Séance de MARDI 25/01/2022 à Servel

Jopseh-Louis Lagrange naît à Turin le 25 janvier 1736 sous le nom de Giuseppe Luigi Lagrangia. Ses contributions à la mathématique et la physique ne tiendront pas sur cette page, mentionnons juste qu’il a démontré la conjecture de Bachet (« tout entier positif est somme de quatre carrés »), qu’il a codéveloppé avec Lavoisier le système métrique et qu’il a fini au Panthéon, un des sommets des savants des Lumières. En astronomie, les points de Lagrange voient la gravité de deux astres s’annuler et permettre à un satellite qui s’y trouve de rester immobile par rapport aux deux. Ainsi ce 25 janvier, le monumental télescope James Webb vient de prendre ses quartiers au point L2 entre terre et soleil. Avance rapide de 286 ans.

Table 1, dite « Au sommet » : Après quelques palabres on (c’est à dire Neox, Xel, Nicolas-2 et VHN) part sur du connu (ou presque, seul Nicolas bis découvre) : les ruines perdues de Narak. Neox est motivé car il aime bien le jeu mais finit toujours à quelques point du vainqueur. Ce soir cela doit changer ! Le novice s’excuse par avance en expliquant qu’il ne fera de que de la figuration tandis que Xel tient des propos nihilistes. La partie a tenu ses promesses mais a livré quelques surprises. Les chemins choisis d’abord : VHN, une fois n’est pas coutume, part buter du monstre (1 par tour) et restera coincé à mi-chemin de la piste de recherche. Neox, jugeant que c’est elle qui détient les clés de la victoire, se lance à son assaut. Mais il est grillé par son homonyme qui déroule un mémorable 2e tour où il grimpe, il grimpe, en enchainant les combos. Neox utilise cependant à bon escient le pouvoir de replacer un explorateur. Nicolas-2 parvient le premier au temple magique et y grapille encore 16 PV. Dom, il faut bien qu’il se plaigne, regrette un Perroquet inutile et un deuxième assistant faiblard. Au final, les scores sont serrés à beau niveau : 72 pour N2, 68 pour Dom, 67 pour Neox et 46 pour Xel (la démonstration que chacun de ces scores est la somme de 4 carrés sera laissée en exercice au lecteur). Le Président n’a pas conjuré sa malédiction mais il en faut plus pour lui faire perdre sa débonnarité .

Table 2, dite « Panthéonisé » : Felix est tenté de se refrotter à Lucas à It’s a Wonderful Kingdom, la version 2 joueurs de It’s a Wonderdul World, après avoir hésité à démarrer une campagne (ce jeu est une véritable corne d’abondance !). Que croyez-vous qu’il arriva ? Lucas le croqua.

Séance de VENDREDI 21/01/2022 à Servel

Louis XVI (38 ans) est exécuté le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde), en homme digne et courageux. Ce « roi par la grâce de Dieu » devenu après la première phase de la Révolution « roi des Français » paie de sa vie sa «trahison» de la monarchie constitutionnelle.

Le 3 décembre 1792, devant la Convention, Maximilien de Robespierre, au nom des Montagnards, réclame l’exécution de Louis XVI afin de légitimer la Révolution. Il invente pour l’occasion une expression appelée à faire florès : « criminel envers l’humanité ». Les députés girondins craignent au contraire des désordres si le roi est exécuté. Ils voudraient en finir avec la Révolution maintenant que la démocratie est installée et l’ennemi repoussé, mais ils ne peuvent éviter l’ouverture du procès de Louis XVI.

Le citoyen Louis Capet, anciennement Louis XVI, comparaît devant la Convention, constituée en tribunal pour l’occasion. Il est accusé de haute trahison pour avoir joué double jeu face aux assemblées nées de la Révolution, avoir tenté de s’enfuir à l’étranger en juin 1791 (fuite à Varennes) et avoir comploté avec l’étranger. 707 députés sur 718 présents jugent le roi coupable de conspiration contre la sûreté de l’État. Par un vote qui dure 36 heures, les députés se prononcent sur la peine à appliquer. Il s’en faut d’une voix que Louis XVI échappe à la guillotine.

L’exécution de Louis XVI en fera un martyr pour les partisans de la monarchie. Elle annonce aussi la radicalisation de la Révolution et la Terreur.

A Slight Freshness on the Neck": Prints Depicting the Execution of Louis XVI (ca. 1793) – The Public Domain Review

Quelques années plus tard, à Lannion, la Concorde régnait.

Table 1, dite « Ascenseur vers l’échafaud » : la date était cochée: ce soir, le Président allait passer à la casserole, il faut bien toujours une première fois. Car oui, à son âge vénérable, Neox n’avait jamais goûté les plaisirs enfiévrés d’Innovation. Dom, son initiateur d’un soir, lui fit face, et, pour corser l’affaire, se mit en ménage avec Steven, tandis que l’ingénu faisait équipe avec l’aguerrie Xel. Privilège suprême, il eut droit, sans bourse délier, à la présence d’un coach expert : François (une prestation d’une valeur de cent louis d’or). Ce double booster lui accorda une immunité qu’il croyait surpuissante et, en effet, à l’aube du dernier tour, une double domination finale de Xel semblait plier l’affaire. Mais avec Innovation, une partie n’est jamais gagnée avant la fin: Dom sortit alors la carte bio-ingénierie dont la condition de victoire fut réalisée (Neox avait moins de 3 pommiers, Steven en avait le plus), et la tête d’un roi de rouler dans le sable : l’indépassable ascenseur émotionnel de ce jeu l’avait mené vers l’échafaud.Innovation - Jedisjeux - et les autres jours aussi
Par un jeu de bonneteau, François remplace alors Dom et on enchaîne sur un Die Crew 2, où les fortunes sous-marines furent diverses. Avantage de ce jeu, on peut s’y adonner jusqu’au bout de la nuit, mais, aussi, s’arrêter quand on veut.

Table 2, dite « Dieu reconnaîtra les siens » : à Infinity Code One, nous retrouvons nos deux amis plongés cent quatre-vingts ans dans le futur, pour sauver l’existence de l’Humanité. Comme de juste, nos deux anges, Olivier L et Mickaël, ont fait une fine équipe sur la mission 3.

Table 3, dite « Encore un moment Monsieur le bourreau » : Frank, le petit Paul et Guillaume entament le voyage au long cours de Takenoko, qui vit le triomphe du benjamin, 10 points devant la concurrence. La jeunesse est cruelle de nos jours.

Lords of HellasTable 4, dite « Nul ne saura leur fin » : à Lords of Hellas, on vit des monstres fabuleux affronter de preux chevaliers, François-René, Jack et Gilles. Le résultat de cette joute est gravé dans un grimoire, mais, hélas, mais il s’est perdu à jamais. L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages, nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.

Séance de VENDREDI 14/01/2022 à Servel

Le 14 janvier 1930, André Maginot fait voter une loi en vue de construire une ligne fortifiée sur les frontières orientales de la France. Très décriée après l’invasion de 1940, cette initiative n’en est pas moins approuvée dans l’instant par la grande majorité de la classe politique et du corps des officiers, y compris le capitaine Charles de Gaulle.

Ce réseau de fortifications à demi-enterrées comporte une cinquantaine de gros ouvrages équipés d’artillerie et quelques centaines de casemates et d’observatoires isolés. Il inaugure une conception purement défensive des stratèges français, à l’opposé de la conception offensive de leurs homologues d’Outre-Rhin. Il témoigne aussi d’une perte de confiance de la classe politique dans l’avenir des relations franco-allemandes.

Les fortifications débutent sur les bords de la Méditerranée, au-dessus de Menton, et s’égrènent jusqu’à la frontière belge et au-delà, y compris le long du Rhin. Mais dans le massif des Ardennes, jugé infranchissable par le haut commandement français, les autorités se contentent de fortifications légères. Les Belges refusent par ailleurs que les Français prolongent la ligne Maginot le long de leur frontière car ils craignent d’être sacrifiés en cas de nouveau conflit entre la France et l’Allemagne. C’est ainsi que le long de la frontière avec la Belgique, elle se réduit à quelques modestes ouvrages fortifiés.

Quand la guerre est déclarée à l’Allemagne de Hitler, moins de dix ans après la construction, les fortifications ont parfaitement joué leur rôle défensif lors de l’offensive allemande de 1940, leur seul vrai défaut étant de n’avoir pas été prolongées jusqu’à la mer. On peut s’interroger sur les résultats de l’offensive allemande si la frontière belge et les Ardennes avaient été plus solidement fortifiées.

La ligne Maginot aura finalement péché moins par ses insuffisances techniques que du fait d’avoir servi servi d’alibi aux pacifistes de tout poil, qui ont successivement abandonné l’Autriche et la Tchécoslovaquie, au prétexte que la France n’avait de toute façon rien à craindre.

92 années plus tard, à Lannion, même si le port du masque autorise les doutes, on estime en général qu’il n’y avait que des amis autour des tables.

Table 1, dite « Union sacrée » : à Infinity Code One, cent quatre-vingts ans dans le futur, l’Humanité s’est répandue à travers les étoiles, mais les querelles internes et une menace extraterrestre venue du vide entre les étoiles pourraient mettre fin à son existence même. Deux grands amis s’affrontent pour la sauver, et Olivier L et Mickaël poussent leur mutuelle admiration à s’adjuger chacun un scénario.

Table 2, dite « Défense imparable » : les protagonistes de cette quête du Seigneur des anneaux (François-René, Baptiste, Neox, Steven) ont gagné. Baptiste a été aperçu fouillant des cadavres de nains perclus au fond de grottes (non, ne cherchez pas, il n’y a pas de contrepèterie dans cette phrase). Avait-il bu ? Gare aux vins acides et à l’abus de caves !

Table 3, dite « Offensive éclair » : alchimistes, druidesses, nécromanciennes, en immersion dans le monde de Res Arcana, rivalisent pour la possession d’antiques monuments et de lieux de puissance. Une femme qui se croyait puissante, Lucie, prit conscience en un instant de l’œuvre de Beauvoir, en se faisant dépasser par une offensive éclair menée par Olivier B, sous les yeux impuissants de Fred et Vincent.

Gigamic Keyflower


Table 4, dite « Dominus ex cathaedra » : après plus de 30 mois de purgatoire, l’excellent Keyflower fait son retour sur nos tables, apporté par JiBee. La victoire du maître (68) s’est construite sur une manœuvre stratégique au dernières heures de l’hiver, lui permettant de rafler la carte Cathédrale, que François (53) pensait avoir sécurisée par un jeu subtil de billard à trois bandes. Samuel (48) a apprécié en connaisseur ce classique à redécouvrir.

Table 5, dite « Ne vois-tu rien venir ? » : Camille et Xel s’enferment dans un tête-à-tête volubile entre âmes soeurs. L’indémodable Splendor servit de décor à leurs papotages, Xel y rencontrant le succès.

Table 6, dite « Sous la mer comme au ciel » : Xel, François-René et l’inattendu Neox font équipage à Die Crew 2 (version sous-marine), bientôt rejoints par François, dont l’arrivée coïncida avec une splendide série de succès. Même s’ils durent descendre ensuite des cieux pour essuyer quelques échecs, l’exercice fut plus qu’honorable pour un aréopage aussi fraîchement constitué.

Séance de MARDI 11/01/2022 à Servel

Le 11 janvier 1923, 60 000 soldats français et belges pénètrent dans le bassin de la Ruhr. Ces troupes, qui occupaient la Rhénanie allemande depuis la fin de la Grande Guerre, agissent sur ordre du président du Conseil français Raymond Poincaré, et inaugurent ce qui restera, pour les Allemands, l’année inhumaine.

La République allemande, en proie à de graves difficultés, avait réclamé l’année précédente un moratoire dans le paiement des réparations de guerre prévues au traité de Versailles, au total 269 milliards de marks-or, soit plus qu’une année du produit intérieur brut. De leur côté, Britanniques et Américains avaient demandé à la France de régler ses dettes de guerre à leur égard ! Poincaré subordonne alors le remboursement des dettes de guerre de la France au versement des réparations et, comme l’Allemagne renâcle, il décide d’occuper la Ruhr, sa principale région industrielle.

A Mysterious Lone Comic Strip in the Fliegende Blätter | Germans Make Comics, Too!Le chancelier allemand Wilhelm Cuno proteste et appelle ses concitoyens à la « résistance passive » face à l’occupation. Il s’ensuit un très brutal effondrement de la valeur du mark allemand, au point qu’il faut à l’automne 1923 plusieurs dizaines de milliards de marks pour s’offrir simplement une baguette de pain ! Cette hyperinflation ruine les rentiers et tous les bénéficiaires de revenus fixes.

Elle fait aussi le lit des mouvements révolutionnaires et antiparlementaires comme le parti communiste et le jeune parti nazi de Hitler. Le 20 novembre 1923, le nouveau commissaire à la Monnaie du gouvernement stabilise la monnaie en remplaçant le mark par le Rentenmark sur la base d’un pour 1000 milliards !

Le 9 novembre, à Munich, Hitler monte sur l’estrade d’une brasserie où des dignitaires tiennent réunion devant les bourgeois locaux. Revolver au poing, il entraîne les dirigeants bavarois dans une arrière-salle et leur intime l’ordre de lui céder le pouvoir. Ce «putsch de la Brasserie» débouche sur un fiasco complet. Le chef de la bande est arrêté. Au terme d’un procès orageux au cours duquel il va faire étalage de son talent de propagandiste, il est condamné le 1er avril 1924 à cinq ans de prison. Il ne va en effectuer que neuf mois, en sortant le 20 décembre avec un épais manuscrit qu’il a eu le loisir de dicter en prison à son fidèle Rudolf Hess. Il y annonce son projet politique pour l’Allemagne : Mein Kampf (Mon combat). On le voit, 1923 a été une année particulièrement inhumaine.

99 années plus tard, quelques troupes de Parties Civiles investissaient une maison de quartier à Lannion. Ils y tinrent une soirée particulièrement humaine.

Table 1, dite « Des hommes et des Dieux » : à cette table on s’encanaille à , ce jeu d’enchères aux rebondissements imprévisibles dictées par les caprices du Dieu soleil. Au terme d’une stratégie brillamment exécutée, François (46) éparpille la concurrence, momifiant Dom (28), Neox (26), et Xel (23). Et ce n’est pas l’inévitable erreur de règle (mineure et au dernier tour) qui y changera quelque chose…

Table 2, dite « Trésor de guerre » : Félix et Lucas se retrouvent et se disputent un royaume, à défaut du monde, entamant un It’s a wonderful kingdom – qui n’est autre que la version à 2 de son presque homonyme It’s a wonderful world. Au terme de paris particulièrement bien menés qui firent sa fortune, Lucas éparpille son adversaire façon puzzle, 92 à 33.

Séance de VENDREDI 07/01/2022 à Servel

Saint Bernadette Soubirous - BeKidsMarie-Bernarde Soubirous naquit à Lourdes le 7  janvier 1844, et a affirmé être témoin de dix-huit apparitions mariales à la grotte de Massabielle entre le 11 février et le 16 juillet 1858. Devenue religieuse, elle sera canonisée en 1933.

Bernadette restait prudente pour désigner l’objet de sa vision, employant surtout, dans sa langue qui était le gascon de Bigorre, les pronoms démonstratifs « cela » ou « celle-ci ». Elle ne dira pas avoir vu la Vierge avant d’affirmer l’avoir entendue dire « Je suis l’Immaculée Conception ». Au cours d’une de ses apparitions, Bernadette a creusé le sol pour y prendre de l’eau. L’eau de cette source est rapidement réputée miraculeuse et il commence à être question de guérisons. S’en tenant à ce qu’elle avait vu et entendu, Bernadette niera avoir été témoin de guérisons ou y avoir contribué : « On m’a dit qu’il y avait eu des miracles, mais à ma connaissance, non », déclare-t-elle en septembre 1858.

Dans un contexte post-révolutionnaire de vives polémiques sur les questions religieuses, les apparitions mariales de Lourdes suscitent un engouement populaire important et croissant. La presse nationale commence à s’y intéresser. Le préfet maintient une interdiction d’accès à la grotte jusqu’en octobre 1858, tandis qu’une commission d’enquête, mise en place par l’évêque de Tarbes, en juillet 1858, se prononce en faveur de ces apparitions en 1862. L’aménagement de la grotte et la construction d’une basilique sur le rocher qui la surplombe commencent alors.

En l’espace de quelques mois, Bernadette Soubirous, alors âgée de 14 ans, est devenue une célébrité internationale, tandis que la vie dans cette bourgade des Pyrénées commence à être transformée par l’affluence de pèlerins, de curieux et de journalistes. Entre 1858 et 1866, Bernadette continue de vivre à Lourdes, où sa situation devient, cependant, de moins en moins tenable. Sans cesse sollicitée, tout en refusant de percevoir quoi que ce soit en rapport aux apparitions ou à sa célébrité, elle se pose la question d’une vie religieuse.

En 1864, suivant la recommandation de l’évêque de Nevers, elle se décide à entrer chez les sœurs de la Charité. Deux ans plus tard, alors que la construction de la basilique est en cours, Bernadette a 22 ans et quitte Lourdes pour entrer au couvent, à Nevers. Elle y mènera treize années d’une vie de « religieuse ordinaire », ponctuées de visites de nombreux évêques. Souvent malade et de santé fragile, elle s’occupe de l’infirmerie, quand elle n’y est pas soignée, et meurt d’une pneumonie à l’âge de 35 ans.

178 années plus tard, à Lannion, il y eut plus d’eau que de miracles.

Table 1, dite « Grand autel » : à Grand Austria Hotel on avait disposé sur l’autel du café, du vin, des tartes aux pommes et des strudel. Sous le décor apaisant de l’illustrateur Franz Klemens, une cène haletante vit la victoire de Dom, premier sur les objectifs de construction qui assurent sa suprématie (125). Samuel, 110, François, 106, étaient tout près, et Xel un peu plus loin (71).

Table 2, dite « Voies impénétrables » : les protagonistes de cette quête du Seigneur des anneaux (François-René, Baptiste, Neox, Steven) ont perdu sur le fil le scénario araignée. Pour eux, les voies du seigneur furent impénétrables.

Table 3, dite « Spice boys » : Fred survole cette table de Dune, où officiaient Paul, Mickaël, et Olivier B. « Mais il aurait dû gagner bien plus vite », diront les jaloux.

Table 4, dite « En quête d’existence » : à Cryptid, on vit la vie palpitante d’un cryptozoologue, un expert étudiant les cryptides, ces animaux dont l’existence formelle n’a pu être prouvée scientifiquement. Guillaume s’adjuge deux des trois parties jouées et Jack une, Frank refusant d’envisager l’irrationnel.

Séance de MARDI 04/01/2022 à Servel

Le 4 janvier 1960, Michel Gallimard conduit la voiture qui ramène à Paris Albert Camus, qui occupe sur le siège passager. Peu après Pont-sur-Yonne, la voiture dérape à 145 km/h sur un sol mouillé, quitte la route, percute un premier platane, rebondit sur un autre et se disloque. Albert Camus meurt sur le coup, coincé entre le tableau de bord et le dossier de son siège. Le médecin légiste — qui lui aussi se dénomme Albert Camus ! — attribuera le décès à une fracture du crâne, du rachis et à un écrasement du thorax. Une mort révoltante et absurde, à l’image de son œuvre, et que certains, échafaudant un scénario rocambolesque, tenteront d’attribuer au KGB. Les théories du complot n’avaient pas attendu les réseaux sociaux.

Albert Camus : »Nous Autres Meurtriers » – Combat

62 ans plus tard, les routes vers Lannion étaient fort calmes, et la société limite désormais la vitesse des automobiles.

Table 1, dite « La plume et l’épée » : Parties Civiles prend son envol en 2022, et cinq joueurs se retrouvent dans une atmosphère joyeuse à la table de Wingspan. Élodie y fait la course en tête, et l’emporte avec 101, avec 66 points sur ses oiseaux (dont 18 recouverts !), grâce notamment à un pélican qui portait dans son bec immense une dizaine d’oiseaux. Elle fait aussi le plein sur les objectifs de manche (18), comme Lucas (94), mais la gorge de ce dernier se révéla moins profonde, à l’inverse de son orifice : avec 22 œufs, il sera l’indiscutable pondeur en chef. Vincent, 79, fut bon partout, ce qui lui vaut le podium, mais excellent nulle part, et donc sa petite marche. François, 70, fit de belles combinaisons et se porta en tête sur les cartes objectifs, avec 4 oiseaux dont le nom contient un prénom. Il devance Xel, 64, qui passa sa partie à la recherche d’introuvables poissons.

Séance de MARDI 21/12/2021 à Servel

Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata, au Kazakhstan, les représentants de onze républiques soviétiques constatent le décès de l’URSS.

Née à peine 69 ans plus tôt, le 30 décembre 1922, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques cède la place à une éphémère Communauté des États Indépendants (CEI). Seules les trois républiques baltes et la Géorgie s’en tiennent à l’écart. Mais dans les années suivantes, les autres républiques vont s’en détourner à leur tour et tenter de vivre en pleine indépendance. Après la chute du mur de Berlin en 1989, les Lituaniens proclament unilatéralement leur indépendance le 11 mars 1990. Tandis que le monde entier suspend son souffle, Mikhaïl Gorbatchev poursuit les réformes en contenant les troubles. Il est élu à la nouvelle fonction de Président de l’URSS par le Congrès, le 14 mars 1990, et reçoit le prix Nobel de la paix le 6 juin 1990 à Oslo.

Le 12 juin 1990, le 1er Congrès du peuple de la RSFSR (République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie), autrement dit la Russie actuelle, adopte une Déclaration sur la souveraineté étatique de la république de Russie. C’est une deuxième atteinte à l’intégrité de l’URSS après l’indépendance unilatérale de la Lituanie. Ce vote reste sans conséquence pratique, mais il sera plus tard considéré comme l’acte d’émancipation de la Russie nouvelle et son anniversaire deviendra, dès 1994, fête nationale chômée en Russie !

En janvier 1991, des troupes soviétiques entrent en Lituanie. À Vilnius, le 13 janvier, elles tentent de s’emparer de la tour de télévision. Les Lituaniens résistent. On compte 14 morts, les seules victimes civiles qu’ait à se reprocher Mikhaïl Gorbatchev. Au Kremlin, le 19 août, les conservateurs tentent de le renverser par la force. Ils sont eux-mêmes battus grâce à l’esprit d’initiative d’un leader encore inconnu, Boris Eltsine, élu deux mois plus tôt président de la Fédération de Russie, principale entité de l’URSS.

Mikhaïl Gorbatchev ne maîtrise plus les événements et la réalité du pouvoir tombe entre les mains de Boris Eltsine. Le 25 décembre, quatre jours après avoir signé l’acte de décès de l’URSS à Alma-Ata, il quitte définitivement le Kremlin. Il ne reste plus qu’à liquider l’héritage de Lénine. C’est chose faite en quelques mois: Leningrad retrouve son nom d’origine allemande : Sankt-Petersburg !

St Petersbourg : 5 lieux sur les traces de la révolution russe - Vanupied

30 ans plus tard, le monde a bien changé, mais une poignée d’irréductibles, étanches à la rumeur des peuples, continuent de jouer à Lannion.

Table 1, dite « Le casse du siècle » : à Burgle Bros Olivier B, François-René, et Camille font équipe avec Axel, de retour parmi nous pour les fêtes. Ils ont réussi à cambrioler 3 coffres !

Table 2, dite « L’empire éclaté » : si Emmanuel Todd, dont le livre « La chute finale » (1976) constitue un rare exemple de prospective totalement validée par les faits, fut l’essayiste visionnaire de la dislocation du bloc soviétique, c’est Hélène Carrère d’Encausse qui tirera la plus grande notoriété de cette prédiction avec un autre ouvrage sur le même thème (« L’empire éclaté », 1978), sur un raisonnement différent, expliquant l’implosion imminente de l’URSS par la séparation des populations musulmanes d’Asie centrale, qui ne se produisit jamais. Si l’histoire est difficile à prédire, il en va de même pour cette table de Brazil Impérial, où quatre explorateurs joutent pour développer la civilisation. Ce combat de titans déboucha sur une feuille de score éclatée, donnant vainqueur Mickaël d’un grain de café devant devant Neox, tandis que Xel et Baptiste suivaient l’affaire aux jumelles.

Table 3, dite « Ils rêvaient d’un autre monde » : on redécouvre, 3 ans après sa dernière sortie sur nos tables, l’excellent Alien frontiers, jeu où l’on colonise l’espace et à l’issue souvent imprévisible, comme la démonstration en fut ici faite une nouvelle fois. Après un départ canon, JiBee prend la tête, et voit se liguer contre lui Dom et François, ce dernier malmené par un départ terriblement malchanceux, privé deux tours de suite d’un quatrième dé, puis victime d’un raid où il perdit 3 métaux. Poussé à la faute, JiBee fait gravier à l’occasion d’un jet de dès catastrophique, le tournant de la partie, et finit dernier (6). Dom s’impose à l’usure avec 9 au terme d’une stratégie imparable, François (8) faisant de sa deuxième place une quasi-victoire après une remontée héroïque.

Table 4, dite « Prolétaires unis » : pendant que chacun s’affaire, une table de Pillards de la mer du Nord se monte, sur l’arrivée tardive de Félix, puis Vincent, et le dépaysement express de Lucie de la table 3, au privilège des anglophones. Ces prolétaires en manque de strapontin au banquet de la petite histoire de Parties Civiles jouèrent unis comme les doigts de la main, Lucie (49) faisant gagner Vincent (61), faute de l’avoir attaqué, sous le regard compatissant de Félix (47).

Table 5, dite « Une illusion du passé » : Le signe des anciens, clôt cette soirée, avec Camille, François-René et Axel. Malgré un bouclage tardif, nous ne sommes pas en mesure de révéler l’issue de cette table, qui restera à jamais pour nos lecteurs comme une illusion du passé.

Séance de VENDREDI 17/12/2021 à Servel

Le soir du 17 décembre 1837, à Saint-Pétersbourg, dans le Palais d’Hiver, des poêles qui chauffent à plein régime mettent le feu aux boiseries de la salle Pierre Ier. L’incendie va ravager l’édifice malgré l’intervention de 6000 pompiers, qui pendant trop longtemps cherchent en vain l’emplacement du départ du feu. Ils arrosent d’eau pompée de la Néva toutes les fentes murales suspectes d’où l’on a vu s’échapper de la fumée. Les recherches s’activent pour trouver l’origine du feu. Après un premier coup de pioche dans un mur, un des miroirs d’une fausse porte s’effondre et, de l’arrière du miroir, des langues de feu se répandent dans toute la pièce, puis rapidement sur les poutres.

L’empereur Nicolas Ier se trouve au théâtre au début du sinistre. Arrivé sur place, il ordonne au maréchal de casser toutes les fenêtres de la salle pour sauver de la suffocation des gens à l’intérieur. L’afflux d’air frais provoqué en cassant les carreaux accélère la propagation du feu. Il part dans deux directions opposées et, vers six heures du matin, tout le palais est atteint par les flammes. Le feu a duré 30 heures et a continué à couver pendant près de trois jours.

Les œuvres d’art du Palais d’Hiver sont heureusement sauvées pour la plupart. Dans l’urgence, on s’est généralement contenté de les jeter dans la neige. Sitôt après le drame, le tsar Nicolas Ier lance la construction d’un nouveau palais. La restauration a pris plus de deux ans.

Quelques années plus tard, à Lannion, le Président a mis le feu en dévoilant les cadeaux de Noël de l’association, qui enrichiront l’armoire pour le plus grand plaisir de ses adhérents ! Ce feu n’ayant pas été calmé par le verre de l’amitié traditionnellement offert, condition sanitaire oblige, il continua à couver sur les tables durant toute la soirée !

Table 1, dite « Enfumée » : Les fins limiers de Sherlock Holmes : Détective conseil se retrouvent pour une nouvelle enquête, « Les trois clients », où ils se feront complètement enfumer par les chausses-trappes du récit. Miraculeusement, ils terminent avec le score positif de +5 qui ne rend que très imparfaitement compte de leur déroute. Mais point n’est besoin de briller pour gagner: c’est aussi à ce genre de « winning ugly » qu’on reconnaît les champions.

Table 2, dite « Impériale » : Olive fait redécouvrir Naissance et Apogée des empires, qui revient sur nos tables après une pénitence longue  de 13 semestres ! Jibee, 125, en sort vainqueur, faute d’avoir eu à affronter une coalition unie entre Xel, 112, Olive, 109, et Lucie, 80.

Table 3, dite « Piégée » : Les fins observateurs auront reconnu le petit nouveau dans la pile des achats de Noël: Sub Terra – un jeu collaboratif de survie horrifique où vous faites partie d’un groupe d’explorateurs de cavernes, des spéléologues qui, suite à un incident, se retrouvent piégés dans les profondeurs souterraines. Ensemble, ils doivent trouver la sortie avant l’épuisement des lampes, causant leur perte pour toujours. Ce sort tragique frappa Neox, qui suffoqua pour l’éternité dans les ténèbres, sous les yeux horrifiés de Samuel, Vincent-2, Adriane et sa collègue.

Séance de MARDI 14/12/2021 à Servel

Le 14 décembre 1903, le Flyer des frères Wright fait son premier vol motorisé sur la plage de Kitty Hawk. Modeste vol de 32 m avec aux commandes Wilbur, les deux frères avaient tiré au sort lequel piloterait. Il cabre trop son frèle appareil au décollage qui décroche, d’où la briéveté du vol. Les quelques dégats mirent trois jours à être réparés et c’est le 17 qu’ils enchaînèrent quatre vols en ligne droite, le dernier couvrant 260 m. De là les progrès furent rapides et deux ans plus tard leur Flyer III accomplissait une boucle de 39 km. Notons la descendance industrielle de ces pionniers, les moteurs Wright Cyclone ont propulsé les B-17 et B-29. 118 ans plus tard, non loin de la plage de Lannion, soirée sans trous d’air pour des joueurs pas trop manches (à balai).

Table 1, dite « Décollage » : Neox (alchimiste), Xel (capitaine) et Olive (chronomancien) ont tous trois déjà joué à la Baie des marchands. A ce jeu de gestion fortement asymétrique c’est Christel qui prend une avance que les autres ne peuvent rattraper.

Table 2, dite « Progrès humain » : trois amateurs d’Innovation (Felix, Lucas et Dom) dont un récemment converti s’affrontent à ce jeu indépassable. Felix, majoritaire en arbres, arrive à dominer rapidement grâce à Agriculture. Il saura ensuite continuer à garnir son influence avec Navigation et Médecine. Lucas et Dom renforcent mutuellement leur tableau qui se garnit de cartes avantageusement décalées. Mais c’est David qui s’imposera sur les deux Goliath par 5 Dominations à 1 et 1.

Ils poursuivent avec deux parties de Hanabi qui finissent sur le score de 21 et 20 points (sur un maximum de 25) tout en donnant lieu à des considérations sur la façon dont on peut désigner des cartes de même couleur (toutes d’un coup ou bien l’une après l’autre ce qui crée un ordre implicite ?)

Table 3, dite « Péripéties » : découverte d’Oltréé, un jeu narratif et coopératif aux règle simples nous a t on indiqué. Dans un univers médiéval (pas mal)-fantastique (un peu) issu d’un jeu de rôles, les personnages (Jack, Jeff, Vincent et Gilles) doivent accomplir des missions tout en faisant face à divers événements, le tout en lançant moult dés. A la mi-temps de la partie, un joueur hagard nous a indiqué qu’une première tentative en difficulté moyenne avait débouché sur une déroute (la faute aux dés). Un reboot en mode facile était en cours, tout se passait bien mais on a pu entendre l’expression redoutée « erreur de règles » au voisinage de la table.

Séance de VENDREDI 10/12/2021 à Servel

Eleanor Roosevelt Biography :: National First Ladies' LibraryLe 10 décembre 1948, les 58 membres de l’ONU siègent pour la dernière fois à Paris, au palais de Chaillot, avant de gagner New York. Ils adoptent pour l’occasion la Déclaration universelle des droits de l’homme, en langue française dans sa version officielle, sous l’égide d’Eleanor Roosevelt et l’inspiration du juriste français René Cassin. Elle fut votée par cinquante États, les huit autres s’étant abstenus. Aucun n’a osé s’y opposer. L’Afrique du sud, qui mettait en place l’apartheid, n’a pas approuvé l’égalité de droits entre les races, et l’Arabie saoudite l’égalité entre les sexes. L’URSS et ses satellites ont contesté le principe d’indifférenciation des statuts politiques des États et des territoires.

Les trente articles de la Déclaration reprennent dans les grandes lignes les principes universels de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Mais à la grande différence de celle-ci, concise, rigoureuse, d’une portée juridique intemporelle et réellement universelle (« Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »), la Déclaration de 1948 apparaît verbeuse, avec des formules généreuses mais convenues (« Agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »), sans valeur juridique.

Elle est surtout singulièrement datée, d’une époque, le milieu du XXe siècle et d’un type de société, occidentale et industrielle. L’article 16 sur le mariage, par exemple, n’aurait eu aucune chance d’être agréé au XXIe siècle, tant par les États qui autorisent la polygamie (inégalité de droits entre les sexes) que par ceux qui légitiment les unions homosexuelles. L’article 18 invoque le droit de chacun de changer de religion, qui n’est aujourd’hui admis dans aucun pays musulman.

73 ans après, à Lannion, une poignée d’humains luttaient pour leurs droits dans des univers hostiles.

Table 1, dite « Humains et droits » : Nouvelle Angleterre, 1913 : le SS Atlantica, en mer depuis plusieurs jours, n’a prévu d’arriver à Boston qu’après quatre longues nuits. L’ambiance à bord est étouffante. Certains passagers se comportent de façon étrange, d’immenses ombres suivant le navire auraient été aperçues par la vigie,les rêves sont perturbés par d’étranges visions de paysages aquatiques aux décors tentaculaires et à la géométrie étrange. Pendant la nuit, le cadavre d’une passagère est retrouvé dans la chapelle du navire, entourée de vieux grimoires. Des choses sont montées à bord… L’insondable, un jeu de Tony Fanchi, revisite le mythique Battlestar Galactica sous l’égide d’Horreur à Arkham. Et, les auteurs de ce jeu ayant situé l’action 10 ans avant tous les autres jeux de la gamme, l’univers de Cthulhu s’enrichit de nouveaux personnages pour le plus grand bonheur des connaisseurs ! Il y a donc des traitres (en l’occurrence ici, des Hybrides), et tout l’art du traître est de choisir son moment. Jimmy, auquel le rôle fut ce soir dévolu, brisa tout suspense en dévoilant son hybridisme d’emblée, laissant Xel affronter seule un péril imminent. Mal lui en prit: il passa le reste de la soirée en victime expiatoire de Xel, Neox, et François-René, qui finirent la soirée humains et droits.

Tric Trac

Table 2, dite « Reste à vivre » : Olive fait découvrir Crystal Palace, où les joueurs jouent le rôle d’une nation lors de la première exposition universelle de Londres (1851), en essayant de créer le buzz avec des inventions spectaculaires et le soutien de personnages puissants et célèbres. Jibee survole la partie avec 106, laissant Samuel (54), Olive (41) et Lucie (33) loin derrière. Son secret ? La dette, qui, bien gérée, promet de se rentabiliser dans le temps, le tout étant d’apprécier son reste à vivre pour ne pas crouler sous son poids.

Table 3, dite « Petit peuple souverain » : Dom ressort Vikings – un jeu à la mécanique fluide, où il faut bien construire son territoire et y bien placer son personnel, sans oublier de le sustenter. C’est le rôle des pêcheurs, et, point clé, s’il y a plus de poisson que de bouches à nourrir, l’excédent se transforme magiquement en points de victoire. Cette stratégie pêcheurs assura le triomphe de Dom dans une première partie (76, devant François, 42, Mickaël, 41, Olivier B, 37) et celle plus modeste de François dans la seconde (50, devant Olivier B., 46, Dom et Mickaël, 45). Les orfèvres, nobles et autres guerriers ont pu constater à leurs dépends ce curieux renversement de l’histoire.

Table 4, dite « Esprit de fraternité » : Enfermés dans le sous-marin de The Crew Mission sous-marine Dom, François et Mickaël ont fait preuve d’esprit de fraternité face à l’adversité qui les frappa sur un certain nombre de missions, certainement irréalisables dans leur combinaison. Cet opus aquatique se révèle plus retors et imprévisible que son cousin dans l’espace !