Séance de MARDI 04/01/2022 à Servel

Le 4 janvier 1960, Michel Gallimard conduit la voiture qui ramène à Paris Albert Camus, qui occupe sur le siège passager. Peu après Pont-sur-Yonne, la voiture dérape à 145 km/h sur un sol mouillé, quitte la route, percute un premier platane, rebondit sur un autre et se disloque. Albert Camus meurt sur le coup, coincé entre le tableau de bord et le dossier de son siège. Le médecin légiste — qui lui aussi se dénomme Albert Camus ! — attribuera le décès à une fracture du crâne, du rachis et à un écrasement du thorax. Une mort révoltante et absurde, à l’image de son œuvre, et que certains, échafaudant un scénario rocambolesque, tenteront d’attribuer au KGB. Les théories du complot n’avaient pas attendu les réseaux sociaux.

Albert Camus : »Nous Autres Meurtriers » – Combat

62 ans plus tard, les routes vers Lannion étaient fort calmes, et la société limite désormais la vitesse des automobiles.

Table 1, dite « La plume et l’épée » : Parties Civiles prend son envol en 2022, et cinq joueurs se retrouvent dans une atmosphère joyeuse à la table de Wingspan. Élodie y fait la course en tête, et l’emporte avec 101, avec 66 points sur ses oiseaux (dont 18 recouverts !), grâce notamment à un pélican qui portait dans son bec immense une dizaine d’oiseaux. Elle fait aussi le plein sur les objectifs de manche (18), comme Lucas (94), mais la gorge de ce dernier se révéla moins profonde, à l’inverse de son orifice : avec 22 œufs, il sera l’indiscutable pondeur en chef. Vincent, 79, fut bon partout, ce qui lui vaut le podium, mais excellent nulle part, et donc sa petite marche. François, 70, fit de belles combinaisons et se porta en tête sur les cartes objectifs, avec 4 oiseaux dont le nom contient un prénom. Il devance Xel, 64, qui passa sa partie à la recherche d’introuvables poissons.

Séance de MARDI 21/12/2021 à Servel

Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata, au Kazakhstan, les représentants de onze républiques soviétiques constatent le décès de l’URSS.

Née à peine 69 ans plus tôt, le 30 décembre 1922, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques cède la place à une éphémère Communauté des États Indépendants (CEI). Seules les trois républiques baltes et la Géorgie s’en tiennent à l’écart. Mais dans les années suivantes, les autres républiques vont s’en détourner à leur tour et tenter de vivre en pleine indépendance. Après la chute du mur de Berlin en 1989, les Lituaniens proclament unilatéralement leur indépendance le 11 mars 1990. Tandis que le monde entier suspend son souffle, Mikhaïl Gorbatchev poursuit les réformes en contenant les troubles. Il est élu à la nouvelle fonction de Président de l’URSS par le Congrès, le 14 mars 1990, et reçoit le prix Nobel de la paix le 6 juin 1990 à Oslo.

Le 12 juin 1990, le 1er Congrès du peuple de la RSFSR (République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie), autrement dit la Russie actuelle, adopte une Déclaration sur la souveraineté étatique de la république de Russie. C’est une deuxième atteinte à l’intégrité de l’URSS après l’indépendance unilatérale de la Lituanie. Ce vote reste sans conséquence pratique, mais il sera plus tard considéré comme l’acte d’émancipation de la Russie nouvelle et son anniversaire deviendra, dès 1994, fête nationale chômée en Russie !

En janvier 1991, des troupes soviétiques entrent en Lituanie. À Vilnius, le 13 janvier, elles tentent de s’emparer de la tour de télévision. Les Lituaniens résistent. On compte 14 morts, les seules victimes civiles qu’ait à se reprocher Mikhaïl Gorbatchev. Au Kremlin, le 19 août, les conservateurs tentent de le renverser par la force. Ils sont eux-mêmes battus grâce à l’esprit d’initiative d’un leader encore inconnu, Boris Eltsine, élu deux mois plus tôt président de la Fédération de Russie, principale entité de l’URSS.

Mikhaïl Gorbatchev ne maîtrise plus les événements et la réalité du pouvoir tombe entre les mains de Boris Eltsine. Le 25 décembre, quatre jours après avoir signé l’acte de décès de l’URSS à Alma-Ata, il quitte définitivement le Kremlin. Il ne reste plus qu’à liquider l’héritage de Lénine. C’est chose faite en quelques mois: Leningrad retrouve son nom d’origine allemande : Sankt-Petersburg !

St Petersbourg : 5 lieux sur les traces de la révolution russe - Vanupied

30 ans plus tard, le monde a bien changé, mais une poignée d’irréductibles, étanches à la rumeur des peuples, continuent de jouer à Lannion.

Table 1, dite « Le casse du siècle » : à Burgle Bros Olivier B, François-René, et Camille font équipe avec Axel, de retour parmi nous pour les fêtes. Ils ont réussi à cambrioler 3 coffres !

Table 2, dite « L’empire éclaté » : si Emmanuel Todd, dont le livre « La chute finale » (1976) constitue un rare exemple de prospective totalement validée par les faits, fut l’essayiste visionnaire de la dislocation du bloc soviétique, c’est Hélène Carrère d’Encausse qui tirera la plus grande notoriété de cette prédiction avec un autre ouvrage sur le même thème (« L’empire éclaté », 1978), sur un raisonnement différent, expliquant l’implosion imminente de l’URSS par la séparation des populations musulmanes d’Asie centrale, qui ne se produisit jamais. Si l’histoire est difficile à prédire, il en va de même pour cette table de Brazil Impérial, où quatre explorateurs joutent pour développer la civilisation. Ce combat de titans déboucha sur une feuille de score éclatée, donnant vainqueur Mickaël d’un grain de café devant devant Neox, tandis que Xel et Baptiste suivaient l’affaire aux jumelles.

Table 3, dite « Ils rêvaient d’un autre monde » : on redécouvre, 3 ans après sa dernière sortie sur nos tables, l’excellent Alien frontiers, jeu où l’on colonise l’espace et à l’issue souvent imprévisible, comme la démonstration en fut ici faite une nouvelle fois. Après un départ canon, JiBee prend la tête, et voit se liguer contre lui Dom et François, ce dernier malmené par un départ terriblement malchanceux, privé deux tours de suite d’un quatrième dé, puis victime d’un raid où il perdit 3 métaux. Poussé à la faute, JiBee fait gravier à l’occasion d’un jet de dès catastrophique, le tournant de la partie, et finit dernier (6). Dom s’impose à l’usure avec 9 au terme d’une stratégie imparable, François (8) faisant de sa deuxième place une quasi-victoire après une remontée héroïque.

Table 4, dite « Prolétaires unis » : pendant que chacun s’affaire, une table de Pillards de la mer du Nord se monte, sur l’arrivée tardive de Félix, puis Vincent, et le dépaysement express de Lucie de la table 3, au privilège des anglophones. Ces prolétaires en manque de strapontin au banquet de la petite histoire de Parties Civiles jouèrent unis comme les doigts de la main, Lucie (49) faisant gagner Vincent (61), faute de l’avoir attaqué, sous le regard compatissant de Félix (47).

Table 5, dite « Une illusion du passé » : Le signe des anciens, clôt cette soirée, avec Camille, François-René et Axel. Malgré un bouclage tardif, nous ne sommes pas en mesure de révéler l’issue de cette table, qui restera à jamais pour nos lecteurs comme une illusion du passé.

Séance de VENDREDI 17/12/2021 à Servel

Le soir du 17 décembre 1837, à Saint-Pétersbourg, dans le Palais d’Hiver, des poêles qui chauffent à plein régime mettent le feu aux boiseries de la salle Pierre Ier. L’incendie va ravager l’édifice malgré l’intervention de 6000 pompiers, qui pendant trop longtemps cherchent en vain l’emplacement du départ du feu. Ils arrosent d’eau pompée de la Néva toutes les fentes murales suspectes d’où l’on a vu s’échapper de la fumée. Les recherches s’activent pour trouver l’origine du feu. Après un premier coup de pioche dans un mur, un des miroirs d’une fausse porte s’effondre et, de l’arrière du miroir, des langues de feu se répandent dans toute la pièce, puis rapidement sur les poutres.

L’empereur Nicolas Ier se trouve au théâtre au début du sinistre. Arrivé sur place, il ordonne au maréchal de casser toutes les fenêtres de la salle pour sauver de la suffocation des gens à l’intérieur. L’afflux d’air frais provoqué en cassant les carreaux accélère la propagation du feu. Il part dans deux directions opposées et, vers six heures du matin, tout le palais est atteint par les flammes. Le feu a duré 30 heures et a continué à couver pendant près de trois jours.

Les œuvres d’art du Palais d’Hiver sont heureusement sauvées pour la plupart. Dans l’urgence, on s’est généralement contenté de les jeter dans la neige. Sitôt après le drame, le tsar Nicolas Ier lance la construction d’un nouveau palais. La restauration a pris plus de deux ans.

Quelques années plus tard, à Lannion, le Président a mis le feu en dévoilant les cadeaux de Noël de l’association, qui enrichiront l’armoire pour le plus grand plaisir de ses adhérents ! Ce feu n’ayant pas été calmé par le verre de l’amitié traditionnellement offert, condition sanitaire oblige, il continua à couver sur les tables durant toute la soirée !

Table 1, dite « Enfumée » : Les fins limiers de Sherlock Holmes : Détective conseil se retrouvent pour une nouvelle enquête, « Les trois clients », où ils se feront complètement enfumer par les chausses-trappes du récit. Miraculeusement, ils terminent avec le score positif de +5 qui ne rend que très imparfaitement compte de leur déroute. Mais point n’est besoin de briller pour gagner: c’est aussi à ce genre de « winning ugly » qu’on reconnaît les champions.

Table 2, dite « Impériale » : Olive fait redécouvrir Naissance et Apogée des empires, qui revient sur nos tables après une pénitence longue  de 13 semestres ! Jibee, 125, en sort vainqueur, faute d’avoir eu à affronter une coalition unie entre Xel, 112, Olive, 109, et Lucie, 80.

Table 3, dite « Piégée » : Les fins observateurs auront reconnu le petit nouveau dans la pile des achats de Noël: Sub Terra – un jeu collaboratif de survie horrifique où vous faites partie d’un groupe d’explorateurs de cavernes, des spéléologues qui, suite à un incident, se retrouvent piégés dans les profondeurs souterraines. Ensemble, ils doivent trouver la sortie avant l’épuisement des lampes, causant leur perte pour toujours. Ce sort tragique frappa Neox, qui suffoqua pour l’éternité dans les ténèbres, sous les yeux horrifiés de Samuel, Vincent-2, Adriane et sa collègue.

Séance de MARDI 14/12/2021 à Servel

Le 14 décembre 1903, le Flyer des frères Wright fait son premier vol motorisé sur la plage de Kitty Hawk. Modeste vol de 32 m avec aux commandes Wilbur, les deux frères avaient tiré au sort lequel piloterait. Il cabre trop son frèle appareil au décollage qui décroche, d’où la briéveté du vol. Les quelques dégats mirent trois jours à être réparés et c’est le 17 qu’ils enchaînèrent quatre vols en ligne droite, le dernier couvrant 260 m. De là les progrès furent rapides et deux ans plus tard leur Flyer III accomplissait une boucle de 39 km. Notons la descendance industrielle de ces pionniers, les moteurs Wright Cyclone ont propulsé les B-17 et B-29. 118 ans plus tard, non loin de la plage de Lannion, soirée sans trous d’air pour des joueurs pas trop manches (à balai).

Table 1, dite « Décollage » : Neox (alchimiste), Xel (capitaine) et Olive (chronomancien) ont tous trois déjà joué à la Baie des marchands. A ce jeu de gestion fortement asymétrique c’est Christel qui prend une avance que les autres ne peuvent rattraper.

Table 2, dite « Progrès humain » : trois amateurs d’Innovation (Felix, Lucas et Dom) dont un récemment converti s’affrontent à ce jeu indépassable. Felix, majoritaire en arbres, arrive à dominer rapidement grâce à Agriculture. Il saura ensuite continuer à garnir son influence avec Navigation et Médecine. Lucas et Dom renforcent mutuellement leur tableau qui se garnit de cartes avantageusement décalées. Mais c’est David qui s’imposera sur les deux Goliath par 5 Dominations à 1 et 1.

Ils poursuivent avec deux parties de Hanabi qui finissent sur le score de 21 et 20 points (sur un maximum de 25) tout en donnant lieu à des considérations sur la façon dont on peut désigner des cartes de même couleur (toutes d’un coup ou bien l’une après l’autre ce qui crée un ordre implicite ?)

Table 3, dite « Péripéties » : découverte d’Oltréé, un jeu narratif et coopératif aux règle simples nous a t on indiqué. Dans un univers médiéval (pas mal)-fantastique (un peu) issu d’un jeu de rôles, les personnages (Jack, Jeff, Vincent et Gilles) doivent accomplir des missions tout en faisant face à divers événements, le tout en lançant moult dés. A la mi-temps de la partie, un joueur hagard nous a indiqué qu’une première tentative en difficulté moyenne avait débouché sur une déroute (la faute aux dés). Un reboot en mode facile était en cours, tout se passait bien mais on a pu entendre l’expression redoutée « erreur de règles » au voisinage de la table.

Séance de VENDREDI 10/12/2021 à Servel

Eleanor Roosevelt Biography :: National First Ladies' LibraryLe 10 décembre 1948, les 58 membres de l’ONU siègent pour la dernière fois à Paris, au palais de Chaillot, avant de gagner New York. Ils adoptent pour l’occasion la Déclaration universelle des droits de l’homme, en langue française dans sa version officielle, sous l’égide d’Eleanor Roosevelt et l’inspiration du juriste français René Cassin. Elle fut votée par cinquante États, les huit autres s’étant abstenus. Aucun n’a osé s’y opposer. L’Afrique du sud, qui mettait en place l’apartheid, n’a pas approuvé l’égalité de droits entre les races, et l’Arabie saoudite l’égalité entre les sexes. L’URSS et ses satellites ont contesté le principe d’indifférenciation des statuts politiques des États et des territoires.

Les trente articles de la Déclaration reprennent dans les grandes lignes les principes universels de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Mais à la grande différence de celle-ci, concise, rigoureuse, d’une portée juridique intemporelle et réellement universelle (« Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »), la Déclaration de 1948 apparaît verbeuse, avec des formules généreuses mais convenues (« Agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »), sans valeur juridique.

Elle est surtout singulièrement datée, d’une époque, le milieu du XXe siècle et d’un type de société, occidentale et industrielle. L’article 16 sur le mariage, par exemple, n’aurait eu aucune chance d’être agréé au XXIe siècle, tant par les États qui autorisent la polygamie (inégalité de droits entre les sexes) que par ceux qui légitiment les unions homosexuelles. L’article 18 invoque le droit de chacun de changer de religion, qui n’est aujourd’hui admis dans aucun pays musulman.

73 ans après, à Lannion, une poignée d’humains luttaient pour leurs droits dans des univers hostiles.

Table 1, dite « Humains et droits » : Nouvelle Angleterre, 1913 : le SS Atlantica, en mer depuis plusieurs jours, n’a prévu d’arriver à Boston qu’après quatre longues nuits. L’ambiance à bord est étouffante. Certains passagers se comportent de façon étrange, d’immenses ombres suivant le navire auraient été aperçues par la vigie,les rêves sont perturbés par d’étranges visions de paysages aquatiques aux décors tentaculaires et à la géométrie étrange. Pendant la nuit, le cadavre d’une passagère est retrouvé dans la chapelle du navire, entourée de vieux grimoires. Des choses sont montées à bord… L’insondable, un jeu de Tony Fanchi, revisite le mythique Battlestar Galactica sous l’égide d’Horreur à Arkham. Et, les auteurs de ce jeu ayant situé l’action 10 ans avant tous les autres jeux de la gamme, l’univers de Cthulhu s’enrichit de nouveaux personnages pour le plus grand bonheur des connaisseurs ! Il y a donc des traitres (en l’occurrence ici, des Hybrides), et tout l’art du traître est de choisir son moment. Jimmy, auquel le rôle fut ce soir dévolu, brisa tout suspense en dévoilant son hybridisme d’emblée, laissant Xel affronter seule un péril imminent. Mal lui en prit: il passa le reste de la soirée en victime expiatoire de Xel, Neox, et François-René, qui finirent la soirée humains et droits.

Tric Trac

Table 2, dite « Reste à vivre » : Olive fait découvrir Crystal Palace, où les joueurs jouent le rôle d’une nation lors de la première exposition universelle de Londres (1851), en essayant de créer le buzz avec des inventions spectaculaires et le soutien de personnages puissants et célèbres. Jibee survole la partie avec 106, laissant Samuel (54), Olive (41) et Lucie (33) loin derrière. Son secret ? La dette, qui, bien gérée, promet de se rentabiliser dans le temps, le tout étant d’apprécier son reste à vivre pour ne pas crouler sous son poids.

Table 3, dite « Petit peuple souverain » : Dom ressort Vikings – un jeu à la mécanique fluide, où il faut bien construire son territoire et y bien placer son personnel, sans oublier de le sustenter. C’est le rôle des pêcheurs, et, point clé, s’il y a plus de poisson que de bouches à nourrir, l’excédent se transforme magiquement en points de victoire. Cette stratégie pêcheurs assura le triomphe de Dom dans une première partie (76, devant François, 42, Mickaël, 41, Olivier B, 37) et celle plus modeste de François dans la seconde (50, devant Olivier B., 46, Dom et Mickaël, 45). Les orfèvres, nobles et autres guerriers ont pu constater à leurs dépends ce curieux renversement de l’histoire.

Table 4, dite « Esprit de fraternité » : Enfermés dans le sous-marin de The Crew Mission sous-marine Dom, François et Mickaël ont fait preuve d’esprit de fraternité face à l’adversité qui les frappa sur un certain nombre de missions, certainement irréalisables dans leur combinaison. Cet opus aquatique se révèle plus retors et imprévisible que son cousin dans l’espace !

Séance de MARDI 07/12/2021 à Servel

Le 7 décembre 1970, Willy Brandt se rend en Pologne, premier chancelier allemand depuis la guerre à faire ce geste, et signe le traité de Varsovie normalisant les relations entre les deux pays. Par ce traité, la République Fédérale d’Allemagne reconnaît la frontière germano-polonaise Oder-Neisse, imposée par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale.

Après la signature, le chancelier se rend au Mémorial du résistant juif du ghetto, pour un dépôt de gerbe. Il se recueille et s’incline, puis, à la surprise générale, contre toutes les règles protocolaires, ploie les jambes et se met à genoux. Pendant de longues minutes, il demeure dans cette attitude d’humilité inhabituelle aux hommes d’État, faisant acte de contrition, dans un silence de cathédrale seulement interrompu par le crépitement des photographes. Un acte au nom du peuple allemand : en 1943, Willy Brandt, loin d’être nazi, luttait en Scandinavie contre la Wehrmacht.

Ce geste, et plus généralement sa politique d’ouverture à l’Est, lui vaudront de recevoir le Prix Nobel de la Paix, un an plus tard, à Oslo.

51 ans après, dans un tout autre registre, la soirée de Parties Civiles commença par une visite protocolaire d’étudiants de l’ENSSAT sollicitant audience auprès de notre président débonnaire. Bien que son secrétariat particulier n’eût pas été sollicité au préalable, l’audience fut accordée sur le champ, et un concordat  scellé, marquant la double alliance de Parties Civiles, au festival Jap’n Trégor pour l’animation de jeux japonais que nous sommes nombreux à apprécier, et au festival Fest 4 Game pour des raisons évidentes.

Table 1, dite « Format Normandie » : à Innovation, un farouche combat opposa en format 2 * 2 la paire Lucas / François à Felix / Vincent. Après une domination initiale de Lucas et François cette partie faillit basculer sur la fin, alors que Vincent allait dominer l’âge 9 mais se fait souffler la moitié de son influence et, au tour d’après, la carte Bio-Energie donne une victoire immédiate à ses adversaires, fortement pourvus en pommiers (« Si un joueur en a moins de de 3, celui qui en a le plus gagne »).

Table 2, dite « Si proche, si loin » : Neox ressort El Dorado pour un voyage au long cours et une soirée en douceur avec Camille et Xel. Il mène l’ensemble de la partie, mais se fait souffler la victoire par Xel, qui coiffe Camille au poteau.

Table 3, dite « Relations normalisées » : Tandis que la table 2 se répand en prolégomènes sur ses perspectives d’avenir, la table 1 enchaîne sur The Crew Mission sous-marine – qui, après la partie épicée qui les opposa, fit office d’une crème dessert dont on se ressert à l’envi pour lisser les passions brûlantes.

Séance de VENDREDI 03/12/2021 à Servel

Le soir du 3 décembre 1973, André Escaro, dessinateur et administrateur du Canard enchaîné, sort d’un cinéma et vient récupérer sa voiture, passant par hasard devant les locaux où l’hebdomadaire doit s’installer après la fin de travaux. Il y aperçoit de la lumière, surprend deux faux agents de la paix en uniforme munis de talkies-walkies, et, au troisième étage, deux plombiers en pleins travaux. Ceux-ci sont en réalité des agents de la DST occupés à installer des mouchards dans les bureaux.

Malgré des preuves irréfutables fournies notamment par le Canard lui-même (trous dans le mur pour cacher les équipements d’écoute, plaques d’immatriculation maladroitement camouflées des véhicules des plombiers prouvant que ceux-ci appartiennent à la police, témoins reconnaissant les « plombiers », ces agents démasqués menaçant de tout révéler s’ils sont poursuivis par la justice), la DST nie les faits alors que « les plombiers » ont reçu l’ordre de rester chez eux ou de partir en vacances. Le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin crie à la conspiration, mais, grâce à un informateur membre de la DST dégoûté de ces manœuvres, le Canard révèle que l’« opération Palmes » visant à sonoriser les locaux du journal a été diligentée par ses soins.

Un procès est ouvert, qui donnera raison à l’administration française, attendu que le Canard n’a été victime ni d’une violation de domicile car les locaux étaient inoccupés au moment des faits, ni d’une atteinte à la vie privée puisque « des journalistes ne peuvent avoir, dans un local professionnel, que des conversations d’ordre politique, général ou professionnel ». Le 7 février 1980, la Cour rejette l’ultime pourvoi en cassation de son avocat, Roland Dumas.

Depuis cet épisode, l’administration du Canard enchaîné a laissé par dérision une plaque en marbre (avec comme inscription « Don de Marcellin, ministre de l’Intérieur 1968-1974 ; ici, dans la nuit du 3 décembre 1973, des plombiers furent pris en flagrant délit d’installation de micros ») au-dessus du trou que les agents avaient percé pour y installer leurs équipements.

Vous souvenez-vous du Watergaffe ?

38 ans après, à Lannion, aucun besoin de diligenter des serruriers pour écouter ce qui se disait aux tables de Parties Civiles, et la liberté de la presse ne s’use toujours que lorsqu’on ne s’en sert pas.

Table 1, dite « Oreillettes en panne » : 2 longues années ont passé depuis la dernière fois où Mythotopia eut l’honneur de peupler nos tables. Ce jeu de deck building et de conquête conçu par Martin Wallace reste toujours aussi bon, et Thomas n’y a pas perdu la main. Rappelons le mécanisme original de fin de partie: moyennant le prérequis de 4 tables de récompenses vides, tout joueur peut déclencher la fin, pour autant qu’il gagne après avoir débouclé tous les combats en cours. Autant dire qu’il faut surveiller les échappées lorsque le prérequis est proche de se matérialiser. Or, dans cette partie, il y avait un échappé, et trois poursuivants qui ignorèrent consciencieusement les multiples warnings: l’épuisement rapide des récompenses, la sortie d’un « client » du peloton, et leur myopie collective qui les conduisit à s’attaquer mutuellement, comme pour viser seulement le premier accessit. A croire que leur oreillette était en panne…. Thomas (49) n’eut donc aucune difficulté à franchir la ligne, pendant que, beaucoup plus loin sur la route, le peloton était réglé par Xel, 37, devançant François, 33, et Samuel, 32.

Table 2, dite « Palmes d’or » : Neox y fait découvrir Brazil Imperial – un pur 4X, comme on dit dans le milieu (eXploration, eXploitation, eXpansion et eXtermination) qui revisite l’histoire du Brésil. Tout y est, on va peu à peu se développer, choisir entre plusieurs voies stratégiques : commerciale, géographique, militaire. Aucune n’est mauvaise, aucune n’est plus forte qu’une autre. Tout est question d’adaptation, d’appréciation. Au contraire de nombreux 4X, le plateau est modulable, constitué de pièces que l’on assemble, et le livret de règles propose de nombreuses variantes de configurations. Le tour de jeu est aussi rapide qu’un 50 m de Cesar Cielo, et c’est Olivier B qui touche le mur devant le monde: Neox donc, Mickaël et Olivier L. Avait-il revêtu des palmes d’or ?

Table 3, dite « Territoire sans surveillance » : là aussi, pas mal d’eau avait coulé sous les ponts depuis les 1022 jours qui nous séparent de la dernière partie de Tzolk’in – Le calendrier maya. JiBee, un autre revenant, était à la manœuvre, mais, culminant à 62, il se fait surprendre par Vincent II (65), et Adriane (60) était aussi sur ses basques. Notre ancien dirigeant chuta faute d’avoir assuré la surveillance de son territoire.

Table 4, dite « Ecoutes brouillées » : Dans la grande série des jeux avec des dessins à interpréter (Mysterium, Similo, Dixit, Codenames pictures…) voici Paranormal detectives dans une partie qui rassemble Lucie, François-René, Vincent et Xof. Ils ont passé la soirée à se brouiller l’écoute, perdant deux parties de suite avec 4 indices découverts sur 5.

Séance de MARDI 30/11/2021 à Servel

Logotype officielLe 30 novembre 2015 ans débutait la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), au Bourget, quelques jours seulement après les attentats ayant ensanglanté Paris et Saint-Denis, en présence de nombreux chefs d’État et de gouvernements venus du monde entier. Un accord international sur le climat, applicable à tous les pays, y sera validé par tous les pays participants, fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5 et 2 degrés d’ici 2100.

6 ans après, à Lannion, on frissonnait, mais, comme chacun sait, il ne faut pas confondre la météo et le climat: les objectifs de l’accord Paris s’éloignent un peu plus chaque année, engendrant des frustrations. Ce sentiment, dont on vit des exemples sur nos tables ce soir, résumera parfaitement la soirée de certains.

Table 1, dite « Objectif inatteignable » : à Ashes, tout se passe en triangle: on doit taper sur son voisin de gauche. Mais il faut les bonnes cartes et quelques cartouches pour cela. Xel, ne les a pas eues, ne pouvant rosser Félix, et se faisant molester par Jimmy. Mollement défendue par Félix qui agissait dans le pur intérêt d’écarter son rival, elle vit à chaque tour ses objectifs devenir plus inatteignables. C’est comme de juste Félix qui sortit victorieux d’un triangle qui n’avait rien d’amoureux, se parant, séance après séance, du costume de l’homme à battre.Default

Table 2, dite « Les frustrés » : nous redécouvrons El Dorado, un jeu de course familial de Rainer Knizia de 2017, régulièrement placé sur nos listes d’achat collectif, mais jamais gagnant: du coup, c’est Neox qui l’a acquis. Chaque joueur incarne un aventurier qui doit traverser la jungle, des rivières et des villages indigènes et trouver le meilleur chemin pour atteindre l’El Dorado. Il progresse à l’aide de cartes (machette, pagaie, or…) et peut enrichir son deck en achetant une nouvelle carte à chaque tour. Le double intérêt du jeu est sa facilité d’apprentissage, bon choix pour un mardi, et sa rejouabilité puisque la carte peut changer à chaque partie. On n’oubliera pas le côté interactif, car on peut bloquer un adversaire en lui bouchant le passage. Trois parties furent jouées. La première vit François à l’orée de la victoire mais Dom le « traversa » grâce à une carte magique, pendant que Neox ruminait sa frustration d’être coincé sans machettes dans la forêt (« it’s not easy being green »). Sa frustration perdura sur la deuxième, où il vit Neox le passer in extremis alors qu’il avait magnifiquement négocié un rapide avec quatre pagaies, pendant que ses concurrents faisaient le grand tour. Dans la troisième, sa frustration eut pour cause l’absence d’une carte Capitaine pour lui faire franchir un bras de mer, et c’est Dom qui fut frustré en étant passé sur le fil par Neox.

Séance de VENDREDI 26/11/2021 à Servel

Dans le langage courant, une Bérézina évoque une déroute mais si on suit les historiens, Napoléon s’y est tiré d’un bien mauvais pas. Remontons au 26 novembre 1812. La grande armée (ou ce qu’il en reste) se replie éprouvée, sous-équipée et poursuivie par les troupes russes. Elle se retrouve coincée par la rivière Berezina (à l’est de Minsk) qui, bien que la température soit sous les -30°C, n’est pas entièrement gelée. Une armée russe contrôle le pont de Borissov, le seul dans les parages. Napoléon décide de construire en urgence deux ponts provisoires 15 km au nord, là ou la rivière n’a que 2m de fond, en utilisant le bois d’une église proche. En quelques heures, quelques centaines de pontonniers hollandais construisent les ponts et la traversée des troupes débute tandis que l’infanterie et la cavalerie repousse les attaques russes, parfois en se sacrifiant. Malgré des appels à bouger répétés, il reste quantité de soldats et de personnels d’appui sur la rive est quand les ponts sont incendiés le 29 en début de journée pour protéger la retraite d’une armée diminuée de dizaines de milliers de tués et prisonniers. Seule une poignée de pontonniers qui ont travaillé dans l’eau glacée survivra. 309 années plus tard, c’était plus le vent et la pluie que le gel qui régnait à Servel.

Table 1, dite « Aux confins de l’Europe » : Mickaël endosse les habits tachés de sang de Dracula dans La Fureur dudit. tandis que Frank, Paul Jr. et François-René se lancent à sa poursuite à travers l’Europe. Au cours de leur chasse, l’assistance de soeur Agata se révélera déterminante. Le vampire des Carpathes a longtemps cru pouvoir leur échapper mais il a fini par être retrouvé dans un dock du Havre. Il aurait pu embarquer et disparaître mais le Comte, avec panache, préféra un affrontement qui lui fut fatal.

Table 2, dite « Leçon cuisante » : une table de cinq joue à It’s a Wonderful World. En l’absence de Lucas (que l’on salue derrière son comptoir) c’est Samuel qui se charge de donner une leçon aux autres. Avec 73 PV, il l’emporte détaché devant Fred (53), Guillaume (50), Jean (43) et Vincent (26). Ils continuent à quatre avec The Mind : ils arrivent à penser comme un et réussissent collectivement leur objectif. Avec un comtois à la table, normal que cela ait tourné comme une horloge !

Table 3, dite « Choc des empires » : grosse boite, grande table et longue durée : OlivierL attire DocNico, Xel et OlivierB dans une partie de Monumental. Un jeu avec du matériel à profusion : figurines, cartes et grandes tuiles qui vont constituer le territoire où se développent les civilisations à la lutte. Leurs pouvoirs et actions possibles proviennent de cartes avec à la fois du familier (petite asymétrie initiale, achat de cartes depuis une rivière pour enrichir son deck) et du nouveau (on met en jeu 3×3 cartes de sa main et on peut activer 1 ligne et 1 colonne du tableau ainsi constitué, soit 5 cartes). Beaucoup de planification et de combos, donc, et les ressorts habituels des jeux de développement et de conquête (exploration, gestion de ressources, combats etc.). Inévitablement le rythme ralentit au fur et à mesure que la partie avance (reproche que l’on peut faire aussi aux Ruines perdues de Narak joué cet automne). C’est donc tardivement que le nom du vainqueur, qui commence par Doc et finit par Nicolas, est tombé sur notre téléscripteur.

Table 4, dite « De justesse » : Thomas propose un Brass Birmingham (what else?) et dispose autour de la table Olive, Adriane et Vince (collègue d’icelle, c’est bien quand les nouveaux adhérent(e)s recrutent). Au terme de cette partie de découverte pour la moitié de l’effectif, on ne sera pas surpris d’apprendre que Thomas a gagné avec 157 PV, mais on appréciera la performance de Vince qui pour sa première partie l’accroche en finissant avec 155. La relève est là, les anciens de PC peuvent trembler !

Table 5, dite « Audace stratégique » : Cela se fait beaucoup de nos jours (qui a mentionné Pax Renaissance ?) : un jeu tout à fait réussi et au matériel sobre est republié dans une grande boîte au prix doublé, avec un matériel (inutilement, diraient certains pisse-froid) amélioré, des ajustements de règles limités et des extensions pas indispensables. C’est ce qui est arrivé à Glen More que Tristan nous a fait découvrir et qu’on retrouve ce soir sous la forme de Glen More II Chronicles (pour une première partie, pas de chroniques mais juste les règles de base). Autour de la table, Neox, François, Félix et VHN. Rappelons trois éléments de règles qui font l’intérêt et l’originalité du jeu : pas d’ordre du tour fixe, c’est le joueur en dernière position sur la piste qui avance d’autant qu’il veut / un scoring « différentiel » où dans 4 catégories on marque des points en fonction de la différence  entre le nombre qu’on possède et le nombre du joueur qui en a le moins / un mécanisme de marché où on peut vendre et acheter ses ressources à un prix variable. Neox collectionne les personnages et démarre par une manoeuvre audacieuse en allant très vite s’attribuer le pouvoir « convertir les points de mouvement non utilisés en PV ». Félix fait main basse sur la production de whisky, Dom accumule les Lieux et François fait un peu de tout. Pas facile au fil des trois décomptes intermédiaires de savoir qui est en position de gagner. En fin de partie, une tuile « 3 whiskies » miraculeuse entre en jeu et permet à Neox, jusque là privé du breuvage ambré, de soustraire 6 points aux trois autres. Suffisant pour lui donner la victoire puisqu’il finit avec 80 PV contre 76 à Félix, 61 à Dom et 29 à François.

Table 6, dite « Repli » : Pour partie en attente d’un covoiturage, Vincent, F-R, Dom et François jouent deux manches rapides de Similo Monstres, imaginez un Mystérium dépouillé au point de ne garder que le coeur de son mécanisme. Deux parties, une victoire, comme dirait Napoléon on ne peut pas toujours gagner. On range tout et on se replie jusqu’à mardi.

Séance de MARDI 23/11/2021 à Servel

Le 23 novembre 2012 s’éteint Larry Hagman qui pour les moins jeunes incarna John Ross (JR) Ewing II, personnage sans scrupules tendance psychopathe dans le feuilleton Dallas (résumé en une phrase : l’argent corrompt, la famille est source de soucis et justification des pires actions). Laissons passer 9 ans et place à l’univers impitoyable du jeu de plateau.

Table 1, dite « Coopération et rivalités » : Partie découverte de Lueurs, sous la férule de Gilles, qui, fort civilement, nous guide dans le jeu sans pouvoir y prendre part lui-même, la limite de joueurs étant atteinte. Dans un monde d’après apocalypse, quelques valeureux compagnons de route tentent de redonner des lueurs à l’humanité. A noter aussi un graphisme en noir et blanc très original, loin du style rondouillard multicolore dominant. On choisit  ses frères (et soeurs) d’armes, on lance des dés pour savoir de quelles ressources on pourra bénéficier (plantes, eau, feu, nuages, etc…), on ne perd pas ses amis dans la nuit en les affublant de lucioles, et on tente aussi de faire un bout de chemin sur une route en y établissant un campement. Les personnages de départ ont des dés particuliers, pipés selon leurs aptitudes, et certains s’en débrouillent mieux que d’autres. François-les-pouces-verts, avec les dés verts et les plantes associées fait la course en tête en faisant jouer de belles martingales végétales: le score éblouissant (selon ses propres mots, il n’est jamais à court de superlatifs) de 133 couronne sa prestation. Le suivent de loin Neox, 77, Xel, 70, et Marie-Anne, 64, et une vaine contestation de règles (un même dé pouvait-il servir à plusieurs cartes ?) n’y changea rien ! Et pourtant, comme dirait Kermit, « it’s not easy being green ».

Table 2, dite « Tous les coups sont permis » (ou encore « Couples mal assortis ») : Lucas et Dom ne résistent pas à l’appel d’Innovation et prennent deux débutants dans leurs filets, Félix et Florian. Partie en équipes de deux, donc. Mais combiner 4 joueurs et deux débutants a fait traîner la partie en longueur au point que pour un premier contact notre double F a peut-être été échaudé. Felix, associé à Lucas, a pourtant vite compris son potentiel de nuisance, défaisant allégrement la main (avec Rames) et le tableau (avec Monothéisme puis Poudre à Canon) des adversaires. Il arrive en parallèle à se tirer la bourre avec Dom pour les Dominations (4 pour lui, 5 pour le gentil animateur-boute en train) tandis que le rusé Lucas en profite pour grappiller la Domination « seul joueur avec 5 couleurs dans son tableau » (ben oui, Felix avait dégagé toutes les autres bleues). Tout cela pour dire qu’avec un score de 5 à 5, la prochaine Domination déciderait de la victoire et qu’elle était promise à un Lucas étalant un tableau plantureux. Mais le bougre a trouvé une autre façon de plier la partie en consommant à grande vitesse la pile d’âge 10 : son épuisement déclenche la fin de partie et c’est au score que sans difficulté la paire Felix-Lucas s’impose sur Florian-Dom