Séance de MARDI 28/11/2023 à Servel

Nancy Astor, née aux Etats-Unis puis remariée en Grande-Bretagne fut la première femme à siéger à la Chambre des Communes, suite à une élection remportée le 28 novembre 1919 (on retiendra qu’en 1918 une nationaliste irlandaise y fut élue mais refusa d’y siéger). Avec son mari Waldorf , ils jouaient déjà un rôle de premier plan dans la haute société anglaise depuis leur manoir de Cliveden. En fait Lady Astor fit campagne pour une circonscription de Cornouailles qui était celle de son mari, le décès du père de celui-ci ayant libéré un siège héréditaire à la chambre des Lords. Son sens de la répartie et ses opinions arrêtées lui donnèrent de la visibilité mais lui jouèrent aussi quelques tours au point qu’elle fut poussée vers la sortie de sa carrière politique en 1945.

Table 1, dite « Aristocratie terrienne » : Marc déballe son exemplaire d’Obsession en français, Dom qui connaît le jeu le guide avec Mickaël dans la découverte de « Downton Abbey, le jeu » (Nastassia venant suivre la fin de partie). Chacun dirige une famille de la noblesse anglaise qui souhaite élever son rang social et, qui sait, offrir un beau mariage à ses deux rejetons. Pour cela deux leviers principaux : aménager l’intérieur et l’extérieur de son manoir en y ajoutant des tuiles et y convier pour différentes activités de riches oisifs son cercle social qu’on cherche à développer en quantité et en qualité. Ajoutez le fait qu’il faut disposer des bons domestiques pour cela, un peu de planification est nécessaire. On récupère des tuiles en les achetant sur une « rivière » tandis qu’on pioche au hasard ses nouveaux invités (qu’on peut d’ailleurs dégager, certain(e)s coûtent en PV et en réputation !). Plusieurs éléments assurent un renouvellement des parties, des objectifs personnels et une légère asymétrie de départ c’est classique, mais surtout le fait que pour chaque quart de la partie, il y a une prime au manoir qui aura le plus de points dans une certaine catégorie de tuiles. Le prix est la visite pour le trimestre du fils ou de la fille Fairchild, la crème de la crème locale, une carte puissante qui donne un boost temporaire.

Pour cette première partie dans l’association (version courte avec élimination de la tuile la moins chère à la fin de chaque manche, draft des invités initiaux) le marché de tuiles a été sévère : il a été très vite saturé de tuiles de niveau 4 ou 5, inutilisables à ce stade de la partie, et le Fumoir (niv. 2) de Mickaël a été un achat judicieux qui lui a permis de lancer sa machine. Marc puis Mickaël s’attirent les faveurs des Fairchild tandis que Dom peine à atteindre une réputation de 2 quand les autres en sont à 4, cela le contraint fort dans les tuiles et les cartes qu’il peut utiliser. Marc accumule les invités de prestige et réussit à acquérir une paire de tuiles qui lui vaudra 13 PV en fin de partie (objectif personnel). Dom tente le tout pour le tout en misant sur une héritière américaine assez vulgaire mais pleine aux as (elle rapporte 800£ mais fait perdre 0,6 de réputation – oui la réputation est fractionnelle) qui le mène à casser sa tirelire pour acheter un puis deux Monuments, des tuiles haut-de-gamme bien dotées en PV. Ceci lui permet de remporter la dernière cour et de gagner de justesse face aux deux débutants avec 119 PV devant Marc 109 et Mickaël 89. Le jeu combine un thème original et bien rendu, un beau matériel, des parties intéressantes et des façons de varier le jeu, sans même parler de l’extension déjà bien au chaud dans la besace de Marc.

Table 2, dite « Inside House of Parliament » : encore un nouveau jeu pour Nastassia et Jack avec Dungeon Papers, un roll and write d’exploration de château avec pas mal de combos possibles. Cela s’est soldé par deux parties et deux victoires de Jack.

Table 3, dite « Les hommes sont de Mars » : Marco prend BenjaminF dans ses filets pour une partie d’un de ses jeux préférés, Terraforming Mars. Que croyez vous qu’il se passa ? c’est Marco qui l’emporta.

Table 4, dite « Rule Britannia » : un Wallace pour fêter le passage de DocNico accompagné de son collègue Patrice, Thomas leur déballe Londres. Après l’Angleterre victorienne côté mondanités à la table 1, on se confronte ici à l’Angleterre victorienne côté grands travaux, affairisme et inégalités sociales. Quelle fut la stratégie de l’inévitable Thomas ? nous l’ignorons mais il l’emporta avec 52 PV, nettement détaché, avec un joueur anonyme qui a fini en territoire négatif, sûrement débordé par les indigents. Pour finir ils jouent à Scout, le jeu de cartes de l’année 2023.

Séance de VENDREDI 06/10/2023 à Servel

Le 6 octobre 1857 a lieu à New York le premier congrès américain d’échecs, un tournoi par élimination entre les 16 meilleurs joueurs du pays. Il est remporté par Paul Morphy qui, après avoir battu le gratin national et européen, se retire sur ses lauriers à 22 ans deux ans plus tard. 216 ans plus tard cela joue toujours.

Table 1, dite « Roi » : Thomas accueille à une table de Londres (2e ed.) Marie-Anne, Xel et un nouveau Jérôme venu voir comment cela se passe à Parties Civiles. Il n’est pas déçu, Thomas fait une démonstration de son savoir-faire en marquant 18 PV au dernier tour grâce à ses cartes Metro. Il l’emporte avec 54 PV, détaché devant Marie-Anne puis Xel et Jérôme qui, ayant accumulé les pauvres, conclut avec philosophie qu’il a échappé au score négatif. Un flegme très british pour célébrer la gloire de Thom !

Table 2, dite « Cavalier » : Jeff et Frank ont joué il y a bien longtemps à la Gloire de Rome, voilà l’occasion de redécouvrir ce classique proposé par VHN. En début de partie le lot central est bien vide mais ensuite il est suffisamment garni. Les trois joueurs empruntent une voie inhabituelle en multipliant les bâtiments en construction (quatre ou cinq) mais en tardant à les finir. Dom voit Frank monter en charge en avec des combos de bâtiments puissantes (il peut en plus récupérer dans son stock les cartes qu’il joue à chaque tour) et manoeuvre de façon cavalière pour précipiter la fin de partie par épuisement des chantiers urbains. Ses trois ressources mises de côté dans la chambre forte valent 15 PV et il emporte cette partie courte avec 20 PV (5 influence/15 ressources) devant Jeff 13 (8/5) et Frank 10 (10/0).

Table 3, dite « Pions » : les habituels de Gloomhaven les mâchoires du lion (F-R, Armand, OlivierB et Jérôme) partent ce soir à la recherche de richesses à s’approprier. Ils repartent effectivement avec des sous et quelques points d’expérience mais avec une légère frustration de n’avoir pas fait grand chose dans ce scénario.

Table 4, dite « Tours » : Côté couche-tard, Terraforming Mars assorti de son extension Prélude pour Arakis, Alexandre, BenjaminG et Nico77, le tout sur un jeu joliment personnalisé. Ils enchaînent les tours pendant un bon moment mais le résultat ne nous est pas parvenu à cette heure.

Table 5, dite « Fou » : Côté couche-très-tard, Fred entraîne Elie, Olive et Mickaël dans la découverte d’Hegemony. Jeu complexe aux rôles très asymétriques où les joueurs orientent le destin d’un pays en incarnant un groupe social (le prolétariat, les classes moyennes, les grandes entreprises et l’Etat lui-même). Chacun a des buts différents mais tous pèsent sur le cadre politico-économique en votant et influençant les décisions collectives. En fait ils n’avaient pas prévu de jouer vu le temps imparti pour lire les règles (36 pages sachant que parmi ces 36 pages, il y a en 4 spécifiques par joueur). Mais après 1h de découverte de règles, chacun a potassé son résumé de règles et s’est lancé, voici le récit : « Olivier, la classe ouvrière mettait le paquet pour faire voter des lois socialistes; Elie, la classe moyenne, devait composer entre envoyer ses ouvriers dans des entreprises d’Etat ou du capitaliste, et les garder pour ses propres entrepreneurs; Mickaël, le capitaliste n’avait de cesse de construire des entreprises qui allaient produire des biens qu’il allait vendre pour constituer son capital avec de vils vélléités de baisser le salaire des employés; et Fred, l’Etat, devait composer avec tout cet écosystème et rendre des faveurs à chacun. En fait la partie s’est arrêtée au bout du 3ème tour sur 5 vu l’heure avancée ; le capitaliste avait berné tout le monde et amassé un capital qui lui permettait de prendre une avance sur les autres dans le score sur cette partie écourtée. La classe moyenne et ouvrière et l’Etat sont prévenus et ils devront faire meilleur usage de leurs actions pour contrer l’enrichissement outrageux de la classe capitaliste ! »

Table 6, dite « Reines » : Selon certaines sources en général fiables, une table issue des 1 et 3 a fini par Fiesta de los Muertos où Xel et Marie-Anne ont fait merveille.

Séance de VENDREDI 05/05/2023 à Servel

COCO CHANEL SMOKING C'S SCREENPRINT — michi broussardLe 5.5.1921, Coco Chanel lançait son célèbre parfum, N°5. Mais 20 ans plus tard, profitant de la confusion et des lois antisémites, elle tente de récupérer la marque, car la célèbre fragrance dont elle ne détient les droits qu’à hauteur de 10 % est en fait la propriété d’une famille juive, les Wertheimer. Le 5 mai 1941, elle réclame donc aux autorités allemandes la propriété des Parfums Chanel, assurant qu’« ils sont toujours la propriété de Juifs » et qu’ils ont été légalement « abandonnés » par leurs propriétaires (les Wertheimer étant alors réfugiés aux États-Unis). Elle fait valoir un « droit indiscutable de priorité », et demande « réparation pour les préjudices subis pendant ces dix-sept années ». Cependant cette demande n’aboutira pas, Coco Chanel ignorant que les Wertheimer, anticipant les lois nazies, ont fait passer légalement le contrôle des Parfums Chanel entre les mains de leur ami Félix Amiot, qui le leur rendra après la guerre. Coco Channel ferme sa maison dès la déclaration de guerre et licencie ses 4000 couturières, et se réfugie à Lausanne après la libération. En 1954, âgée de 71 ans, Chanel acceptera de rouvrir sa maison sur l’insistance de ses commanditaires, les frères Wertheimer, qu’elle avait tenté de déposséder pendant l’Occupation et qui comptent sur sa présence pour relancer la vente des parfums. Elle renoue avec la création mais sa première collection est mal accueillie, car elle s’inscrit à contre-courant du style de Christian Dior, qui domine alors la mode.

5 tables en ce 5 mai pour Parties Civiles, et une sixième pour la route !

Table 1, dite « Occupation lucrative » : Voyage lointain dans l’univers de Super Motherload où des aventuriers en goguette en mal de conquêtes spatiales embauchent des pilotes pour de lucratives sessions d’extractions de minerais (au rendement évidemment négatif au vu du faramineux bilan carbone du trajet, mais c’est une autre histoire). Les minerais servent à recruter des pilotes toujours plus puissants, lancés dans une course sans fin à l’extractivisme forcené, et qui doivent aussi prendre garde à ne pas défricher des territoires trop près de futures richesses pour les concurrents. C’est la frustration de ce jeu : la montée d’adrénaline produite par la récupération d’un minerai est vite annihilée par la découverte du voisin que l’on a permise, et, c’est bien connu, l’herbe est plus verte ailleurs (ici, ce serait plutôt : le métal est plus brillant chez mon adversaire). A ce subtil jeu d’équilibre entre satisfaction immédiate et frustration larvée, Marie-Anne tire fort bien son épingle du jeu et l’emporte avec 48 ! Thomas la talonne (40), suivi de Gilles (35) et François (30).

Table 2, dite « Parfum de sueur » : Olivier B., Armand, Jérôme et F-R repartent en campagne à Gloomhaven jaws of the lion – une partie gagnée, non sans mal à leurs dires, dans les larmes et la sueur.

Table 3, dite « L’armée des ombres » : à Batman Shadow of the bat l’armée des ombres, composée depuis quelques semaines de Xel, Olivier L., Steven et Fabrice, concède une mort aussi rapide à vivre qu’à écrire.

Table 4, dite « Allemand et cruel » : Tristan invite Mickaël, Frank, Paul et Dom à découvrir Peloponnes. Œuvre du modérément connu Bernd Eisenstein, c’est clairement un jeu allemand : matériel simple et moche, règles simples et cruelles. On pourrait croire qu’il date du milieu des années 90 mais non, il est de 2009. Il s’agit de développer sa cité antique en maintenant un équilibre entre sa population (qu’il faut nourrir 3 fois dans la partie) et les points de victoire des tuiles Territoire que l’on achète aux enchères au début de chaque tour (et si on n’a pas été attentif, on peut devoir défausser aussitôt la tuile chèrement payée !). A la fin, c’est le score le plus faible sur ces deux critères qui est retenu. Ajoutez des calamités diverses qui arrivent on n’est jamais sûr quand et vous obtenez un jeu rapide mais punitif, certaines situations sont non rattrapables et certains ont bien couiné. Dans la première partie, la chance des débutants a joué à plein et Mickaël s’impose avec 27 PV devant Paul 24, suivent Tristan 20, Dom 15 et Frank 3 (don’t ask !). Nouvelle configuration après le départ du binôme père-fils : Dom est motivé par rejouer pour, selon ses mots « profiter des enseignements de la partie précédente ». Il enchaîne une série d’achats à contre-temps et perd quasiment toutes ses tuiles : il finit avec 2 quand les autres en sont à 7 ou 8. Une fois encore, Mickaël démontre sa maîtrise en scorant 25 PV devant Tristan 16 et Dom 5.

Table 5, dite « Victimes de la mode » : Encore une expédition spatiale à cette table, où Marc déballe une luxueuse édition de Terraforming Mars au matériel aussi clinquant qu’un défilé de Coco Chanel – attirant dans sa quête Baptiste-au-poil-ras. Il est 20h41 quand les deux compères s’installent. Il sera 1h24 quand ils la quitteront, Baptiste l’emportant 107 à 92 au terme du défilé de navettes le plus long de l’histoire.

Table 6, dite « Nez enrhumés, bouches déformées » : en matière de parfum, le nez est l’organe essentiel, et si, à Fiesta de los muertos, il n’est pas inutile d’en avoir, il faut aussi des bouches bien formées. A ce petit jeu de fin de soirée, chacun reçoit un personnage à faire deviner et inscrit un indice. L’indice seul passera ensuite par trois autres joueurs, et il s’agira d’appairer l’indice final (qui pourra avoir subi quelques déformations) et les personnages. La palme de la déformation reviendra sans doute à Dumbledore (directeur de l’école de sorcellerie Poudlard dans Harry Potter), qui sera affublé successivement des indices Sorcier – Marabout – Afrique – Sahara, ce dernier laissant notre brochette de joueurs perplexes ! Au final, c’est surtout le rire qui déforma les bouches des protagonistes, le plus souvent hilares devant les choix baroques qui leur furent proposés.

Séance de MARDI 07/02/2023 à Servel

Du court et du long pour un mardi à deux tables.

Table 1, dite « En danseuse » : Ce soir l’armoire est inacessible, nous jouerons avec le contenu des sacs. Et dans un sac, il y a Flamme Rouge, parfait pour 5 joueurs (Xel, Thomas, Nastassia, Jakez et VHN) qui préfèrent éviter le lourd. Après un rapide rappel des règles, on se lance sur un parcours parsemé de sections de pavés (où l’aspiration ne fonctionne pas) et où une zone, suite à une averse récente, est glissante (un coureur qui se déplace de moins de cases que sa carte pour cause de congestion chute). Nastassia est désignée première joueuse, son binôme Rouleur/Sprinter prend un départ canon et enchaîne les relais efficaces pendant la première moitié de la course. Rattrapée par le peloton, elle reste néanmoins aux premières places. Ledit peloton voit les Verts (Dom) et les Roses (Jakez) accumuler les fatigues tandis que Xel efface son handicap d’être partie en dernière ligne. Le Rouleur de Jakez glisse et s’étale sur la section de pavés mouillés, heureusement sans provoquer de chute en dominos parmi les suivants. Son binôme en restera définitivement décroché tandis que les autres se gênent dans les sections étroites. Nastassia réussit à passer la ligne avec son Sprinter puis son Coureur tandis que les autres, des crampes pleins les mollets, en sont réduits à finir l’étape avec des 2 ou des 3. Belle victoire des Bleus donc, les seuls à monter sur le podium.

Les mêmes enchaînent avec Voodoo Prince, un jeu de plis où il faut faire 3 plis dans la manche, pas trop vite mais assez vite quand même : le dernier joueur en lice marque en général 2 PV là où les autres ont scoré de 6 à 10. Dom est le seul à finir deux fois sur cinq manches dans cette situation peu enviable, victime de la dernière carte de la bonne couleur de Xel (sans parler de la manche où avec 6 atouts sur 14 cartes, il lui était difficile de ne pas accumuler les plis). La retorse, un moment à la lutte avec Thomas, l’emporte avec 50 PV (Thomas 43, Nastassia & Jakez 33 et Dom 27). Après sa récente victoire à Scout, on peut observer qu’avoir cumulé de nombreuses années d’études peut donner une expérience redoutable aux jeux de cartes…

Table 2, dite « Ravageuse » : Trois motivés pour une partie longue, Marc, Olive et BenjaminF -les deux derniers quasi-novices- se lancent dans un Terraforming Mars enrichi de multiples pièces sorties d’une imprimante 3D. Les voilà donc repartis pour ravager les riches écosystèmes martiens en les transformant en un paysage familier (des routes, des usines à cochons, des entrepôts Amazon etc.).

Olivier nous a transmis ces notes, la rédaction l’en remercie : « On débute avec deux cartes de l’extension Prélude qui fournissent de l’asymétrie et des boosts de départ pour chacun. Rapidement Benjamin a une production monétaire conséquente qui lui permet de jouer pas mal de cartes assez onéreuses. Il commence par réaliser un objectif de construction avant que Marc ne s’empare des deux autres, maire et jardinier. Au déclenchement de fin de partie, il n’y a quasiment pas d’écart sur les niveaux de terraformation des joueurs. Cette situation a évolué avec les décomptes, Marc notamment qui a bien développé ses villes et forêts, l’emporte avec 86 devant Benjamin 74 et Olive 69. Tous les participants ont apprécié leur soirée et ne demandent qu’à remettre cela prochainement. En tout cas c’est tendu du slip (c’est pour cela que je finis à 69!!) il ne faut pas négliger l’aspect course sur les objectifs et récompenses. »

Séance de VENDREDI 13/05/2022 à Servel

Le 13 mai 1981, Jean-Paul II fut victime d’une tentative d’assassinat sur la place Saint-Pierre à Rome, le jour de l’apparition de la Vierge de Fátima, qui devait être mentionnée dans son discours de l’audience. Le pape attribue sa miraculeuse survie à son intervention, et il pense que cet attentat correspond à celui évoqué dans la troisième partie du message de Fátima. Bien des années plus tard, le 26 juin 2000, une note de la congrégation pour la doctrine de la foi interprètera cet acte comme le dernier des trois secrets de Fátima. Si les deux premiers, dévoilés depuis longtemps, ne posent pas de problème d’interprétation et « concernent avant tout la vision épouvantable de l’enfer, la dévotion au Cœur immaculé de Marie, la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que la prédiction des très graves dommages que la Russie, abandonnant la foi chrétienne et adhérant au totalitarisme communiste, devait apporter à l’humanité », le troisième sera objet de controverse. Il se présente comme une vision allégorique, susceptible de diverses interprétations :

« Nous avons vu sur le côté gauche de Notre Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche ; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde ; mais elles s’éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre Dame en direction de lui ; l’Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d’une voix forte : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! ». Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu : « Quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant » un évêque vêtu de blanc, « nous avons eu le pressentiment que c’était le Saint-Père ». [Nous vîmes] divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande croix en troncs bruts, comme s’ils étaient en chêne-liège avec leur écorce ; avant d’y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches ; et de la même manière moururent les uns après les autres les évêques et les prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes.»

41 ans après, à Lannion, une soirée peuplée de violences, de mystères, de jeunes enfants et d’une triple apparition se conclut sur une très longue attente.

Table 1, dite « Patience et longueur de temps » : première constituée, cette table de Nemesis fut la dernière à partir, après une longue attente de la fin. Neox et François-René en sortirent vivants, au contraire de Xel et Xof.

Table 2, dite « Le péril jeune » : impatient de se livrer à de nouvelles enquêtes, Frank propose Bureau of Investigation, qui utilise le système de Sherlock Holmes Detective Conseil dans un univers inspiré de l’œuvre de Lovecraft. Passant du brouillard londonien à la Nouvelle Angleterre et aux quartiers de Boston, à Arkham & Autres Contrées, les enquêteurs voient également des règles modifiées. Dans cette table où adultes et enfants faisaient numériquement jeu égal à 3-3, on s’est pris au jeu de l’enquête en famille.

Table 3, dite « Stupeur et tremblements » : le trop méconnu Wildlands apporte un lot de baston plutôt inattendu dans l’univers de Martin Wallace. A ce jeu, il faut en effet aller à la recherche de ses diamants, au nombre de 5, mais on peut occire ses adversaires, qui comptent autant. A sa grande stupeur, François fut victime d’emblée de l’humeur belliciste de ses concurrents, laissant trois personnages morts au champ d’honneur faute d’avoir été défendus par son super héros (7 poins de vie), sorti trop tard. Il ne fut pas la seule victime d’une partie qui tourna plus à l’affrontement qu’à l’exploration, à grands coups d’interruptions, la grande originalité de ce jeu qui permet de prendre la main sur un tour d’un adversaire et de profiter sans vergogne des circonstances (typiquement, pour abattre un héros diminué et sans défense). Thomas l’emporte, avec 5 PV par conséquent puisque c’est la condition de victoire, mais Mickaël, JiBee et François terminent en ex-æquo à 3 PV. un petit Die Crew à 3 fait office de digestif sous-marin après ce festin de cadavres.

Table 4, dite « Terre promise » : à cette table de Terraforming Mars prennent place trois nouveaux adeptes : Maureen, Tom et Anaïs, cette dernière en spectatrice. Avec Samuel, ils ont admiré Olivier B qui s’est adjugé une belle victoire, toutefois disputée. Un petit 6 qui prend a servi ensuite d’exutoire aux nouveaux venus, mais on s’autorise à penser qu’on les reverra bientôt sur nos tables !

Séance de VENDREDI 11/03/2022 à Servel

1991 Drawing - Gorbachev, 1991 by Edmund ValtmanLe 11 mars 1985, cinq heures seulement après l’annonce de la mort de Constantin Tchernenko (73 ans), Mikhaïl Gorbatchev (54 ans) lui succède à la tête de l’Union soviétique. L’arrivée de ce réformateur jeune au Secrétariat général, après une succession de vieillards valétudinaires (Brejnev, Andropov, Tchernenko), cause la surprise. Elle s’accompagne d’une vaste tentative de modernisation de l’économie et des institutions. Les mots « perestroika » (restructuration) et « glasnost » (transparence) résonnent dans le monde entier. L’opinion publique occidentale, séduite, est prise de « gorbymania ».

Mais il est tard pour une réforme en douceur du communisme. La catastrophe nucléaire de Tchernobyl (26 avril 1986), le défi d’un Cessna sur la Place Rouge et l’embourbement de l’Armée rouge en Afghanistan révèlent les failles du régime. Quand surviennent les premières révoltes, Gorbatchev s’abstient, sauf exception (Vilnius), de faire tirer la troupe. Tout s’accélère en 1989. Début mai, les dirigeants hongrois annoncent leur intention d’ouvrir leur frontière avec l’Autriche. Des milliers d’Allemands de l’Est se précipitent pour profiter de l’aubaine et passer à l’Ouest. Le 9 novembre, des premiers coups de pioche sont donnés au Mur qui coupe Berlin en deux. Les gardes demeurent l’arme au pied. La liesse est générale en Europe. Des deux côtés de l’ex-rideau de fer hérité de la guerre froide, on se prend à rêver d’une Maison commune européenne, de l’Atlantique à l’Oural.

Confronté aux rébellions des vassaux de l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev assure les dirigeants occidentaux qu’il n’utilisera pas la force pour les réprimer. En contrepartie, ils lui promettent de ne jamais étendre l’alliance de l’OTAN vers l’Europe centrale, ce qui pourrait être perçu comme une provocation en URSS. À vrai dire, ils ne feront aucun cas de cette promesse, jusqu’à proposer à la lointaine Géorgie d’entrer dans l’alliance militaire en 2008. Gorbatchev éprouve une ultime désillusion quand, déstabilisé par la crise économique, il se rend auprès des dirigeants occidentaux réunis à Londres en juillet 1991 et sollicite le soutien financier qui pourrait encore lui sauver la mise. Mais le G7, trop heureux d’abaisser définitivement l’URSS, lui oppose une fin de non-recevoir. Le 19 août, pendant que Gorbatchev prend du repos en Crimée, un quarteron de hiérarques commet un coup d’État au Kremlin. Il échoue au bout de trois jours grâce à l’audace d’un nouveau-venu, Boris Eltsine (60 ans), président du Parlement de Russie. C’est la fin d’une histoire, qui débouchera, 8 ans plus tard, sur l’avènement de Vladimir Poutine, un homme du FSB aux liaisons dangereuses, comme la suite le montrera.

37 ans plus tard, à Lannion, de l’Égypte à l’espace, utopies et dystopies avaient la part belle.

Table 1, dite « Négociations vaines » : Olivier L apporte un Super Fantasy Bowl avec 4 des figurines peintes de sa main, une vraie prouesse pour cet artiste dans l’âme, d’autant qu’il a pris soin d’en laisser 2 vierges de tout ornement, le contraste n’en est que plus saisissant. Nous sommes dans un jeu d’arène, pas de négociations ici : on se déplace, on tir, et on inflige des dégats. Simple, basique ? Pas tant que ça, car il existe aussi des cartes-objectif, qui permettent aussi de gagner de précieux points, et qui changent sensiblement la stratégie. Olivier L fait équipe avec Mickaël, et joue en premier. En face, François enchaîne, équipier avec Olivier B, qui ne tarde pas à protester contre cet ordonnancement qui le met, selon lui, en position défensive. En vrai, il ne s’interdit pas de riposter, et la partie d’équilibre, jusqu’à 6-6 dans les derniers instants (victoire à 7). C’est le duo Olivier – Mickaël qui finit par l’emporter, d’un cheveu, leurs adversaires ayant manqué d’avoir la bonne carte au bon moment.

Table 2, dite « Triomphe de la justice »  : Fred déballe d’un air gourmand sa boîte d’Everdell en s’entourant d’Adélie, NicolasH et Dom, seul ce dernier ayant disputé une partie (contre un Paul passé maître des combos et du tempo de ce jeu). Après un faux départ dû à une erreur de règles, c’est parti pour 4 saisons de conversion de ressources en constructions & créatures de la forêt. Fred et Nicolas suivent une stratégie proche, commençant par des bâtiments de production puis bifurquant vers des bâtiments de prestige riches en points. Dom vise les événements et en collecte 4 sur toute la partie, et voit une épouse inespérée lui tomber du ciel au tout dernier instant. On retiendra que Fred a utilisé magistralement la combo Palais de Justice/Juge pour construire toujours plus. Il a aussi habilement utilisé le Fou que Dom lui a mis entre les pattes (probablement trop tôt, -2 PV et le blocage d’un des 15 emplacements de son tableau de cartes) pour grappiller encore des points. Avec 52 PV, il finit à égalité de points avec NicolasH, mais l’emporte car il a 1 événement de plus. Dom est juste derrière avec 50 PV, Adélie fermant la table de score.

Table 3, dite « Reconstruction » : à Terraforming Mars, Yannick, Nicolas II, Adriane et Gilles ont creusé jusqu’au bout de la nuit.

Table 4, dite « Comité central » : avec la régularité de la réunion d’un comité central, la campagne de Seigneur des anneaux se poursuit entre Steven, F.-R., Neox et Baptiste. Le résultat de ce soir fut globalement positif.

Table 5, dite « Souterraine  » : Petite partie de entre amis pour Samuel, Thomas et Xel, qui l’emporte. On enchaîne ensuite sur Die Crew II.

Table 6, dite « Liaisons dangereuses » : Une partie de Codenames termine cette soirée : le rituel est de retour. Reste à se bien comprendre, ce qui n’est pas toujours facile avec les nouveaux venus. Un joli Cône 3 (Pic, Glace, Iris) a été entrevu, mais l’iris a été délaissé, à raison car il n’était pas du trio. Un Scie 3 a produit son effet (Coupure, Arbre, Fer), mais le Ski 2 (Pied, Neige) est resté incompris devant le tentant Club, tout comme le Laurent Cantet 2 final lancé par François (Film, Pion). Au final les bleus gagnent 2-1, et Dom 3-0, ayant été transféré en fin de match.

Séance de VENDREDI 04/03/2022 à Servel

Image illustrative de l’article Séismes de VranceaLe dernier séisme de grande magnitude de Vrancea s’est produit le 4 mars 1977, et a duré une minute et douze secondes. Il a frappé une partie de la Roumanie, de la Moldavie et de la Bulgarie, avec un lourd bilan humain (1 570 morts et 11 000 blessés) et matériel.

Les séismes de Vrancea sont une série de tremblements de terre dont l’épicentre, dans les «Carpates de courbure», se trouve à la jonction de plusieurs micro-plaques tectoniquement actives. La plaque transylvaine avance en direction du sud-est et chevauche les plaques mœsique et scythique à la vitesse d’environ 12 mm par an. Cette configuration est propice à des phénomènes sismiques fréquents, mais également à de violents séismes, comme ce tremblements de terre de 1977, d’une magnitude de 7.2 sur l’échelle de Richter).

45 ans après, à Lannion, la terre se dérobait sous les pieds des joueurs de Parties Civiles.

Table 1, dite « Stupeur et tremblements» : une grande table de Room 25 se met en place avec Shiqi, Cédric, Nicolas II, François et François-René, rejoints in extremis par Adrianne et Marianne. Nicolas II attire les soupçons en mettant un jeton danger sur la tuile sortie à a stupeur des prisonniers ! Démasqué derechef, il trouve en Marianne une gardienne experte à éloigner les prisonniers de la sortie. La partie devient tendue dans les derniers tours qui voient les gardiens trembler, puis prend un tour définitif quand une case rouge imprudemment accédée fait galoper le chronomètre, scellant la victoire inéluctable des gardiens par crise de temps.

Table 2, dite « Géoxologique»  : Samuel, Fred et Adélie s’essaient à Terraforming Mars, pour un résultat imprévisible dans ce lieu incertain.

Table 3, dite « Aux héros de la terre » : à Marvel United, jeu coopératif au rythme effréné où les joueurs prennent le contrôle de super-héros Marvel, on vit Xel et les deux Oliviers faire triompher les avengers.

Table 4, dite « Riche terre » : Sa boite d’Iki ne quitte plus le sac de Mickaël et ce soir encore il trouve des joueurs consentants (Christophe, Thomas et Dom) pour le joindre à ce jeu beau et au thème original, la vie d’un quartier commerçant au Japon médiéval. Chacun a exploré les multiples façons de marquer des points et de résoudre les multiples contraintes rencontrées au fil des mois (nourrir ses personnages, financer ses actions, se protéger contre les incendies qui se déclarent périodiquement parmi les constructions de bambou, de bois et de papier). Au final Dom pointe bon dernier avec 73 PV. Son choix de mobiliser ses ressources pour construire le bâtiment à 26 PV ne paie pas et il est pénalisé par la variété insuffisante de ses artisans. Thomas pointe à 93 PV, distancé par Christophe qui construit au dernier tour un bâtiment qui combote avec ses poissons à hauteur de 19 PV. Avec 111 PV, il échoue à un point de Mickaël, inévitable vainqueur avec 112. A noter, les deux premiers ont chacun perdu un personnage dans un incendie, ce n’est donc pas fatal.

Table 5, dite « Si loin, si près » : Skyjo est un petit jeu amusant, pas dénué de profondeur malgré sa simplicité apparente, et très interactif,  où il s’agit de faire le moins de points possibles. La table 1 s’y adonne et Adrianne s’impose avec 47, devant Marianne, 48.

Table 6, dite « A côté de la plaque » : Codenames est de retour, avec de nouveaux joueurs, qui doivent apprendre à se connaître. Une partie qui montre qu’à ce jeu on peut souvent être à côté de la plaque, cherchant par exemple Madame Tussaud dans un palais.

Séance de MARDI 12/10/2021 à Servel

Le 12 octobre 1999, selon une estimation des démographes de l’ONU, la population de la Terre a franchi le seuil symbolique de six milliards d’êtres humains vivants. Le secrétaire général, Kofi Annan, a décerné à un nouveau-né de Sarajevo l’honneur d’avoir franchi le premier ce cap symbolique. La barre du premier milliard a été franchie vers 1850 et, au début du XXe siècle, la population mondiale s’élevait à 1,6 milliard d’êtres humains dont environ un quart d’Européens. Ils sont 10% aujourd’hui.

A Lannion, 22 ans après, quelques terriens en détresse lançaient des SOS, cherchant à utiliser l’agriculture, à terraformer Mars, à explorer des ruines, ou encore à piller la mer du Nord.

Table 1, dite « Exubérance technologique » : nous accueillons un nouvel et jeune adhérent, Steven, volontaire pour un jeu en forme découverte. Mais à Parties Civiles, on n’est pas là pour beurrer les tartines. Le voici donc embarqué dans du lourd, un Terraforming Mars mené au pas de charge par Lucas, qui s’impose avec 125. François a vaillamment résisté, mais victime d’un placement trop tardif, échoue à 90. Notre nouvelle recrue culmine à 64, mais a apprécié l’expérience. On doute que la colonisation des planètes lointaines soit un remède à la surpopulation mondiale, mais les voyages forment la jeunesse, dit-on.

Table 2, dite « Invasions barbares » : A Pillards de la mer du Nord, Vincent, 52, a dominé d’une courte tête Arthur, 47,  et Camille, 43 dans un esprit très fair play selon cette dernière. On n’en n’attendait pas moins d’un brigand chevaleresque.

Table 3, dite « Au-delà de la viande » : Pour nourrir la population de la planète, il faudra dépasser la viande, nous dit-on. Mais ne pas non plus négliger l’agriculture, et c’est le retour d’un grand classique (pas joué depuis 2 ans) qui renter dans le thème du jour, avec une partie d’Agricola enrichi du retour de Marie-Anne, qui, spécialiste réputée de cet incontournable de nos tables, cède pourtant le pas, avec 31, à Xel (35). Les gentlemen n’ont pas été très farmer, Gilles culminant à 18 et Olive à 16.

Table 4, dite « Le présent du passé » : Après deux parties appréciées mais entachées d’une erreur de règle, revoici les Ruines perdues de Narak. Pour ce troisième opus le plateau est relevé avec sur la ligne de départ Neox, DocNico, Dom et Florian. Neox, instruit par ses précédentes parties, choisit de faire le course en tête sur la piste d’exploration du temple perdu et se goinfre de ses ressources-bonus. Le Doc (avec le fameux assistant qui donne une ristourne sur les achats) se constitue une main plantureuse et utilise encore et encore ses icônes grâce à la carte qui va bien. Dom, grâce à un assistant qui produit des sous, épargne ses cartes en affrétant un avion pour voyager et affiche 4 Gardiens (= monstres) à son tableau de chasse tout en parvenant à arriver en second au temple perdu. Au terme des 5 manches la feuille de score donne un Dom détaché avec 74 PV, suivi de Neox avec 49 et Doc avec 47. Au final tout le monde a apprécié ce jeu qui tourne bien et on a entendu des appels à le ressortir très bientôt (on pourrait même essayer le verso du plateau de jeu qui permet de renouveler les parties).

Séance de MARDI 12/11/2019 à Servel

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Le 12 novembre 1915, Roland Barthes venait au monde. Pionnier de la sémiologie, pourfendeur d’idées reçues sur la critique littéraire, les mythes ou encore le statut de l’auteur, il a une place à part parmi les intellectuels français. Son homosexualité, ses incursions dans les champs du théâtre, de la photographie et de la littérature, sa disparition baroque dans un accident avec une voiture de blanchisserie en plein Paris, rue des Écoles, les pastiches dont il fut l’objet en font aujourd’hui une sorte de mythe de son époque, qui aurait mérité un chapitre de ses Mythologies, à côté de la Citroën DS, du steak-frites ou du visage de Greta Garbo.

104 ans après, à Lannion, un empire de signes se déployait sous les jeux des joueurs de Parties Civiles.

Table 1, dite « Mythologies » : Baptiste et Neox remontent sur le ring pour la deuxième semaine pour revisiter les mythes de l’Ouest américain à Paladins du Royaume de l’Ouest. Galants, ils ont convié également Camille et Xel. Comme la semaine dernière, Neox survole la partie, avec 89 points, laissant Baptiste au même étiage que vendredi (49). Xel (46) et Camille (42) ont observé, mutiques, cette mythique prise de catch d’un Président pas si débonnaire. « La vertu du catch, c’est d’être un spectacle excessif » disait Barthes dans Mythologies .

Table 2, dite « Fragments d’un discours amoureux » : Lucas et Thibault s’enferment dans l’aquarium pour un Terraforming Mars. Pourvu de toutes ses extensions, il sert de prétexte à les emmener jusqu’au bout de la nuit pour un tête-à-tête dont nous ne connaissons pas l’issue, puisque nous les laissâmes à leur intimité prolongée bien après l’heure du bouclage. Intimité bien imitée mais feinte: dans Mythologies, Barthes remarquait « Ce que le public réclame, c’est l’image de la passion, non la passion elle-même ».

Table 3, dite « Le bruissement de la langue » : on a beaucoup parlé à cette partie de Glory to Rome où Dom prit d’abord le ton professoral du Collège de France qu’on lui connaît pour énoncer les règles, RomJé jouant à livre ouvert dans une partie que l’on voyait promise à Audrey, nantie d’une liste vertigineuse de Patrons (qui sont en fait, dans cet univers romain, plus proche des esclaves), Dom encore commentant à l’envi ses combinaisons mirifiques qui ravissaient la foule (comme on dit à Hanabi). Tout ceci mêlé faisait un bruissement de langues et composait comme une écriture à quatre plumes. « L’écriture est précisément cet acte qui unit dans le même travail ce qui ne pourrait être saisi ensemble dans le seul espace plat de la représentation » indique justement Barthes dans L’empire des signes. Pourtant ce n’est ni Audrey (20) ni Dom (22) qui triomphèrent à cette fête romaine. Votre narrateur se voyait mal en point quand la partie prit fin, comme toujours à ce jeu, de façon abrupte, par un « Je pense » de RomJé. Pourtant je terminai à égalité avec lui (28), par la grâce d’un marchand démultiplié. Mais mon adversaire obtint la victoire grâce à sa main plus fournie, l’effet justement de sa dernière pensée ! Cogito ergo sum – Je pense, donc je suis (vainqueur), conclut-il, à la romaine, en latin.

Table 4, dite « Boissons et totems » : le Doc Nico sort Neta Tanka et attire dans ses rets Olive, et François-René, tardivement arrivé. Nous sommes le long de la Grande Rivière Gelée, où vit la tribu des Frostrivers en harmonie avec la Nature. La tribu obéit aux lois des Quatre Anciens, dirigés par le plus vénérable d’entre eux: le Neta-Tanka. Au crépuscule de sa vie, il réunit tous les Clans de la Tribu pour désigner son successeur. Durant cette cérémonie, chaque clan présente un jeune chef qui devra montrer sa générosité et sa capacité à pourvoir aux besoins des siens, pour devenir le nouveau Neta-Tanka. A l’issue de cette partie longuement étirée comme une dégustation de grands crus, c’est le Doc qui s’impose avec 48, devant F.-R., 33, et Olive, 30. Une victoire largement due à ses 18 points de totem qu’il acquit sans tabou. A propos de vin et de totem, Barthes disait ceci dans le chapitre « Le vin et le lait » de Mythologies: « Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C’est une boisson-totem, correspondant au lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise. »

Table 5, dite « La chambre claire » : pour finir la soirée, Doc Nico propose un petit Jumpy Jack. Voici un jeu de course de chevaux où l’on parie sur son tiercé dans le secret de sa chambre obscure, avant de faire avancer les pur-sangs (une sorte de variante hippique de Lemming Mafia si on veut). Il y a des chausse-trappes en cours bien sûr, les chevaux pouvant être ralentis, accélérés ou carrément éliminés, perspective que Barthes avait envisagée dans La Chambre claire: « J’observe avec horreur un futur antérieur dont la mort est l’enjeu. » A ce jeu de bluff où il s’agit de parier sur le positif en faisant croire au négatif, Doc Nico fit impression, triomphant sur un dernier pari qui fut l’unique tiercé dans l’ordre de la partie: un JOB (Jaune, Orange, Bleu) well done en l’occurrence !

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Séance de VENDREDI 01/11/2019 à Servel

Le premier novembre est dans nos contrées la Toussaint, la fête des Morts. Avec un grand M.

Table 1, dite « Miniatures » : Jack et Jeff déploient les figurines de A song of Ice and Fire sous le regard de Maxime.

Table 2, dite « Mixité » : Frank poursuit le développement de son prototype déjà vu, entretemps renommé My Dungeon Break. Ses testeurs d’un soir sont Olivier3, Kristell et Benoit. Toujours coopératif, toujours difficile : trois parties disputées, trois défaites même si l’une d’elles aurait pu être une victoire sans une inattention fatale.

A la mi-temps, Kristell est remplacée par Jeff et le quatuor se lance dans Race for the Galaxy (qui a fait un grand retour depuis quelques semaines). On sait que Jeff y est redoutable mais aucun résultat ne nous est parvenu.

Table 3, dite « Maladroit » : partie de A Study in Emerald (2e Ed.) pour Thomas, Tristan, Gérard, Christophe et VHN. Le démarrage est relativement paisible, chacun achète des cartes pour enrichir son deck sans trop gêner ses collègues. Tristan révèle rapidement ses penchants restorationnistes tout en perdant de la santé mentale. Alors qu’on pressent l’arrivée d’une vague d’attaques, Dom met fin à la partie en faisant perdre à Tristan sa 3e santé mentale. Mais il a a mal décodé l’allégeance de Thomas (loyaliste) qui, en faisant perdre 5 PV à son équipe, laisse Tristan et Christophe, l’autre restorationniste, à égalité sur le podium. Oups.

Après le départ de Gérard, les mêmes se lancent avec enthousiasme dans une partie de Meuterer (version dite Kingsroad rethémée à Westeros). La couronne de roi a souvent changé de tête au fil des rébellions, et la pioche, maladroitement brassée selon certains, aurait outrageusement favorisé Thomas (qui a reçu plusieurs fois les quatre seules cartes rouges du paquet) et puni Tristan (qui a beaucoup pesté). Au final VHN finit avec 35 PV, 2 points devant Thomas.

Table 4, dite « Maîtrise » : DocNico entraîne en compagnie de Vincent un couple de visiteurs, Charles et Julia, dans la découverte du riche univers du jeu de plateau. Ils choisissent Dead of Winter, jeu coopératif (sans traître ce soir) à l’atmosphère bien rendue. Le petit groupe de survivants résiste plutôt bien aux zombies qui tapent à la porte et parvient même à réaliser un second objectif.

Table 5, dite « Mégalomanie » : Paul-Jr est mis à la tête d’une multinationale spatiale et s’installe avec ses concurrents, Lucas, Nicolas-2 et Thibault, autour de Terraforming Mars. Lucas accumule les points de terraformation sans négliger sa présence sur la planète rouge et est couronné colon de l’année.

Une fois le jeune couché, les grands remettent le couvert avec une orgie de 7 Wonders où toutes les extensions (Leaders, Cities, Babel et Armada) sont étalées sur la table !

Table 6, dite « Morsures » : aventures militaires coopératives pour Neox, F-R, Jérôme, Axel et Olivier-L qui jouent à V-Commandos. Il était question de faire joujou avec un mini-char télécommandé mais de l’avis des protagonistes c’était plutôt mal parti.

Ils poursuivent avec Cerbère, une nouveauté qui a eu pas mal de succès au récent Festival Scorfel. Il s’agit de s’enfuir d’un souterrain avec à ses trousses un chien méchant, s’il vous rattrape vous passez dans son camp. Le genre de jeu riche en coups bas qui rappelle une histoire (« Comment échapper à un ours qui vous poursuit ? en courant plus vite que l’autre gars »). Il y a eu au moins 3 parties et au moins 2 victoires de Nicolas dans le rôle du toutou tricéphale.

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