toutes les langues.

Table 1, dite « Victime expiatoire » : La bête personnifiée par Tomas se fait débusquer à l’issue d’une longue traque, menée par Baptiste, Marie-Anne et Benjamin.

Table 2, dite « Justice en noir » : L’équipe habituelle de Batman (Xel, Fabrice, Samuel, Steven) engrange une nouvelle victoire.

Table 3, dite « Stärker zusammen » : déjà 5 ans que Black orchestra n’était sorti sur nos tables. Et voici que Mickaël en apporte la version traduite en français,  attirant Frank et François dans un projet au long cours : un complot contre Hitler. Ballotés au gré des événements, interrogés et arrêtés par la  Gestapo plus souvent qu’à leur tour, nos trois ennemis de l’intérieur (deux de la Wechmacht et un de l’Abwer) ont fomenté moult projets, tous entre les mains de Dietrich Bonhoeffer, un pasteur luthérien, théologien, essayiste et résistant au nazisme (joué par François), mais qui s’évanouissaient régulièrement, faute de remplir les conditions nécessaires, ou à cause de la puissance du Fûhrer. A l’aube de l’année 7, celle de tous les dangers, la cause semble perdue. Mais il existe une fenêtre de tir : un des complots permet de viser Hitler après un de ces déplacements, c’est une opportunité à ne pas manquer, car, nous le pressentons, un seul complot sera tenté, et, comme lors de la partie inaugurale de 2018, il fut réussi avec une chance insolente, 4 cibles tirées aux dés sur 4 (probabilité de 1/81 calcule aussitôt Frank) !

Table 4, dite « Un lion en été » : François-René, Jérôme, Olivier B et Armand continuent leur campagne au long cours à Gloomhaven : jaws of the lion. Le scénario 8 se signe par une nouvelle victoire.

Table 5, dite « Grains de victoire » : Après plusieurs parties récentes de Great Western Trail, Marc propose à Tristan, Christophe et Dom de varier les plaisir en découvrant la variante « Argentine« , l’autre pays du bœuf. L’essentiel des mécanismes et des règles est toujours là, on parcourt la piste menant à Buenos Aires en recrutant des personnages (gaucho, charpentier ou machiniste ferroviaire) et on fait face à une grande variété de choix stratégiques et tactiques dans ce jeu où une seule tuile apparue sur votre chemin peut vous faire couiner amèrement (ils se reconnaîtront). Parmi les nouveautés, en avançant sa locomotive on s’ouvre la possibilité de raccourcis qui permettent de parcourir bien plus vite la piste. L’autre changement est le remplacement des nuisances (terrains hostiles, bandits, indiens et autres incidents de parcours) par des paysans qui vous taxent au passage mais sauront vous récompenser en pesos si vous les aidez, et l’ajout d’une ressource « grain » qui permet de gagner sous ou PV au moment de la livraison de son troupeau, avec un aspect « tempo » à bien maîtriser, des bateaux prennent le large à des moments clés.
Marc ouvre la partie par un coup de maître : plutôt que classiquement commencer par recruter un perso, il a analysé la position des bâtiments et a noté que, moyennant une bonne main de départ, il y a moyen de faire une livraison précoce qui rapportera assez pour recruter dans la foulée deux persos. Il mène une partie de haut vol et récolte des points de façon équilibrée, il l’emporte avec 120 PV. Dom, avec un manque chronique d’argent, a un bon cheptel et a fait des placements de disques rentables dans les ports mais a un peu négligé sa loco et les gares, il suit avec 112 PV. Xof multiplie les livraisons mais travaille peu la génétique bovine, son troupeau reste faible et il score 100 PV. Tristan (qui n’avait joué à aucune version du jeu) hésite entre une stratégie Bâtiments et Cultivateurs et sa loco a subi quelques croc-en-rails. Il finit avec 90 PV mais on sent qu’il n’en restera pas là.

Table 6, dite « Morts pour une cause » : Après une soiré haletante, le divertissant Fiesta de lors muertes fait office de défouloir, mais la partie fur menée gentiment et les dérives sémantiques restèrent globalement maîtrisées, à l’exception du dérapage incontrôlé qui vit Tromblon devenir Carton. La coupable a été condamnée à lire une pile de BD, le tromblon étant par exemple manié dans Léonard par le personnage éponyme pour punir son disciple, dans les aventures de Picsou quand celui-ci parle de ses aventures de chercheur d’or au Klondike, et dans Achille Talon.

Séance de MARDI 13/06/2023 à Servel

https://www.pointdevue.fr//storage/images/article_900/2023/01/GettyImages-475598101FWE0pt7WCw.jpgLe 13 juin 313, l’empereur Constantin promulgue l’édit de tolérance de Milan par lequel il légalise le christianisme. C’est un retournement spectaculaire après la « Grande Persécution » inaugurée dix ans plus tôt par les tétrarques Dioclétien et Galère. Dans le même temps où il décentralisait l’administration de l’empire, Dioclétien éprouvait la nécessité de renforcer sa cohésion culturelle et politique. Son règne est marqué par de violentes persécutions contre les communautés chrétiennes qui refusent de sacrifier au culte impérial.

L’édit de Milan se singularise par le fait qu’il introduit un élément nouveau dans la société romaine : la liberté religieuse. Jusque-là, la religion était affaire de communauté et d’identité ethnique. On suivait la religion de ses ancêtres et de son groupe. L’édit de Milan reconnaît à chaque individu la faculté de suivre la religion de son choix. C’est un changement radical de paradigme d’autant qu’il lève par ailleurs les interdits qui pèsent sur la communauté des chrétiens. Les Églises locales se voient restituer les biens confisqués, même lorsqu’ils ont été vendus à des particuliers.

Dès lors, tout change. Le christianisme rassemble à cette date un dixième à peine de la population de l’empire romain (cinquante millions d’habitants). Il est surtout présent en Asie mineure (actuelle Turquie) et en Afrique du Nord. Né dans les classes populaires, il gagne de plus en plus la faveur des classes supérieures et des élites intellectuelles et urbaines. Fort de la protection impériale, il va prendre son essor et s’imposer en quelques décennies comme la seule religion officielle de l’empire.

Dix-sept siècles après, à Parties Civiles, chacun avait en liberté choisi de suivre son culte.

Table 1, dite « Un empereur » : Thomas attire dans ses rets Flavien et Benjamin pour un amical Brass : Birmingham. Les novices y firent bonne impression, surtout Flavien (181), qui manqua de peu l’affront suprême de mater le maître (Thomas, 198), à un classique où, avec 112, Benjamin se cherche encore. La soirée vire alors à la correction à Red 7, Thomas infligeant un historique 35-0-0 aux impétrants.

Table 2, dite « Deux impératrices » : Ark Nova est choix osé pour un mardi, surtout à 4, mais, Xel, Marc, François et Nastassia bravent les pendules et se lancent, après un rappel de règles administré façon puzzle par Nastassia. Marc, sans affoler le chronomètre, prend rapidement la tête sur la piste d’attrait tandis que Xel joue ses tours en 15 secondes faute d’animaux adéquats, que François patine sur la piste de conservation, et que Nastassia construit méthodiquement son zoo, réussissant l’exploit de remplir au final toutes les zones constructibles (récompense de 7 PC à la clé). Passées les matines, le suspense règne encore sur la fin de partie que déclenche le joueur qui fait se croiser les pistes. C’est Nastassia qui s’y colle et se voit vainqueure. Mais, in cauda venenum, par le truchement des points de fin de partie, elle se voit rejointe à +17, et même devancée par Xel au départage (3 projets conservation à 2) ! Derrière les deux impératrices, Marc fait bonne figure (+14) quand François paie son décollage tardif (-11).

Séance de MARDI 06/06/2023 à Servel

Et cette belle soirée printanière, un débarquement de cinq ludopathes a été remarqué en baie de Lannion, non loin de Servel.

Table 1, dite « Le jour le plus long » : Marie-Anne, Thomas, Xel, Benjamin et Nastassia s’essaient d’abord à une enquête de Bureau of investigation – qui est, rappelons-le, une sorte de Sherlock à la sauce Cthulu, en moins fouillé dans les attendus des réponses aux questions. Un joli méli-mélo de déductions se traduisit par le score honorable de 4/7. La soirée était déjà avancée, mais ce n’était qu’un début : ils jouent ensuite à Red 7, la nouvelle star des mardis, que Xel s’octroie après des manches interminables et sur épuisement de la pioche, car elle n’avait atteint que 26 des 30 points requis.

Séance de VENDREDI 02/06/2023 à Servel

Il paraît que le dernier couple de grand pingouin (Pinguinus impennis) a été tué le 2 juin 1844 sur son dernier refuge, l’ilôt d’Eldey proche de l’Islande. En plus c’était à la demande de musées d’histoire naturelle qui voulaient chacun avoir leur spécimen naturalisé. Méditons sur cette histoire absurde et tournons-nous vers la ménagerie réunie en ce vendredi quasi estival, un temps à ne pas mettre un pingouin dehors.

Table 1, dite « Fauve » : Le cri/grondement de La Bête résonne de nouveau à Servel, poussé par un Mickaël traqué par Thomas en lieutenant de louvèterie limite sadique, Marie-Anne, Frank et Paul (des enfants maintentant, c’est du beau !). Malgré son expérience, Mickaël prend un mauvais départ la première année et en tendant l’oreille on pourrait entendre des ricanements autour de la table. Mais il parvient à rétablir admirablement la situation et échappe à la nasse jusqu’à la dernière année. Là, une brume bienvenue désoriente ses poursuivants; avec 22 victimes et 3 jetons restants, il arrache un match nul très méritoire. Ils jouent ensuite à Trio, petit jeu de cartes d’origine japonaise (comme Scout apprécié récemment), dans différentes configurations.

Table 2, dite « Lion » : La campagne de Gloomhaven les mâchoires du Lion se poursuit pour F-R, Armand, OlivierB et Jérôme. C’était leur sixième scénario et ils ont affronté des choses peu ragoûtantes comme des stalactites gluantes. Mais le collectif est solide et ils ont même récupéré un Jérôme un peu trop généreux dans l’effort qui s’est effondré avant la fin des combats. Armand passe son personnage au niveau 3, en route vers de nouvelles aventures.

Table 3, dite « Dragon » : A la demande de Tristan qui y jouait dans sa jeunesse, l’Année du Dragon revient sur les tables. Autour de lui : Fred, Xof et VHN. Le barbu, comme souvent, fait d’emblée des choix stratégiques marqués : il achète immédiatement un parchemin rapportant 2 PV par tour (bientôt imité par Fred) puis investit dans les lettrés qui, au milieu de la partie, lui rapportent 6 PV s’il active leur action (et qu’on le laisse faire !). Autant dire que Fred et lui prennent une belle avance sur la piste de score mais c’est au détriment de leurs personnages, ce jeu impose toujours de choisir sa punition. En face Dom est plus industrieux, construisant ses palais et veillant à ne pas perdre trop de personnages avec l’enchaînement de calamités, renonçant au passage aux points des feux d’artifice. Xof qui découvre le jeu cherche la voie (petit clin d’oeil aux tintinophiles).  En fin de partie Dom et Xof sont devant pour l’ordre du tour et peuvent choisir les actions optimales pour eux. Le décompte final est l’occasion pour Dom de faire carton plein avec 20 PV pour ses persos et 9 pour ses bouddhas. Tristan est un point devant Fred au score et se réjouit jusqu’à ce que Fred réalise qu’il n’a pas décompté ses ressources+yuan restants. Il grappille deux points et l’emporte avec 97 PV devant Tristan 96, Dom 92 et Xof 83.

Le jeu de Stefan Feld étant relativement court, les mêmes installent un Innovation en mode « par équipe » (Tristan+Fred contre Xof+Dom). La condition de victoire la plus probable est qu’une paire accumule 6 Dominations. La partie débute par de belles séries de comptabilisations grâce à Métallurgie pour Fred et grâce à Rames pour Dom. Ainsi les premières dominations partent vite, deux pour chacun. Ensuite quelques dogmes de Suprématie viennent chambouler tout ça, Dom fait parler la Poudre et invoque le code des Pirates, Tristan siphonne l’influence avec Navigation et Fred nettoie l’influence avec Vaccination. Cela n’empêche pas Dom, avec un coup de pouce de l’Agriculture, de dominer les âges 5 et 6. A quatre joueurs les piles centrales se vident vite et on est déjà à l’âge 8. Dom achève de décaler à droite ses cinq couleurs (5e domination) et dans la foulée croit même qu’en décalant une couleur vers le haut il révèle la troisième icône Tour qui lui donnera la domination « 3 exemplaires de chaque icône ». Mais non, le changement de décalage masque aussi une Tour, ce n’est que partie remise et à 5-2 la messe semble dite. Sauf que Tristan met en jeu « Banlieues chics » qu’il est seul à exécuter, il a le plus de Pommiers malgré un tableau faiblard. Il archive les six cartes de sa main ce qui lui permet de comptabiliser six « 10 » ! le voilà en tête sur l’influence malgré la tentative de Christophe de la réduire. Il ne reste plus à Fred qu’à piocher 2 cartes pour que la pile des 10 soit épuisée. Le gagnant est alors le joueur avec la plus grosse influence : mon collègue rédacteur footophile dirait que c’est une victoire contre le cours du jeu, je dirais que c’est une illustration de plus des rebondissements et de la variété des expériences que procure ce jeu où rien n’est jamais perdu™.

Table 4, dite « Ruminants » : Alors que plusieurs tables se sont constituées, un quarteron de joueurs en semi-retraite (Samuel, Xel, François et Flavien) hésite sur la voie à suivre. Lorgnant sur le sac de Samuel, François repère le rarement sorti Boonlake (d’A. Pfister) et on s’accorde pour un jeu avec de nouvelles règles, format moyen-facile, nous dit-on. Ce n’est pourtant pas un divertissement pour les Mickeys : il sera passé minuit quand les feux de la table s’éteindront, après une explication de règles filandreuse sortie du plus loin de la mémoire de son propriétaire, et une bonne flopée de tours de jeux. Nous voici propulsés en un groupe de pionniers qui ont délaissé la civilisation pour s’établir à Boon Lake, une région habité des humains mais il y a fort longtemps.

Cette région inexplorée nous voit explorer les paysages, construire des maisons et des établissements, élever du bétail, produire des matières premières et développer des infrastructures. Last but not least, il y a des bateaux, qui franchissent des barrages, déclenchant à chaque fois un décompte intermédiaire. Le tour de jeu consiste à choisir un groupe d’action, qui est suivi d’une ou plusieurs actions que font à la suite les autres joueurs. L’action donne droit à un déplacement du bateau d’autant plus lointain que l’action est haut dans la pile : mais une fois jouée, elle descend en dernière position, et ne devient accessible immédiatement qu’au prix d’une lourde pénalité. Samuel est premier joueur, et Flavien s’insurge de ce mécanisme qui le mettra perpétuellement en bonne position pour choisir les meilleures options. Samuel réfute: il n’y a pas de mauvais choix, et en effet, les possibilités de scorer sont multiples, et demandent une attention soutenue à qui veut optimiser sa stratégie, surtout s’il prend en compte la réalisation des objectifs de décompte, au mécanisme retors (on gagne 1/2/3/4 PV en les réalisant, selon le décompte, mais on en perd autant en les échouant). Chacun choisit sa stratégie : les cartes pour Flavien, les constructions et le bétail pour François, les pistes d’argent et de cartes pour Samuel, et..un peu de tout pour Xel. Au final, Samuel, longtemps en retard, franchit la rivière en tête avec 135 PV, bien aidé par des cartes de fin de partie. François le talonne avec 120, avec de beaux villages et un cheptel lucratif, et réalise l’exploit d’accomplir le quatrième objectif. Flavien culmine à 115, avec un gigantesque étalage de cartes mais une mince présence sur le terrain. Xel, à 93, ferme la marche.

Séance de MARDI 30/05/2023 à Servel

Les notes télégraphiques envoyées en morse par Xel :

Table unique, dite « Unique » : Nastassia, Benjamin, Gilles, Armand, Flavien, Xel + Neox en PNJ jouent à Not alone avec Gilles en mode ‘je me fais rouler dessus’ puis initiation à Room 25 : les gardiens Gilles et Armand l’emportent (la mise en place n’est pas garantie)

Séance de VENDREDI 26/05/2023 à Servel

Le 26 mai 1993, l’Olympique de Marseille remportait la finale de Ligue des champions grâce au coup de tête de Boli et offrait au football français la première Coupe d’Europe de son histoire.

De Marseille, il fut question 30 ans plus tard à Parties Civiles, comme ce récit en témoigne.

Table 1, dite « Terre promise » : pour le grand retour de Neox, on papote, puis le Sub Terra 2 qu’il avait promis envoie tous les protagonistes (il y avait aussi Xel, Mickaël, Xof et Tristan) six pieds sous terre. Pour se remettre ils sont allés voir le dernier joujou du président (qui fonctionne avec du lithium extrait sous terre).

Table 2, dite « A jamais les premiers » : Arakis sort Titan – jeu imposant qui met vraiment dans l’ambiance avec son dispositif imposant : on s’y croirait presque, à extraire les ressources des entrailles du satellite de Saturne. Pour cette grande première sur nos tables, nous sommes dans le futur, l’humanité continue à envahir l’univers et à l’exploiter. Elle se prépare à s’étendre hors du système solaire devenu trop étriqué pour son développement et un gigantesque anneau-cité a été déployé autour de Titan et des corporations minières mandatées afin d’exploiter les faramineux gisements en étendant leur réseau de forages et de bâtiments. Les joueurs doivent s’y répandre comme la vérole sur le bas clergé et se remplir les soutes. Mais ils devront composer avec les autres humains avides et surtout avec le tholins, polluant, qui colle aux cales et qui ne rapporte que des ennuis. Belle découverte de ce jeu très pur (pas de dé ni de cartes ni de hasard ni d’asymétrie, un mécanisme universel mais qu’il s’agit de bien appréhender), qui voit longtemps François prendre la tête, mais c’est une illusion car il s’est lesté de tholins au passage et culmine à 93. En tête, un duel de titans oppose Arakis à Flavien et le score final les voit tous deux à 116 alors que le sparnassien s’apprêtait à sabrer le champagne de la victoire ! Mais c’est finalement Arakis qui l’emporte au départage, avec un tube de plus restant sur son plateau !

KS le 17/09] Titan - Discutons projets participatifs - Tric Trac

Table 3, dite « Duel au sommet » : Fred et Dom, arrivés tard, décident de découvrir Splendor Duel. En fait le jeu original est tout à fait potable à deux mais les lois du marché sont ainsi faites. Co-autoré par le maître autoproclamé Bruno Cathala, le jeu garde la mécanique de son parent : achat de cartes avec des jetons de couleur, la plupart des cartes fournissant un jeton permanent pour les achats suivants ; jeton or joker permettant de réserver une carte etc. Les nouveautés vont dans deux directions :

  • des options plus riches : 3 conditions de victoire au lieu de 1 avec l’ajout de couronnes sur certaines cartes et la possibilité de faire une « longue » dans une couleur. Une façon plus compliquée de prendre les jetons qui sont déposés sur une grille où il faut prendre une ligne de 3 jetons adjacents ; une fois dépensés ils finissent  dans un sac et c’est une action de jeu spéciale qui les replace sur la grille.
  • plus d’interaction et de gestion du tempo avec la possibilité de voler un jeton à l’adversaire, d’aller chercher un jeton supplémentaire au début de son tour ou bien de rejouer (déjà vu dans 7 Wonders Duel du même) et encore la décision de quand regarnir la grille avec les jetons du sac.

Dans la première partie, le marché de cartes initiales regorge de cartes rouges avec des valeurs intéressantes. Dom les construit méthodiquement et atteint les 10 points de la victoire que Fred avait un peu perdus de vue. Dans la seconde, Fred prend de l’avance sur les couronnes mais on retrouve la course aux points du Splendor original et Dom l’emporte par 21 à 16.

Table 4, dite « Campagne au long cours » : François-René, Jérôme, Olivier B et Armand continuent leur campagne ua long cours à Gloomhaven : jaws of the lion. Encore un peu de suspense pour savoir si elle sera du même tonneau de Marseille 1993….

Table 5, dite « Marseille for ever » : Table finale de Codenames qui grossit manche après manche, ralliant les joueurs restés : la première manche est efficace, les équipes trouvent leurs mots deux par deux malgré la petite hésitation des Bleus (Xel, F-R, François et Dom) devant l’indice Planeur 2 (Aile et Volant mais pas l’assassin Ficelle). A ce rythme, l’équipe Rouge (Fred, Xof, Jérôme, Mickaël) qui joue en second peut finir un tour plus tôt. On lui doit l’efficace Handisport 2 (Course et Guide). Une fois Course recouvert, Dom tente le tout pour le tout avec Bateau 4 qui révèle bien Vapeur et Pont mais échoue sur la Rivière blanche.
Les Bleus égalisent dans une seconde manche course de lenteur, au point que les maîtres-espions s’interrogent sur ne donner que des indices en 1 : s’ils donnent en 2, les équipes s’arrêtent après un mot ou bien choisissent un mot blanc (nous resterons discrets sur l’indice Champ qui était en fait un mot visible). F-R mouille sa chemise mais son Multiplicaboost 3 (Pion, Fusée, Fils mais pas Bois car le jeu est en plastique) reste incompris.Il finit par lancer un Katioucha 3 qui malgré une orthographe approximative mène sur les 3 mots manquants (Fusée, Eclat, Poste). Le maître-espion défait explique alors avoir été pris de vitesse dans l’hilarité générale.
Pour la manche décisive François évoque ses souvenirs d’enfance avec Marseille 3 (Ville, Club et Huile) ce qui n’empêche pas les Bleus de révéler un mot rouge et de commencer à douter; L’indice Rouge suivant, Tête 2, révèle Chapeau puis après quelques hésitations, l’assassin Rame (c’était Bobine), délivrant François de l’épineuse triangulation qui lui restait (Retenue, Foudre et Cafard).

Table 6, dite « Troisième mi-temps » : Un So clover final emmène au bout de la nuit François-René, Jérôme, Xel et François, qui donna lieu à quelques perplexités sur des indices comme Graisse (Baleine, Sale), Blason (Epée, Paire) ou encore Usain Bolt (Tonnerre, Trophée), mais surtout un énigmatique Alice qui donna lieu à de nombreuses conjectures – c’était (Aventure, Verger). Pour leur part Airbag (Sac, Danger), Lait (Mère, Nourriture) furent découverts sans coup férir.

Séance de MARDI 23/05/2023 à Servel

Jérôme Savonarole — WikipédiaLe 23 mai 1498, Jérôme Savonarole était exécuté à Florence. Ce frère dominicain, prédicateur et réformateur avait pendant 5 ans dirigé un régime théocratique dans la république de Florence. Jeune prêtre, Savonarole prêche contre le luxe, la recherche du profit, la dépravation des puissants et de l’Église, la recherche de la gloire. Il est amené à dénoncer le comportement du pape Alexandre VI qu’il présente comme l’Antéchrist. Ses pamphlets violents contre les Médicis contribuent à l’expulsion de Pierre de Médicis par les Florentins. Savonarole prend le contrôle du gouvernement de la cité. Il rencontre le roi Charles VIII, négocie les conditions de la paix et évite le sac de la ville. Les Florentins sont autorisés à choisir leur propre mode de gouvernement. Le ralliement de Savonarole aux Français en fait un des principaux ennemis des Médicis, mais aussi du pape.

Il institue alors un régime qu’il décrit comme une « République chrétienne et religieuse », déclare Jésus-Christ « roi du peuple florentin ». Son régime comporte des réformes sociales et politiques : il modifie le système d’imposition, abolit la torture, renforce les lois contre l’usure, établit une cour d’appel et un système de secours aux pauvres. Mais il a aussi un aspect moral : il rend la sodomie passible de la peine de mort. Les jeunes adolescents, revêtus de robes blanches, parcourent les rues pour inciter les Florentins à l’aumône et à la charité.

Savonarole et ses partisans élèvent le bûcher des Vanités (7 février 1497). Des jeunes garçons sont envoyés de porte en porte pour collecter tous les objets liés à la « corruption spirituelle » : les miroirs et cosmétiques, les images licencieuses (femmes nues peintes sur les couvercles), les livres non religieux, les jeux, les robes splendides, les livres de poètes jugés immoraux, comme Boccace et Pétrarque. Tout fini brûlé dans un grand bûcher élevé sur la place de la Seigneurie. Des chefs-d’œuvre de l’art florentin de la Renaissance disparaissent ainsi, y compris des peintures de Botticelli, que l’artiste a lui-même apportées.

En 1498, le pape lance un procès d’Inquisition, l’accusant d’hérésie, de prophétisme, de sédition et d’erreur religieuse, mené par les dominicains, l’ordre de Savonarole, comme le veut la tradition. Arrêté, il passe cinquante jours en prison et y subit deux séances de tortures, administrées l’une par la ville de Florence, l’autre par un émissaire spécial du pape. Peu de preuves d’hérésie sont apportées, en dehors du fait qu’il affirme être un prophète parlant sous l’inspiration divine. Il est néanmoins condamné à mort avec deux de ses soutiens. Savonarole avait perdu toute crédibilité depuis qu’il avait refusé de se soumettre à une disputatio que réclamaient ses partisans pour lui permettre de prouver sa bonne foi.

A Parties Civiles, quelques années plus tard, une inquisition et une plongée dans les bas-fonds faisaient écho au destin tragique du frère.

Table 1, dite « Inquisition » : Thomas, Flavien, Armand, Xel, Nastassia et Marie-Anne s’exercent à Bureau of investigation et sa première enquête, « Le visage ». Le résultat brillant de 6 points sur 7 possibles leur sera un motif de vanité éternelle.

Table 2, dite « Bas fonds » : un Sub Terra conclut cette soirée, qui voit une magnifique victoire collective sur la dernière carte du jeu. Même Thomas, longtemps brebis égarée loin du troupeau, se voit tiré sur le tard des affres du purgatoire.

Séance de VENDREDI 19/05/2023 à Servel

Le 19 mai 1635, Richelieu, au nom de la France, déclare la guerre à l’Espagne. La France entre de cette façon dans la guerre de Trente Ans (aussi appelée « la guerre allemande » car elle menaçait son équilibre interne et qu’elle voyait se battre des Allemands dans les deux camps), qui ravage l’Europe depuis 17 ans. Elle va y gagner l’Alsace, prenant le risque d’une invasion espagnole qui n’est évitée que par la victoire de Rocroi, 8 ans plus tard grâce à un général de 22 ans (« le grand Condé »), et sortira grande gagnante de la guerre, comme un prélude au règne de Louis XIV. On s’accorde aujourd’hui sur le chiffre de trois à quatre millions de morts en trente ans pour une population initiale de 17 millions d’habitants.

Les traités de Westphalie qui la terminent en 1648 initient la nécessité d’un équilibre politique « par et dans la pluralité des États », révélant la fin d’un monde et l’établissement progressif d’un nouvel ordre qui met fin à l’idée d’une paix terrestre perpétuelle administrée par un Empire renvoyant à l’idée d’une autorité pastorale. Désormais, les principes d’administration des hommes se baseront  sur le primat de la raison d’État. Ces traités apparaissent donc comme un pivot temporel, seuil de passage d’un ordre autoritaire de type pastoral vers une rationalité politique privilégiant l’État souverain, fondement du droit international moderne.

A Parties Civiles, quelques années plus tard, on enregistra quelques morts dans de vastes contrées.

Eclipse (2011) - Jeu de société - Tric TracTable 1, dite « Retour d’enfer » : L’affaire avait été planifiée : pour son grand retour sur nos tables, le défi lancé par Arakis à Eclipse (le jeu lui aussi est de retour, son apparition sur nos grimoires relevant justement de l’irrégularité des éclipses : deux fois en 9 ans), n’était pas en l’air. Avec 37, il triomphe en conduisant les Plantes, devançant Jeff (29), Olivier B. (27) et Gilles (23).

Table 2, dite « Riche lieu » : à Ark nova on apprend qu’un zoo, sous la houlette de Mickaël, peut être un riche lieu foisonnant d’espèces. Avec +30, il domine sans peine une partie que Xel (-30) et Olivier L. (-21) terminent sur des scores négatifs !

Table 3, dite « Pastorale » : Fred et Dom sont motivés par rejouer à Great Western Trail dont la richesse est loin d’avoir été épuisée, ils récupèrent Baptiste-au-poil-ras comme troisième joueur novice. Au début on se marche un peu sur les pieds, tout le monde veut construire dans les emplacements « forêt ». Dom recrute des machinistes pendant que Fred recrute des vaches et parcourt rapidement la piste qui mène à Kansas City où il fait de lucratives livraisons qu’il transforme en recrutements multiples. Baptiste s’interroge à voix haute sur les multiples choix possibles et empile les tuiles Danger tout en parvenant à faire avancer sa loco au rythme de ses livraisons. Dom accumule tranquillement des Objectifs dont il remplit ensuite méthodiquement les conditions. Il enchaine 3 arrêts dans des gares, à chaque fois y larguant un machiniste en échange de « certificats permanents » qui améliorent la valeur de sa main lors de la livraison au terminal ferroviaire de Kansas City. Il joue un coup vache à Fred la troisième fois : n’ayant pas assez d’argent pour aller chercher la tuile bonus, il s’arrête dans la gare où Fred, suffisamment doté, allait récupérer la tuile et y patiente jusqu’à ce que Fred poursuive son périple pour convertir plus loin son argent en PV à un taux plus favorable. Un petit coup de marche arrière et voilà le Dom de retour dans la gare, cette fois avec les sous pour prendre la tuile bonus. Ayant augmenté sa limite de main à 6 cartes, malgré un cheptel moyen il arrive en fin de partie à faire deux livraisons rentables à New York et met fin à la partie. Après décompte, la stratégie de Dom s’impose avec 130 PV contre 84 pour Fred et 69 pour Baptiste.

Table 4, dite « Victimes en série » : François-René incarne pour la première fois La bête. Poursuivi par Thomas et François, il joua de malchance et fut pris en tenaille par ses adversaires, qui réussirent plusieurs enquêtes décisives, réduisant ses options comme peau de chagrin. Au final, le diable, puisque tel était son choix, fut démasqué alors qu’il manquait encore 9 victimes sur 25 à la bête pour espérer l’emporter.

Table 5, dite « Primus inter pares » : à Azul on vit une partie très aboutie de François qui scelle une belle victoire (99 avec deux couleurs complètes, une colonne et deux lignes). Thomas, 69 et François-René, 84, ont attribué leur déconfiture à leur quasi-absence du rôle de premier joueur, trusté systématiquement par le vainqueur, ce qui lui ouvrit les meilleurs choix de départ.

Table 6, dite « Ordre nouveau » : Thomas aurait-il perdu la main à Red 7  ? En tous cas, avec les règles étendues qui donnent beaucoup  de profondeur au jeu, il sera fanny d’une partie dominée par François (35), jamais à court d’options, et où François-René (15) opposa une vaillante mais vaine résistance.

Table 7, dite « Ordres établis » : un Sub Terra conclut cette soirée fertile, qui se traduisit par la confirmation de deux ordres établis dans cette soirée : celle brillante de Mickaël (seul à se sauver avec Thomas) et l’infortune de François-René, coincé entre attaques de bêtes, explosions de gaz, inondations et éboulements. Encore une partie perdue collectivement donc, car Xel, François, et Olivier L. furent aussi enregistrés au champ d’honneur.

Séance de MARDI 16/05/2023 à Servel

Mao Zedong, Chairman of the Communist Party of ChinaLe 16 mai 1966 peut être considéré comme le point de départ de la grande révolution culturelle prolétarienne, plus couramment appelée  la révolution culturelle (1966-1976), l’un des événements marquants de l’histoire de la république populaire de Chine, dont le retentissement international fut considérable.

Le prétexte au déclenchement de la révolution culturelle a été une pièce de théâtre parue en 1961, La Destitution de Hai Rui, de Wu Han, historien et vice-maire de Pékin. À l’instigation de Jiang Qing, une critique en paraît en novembre 1965 dans un journal de Shanghai, reprochant à la pièce de se livrer à une attaque déguisée contre Mao. Au début de l’année 1966, les critiques visent d’autres intellectuels connus.

En mai 1966 se constitue un « groupe de la révolution culturelle du Comité central » qui critique le groupe de Peng Zhen. La circulaire du 16 mai 1966 dénonce tous les « révisionnistes » présents dans la culture, la politique et l’armée du pays. Le 29 mai, la première organisation de gardes rouges voit le jour au sein de l’université Tsinghua. Les gardes rouges étaient des jeunes, pour la plupart des collégiens et étudiants organisés en factions dont le but était d’appliquer la révolution culturelle, si besoin par la contrainte. Celle-ci avait pour objectif l’élimination des intellectuels et des ennemis politiques de Mao. Les gardes rouges se divisèrent rapidement selon leur degré de radicalité et s’opposèrent même de façon violente. Ils furent rejoints par les exclus du parti, les ouvriers précaires et quelques cadres opportunistes.

Le 8 août 1966, le comité central du Parti communiste chinois émit un projet de loi (sans doute rédigé par Mao) qui constitue une forme de charte de la révolution culturelle. Dans cette « Décision en seize points » le gouvernement chinois se déclarait en faveur d’une purge au sein du parti communiste et parmi les intellectuels. La révolution culturelle visait les « Quatre Vieilleries », c’est-à-dire les traditions et le passé chinois. « La grande révolution culturelle prolétarienne vise à liquider l’idéologie bourgeoise, à implanter l’idéologie prolétarienne, à transformer l’homme dans ce qu’il a de plus profond, à réaliser sa révolution idéologique, à extirper les racines du révisionnisme, à consolider et à développer le système socialiste. Nous devons abattre les responsables du parti engagés dans la voie capitaliste. Nous devons abattre les sommités académiques réactionnaires de la bourgeoisie et tous les “monarchistes” bourgeois. Nous devons nous opposer à tous les actes de répression contre la révolution. Nous devons liquider tous les génies malfaisants. Nous devons extirper énergiquement la pensée, la culture, les mœurs et coutumes anciennes de toutes les classes exploiteuses. Nous devons réformer toutes les parties de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique du socialisme. Nous devons purger la terre de toute la vermine et balayer tous les obstacles ! »

Table 1, dite « Rouge sang » : Thomas, sous les traits de Jack l’éventreur de Lettres de Whitechapel, triomphe au terme d’une vaine quête de ses poursuivants (Nastassia, Xel, Flavien), et  propose ensuite un petit Red 7 pour parachever sa soirée, remporté avec brio par Nastassia.