Séance de VENDREDI 17/05/2024 à Servel

Le 17 mai 1902 Valerios Stais, un archéologue grec, examine au Musée National d’Archéologie d’Athènes un amas de métal corrodé tombant en morceaux qui a été récupéré, avec d’autres artefacts plus intéressants (statues, vaisselle, amphores, objets en verre etc.) dans une épave explorée l’année précédente par 45 m de fond au large de l’île d’Antikythera. Parmi les fragments de bronze il identifie ce qui ressemble à une roue dentée. C’est le début d’une quête scientifique qui va durer plus d’un siècle. Dès 1905 un chercheur allemand suggère qu’il s’agit d’un outil de calcul astronomique mais il va falloir attendre l’utilisation de techniques d’imagerie à rayons X, d’abord en 2D puis en 3D au XXIe siècle, pour avoir une meilleure idée du nombre et de la denture des engrenages préservés, et pour déchiffrer des inscriptions apparaissant sur la face frontale et arrière de l’appareil.

Deux chercheurs anglais élaborent ainsi des hypothèses sur la fonction de l’objet et tentent de reconstituer son fonctionnement, dans les années 1970 puis 1990. L’idée s’impose qu’il s’agit d’un modèle astronomique permettant de simuler, à toute date, la position (par rapport aux étoiles fixes) du soleil, de la lune et des cinq planètes connues, et aussi de prédire les éclipses. Les travaux les plus récents, publiés en 2021, arrivent à une reconstitution d’une rare complexité, faisant appel à 69 engrenages et à des inventions mécaniques remarquables.

Objet extraordinaire, la machine d’Anticythère (datée vers -200/-100) est une manifestation du génie antique et du haut niveau de leur science (astronomie, mathématique) et technique (métallurgie, mécanique de précision). Elle est l’aboutissement de connaissances accumulées et transmises pendant des siècles (les Grecs ayant hérité des observations et des modèles astronomiques des Babyloniens) et il faudra attendre des mécanismes d’horlogerie du XIVe siècle pour retrouver un savoir-faire comparable. 122 ans plus tard, le calendrier numérique Ouimite indiquait « 20:30 : soirée Jeux à Servel ».

Table 1, dite « Antiquité » : Première apparition de Mosaic, un jeu plutôt touffu de civilisation avec à la tête des peuples Fabrice, Xel et Samuel. Le cadre est sans originalité, on va piloter une civilisation antique autour de la Méditerranée en développant ses différents aspects (population, culture, science, ressources) sachant qu’il y une incitation à se spécialiser. Il y a un volet militaire mais sans guerres de conquête/anéantissement sur le plateau, il s’agit plutôt de se répandre dans les différents territoires. Une asymétrie initiale est fournie par le leader avec lequel chacun(e) démarre. Les joueurs orientent aussi leur stratégie en fonction de cartes de scoring qui sont révélées progressivement en cours de partie. Le tour de jeu est relativement simple, on accomplit une action parmi huit possibles. Pour cette partie de découverte Samuel a bien développé les idées et Xel la culture. Au final c’est elle qui s’impose avec 215 PV, une bonne vingtaine de points devant Samuel.

Table 2, dite « Engrenages » : François et Fred rejoignent VHN pour une partie de Kogge, le second découvre ce jeu opaque,  déroutant et attachant avec ses mécanismes intriqués. La partie s’est déroulée de façon inhabituelle : la disposition initiale des routes  de commerce reliant les ports a permis de suivre pas à pas le premier tour de plateau de l’échevin, ce qui a multiplié les interactions avec ce pion déplacé à chaque tour par le premier joueur. Ainsi 6 jetons (qui donnent des pouvoirs spéciaux) ont été acquis, du jamais vu ! A contrario, les actions de commerce (pour accumuler puis utiliser des cubes) qui en général sont au centre des parties ont peu été utilisées, de même que les comptoirs des joueurs. Après avoir déconseillé de dépenser tous ses cubes, c’est ce que fait aussitôt Dom à son premier coup pour acquérir un jeton Banquier qui lui donne une carte gratuite en début de tour. Rapidement deux types de ressources sur quatre ont été épuisés dans la réserve, elles étaient réparties dans des villes que les joueurs ne visitaient pas. Cela n’a pas été sans conséquence pour Dom qui a raté sa construction de comptoir à Åbo : désireux de s’assurer la première place dans l’ordre du tour pour contrôler la destination de l’échevin, il a misé deux cartes violettes dont la production a vidé la réserve de cubes. Il n’a donc pas pu récupérer auprès de l’échevin le cube violet qui lui manquait ! Il s’est rabattu sur le pillage de villes pour se refaire en cubes, bientôt imité par les deux autres, tel François dont la cale regorge de ressources. Fred rejoint Dom à 4 points de développement avec un joli tour où il construit un comptoir à Dantzig (+1) et y achète un jeton à l’échevin (+1). Mais dans le tour qui suit, les mises modestes à l’enchère pour l’ordre du tour permettent à Dom de jouer en premier : il rejoint l’échevin à Lübeck, récupère auprès de lui le cube gris qui lui manque et y construit un comptoir en épuisant ses ressources ; ce cinquième point lui donne la victoire immédiate dans cette partie courte où l’échevin a tout juste fait un tour de plateau.

Table 3, dite « Inventivité » : Mickaël initie à Farshore Manon et Younael. Ce dernier vient de rejoindre l’association mais a déjà un parcours solide de joueur, il s’est même lancé dans la conception de jeux. C’est lui qui s’en tire le mieux, en utilisant à fond la navigation il marque 51 PV sur un total de 134. Mickaël puis Manon le suivent au score.

Table 4, dite « Rayons X » : Un Marvel Champions où quatre héros (Nico, F-R, OlivierB et Elie) ne parviennent pas à venir à bout de l’Homme Absorbant, pourtant me glissa un Poulidor ludique « ça n’a pas été loin ».  Après une division par deux de l’effectif, Nico prend le meilleur sur F-R à Star Wars Unlimited.

Table 5, dite « Cycles astronomiques » : Les restants des tables 2 et 3 jouent à Forêt Mixte ; dans une configuration à cinq il ne faut pas traîner pour construire ses combos, la fin de partie peut vous surprendre. Les deux ours de Mickaël lui déposent plus de 20 PV dans sa grotte mais c’est la synergie Loirs/Chauve-Souris de Dom qui est la plus efficace, il score 60 points avec ses animaux et l’emporte avec 94 PV devant Younael 72, François 69, Mickaël 64 et Fred 56.

Table 6, dite « Soleil levant » : On finit la soirée en douceur et avec Aurore en jouant quelques parties de Mot Malin où on apprécia Urne (Président et Boite) et un peu moins Ménagère (Chemise et Assiette), mais où le groupe atteignit de forts bons résultats malgré des imaginaires variés. Quelques heures plus tard le soleil se levait.

Séance de VENDREDI 10/05/2024 à Servel

undefinedLe 10 mai 1774, La bougie allumée à la nuit, au balcon de la chambre de Louis XV, est éteinte lorsque le souverain meurt suite à une septicémie aggravée de complications pulmonaires. Étant variolique, il n’est pas embaumé et reste le seul roi de France à ne pas avoir reçu cet hommage post-mortem, le seul aussi à naître et mourir au château de Versailles. « Bien-Aimé » en début de règne, resté tel dans la plupart des régions de France à sa fin, il est très impopulaire à Paris, à tel point que sa mort donnera lieu à des fêtes joyeuses dans la capitale.

19 ans plus tard, le 16 octobre 1793, durant la profanation des tombes de la basilique Saint-Denis, après avoir ouvert les cercueils bien conservés de Louis XIII et de Louis XIV, les révolutionnaires trouvent dans celui de Louis XV un cadavre nageant dans une eau abondante due à la perte d’eau du corps non embaumé, enduit de sel marin, et qui tombe rapidement en putréfaction. Les révolutionnaires brûlent de la poudre pour purifier l’air de l’odeur infecte qu’il dégage et le jettent, comme les autres, dans une fosse commune sur de la chaux vive. Le 21 janvier 1817, Louis XVIII fait rechercher les restes de ses ancêtres dans les fosses communes pour remettre leurs ossements dans la nécropole des rois mais aucun corps ne pourra être identifié

250 ans plus tard, Parties civiles réunissait, autour de son roi bien vivant et bien aimé, une assemblée joyeuse.

Table 1, dite « Décomposition finale » : nouvelle sortie de Bruxelles 1893, un jeu récemment ressorti dans une version nouvelle, et qui engrange de nouveaux adeptes. Son mécanisme très bien huilé pourrait en faire un nouveau classique, et l’ambiance art nouveau est parfaitement traduite, ce qui ne gâche rien. Au terme d’une partie haletante, la feuille de score indique Steven 133, Olive, 117 au terme d’une folle remontée, Fred, bien placé partout mais trop éparpillé, et François, à la peine sur ses nobles et systématiquement grillé dans les majorités, 108. Mais ce résultat est immédiatement contesté, entaché de deux grosses erreurs de score : premièrement, les bonus de Notre-Dame ont été comptés à la fin, et non au début, ce qui fausse le calcul ce celui qui octroie 1 PV supplémentaire pour 7 (François et Steven ont un trop perçu), deuxièmement, les bonus finaux des lignes horizontales ont été omis ! Pas de discussion possible pour le vainqueur, mais au vu de ces bévues, François sera éjecté du podium sur tapis vert.

Table 2, dite « Une reine et son dauphin » : Au terme d’un Biathlon crystal globe très disputé, avec des rebondissements tout au long du parcours, Thomas, vu en tête après le premier tour mais victime de mauvais tirs au deuxième s’est fait griller😈et le score final par équipe donne 134 Xel, 124 Thomas et 123 Flavien. Faraway est ensuite une découverte pour Flavien, qui démarre modestement à 39, cédant le pas aux aguerris Thomas, 66 et Xel, 73.

Table 3, dite « Chronique d’une mort annoncée » : Mickaël et Dom retournent sur la planète rouge de On Mars, cette fois accompagnés par le scaphandre de Christophe. Inversant leurs choix précédents Mickaël débute à la surface tandis que Dom commence en orbite. Ce dernier développe rapidement une technologie au maximum ce qui lui permet de scorer 6 points à chaque fois qu’il construit une tuile blanche; par contre il ne parvient pas à acheter le scientifique brun qui irait avec sa carte Plan. En face, Mickaël met la main sur les scientifiques bleus et gris qui lui permettent d’activer gratuitement au choix 5 cartes Plan. Il réussit aussi un très beau coup en utilisant son objectif secret qui lui permet de placer deux bâtiments. Christophe et lui réalisent un contrat à 12 PV, cela va peser lourd alors que la fin de partie approche. Dom foire une combinaison compliquée qui devait permettre l’acheter des Plans et de les construire dans la foulée tandis que comme à son habitude Mickaël, redescendu à la surface en navette privée, construit un abri qu’il garnit d’une horde de colons. Comme on pouvait s’y attendre, l’avance prise par Dom en cours de partie ne résiste pas au décompte final et Mickaël s’impose avec 104 PV devant Dom 87 et Xof 76.

Table 4, dite « Embaumés volontaires » : à Marvel Champions, une victoire de plus pour la fine équipe de Jérôme, OlivierB et François-René. Ce dernier en finit rouge de plaisir, à moins que ce ne soit le soleil. Vite, un tube de baume solaire pour notre roi bien-aimé !

Image illustrative de l’article AnubisTable 5, dite « Embaumement volontaire » : Table haletante de Codenames pour finir, avec les Bleus (François, Thomas, Steven, François-René, Fred), et les Rouges (Dom, Nico77, Mickaël, Élie) :

  • Bleus 1-0 : au terme d’une remontada impressionnante, les Bleus l’emportent par un raisonnement imparable avec 5 mots de suite trouvés ! L’indice Observatoire visait (Mars, Lunette), et ils parviennent à se rattraper sur Notre-Dame (Croix, Lumière, Ville), et triangulent Bec et Dragon pour identifier l’indice vainqueur : Défense (le régiment de dragons avait cheminé dans les têtes)
  • Rouges 1-1 : une manche marquée par l’énigmatique indice Anubis – un dieu funéraire de l’Égypte antique, maître des nécropoles et protecteur des embaumeurs, représenté comme un grand canidé noir couché sur le ventre, sans doute un chacal ou un chien sauvage. Les équipiers de François-René pensent assez logiquement à Vénus pour la divinité et Loup, mais Vénus est faux, et l’indice suivant, Poil 0, leur fait comprendre qu’ils doivent éviter le loup. Hélas, cette valse-hésitation leur sera fatale et ils finissent embaumés volontaires (finalement c’était (Plateau, Palais)).
  • Rouges 2-1 : les Bleus meurent sur le fil, les armes à la main, Steven bloquant à l’instant décisif devant la combinaison (Mouche, Queue) : son indice Prendre échoue sur Pince, alors qu’un Vache aurait fait l’affaire… En face, Dom règle le match avec le joli Stonehenge 2 (Cercle, Ruine), après avoir induit en erreur sur un Krakatoa 2 (Ile, Ruine), qui faisait penser au bouchon du volcan !

Séance de VENDREDI 05/04/2024 à Servel

Le 5 avril 1722, l’explorateur hollandais Jacob Roggeveen aborde une île isolée en plein Pacifique. Comme c’est le jour de Pâques, il la baptise … Île de Pâques. Sommet émergé d’un massif volcanique sous-marin, à la différence de la plupart des autres îles du Pacifique, elle n’est pas protégée des vagues par une barrière de corail et un lagon, ce qui rend son approche en bateau difficile. Sur son sol aride de 171 km2 survivent quelques centaines de misérables Polynésiens. Les ancêtres de ces malheureux, arrivés en pirogue entre 900 et 1200 de notre ère, avaient découvert un paradis doté d’une faune et d’une flore exubérantes, qu’ils avaient appelé dans leur langue Rapa Nui. Ils avaient bâti une société prospère et même inventé une écriture idéographique, le rondorongo. La population était divisée en clans familiaux dont chacun était établi dans l’une des vallées sèches qui descendaient vers l’océan, cultivant ses jardins et honorant ses morts, déposant leurs dépouilles sur la grève.

Pour se protéger de l’océan, chaque clan avait aménagé près du rivage une plate-forme en pierre surmontée de statues géantes, tournées vers les jardins et les habitants. Ils sculptaient les statues (les moaï) dans les flancs des trois anciens volcans de l’île, les faisaient glisser jusqu’aux plates-formes de pierre qui leur étaient destinées (les ahu), fabriquant pour cela rails et cordages avec les palmiers géants qui couvraient l’île. On a dénombré au total 800 statues, représentant hommes et femmes d’un à 22 mètres. La majorité sont restées sur les lieux d’extraction, en position couchée. 256 ont été déplacées, dont 164 érigées sur les plates-formes. Les interrogations persistent sur l’arrêt subit de cette activité et le déclin brutal de la société pascuane, que les scientifiques situent vers le milieu du XVIIe siècle.

Moai Sur L'île De Pâques Dans La Grotte. Sculptures En Pierre De Dessin Animé De Vecteur Sur La Montagne. | Vecteur Premium

302 ans plus tard, en ce vendredi Saint, les fidèles de Parties Civiles honoraient leurs Dieux favoris.

Table 1, dite « Résurrection » : En ce jour de Pâques, c’est la résurrection du JDR sur nos tables ! L’aquarium accueille une équipe de rôlistes pour un premier épisode du fameux Les lames du cardinal. On y a vu ** SPOILER ALERT ** le Président du parlement, perdu, faisant de sa déconvenue compte-rendu au cardinal Mazarin, et même l’enlèvement de l’ambassadeur des Nations Unies au cours d’une partie de chasse. Une histoire à suivre !

Table 2, dite « Des héros venus d’ailleurs » : Une fine équipe (Nico77, François-René, Olivier B, Franck) engrange une victoire collective à Marvel champions

Table 3, dite « Destination nouvelle » : Fraîchement reçu, aussitôt joué : Let’s go to Japan intègre fièrement le Panthéon des jeux découverts à Parties Civiles. Le sort de cette partie inaugurale entre Samuel et Steven restera indéchiffrable comme un idéogramme.

Table 4, dite « Destin inconnu » : A la table de Nucleum la bataille faisait rage entre Fred, Élie et Thomas, alors que David s’avouait à la peine quand le scribe quittait les lieux : le podium est connu, mais son ordre relève du mystère.

Table 5, dite « Un géant et des nains » : Cette table de l’excellent Amalfi Renaissance vit une bataille homérique entre 4 joueurs aguerris, chacun ayant son heure de gloire : Xof (117), en réussissant seul un objectif à 24 PV, qui semblait à tous inatteignable, mais qui souffrit de n’avoir agrandi sa flotte initiale, Olivier L (88), qui enquillait les personnages à la parade et raflait à chaque fois les meilleures actions en étant premier joueur, François (115), qui, sur une stratégie bâtisseur, construisit quatre nouveaux bateaux et trusta les cartes de scoring en fin de partie, mais perdant sur les phares et plusieurs fois devancé par son voisin, qui prenait l’emplacement convoité, et donc enfin Mickaël, ledit voisin, opportuniste et combotteur à mort, présent partout où il fallait être, et donc indépassable géant de cette partie avec 155.

Table 6, dite « Vol de nuit » : A la faveur de la nuit, on aperçut Marie-Anne et François-René s’exercer à Sky Team pour un résultat aussi furtif qu’un vol de nuit.Star Wars Unlimited : Etincelle de Rébellion - Kit de Démarrage 2 Joueurs

Table 7, dite « Étoiles du soir » : Le soir tombé, les étoiles de Star Wars Unlimited se font jour, mais savoir qui de Luke (Nico77) ou de Dark Vador (Mickaël) l’emporta, c’est une autre histoire.

Séance de VENDREDI 22/03/2024 à Servel

Le 22 Mars 1968, trois jours après l’occupation d’un bâtiment administratif à la faculté de Nanterre pour obtenir la libération de militants opposés à la guerre du Viêt Nam, des étudiants créent le mouvement du même nom. Il sera considéré comme faisant partie des éléments déclencheurs des événements de mai 1968. Mouvement spontanéiste, le 22 mars revendique des méthodes d’action directe (occupations de bâtiments administratifs, notamment) et de démocratie directe, en assemblées générales ouvertes à tous, déjà pratiquées dans d’autres villes au début 1968 (Nantes et Caen). Tout en refusant l’institutionnalisation en « organisation », il veut participer à ce processus d’auto-organisation des étudiants « ici et maintenant ». Daniel Cohn-Bendit en est la personnalité la plus médiatisée.

Inspirés notamment par le mouvement Provo aux Pays-Bas, les modes d’action souvent provocateurs (happening, prises de parole sauvages, interruptions de cours, refus de toute autorité) et, surtout, la critique virulente du contenu de l’enseignement universitaire attirent l’attention.  Il sera interdit par le gouvernement, dans le cadre du décret du 12 juin 1968 portant dissolution d’organismes et de groupements, en même temps que onze autres mouvements d’extrême gauche.

56 ans plus tard, déjà, un petit groupe se formait à Lannion dans la clandestinité d’une salle de quartier.

Table 1, dite « Soyons réalistes, demandons l’impossible » : Fred attire Tristan et François avec le très thématique Darwin’s journey. Après une explication  de règle longue comme l’évolution, Tristan est désigné premier joueur. Comme Fred, qui le suit, ils découvrent derechef deux premières espèces. François le pressent alors: il a déjà perdu la partie. Prémonition qui sera largement validée, mais on ne se risquera pas à mettre sur le compte du tirage la victoire éclatante de Tristan, qui survole la concurrence avec 277, fruit d’un plateau très bien garni et d’une fréquentation assidue du musée, mais aussi de la construction de multiples loupes qui lui permirent de faire moult actions providentielles. Avec 190, Fred fit bonne figure, sauvé par un objectif tôt acquis qui lui permet de payer moins pour rejoindre des pistes déjà occupées. Le score de François, 119, est en phase avec sa perception d’une partie où il passa le plus clair de son temps à l’obscurcir, plombé par le manque d’argent et son absence de loupes. De toutes façons, soyons réalistes : à l’impossible, battre Tristan, nul n’était tenu !

Table 2, dite « Sous les pavés, la plage » : On se retrouve entre amis à Barcelone, non pour une suite de l’auberge espagnole comme l’inviterait l’actualité européenne, mais pour un Formule Dé, où François-René grille sur fil ses adversaires (Camille, Jérôme et Thomas). Le vainqueur a mérité un petit tour à la plage après avoir tenu le haut du pavé !

Table 3, dite « Il est interdit d’interdire » : à la table de Marvel Champions, victoire collective de Élie, Nico77, Olivier B et Franck, « en souffrant et en trichant », selon les dires d’un participant rétif aux interdits, et qui préfère rester anonyme.

ReviveTable 4, dite « Faites l’amour, pas la guerre » : Première sur nos tables pour Revive où il s’agit, 5000 ans après la chute de l’humanité, de recréer une civilisation dans un monde de glace. Nos aventuriers ont su s’entraider, préférant l’amour à la guerre, et laisser au beau sexe le soin de repeupler l’humanité. Avec 105, Marie-Anne donne une leçon de survie à Gilles (97), Mickaël (51) et Olive (47), survolant la partie malgré Gilles, qui, selon nos sources généralement bien informées, remporta un nombre de points dantesque en fin de partie.

Table 5, dite « Tout, (mais pas) tout de suite » : Xel, Fabrice, Steven et Olivier poursuivent leur campagne de ISS Vanguard, jusqu’au bout de la nuit.

Table 6, dite « Sans entraves » : A la faveur de la nuit, quelques parties de Mot malin s’enchaînent, laissant l’imagination de certains sans entraves, à l’image de ceux qui associèrent l’indice Uranus annoncé par François-René à (Planète, Marron) – une invention que n’auraient pas dédaignée les situationistes, mais qui se révèlera fausse ! Comme chacun sait, Uranus est dotée d’une couleur bleu-vert provenant de la présence de méthane. L’indice Terre, lancé plus tard par François pour la même combinaison, était le bon.

Séance de VENDREDI 24/11/2023 à Servel

Dans la nuit du 24 novembre 1963, la police de Dallas et l’antenne locale du FBI reçoivent des appels anonymes indiquant que Lee Harvey Oswald sera assassiné. Le même jour, après 36 heures de garde à vue et 12 heures d’interrogatoire sans assistance légale et dont peu de traces ont été conservées, Oswald est abattu par Jack Ruby à 11 h 21 dans les garages du quartier général de la police de Dallas, en direct devant les journalistes présents venus en masse et sous les yeux de millions de téléspectateurs alors que la police s’apprêtait à transférer Oswald des cellules de la police vers la prison du comté. Gravement blessé à l’abdomen, Lee Harvey Oswald s’éteint à 13 h 7, sans avoir repris connaissance, dans le même endroit, où, 48 heures plus tôt, l’équipe médicale avait tenté de sauver le président Kennedy de ses blessures par balles. Au cours de l’intervention médicale, le président Lyndon B. Johnson appellera en personne les praticiens afin d’obtenir une confession de Lee Harvey Oswald avant son décès.

60 ans plus tard, à Parties Civiles, chaque adhérent avait le droit de se défendre.

Painting a Painting 3 Times | Chris Cook Artist

Invasions (2006) - Jeu de société - Tric TracTable 1, dite « Meurtre à l’arrivée» : notre nouvel adhérent, JérômeC, apporte un de ses jeux favoris: Invasions, pas une nouveauté, mais un bon jeu d’exploration au temps des barbares, avec des contrats à réaliser, mais qui ne profitent qu’au joueur qui complète le contrat, ce qui fait tout le sel du jeu, entre soutien collectif et ambitions individuelles. Notre MJ détaille les règles, sans omettre conseils tactiques et stratégiques, ce qu’il renouvelle durant la partie, pour la bonne cause, mais à son détriment comme on le verra. Thomas l’emporte avec 158, une victoire un peu abusée à la faveur d’une dernière carte très puissante qui lui octroie 24 PV et en fait perdre autant à Jérôme, qui descend à 117, devancé par Baptiste, 118, et François, 125, qui a lui aussi abusé des bons conseils et bien profité du travail des autres.

Table 2, dite « Héroïque » : Une victoire brillante pour la fine équipe de Marvel champions (Nico77 Franck Paul).

Table 3, dite « Première impression » : à The expanse, Jeff,64, Jack, 78, sont défaits par Benjamin, 92 (la chance du débutant, dit-il en modeste).

Table 4, dite « Captivité prolongée » : à Ark Nova, Vincent y prend le large avec 53, loin devant Mickaël, pointé à -7 ! Louise et Martin ont admiré l’artiste.

Table 5, dite « Libération retardée » : Tristan Gérard F-R & Dom se retrouvent pour une partie de Cuba Libre planifiée ensemble mais néanmoins de découverte. Rappelons qu’il s’agit ici d’un wargame (de la famille des COIN) ancré dans la réalité historique et qui se caractérise par des factions très asymétriques, chacune avec ses forces/faiblesses, ses propres actions de jeu et sa condition de victoire. En présence : Tristan le gouvernement, Gérard le syndicat du crime et deux groupes rebelles : les castristes de F-R et le Directorio étudiant de Dom.
Avec l’expérience du jeu, le début de la partie prend un tour inhabituel : à sa première action Dom déloge Tristan de Las Sillas et y installe une base, privant le gouvernement d’une redoute dans les montagnes. De plus, une carte Propagande (il y en a 4 qui rythment la partie et sont l’occasion de vérifier si l’une des factions remplit ses conditions de victoire) arrive dès le troisième tour : les rebelles de Dom reprennent le maquis et les troupes de Tristan rentrent la queue entre les jambes. Ensuite Gérard construit progressivement toute une flotte de casinos et glisse quelques sacs d’or à Tristan (dans des échanges de services équilibrés ? les avis étaient partagés).
F-R tente de prendre pied à l’ouest de l’île ce qui pourrait menacer les lieux de débauche que Gérard y a multipliés mais ses efforts sont réduits à néant par Tristan. La fortune de ce dernier évolue au rythme de la popularité du gouvernement dans les grandes villes : un événement miraculeux le place temporairement en position de l’emporter puis un événement calamiteux douche ses espoirs. Dom ne voulant pas trop avoir l’air en tête rate une victoire à la 3e Propagande faute d’une base, et renforce ses troupes sans trop écorner son pécule.
Comme souvent à ce jeu faute d’un vainqueur net la partie s’est réglée après la 4e Propagande par un triomphe d’un Syndicat transformant en points ses économies mal acquises.

Table 6, dite « Tête-à-tête » : à Shards of Infinity, Thomas régale JérômeC sous les regards admiratifs de Nico77.

Table 7, dite « Première communion » : à cette autre table de Ark Nova, Steven réussit sa première partie, triomphant avec 3 devant Xel, Samuel et OLive

Séance de VENDREDI 10/11/2023 à Servel

Le 13 novembre 1970, première observation d’un neutrino dans une chambre à bulles d’hydrogène du Zero Gradient Synchrotron. Un neutrino invisible percute un proton, donnant naissance aux traces des particules résultant de la collision. Cette particule répond à une énigme dans la communauté des physiciens : la désintégration β  ne semble pas respecter les lois de conservation de l’énergie, de la quantité de mouvement et du spin. Pour satisfaire ces principes, Wolfgang Ernst Pauli postule dès 1930 l’existence d’une nouvelle particule, de charge électrique nulle, qu’il nomme initialement neutron et dont il estime la masse au moins 100 fois inférieure à celle du proton. C’est le physicien italien Edoardo Amaldi qui donne à la nouvelle particule le nom de « neutrino », une fois le neutron découvert. Les premiers neutrinos seraient apparus il y a 13,7 milliards d’années, peu après la naissance de l’univers. Depuis, ce dernier n’a cessé de s’étendre et de se refroidir, et ces neutrinos, dits cosmologiques, ont fait leur chemin. Théoriquement, ils forment aujourd’hui un fond de rayonnement cosmique, le fond cosmologique de neutrinos. Leur énergie est cependant bien trop faible pour qu’ils puissent être détectés avec les technologies actuelles.

Neutrino Particle Interaction Event Art Print by Fermi National Accelerator Laboratory - Fine Art America

53 ans moins 3 jours plus tard, un compte-rendu vous est livré d’une séance de Parties Civiles qui eut bel et bien lieu, mais trop dense pour être capturée par les technologies actuelles.

Table 1, dite « Énergie noire » : Rocketmen, sur sa rampe de lancement, recrute deux nouveaux adeptes, Tristan et Fred rejoignant François et Thomas. La concurrence est rude, et Tristan ne tarde pas à trouver la stratégie gagnante: une petite mission pour empocher 20$ et une main basse sur les premières cartes Innovation. Au faîte de sa puissance, il tente un voyage vers la lune, poussivement entamé, mais le poursuit jusqu’au bout quand-même alors qu’il avait besoin d’un 4, la carte la plus haute, et la seule sur les 18 de la pioche. Et, incroyable, il tire cette carte, mais, coup de théâtre, son succès est derechef annulé car il avait déjà fait ce même voyage ! Un épisode rocambolesque, mais qui ne l’empêche pas de finir largement en tête avec 30. Thomas, 23, a bien résisté, quand Fred, 13, et surtout François, 7, ont sombré, scotchés en bas de leur courbe d’apprentissage.

Table 2, dite « Tapie dans l’ombre » : Une victoire brillante pour la fine équipe de Batman shadow of the bat.

Table 3, dite « Changement de trajectoire » : Dom initie Marco à Ark Nova, et, dans un subtil changement de trajectoire dans l’espace-temps, se fait cueillir par l’éternelle jeunesse du monde.

Tables autres, dite « Traces infimes » : ont été aussi aperçus un Marvel Champions et un Yucatan. Leurs traces recueillies avaient une masse presque nulle.

Séance de VENDREDI 13/10/2023 à Servel

Dans les monts du Cantal et l’Aubrac, aux confins du Massif central, le jour de la saint-Géraud était la date de la transhumance d’automne avec la descente des troupeaux quittant les estives. En ce 13 octobre, on vit à Lannion des troupeaux de ludopathes rejoindre le haut plateau de Servel, prélude à la transhumance de plus grande ampleur d’un petit dragon ailé vers le festival Scorfel, qui réjouira petits et grands le week-end prochain !

Table 1, dite « Côtes fabuleuses » : à Amalfi on s’emploie à restaurer la splendeur passée des côtes fabuleuses de la ville portuaire, comme aux temps de la Renaissance. Une nouveauté, auréolée du trophée « pick up Essen 2023 » et donc fraîchement sortie sur les étals, trouve déjà sa place sur nos tables et ravit Mickaël, Olivier L, Xel et Fred. Ce dernier sera donc à jamais le premier vainqueur à ce jeu que tous ont trouvé très accessible, et au matériel très plaisant.

Table 2, dite « Châteaux légendaires » : Encore une nouveauté avec Castle of mad king Ludwig, où l’on campe un architecte au temps de Louis II de Bavière en construisant un de ses châteaux extravagants. C’est Armand qui l’emporte (86), un jet de pierre devant Baptiste et Marc (83 chacun), grâce à sa diversité supérieure.

Castles of Mad King Ludwig

Table 3, dite « Héros fantastiques » : les habitués de Marvel champions (F-R, Arakis, Nico77 et Olivier B) engrangent une nouvelle victoire.

Table 4, dite « Cité mythique » : Le trop souvent oublié Bruges fait son retour, et chacun suit sa stratégie: les canaux pour Xof, qui y enquille pas moins de 23 de ses 46 points, les personnages et bonus de fin pour François (54), un peu de tout pour Olive (32), et un peu de tout aussi mais en beaucoup mieux pour Dom, 62, qui l’emporte haut la main.

Table 5, dite « Voyage intersidéral » : une table de Terraforming Mars: expédition Arès réunit quatre explorateurs, qui terminent dans un mouchoir de poche. La victoire revient à Samuel (40) devant Thomas (36), Élie (36), et Jeff (31).

Table 6, dite « Canaux romantiques » : les tables tournent et l’escapade romantique à Bruges fait de nouveaux adeptes. Xof s’adjuge le gain de la partie avec 53, devant Olive, 49, et Élie, 47.

Table 7, dite « Rêve royal » : Thomas accueille Dom et François, qui poursuivent leur tour d’Europe, à une table de Londres (2e ed.) Édition qui se distingue surtout de la première par son visuel, les mécanismes changeant peu. La hiérarchie et respectée et Thomas l’emporte avec 56, sur un dernier coup de métro. François y a longtemps cru, engrangeant les gains avec la combo métro + hôpital, mais il a vu trop gros et se voit finir avec trop de pauvres et criblé d’emprunts, avec à la clé un malus de 29 ! Sans cela, avec 40, il aurait tenu le haut du pavé. Entre les deux, Dom a mené son bus à impériale avec sagesse et finit à un honorable 46.

Table 8, dite « Digestif inoubliable » : c’est une table de Codenames qui clôt la soirée, pour une manche unique. Les bleus (F.-R., Mickaël; Thomas) l’emportent 1-0 sans effort, les rouges (Dom, Xel, François) ayant touché l’assassin alors qu’ils touchaient au but après un départ maîtrisé (Pique-nique 3 : Pouce, Pomme, Oeuf), mais tapant sur Carré pour l’indice Tasseau, qui visait plutôt Colle et Pieux.

Séance de VENDREDI 29/09/2023 à Servel

Le 29 septembre 1938, débutait la conférence de Munich. Les accords qui en sont issus ont pour but de régler la crise des Sudètes mais, indirectement, scellent la mort de la Tchécoslovaquie en tant qu’État indépendant, et permettent à Hitler d’annexer ses régions peuplées majoritairement d’Allemands. Chamberlain en repart avec une résolution supplémentaire entre le Royaume-Uni et l’Allemagne engageant les parties à négocier de manière pacifique leurs différends futurs, document qu’il brandit à son arrivée à Londres, lors de l’accueil triomphal qui lui fut fait : accueilli en héros à sa descente d’avion il est même surnommé « the peacemaker ». L’opinion publique, ayant conscience qu’on vient de frôler un conflit majeur, est soulagée et reconnaissante de ces accords de paix, même si de nombreux commentateurs n’y voient qu’un compromis dilatoire. De même, à son retour en France, Daladier pense qu’il sera hué pour avoir cédé à Hitler en livrant la Tchécoslovaquie sans contrepartie, sinon de vagues promesses de paix. Mais, à sa grande surprise, il est vivement acclamé à sa sortie de l’avion, pour avoir « sauvé la paix ».

L’industrie militaire tchèque réquisitionnée produira un tiers des nouveaux modèles III et IV de chars d’assaut, cruciaux dans la victoire allemande en Pologne puis en France.

85 ans plus tard, des frissons d’histoire parcouraient le centre de Servel.

Table 1, dite « Domination implacable » : Retour vers le passé pour Jack Xel et Dom qui jouent à Agricola comme au temps de Saint-Elivet. L’occasion pour Jack de rappeler que c’est un jeu qu’il apprécie et maîtrise. ll donne une leçon aux deux autres, score bien partout et finit, seul avec 5 paysans, avec 51 PV devant Xel 33 et Dom 31.

Table 2, dite « Armistice à conquérir » : Arakis attire plusieurs victimes dans les filets de Dwellings of Eldervale. Un jeu qui fait sa première apparition sur nos tables et où l’armistice est un mirage perpétuel à conquérir. De cette joute, l’issue nous reste incertaine.

Table 3, dite « Trop peu, trop tard » : Thomas, Mickaël et François revisitent l’histoire à Black orchestra. Chacun échoua à son complot, et, s’il fallut attendre la dernière carte pour que la défaite soit scellée officiellement, le ver était dans le fruit depuis longtemps.

Table 4, dite « Paix fragile » : à Marvel champions, François-René et quelques comparses s’essaient à une paix fragile.

The epic big box game from designer Luke Laurie that brings engine building and worker placement to a whole new world filled with monsters and magic.

Séance de VENDREDI 22/09/2023 à Servel

La république française est proclamée le 22 septembre 1792. Sans pompe et sans solennité : simplement par un décret de la Convention qui stipule qu’à compter de ce jour les actes publics seront datés « de l’an un de la république ». La prudence des conventionnels s’explique : depuis les premiers jours de la Révolution, l’idée d’un changement de régime a eu bien du mal à faire son chemin, même parmi les adversaires les plus acharnés du roi.

En 1690, dans son Dictionnaire universel, Furetière le définit en ces termes : « État ou gouvernement populaire. » Et il ajoute : « Les plus florissantes républiques ont été celles de Rome, d’Athènes et de Sparte. Aujourd’hui, il n’y a guère de vraie république, dont le gouvernement soit absolument populaire ; les Vénitiens et les Génois appellent leurs États républiques, quoique leur gouvernement soit oligarchique et entre les mains des nobles. » Au XVIIIe siècle, la plupart des philosophes qui critiquent, au nom des Lumières, les institutions et la société de leur temps mettent en cause non le régime monarchique, mais l’absolutisme et, s’appuyant notamment sur l’exemple anglais, préconisent une monarchie tempérée par l’existence de contre-pouvoirs. Même Jean-Jacques Rousseau, partisan de la république directe, estime qu’un tel régime, applicable jadis dans les cités grecques ou aujourd’hui à Genève, est difficilement transposable dans les grands États modernes. Tout au long du XVIIIe siècle, le mot restera d’un usage limité, désignant soit un régime qui n’est pas monarchique mais populaire, soit une organisation quelconque, comme la république des Lettres.

En cet autre 22 septembre, la République de Parties Civiles tenait son Assemblée Générale. On s’y informa (un peu), on vota (beaucoup), on but un coup au nouveau CA (à la folie), et puis on joua (passionnément).

Table 1, dite « Inégaux devant la loi » : Soirée en pente douce pour accueillir Erwan, notre nouveau membre, avec le réconfortant Cascadia, où l’on protège les animaux tout en construisant la nature. Adrianne l’emporte dans un mouchoir de poche avec 82, les autres terminant entre 81 et 76 : Franck, stratégie Ours à fond, Erwan, champion des wapitis, et François, majoritaire sur 3 des 4 territoires mais qui voit échapper la victoire sur une erreur de règle Saumon qui lui coûte 12 PV.

Table 2, dite « En sortir » : cette table joyeuse et vocale réunissait Mickaël, Samuel, Adélie, l’ex-Picsou, Olivier L et Paul à Dig your way out. Ils ont eu plus de facilité à s’en évader que la France à sortir de la monarchie.

Table 3, dite « Longue histoire » : Jérôme, Élie, Olivier B et Nico77 se lancent dans un Marvel champions. L’issue nous en est restée incertaine.

Table 4, dite « Bleu horizon » : à Wingspan, ni Fred ni Olive n’était un bleu, mais on a bien vu un bleu affronter un un joueur en bleu, et il se dit que Olive n’y a vu que du bleu.

Table 5, dite « Délibérations fructueuses » : Nastassia, Marie-Anne, Xel, Benjamin, F-R et Dom se plongent (c’est le cas de le dire) dans « l’affaire Spartacus », un des scénarios de la boite Bureau of Investigation Enquêtes à Arkham & autres contrées. Le jeu est un descendant de Sherlock Holmes Detective Conseil transposé dans l’univers de Lovecraft. Et les règles changent pour cette aventure : plutôt qu’enchaîner les visites en dialoguant entre joueurs, il a fallu passer quelques heures à lire au préalable un volumineux dossier qui doit nous permettre d’identifier une personne parmi 5 prisonniers qui dissimulent leur identité. Le contexte est le village de pêcheurs d’Innsmouth où depuis un bon moment déjà le culte de Dagon s’est développé, non sans quelques conséquences sur l’aspect et l’hygiène corporelle des habitants…

Le travail d’équipe a été excellent, chacun(e) amenant sa contribution en mettant en avant et pesant un détail glané dans les compte-rendus et les photos (chapeau pour le berceau fleuri !). Efficacement et avec un bel ensemble on élimine 3 suspects et il reste à choisir entre les deux restants, sachant que le jeu nous permet de nous rendre à leur lieu de détention pour une ultime et unique rencontre. En nous appuyant sur deux infimes intuitions relevées par Marie-Anne et Nastassia nous finissons après moult palabres par choisir le bon personnage. A la lecture de la solution nous réalisons que nous avons raté une idée sur comment mettre à jour la vérité mais qu’importe, nous célébrons notre contribution à la défaite de Ceux des Profondeurs.

Table 6, dite « Manipulations volontaires » : un Fiesta de los muertos clôt cette soirée, avec son lot habituel de manipulations qui font dévier les indices de leur trajectoire, à l’image de l’enchaînement Sorcier – Vaudou – Poupée – Tissu.

Séance de VENDREDI 25/08/2023 à Servel

Le 25 août 1944 c’est la libération de Paris après une semaine de combats. Ceux-ci ont eu lieu essentiellement en surface, mais c’est en égrénant le nom de stations de métro que nous allons narrer la soirée Parties Civiles qui se tint 79 ans plus tard à bonne distance de la capitale.

Table 1, dite « La Fourche » : Qui veut du classique et du rustique ? « Moi ! » répondent Xel, VHN et Baptiste2 qui sortent derechef Agricola. Pas de draft pour ne pas traîner, en fait la partie a avancé à bon rythme. Baptiste joue en premier et fait main basse sur toutes les ressources qu’il peut capter. Il s’oriente vers l’élevage, utilise ses stocks de bois pour clôturer des pâtures et édifier des étables. C’est aussi le seul à améliorer sa ferme en pierres. Xel joue équilibré entre élevage et culture mais pâtit d’avoir tardé à agrandir sa famille. Dom, privé de ressources, se rabat sur ses cartes : ayant repéré quelques combos il enchaîne les mises en jeu d’Aménagements et de Savoir-Faire et prépositionne argile et repas sur les cartes des tours futurs tout en chipant du bétail qu’il installe dans toutes les pièces de sa bicoque ou rôtit au vol. Bien aidé par ses visites régulières à l’action « Premier Joueur » il est le seul à finir avec 5 fermiers et se lance dans l’élevage dans un rush final. Au décompte ses 17 PV issus des cartes font la différence : il l’emporte avec 55 PV devant Baptiste 37 et Xel 34. Mais, il y a un mais, nous n’avons pas appliqué correctement la règle sur les récoltes, ces scores sont un peu surévalués.

Table 2, dite « La Défense » : Nico77, OlivierB et François-René font un Marvel Champions. Ils pratiquent la défense et l’attaque et prennent le meilleur sur le méchant Rhino en jouant CaptainAmerica, DrStrange et SpiderWoman.

Table 3, dite « Poissonnière » : Arrakis, Gilles et François se plongent dans Underwater Cities. Voici les notes de notre reporter infiltré en eaux troubles.

De Vladimir Suchy, auteur prolifique de League of six à Woodcraft, on n’attendait pas moins, eu égard à son patronyme, qu’une aventure sous les mers. Voici donc Underwater cities, fièrement apporté par Arakis, qui le vend comme un « Terraforming Mars marin ». On voit l’idée, car il s’agit ici de construire son petit chez-soi subaquatique, cités, usines, tunnels qui les relient. Ici, toutes les actions sont basées sur une main de cartes, qui permettent de positionner ses ouvriers (des sous-marins) en fonction de couleurs. L’ensemble paraît complexe mais se révèle vite très abordable. Les interactions se limitent à l’occupation des emplacements, qui peut se révéler tendu, car sinon chacun se concentre sur son plateau personnel,  avec un œil sur les voisins pour les objectifs de fin de partie. Le calcul final voit la victoire d’Arakis avec 106 PV, grâce à ses multiples cités bioclimatiques. Gilles, 100, et François, 83, n’ont pas démérité dans cette table de haute tenue et au long cours.

Table 4, dite « Ecole Militaire » : A Twilight Struggle on retrouve les mêmes dans des rôles inversés (Mickaël bloc de l’Est et Axel Occident) avec le même résultat à mi-partie, une victoire de Mickaël qui s’est jouée au Moyen-Orient.

Table 5, dite « Bourse » : Neox et Stéven inaugurent Disney Lorcana, un jeu de cartes à collectionner (de la famille des Magic etc.) plutôt fait pour jouer à deux. Derrière il y a du lourd, tout le poids marketing et l’attrait des univers Disney et les moyens du gros éditeur Ravensburger. Le genre de jeux qui ponctionne la bourse si on accumule les achats de boosters dans l’espoir d’une carte rare. On gagne en collectant 20 points de Lore que certains personnages peuvent produire. Contrairement aux autres JCC le combat n’est pas au centre du jeu : l’idée est plus de ralentir l’autre joueur, après tout on vise un public large et familial. Selon un critique on a là un mi-chemin entre la complexité de Magic et la rigidité de Pokémon, et les moyens ont été mis pour avoir un jeu de qualité mécaniquement et visuellement. Pour cette première sortie, il y a eu 9 (!) parties de jouées et 8 (!) victoires de Stéven.

Table de fin, dite « Gaîté » : Trois manches de Codenames pour des Rouges (François, Mickaël et VHN) et des Bleus (Xel, Axel, Gilles, F-R) pour une fin de soirée dans la joie. La première est laborieuse avec des indices en 1 ou 2 et une Poule et un Pigeon qui se gênent. Les Bleus révèlent des mots rouges et Dom n’a pas à forcer son  talent pour mener son équipe à la victoire. F-R et François s’avancent pour une seconde manche écourtée par une visite à l’assassin : Satanas a bien envoyé sur Fou et Course mais le dernier mot n’était pas Essence et encore moins Casse. La dernière manche est la plus disputée avec Gilles enchaînant les indices en 3. La victoire se joue sur le « Palette 2 » de Mickaël : les Dupont & Dupond commencent à rechercher des mots en relation avec la peinture puis se raccrochent à Ecran (palette de couleurs…) quand la lumière jaillit : c’est Planche pour l’humble palette en bois des logisticiens. Encore une hésitation (les Liens qui attachent les colis ? mais non c’est en général un film plastique) et ils s’accordent sur Feu qui fournit le bouquet final de la victoire 3-0 des Rouges.