Sortie de SAMEDI 16/10/2021 au TRUC Café

Le 16 octobre 708, au temps des rois mérovingiens, si l’on en croit le récit d’un moine du haut Moyen Âge, un évêque d’Avranches du nom d’Aubert dédicace un sanctuaire en l’honneur de l’archange Saint Michel. Ce sanctuaire est situé sur le mont Tombe, au milieu d’une vaste baie ouverte sur la Manche.

A Lannion, exactement 1313 ans plus tard (quel nombre maléfique !), un nouveau sanctuaire vient aussi de voir le jour. Comme son illustre prédécesseur, il est situé dans les hauteurs, pas très loin de la mer (à vol d’oiseau), mais son archange se nomme Lucas, nouveau et heureux gérant du Truc Café. On y vénère deux Dieux: le jeu et la bière. Mais pourtant, la première boisson qui y fut servie officiellement fut un cidre !

Bon, d’accord, ce n’était pas une séance officielle de Parties Civiles. Mais ses membres étaient là, dès l’ouverture de 17h. Non, on plaisante, en fait, ils ont traîné en route, ils ne se sont présentés qu’à 17h08. 1708, mille ans après la consécration du Mont Saint-Michel ? Cela commence à faire beaucoup de coïncidences.. Mais quelque chose me dit que, entre le Truc Café et Parties Civiles, les coïncidences ne sont pas près d’en finir !

Table 1, dite « A jamais la première » :  Last Message, c’est un party game addictif et malin dans lequel une victime tente de mettre les enquêteurs sur la piste du coupable, dissimulé parmi la foule, et qu’il faut retrouver à la faveur du dernier message laissé par la victime (mais que l’assassin peut maquiller quasiment à sa guise !). C’est un cocktail de fun, déduction, rapidité, observation et dessin, qui invite de 3 à 8 joueurs à incarner des rôles différents, tous aussi excitants à jouer. Enfin, surtout quand ils ont des bonnes lunettes parce que la carte c’est quand même écrit petit (doubles foyers s’abstenir) ! Neox, Véro (victime et assassin à tour de rôle), Xel, François, Dom et un jeune inconnu étaient de cette séance inaugurale au thème paradoxal, puisque c’était plutôt le First message que s’envoyaient PC et le Truc Café !

Séance de VENDREDI 15/10/2021 à Servel

Le 15 octobre 1783 s’élève pour la première fois une montgolfière -un ballon à air chaud- avec un humain à son bord, Pilâtre de Rozier. Ce vol-là est captif mais dès le 21 novembre il fait un vol libre (25 minutes entre la Muette et la Butte aux Cailles en atteignant 1000 m d’altitude) avec un passager qui se contente d’observer, le marquis d’Arlempdes (comme quoi Elon Musk n’a rien inventé). A noter, il y avait concurrence technologique entre l’air chaud et l’hydrogène poussé par le physicien Alexandre Charles qui avait fait voler un petit ballon un mois plus tôt (pour la petite histoire c’est un autre 15 octobre, en 1928 que le premier vol commercial transatlantique arrive à destination, celui du dirigeable LZ-127 Graf Zeppelin gonflé à … l’hydrogène). On se souviendra aussi que ce proto-transport aérien était renouvelable, utilisant le coton, le papier, l’osier et des cordes végétales pour l’aéronef, et la paille et la laine comme combustible. C’est plus tard que cela s’est gâté. 238 ans plus tard le temps a suspendu son vol le temps d’une soirée.

Table 1, dite « Récriminante » : DocNico apporte Daimyo, attirant à sa table Xel, François et F.R. Ce jeu issu de Kickstarter connaît déjà un beau succès d’estime, et se révèle à la fois riche et fluide. Dans un univers post-apo vaguement japonisant, plusieurs chemins s’offrent aux différents peuples : récolter des reliques, construire des tours radio ou des fermes, et être le plus influent dans chacun des villages, une récompense attribuée à chaque tour et, élément crucial, dont le poids augmente à chaque tour. Chaque peuplade a ses capacités propres et un subtil mécanisme de dès colorés permet de se placer sur les actions, tout en jouant des cartes bonus selon le résultat des dés. Un double mécanisme très efficace quand on arrive à le maîtriser. La gestion de l’ordre du tour revêt une importance certaine, on y reviendra. Etre premier joueur, c’est avoir le meilleur choix de dès, mais aussi ne rien maîtriser sur l’occupation finale dans les villages, qui déterminent la position sur la piste d’influence.

Au début, François entame une razzia sur les reliques, sans négliger ses positions, envoyant ses ombres faire le sale boulot de neutraliser des gouverneurs adverses. F.-R. fait figure de victime expiatoire, chouine à l’envi en se proclamant victime d’une vendetta personnelle, et clame avoir déjà perdu parce qu’il n’a pas tiré le bon peuple. Cette double fake news ne résistera pas à l’examen : il aurait gagné la partie s’il n’y avait eu un dernier coup venu d’ailleurs, on y reviendra aussi. En attendant et à défaut de reliques, il fait feu de tout bois sur les constructions, réalisant l’exploit de construire ses huit bâtiments et d’être partout dans les villages. Pendant  ce temps, DocNico combotte dans son coin avec ses cartes héros et Xel accumule les productions de bols de riz  et donc arrive le dernier tour. François longtemps premier sait déjà que sa position flatteuse à la table de marque ne résistera pas au jugement dernier des bonus de fin de partie, mais veut y croire. Il reste deux dés rouges, qui permettent de dépêcher un nombre infini (point de règle crucial !) de ses gouverneurs. Il paraît évident que F.-R. en prendra un, et plausible que Doc Nico  s’en adjuge un autre, privant Xel, qui joue en dernier, de l’action fatale. François s’emploie à utiliser un dé vert qu’il fera bien fructifier. Contrairement aux attentes, Doc Nico fait de même, laissant la voie libre à Xel, qui, lors de l’ultime action, déploie 7 gouverneurs d’un coup, à la faveur d’un stock de riz inouï accumulé tout au long de la partie.  « Erreur stratégique impardonnable » s’étrangle le Doc, qui a pourtant joué un  dé vert !!  Xel 87, F.-R. 72, Doc Nico 68, François 62 dira la table de marque.

Table 2, dite « Pensante » : Frank, Fred et Nicolas II s’essorent les neurones avec les déductions de Cryptid, puis jouent à un prototype de Frank provisoirement nommé My Last Secret Dungeon. Selon les mots mêmes de l’auteur « ce n’est pas un jeu de bonnes soeurs (parcours, cartes, coup bas et autres vacheries). Il tourne plutôt bien, je suis assez content du test ».

Table 3, dite « Revenante » : Retour d’un grand classique (pas joué depuis 3 ans) avec une partie de Troyes enrichi des cartes de ses extensions Les dames de Troyes (officielle) et Black Champagne (fanmade) rassemblant Guillaume, Dom Neox et Anthony. Un jeu de gestion suscitant plus d’interaction que la moyenne avec le mécanisme excellent de la constitution de lots de dés, y compris à l’aide de ceux des autres joueurs (que l’on rémunère pour, rien n’est gratuit). Au terme du placement initial, Dom se retrouve en force à l’évéché et oriente son jeu pour en tirer quelques deniers. Neox combat un bon paquet d’événements tandis que les deux autres explorent les différentes voies (activités, cathédrale etc.). Au milieu de la partie, alors que les positions dans les 3 bâtiments (hôtel de ville, palais et évêché) étaient stables, on commence à se dégager les meeples tandis que tous les joueurs disposent d’assez de deniers pour ne pas trop crier famine. Dom se distingue par son effacité dans la relance de ses dés (e.g. transformant un 2 en 1 !). Au terme des 6 manches, la révélation des personnages (objectifs de scoring secrets mais qui profitent à tous les joueurs, autre idée astucieuse) créée quelques heureuses surprises (Neox valorises ses cartes Evénement grâce au perso de Guillaume et Dom valorise sa pile de deniers grâce au perso de Neox). Dans l’ordre sur la feuille de score : Dom 50 PV, Neox 43, Guillaume 42 (un nombre qui l’a réjoui !) et Anthony 26.

Table 4, dite « Ensevelissante » : Paul-Jr, Mickaël et Baptiste-II ont joué à l’Auberge Sanglante où le tavernier a une tendance à occire ses clients et les enfouir dans le potager. Baptiste signe son retour d’une victoire avec 129 PV contre 117 à Mickaël et 105 à Paul.

Table 5, dite « Ruisselante », Olive OlivierB OlivierL Samuel découvrent l’Antre du roi de le montagne. Le thème est improbable : des Trolls doivent reconquérir leur montagne que des Gobelins usurpateurs ont fait s’effondrer en creusant des tunnels, construisant des salles et érigeant des statues (en fait ça me fait penser au chantier du Grand Paris Express). Une invention dans le mécanisme : un système de pyramide de cartes où en en ajoutant une par le haut on déclenche en cascade la production de celles qui sont en dessous, version ludique de la théorie du ruissellement ! On retrouve sinon des éléments habituels d’un jeu de gestion : optimisation des ressources, planification des actions et course avec les autres joueurs. C’est OlivierL, avec 112 PV, qui est couronné roi des Trolls devant OlivierB (94), Samuel (79) et OlivierT-dit-Olive (50).

Table 6, dite « Hésitante » : des joueurs fatigués finissent sur une partie monomanche de Codenames. Le maître-espion Bleu (Vincent) a du mal à guider ses ouailles (Maiwenn & Guillaume) : son Morpion 2 d’ouverture révèle Puce puis (assez logiquement mais il visait Bout) Membre, et en fin de partie Droite (à cause du jeu). Quant à son Cognac 4, c’était une vraie histoire en images : après la distillation du vin (Feu) il fallait voir la Bouteille transportée en bateau (Cale) vers l’Angleterre (Londres) où cet alcool était autrefois fort apprécié. Bien sûr son équipe a choisi Fut. De son côté, Dom, en chaire pour les Rouges (Fred & Neox), file la métaphore skieuse avec Télésiège 4 (Neige, Banc Appareil et Roue) puis Bâtons 2 (Fond, Plante -cher à JC.Dus-) et encore Virage 2 (Crochet et Droite qui restera incompris et sera finalement révélé par les Bleus). Au final les Rouges l’emportent en finissant à un train de sénateur (Boeuf 1 pour Pavé puis Veau 1 pour Fond). Encore un signe de fatigue, on a pu croire à un moment que ce seraient les Blancs qui gagneraient vu qu’ils dominaient sur la grille !

Séance de MARDI 12/10/2021 à Servel

Le 12 octobre 1999, selon une estimation des démographes de l’ONU, la population de la Terre a franchi le seuil symbolique de six milliards d’êtres humains vivants. Le secrétaire général, Kofi Annan, a décerné à un nouveau-né de Sarajevo l’honneur d’avoir franchi le premier ce cap symbolique. La barre du premier milliard a été franchie vers 1850 et, au début du XXe siècle, la population mondiale s’élevait à 1,6 milliard d’êtres humains dont environ un quart d’Européens. Ils sont 10% aujourd’hui.

A Lannion, 22 ans après, quelques terriens en détresse lançaient des SOS, cherchant à utiliser l’agriculture, à terraformer Mars, à explorer des ruines, ou encore à piller la mer du Nord.

Table 1, dite « Exubérance technologique » : nous accueillons un nouvel et jeune adhérent, Steven, volontaire pour un jeu en forme découverte. Mais à Parties Civiles, on n’est pas là pour beurrer les tartines. Le voici donc embarqué dans du lourd, un Terraforming Mars mené au pas de charge par Lucas, qui s’impose avec 125. François a vaillamment résisté, mais victime d’un placement trop tardif, échoue à 90. Notre nouvelle recrue culmine à 64, mais a apprécié l’expérience. On doute que la colonisation des planètes lointaines soit un remède à la surpopulation mondiale, mais les voyages forment la jeunesse, dit-on.

Table 2, dite « Invasions barbares » : A Pillards de la mer du Nord, Vincent, 52, a dominé d’une courte tête Arthur, 47,  et Camille, 43 dans un esprit très fair play selon cette dernière. On n’en n’attendait pas moins d’un brigand chevaleresque.

Table 3, dite « Au-delà de la viande » : Pour nourrir la population de la planète, il faudra dépasser la viande, nous dit-on. Mais ne pas non plus négliger l’agriculture, et c’est le retour d’un grand classique (pas joué depuis 2 ans) qui renter dans le thème du jour, avec une partie d’Agricola enrichi du retour de Marie-Anne, qui, spécialiste réputée de cet incontournable de nos tables, cède pourtant le pas, avec 31, à Xel (35). Les gentlemen n’ont pas été très farmer, Gilles culminant à 18 et Olive à 16.

Table 4, dite « Le présent du passé » : Après deux parties appréciées mais entachées d’une erreur de règle, revoici les Ruines perdues de Narak. Pour ce troisième opus le plateau est relevé avec sur la ligne de départ Neox, DocNico, Dom et Florian. Neox, instruit par ses précédentes parties, choisit de faire le course en tête sur la piste d’exploration du temple perdu et se goinfre de ses ressources-bonus. Le Doc (avec le fameux assistant qui donne une ristourne sur les achats) se constitue une main plantureuse et utilise encore et encore ses icônes grâce à la carte qui va bien. Dom, grâce à un assistant qui produit des sous, épargne ses cartes en affrétant un avion pour voyager et affiche 4 Gardiens (= monstres) à son tableau de chasse tout en parvenant à arriver en second au temple perdu. Au terme des 5 manches la feuille de score donne un Dom détaché avec 74 PV, suivi de Neox avec 49 et Doc avec 47. Au final tout le monde a apprécié ce jeu qui tourne bien et on a entendu des appels à le ressortir très bientôt (on pourrait même essayer le verso du plateau de jeu qui permet de renouveler les parties).

Séance de VENDREDI 08/10/2021 à Servel

C’était la semaine des prix Nobel. Celui de Chimie, pour l’invention simultanée dans deux labos de la catalyse organique asymétrique est un exemple de belle science qui se diffuse dans l’industrie. Celui de Médecine, pour l’élucidation des mécanismes de la sensibilité au chaud et à la pression, sera apprécié par ceux et celles qui poussent des cubes en se faisant chauffer le cerveau. Quant à Katalin Karikó et Drew Weissman qui ne l’ont pas eu pour leurs travaux sur l’ARN messager, ce n’est qu’une question de temps.

NB : l’étourdi petit reporter ayant égaré ses notes, il invite à la tolérance vis à vis des éventuelles erreurs ou approximations qui pourraient suivre.

Table 1, dite « Heavy Vital » : Du riche, du lourd et du long (2h du matin ?) avec On Mars auquel s’attaquent Xel, Christophe, Mickaël et OlivierB. Les scores sont étonnament serrés au terme de la partie : 81 PV pour Xel à qui un ultime bonus permet de coiffer Xof (80) qui semblait devoir s’imposer, Mickaël et Olivier suivant avec 77.

Table 2, dite « Canal fatal » : Plusieurs jeux de Stefan Feld plus ou moins épuisés, dont le fameux Macao, seront prochainement réédités. Dans la liste il y a Bruges, un jeu poids-moyen où on se construit un tableau à l’aides de cartes multi-usages, et avec juste ce qu’il faut d’événements déplaisants (conséquence maligne du tirage des dés en début de manche) et de croche-pied aux autres joueurs pour ne pas en faire un exercice d’optimisation. Dom y guide Marie-Anne, Neox et Vincent. Le premier aura beaucoup pesté, voire couiné quand Vincent barbote les 3 sous qu’il avait gardés pour améliorer sa réputation en début de manche. Neox joue à fond la carte des canaux, Marie-Anne développe son tableau et Vincent fait un peu de tout. Au final, c’est surpris que VHN (limite drama queen quand même), ayant négligé les canaux, la réputation et les badges d’excellence finit en tête avec 54 PV, grâce à une dernière carte lui ajoutant 8 points. Suivent Neox , Marie-Anne et Vincent avec une bonne quarantaine de points.

Table 3, dite « Marche triomphale » : 3 joueurs de Paladins du royaume de l’Ouest agrémenté de son extension City of crowns : Baptiste, Stéven et Olive. Forcément on se dit que les premiers partent avec un avantage puisqu’ils y ont joué peu avant, mais Olive affirme connaître, même pas peur. C’est pourtant Stéven qui s’impose avec un score implacable.

Table 4, dite « Quadrilatérale » : Deux têtes récentes, Adriane et Marianna, et deux têtes venues voir, Aline et Fathia, pratiquent la géométrie sous le signe du carré. Elles commencent par enchaîner 2 Azul remportés successivement par Adriane puis Marianna. Elles concluent par un Kingdomino qui couronne une joueuse.

Table 5, dite « Temps des cathédrales » : une partie des Architectes du royaume de l’Ouest (la passe de deux pour Shem Phillips) regroupe Fabrice, Fred, Samuel et Vladimir, un nouveau venu déjà expérimenté en jeux (amateurs du Trône de Fer, passez-lui un mot sur Discord). C’est Samuel qui, menant à la fois sur la construction de la cathédrale et la piste de vertu, est canonisé.

Table 6, dite « Bouquet final » : Comme au bon vieux temps, on fusionne les tables 2 et 5 pour conclure sur un Codenames, cela se mange sans faim pendant que les tables 1 et 3 jouent encore et encore. Côté Rouge, juste Fred et Dom, comme ça pas de palabres au sein de l’équipe. En face, les Bleus alignent Vincent, Fabrice et Marie-Anne.

Séance de MARDI 05/10/2021 à Servel

Le 5 octobre 1914 voit se dérouler le premier combat aérien de l’histoire : un biplan Voisin III français équipé à titre expérimental d’une mitrailleuse sur trépied servie par l’observateur de bord repère un Aviatik B.1 allemand et s’en approche à une dizaine de mètres. Tirant au coup par coup compte tenu de la fiabilité douteuse de son arme, Louis Quenault a besoin d’une quinzaine de minutes et 47 balles avant de voir l’appareil ennemi piquer vers le sol. On savait prendre le temps à l’époque. 107 ans plus tard, on observa à Servel un double plan jeu.

Table 1, dite « Triplan, ou plan à trois » : On retrouve les Ruines perdues de Narak avec deux joueurs ayant découvert récemment (Neox et Dom) et un troisième rapidement mis au parfum (Vincent). Après l’erreur de règles de jeunesse de l’autre mardi (il faut payer le coût de déplacement y compris quand on va découvrir un nouveau lieu), cette fois on maîtrise. Intéressant : à 3 joueurs certaines cases produisant des ressources sont bloquées, on a eu bien eu mal à récupérer des parchemins et dans cette configuration on peut être tentés d’aller explorer tout de suite (comme l’a fait Neox) pour ouvrir de nouvelles zones de placement/production. Chacun son approche, Dom et Vincent se font la course à la conquête du temple perdu tandis que Neox se concentre sur la version locale de porte/monstre/trésor. Vincent se lance très tardivement dans la découverte de lieux mais cela lui réussit plutôt. Au final les positions sont détachées avec 94/71/60 PV pour Dom/Vincent/Neox mais il s’avère immédiatement qu’à l’insu de son plein gré (un autre joueur lui assurant que c’était bien la règle) le gagnant a trop utilisé son assistant lui donnant une réduction sur les cartes achetées. Son score a donc été anormalement gonflé par les points des cartes et les effets à l’achat en excès dont il a bénéficié. Il va donc falloir se retrouver un autre mardi pour jouer enfin en respectant les règles. A moins que le dicton « jamais deux sans trois » ne se pointe ?

Table 2, dite « Bon vieux temps » : Les classiques sont de sortie, à la grande joie de Xel, Olive et Florian qui (re)découvrent Navegador. Un jeu sans plastique comme les éditeurs allemands savaient en faire « avant » (avant 2012/avant Kickstarter/avant le COVID/avant que la production parte en Chine etc., ne laissez pas de vieux grognons rédiger les CR !). Le plaisir a été au rendez-vous, chacun explorant sa voie stratégique. C’est Xel, axée sur les colonies, qui finit en tête d’une feuille de score bien groupée entre 60 et 70 PV.

Séance de VENDREDI 01/10/2021 à Servel

Parties Civiles retrouve décidément l’ambiance « d’avant ». Ce vendredi là on y a vu une demi-douzaine de tables dans 3 salles, des adhérent(e)s récents ou anciens, des nouveautés (Bonfire, Paranormal Detectives) et des jeux bien connus (Terraforming Mars). Mais aucun reporter acrédité (ou pas) n’a couvert cette soirée qui restera comme un bon moment dans les mémoires de tous les présents.

Séance de MARDI 28/09/2021 à Servel

C’est justement le 28 septembre 1958 que De Gaulle invite les Français à voter au référendum pour la constitution d’une nouvelle république (la Vème, celle taillée sur mesure pour lui !). Le hasard fait qu’en 2021, c’est également ce jour qu’a choisi le président de Parties Civiles, avec l’appui de son acolyte du ministère de l’intérieur pour inviter l’ensemble des convives de la soirée autour d’une seule et unique table de Coloma en mode 6 joueurs (configuration hautement déconseillée par les connaisseurs du jeu pour ses lenteurs). Coloma pour ceux qui se posent la question c’est une petite bourgade de californie qui sent bon le Far-West! Et ca tombe bien, car ici on va chevaucher entre diligence, bandits, et pépites d’or.

Coloma

Dans Coloma, les joueurs incarnent un pionnier venu faire fortune en prospectant mais aussi en développant son petit business. Tel le général De Gaulle pour la Vème république Française, on est typiquement sur un jeu « salade de points » comme l’aime votre président, il n’aura donc pas de mal à s’imposer face aux coriaces bandidos (Xel, Florian, Vincent, Olive et Jéjélastrat) de l’association.

Puis comme c’est moi qui écrit l’article, j’ai le droit « pour une fois » et en toute modestie de dire que j’ai roulé sur mes camarades notamment avec de juteux contrats de fin de parties !

Séance de VENDREDI 24/09/2021 à Servel

Le 24 septembre 911, les principaux seigneurs allemands offraient la couronne de Germanie à l’un des leurs, Conrad de Franconie. Un acte fondateur qui marque la naissance de l’Allemagne. Car ce faisant, ils rompent définitivement avec la dynastie carolingienne issue de Charlemagne, qui régnait des deux côtés du Rhin, sur la France, la Belgique et l’Allemagne actuelles.  L’élection de Conrad Ier met un terme à dix ans de conflits successoraux inaugurés par la mort d’Arnoul de Carinthie. Il descendait de Charlemagne, mais son rang de naissance ne lui conférait aucun droit légitime à une couronne et lui valait de fortes oppositions à l’intérieur même de ses terres. Il y remédie à la veille de sa mort, en 901, en transmettant la couronne de Germanie à Louis IV L’Enfant, le représentant légitime des Carolingiens.

Mais quand meurt à son tour Louis IV L’Enfant, dix ans plus tard, les seigneurs allemands ne veulent plus avoir affaire aux piètres descendants du grand empereur et refusent de reconnaître pour roi son héritier légitime, Charles III Le Simple. C’est ainsi qu’ils s’unissent autour de Conrad de Franconie. En 918, sur son lit de mort, Conrad Ier désignera pour successeur le duc Henri de Saxe, dit l’Oiseleur. Le fils de ce dernier, Otton, réunit l’Allemagne et l’Italie en son pouvoir et fonde le Saint empire romain. Deux générations plus tard, à Paris, les seigneurs de Francie occidentale portent Hugues Capet à la royauté. Ses descendants vont régner sans discontinuer sur le pays jusqu’en 1792.

Avec Hugues Capet, c’est la fin du Regnum francorum, le royaume des Francs fondé par Clovis quatre siècles plus tôt et relancé par Charlemagne, et son immense prestige. Le pape Grégoire Ier écrivit ainsi à Childebert II, roi des Francs d’Austrasie: « Autant la dignité royale élève au-dessus des autres hommes, autant votre dignité royale franque vous élève au-dessus des royautés des autres nations ». À sa place émergent deux ensembles nationaux promis à un grand avenir, la France et l’Allemagne, l’un enclin à incarner la marche en avant du monde, et l’autre qui, meurtri par l’histoire, œuvre à son propre effacement du concert des nations.

Mille cent et dix années ont passé, et, en cette fin de semaine, le destin de Parties Civiles n’avait point basculé. Son président débonnaire continuait un règne paisible sous le regard attendri de ses administrés. L’Assemblée générale n’avait pas bronché, le reconduisant sans barguigner pour un nouveau mandat, tandis que l’Allemagne peinait à se choisir un nouveau guide. Les statuts, comme la constitution allemande, n’imposent pas de limite. Seule l’usure du temps ronge les âmes des gardiens du temple.

DefaultTable 1, dite « A l’allemande » : La couronne d’Emara est un jeu qui tourne très bien, très Allemand (Pegasus Spiel). Pas de surprise à l’horizon mais une mécanique bien huilée, froide et avec peu d’interaction. A chaque tour, des événements aléatoires ont lieu. Ces événements ainsi que le jeu de la carte apportent une part d’aléatoire qui peut déranger mais qui s’intègre bien dans le jeu et qui lui apporte une certaine saveur. Ses protagonistes incarnent des prétendants au trône du roi Theodorius, qui se fait vieux et cherche un successeur. Il s’agit de démontrer que vous êtes le meilleur à développer le royaume en augmentant la population tout en offrant un toit à chaque citoyen. Un jeu pas si facile à appréhender et à planifier, et c’est Tristan, venu pour l’occasion, qui le dit et finit dernier ex-aequo ! Adriane a déjoué ses plans, dominant également, façon rouleau compresseur, Olive pour son grand retour, et Samuel !

Table 2, dite « Blitz Frieden » : à cette table, Frank propose deux jeux pas trop longs et coopératifs, visant une paix éclair. François le jeune, un jeune adhérent qui rejoint nos tables, en est, tout comme Guillaume et Anthony, qui lui aussi fait son grand retour. Ils furent victorieux à Top ten mais échouèrent à Deckscape.

Table 3, dite « Trois couleurs mais lesquelles » : Des élections allemandes, il est attendu une coalition à trois couleurs, reste à savoir lesquelles. A Everdell, ce n’est pas les couleurs qui manquent à la forêt et ses petits peuples. Les candidats de la soirée sont Paul, Yona, Christophe et Dom. Le premier, connaissant bien le jeu et ses combos, part favori et fait couiner Dom dès le début en achetant avant lui la paire de cartes qu’il convoitait. Le jeu est intéressant par le rythme autonome de chaque joueur qui franchit les saisons. Dom, à contretemps, finit bien avant les autres sans avoir trop profité des bonus de fin de saison. Les 3 autres prennent le temps d’optimiser leurs constructions, Paul et Christophe finissant avec un tas de ressources impressionnant et étant les seuls à atteindre la limite de 15 cartes dans leur village. Mais c’est le novice, profitant en particulier des couples Husband/Wife des autres joueurs, qui finit en tête avec 68 PV contre 63 à Paul. Dom (45) et Yona (35) ne peuvent que promettre qu’ils feront mieux la prochaine fois. Leçon pour ce soir : démarrer par des bâtiments de production permet à la fois de les utiliser plusieurs fois et de récupérer gratuitement la bestiole associée.

Table 4, dite « Mission sacrée » : à la table de Fuji Koro, on vit une aventure a l’intérieur du mont Fuji, sur le point de rentrer en éruption. Le Shogun vous charge, braves Samourais, de sauver les parchemins sacrés et plans pour armes magiques qui se cachent à l’intérieur du volcan. Olivier B. termine premier après avoir fait exploser le volcan, devançant, dans cet ordre, le petit Paul, Olivier L. et Mickaël.

Table 5, dite « Wir schaffen das » : F.-R. termina « épuisé », c’est le terme officiel, cette partie de Aeon’s end, qui fut quand même gagnée car ses partenaires, Elouann, Camille et Maïwenn, en ressortirent intacts. Eux aussi, ils y sont arrivés.

Table 6, dite « Oder-Neisse über alles » : dans l’aquarium, Jack, lui aussi de retour, avait déployé les grands oripeaux de The edge: Downfall. De cet exercice de style pour figuriniste (ou se mêlent tous les styles), Michal Oracz a fait un jeu d’escarmouche musclé et violent, où la taille des figurines n’est pas seulement de la décoration mais ancrée au cœur des mécaniques. On sent bien la patte du créateur de Neuroshima Hex, auquel The Edge doit beaucoup, avec des unités qui ne vont pas s’éterniser en jeu et des pouvoirs qui font la différence quand on les utilise. S’y ajoute une gestion des ressources tendue (une mana renouvelable à chaque tour et une à usage unique, mais avec possibilité d’en regagner via des points objectifs) pour obliger à bien réfléchir à ses actions. Mais sa grande force, réside dans la facilité de mise en place. Non seulement les factions sont des « prêts à jouer », mais les scénarios sont en plus conçus pour éliminer tout le superflu. Finis les départs de parties avec chaque joueur sur un bord du plateau : dans The Edge, la partie commence directement dans le feu de l’action ! Mais sa grande force, elle réside dans la facilité de mise en place. Non seulement les factions sont des « prêts à jouer », mais les scénarios sont en plus conçus pour éliminer tout le superflu. Fini les départs de parties avec chaque joueur sur un bord du plateau : dans The Edge, la partie commence directement dans le feu de l’action. Figurines époustouflantes, luttes sans pitié, cohérence des règles, simplification pour aller à l’essentiel de la joute: il fallait un polonais ayant en tête l’histoire tourmentée de son pays pour imaginer un tel déploiement de forces couplé à un tel raffinement. Pourtant, en incarnant les nains, Jack en ressortit défait par Fabrice-alias-Fabrice, qui menait les birades.

KS The Edge Dawnfall - Faction Darkness

Table 7, dite « Format Normandie » : A l’issue de l’assemblée générale, Audrey et Jérôme (encore des revenants) papotaient avec Xel et François. Ils s’apprêtaient à partir, quand Xel et François, qui cherchaient une table à occuper, entamèrent une négociation diplomatique forte et significative pour trouver une solution pacifique au conflit latent qui pointait. Profitant que l’oncle Picsou avait soigneusement rangé toutes les boîtes de jeu dans l’armoire, en ordre alphabétique (il faut cependant parler le coréen pour s’en rendre compte), ils jetèrent leur dévolu sur Paper Tales. Cette initiative fut couronnée de succès, à un jeu qui demande une certaine courbe d’apprentissage pour bâtir la stratégie gagnante. La feuille de score donna Xel 37, Jérôme 35, Audrey 30, François l’ancien 29, mais le plus important dans l’affaire fut bien qu’on joua, tout comme, en 2014, le rôle joué par le couple franco-allemand fit que dans le conflit du Donbass, on discuta.

Table 8, dite « Dévaluation compétitive » : Tristan cherche à se refaire, et croit parvenir à ses fins avec Azul. Avec 83, il en fut proche, mais Olive l’emporte avec 91. Xel, 68, François l’ancien, 57, ont eu l’impression qu’il y avait dans l’air une forme de dévaluation compétitive dans cette affaire de maçons portugais.

Assemblée générale du 24/09/2021 à SERVEL

A l’assemblée générale de Parties Civiles, il y avait foule ce vendredi. Et pour cause, certains avaient coché la date sur leur agenda depuis les deux longues années nous séparant de la précédente AG, dans un monde où le mot Corona n’évoquait rien de plus qu’un breuvage houblonné. Ils étaient depuis lors fiévreusement en attente de ces réunions passionnées, agitées de sourdes luttes de pouvoir pour les lucratifs sièges au conseil d’administration et leurs signes extérieurs de richesse intellectuelle. Bon, à l’heure dite, il faut bien l’avouer, la lutte tourna au plébiscite, l’action des sortants étant saluée par un vote de reconduction unanime, comme d’ailleurs tous les votes qui eurent lieu ce soir-là.
Le bureau fourmilla de propositions ludiques: achat de jeux, afin d’employer la trésorerie gonflée des cotisations des fidèles et allégée du poids des événements sacrifiés sur l’autel sanitaire (une commission y afférente fut créée, et celle-ci fut bien l’objet de candidatures nouvelles), les fameux Dimanche on joue !, dits aussi goûters ludiques participatifs (et avec enfants, du moment qu’ils peuvent participer aux tables, car oui, un enfant est une personne, sachez-le, et les adultes aussi peuvent renverser un jus d’orange), et même action diplomatique extérieure avec rencontres bilatérales à haut niveau, car aucune affaire ludique dans notre zone d’influence ne saurait nous être étrangère (bon, pour la zone indo-pacifique, on attendra de se développer un peu).
Un honorable représentant du festival Scorfel fit un appel aux bonnes et bénévoles volontés, et nous ne doutons pas que de gentils adhérents le saisiront, car, contre vents et marées, faites le connaître aux bonnes gens, il y aura bien un festival Scorfel à Lannion, les 23 et 24 octobre (sur présentation de l’incontournable pass sanitaire).
Tous ces débats firent que l’assemblée se prolongea bien au-delà du raisonnable, et, après plus d’une heure d’échanges nourris, il était temps de revenir aux choses sérieuses: jouer !

Séance de MARDI 21/09/2021 à Servel

Leonard Cohen aurait fété son anniversaire ce soir s’il ne nous avait quittés, il y a déjà cinq années. En guise d’hommage, nous revisiterons sa discographie.

Les Ruines Perdues De NarakTable 1, dite « Popular problems » : Les nouveautés s’enchaînent, ce soir ce sont Les ruines perdues de Narak qui font leur lancement en public avec autour de la table Neox, Adriane, Olive (de retour) et Dom. Sur un thème d’exploration/pillage/écocide d’une ile inconnue le jeu sans être follement original dans ses principes, est plutôt bien foutu avec du matériel de qualité, du placement d’ouvrier, des voies multiples pour marquer des points et une espèce de deck-building léger où le deck tourne presque à chaque manche (il y en a 5). En gros on explore des lieux où on gagne des ressources et on utilise celles-ci pour combattre les autochtones qui occupaient lesdits lieux et pour progresser dans la recherche du temple maudit perdu (avec un petit côté course, il y a un bonus pour le premier à atteindre chaque étape). Un peu d’interaction arrive à travers le marché des cartes (résumé : Adriane a pris celle qui aurait permis à Olive de tuer son monstre tandis qu’Olive avait l’art de choisir celles convoitées par Neox. Dom, comme à son habitude, a été exquis). Tout le monde découvrait et a tâtonné à la recherche d’une bonne approche. Neox, sauvé par une carte tardive qui lui permet de récupérer un explorateur et de repartir comme en quatorze, est axé sur la découverte (4 lieux) et affiche une main bien garnie en points, il finit avec 67 PV. Dom, aidé par ses assistants acquis tôt, arrive au temple en premier et y grapille encore quelques PV. Il finit … avec 67 PV et les lauriers du vainqueur par départage. Adriane et Olive ne sont pas loin avec 63 et 58. On a eu tendance à oublier quelques détails de règles qui nous auraient aidés (utiliser le pouvoir unique de ses monstres ou de ses idoles) mais surtout on a joué avec une erreur de règles (un problème populaire ces derniers temps à PC) qui invalide cette belle histoire et nous force à réessayer prochainement.

Table 2, dite « Thanks for the Dance » : à cette table d’Innovation, en équipes de 2, se sont pressés Lucas et Xel, toujours partants, Nicolas II, toujours bon camarade, rejoint par François. Sous ses airs modestes et un tableau qui peine à décoller, Nicolas II trompe son monde en dominant les deux premiers âges. Mais la fête est finie abruptement, car Xel et Lucas se développent à vitesse grand V, se faisant bénéficier de leurs ressources communes, tandis que François avance à la vitesse d’un 4×4 embourbé dans un marécage, moteur en panne. Vincent arrive et prend la place d’honneur dans les tribunes, mais cela ne change rien au numéro des duettistes Lucas et Xel qui nous entraînent dans une valse infinie de comptabilisations et de dominations, au point qu’ils se paient le luxe de refuser des dominations, et de choisir la façon dont ils mettent fin à la curée.

Micro Macro Crime City - Test jeu de société - Akoa TujouTable 3, dite « You want it darker » : de spectateur, Vincent se fait acteur, et déroule le grand poster qui tient lieu de scène de crime géante de Micro Macro Crime city, jeu façon est Charlie ? dans une ville où le crime se cache à chaque coin de rue. De sombres secrets, des vols sournois, des crimes de sang-froid, sont monnaie courante ici. La police n’arrive plus à faire face mais nous voilà… Bon, le jeu s’adresse surtout aux 6-12 ans, et cet interlude était plus pour la découverte, et aussi le plaisir de jouer avec Vincent. Un jeu qui peut aussi vous éviter un passage à l’ophtalmo pour déceler une petite baisse de vue tant il faut écarquiller les yeux pour repérer tout ce qui se passe sur cette carte !

Table 4, dite « Death of lady’s man » : On finit cette douce soirée avec The boss, un jeu de bluff où François se voit vainqueur mais est devancé au dernier tour par Xel, qui a soudoyé Al Capone et engrangé 5$ sur le coup. On a regretté de ne pas jouer la règle spéciale de Jérôme qui modifie l’ordre du dernier tour, car sans cela, le cours des choses est très dépendant de l’ordre des joueurs.