Séance de VENDREDI 01/05/2026 à Servel

Le 1er mai était autrefois, en Europe, dédié à l’amour. Ce jour-là, il était coutumier de se coiffer d’une couronne de feuillages et de fleurs ou d’en offrir une à la personne aimée. Justement, le 1er mai 1707, sous le règne de la reine Anne, un Acte d’Union proclame le Royaume-Uni d’Angleterre et d’Écosse (United Kingdom of Great-Britain). Au siècle précédent, les deux pays avaient appris à vivre ensemble avec un même drapeau, l’Union Jack, et des gouvernements distincts. Avec l’Act of Union, ils n’ont plus qu’un gouvernement et un Parlement, à Londres, régime qui a pris fin avec la loi de dévolution (1979) qui a restitué aux Écossais un Parlement et un début d’autonomie…

Le duc de Queensbury présente l'Acte d'Union de 1707 à la reine Anne

Quelques années plus tard, en cette autre 1er mai à Parties Civiles, on célébrait de toutes parts l’Union Jack.

Table 1, dite « Un couronnement » : Retour dans la campagne anglaise pour les quatre Lords (Olive, Marc, Gérard et Dom) qui rejouent à Obsession, cette fois avec l’extension Upstairs Downstairs et un marché un peu plus dynamique (1 tuile est recyclée au début de chaque tour). Surtout, l’extension amène 4 nouveaux rôles de serviteurs qui multiplient les options tactiques et donnent plus de liberté d’action. Pour la première saison, Gérard s’empare de la seule tuile Prestige disponible et se voit déjà valser avec la charmante Elizabeth Fairchild. Mais au dernier tour Dom, financé par une héritière américaine voyante, met la main sur une tuile coûteuse qui vient d’entrer au marcher et le coiffe. Servi par une chance (que certains qualifieront d’outrancière), la seconde saison est sous le signe des tuiles Sport que justement il a accumulées et dont l’absence au marché empêche les autres de lui contester la domination. Pour la troisième saison, c’est le tour des tuiles Service … et Dom a le seul Monument de cette couleur, inutile d’essayer de lutter. Marc avec ses Monuments et Gérard avec son personnel et ses soirées nombreuses (6 ou 7 invités, mais il a été contrait de passer le jour de la Fête Nationale, un certain handicap) finissent ensemble au score avec 175 et 176 PV. Olive riche de cartes PV rattrape sa contre-performance de mardi avec 196 et Dom atteint le très beau score de 246.

Table 2, dite « Mémoires d’outre-Manche » : à cette table, on voyage outre-Manche. Tout d’abord à gérér des compagnies ferroviaires en Irlande, à Irsih Gauge, qui se solde par un score tres serré (Tristan 112, Xof 105, Marie-Anne 103, François 100, et Thomas 63). François construit une stratégie patiente, s’appuyant sur le réseau bleu de sa voisine, et qui lui promettait la victoire. Mais il rate complètement le coche trois tours de suite: à l’antépénultième, dépensant une livre de plus que nécessaire, sur l’avant-dernier, omettant de lancer une enchère qui lui était promise, et peut-être même au dernier, refusant de déclencher un versement de dividendes car il n’avait que trois compagnies. C’était largement assez pour voir Tristan triompher, avec une stratégie économe et le calme des vieilles troupes. On décide ensuite de passer en Ecosse à Glen More, pour y construire des domaines, recruter des hommes de main, produire du whisky et acquérir les plus beaux lochs et châteaux. A rebours de sa partie précédente, François prend un départ fumeux, dépassé sur les productions de ressources, tandis que Xof fait des merveilles, mais se rattrape en fin de partie avec une tuile providentielle qui lui fera scorer 10 PV au final, masquant l’indigence de sa prestation qui culmine à un total de 27. Un peu plus haut sur la table de marque, Thomas, 31, Marie-Anne, 32, et Tristan, 33, forment un joli trio, loin, très loin de l’inaccessible Xof qui, bien que pénalisé par son domaine très fourni (l’économie de tuiles étant récompensée), les coiffe tous avec le score rondelet de 60 PV.

Table 3, dite « Sous le feuillage » :  A Forêt mixte, Mickaël fut le seul à dépsser 200 PV, faisant combiner à merveille sous le feuillage une ribambelle de loups, marcassins et cervidés. Elie, Faline, Pierre-Yves et Corentin n’ont pu que s’incliner.

Table 4, dite « L’union est un combat » : François-René, Armand, Jérôme et OlivierB ont connu une vraie galère dans leur mission ISS Vanguard: une partie ni gagnée ni perdue, mais, disent-ils, « on n’est pas morts, et c’est déjà bien ».

Table 5, dite « Heureux mariage » : La table 4 se décompose et fusionne avec la 3 pour terminer la soirée par une partie de Bomb Busters.

Séance de MARDI 28/04/2026 à Servel

Eugene M. Shoemaker, né le 28 avril 1928, se passionne très jeune pour la géologie et se révèle un étudiant surdoué, obtenant son Bachelor of Science de Caltech à 19 ans. Envoyé dans les années 50 rechercher de l’uranium dans le sud-ouest américain, il s’intéresse aux cratères qu’on y trouve dans le désert. Il y consacre sa thèse et, en comparant la microstructure de quartz choqués à celle qu’il a trouvée dans des cratères créés par des essais atomiques, il démontre que les hautes pressions nécessaires ont été créées par l’impact d’une météorite. Il répète la même preuve avec l’astroblème du Nördlinger Ries et le date de 15 millions d’années, un cratère en Bavière d’une vingtaine de kilomètres de diamètre à peine distinguable car très érodé. Il s’investit ensuite dans le champ naissant de l’astrogéologie, interprétant les images de la lune et formant les astronautes destinés à s’y poser. Plus tard il se consacre à une recherche méthodique des astéroïdes qui pourraient croiser l’orbite de la terre. Leurs enfants grandis, sa femme rejoint son équipe de recherche et devient une collaboratrice précieuse ; c’est en 1993 qu’avec David Levy ils découvrent autour de Jupiter Shoemaker–Levy 9, une comète qui a été capturée par sa gravitation et s’est fragmentée en une vingtaine de morceaux. Sous les yeux fascinés des scientifiques, elle percute la planète géante en juillet 1994. Quant au malheureux Shoemaker, son destin était décidément sous le signe des impacts puisqu’il trouva la mort en 1997 dans une collision frontale sur une route d’Australie.

Table 1, dite « Choquante » : Un pack de seniors (Marc, Gérard, Olive et VHN), tous n’ayant pas un langage de gentlemen, dispute dans le respect des bonnes manières une partie d’Obsession -jeu de base après avoir hésité-. On drafte les 2 invités de départ mais sinon aucune variante de règles n’est utilisée et la cour est « ouverte », c.a.d qu’on connaît à chacune des quatre saisons le type d’aménagement du manoir familial qui séduira les Fairchild. Ce sont d’abord les tuiles « Service » où 3 joueurs se neutralisent puis deux fois de suite les tuiles « Essentiels » qui sont promises à Olive, mais il a du mal à les retourner et se laisse surprendre non préparé par la Fête Nationale; la seconde fois c’est Gérard qui grâce à un monument brun obtient le total le plus élevé. Des monuments, justement, Marc en a deux puis trois ce qui lui permet d’arriver le premier au maximum de réputation. Le dernier tour voit Marc et Gérard accueillir une demi-douzaine d’hôtes de haut de gamme et maximiser leur score final. Marc remporte la cour finale et domine sur les invités, Dom sur les tuiles et les objectifs et Gérard sur les carte « PV ». Ce sont les serviteurs qui font basculer les choses : Dom a utilisé une carte valant 5 PV pour aller chercher une troisième femme de chambre, ce qui lui valide un objectif à 6 PV. Opération quasi-blanche en apparence mais chaque serviteur rapporte aussi 2 points. Il finit ainsi avec 183 PV, juste devant Marc 181 puis Gérard 161 et Olive 105. Nos nobliaux n’en resteront pas là et prévoient de se retrouver prochainement pour une autre garden party, cette fois avec l’extension.

Table 2, dite « Sciences naturelles » : Benjamin et Corentin, en mode grands fauves, attirent Virginie dans le zoo d’Ark Nova. Les allées et les cages résonnent de leur rugissement et à la fin c’est Corentin qui est le roi des animaux.

Table 3, dite « Femmes irremplaçables » : Nolwenn propose un Wyrmspan, enrichi de son extension récente, à Faline (qui connaît bien) et Caroline (qui découvre). L’extension amène un nouveau type, les dragonneaux, des sortes d’ados qu’il faut éduquer et forcer à ranger leur caverne. Elle modifie aussi la fin de manche où plutôt que regagner 6 jetons actions, on choisit parmi un menu de revenus. La lutte entre les mothers of dragons a été serrée et c’est là encore sur une différence de deux points que Nolwenn bat Faline 100 PV à 98, Caroline scorant 68 pour sa première partie.

Table 4, dite « Météoritique » : Des jeunes des tables 2 et 3 restent pour finir avec quelques tours de The Gang.

Séance de VENDREDI 17/10/2025 à Servel

Le 17 octobre 1968, à Mexico, John Carlos et Tommie Smith lèvent chacun un poing ganté de noir sur le podium de premier et troisième pendant l’hymne américain de leur remise de médailles d’or et de bronze au 200m lors des Jeux olympiques d’été de 1968. Les deux athlètes sont aussi monté sur le podium en chaussettes noires sans chaussures afin de dénoncer le racisme envers les Noirs aux États-Unis. Tommie Smith porte un foulard au cou et John Carlos un collier en référence aux lynchages des Noirs dont ceux du Sud ont été très longtemps victimes. En signe de soutien, Peter Norman, un athlète blanc et médaille d’argent, porte un badge de l’OPHR (Olympic Project for Human Rights, un association dénonçant la ségrégation dans le monde). Les trois athlètes sont hués par les spectateurs. Le président du CIO, Avery Brundage, déclare qu’une protestation concernant la politique intérieure d’un pays n’a pas sa place au sein d’un évènement apolitique tel que les Jeux et ordonne que Smith et Carlos soient suspendus de l’équipe américaine et bannis du village olympique. Les deux athlètes seront suspendus puis exclus à vie des Jeux Olympiques. Ils recevront des menaces de mort contre eux et leur famille.

En 2005, une statue montrant Carlos et Smith sur le podium est érigée sur le campus de l’université d’État de San José. À la place du numéro 2, on peut voir une plaque qui rend hommage au soutien de Peter Norman pour ses collègues athlètes, et qui invite le passant à prendre parti en prenant la place et en devenant un acteur de la statue. Le 30 septembre 2016, plusieurs décennies après avoir été ignorés, Smith et Carlos sont reçus à la Maison-Blanche par le président Obama. En novembre 2019, ils sont intronisés au Hall of Fame du Comité olympique et paralympique américain au cours d’une cérémonie à Colorado Springs. À cette occasion, John Carlos déclare  : « Nous avons compris après 51 ans que la plus grande invention n’était ni l’avion, ni la télévision, ni le téléphone, mais la gomme : comprendre qu’on peut faire des erreurs dans la vie et qu’il ne doit pas y avoir de honte à les effacer. Je pense que le Comité est arrivé à cette conclusion ».

57 ans après, nombre d’américains ont jeté la gomme. Il leur reste les archives. A Parties Civiles, à la veille du festival Scorfel, on ne baissait pas les bras et 6 tables se mettaient en place.

Table 1, dite « Poing levé » : Après quelques mois de disette, retour sur les tables de Le château blanc. Mickaël grimpe sur le haut du podium, reléguant Corentin, OlivierB et Fred aux affres de l’anonymat.

Table 2, dite « On touche le fond » : Plongée dans Abyss cette table voit la victoire de Sébastien, 93, devant Nolwenn, 82, Faline, 74, Théo, 66 et Caroline, 41.  Ils se lancent ensuite dans un nouveau jeu, Link city.

Table 3, dite « Nuit blanche » : Trois connaisseurs, Xekl, Olive et Marc, s’apprêtent à lancer Obsession, mais surgit le novice Clément, et c’est parti pour une explication de règles, longue, forcément longue. La partie prend fin dans la nuit su rune victoire attendue de Marc, qui se sera bien entraîné à la nuit ludique de Scorfel.

Table 4, dite « Vérité alternative » : Steven, Younaël et Tristan ferraillent à Cyperpunk. Ils ont si bien joué aux hackers que le résultat ne nous est pas parvenu.

Table 5, dite « Pas de gomme » : La fine équipe de Sherlock Holmes: Détective conseil s’apprête à jouer la dernière enquête ! Mais, coup de théâtre, il leur est annoncé que celle-ci est d’un genre un peu spécial et qu’il faudra être patient car elle risque de s’étirer. Ils n’ont du coup pas mis la gomme pour progresser, la soirée s’étirant entre visites convenues et digressions multiples parce-que-l’homme-est-un-animal-social-et-on-n’est-pas-là-que-pour-jouer. A l’orée de la nuit, ils sont parvenus à dénicher une piste prometteuse, et ont noté scrupuleusement leurs trouvailles, pour la revoyure. On retiendra aussi de cette soirée le mémorable échange lors d’un choix au cours d’une visite dans une maison, l’un voulant juste regarder, et l’autre s’introduire. Parce que cette équipe est aussi celle des petites blagues.

Table 6, dite « Meurtres ordinaires » : Par une nuit d’orage, un couple de malheureux voyageurs se précipite dans un manoir abandonné dans les bois pour se mettre à l’abri. Mais, pire que la pluie impitoyable, ils sont en fait entrés sur le terrain de chasse d’un tueur assoiffé de sang. Bienvenue dans Terroscape – encore une nouveauté sur nos tables – que Fred, Mickaël et OlivierB ont espérimentée, sans oser en dévoiler l’issue.

Séance de VENDREDI 29/11/2024 à Servel

Deux cent cinquante mille télégrammes diplomatiques venus du département d’Etat et de 270 ambassades et consulats américains dans le monde, cinq journaux mobilisés depuis des semaines pour les analyser… Les « fuites » de WikiLeaks, qui ont commencé à être diffusées le 29 novembre 2010, provoquent un petit séisme sur la scène diplomatique et dans le monde de l’information. Les télégrammes n’apportent pourtant pas de révélations fracassantes sur les grandes questions internationales. Elles portent en revanche un coup terrible à la crédibilité des Etats-Unis et remettent en cause la culture du secret, fondement de la diplomatie, en livrant au grand public les jugements parfois assez crus que certains diplomates portent sur les dirigeants de la planète. Sarkozy apparaît ainsi « susceptible et autoritaire », David Cameron manquerait de profondeur tandis qu’Angela Merkel ne brillerait pas par son imagination….

14 ans après, alors que quelques fuites providentielles nous  autorisent à publier ce compte-rendu, les rédacteurs de cette page confessent leur penchant pour la transparence des récits, mais ils n’ont jamais forcé personne à se livrer.

Table 1, dite « Insondable »: François-René attire Thomas, Marie-Anne et Jérôme à L’insondable. Ce jeu n’est autre qu’un Battelstar Galactica rethémé dans l’univers Cthulhu, avec quelques modifications au passage. Insondable aussi, l’issue de la partie qui s’est perdue dans les ondes.

Table 2, dite « Dans la place » : Marc dévoile Obsession dans une magnifique livrée, avec boîtes faites maison, et son extension, s’il vous plaît. Les invités se pressent à la table de ce jeu, où, comme dans la bonne aristocratie anglaise, on organise des activités pour toute sorte d’invités avec une kyrielle de serviteurs. Le jeu semble velu au premier abord, mais il se joue en fait de manière fluide, et le maître des lieux, dans la place, livre une prestation digne de son rang, avec le score explosif de 158 ! François, aidé par une connaissance avérée de Downtown Abbey, s’adjuge la place du dauphin avec 111, ayant par un coup d’éclat réussi à trouver dans le sac de tuiles le terrain de croquet qu’il lui manquait pour un bonus lucratif (+13 PV). Olive devance Mickaël pour le podium, 102 à 101.

Table 3, dite « Fuite de cerveaux » : Tristan reste le maître incontesté de Everdell avec une victoire à 72 devant Fred 55, Pierre-Yves, 36, Morgane, 27. Mais cette dernière prend sa revanche en trompant son monde à Peolopones, médusant Tristan et la concurrence.

Table 4, dite « Délit d’initiée » : à Last Heroes, jeu (compétitif) où on combat des affreux avec des armes, mais où on peut voler des munitions à ses collègues, ce qu’on pourrait appeler une coopération forcée, les avis restaient mitigés entre les 4 joueurs après cette première partie. Younaël alors se retire, puis, à la table de Neoville on vit Nolwenn, 76, prendre le dessus sur Olivier L., 69, et Caroline, 60. Sa connaissance du jeu y a certainement aidé.

Table 5, dite « Usual suspects » : Steven vainqueur à Ark nova ? Tout sauf un scoop pour Xel, Xof et Samuel, autres usual suspects de ce jeu où l’on affiche son amour des bêtes.

Table 6, dite « Rencontres bilatérales »: Dom rejoint un Vincent arrivé tardivement pour une partie de Splendor Duel : Vincent s’impose en atteignant simultanément les 10 couronnes et les 20 points. Dom qui visait les 10 points en Noir est resté encalminé. Toujours en duo, Younaël initie Dom au Château Blanc, un jeu de placement d’ouvriers-dés presque minimaliste : on fait en tout et pour tout neuf actions au cours de la partie. Peu de temps pour construire un moteur, il faut être très focalisé tout en imaginant une stratégie au vu des cartes d’actions, différentes d’une partie à l’autre. On peut en plus s’en réserver les effets en la retirant du plateau central, de quoi ruiner ses plans. Enfin il est probable que pour bien jouer il faut aussi suivre ce que font les autres et bloquer les emplacements qui leur seraient utiles. Pour cette partie de découverte Dom a fait un peu de tout tandis que Younaël a efficacement couplé ses samouraïs à ses courtisans. Culminant par une magnifique dernière action triple il l’emporte par 38 à 35.


Séance de MARDI 26/03/2024 à Servel

Le « combat des trente » qui eut lieu le 26 mars 1351 est un épisode de la guerre de succession de Bretagne qui débuta en 1341 suite à la mort sans descendance du duc Jean III. Deux familles s’affrontent, Jean de Montfort qui s’est allié au roi d’Angleterre et Charles de Blois soutenu par son cousin roi de France. Lors du siège de Ploërmel, les deux protagonistes décident d’une forme de tournoi à l’ancienne où 30 combattants s’affronteront. Jean de Beaumanoir mène les blésistes (qui comptent dans leurs rangs Huon de Saint-Hugeon, de Brélévenez) et Robert de Bemborough (de Josselin) les monfortistes.  Le massacre tourne au profit des blésistes et s’arrête avec la capture pour rançon de la moitié survivante des monfortistes. Ce combat aura peu d’influence sur la suite de la campagne : les blésistes échoueront à prendre Ploërmel et Jean IV de Montfort finira par gagner la couronne ducale en 1365. Cette épisode historique fait l’objet d’un obscur wargame de 2006.

Table 1, dite « A l’ancienne » : Il y a longtemps qu’Hermagor, un jeu de 2006 d’un auteur italien au look « allemand » et aux billets à l’ancienne, n’avait pas été vu. Autour de la table pour cette séquence vintage, Olive, Xel, François et Mickaël. Les règles ne sont pas compliquées mais cela fait bien chauffer le cerveau, à la fois pendant la phase de marché (très interactive, elle permet d’acquérir des tuiles de marchandises mais aussi des revenus, avec un tiraillement entre ces deux buts) et pendant la phase de parcours de la carte (avec un petit côté « problème du voyageur de commerce »). Résumé en quelques mots du gagnant :

François l’emporte tout en maîtrise avec 97 PV, se permettant même de passer au dernier coup. Mickaël avec 89 fait bonne figure, pénalisé d’avoir trop été  désigné premier joueur (en effet sur le placement de ces pions au marché il vaut mieux jouer tardivement pour faire basculer des majorités en sa faveur). Olivier 83 pâtit d’un duché non exploré et Xel 85 d’une route principale pas assez fréquentée et du marché noir défavorable.

Table 2, dite « Equilibre des forces » : Marie-Anne fait découvrir Azul, dans sa version les vitraux de Sintra, à Nastassia. C’est l’élève qui l’emporte sur la maîtresse. Elles poursuivent par Cascadia avec le résultat inverse, une victoire de Marie-Anne par 95 PV à 78.

Table 3, dite « Défaite cuisante » : Dom a du mal à recruter pour Impulse (« quand vous le sortez, tout peut arriver »), il finit par ramener Stéven, d’abord réticent face aux règles déroutantes (mais finalement pas si compliquées une fois revues la douzaine d’actions possibles) du toujours créatif Carl Chudyk (dont il avait récemment goûté à sa Gloire de Rome) mais finalement conquis. Toujours prêt à innover, l’auteur fait tenir quasiment en une centaine de cartes un jeu « 4X » (Explore-Expand-Exploit-Exterminate) spatial avec un micro tech tree. Les aspects les plus originaux sont :

  • l’Impulse, une suite de 4 cartes partagée entre les joueurs qui les utilisent dans l’ordre à leur tour y après avoir ajouté une carte et défaussé la plus ancienne. Ils construisent ainsi une sorte de tapis roulant où tout l’art consiste à pouvoir mieux tirer parti des cartes
  • la possibilité de renforcer l’effet de chaque carte en fonction des gemmes que l’on possède de la même couleur ; ce sont des cartes glissées sous son plateau qui le renforcent chacune d’une valeur variant de 0,5 à 1,5. Ainsi une carte permettant de piocher 1 fois, renforcée par deux gemmes, permet en fait de piocher 2 fois. La couleur de ses gemmes va donc orienter la couleur des cartes que chacun va activer et ajouter à l’Impulse
  • le Plan, une suite de cartes privées qu’on accumule et qu’on peut déclencher en fin de tour, avec potentiellement un effet « boost » renversant

Le jeu est une course aux 20 points, le premier arrivé met fin immédiatement à la partie. La limite de 10 cartes en main n’a jamais été atteinte, peu de cartes premettant de piocher ayant été tirées. En début de partie, Stéven investit dans les gemmes jaunes et Dom dans les bleues. Cette petite asymétrie initial, telle un battement d’aile de papillon intergalactique, va se révéler importante : plus mobile, Stéven parvient tôt dans la partie à détruire l’unique croiseur ennemi (il y a deux types de vaisseaux : les croiseurs, unités de combat, patrouillent à la frontière des cartes, initialement cachées, qui constituent la carte tandis que les cargos, non armés, permettent d’activer la carte sur laquelle ils s’arrêtent). Mal inspiré dans son choix de techs, Dom se retrouve incapable d’assurer la défense de ses nombreux cargos que Stéven dégomme comme au casse-pipes, scorant 1 PV à chaque fois. Dom recolle au score à mi-partie avec une vente de carte pour 3 PV et quelques sabotages des cargos  adverses. Il explore le sud de la carte mais sans en tirer d’avantage net.

L’arrivée dans l’Impulse d’une carte permettant la construction de vaisseaux voit les flottes de croiseurs se multiplier, l’occasion de lancer quelques combats. Les deux joueurs ayant atteint les 15 points on sent le dénouement proche. A son tour Stéven  attaque une flotte de croiseurs : Dom met toute sa main de cartes dans la bataille, se disant que sinon c’en est fini de ses chances. Mais Stéven, plus discipliné, a gardé une bonne carte en main et lance un second combat qu’il remporte, les scores atteignent Dom 18 – Stéven 17. La dernière carte de l’Impulse lui permet de vendre deux cartes de force 1 tirées de la pioche. La chance lui sourit (en fait il y avait 75% de probabilité qu’il marque le point qui lui manquait) et il score deux points supplé-mentaires. Ses deux croiseurs patrouillant la carte centrale lui assurent en fin de tour encore deux points et il gagne la partie par 21 PV à 18.

Table 4, dite « Lutte de succession » : Face à face à Obsession entre Marc (qui maîtrise) et Marco (qui découvre). Un jeu où on s’intéresse aussi aux successions familiales, mais plus sous l’angle du marché matrimonial que celui des joutes armées. Configuration classique : jeu sans extension et couleur de cour (au sens de « faire la cour », pas « cour de récré ») révélée au début de chaque trimestre. Marc l’emporte par 109 PV à 88 mais n’est pas satisfait de son score.

Table 5, dite « Animaux à sang chaud » : Fusion des tables 2 et 3 qui repartent pour un Cascadia qui en quelques années a pris sa place parmi les jeux familiaux les plus appréciés. Dom est le meilleur sur le sous-total des animaux et Marie-Anne sur celui des terrains. Nastassia paie son manque de bancs de saumons et finit en queue (de poisson) avec 77 PV. En tête c’est groupé avec Dom 96, M-A 93 et Stéven 90. L’auteur de ces lignes persiste à trouver le jeu froid, sans grande variété et représentatif de cette tendance où l’on évite la frustration chez les joueurs (par exemple : l’absence de contraintes sur la continuité des terrains, la possibilité de renouveler tous les jetons Animaux ou encore celle de déroger à l’appariement tuile/jeton). Par contre la simplicité de ses règles est elle aussi typique de la qualité du travail de développement des éditeurs pour faire surnager leurs produits dans un marché pléthorique.

Séance de MARDI 28/11/2023 à Servel

Nancy Astor, née aux Etats-Unis puis remariée en Grande-Bretagne fut la première femme à siéger à la Chambre des Communes, suite à une élection remportée le 28 novembre 1919 (on retiendra qu’en 1918 une nationaliste irlandaise y fut élue mais refusa d’y siéger). Avec son mari Waldorf , ils jouaient déjà un rôle de premier plan dans la haute société anglaise depuis leur manoir de Cliveden. En fait Lady Astor fit campagne pour une circonscription de Cornouailles qui était celle de son mari, le décès du père de celui-ci ayant libéré un siège héréditaire à la chambre des Lords. Son sens de la répartie et ses opinions arrêtées lui donnèrent de la visibilité mais lui jouèrent aussi quelques tours au point qu’elle fut poussée vers la sortie de sa carrière politique en 1945.

Table 1, dite « Aristocratie terrienne » : Marc déballe son exemplaire d’Obsession en français, Dom qui connaît le jeu le guide avec Mickaël dans la découverte de « Downton Abbey, le jeu » (Nastassia venant suivre la fin de partie). Chacun dirige une famille de la noblesse anglaise qui souhaite élever son rang social et, qui sait, offrir un beau mariage à ses deux rejetons. Pour cela deux leviers principaux : aménager l’intérieur et l’extérieur de son manoir en y ajoutant des tuiles et y convier pour différentes activités de riches oisifs son cercle social qu’on cherche à développer en quantité et en qualité. Ajoutez le fait qu’il faut disposer des bons domestiques pour cela, un peu de planification est nécessaire. On récupère des tuiles en les achetant sur une « rivière » tandis qu’on pioche au hasard ses nouveaux invités (qu’on peut d’ailleurs dégager, certain(e)s coûtent en PV et en réputation !). Plusieurs éléments assurent un renouvellement des parties, des objectifs personnels et une légère asymétrie de départ c’est classique, mais surtout le fait que pour chaque quart de la partie, il y a une prime au manoir qui aura le plus de points dans une certaine catégorie de tuiles. Le prix est la visite pour le trimestre du fils ou de la fille Fairchild, la crème de la crème locale, une carte puissante qui donne un boost temporaire.

Pour cette première partie dans l’association (version courte avec élimination de la tuile la moins chère à la fin de chaque manche, draft des invités initiaux) le marché de tuiles a été sévère : il a été très vite saturé de tuiles de niveau 4 ou 5, inutilisables à ce stade de la partie, et le Fumoir (niv. 2) de Mickaël a été un achat judicieux qui lui a permis de lancer sa machine. Marc puis Mickaël s’attirent les faveurs des Fairchild tandis que Dom peine à atteindre une réputation de 2 quand les autres en sont à 4, cela le contraint fort dans les tuiles et les cartes qu’il peut utiliser. Marc accumule les invités de prestige et réussit à acquérir une paire de tuiles qui lui vaudra 13 PV en fin de partie (objectif personnel). Dom tente le tout pour le tout en misant sur une héritière américaine assez vulgaire mais pleine aux as (elle rapporte 800£ mais fait perdre 0,6 de réputation – oui la réputation est fractionnelle) qui le mène à casser sa tirelire pour acheter un puis deux Monuments, des tuiles haut-de-gamme bien dotées en PV. Ceci lui permet de remporter la dernière cour et de gagner de justesse face aux deux débutants avec 119 PV devant Marc 109 et Mickaël 89. Le jeu combine un thème original et bien rendu, un beau matériel, des parties intéressantes et des façons de varier le jeu, sans même parler de l’extension déjà bien au chaud dans la besace de Marc.

Table 2, dite « Inside House of Parliament » : encore un nouveau jeu pour Nastassia et Jack avec Dungeon Papers, un roll and write d’exploration de château avec pas mal de combos possibles. Cela s’est soldé par deux parties et deux victoires de Jack.

Table 3, dite « Les hommes sont de Mars » : Marco prend BenjaminF dans ses filets pour une partie d’un de ses jeux préférés, Terraforming Mars. Que croyez vous qu’il se passa ? c’est Marco qui l’emporta.

Table 4, dite « Rule Britannia » : un Wallace pour fêter le passage de DocNico accompagné de son collègue Patrice, Thomas leur déballe Londres. Après l’Angleterre victorienne côté mondanités à la table 1, on se confronte ici à l’Angleterre victorienne côté grands travaux, affairisme et inégalités sociales. Quelle fut la stratégie de l’inévitable Thomas ? nous l’ignorons mais il l’emporta avec 52 PV, nettement détaché, avec un joueur anonyme qui a fini en territoire négatif, sûrement débordé par les indigents. Pour finir ils jouent à Scout, le jeu de cartes de l’année 2023.