Séance de VENDREDI 30/08/2024 à Servel

undefinedLe 30 août 1918, pendant la guerre civile russe, les socialistes révolutionnaires organisent une tentative d’assassinat de Lénine, qui visite ce jour-là l’usine Michelson de Moscou. Lorsqu’il quitte le bâtiment pour regagner son véhicule, Fanny Kaplan l’interpelle et tire trois coups de feu. L’une des balles passe à travers le manteau, les deux autres le touchent à l’épaule gauche et au poumon. Lénine retourne dans ses appartements au Kremlin, refusant de le quitter la sécurité pour se faire soigner. Les médecins se déclarent incapables de retirer les balles en dehors d’un hôpital. Cependant, il survit.

Kaplan, qui a déjà été exilée pour avoir participé à la tentative d’assassinat du tsar à Kiev, est arrêtée et interrogée, et se déclare résolue à tuer Lénine depuis longtemps. Elle est exécutée sans jugement le 3 septembre, battue à mort, son corps aspergé d’essence et brûlé dans la cour de la Tchéka. Elle déclare avant de mourir : « J’ai tiré sur Lénine parce que je le considère comme un traître au socialisme et parce que son existence discrédite le socialisme. Je suis sans réserves pour le gouvernement de Samara (gouvernement anti-bolchevik fondé le 8 juin à Samara, formé de socialistes révolutionnaires opposés au pouvoir bolchevique qui instaura un régime démocratique et réformateur dans la région) et pour la lutte contre l’Allemagne aux côtés des Alliés. »

Le 5 septembre, le Conseil des commissaires du peuple publie le décret officialisant la terreur rouge, politique répressive d’arrestations et d’exécutions de masse par la Tchéka et l’Armée rouge pour le compte du gouvernement bolchevik en parallèle à la « terreur blanche » appliquée par les Armées blanches contre-révolutionnaires. Selon l’historien britannique George Leggett, 140 000 personnes y ont péri.

106 ans après, à Lannion, les guerres civiles faisaient rage sur les plateaux de jeu.

Table 1, dite « De toutes les couleurs » : Découverte de Trajan dans sa livrée entièrement maison réalisée par Olive (plateau cartonné créé au dos de calendriers, pièces en bois usinées main…de le belle ouvrage !). Un jeu où l’on revisite l’univers de la Rome antique et ses guerres de conquête. Il existe de multiples façons d’acquérir des points de victoire (VP) – et comme il s’agit d’un jeu de Feld, il faut essayer aussi d’éviter d’être puni, en répondant chaque année à la demande du peuple (du pain et des jeux, mais aussi de la religion). C’est un jeu d’égrainage : au début, chaque joueur a deux cubes de couleur différente dans chacune des six sections de son tableau. Lors d’un tour, le joueur ramasse tous les cubes d’une section et les distribue une par une dans des bols suivants, puis effectue l’action associée au bol final. En outre, si les cubes dans ce bol correspondent aux couleurs affichées sur une tuile Trajan attenante, il a droit à l’action supplémentaire représentée par cette tuile. Dans une partie rythmée par les remontrances de Dom, de plus en plus agacé par le laxisme des techniques d’égrainage de ses concurrents (c’est pourtant simple dit-il : on prend les cubes dans sa main et on les égraine un à un !), la fin, dictée par les égrainages, arrive toujours trop vite. Elle surprend François, qui avait encore plein de choses à faire, mais qui s’en tire avec un honorable 86 grâce à une mirobolante collection de tuiles de fin de partie. Devant, Olive, 99, Marc, 103, et surtout Dom, 125, ont pris le large.

Table 2, dite « Famine organisée » : à la table d’Everdell, la famine menace, mais selon les les mots de Corrin Queuesansfin laissés dans la pierre commémorant la découverte de la vallée Val Eternel, il n’y a pas de chagrin trop sombre pour l’espoir. Encore faut-il disposer des ressources pour le faire vivre. Xel, qui courut toute la partie après une ferme, échoua dans cette quête et en reste à 45. Sur le haut du pavé, Fred, 65, Younaël, 62, et Elie, 61, ont contribué à faire vivre l’espoir pour les générations à venir du peuple de la forêt.

Table 3, dite « Guerre civile mondiale » : Mickaël et Axel se retrouvent à Twilight Struggle. Ils s’adjugent une partie chacun.

Table 4, dite « Sortir des ténèbres » : Olivier B, François-René, Armand et Jérôme sont les preux aventuriers une nouvelle campagne. Les Chroniques de Drunagor – L’Âge des Ténèbres, issu d’un kickstarter, est beaucoup plus qu’un jeu de combat. Les joueurs doivent coopérer pour explorer des donjons révélés par des cartes Portes, découvrir de mystérieuses statues, des amas de trésors oubliés, et même d’autres personnages avec lesquels ils interagiront. Chaque interaction influence la trame du récit, rendant unique chaque aventure. Au final, il s’agit de combattre les Ténèbres du territoire de Drunagor et de ramener la lumière sur la terre des hommes.

Chroniques de Drunagor - L\'âge Des Ténèbres

Table 5, dite « En roux et contre tous » : la nuit se prolonge au-delà du raisonnable avec Mickaël, François, Xel, François-René, Younaël, Axel et Jérôme autour de Crack List. Certains y ont découvert à leurs dépends que la liste des personnages roux dans Harry Potter tendait vers l’infini, quand d’autres, pas les mêmes, peinaient à trouver des noms de footballeurs, ou à identifier en quoi Glasgow pouvait rappeler les années 1970.

Séance de MARDI 27/08/2024 à Servel

Le 27 août 1859, du pétrole jaillit pour la première fois du sous-sol des États-Unis, découverte propice au moment où les besoins d’éclairage n’arrivent plus à être satisfaits avec l’huile de baleine traditionnelle et le kérozène, un combustible extrait du charbon. Le miracle se produit au nord-est du pays, en Pennsylvanie, au lieu-dit Oil Creek («la mare d’huile»), près de Titusville. On le doit à un bourlingueur du nom d’Edwin L. Drake qui se fait abusivement appeler «colonel Drake». Contre l’avis des experts, il a acquis la conviction qu’il pourrait extraire le pétrole du sous-sol par simple forage et s’est adjoint pour cela le concours d’un puisatier. Ensemble, ils ont creusé un puits grâce à un trépan suspendu à un câble, mis en mouvement par une machine à vapeur. Le précieux liquide a jailli lorsque le trépan a atteint 23 mètres de profondeur.

Dès le premier jour, avec dix barils, Drake double la production mondiale de pétrole : c’est la première ruée vers l’or noir. La région se couvre de derricks et procure la fortune aux audacieux. Quant au «colonel» Drake, il néglige de faire breveter son système de forage et sombre dans la pauvreté. Les habitants de Titusville, reconaissants, finiront par lui verser une pension.

165 ans après, alors que nous avons consommé depuis autour de 150 000 Mtep (ce qui équivaut aux réserves d’hydrocarbures encore disponibles sur Terre), la production et la demande de pétrole continuent à augmenter. Et, à Lannion, on préparait l’apocalypse à venir.

Table 1, dite « Plus forts que le réel » : victoire « haut la main » pour les preux chevaliers de Maximum apocalypse (François-René, Steven, Marc, Olivier L.). La réalité sera-t-elle un jour dépassée par la fiction ? Ce n’est qu’un jeu après tout, et le changement climatique n’est pas un jouet de gala.

Maximum Apocalypse

Table 2, dite « Retour vers le futur » : en attendant l’apocalypse climatique, Wyrmspan est un bon jeu pour se préparer à revivre l’époque fabuleuse où les dragons peuplaient la terre, et qu’ils repeupleront de nouveau, le jour venu, quand les hommes l’auront désertée. Avec une étourdissante combinaison de cartes de fin de partie, qui lui rapportent pas moins de 25 PV, Marie-Anne s’envole à la table de marque jusqu’à la hauteur respectable de 101. François, 86, est un solide deuxième, quand Xel, 68, a joué de malchance dans sa quête de grands dragons et, malgré un beau trésor de guerre, se voit pénalisée aux objectifs. Mais elle prend sa revanche à Faraway, 102 à 98, laissant François sombrer à 26, son worse score ever.

Table 3, dite « Résistance au long cours » : La résistance s’organise pour la fine équipe de Shards of infinity, aux prises avec les débris du moteur d’Infinité, capable de déformer la réalité, sans doute une des plus grandes réussites de l’homme si ses créateurs corrompus n’avaient pas exploité son pouvoir immense pour asservir le monde. Marco et son compère, Younaël et Adrien sont de l’aventure, et c’est l’intrépide Marco qui se distingue.

Table 4, dite « Retour par le passé » : Mickaël-le-soviet et Axel-l’amerloque anticipent les tensions à venir d’un monde post oil peak, s’y entraînant avec l’excellent Twilight Struggle. Qui aura le mieux revisité ses classiques, l’histoire ne le dit pas, la nuit ayant englouti le mystère.

Séance de VENDREDI 23/08/2024 à Servel

En ce vendredi, Madeleine Riffaud fêtait ses 100 ans. Le 23 août 1944, engagée dans la résistance depuis 1941 par conviction et par amour (elle s’est éprise d’un médecin qui cachait des juifs), elle réussit à démanteler un convoi allemand de 80 hommes en gare de Belleville-Villette, avec l’aide inattendue d’un cheminot qu’elle est allée déranger chez lui pendant son déjeuner, selon le récit qu’elle en fait à Libération à l’occasion de cet anniversaire. Elle a alors 20 ans tout juste, mineure, sans droit de voter ni d’avoir de compte bancaire.

Il faudra cinquante ans pour que cette héroïne, croix de guerre rétive aux épanchements, commence à témoigner, sur les conseils de Lucie Aubrac. Ces dernières années, une série BD lui est consacrée, simplement appelé Madeleine, Résistante, dont le dernier tome vient de sortir.

100 ans après, à Lannion, la résistance s’organisait contre toutes sortes d’envahisseurs.

Table 1, dite « Ennemis extérieurs » : Fin de la campagne Aliens pour François-René, Jérôme, Armand et Olivier B. Une réussite avec 65 PV ! les deux premiers enchaînent sur un Mot malin qui leur donna du fil à retordre.

Table 2, dite « Sensations fortes » : on s’attable pour Dune imperium, le possesseur de la version Insurrection étant absent, au grand dam de certains. Les sensations n’en ont pas été moins fortes, et c’est Mickaël, ex-aequo avec Xof à 10 PV, qui s’impose « aux épices », sous les yeux impuissants de Jack et Nico77.

Table 3, dite « Résistance au long cours » : La résistance perdure pour la fine équipe de ISS Vanguard, qui a réussi à contrer la plupart des assauts ennemis, venus de la couche de glace où elle s’était échouée et même des profondeurs, à commencer par Samuel, souvent ciblé, mais, par chance, le mieux équipé pour y résister !

Table 4, dite « Dîner débat » : Dom et François convient Marc à découvrir Grand Austria Hotel et le nouveau venu y reçoit comme de juste de très nombreux conseils sur la meilleure façon de nourrir les convives, d’employer les salariés, et de s’adjuger les bonus substantiels des cartes politiques. L’usage immodéré de ce newbeesplaining, nullement nécessaire car notre débutant n’a rien d’un perdreau de l’année, comme en témoigne un dernier tour ahurissant où il engrange pas moins de 48 PV, faillit se retourner contre son principal auteur, Dom l’emportant 146 à 145. François ferme la marche avec 57 PV, lesté par quelques mauvais choix, une malchance persistante aux dés, et un verre de vin manquant au dernier tour qui lui coûte une trentaine de points.

Table 5, dite « Sans entraves  » : à la faveur de la nuit, les petits jeux ont prolongé un plaisir sans entraves. Mickaël, François, Xel, François-René et Jérôme se trouvent « disciples » à Profiler (score de 17), puis une suite de manches de Crack List s’ensuit, menaçant chaque fois de prendre fin avant de trouver un prétexte pour une dernière : on ne va pas se quitter comme ça, la pluie redouble d’intensité et….il faut que tout le monde reparte avec sa victoire. A ce dernier moment, seul François-René n’a pas encore eu la sienne, et la tablée connut sa petite mort quand, d’un râle, il expulse sa dernière carte, un J, en criant « Jouir » pour ‘choses qu’on fait plusieurs fois dans la journée’.

Séance de MARDI 20/08/2024 à Servel

Le 20 août 1944, l’immeuble qui se trouvait en partie à l’emplacement de l’actuelle AFP fut le premier pris par les résistants, lors de la Libération de Paris. Le groupe de journalistes clandestins qui s’en empare diffuse sa première dépêche, cinq jours avant l’arrivée des blindés du général Leclerc : « Grâce à l’action des Forces françaises de l’intérieur, les premiers journaux libres vont paraître ».

L’AFP reprend ainsi le bâtiment de l’OFI (Office Français d’Information), créé par Vichy et que l’occupant avait transformé en officine de propagande, au mépris d’une histoire qui remonte à 1835 et aux débuts de l’agence Havas. L’AFP a aussi hérité des structures nées sous l’occupation : l’Agence française d’information (AFI) lancée à Londres en 1940, l’Agence France-Afrique à Alger (1942), et l’Agence d’information et de documentation (AID), créée en 1944.

80 ans  plus tard, les reporters de Parties Civiles étaient sur tous les continents.

Table 1, dite « Oracles grecs » : on redécouvre Olympos, un jeu des années 2010 du créateur de Smallworld, Philippe Keyaerts, trop longtemps oublié sur nos tables. Les mécanismes sont très classiques (exploration, collection de ressources qui serviront à acheter des technologies ou des merveilles, empilées en colonnes), mais le tour de jeu innove pour l’époque avec un compteur de temps où le tour de jeu revient à celui qui est le plus en retard. Le choix des tuiles techno est crucial, et Mickaël s’en sort bien avec deux qui lui permettent de gagner du temps, tandis que Dom honore les dieux, un bon choix aussi car cela lui permettra de gagner toutes les visites au mont Olympe. François se focalise sur les gains de déplacement et Marc sur les armes, deux choix intéressants aussi, mais c’est surtout sur les colonnes que va se faire la différence. Dom focalise sa stratégie sur deux colonnes et s’empare de deux merveilles, tandis que Mickaël gagne les tuiles bonus de fin de partie qui feront sa gloire. François lorgne la colonne du bois, mais s’en voit privé trois fois de suite par des attaques de ses concurrents et est à deux doigts de quitter la table, avant de reprendre un calme olympien et de parvenir à ses fins (une merveille à 10 PV). Le résultat final est contrasté avec Dom 57, vainqueur grâce à ses Dieux face à Mickaël, 56. Marc complète le podium avec 30, suivi de François, 29.

Table 2, dite « Dépêche américaine » : à Marvel United, Xel, Nico77, François-René et Steven mettent un temps infini à construire leur plateau, échouent, puis remettent le couvert et finissent par l’emporter de justesse. Puis ils découvrent Escape from New York, autre jeu coopératif où, sous forme de course contre la montre, il s’agit d’ explorer les rues dangereuses de New York, à la recherche du Président, de la cassette du gouvernement et du schéma des ponts pour s’échapper en évitant de sauter sur une mine. Ils échouent à le dominer cette fois-ci.

Séance de VENDREDI 16/08/2024 à Servel

Jean de La Bruyère, né à Paris le 16 août 1645, est célèbre pour une œuvre unique, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle (1688). Cet ouvrage, constitué d’un ensemble de brèves pièces littéraires, compose une chronique essentielle de l’esprit du XVIIème siècle. Quelques années plus tard, à Lannion, qu’il nous soit permis de le revisiter.

Table 1, dite « Du mérite personnel » : Un honnête homme se paye par ses mains de l’application qu’il a à son devoir par le plaisir qu’il sent à le faire, et se désintéresse sur les éloges, l’estime et la reconnaissance qui lui manquent quelquefois. Projetés dans une Suède des années 1980 légèrement revisitée, les héros de Tales from the loop sont des enfants, qui évoluent dans un univers de machines issu de la série éponyme, machines qui ont pris leur autonomie et qu’il faut, la plupart du temps, éviter de croiser. Ils n’en ont pas moins les corvées dues à leur âge, tondre la pelouse, aller chercher sa sœur à l’école, inverser les pneus de la voiture (ce que chacun est tenu de faire, une fois par an, comme nul ne l’ignore), et, surtout, rentrer à l’heure pour dîner. L’équipe habituelle de ISS Vanguard (Xel, Steven, Fabrice) s’est adjoint les services de François, équipier valeureux mais sans mérite personnel avéré. Bientôt englué par les retards à rentrer dîner, la fatigue et les blessures, il se désintéresse des éloges que personne ne songe lui prodiguer, tandis que les épreuves s’accumulent, avec les cartes B2, B3, B4, B5 et leur lot d’embûches à affronter. Et voici que, peu avant minuit, au détour d’une phrase, l’une de ces cartes annonce que les enfants ont remporté la partie. Ils y auront gagné moins la reconnaissance que du plaisir à l’avoir fait.

Table 2, dite « Des ouvrages de l’esprit » : La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire, et de quelques autres, c’est de n’écrire point. A la table de L’ordre de Veiel, Olivier B, François-René, Jérôme et Nico77 ont écrit ensemble les pages d’une belle histoire, après un test d’apocalypse ponctué de 7 météores.

Table 3, dite « Des esprits forts » : L’impossibilité où je suis de prouver que Dieu n’est pas me découvre son existence. Jack, Mickaël, Jeff, Marc, Fred et Elie se lancent dans Dune imperium – insurrection, un nouvel opus arrivé le soir même, dont ils ont compris les règles à 4 – mais ils sont 6, et cela change la donne, sans compter les erreurs de traduction. Après ce départ différé, voilà une table qui les entraîne jusqu’au bout de la nuit. L’histoire ne dit pas s’ils ont fini par rencontrer Dieu.

Table 4, dite « Du beau parleur  » : Ce que quelques-uns appellent babil est proprement une intempérance de langue qui ne permet pas à un homme de se taire. A cette table de noctambules, Profiler et Crack List ont prolongé le babil jusqu’à des heures indues.

Séance de MARDI 13/08/2024 à Servel

Le 13 août 1974, le Paris Saint-Germain, fraîchement promu en première division, jouait le premier match de son histoire au parc des Princes. Devant une assistance estivale, 14 000 personnes quand même, qui impressionne les joueurs dont certains, néo-pros, n’ont jamais joué que devant 50 spectateurs, l’équipe entraînée par Just Fontaine échappe de justesse à la défaite. Malgré deux buts d’avance, les parisiens se font rattraper par Metz et ne doivent qu’aux prouesses de leur gardien star Pantelic de s’en tirer avec un nul (2-2). Une performance de choix dans le contexte : ils sortent d’un 1-6 encaissé le 9 août à Metz du Reims de Carlos Bianchi, et sombreront de nouveau à Lille (0-5) la semaine suivante. Quinzièmes au classement final, ils entament alors, sans le savoir, un bail de 50 ans dans l’élite du football français.

50 années plus tard, à Lannion, princes, rois et empereurs s’étaient donné rendez-vous.

Table 1, dite « Empire à parcourir » : nouveau venu, Artimath n’a pas froid aux jeux, et pour le prouver, se joint à la table de Dune imperium. François-René, Jack et Axel le précèdent à la table de marque, privant le nouvel impétrant d’un podium, mais Olympe ne s’est pas élevé un jour. En digestif, un Paquet de chips met l’ambiance, et il va sans dire qu’à ce jeu, François-René fut le plus vorace.

Table 2, dite « Equipe à construire » : à Marvel United, Xel, Nico77, Younaël et Steven ont été, de leur propre aveu, très peu efficaces, et ceci par deux fois.

Table 3, dite « Prince qu’on sort » : Olive régale, avec deux nouveaux jeux sortis de sa besace. On s’exerce d’abord à Caylus 1303 – un opus qui rappelle bien sûr son lointain cousin, avec quelques coups tordus en plus, comme des personnages qui font des tours pendables et qu’on peut se faire voler, un poste de premier joueur qu’on peut se faire souffler, et bien sûr le bailli qu’on recule ou avance au gré des envies sur la piste, privant les imprévoyants de l’action convoitée. Grand prince, Dom fait son modeste, chouinant contre Mickaêl qu’il présente comme le dominant (le score est caché en cours de partie) et n’hésitant pas, dès potron-minet, à se faire un ennemi juré en reculant le bailli pour priver François de précieuses ressources. Au terme de cette comedia dell’arte, les scores sont serrés (Dom 67, Mickaël 62, François 55, Olive 50), mais c’est bien le beau parleur qui émerge vainqueur. Pour apaiser les esprits, Olive sort Port Royal, nouvelle trouvaille et donc découverte pour ce jeu de « stop ou encore » plutôt malin, et même vainqueur: Dom atteint sans coup férir les 12 PV qui scellent le sort de la partie.

Séance de MARDI 06/08/2024 à Servel

Le 6 août 1791, c’est l’ouverture de la Porte de Brandebourg à Berlin. En 1793, elle est couronnée d’un quadrige figurant la déesse de la Victoire sur un char tiré par quatre chevaux, emporté en 1806 par Napoléon Bonaparte qui, après la bataille d’Iena, veut l’installer à Paris. Après la victoire des troupes alliées contre Napoléon en 1815 et la chute du Premier Empire, le quadrige, encore emballé dans des caisses, retourne à Berlin, où il est restauré et agrémenté d’un nouveau symbole de pouvoir (l’aigle prussien). Après le retour du quadrige, la place dénommée le Quarré devint alors Pariser Platz, en référence au traité de Paris qui scellait la défaite de la France de Napoléon.

La statuaire, symbole de Berlin, était initialement orientée vers la ville en signe de paix, dont elle incarne le triomphe. Selon une légende tenace, Hitler aurait fait tourner le quadrige vers l’ouest pour exprimer ses désirs de puissance et de conquête. Après la Seconde Guerre mondiale, le quadrige, détruit, avait été restitué, mais sans la Croix de fer ni l’Aigle de Prusse, dans le but de renouer avec les intentions pacifiques originelles. Lors de sa dernière restauration, après la réunification allemande, le quadrige retrouva finalement les insignes de victoire de la Prusse, en dépit d’une vive polémique.

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Quelques années plus tard, à Lannion, on rêvait de voyages, mais personne ne monta sur ses grands chevaux.

Table 1, dite « Conquêtes lointaines » : à la table de Macao se préparent de lointaines conquêtes, où le cheval ne suffit plus, remplacé par un navire, qui doit se charger de denrées sur terre avant de les vendre dans les îles. Ce jeu issu d’un célèbre bricolage maison de la main d’Olive (y compris les cubes en bois !) se distingue par son mécanisme de roue dentée qui se remplit de ressources décidées par les dés, et d’un tableau de cartes qu’il s’ait de vider régulièrement au moyen de ces ressources sous peine de prendre des pénalités. Avec une stratégie efficace, et fort d’un primat à l’ordre du tour qui ne lui fut guère contesté, Dom sort brillamment en tête avec 86, suivi de François, 58, Mickaël, 35, et Olive, 30.

Table 2, dite « Concerto brandebourgeois » : un duo se forme et Younaël, incarnant les rebelles, mate Nico77 à Risk Star Wars, puis, les hostilités rangées, les compères l’emportent de concert à Shards of Infinity.

Table 3, dite « Un retour à fêter » : Le retour d’Axel est fêté comme il se doit, à l’instar de celui du célèbre quadrige, par une table de L’ordre de Veiel, où Steven et François-René ont été aussi aperçus.  Un jeu où, dans un univers fantasy sombre et complexe, une équipe d’aventuriers affronte un maître du donjon impitoyable ainsi que ses hordes de monstres. Son résultat nous est inconnu.

Séance de DIMANCHE 28/07/2024 à SERVEL

Dans une petite bourgade de la Bretagne, dont je veux oublier le nom, vivaient quelques gentilshommes ayant lance au râtelier, et ne dédaignant pas l’estoc. Après avoir marché jusqu’à la fin du jour, leur cheval se trouvant las et mourant de faim, ils découvrirent, non loin du chemin, une auberge isolée qui fut chose aussi agréable qu’une étoile qui leur eût signalé le chemin de la rédemption. Se pressant d’y arriver, ils toquèrent, et le hasard voulut qu’il se trouvât à la porte deux donzelles. Comme tout semblait devoir se passer de même qu’il l’avaient lu dans les vieilles chroniques, il leur sembla voir, en lieu d’une misérable auberge, un château flanqué de ses quatre tourelles, avec chapiteaux d’argent, pont-levis, fossés et tous autres accessoires. Il s’avancèrent et furent admis dans une noble confrérie. Attablés, de preux chevaliers avaient tombé les armures, mais s’escrimaient devant une carte à percer les fortifications de Belfort. Dans l’antre brûlant d’un immense four chauffé à blanc, on forgeait ses armes pour de futurs combats: des sabres japonais dans l’antre de Shogun no Katana. Un peu plus tard, sur une grande carte du monde, des chefs militaires revisitaient l’ordre du monde à  Quartermaster. On n’entrait pas dans un tel château comme dans un moulin : patte blanche il fallait montrer, et preuve fournir se sa gloire passée. Ainsi un téméraire visiteur enfourchant sa rossinante fut-il éconduit, alors qu’il cherchait le gîte et le repos. Pour lui, le pont-levis resta clos. Mais pour les vaillants chevaliers admis en ces lieux, c’était bombance: dans le four du donjon, on s’affairait, et bientôt, tartes, cakes, salades et gâteaux étaient offerts à l’appétit féroce des châtelains. En soirée, tous les ordres de chevalerie furent réunis en une tablée immense qui se prolongeait jusqu’au fleuve, où de braves hidalgos rivalisaient d’esprit à Crack list. L’on y fit suzerain en grand équipage un noble chevalier, avant que les portes de la nuit ne se referment sur l’immense château qui avait accueilli ces ripailles.

Séance de MARDI 23/07/2024 à Servel

Un 23 juillet, un tsar (Romanov, 1645), un maréchal (Pétain, 1951) et un roi (Hassan II, 1999) disparaissaient.

Mais dans les lueurs de l’été, à Servel, rien que des joueurs égaux entre eux, et bien vivants.

Table 1, dite « Nulle et non avenue » : à la table de Sherlock Holmes Detective Conseil, la fine équipe d’enquêteurs (Dom, Thomas, François, François-René, Vincent, Elouann), et un supplétif, Nico77, se plongent dans une étrange affaire de journaux codés, à une époque ou chiffrer un message et se le partager était moins simple que dans le monde connecté d’aujourd’hui. Grâce à Thomas, qui réussit à comprendre le principe du code caché dans un de ces fameux journaux (sans toutefois déceler une astuce diabolique) et à proposer une visite providentielle, ainsi qu’à Dom, grand animateur et maître de la synthèse collective, le naufrage de cette soirée ne fut pas total. La générosité du teneur de livre, qui attribua 15 points sur 25 à une réponse partiellement bonne, fait atterrir le score collectif de l’équipe en territoire positif, les gains des questions compensant les pertes dues aux pistes supplémentaires. Pour un total strictement positif, il eut fallu porter une meilleure attention à l’environnement général de l’action.

Table 2, dite « La marche de l’empereur » : le retour de Tzolk’in – Le calendrier Maya attire Xel, Olive, Steven et Mickaël, et ce dernier prend le large grâce à des combinaisons lui accordant des actions en plus presque à chaque tour. S’ensuit un QE, avec le même vainqueur.

Table 3, dite « Régime conservateur » : avec Marco et son compère Corentin, présents mais non annoncés, Marie-Anne engage un conciliabule qui débouche sur l’inévitable Forêt mixte – joué deux fois. Suivent deux parties également de Splendor pour une soirée « no new rules ».

Table 4, dite « Tous pour un » : La nuit s’étire sans fin, les tables 1 et 2 fusionnant avec quelques pertes et fracas pour un Just one qui dut finir à peu près à cette heure-là.

Séance de VENDREDI 19/07/2024 à Servel

Le 19 juillet de l’an 64 après Jésus-Christ, sous le règne de l’empereur Néron, la Ville éternelle est ravagée par un incendie. L’empereur, après avoir supervisé les secours, se hâte d’engager les travaux de reconstruction avec l’objectif d’embellir la ville, accessoirement de se doter d’un palais encore plus grandiose, la rumeur le soupçonnant d’avoir lui-même provoqué l’incendie dans cette intention. Pour s’en défendre, il laisse accuser les chrétiens, issus pour la plupart de communautés juives, d’en être à l’origine. C’est ainsi que débute la première persécution de l’ère chrétienne, avec, parmi ses victimes, des Juifs dénommés Pierre et Paul. 200 chrétiens seront livrés aux bêtes dans les arènes et mis à mort, certains transformés en torches vivantes.

1960 ans après, le palais de Servel était bien suffisant pour accueillir les communautés de Parties Civiles.

Table 1, dite « Massacres à la chaîne » : à L’auberge sanglante, pas de quartier : on exécute et enterre illico les innocents voyageurs qui n’avaient aucune intention mauvaise. François se voit vainqueur avec 77, devançant Thomas, 73, qui perd un billet au décompte faute d’avoir enterré tous ses morts. Mais c’était sans compter sur Dom, qui, malgré deux écrêtages de revenus > 40, finit en tête avec 91 !

Table 2, dite « Civilisation perdue » : au royaume de Tikal Mickaël, Olive et Olivier B sont largement distancés par Armand, explorateur dans l’âme !

Table 3, dite « Retour de flamme » : voilà Wyrmspan, la nouvelle star, qui fait un nouvel adepte : Jacques. Aussitôt converti, il l’emporte avec 95, damant le pion aux habitués (Xel 83, Steven 79, Olivier L 92).  Steven dernier ? Quel dommage que cette victoire de prestige soit invalidée par des erreurs de règles ! Les mêmes enchaînent ensuite à Skull King, dont la feuille de score ci-contre ne laisse pas place au doute : c’est un retour de flamme pour le king. Il est de retour, son crâne (et le cerveau qui va avec) aussi !

Table 4, dite « Péril en hauteur » : Dom et Thomas profitent du départ de François pour tenter de faire parvenir à bon port leur avion à Sky Team. A cette partie de découverte, avec Thomas dans le siège du commandant Avous, les dés ont été doux et ils se sont posés sans encombre sur le tarmac de Montréal, comme cette vidéo en témoigne.