Séance de MARDI 02/05/2023 à Servel

Leonardo Da Vinci - Paul Baker Cartoons and CaricaturesAussi surprenant que cela paraisse aujourd’hui, ce n’est pas comme peintre que Léonard est en son temps célèbre, mais comme organisateur de fêtes. Il déploie son génie d’inventeur pour développer des machines et mettre en place des spectacles inédits. Disparu le 2 mai 1519, par son génie, il symbolise la Renaissance italienne sans avoir reçu de formation poussée et connaissant mal les œuvres antiques. Le nombre de tableaux qui lui sont attribués avec certitude se compte sur les doigts des deux mains. Il a projeté de rédiger 120 traités sur les sujets les plus divers, sans jamais en écrire un seul.

504 ans plus tard, inventeurs et voyageurs rejoignaient une soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Un incendie et un naufrage » : Thomas, représentant officiel de Mr. Wallace, arrive avec sa malette chargée de Brass et Londres. S’ensuit un conciliabule sur leurs mérites et longueurs respectifs et l’équipe opte pour le successeur en mode VF (comme son nom le suggère) de London, plus adapté pour un mardi.  Entre London et Londres, le code a changé, un peu, mais l’esprit de l’incendie de 1666 demeure. Si Xel et François s’y retrouvent, Benjamin découvre le jeu et y fait belle figure, maîtrisant l’économie particulière qui lui est propre, faite de livres sterling qu’il s’agit de préserver, et de pauvres qu’il convient d’éviter. Thomas a pris la première carte quartier, celle qui fait gagner, et enchaîne les combos avec maestria. Xel maîtrise sa collection de pauvres, et faillit l’emporter, terminant à 38, derrière Thomas (43) : il lui a manqué une pièce pour pouvoir acheter la carte à 7 PV qui l’aurait faite gagner. Benjamin (30) complète ce fier podium, dont François chute après avoir bien progressé sur la piste de score,  mais terminant à -18 à l’heure du décompte final, après avoir écopé d’un malus de fin de partie monstrueux de -56 (-14 PV d’emprunts non remboursés et -42 PV de pauvres surnuméraires). Il fut la victime d’une déroute financière prématurée (et ce n’est pas faute d’avoir entendu Thomas dire et redire qu’il y avait peu de cartes qui rapportaient des livres à l’âge C), et de choix stratégiques pathétiquement mauvais.

Table 2, dite « Voyageurs au long cours » : à la table des Ruines perdues de Narak, Nastassia fait belle impression, terminant avec 54, à une encâblure d’Olive (57) et un mouillage de Marc (64), qui éclaboussa la partie de sa classe, dirent ses adversaires.

Table 3, dite « Scientifiques à l’appel » : un Red 7 haletant conclut cette soirée, et son issue fut indécise. La sècheresse du score final (Nastassia/Xel 38, François 8, Benjamin 8, Thomas 0) reflète mal l’intensité de manches toujours tendues, et notamment de la dernière où François se voyait l’emporter sans coup férir avec une longue de cartes vertes parachevant une lignée de cartes paires, avant que d’être surpris par un ultime coup de Jarnac du binôme bicéphale, qui réussit à infléchir le cours par une suite providentielle.

Séance de MARDI 25/04/2023 à Servel

Ruban de 35 km autour de Paris, jalonné de 148 ponts, 23 tunnels, 6 échangeurs autoroutiers et emprunté par plus d’un million de véhicules chaque jour, le périphériue fut inauguré le 25 avril 1973, salué par le premier ministre comme un «succès» pour la circulation parisienne et pour la sécurité.« Il s’agit d’un ouvrage bien intégré dans l’ensemble du paysage parisien», se félicite le chef du gouvernement de Georges Pompidou. Depuis, le «périph» est aussi apparu comme une fracture visible entre la capitale et sa banlieue. Avec ses embouteillages, la pollution et le bruit qui en font la bête noire de la mairie de Paris, l’autoroute urbaine la plus empruntée d’Europe n’a pas fini d’écrire son histoire.

50 ans plus tard, nul besoin de périphérique ni de rocade pour rejoindre la soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Patrouilles en ville » : François invite Xel et Marie-Anne à une balade new-yorkaise avec P.I. Une partie où nos enquêteurs de choc mèneront la danse avec maestria pour conclure sur un sommet inégalé : Xel et François terminent à 17 et sont déclarés vainqueurs, étant aussi à égalité sur tous les critères de départage, et Marie-Anne finissant à un bloc (15), le tout sans aucune pénalité : certainement le score collectif le plus élevé de l’histoire de ce jeu !

Table 2, dite « Roue dans roue » : Vincent et Dom s’installent pour jouer à Innovation, ils joueront deux parties très différentes. Dans la première, Vincent récupère rapidement deux Dominations spéciales, dont une avec Maçonnerie qui le fait bénéficier tôt d’un tableau à cinq couleurs. Dom domine l’âge 1 avec Agriculture, carte rapidement recouverte par l’utilisation répétée de Mathématiques qui l’amène à piocher des 5, bien en avance sur Vincent, mais dont il ne fera pas grand chose d’utile. Il parvient toutefois à continuer à marquer de l’influence et domine encore les âges 2 à 4. Un petit coup de Vaccination, il perd 12 points et ne scorera plus de la partie (Vincent quant à lui a brièvement eu un 4 rapidement chipé par son adversaire). Configuration étonnante alors où les deux sont figés à 4 Dominations à 3, montent jusqu’à l’âge 9, ont un tableau bien développé (conséquence d’un usage généreux de Expérimentation par Vincent) et bien décalé mais ne parviennent qu’à se disputer sans succès la Domination spéciale « 3 icônes de chaque », il manque 1 Pommier à Vincent et 1 Château à Dom et le bon décalage ne veut pas venir. Vincent finit par mettre en jeu une des cartes qui permet d’activer un dogme de coopération sans le partager. Il utilise Collaboration « Si vous avez au moins 10 cartes vertes vous gagnez », il en a 11 et l’emporte ainsi immédiatement.

Physionomie très différente pour la revanche : grâce à Tissage, Vincent domine l’âge 1. Ensuite Dom parvient à comptabiliser régulièrement des points et chipe les cartes en main de Vincent avec Construction. Il domine ainsi les âges 2 à 4. Une arrivée opportune de la Poudre qui garnit son influence et un petit coup de pouce de Vincent qui lui met en jeu une 5 lui donnent l’âge 5. Avec 5 Dominations à 1 il ne restait plus qu’à parvenir à jouer une 6 pour que Dom plie la partie.

Table 3, dite « Dans un tunnel d’asteroîdes » : à la table de Space race, Arakis s’impose avec 2005, devant Matthieu, 2004, et Jakez, resté coincé au XX ième siècle (1996).

Table 4, dite « Sur la route » : sur la route semée d’embûches d’Almanac, Neox s’impose en douceur (230), devant François-René (207), Nastassia (201), et laissant loin derrière l’infortuné Mickaêl (166) musarder en chemin.

Table 5, dite « Covoiturage » : un Mot malin conclut cette soirée festive, avec trois parties qui seront créditées de deux résultats « Excellents » (24 et 23) et un « Bon » (20), sur 25 possibles en mode expert. On a frôlé la perfection mais Hobbit (Trésor, Jeune) ne fut pas trouvé, pas plus que Némo (Armure, Pieuvre). A l’inverse quelques téléspectateurs nostalgiques ont bien identifié Nathalie Simon (Carte, Trésor). La soupe eut du mal à trouver son public avec (Plat, Moustache), et pourtant, c’est bien connu, une soupe sans sel c’est comme un baiser sans moustache.

Séance de VENDREDI 11/04/2023 à Servel

undefinedLe 11 avril 1828, l’entreprise générale des omnibus crée à Paris de premières lignes de transport public à l’époque par des voitures à chevaux (hippomobiles).  Alors que le seul moyen pour se déplacer est le fiacre, le préfet de police de Paris l’autorise à exploiter une entreprise de voitures destinées à « transporter à bas prix les habitants de certains points de la ville à d’autres points également fixés et en suivant des itinéraires fixés par la ville », avec au plus dix lignes et cent voitures. La première ligne à itinéraire fixe exploitée allait de la rue de Lancry à la Madeleine et à la Bastille. Elle était desservie par une voiture à chevaux partant tous les quarts d’heure qui pouvait transporter jusqu’à quatorze personnes. L’arrêt était fait à la demande et le prix de la course, 25 cts, modique. Entre le 11 avril et le 15 octobre 1828, l’EGO transporta plus de deux millions et demi de voyageurs. En 1854, dernière année de fonctionnement de ces compagnies, elles transportèrent 30 millions de voyageurs.

Quelques 195 ans plus tard, tous les moyens de locomotion étaient mis à contribution à Parties Civiles.

Table 1, dite « à pieds » : Jérôme, François-René, Olivier B et Armand entament une campagne de Gloomhaven jaws of the lion – et ils le font bien : leurs trois premiers scénarios sont couronnés d’autant de succès.

Table 2, dite « en train » : grand retour de Great Western trial qui vit une partie homérique où Dom peina longtemps à recoller les wagons sur la piste de la locomotive, avant d’y faire un retour fulgurant, favorisé par des recrutements massifs de machinistes. Avec 120, il conclut une partie brillante, la victoire à une vache près, c’est le cas de le dire : celle que Mickaël avait dans sa main pour la dernière vente, qui lui donna accès au marché de New York et ses 9 PV de carte objectif. Avec 128, sa victoire est méritée tant il caracola en tête sur la ligne de chemin de fer, et sut imposer sa loi en construisant des bâtiments à péage, notamment un juste avant le marché, et juste avant que ses concurrents n’y arrivent. Xof, 92, fit belle figure au milieu de ce choc de titans, alors que François (48) sombra, peu aidé par des mains de vaches malchanceuses, et des choix de placements peu attractifs.

Table 3, dite « en cape » : réussite et échec se sont invités à la table de Batman shadow of the bat, qui fut pour Steven, Xel, Olivier L et Fabrice, une belle partie de détente en mode coopératif.

Table 4, dite « en canoë » : à Barrage, victoire implacable d’Arakis (113), devant les débutants Baptiste (58) et Marc (56), et l’initié Olive (40, mais en progrès, selon ses dires).

Séance de VENDREDI 07/04/2023 à Servel

Les Requests for comments (RFC), littéralement « demandes de commentaires », sont une série numérotée de documents décrivant les aspects et spécifications techniques d’Internet.  Les premières RFC concernaient le réseau ARPANET, utilisant le protocole de communication Network Control Protocol (NCP), et les financements publics de la DARPA. La première RFC, intitulée « Logiciel hôte », a été publiée le 7 avril 1969 par Steve Crocker, un ingénieur de UCLA. On y trouve déjà les principes collaboratifs d’Internet, à l’exemple de cette phrase, qui clôt l’introduction de la RFC 1 :  » Très peu de ce qui suit est ferme et les réactions sont attendues ».

54 ans plus tard, les rédacteurs de Parties Civiles étaient, comme souvent, à la recherche de commentaires croustillants sur les parties jouées, une quête rarement couronnée de succès, il faut bien le dire.

Table 1, dite « I’m Being Attacked by PRISONER.IANA.ORG! (RFC 6305) » : Jeff, Gilles et Tristan s’affrontent à Lockup – c’est le dernier cité qui s’impose dans l’univers glauque d’une prison, au bout d’une rigolade aussi intense qu’une orangeade.

Table 2, dite « All victims together (RFC 967) » : de cette partie de Batman Shadow of the bat on retiendra la déconfiture des protagonistes (Fabrice, Steven, Olivier L), mis en déroute par la fuite de Mr Freeze.

Table 3, dite « Discard Protocol (RFC 863) » : réussite à Cthulu Death may die malgré deux morts (Jérôme et François-René), mais Olivier B et Armand ont réussi de justesse à renvoyer le grand ancien Hastur à ses chères études.

Table 4, dite « Gigabit network economics and paradigm shifts (RFC 1216) » : un Barrage avec deux tours sans eau, c’est incongru mais il paraît qu’il faudra s’habituer à ce changement de paradigme, nous disent les experts. Arakis (83) réussit à déjouer cette contrainte, quand Fred (61), Samuel (40) et Olive (38) n’ont pas su renouveler leurs énergies.

Table 5, dite « Congestion Control Principles (RFC 2914) » : le trop méconnu Mythotopia, un Wallace fort bien tourné, fait en Marie-Anne (50) une nouvelle adepte, qui apprend visite, talonnant le maître Thomas (51), titulaire d’une carte décisive lui interdisant d’être mis en joue dans deux conflits, carte qui fut la clé pour contrôler la congestion finale sur la piste de score. François (49), longtemps en tête, complète ce tiercé serré comme un mouchoir de poche.

Table 6, dite « Frequently Asked Questions for Schools (RFC 1941) » : après un renoncement la semaine dernière faute de juge-arbitre agréé, Shogun no Katana fait son entrée dans la grande confrérie de nos jeux sous la houlette de Baptiste. Celui-ci terminera, selon ses mots, « invaincu dans la défaite », titre qu’il partage avec Xel. En haut du podium, Mickaël confectionna les meilleurs sabres en achetant des litres de laque, et gagne le droit d’aller enseigner sa nouvelle science dans les écoles.

Table 7, dite « Not issued (RFC 5314) » : en fin de soirée, les deux cadavres de table 3 tentent de ressusciter à Summoner wars – ils en gardent un souvenir exquis, sans aller jusqu’à le faire partager;

Séance de VENDREDI 31/03/2023 à Servel

La Tour Eiffel est inaugurée le 31 mars 1889, en avant-première de l’Exposition universelle de Paris qui commémore le centenaire de la Révolution française. Construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours sur les plans audacieux de l’ingénieur Gustave Eiffel, elle mesure 318 mètres et pèse 10.100 tonnes, avec 18000 pièces de fer et 2500000 rivets. Prévue pour être détruite après l’exposition, elle doit sa survie à l’installation à son sommet d’un émetteur radio qui a rendu sa conservation indispensable.

134 ans plus tard, tandis qu’une foule d’amateurs de théâtre envahissait les lieux, un quarteron d’aventuriers de Parties Civiles stockait fiévreusement des chaises dans un mouvement anticipateur d’une pénurie finalement non avenue, en attendant d’arpenter les villes du monde.

Table 1, dite « Absolute beginners » : à cette table, Thomas, venu avec Londres, en enseigne les préceptes à trois débutants. De Tristan, Frank et Baptiste, c’est ce dernier qui surprendra, en ravissant la première place au maître.

Table 2, dite « Cité obscure » : Armand, Olive, François-René et Jérôme triomphent du mal à Massive darkness.

Table 3, dite « Joute médiévale » : Table de Troyes à trois pour Fred (qui connaît), Olive (qui connaît moins) et Dom (qui connaît bien). Une partie où les événements néfastes ont joué un rôle important. D’abord parce qu’on les a laissés submerger la ville, la file de cartes a fini par déborder du plateau de jeu. Ensuite parce qu’ils ont exercé une lourde pression sur les finances municipales et prélevant la quasi-totalité des revenus perçus en début de tour. En compensation partielle le Boulanger a bien été utilisé par l’ensemble des joueurs pour se renflouer. Autre sous-efficacité, tous les joueurs ont laissé en fin de partie des cubes d’activité différée, des investissements mal utilisés, donc. Côté orientations, Fred a placé libéralement ses meeples sur les cartes d’activité tandis que Dom a peu à peu envahi les bâtiments publics, à la fin il y avait 8 meeples ce qui a bien aidé avec le personnage de scoring d’Olive. En effet le décompte final donne Dom vainqueur avec 40 PV, Fred 37 et Olive 23.

Table 4, dite « Des rois sans divertissement » : En fin de soirée, Tristan, Xel, Dom et Thomas rejouent à Régicide, c’est étonnant comme ses auteurs ont réussi à faire un bon jeu coopératif sur un thème classique de jeu vidéo (combattre des Boss de plus en plus puissants) avec un simple paquet de 54 cartes. Manque de chance, manque de coordination, manque d’à-propos dans les choix ? On ne saurait dire mais on vit 4 défaites, au stade des Valets ou des Reines. La fois précédentes nous étions allés jusqu’au dernier Roi et on attend encore de voir une victoire.

Table 5, dite « Destination finale » : après avoir planché sur un jeu japonais prometteur mais aux règles touffues que personne ne maîtrisait, Xel, Baptiste-aux-mains-pleines, Neox et Steven rebroussent chemin, et se rabattent sur le plus classique Keyflower, qui donne l’occasion au Président de briller.

Table 6, dite « Exposition universelle » : le très populaire Twilight Struggle fait un nouvel adepte : François, sous casaque soviétique, prend un excellent départ, étendant son emprise sur l’Asie et culminant à 12 PV d’avance, quand la victoire s’adjuge à 20. Mais la révolution n’est pas un chemin de roses, et l’ami américain revient peu à peu dans le game, étendant inexorablement sa présence à tous les coins de la planète. La bataille est particulièrement sourde en Pologne, qui sera l’épicentre de la partie. Il rend les armes à Mickaël au bout de la nuit, abdiquant sur une domination Europe totale, qui met fin derechef à la partie.

Quinze ans de Parties Civiles – 25-26/03/2023 au Rusquet

Pour ses quinze ans, Parties Civiles avait mis les petits plats dans une grande marmite de paella, invité les anciens et les nouveaux, préparé des discours totalement improvisés, et, bien sûr, apporté des jeux pour un week-end festif « hors les murs », dans la lointaine contrée du Rusquet. On ne se risquera pas à faire la liste des tables et des jeux de ce week-end, mais sachez qu’elle fut mémorable, que les absents ont eu tort, et qu’on s’en souviendra encore dans mille ans !

Séance de VENDREDI 24/03/2023 à Servel

AOC - Age Of ChampagneA la veille des quinze ans de Parties Civiles, quelques adhérents avaient devancé l’appel et commencé à sabrer le champagne !

Table 1, dite « Veillée en fête » : Xel régale en sabrant son Age of champagne – mais elle boit la tasse sur la piste de score, malgré ses connaissances techniques pointues, un plus indéniable à ce jeu qui respecte scrupuleusement les étapes d’une vinification réussie. Marie-Anne, Olive et Baptiste sont aussi de la fête. Bénéficiant des conseils avisés de ses adversaires, ce dernier emporte cette partie inaugurale !

Séance de MARDI 21/03/2023 à Servel

Le 21 mars 1884, le ministre Pierre Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier de 1791 et autorise les syndicats ouvriers. En 1791, dans un souci de cohérence avec le décret d’Allarde qui proclame la liberté d’entreprendre et interdit les corporations, l’Assemblée constituante avait interdit la reconstitution de toute association professionnelle, tant de patrons que de salariés. L’article second énonce : « Les citoyens d’un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu’ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibération, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs ». Cette loi révolutionnaire est bienvenue à l’origine car elle met fin aux dérives corporatistes de l’Ancien Régime : protection des nantis, entraves à l’épanouissement professionnel des ouvriers et compagnons. Mais au XIXe siècle, par un effet pervers, elle entravera la création de syndicats, et sera pour cette raison abolie sous la IIIe République.

139 ans plus tard, une corporation de joueurs se réunissait à Parties Civiles.

Table 1, dite « Épanouissement personnel » : à cette table, Jack apporte son Cascadia et le Akropolis de Marie-Anne. Deux jeux pour favoriser l’épanouissement personnel des animaux et des bipèdes que nous sommes. Neox l’emporte au premier, et Gilles l’urbaniste le second, sous les regards admiratifs de Nastassia.

Santa Maria - Vin d'jeuTable 2, dite « Corporations en fête » : Olive apporte Santa Maria et nous livre ce compte-rendu. Voici un jeu de placement et d’optimisation. Plusieurs stratégies possibles, de l’interaction sur la prise de dé, de tuiles, prioriser ses placements sur le plateau principal. Plein de choses à faire. C’est assez tactique. L’utilisation des dés aurait pu être parfaitement imaginée par M.FELD. Au final, un jeu qui tourne bien, ça fait quand même cogiter. Un chouette jeu intermédiaire. Pour cette partie de découverte le tiercé est donc Olive, Baptiste et Evan.

Table 3, dite « Intérêts communs » : Après une longue méditation devant l’armoire, cette table décide que c’est le jour de Carcassonne – en version anniversaire s’il vous plaît ! Un jeu où, à la faveur des placements de tuiles, l’intérêt de chacun peut rejoindre l’intérêt commun. Thomas s’adjuge cette partie avec 108, grâce aux champs que ses adversaires, Xel (86) et François (96), ont occultés à tort. Puis ils s’engagent dans le coopératif Die Crew, passant du premier coup l’étape 17 mais essuyant 3 échecs sur la 20.

Séance de VENDREDI 17/03/2023 à Servel

Le 17 mars 1808, Napoléon Ier créait le baccalauréat, une altération du bas latin bachalariatus désignant un chevalier débutant, puis calqué à partir du latin bacca (« baie, olive, arbre à baies ») et laureatus (« couronné de laurier »), d’où « triomphant ».

215 ans après les joueurs de Parties Civiles planchaient en toutes les matières.

Table 1, dite « Histoire-Géo » : Pour la Saint Patrick quoi de mieux que jouer à Irish Gauge ? se disent Gérard, Fred, Tristan et Dom. Ce jeu aux règles minimales et au matériel élégant fait partie de la famille des « cube rails » où l’on spécule sur des actions de compagnies ferroviaires (ici mises aux enchères) en construisant leur réseau entre différentes villes d’Irlande. On peut le rattacher à la famille de Chicago Express et Paris Connection, déjà joués en cette assemblée. Parmi les particularités de celui-ci, les cubes de 3 couleurs qui déterminent à la fois la valeur des lignes au moment des distributions de dividendes et quelles seront les compagnies qui distribuent leurs profits. Tristan, le plus celte de la table, nous donne une leçon aux enchères initiales : ayant accepté de ne rien acheter, il dispose ensuite d’un budget lui permettant de récupérer les actions suivantes à leur valeur faciale sans compétition. Très vite il s’allie à Gérard et ils développent à toute vapeur la compagnie Orange au centre de la carte. Une erreur de calcul les prive du bonus de 12 £ obtenu en connectant Dublin, Belfast et Galway. Dom et Fred s’allient en réaction pour développer la compagnie Rouge. Les différentes distributions de dividendes lancées par Dom, vue son incapacité à tirer des cubes noirs du sac, ne lui offrent aucun retour financier sur son investissement dans la petite ligne Bleue. En fin de partie, Tristan sacrifie toutes ses économies pour une dernière action Violette, les autres joueurs ne voyant pas trop l’intérêt de l’opération. Une fois le sac de cubes vidé, c’est l’argent accumulé et la valeur faciale des actions qui comptent pour la victoire. Dom l’emporte avec 89 £ devant Tristan 76, Fred 75 et Gérard 72.

Les mêmes découvrent ensuite Régicide, un jeu coopératif jouable avec un jeu de 54 cartes. Il s’agit de combattre successivement 12 « boss », soit les Valets puis les Dames puis les Rois. A son tour on les attaque en jouant (en général) 1 carte de sa main sachant que chaque couleur a un effet spécial : le Cœur recycle de la défausse vers la pioche, le Carreau fait piocher, le Trèfle double la force de l’attaque et le Pique protège contre l’attaque du boss. Et oui, s’il a survécu, le boss vous attaque à son tour (en infligeant 10/15/20 dégâts pour un Valet/Dame/Roi qu’on encaisse en défaussant de sa main). Pour un jeu aussi simple c’est vraiment bien fait et c’est pas facile : Les trois tentatives des lascars ont abouti à trois défaites (tout le monde perd dès qu’un joueur ne peut pas défausser assez de points) aux stades Dame/Roi/Dame.

Table 2, dite « Oral de rattrapage » : à cette table, Olivier B, Armand, Jérôme et François-René se crashent à Massive darkness (un exploit en soi) puis à l’oral de rattrapage, où ils héritent d’un sujet difficile, Ghost Stories.

Table 3, dite « Mathématiques élémentaires » : François ressort P.I., dérivatif pas trop prise de tête quand on regarde les tables de gros jeux qui se forment autour, et attire dans ses rêts Adrianne et Baptiste, également en recherche d’une expérience ludique sans engagement (quoiqu’on peut y prendre goût). Un jeu d’enquête policière à New York mais surtout de logique, qui incite les deux impétrants à sortir leur carnet de notes pour ne rien oublier de leur enquête en cours. François, lui, a tout en tête, et l’emporte avec 15, fruit d’une utilisation judicieuse de ses jetons enquêteur. Les deux autres atterrissent à une encâblure (13), sur deux stratégies différentes : audacieuse pour Baptiste, qui joua de malchance avec 4 points de pénalité, et prudente pour Adrianne, sans pénalité, mais, qui, de ce fait, rata les places d’honneur au cours des trois manches.

Table 4, dite « Travaux manuels » : grande première pour Woodcraft – dernier opus de Vladimir Suchy et qui, arrivé vierge sur la table, se fait déflorer en direct. Jibee prendra rapidement le large d’une partie qu’il dominera à l’aise. Quant à Xel et Neox, il en fit du petit bois.Woodcraft

Table 5, dite « Sciences surnaturelles  » : à Skymines on colonise l’espace et bien plus encore. Alexander Pfister et Viktor Kobilke ont fait merveille en revisitant Mombasa pour le gommer de ses petits déséquilibres. Mickaël, Samuel, OlivierL et Marc furent les protagonistes d’une partie au long cours. Leurs scores, 205, 161, 114, 112 nous ont été arrachés d’une feuille de score anonyme, sans que de ce chaos journalistique se dessine le nom du vainqueur.
PS : une bonne âme nous glisse dans l’oreillette le quarté gagnant : Samuel, Mickaël, Olivier et Marc.

Table 6, dite « Composition française  » : So Clover achève de donner une couleur irlandaise à cette soirée. On y remplit des trèfles de mots répartis sur des cartes, qu’il s’agit ensuite d’associer puis de faire deviner lesdites associations après avoir enlevé les mots, et rajouté une carte intrus. On retiendra de ces deux manches un score moyen avec Dom (17), mais excellent avec Jibee (Jérôme, Fred et François étant les éléments fixes), et quelques trouvailles, à l’image de ce Jeanne d’Arc (Vierge, Incendie).

Séance de VENDREDI 10/03/2023 à Servel

Le 11 mars 2011 à 5 h 46 UTC avait lieu le plus important séisme mesuré au Japon. Son épicentre se situe à 300 km au nord-est de Tokyo. Le séisme a entraîné un arrêt automatique des réacteurs en service de la centrale nucléaire de Fukushima, la perte accidentelle de l’alimentation électrique et le déclenchement des groupes électrogènes. L’observation d’émissions de xénon, avant même la première dépressurisation volontaire du premier  réacteur, indique des dommages structurels probables dans la partie nucléaire des installations immédiatement après le séisme.

51 minutes plus tard, un tsunami provoqué par le tremblement de terre aborde la côte orientale. La vague atteint une hauteur de 30 m par endroits (15 m à la hauteur de la centrale), parcourant jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres, ravageant 600 km de côtes et détruisant partiellement ou totalement de nombreuses villes et zones portuaires. À la suite du tsunami, des groupes électrogènes de secours sont tombés en panne. Des débris ont pu obstruer des prises d’eau. Ces défaillances, couplées à plusieurs erreurs humaines, ont causé l’arrêt des systèmes de refroidissement de secours des réacteurs nucléaires ainsi que ceux des piscines de désactivation des combustibles irradiés. Le défaut de refroidissement des réacteurs a induit la fusion totale du cœur d’au moins deux réacteurs nucléaires puis d’importants rejets radioactifs.

Une BD très documentée fait le récit de la catastrophe, qui fut exposée il y a quelques temps à la médiathèque de Lannion.

12 ans après (heure de Chicago), un tsunami de joueurs en fusion envahissait une brûlante soirée de Parties Civiles.

Table 1, dite « Chronique d’une mort annoncée » : Ghost stories se solde en général par la déconfiture des joueurs, prêtres taoïstes qui ont la dure mission de protéger le village de l’armée des ombres qui se prépare à l’envahir. Une fois encore, Xel, Jérôme et Baptiste se sont fait rattraper par les fantômes.

Table 2, dite « Le monde du silence » : c’est, grâce à Dom (inspiré par la fin du confinement en Chine ?), le grand retour de L’année du dragon qui n’avait plus été aperçu sur nos tables depuis 5 longues années. Un jeu où il s’agit d’échapper à une série de catastrophes (épidémie, famine, guerre…) où il ne manque que l’accident nucléaire, et qui s’enchaînent au long des 12 mois de l’année du dragon. La planification est essentielle car ces événements sont connus à l’avance, mais les moyens de s’en prémunir dépendent fortement des serviteurs que l’on recrute à raison d’un nouveau chaque mois, et d’un ordre du tour qui peut déjouer les plans les mieux établis. Dom fait rapidement la course en tête, et se trouve plus souvent qu’à son tour premier joueur, ce qui lui permet de contrarier les plans de s’en adversaire, et il ne s’en cache même pas, faisant partie de ces joueurs qui commentent le cheminement de leur propre pensée. Mais il commet à la fin du printemps une erreur de débutant, qui lui impose de licencier des serviteurs sans cause réelle ni sérieuse, ce qui lui coutera certainement une victoire promise (on saluera à l’occasion son fair-play: il ne demanda aucun rollback). De son côté, François, après un départ poussif, fomente en silence, l’été venu, un plan à triple détente : recruter un artificier, un médecin, et, surtout, deux bouddhas qui lui apporteront 12 PV. Avec 97, il engrange une victoire de prestige devant Dom (89).  Quant à Thomas, 83, frappé par le délabrement de ses temples, et Evan, 72, victime d’une stratégie insuffisamment diversifiée (il termine avec 7 fusées !), ils n’en peuvent mais.

Table 3, dite « Équilibre de la terreur  » : Twilight Struggle n’en finit plus de faire des émules, et c’est Frank la victime du jour, américain trop tendre face à Mickaël, un soviétique déterminé et tout à son rêve d’empire.

Table 4, dite « Énergie renouvelable » : Fred, François-René, Olivier B et Neox se lancent à la poursuite d’un corps étranger à Alien et voient leur quête aboutir, comme toujours depuis qu’ils l’entreprennent, soulignent-ils. Enhardis, ils se  lancent ensuite dans Heat, où François-René fut le plus intrépide des vainqueurs, et Fred le plus timoré des vaincus.

Table 5, dite « Tsunami mortel  » : un Sub Terra récupère des joueurs issus de tables éparses comme Thomas, Fred et François-René, parmi lesquels 2 seuls sur 6 échappèrent à la noyade collective d’un tsunami mortel.

DefaultTable 6, dite « Alerte rouge » : Dom propose à François de découvrir Watergate et reçoit une réponse teintée de l’enthousiaste du débutant, aussitôt attaché aux basques de Nixon en prenant la tête des journalistes avides de pousser le Président dans ses derniers retranchements. Il faut à un mouvement de pouvoir relier Nixon à deux témoins, ce qui aurait scellé sa victoire, mais la carte promise n’arriva jamais. Des on côté, Nixon alignait les pions rouges en faisant usage de la force brute que lui donnaient des cartes puissantes de conspirateurs, qu’il utilisa pour leur force, stratégie permise par le dévoilement précoce des témoins par l’équipe des journalistes, qui fut probablement la clé du jeu. Lors de la manche décisive, il fallait une carte de force 3 à Dom pour poser son cinquième pion rouge synonyme de victoire, et il en avait une de force 4 dans sa manche. Voilà qui donne envie de lire Les hommes du Président du duo Bernstein/ Woodward à l’origine de l’enquête qui fit tomber le 37ième Président  (on conseillera au lecteur à la recherche d’actualités plus récentes le Peur du même Woodward sur la présidence N°45, celle de Trump). Notons enfin que le titre français de l’ouvrage des journalistes du Washington Post masque, exemple parfait d’un « Lost in translation« , l’emprunt du titre anglais (« All the President’s men« ) à la célèbre comptine Humpty Dumpty, qui se présente souvent comme une énigme, dont la solution est « un œuf » (représentation classique de Humpty Dumpty)… ou un Président de la première puissance mondiale :

Humpty Dumpty sat on a wall.
Humpty Dumpty had a great fall.
All the king’s horses and all the king’s men
Couldn’t put Humpty together again.

Table 7, dite « Sous les flots » : Le monde de Narak voit Eve (76) atteindre la première le temple au grand dam de Marc (60), laissé à mille lieues de Venise, seul dans le désert d’où retentissent les rugissements du lion.

Table 8, dite « Communications abouties  » : en fin de soirée, on sort Mot malin où Xel, Gilles et Jérôme signent le score collectif de 17/25, qualifié d’excellent. Votre chroniqueur assista en fin de partie à la méprise d’un joueur qui s’était trompé de case, mais le mot qu’il avait choisi pour Indice (Spaghetti) entrait en étrange résonance avec celui de la case visée : Pelle / Élastique.

Table 9, dite « Dérives continentales » : pendant que les tablées entières dérivaient par continents vers ses gâteaux maison, Marie-Anne était embarquée dans un Kepler 3042 qu’elle perdit (38), devançant de peu Alex (37). Plus loin sur la table de marque, Benjamin (51) s’impose face à Samuel (48).