Il y a un an exactement que le cardinal américano-péruvien Robert Francis Prevost est pape sous le nom de Léon XIV. Sa devise, « In illo uno unum », que l’on peut traduire par « En Celui qui est Un, soyons un », puise son inspiration dans la pensée de saint Augustin. Elle exprime un appel profond à l’unité des croyants dans le Christ, seul fondement véritable de la communion ecclésiale.
Un an après, Parties Civiles honorait son Dieu unique: le jeu, et ses nombreux créateurs.
Table 1, dite « Deux éminences » : Xel, Olive, Gérard et Dom débutent la soirée avec Lancaster, dont nous vous invitons à relire la présentation dans un CR de 2024 : on place des ouvriers-chevaliers de force variable sur des emplacements en pouvant chasser un chevalier adverse moins gradé. Il y a aussi de résolues à chaque manche 3 « lois » (tuile condition => gain) et tous les joueurs votent pour ou contre de nouvelles lois ce qui permet à la fois d’en faire entrer en jeu de plus favorables et de chasser celles qui profitent trop aux autres. Chacun a développé sa chevalerie et son château mais à la fin Dom dominait à la fois sur la force totale (grâce au départage par ses nombreux écuyers), sur le développement de son château et sur la brochette de nobles recrutés. Il l’emporte avec 88 PV devant Xel 48, Gérard 41 et Olive 35.
Puis sort un nouveau jeu « fun et interactif » : Lords of Vegas où il s’agit par des manœuvres douteuses de développer des casinos le long de la célèbre artère The Strip. Un jeu avec des dés et donc plus ou moins de chance quand on les lance. Une originalité du jeu est sa piste de score qui, si elle démarre classiquement 1 2 3 4 etc. voit ensuite les valeurs s’espacer : 16 18 20 23 26. Comme on score un par un une fraction des casinos au début du tour, cela met une pression pour les agrandir puisqu’au bout d’un moment un casino rapportant 1 PV ne permet plus d’avancer au score. Pour cette partie de découverte, les autres se sont ingéniés à venir perdre leur argent sur les tables de jeu de Gérard qui n’en demandait pas tant. Il se détache rapidement avec Xel qui occupe efficacement des emplacements coûteux le long de l’avenue. Olive fait un coup habile lui donnant le contrôle d’un casino de Gérard mais celui-ci est trop devant : quand la carte mettant fin à la partie est piochée, il mène par 44 PV devant Xel 36, Dom 32 et Olive 20. On va sûrement y rejouer, peut-être à 5, et en explorant les négociations et les deals entre joueurs qui ajoutent encore du plaisir et des possibilités.
Table 2, dite « Résurrection » : la table 1 étant bouclée, restent 9 joueurs à se répartir et, après quelques atermoiements, Mickaël sort Orléans du placard, ce qui recueile l’assentiment général, et permet d’exfiltrer Younaël de la table 3. On joue donc à 5, et donc, c’est une foire d’empagne aussi bien sur les pistes de recrutement (quand il n’y a plus de jetons, c’est épuisé) que sur le plateau des déplacements (quand les domaines sont créés, c’est cuit). Marc fonde sa stratégie presque uniquement sur ce plateau, pour maximiser la formule Niveau de développement * (Comptoirs + Citoyens) et score bien sur ce critère, mais se voit pénalisé sur le reste des décomptes et culmine à 92. Younaël le rejoint sur ce même score, et François échoue à 84, se voyant privé au dernier tour des trois actions qu’il visait, prises par les trois premiers joueurs, après avoir chouiné toute la partie contre Mickaël qui empruntait le même parcours sur la carte mais établissait systématiquement ses comptoirs avant lui ! Mickaël, donc, qui avait essuyé récemment quelques échecs cuisants, a de la mémoire et met fin à sa série noire de défaites, en copiant la stratégie gagnante de François lors sa partie mémorable du 2 janvier Nanti de lucratifs brocarts, il l’emporte avec 117 sur un ultime coup de collier qui booste son niveau de développement à 6, en acquérant un des deux jetons Université, miraculeusement revenus en jeu après un épisode de peste (ceux-là même que convoitait François). Il coiffe Xof, qui avec 114, se voyait vainqueur, fort d’un beau trésor de guerre amassé au cours d’un habile chemin alternatif sur la carte où personne ne l’embêtait.
Faline remplace ensuite François pour une partie de Mythologies – dont l’écho ne nous est pas parvenu.
Table 3, dite « Soyons un » : Après quelques conciliabules, c’est finalement le coopératif The loop qui réunit Faline, Franck, OlivierB et Corentin. Ils ne font qu’un mais leur communion sera inachevée, et ils essuient une défaite après avoir mené à bien trois chapîtres.

… avec Christel, Gérard, Franck, Jibee et Votre Humble Serviteur attablées autour de Lancaster, un jeu à la thematique moyennago-anglaise comme son titre le laisse deviner. Il s’agit d’un jeu de … heu … je ne sais pas. Disons placement, tendance majorité avec des morceaux de bluff dedans, plutôt interactif d’ailleurs car les joueurs peuvent éjecter des adversaires d’une position acquise tout en optimisant leur coup courant. Comme dans la vie il y a deux types de joueurs : ceux qui aiment compter et les autres, une chose était claire dans mon esprit : ce jeu a été fait pour la première catégorie. D’ailleurs Gérard a « vendu » ce jeu comme un Caylusosemblable au grand dame de Jibee qui voyait le visage de VHS blêmir au fur et mesure des explications du jeu. De plus ce dernier n’a rien compris aux « moteurs à points » souvent présents dans ce genre du loisir ludique. Il a décidé donc de jouer un peu au petit bonheur la chance alors que les adversaires ferraillaient dur contre le perfide français tout en envahissant des châteaux de leurs compagnons du plateau. Franck en particulier bataillait dur et réunissait à tour de bras des écuyers en grand nombre. Je me fends ici d’une parenthèse : la vraie vie a pris pas sur la terminologie officielle du jeu, les chevaliers sont devenus des maîtres du stage et les écuyers – matière première facilement recyclable – des stagiaires. En revenant sur les mécanismes de jeu : il y figure un système de vote des lois fort logique, mais malmené par les joueurs sus-cités, à mon humble souvenir une seule loi sur une douzaine a été adoptée. Et donc Franck qui était particulièrement actif et sévèrement pourvu en maîtres de stage est monté sur la première marche de podium. Arrivaient ensuite Jibee et VHS sur la même deuxième marche (soyons honnêtes : VHS n’a acquis ses points que grâce au caprice d’une divinité vouée au jeu et au hasard) suivis de Gérard et de Christel. Attention : ne déduisez pas de cette chronique que Lancaster soit un mauvais jeu. Je pense juste n’y avoir rien compris…