Séance de MARDI 13/02/2024 à Servel

Transportons-nous en 1420 en Bretagne, à l’époque duché indépendant mais impliqué dans le conflit de longue haleine que fut la guerre de cent ans. La paix y règne depuis la guerre civile qui, deux générations auparavant, vit s’affronter les familles de Monfort et de Penthièvre au profit des premiers. C’est donc Jean V de Montfort qui règne depuis Nantes et prend soin d’envoyer divers signes d’amitiés, de faveur et de respect vers la famille de Penthièvre, en particulier les quatre fils de Marguerite de Clisson : Jean, Olivier, Charles et Guillaume. On dit même que —preuve suprême d’amitié cordiale au Moyen-Age — plus d’une fois il arriva à Olivier et a Charles de Penthièvre de coucher avec Jean V dans le même lit.

Mais dans le corsage de Margot brûlait toujours la rancune et un désir tenace de revanche. Trouvant ses fils un peu c*****es molles elle décide de prendre les choses en main et, profitant d’une vexation infligée au dauphin régent du royaume (le futur Charles VII), elle propose de le venger de Jean V. Elle invite ce dernier à une grande fête en son château de Champtoceaux en lui promettant de la viande (dans tous les sens du terme), voire une petite partie de Twilight Struggle. On ne résiste pas à une telle invitation mais à peine arrivé il est fait prisonnier le 13 février 1420. Marguerite et ses fils aînés maltraitent et humilient alors le Duc pour le forcer à renoncer au duché à leur profit.

C’était sans compter sur sa femme, Jeanne de France, qui bat le rappel des barons bretons et convainc aussi les nombreux mercenaires bretons partis guerroyer ailleurs de rentrer pour la bonne cause. Ces troupes se mettent en marche vers l’Anjou et une à une, les places-fortes des Penthièvre sont prises : Lamballe en mars, dont le château est rasé ; Guingamp, Jugon-les-Lacs, La Roche-Derrien, Châtelaudren. Enfin début mai elles mettent le siège devant Champtoceaux qui se rend après deux mois de rude affrontement. Jean ordonna aussitôt le démantèlement du château et promit aux Penthièvre son pardon moyennant qu’ils se présentassent à Nantes pour être jugés. Histoire d’être clair, il emmena comme otage Guillaume, le plus jeune des fils qui n’avait pas participé au complot. Sa mère et ses frères décidèrent de faire faux bond et l’abandonnèrent à son sort, 28 ans de captivité, et les Penthièvre s’exilèrent, vivants, rénégats et dépouillés de toutes leurs possessions bretonnes. Méditons cette histoire édifiante.

Table 1, dite « Rude affrontement » : Le retour de la grosse boîte de Mechs vs. Minions en réjouit plus d’un parmi Xel, Camille, F-R (présent un mardi suite à l’affaire dite « du Krampouz fatal ») et Thomas. Si nos informations sont exactes la seconde aventure a été disputée avec succés, l’école n’a quasiment pas été touchée. La programmation simultanée par les quatre participant(e)s a donné lieu à quelques belles chorégraphies, avec ça et là des toupies déroutantes (et hop !).

Table 2, dite « Le crime ne paie pas (toujours) » : Dans le bocal on ne vous entend pas crier. C’est là que Marie-Anne, Nastassia, Stéven, BenjaminF et Mickaël jouèrent à La Bête. Un jeu cathartique où Mickaël laisse libre cours à ses mauvais instincts (comme autrefois Michal avec les Lettres de Whitechapel). Ce soir il parvient à commettre dans le dernier tour le crime qui lui donne la victoire.

Table 3, dite « Exil » : A cette table la « Manticore » largue les amarres. A bord, un équipage composé de Marc, François, Dom et Marco part à l’aventure de Sleeping Gods, un jeu narratif coopératif quelque part entre 7e Continent, Sherlock et jeu de rôle. En matière d’aventure on a surtout eu le droit à un briefing de l’armateur sur comment jouer. On a ensuite joué un tour, juste pour prendre en main les personnages (2 par joueur plus un capitaine qui passe de main en main) mais sans aller jusqu’à combattre une mauvaise rencontre. La suite bientôt, on verra si on démarre une campagne de longue bhaleine.

Séance de VENDREDI 09/02/2024 à Servel

Victime de la canicule de 2003, le plus vieux chêne de Versailles était debout depuis 324 ans. Mais, en ce 9 février 2005, l’arbre favori de Marie-Antoinette va tomber. Il est environ 12 h 30, lorsque le mât, lourd de 60 tonnes, est abattu dans un sinistre craquement, suivi d’un impressionnant fracas. Il n’a fallu que quelques minutes à deux puissants tracteurs pour le mettre à terre.

Le chêne de Marie Antoinette - 2/2 | Planté en 1681, haut de… | FlickrLe géant de 35 mètres de haut et de 5,5 mètres de circonférence était le doyen des arbres du domaine. Il avait échappé à la transformation du parc voulue par Louis XVI en 1776, et survécu à la tempête de 1999, qui avait pourtant emporté dix mille arbres du parc. Pour lutter contre la sécheresse, en 2003, il avait puisé dans ses réserves et limité son feuillage. Très exposé aux rayons du soleil, à bout de souffle après ce dernier effort de printemps, il n’a pas pu survivre à l’été.

En 1783, un officier des gardes de la reine avait demandé à l’horloger Breguet de créer pour la reine Marie-Antoinette la montre de poche la plus sophistiquée qui soit, à l’aide des matériaux les plus précieux. Il faudra quarante-quatre ans pour terminer cette pièce extraordinairement complexe que ni la reine, ni même l’horloger, ne verront achevée. Volée en avril 1983, la Breguet n° 160 « Marie-Antoinette » a été retrouvée en 2007 et a repris sa place au musée Mayer de Jérusalem d’où elle avait disparu. En 2004, Breguet, a souhaité que ses ateliers réalisent une exacte réplique du chef-d’œuvre alors porté disparu depuis vingt ans. Celle-ci sera présentée, après près de quatre ans de travail, dans un splendide coffret, confectionné avec le bois de l’historique chêne de Versailles.

19 ans après, le changement climatique n’avait pas encore eu raison de Parties Civiles. L’association, qui va sur ses seize printemps, perdurera-t-elle au-delà de la longévité du chêne ? Il est encore un peu tôt pour le dire.

Table 1, dite « Dynastie millénaire » : Tristan, Jérôme2, Fred et Dom s’installent devant Age of Innovation. Ce descendant de Terra Mystica est un jeu stratégique costaud où on développe chacun son peuple, à la fois en s’étalant sur la carte où l’on construit des bâtiments et par ses aptitudes et pouvoirs. Cela peut ressembler de loin à Smallworld (dont on retrouve l’appairage entre une faction et un pouvoir spécial en début de partie mais c’est très différent). Il s’agit de bien planifier car les ressources (cubes et or) sont rares et difficiles à obtenir, malgré un mécanisme original de « pouvoir », une sorte de denrée « boost » convertible en un peu tout mais là encore difficile à obtenir et pas toujours disponible. Jérôme choisit de développer sa navigation ce qui lui permet de s’implanter un peu partout. Fred et Tristan acquièrent rapidement des tuiles de revenu (eh oui, un des soucis du jeu est qu’il y a beaucoup de choix avec autant d’information à ingurgiter et une iconographie pas évidente. Il s’avère qu’il y a des tuiles de revenu qu’il vaut mieux acquérir tôt et des tuiles de scoring qu’on se dispute en fin de partie -Tristan l’ayant bien démontré à Fred-). Dom fait un placement de départ pas fameux et a du mal à développer ses villes qu’il n’interconnectera pas. Dans le dernier tiers de la partie, Tristan rattrape son retard mais Fred (dont c’est la deuxième partie) ne lâche rien. Il parvient encore à construire une troisième cité le temps de la 6e et dernière manche, les convertit en 15 PV additionnels et remporte le bonus final (18 PV) pour la plus grande agglomération. Jérôme regrette un coup qui aurait pu lui disputer la victoire mais Fred s’impose avec 150 PV devant Jérôme 130, Tristan 123 et Dom 112.

Table 2, dite « Réserves inépuisables » : Les choix à cette table furent orientés par la présence de 5 joueurs, et en puisant dans les ressources de l’armoire, on jette son dévolu sur Heat, un jeu de course automobile un peu sophistiqué, où il faut aller vite, mais sans griller son moteur faute de partir en tête-à-queue. Le jeu comporte également des bonus pour les retardataires, ce dont certains usèrent et abusèrent, telle Marie-Anne, qui, a force de squatter les dernières places du peloton, fur irrémédiablement distancée. Plus loin sur la piste, la bataille faisait rage, Thomas et Mickaël jouant des coudes, Élie et François s’adonnant à de grandes chevauchées solitaires aussi chevaleresques que risquées, car qui est en tête ne bénéficie ni des bonus de queue, ni de l’aspiration qui permet à un concurrent situé juste derrière ou à côté de se propulser devant. C’est finalement la gestion du moteur qui sera décisive: François, ignorant les limites de vitesse, franchit allègrement les derniers virages à grand coup de pénalités dont il se tire sans ambages avec son inépuisable réserve de cartes moteur. Fort d’un dernier tirage de cartes providentiel, il termine un essieu devant Élie, suivi de Mickaël et Thomas.

Les mêmes quittent alors leur combinaison pour enfiler le costume de banquiers centraux à QE. Ce jeu, au mécanisme original d’enchères sans limites, est une sorte de poker menteur, puisqu’il faut enchérir assez pour remporter des tuiles mais pas trop, car celui qui a le plus dépensé est éliminé à la fin de la partie ! Le déroulement des enchères de cette partie sera fascinant, parti d’une première à 1715, pour finir au-delà de 325 000 ! Thomas, qui aurait fait un excellent score de vainqueur (54), est ainsi éliminé par son dernier achat un peu trop gourmand, qui porte ses emplettes à plus de 420 000. C’est Élie qui emporte la mise avec 43 points (et un budget de 397 678), juste devant Mickaël (42 pour 394 013 dépensés), François, 28. Marie-Anne, perplexe devant l’équation budgétaire proposée, n’a acquis aucune tuile et termine juste avec les 7 points attribués au joueur le moins dépensier !

Table 3, dite « Patine du temps » : la campagne Batman shadow of the bat bat son plein, et la fine équipe (Steven Fabrice, Xel) se joue de Double face, incarné par Olivier, pour une victoire sans encombres.

Table 4, dite « Longévité légendaire » : l’équipe habituelle (François-René, Jérôme, Olivier, Armand), à la longévité légendaire, se retrouve pour une table de Gloomhaven jaws of the lion.

Table 5, dite « Battement de sourcil » : à Wink (un nouveau jeu sur nos tables, qui semble avoir été apprécié en mode fin de soirée) Steven l’emporte d’un clin d’œil devant François-René, Xel et Jérôme.

Séance de MARDI 06/02/2024 à Servel

Clap de fin il y a trente ans déjà pour Joseph Cotten, disparu le 6 février 1994. Dans les années 40 , une décennie magique pour lui, il enchaîna les films inoubliables. Plus tard on le revit dans des séries ou des seconds rôles, par exemple dans la Soif du mal ou Soleil vert.

Table 1, dite « Le troisième homme » : Stéven, Armand et BenjaminF se font la guerre des gangs à Night City dans Cyberpunk. Dans un contexte général où il fallait faire la tournée des quartiers, il y a des objectifs à atteindre successivement et Armand s’est plutôt bien débrouillé d’abord en détruisant des drones puis en s’en prenant aux racailles de Stéven. Il finit en tête mais seulement à 1 PV devant Stéven. Le troisième joueur, quant à lui, a plutôt joué les utilités.

Table 2, dite « L’ombre d’un doute » : Xel, Marco et VHN) ressortent Forêt mixte et font assaut de combos à l’ombre de leurs arbres. Dans la première partie tout le monde construit beaucoup d’arbres au détriment de la faune et de la flore locale, sauf les champignons (c’est un jeu où il faut faire des choix dans ses axes de scoring). A ce petit jeu c’est Xel qui grâce à sa grotte coiffe Dom (79 contre 77 et 59 à Marco). Dans la seconde, on prend le temps de se développer. Dom collecte méthodiquement les 8 espèces possibles d’arbres qui contribueront (scoring des chênes et érables) pour 40 PV. Il y héberge aussi un total de 7 lièvres et 2 renards qui rapporteront 63 PV (en dépit d’un doute de Xel sur ce décompte). Il finit avec un total impressionnant de 159 PV, Xel ayant elle aussi scoré  fort (combo lynx/chevreuil notamment) avec 142, et Marco 113. Marco double perdant mais néanmoins enchanté et enthousiaste !

En fin de soirée, séance spéciale pour les restants avec au programme quelques épisodes de The Crew.

Séance de MARDI 30/01/2024 à Servel

photo en noir et blanc de deux enfants debout habillés en blanc, l'un brun, l'autre, plus petit, blondLe 30 janvier 2001 vit le décès de Michel Navratil. À l’âge de trois ans, le 10 avril 1912, il embarque sur le Titanic à Southampton, accompagné de son petit frère Edmond et de son père Michel. Ce dernier, tailleur à Nice ayant découvert l’adultère de son épouse, avait décidé de refaire sa vie à Chicago, et subtilisé ses enfants à la garde de leur mère alors que le couple est en instance de divorce. Les deux enfants sortent vivants du naufrage après avoir été embarqués, sans leur père, dans le dernier canot de sauvetage. Au matin, Michel et son frère sont secourus par le Carpathia avec les 700 autres rescapés et sont hissés à bord du navire dans des sacs de toile. Les deux enfants, qui parlent français, sont incapables de donner leurs noms : ils ne connaissent que leurs surnoms, Lolo et Monmon. Seuls enfants à n’être réclamés par aucun parent, ils sont alors pris en charge par des passagères.

Le 18 avril, alors que le Carpathia arrive à New York, Michel et son frère ne sont toujours pas identifiés et attirent malgré eux l’intérêt des médias. La presse mondiale se passionne pour l’affaire des « Orphelins de l’Abîme ». Ils passent leur première semaine à New York. C’est en lisant un article de Nice-Matin paru le 21 avril que leur mère, Marcelle, apprend que deux petits garçons français non identifiés, rescapés du Titanic, probablement orphelins de leur père, attendent leur mère à New-York. Elle prend contact avec le Consul britannique à Nice qui s’adresse au Consul de France à New-York. Les retrouvailles entre la mère et ses fils ont lieu devant témoins à New York le 16 mai 1912. Tous trois regagnent la France deux jours plus tard après avoir donné des interviews à la presse. Le corps du père, porté disparu, est retrouvé cinq jours après le naufrage.

Michel a acquis une certaine notoriété, d’abord parce que la presse s’est intéressée à cette affaire peu après le naufrage, les Navratil étant les seuls enfants rescapés n’ayant été réclamés par aucun parent, et par ses interventions médiatiques à partir des années 1980 et de la découverte de l’épave. Enfin, parce qu’il est le dernier rescapé masculin du Titanic à mourir, et le dernier de nationalité française.

33 ans plus tard, on assista, à Lannion, à un double naufrage – non pas en haute mer, mais en basse terre.

Table 1, dite « Sombres abysses » : dès les premiers instants de Sub Terra, la terre s’ouvre sous les pieds de Xel. En jaillit un monstre, et toute l’équipe bascule bientôt au plus noir des abysses, emportant Marc, Nastassia, Marco et Marie-Anne. Ils tentent une nouvelle aventure, mais un sort aussi funeste, quoique moins fugace, leur est promis. Comme il n’y avait pas d’orchestre, l’exquis gâteau préparé par Marie-Anne fut de cette soirée leur seul réconfort. Il faut aussi des pâtissières sur le Titanic.

Séance de VENDREDI 26/01/2024 à Servel

Le 26 janvier 1926, des membres de la Royal Institution assistent à la première séance de télévision. Il ne s’agit que d’une petite image animée en noir et blanc de 30 lignes verticales, mais elle permet de distinguer clairement la silhouette d’un personnage transmise d’un émetteur situé dans la pièce voisine. La séance a lieu à Londres, 22 Frith Street, dans le laboratoire de l’inventeur, un ingénieur et entrepreneur écossais du nom de John Logie Baird. Après de longues recherches, il avait présenté une première fois son procédé en octobre 1924 dans un magasin, mais le résultat avait été trop médiocre pour être pris en considération.

98 ans après, on donnait en simultané sur 4 chaînes une séance de Parties Civiles.

Table 1, dite « Histoires » : Mythic Battles prend du poids et du volume dans les bagages de François-René, venu présenter sa nouvelle acquisition. A la version Ragnarok pour les puristes, il s’impose avec Elie fort d’une collection de runes, se déjouant de Xof et Armand.

Table 2, dite « NRJ » : A la table de Nucleum, déjà de vieux habitués : Olivier L. qui prend un départ compliqué qu’il paiera longtemps, se muant dès lors et selon ses dires en spectateur d’une joute opposant Fred à François. Ce dernier brille en électrifiant et en remplissant des contrats, mais il est défait au décompte final par Fred, qui engrange les points de ses bâtiments fédéraux, sans oublier ses juteuses avancées sur les pistes. Au final, Olivier est juste devant Fred, mais c’est un effet d’optique car il a un tour de retard (78 à 177, donc). François score un honorable 137.

Table 3, dite « Treizième rue» : à La Famiglia Tristan et Franck engrangent une victoire aisée, permise par un butin plantureux mais mal acquis. Marie-Anne et Mickaël n’étaient pas forcément plus honnêtes mais n’ont rien pu faire.

Table 4, dite « Evasion » : Nouveau tour en Nouvelle-Zélande qui réunit cette fois Xel, Neox et Dom à Great Western Trail Nouvelle-Zélande. Les deux premiers ont joué au jeu de base mais il y a bien longtemps, comme l’a fait remarquer Neox on perd des réflexes à moins jouer. Dom tire les leçons du vendredi précédent où il avait peiné après avoir longtemps n’eu qu’une seule bergère. Cette fois c’est Xel, vu le faible nombre mis en jeu et les achats agressifs des deux autres, qui en souffrira. Elle axe sa partie sur les bâtiments et la navigation pendant que Dom et Neox (le premier à augmenter sa taille de main) font des livraisons à Wellington de plus en plus valables. En fin de partie Neox musarde sur la route sans réaliser qu’il fait le jeu de Dom qui, à toute berzingue, fonce faire une ultime livraison à 13 PV et comme on dit « to add insult to injury », rafle le jeton de fin de partie à 5 PV. Il ressort en tête du décompte des points avec 131 PV devant Neox 92 et Xel 72.

Séance de MARDI 23/01/2024 à Servel

La nuit du 23 janvier 1795 vit une bizarrerie de l’histoire militaire quand, dans le cadre des guerres révolutionnaires, un détachement d’un régiment français de cavalerie légère captura (ou du moins neutralisa) une flotte de 14 navires hollandais qui étaient pris dans les glaces du Zuiderzee (profonde juste de 4-5 m cette baie avait gelé au coeur de l’hiver rigoureux -eh oui les jeunes, dans votre monde à +4°C vous ne verrez plus jamais ça-). Commandés par le bien nommé général de Winter, les cavaliers transportant chacun un fantassin (dans une belle symbiose infanterie-cavalerie) s’étaient approchés prudemment et silencieusement des navires et, en position de force pour négocier, obtinrent qu’ils restassent à l’ancre sans participer à la suite des hostilités. Ainsi se conclut cette bataille terrestro-navale sans qu’un coup de feu ne fût tiré -la glace avait figé les vaisseaux dans une position inclinée et leur artillerie était inutilisable-, suite à laquelle la conquête des Provinces-unies fut achevée.

Table 1, dite « Symbioses » : Où l’on retrouve les réguliers du mardi (Xel & François, Mickaël, Marco et VHN) qui explorent Forêt mixte, un jeu aux règles simples où il s’agit de faire les combos les plus efficaces entre ses cartes (des arbres qu’on peut entourer d’habitants de la forêt, animaux, végétaux ou champignons -qui selon l’opinion majoritaire sont bien un règne biologique séparé des deux précédents-). Et il s’agit d’aller vite : si on voit trop grand on risque bien de voir son effort interrompu par la fin de la partie, avec un résultat décevant. Dans la première partie, François et Marco jouent la carte des arbres avec notamment une belle plantation de marronniers qui rapporte 41 PV au premier. Dom pour sa part joue la carte des petits mammifères avec une combo lièvre/renard/fouine qui vaut 62 PV. Avec un total de 87 PV il s’impose devant le sylviculteur à égalité avec Mickaêl avec 69 puis Xel (45) et Marco (43). La seconde partie montre que Marco apprend vite : en jouant sur les chauves-souris et accumulant les feuilles jaunes il s’impose avec 77 PV devant  Dom 71, François 66, Mickaël et Xel 61. Pour finir deux parties de Kites, une gagnée une perdue, un jeu un peu trop frénétique pour la moyenne d’âge des participant.e.s ?

Table 2, dite « Révolutions » : Le mardi n’impressionne pas Gilles, Olive et Marc qui s’attaquent à Eclipse, un jeu ambitieux de développement-conquête-affrontement dans l’espace. En fait ils avaient fini à 1h, presque raisonnable. Selon l’un des protagonistes « Gilles gagne avec 41 PV ; avec la population alien des plantes il a réussi a bien étendre son emprise  sur de nombreux systèmes stellaires. Marc (30 PV) a fait ses petites affaires de son côté de la galaxie avant d’aller mettre une raclée à la base alien centrale. Quant à Olive (20 PV) il a vivoté dans un système a faible population due à une exploration nettement moins profitable et peut-être un manque de velléité combative…. ». Allez, on va encore nous parler de réarmement démographique.

Séance de VENDREDI 19/01/2024 à Servel

Disparu près de soixante ans, le manuscrit du roman de Céline Voyage au bout de la nuit réapparait le 19 janvier 2001 par l’entremise d’un libraire parisien. La Bibliothèque nationale de France l’acquiert, faisant jouer son droit de préemption, pour plus de 12 millions de francs et le conserve depuis dans un coffre-fort, seuls quelques privilégiés ayant pu y avoir accès. Il sera édité en fac-similé dans un luxueux coffret en 2014  en deux tirages, limités chacun à 1 000 exemplaires. Avec ce livre, récit à la première personne de la Première Guerre mondiale, du colonialisme en Afrique, des États-Unis de l’entre-deux guerres et de la condition sociale, Céline obtint le prix Renaudot, manquant de deux voix le Goncourt.

Classique du XXe siècle, traduit en 37 langues, il tient son titre d’un couplet d’une chanson chantée par l’officier suisse Thomas Legler, alors au service de Napoléon, pendant la Bataille de la Bérézina: «  Notre vie est un voyage / Dans l’Hiver et dans la Nuit / Nous cherchons notre passage / Dans le Ciel où rien ne luit ». Le roman est notamment célèbre pour son style, imité de la langue parlée et teinté d’argot, ce qui suscita de nombreuses polémiques à sa parution. En jetant les bases d’un style qu’il nomme son « métro émotif ». Céline refuse d’utiliser la langue académique des dictionnaires, qu’il considère comme une langue morte. C’est l’un des tout premiers auteurs à le faire, avec une force qui influencera largement la littérature française contemporaine.

23 ans après, Servel bruissait du tumulte d’aventures extraordinaires, qui se poursuivirent jusqu’au bout de la nuit, bien après le départ du scribe.

Table 1, dite « Une boucherie » : en 1347, la peste noire envahit toute l’Europe. Les bateaux infestés accostent dans les ports de Constantinople et de Messine en Sicile. La maladie gagna l’Italie et Marseille pour se propager très rapidement dans l’Europe entière. En cinq ans, la pandémie fit 25 millions de victimes sur une population totale de 75. Messina 1347, le jeu de l’excellent Vladimir Suchy, restitue à merveille cette ambiance, avec la propagation des rats, la quarantaine, et le feu pour éradiquer le fléau. Dans son mécanisme, il est dans la grande mouvance des jeux experts de qualité avec de la gestion, de la planification, des échelles, de multiples bonus et actions à combiner pour arriver, in fine, au repeuplement de la ville. Pour cette partie découverte, François joue le registre de la ville, qui permet de grappiller des lieutenants supplémentaires. Un choix stratégique, qui, associé à une excellente programmation, lui permet en fin de partie d’assurer les deux repeuplements les plus lucratifs du jeu (17 et 19). En retard sur la piste de score en temps réel, il sort victorieux au décompte final avec 76, devançant Marc, 69, et Olive 52. A rejouer avec la face b des tuiles, qui propose des plateaux asymétriques !

Table 2, dite « Des cadavres » : A la table de Too many bones, un duel homérique entre un « Boomer » (Tristan) et un « Riffle » (Arakis). L’issue finale de cette table nocturne est un profond mystère.

From the MoonTable 3, dite « Des voyages » : après un voyage très lointain, les joueurs de From the moon (François-René et les deux Olivier) sont en compétition pour gérer et développer la base lunaire qui va lancer des missions spatiales de survie à travers la galaxie. Au baveux qui s’enquiert de la joute par un « ça se passe bien ? », il sera répondu un mystérieux « ça dépend pour qui », que les brumes de la nuit ne dissiperont jamais.

Table 4, dite « Des moutons » : Expédition aux antipodes pour jouer à Great Western Trail Nouvelle-Zélande, avec Élie, Fred, Mickaël et Dom, les trois derniers ayant déjà disputé la partie inaugurale juste avant Noël. On confirme que le jeu est moins contraignant que son parent, il y a plus d’argent et on peut faire évoluer sa stratégie en cours de partie (mais peut être quand même qu’une stratégie très orientée serait supérieure ?) Fred recrute une première bergère à bas prix et est le premier à acheter des brebis haut de gamme et à faire de belles livraisons à Wellington, cela en découle. Élie part plutôt sur une dominante « construction ». Mickaël et Dom accumulent les cartes « deck building » qui font tourner la main avec quelques bénéfices. Ensuite, tous sauf Dom vont naviguer loin, là où les îles donnent des points en fin de partie. C’est Mickaël qui met fin à la partie, difficile de savoir qui est en tête car il y a une douzaine de façons de marquer des points; en fait c’est très serré : Mickaël 113, Dom 112, Fred 107, Élie 70.

Séance de MARDI 16/01/2024 à Servel

Petite jauge et motivation moyenne pour cette soirée arrosée (à tous les sens du terme).

Table unique, dite « Wet January » : Monotable de cinq joueurs (Xel, Marco, Marie-Anne, Neox et VHN). Cela commence par un double Coloretto avec des scores échelonnés entre 28 et 15 PV. Cela continue avec un 6 qui prend. Au bout de deux manches Neox a cumulé 41+41 points, la partie prend fin au profit de celui qui en a 6+1. La salle se vide, Dom fait découvrir 7 Wonders Duel à Marco qui le bat pour le remercier.

Séance de VENDREDI 12/01/2024 à Servel

undefinedPierre de Fermat, mort le 12 janvier 1665, magistrat, et surtout mathématicien fut aussi poète, latiniste et helléniste, et s’est intéressé aux sciences, en particulier à la physique (on lui doit le principe de Fermat en optique). Son dernier théorème, dont la démonstration n’a été établie que trois siècles plus tard par le britannique Andrew Wiles, le rendit célèbre. Il l’énonce en marge d’une traduction (du grec au latin) des Arithmétiques de Diophante, en regard d’un problème ayant trait aux triplets pythagoriciens : « Au contraire, il est impossible de partager soit un cube en deux cubes, soit un bicarré en deux bicarrés, soit en général une puissance quelconque supérieure au carré en deux puissances de même degré : j’en ai découvert une démonstration véritablement merveilleuse que cette marge est trop étroite pour contenir ». Cette note est le seul témoignage dont on dispose de Fermat sur cet énoncé dans le cas général. A fortiori aucune démonstration ou tentative de démonstration n’a été retrouvée. En revanche, Fermat évoque à plusieurs reprises le cas des cubes et des puissances quatrièmes, et on possède des preuves de lui et de contemporains sur le cas des puissances quatrièmes. C’est même, dans toute l’œuvre mathématique laissée par Fermat, la seule démonstration.

Les historiens des mathématiques ne sont pas certains que Fermat lui-même ait été longtemps convaincu d’avoir une preuve dans le cas général. En effet, les annotations marginales de Fermat sont des notes de lectures à son usage personnel, et si Fermat mentionne bien dans ses correspondances les cas particuliers du théorème pour n = 3 et n = 4, il n’aborde jamais explicitement le cas général, seule exception parmi ses énoncés de théorie des nombres. La mention de ces deux cas particuliers laisse penser que Fermat s’était lui-même rapidement rendu compte qu’il n’avait pas de démonstration générale, ni même simplement dans le cas n = 5.

Un autre argument fait la comparaison avec la conjecture de Fermat sur la primalité des nombres dits depuis « nombres de Fermat ». En effet, après avoir écrit plusieurs fois à ses correspondants qu’il n’avait pas de démonstration de ce résultat, il assure en posséder une par descente infinie dans une lettre de 1659. Or, la conjecture de Fermat est en défaut pour n = 5 (225 + 1 = 4 294 967 297 n’est pas premier mais divisible par 641), ce qui conduit à supposer que Fermat n’aurait vérifié précisément cette conjecture que jusqu’à n = 4, par une méthode dont il se serait persuadé à tort qu’elle fonctionnait au-delà, et procédé de même pour son « dernier théorème ». On ignore à ce jour s’il est possible de prouver le théorème de Fermat par des raisonnements n’utilisant que les propriétés arithmétiques et algébriques des entiers connues de son temps, mais l’on sait que certaines pistes, telles la méthode de descente infinie, échouent sous la forme qui réussit pour les petites valeurs de n. La plupart des spécialistes estiment, pour cette raison, qu’une approche « élémentaire » est vouée à l’échec.

359 ans après, Servel bruissait des crissements du couteau sur la galette des rois et du clapotis du cidre dans les verres pour une soirée prolifique, riche en nouveautés avec pas moins de trois nouveaux jeux ajoutés à notre bibliothèque de tags (Ad astra, Age of innovation, Faraway), et qui reçut la visite d’une apprentie journaliste. On a hâte de comparer sa recension avec la nôtre.

Table 1, dite « Primus inter pares » : Bruno Faidutti a décidément la cote à Parties Civiles, JérômeC y forme une table de son Ad astra et en sort vainqueur, devançant Nastassia, dans un mouchoir de poche avec Thomas. Suivent Marco et Marie-Anne.

Table 2, dite « Démonstration réussie » : Voici Age of innovation, un jeu visiblement d’une grande complexité au vu de l’heure tardive où il prit fin. Tristan, son promoteur, s’y impose avec 150, devançant de 30 Arakis. Plus loin sur la table de marque, on apercevait Doc Nico et son collègue Patrice, en compagnons d’infortune de Fred.

FarawayTable 3, dite « Carré parfait » : pour la dernière table formée de la première partie de soirée, Gilles étrenne Faraway, une nouveauté aux mécanismes déroutants de prime abord, et qui appela donc à une redite après la première partie de découverte. Lucas 93, Baptiste 65, Aurore 63, François 60, Gilles 58, Camille 57 pour la première. Revanche pour Aurore, 87, Lucas 85, François 78, Gilles 71, Baptiste 59 et Camille toujours 57 pour la seconde. On jette ensuite son dévolu sur Mot malin. Une première partie, commencée par un Adultère (Détective, Lit), et terminée par un hommage à Johnny (Casque, Nuit) puis à Schumacher (Casque, Lit) se solde par le score collectif « Bon ». Une seconde, puisque c’était la table des redites, parvient au niveau « Excellent », grâce aux malins Dop (Savon, Oeil), et Jésus (Pied, Eau).

Table 4, dite « Bête de sommes » : Mickaël sort son spécial, on a nommé La bête bien sûr, et attire Jesus (condisciple de Marco), Élie, Frank et Paul. Ce dernier incarnait le monstre et la partie se solda par un match nul, à une victime de la victoire pour notre jeune ami, mal parti, mais qui, selon son propre aveu, eut plus de succès quand il arrêta de réfléchir ! On passe ensuite aux additions vertigineuses de QE, et Paul l’emporte cette fois avec 44, explosant la concurrence (ses suivants, Frank et Mickaël pointant à 28), dans une partie où l’américain réussit à intoxiquer le japonais.

Table 5, dite « Descente infinie » : sur le toboggan infini de la campagne Batman shadow of the bat, on voit la fine équipe habituelle (Xel, Samuel, Fabrice, Steven) engranger un nouveau succès. Un jour, c’est mathématique, cette série prendra fin, mais ce n’était donc pas ce soir.

Table 6, dite « Marges providentielles » : à la table de Civilization Baptiste posa, comme à son habitude, beaucoup de questions. Et là, pas de marge trop étroite pour contenir les réponses : il reçut tant et tant de conseils avisés que sa victoire pourrait presque se lire comme un succès collectif pour Benjamin, Marc, Olive et Adrianne !

Table 7, dite « Conjecture indémontrable » : on retrouve la fine équipe (François-René, Jérôme, Olivier, Armand) pour cette table de Gloomhaven jaws of the lion. Cette campagne prendra-t-elle fin, on ne saurait le dire ? On est tenté de penser que la conjoncture est indémontrable.

Table 8, dite « Double jeu » : Mot malin attise les envies, et voici que la table 1, rejointe par Xel et Jérôme s’y met aussi, après que Marco eut tiré sa révérence. Ils furent bons, sans plus.

Table 9, dite « Correspondances dévoyées » : si, à l’époque de Pierre de Fermat, les correspondances étaient le moyen de se jauger et de partager ses connaissances, à Fiesta de los muertos il leur arrive d’être dévoyées. De cette table finale, on retiendra comme exemple de glissement progressif des sens qu’il n’était pas évident de penser à Odin avec un indice canin (Viking, Danois, Carlin) ou à Jacques Brel sur l’indice financier issu de l’enchaînement (Flammandes, Frite, Patate, Pognon).

Séance de MARDI 09/01/2024 à Servel

Il y a pile 600 ans naissait Ikiko, fille de l’Empereur du Japon. Elle allait régner 14 ans sous le nom d’Impératrice Meishō, à compter de ses … cinq ans. Comme quoi ailleurs on peut être porté au pouvoir bien avant la trentaine. Bon le 9 janvier est aussi la date de naissance de la future reine consort du Royaume-Uni. Et, il y a pile 80 ans, de Jimmy Page.

Table unique, dite « Stairway to heaven » : Soirée monotable pour un effectif réduit à 5 joueurs (Xel & François, Marco, Mickaël et VHN). Cela commence par un double Tokaido. A cinq joueurs on se gêne bien sur la route d’Edo et on a pu partager des considérations sur l’intérêt des différents personnages (celui qui fait une rencontre à chaque repas a été plutôt apprécié). Marco, un peu fébrile, peine à se plonger dans la zénitude d’esprit à laquelle ce jeu devrait conduire. Pour le voyage aller on a un tir groupé en tête (Mickaël monte au ciel avec 72 PV, devant François 71 et Marco 69). Au voyage retour François reste sur le podium (82 PV devant Xel et Dom à 76) mais Mickaël ferme la marche avec 52. On continue par un trio de Trio où la mémoire est mise à rude épreuve mais ce n’est pas forcément le plus jeune qui l’a emporté, les tempes grises ont de beaux restes !