Séance de MARDI 17/02/2026 à Servel

En 1509, Afonso de Albuquerque prend son poste de gouverneur de l’Inde portugaise. Il envisage la possibilité de prendre le contrôle du commerce dans l’océan Indien en verrouillant trois détroits-clés : Aden, Ormuz et Malacca, tous trois contrôlés par des pouvoirs musulmans (arabes, perses et malais). Au préalable, il lui faut une base terrestre d’où mener ses opérations. Alors qu’il se prépare à attaquer en mer Rouge, il apprend d’un pirate de la côte de Malabar qu’un sultan indien assemble une flotte de combat près de Goa, ville dont la population hindoue est depuis 15 ans sous le joug de souverains musulmans. Albuquerque change ses plans et fait voile vers Goa qu’il attaque : après la capture d’un fort les notables acceptent un changement de régime leur garantissant la liberté religieuse et le 17 février 1510 le Portugal prend possession de la ville qu’il se met immédiatement à fortifier, craignant une contre-attaque. Celle-ci vient en mai et le 31 mai les portugais doivent abandonner la ville mais leurs bateaux restent coincés dans l’estuaire par les orages de mousson, sous le feu des canons de Goa. Ils se refont et se renforcent pendant l’été et le 24 novembre les voilà de retour sous ses remparts. Bien équipés, les portugais et leurs alliés bloquent la fermeture des portes de la ville, après quelques heures les défenseurs sont en déroute. Cette fois les musulmans sont tués et leurs propriétés mises à sac. C’est la première fois depuis Alexandre le Grand que des européens ont conquis des terres en Inde. En trente ans la ville, point focal du commerce des épices, atteindra 200000 habitants mais sera abandonnée après une série d’épidémies au XVIIIe siècle.

Table 1, dite « Ivres d’épice » : Jack, Caroline, Corentin et BenjaminG jouent à Dune Imperium. Cela se frictionne bien jusqu’au dernier combat que Jack remporte devant un Benjamin déconfit, mais il est à 9 PV avec Corentin (il en faut 10 pour mettre fin au jeu). Ce dernier abat une carte qui lui ajoute 2 PV, et il a aussi dans son deck deux cartes « l’épice doit couler » qui valent encore 2 points, il l’emporte avec 13 PV devant Jack puis Benjamin et Caroline.

Table 2, dite « Souverains indiens » : Rajas of the Ganges au menu pour Olive, Xel, François et Dom. Olive et Dom prennent le meilleur départ sur la piste des roupies ce qui leur donne accès en premier à leur quatrième ouvrier. Dom oriente son jeu vers la construction de marchés et avance peu sur la rivière. Olive, lui, ne construira que deux marchés, leur préférant les bâtiments rapportant des points de prestige. Il s’ingénie aussi à monopoliser le rôle de premier joueur au grand dam de Xel qui est à sa droite. La partie avance bien, Dom commence à entrevoir le croisement de ses deux pistes (roupies et prestige) en continuant à mener sur l’argent mais Olive construit une tuile qui le fait bondir de 8 points de prestige, lui aussi approche du croisement. Tout le monde n’a plus que son cinquième ouvrier à jouer, il ne manque que 3 roupies à Dom pour croiser et il a au moins deux façons de les obtenir. Faute du dé orange qui va bien, Olive n’arrive pas à progresser assez dans sa dernière action. Dom plie ainsi la partie avec un écart de +1 entre les deux pistes, contre -5 à Olive, -39 à Xel et -68 à François.

Après The Ganges, The Gang où Younaël les rejoint. Alternant entre les hauts et les bas au milieu de remarques acides sur la « bonne » façon de communiquer, la petite bande arrache une victoire sur le fil par 3 à 2, pas si mal à 5 joueurs hétérogènes. Younaël indique qu’il démarre souvent les parties avec deux cartes handicapantes, on n’en est pas là !

Table 3, dite « Empire conquérant » : Celui-là cela faisait un bon moment qu’on ne l’avait pas vu. C’est un classique mais Race for the Galaxy est-il trop simple (« Pas assez cher, mon fils ! ») pour les goûts actuels du marché ? Que des cartes (et une poignée de jetons de PV) dans une boite pas trop grande (et non ce n’est pas une œuvre de Carl Chudyk) mais de multiples façons de développer une stratégie en fonction de sa planète de départ et des nombreuses cartes qu’on voit passer au cours de la partie, et l’importance d’anticiper les actions que les autres vont choisir à chaque tour (tous les joueurs exécutent chaque action choisie au moins une fois, avec un bonus pour celui qui l’a jouée). Les joueurs, justement, sont Olive, Younaël, Corentin et VHN. Pour cette redécouverte Corentin se révèle le connaître parfaitement, il développe une stratégie de production autour de cartes marron complétées par deux développements de valeur 6 (« c’est ces cartes qui font gagner » avait-il pris soin de rappeler lors de l’explication). Dom a rushé la fin de partie en construisant le premier 12 cartes dans son tableau, seul Olive qui a tenté une stratégie militaire y parvient aussi. La marque finale est de 38 PV pour Corentin, Dom 34, Olive 30, Younaël 25.

Séance de VENDREDI 13/02/2026 à Servel

Le 14 février 1989, le régime iranien appelle au meurtre de Salman Rushdie, l’auteur du roman Les Versets sataniques, jugé sacrilège, condamnation à mort assortie d’une récompense financière d’un million de dollars. L’écrivain américano-britannique d’origine indienne est devenu un symbole de la lutte pour la liberté d’expression et contre l’obscurantisme religieux. Depuis la publication de ce « contrat », il fit l’objet d’une protection policière renforcée, réduite au fil des ans, jusqu’au retrait de ses gardes du corps, et utilise des pseudonymes, comme Joseph Anton, dont il fera une autobiographie remarquable à la troisième personne du singulier. Le 12 août 2022, il est poignardé à dix reprises et grièvement blessé lors d’une conférence aux États-Unis. L’agression lui laisse des séquelles (perte d’un œil, notamment), mais il continue à écrire. Il relatera son expérience dans un ouvrage Le Couteau, paru en 2024.

37 ans après, les religions foisonnaient sur les tables de Parties Civiles dans un étonnant syncrétisme ludique.

Table 1, dite « Dieu reconnaîtra les siens » : Dom, Xel et François se replongent dans le moyen-âge avec Troyes, un classique où les parties ne se ressemblent pas au gré des tirages de cartes. Dans une partie aux auccents funestes, entre guerre de tranchée contre les événements néfastes et cartes peu lucratives, chacun mène sa partition suivant son objectif caché, Xel plaçant ses ouvriers rouges, François recherchant l’influence, Dom voulant être placé sur les bâtiments. François fait une razzia sur le combat des événements et semble avoir pris une belle avance, mais au décompte final, Xel rushe grâce aux objectifs de fin, et Dom n’est pas en reste. Le score incroyable de cette partie serrée donne les trois dans un mouchoir de poche, Dom et François, 33, et Xel 32 ! On notera que François était plus riche, mais la règle ne comporte pas, à son grand dam, de règle de départage !

Table 2, dite « Mauvaise rencontre » : La fine équipe de ISS Vanguard réunit les habituels François-René, OlivierB, Jérôme et Armand. Ils y ont rencontré un prédateur, et s’en sortent avec des séquelles.

Table 3, dite « Evangélisme planétaire » : Cette table de Terraforming Mars réunit Olive, Jibee, Marc et Jeff. De ces durs-à-cuire, on ne saura rien, les communications martiennes étant connues pour leur lenteur insupportable.

Table 4, dite « Satanique » : à Culte puis Horreur à Arkham (version cartes ?)  on vit Faline, Erwan, Cotentin et Younaël plonger dans les ténèbres.

Table 5, dite « Sous les mânes de Neptune » : L’inépuisable Ark Nova réunit une fois encore Mickaël et Steven. Le premier fit appel à Neptune pour infliger une dérouillée au second, écho magistral de la terrible punition infligée par Thésée à son fils, entendue la veille même au Carré magique.

Table 6, dite « Jeux interdits » : The gang réunit les protagonistes de la table 1 et Mickaël, pour des résultats contrastés, mais finissant sur une victoire. C’est du poker, mais avec de la psychologie, et ces quatre-là ont fini par s’entendre.

Séance de VENDREDI 23/01/2026 à Servel

Comme Lavoisier, Claude Chappe faisait partie des privilégiés de l’ancien régime. Il naît en 1763 dans une famille aisée de Sarthe ouverte aux techniques et aux sciences (son oncle était astronome et fut envoyé en Sibérie par l’académie des sciences pour observer un transit de Vénus devant le soleil, un sacré périple) et étudie au collège jésuite de la Flèche, fameuse institution à l’époque qui compta Descartes parmi ses anciens élèves. Il obtient une position ecclésiastique assortie d’une bonne rente et peut alors se consacrer à son intérêt pour la physique. Fini tout cela à la Révolution, le voilà de retour sur les terres paternelles où il retrouve ses frères avec qui il travaille à un système de télégraphe optique.

L’idée de communiquer à distance par des signaux visuels n’est pas nouvelle mais sa contribution est d’organiser un système industriel complet avec construction de bâtiments sur des points hauts, recrutement et formation du personnel et invention d’un code original utilisant un bras rotatif aux extrémités articulées, facile à construire, qui reste discernable à grande distance et qui résiste bien aux tempêtes. Entrepreneur pionnier des réseaux de télécommunications, soutenu par son frère Ignace qui était membre de l’assemblée législative, il procède à des démonstrations convaincantes après pas mal de mises au point ; en 1793, avec l’ennemi aux frontières, il obtient le financement d’une ligne de télégraphe de Paris à Lille. En 1794, la nouvelle de la prise de la ville de Condé-sur-Escaut parvient à Paris en une heure, bien plus vite que n’importe quel cavalier. C’est la reconnaissance et plusieurs autres lignes sont construites, dont Paris-Brest en 1799 (qui traversait les Côtes d’Armor avec des stations notamment à Lanrodec et à Plougonver). Chappe prend la tête de l’Administration des Lignes Télégraphiques. A son apogée le réseau compte 8 lignes avec plus de 500 postes sur 4000 km mais à partir des années 1840 l’arrivée du télégraphe électrique, insensible aux conditions météo, transmettant l’information à plus haut débit et nécessitant moins de personnel le rend irrémédiablement obsolète et met fin à cette épopée économique d’un demi-siècle. Mais auparavant son inventeur est retrouvé mort au fond d’un puits à Paris le 23 janvier 1805, présumé suicidé. Une statue lui rendant hommage existait Boulevard Saint-Germain mais fut fondue en 1941.

Arrêtons-nous enfin sur deux aspects techniques intéressants du télégraphe de Chappe :

  • Chaque extrémité mobile pouvait être orientée dans 7 positions tandis que le bras principal de 4,6 m était soit horizontal soit vertical. Cela donnait un vocabulaire de 98 signaux (7 x 7 x 2), soit 92 symboles et 6 signaux de service. En les groupant par paires (il ne fallait pas se désynchroniser !) on pouvait communiquer 8464 (92 x 92) mots ou expressions : le premier code était le numéro de la page, le second le numéro de la ligne dans la page. Ce n’était donc pas un code alphabétique comme le fameux ASCII. Pour des raisons de confidentialité, seul un nombre restreint de directeurs disposaient du livre de vocabulaire qui était périodiquement renouvelé. Dans le Comte de Monte-Cristo, le héros (proto-hacker ?) soudoie un employé du télégraphe pour envoyer une fausse nouvelle visant à ruiner un banquier.
  • Il a fallu disposer d’instruments d’optique de qualité, des lunettes grossissant de 30 à 60 fois, mises au point à Londres à la fin des années 1750. Chaque station en avait deux réglées une fois pour toutes, visant les stations amont et aval à une distance de 10 à 20 km. Chacune coûtait plusieurs mois de salaire d’un employé au point que le pouvoir politique initiera le développement d’une industrie nationale d’optique pour ne plus dépendre des anglais.

Table 1, dite « Sacré périple » : Nouveau run de Tamashii : Chronicle of Ascend pour Stéven, Samuel et Fabrice. Ce soir ils doivent livrer différentes bricoles dans la galaxie mais face à eux cela ne rigole pas. Leur but principal est de survivre, ce qu’ils ont finalement réussi à faire.

Table 2, dite « Décodage hasardeux » : C’est cinq parties de l’apprécié The Gang qu’enchaînent F-R, Jérome, OlivierB, Armand et Bérenger. Il semble que la communication avec ce dernier ait été problématique ce qui donna 4 défaites sur 5, avec la consolation d’un perfect pour la dernière manche. La table réduite à trois dispute ensuite un Aeon’s End (coopératif) : face au boss « Chevalier des entours » ils ont gagné de justesse, avec juste un être survivant dans le village qu’ils devaient défendre, et il n’est même pas sûr que c’ait été un humain.

Table 3, dite « Radiocommunications » : Toujours loin mais loin dans l’espace une partie de S.E.T.I regroupe Fred (le seul à connaître), Corentin, CarolineTH et Sébastien. La partie a duré longtemps mais longtemps, et tout ce que nous avons capté sur notre radiotélescope de poche est que Caro & Seb galéraient, le second regrettant le choix de sa faction.

Table 4, dite « Epopée économique » : Ici pas de galères mais des barcasses ventrues appelées cogues, c.a.d de robustes cargos hauturiers qui sillonnaient la mer du Nord et la Baltique à l’époque de la Hanse. Quatre armateurs autour de Kogge : Tristan, Olive, Pierre-Yves et VHN. Une belle partie, très disputée et pleine de coups habiles et d’émotions. Olive et Dom, dans le sillage l’un de l’autre, parviennent à construire un second comptoir dès le premier tour. Tristan n’est pas en reste et P-Y, le seul à découvrir, se rôde aux conséquences subtiles des actions de jeu. L’auteur de ces lignes ne peut qu’encore une fois chanter les louanges de ce jeu original où on peut construire des coups créatifs mais où les joueurs qui vous précèdent disposent de plein de façons de faire tout dérailler (en changeant le stock de ressources dans les villes, en y construisant un comptoir avant vous, en modifiant la topologie des liaisons intervilles, ou plus grossièrement en pillant votre cargaison), d’où l’importance de l’enchère souvent cruciale de début de tour. On y joue un nombre variable de cartes qui vont à la fois déterminer l’ordre du tour (avec un petit bonus au premier qui décide du déplacement de l’échevin) et dans quelles villes de nouvelles ressources vont apparaître (… à condition qu’il en reste dans la réserve, là aussi on peut interférer avec vos plans). Tout ça pour dire qu’après moultes péripéties (P-Y qui pille sans conviction un Dom désigné à la vindicte populaire, Tristan qui accumule un butin considérable en pillant Riga mais que Olive, en faisant un triple déplacement, repille aussitôt -en ce cas la victime perd la moitié de sa cargaison mais il restait encore une dizaine de cubes au barbu qui put dans la foulée à la fois construire un comptoir et acquérir un jeton-bonus-) on retrouve trois joueurs à égalité avec 4 points de développement (DP) ; l’échevin est loin d’avoir bouclé son deuxième tour donc la partie va prendre fin au profit du premier à gagner son cinquième DP. Olive et Tristan ont l’avantage de pouvoir rejoindre à volonté la ville de l’échevin tandis que Dom a 6 cubes gris, il lui faut rejoindre l’échevin par les routes disponibles. Avec deux « 2 » en main, il peut remporter l’enchère mais, ayant bêtement révélé ses intentions, Tristan qui joue avant lui contre avec deux « 3 » et s’assure que l’échevin s’arrête avant. Dom se réfugie à Riga où il a un comptoir et achète deux « 3 », avec ça il devrait faire bonne figure à l’enchère suivante vu que Tristan aura moins de cartes en main. Malheureusement c’est Olive qui joue deux « 6 », déplace l’échevin à Stockholm où il le rejoint. Il lui manque un cube pour gagner et Dom, jouant en second, le rejoint en passant par Straslund et lui achète le jeton-bonus de la victoire.

Avec une petite reconfiguration (JiBee en plus, P-Y en moins) ils jouent ensuite à La Gloire de Rome. Tristan construit une combo de bâtiments qui le rend de plus en plus efficace pendant que JiBee et Olive, ne se faisant pas confiance, construisent chacun la Palissade (qui protège contre l’action du légionnaire). Ils mettent en jeu tous deux une carte avec un pouvoir à l’achèvement « faites l’action xxx pour chacun de vos points d’influence » (patron pour Olive, artisan pour JB) avec des résultats spectaculaires. Dom a moins de bâtiments et de clients mais soigne le remplissage de sa chambre forte avec des matériaux de qualité. Il met fin à la partie avant que Tristan soit surpuissant et ce sont des matériaux humbles et négligés (les débris et la brique) qui lui donnent 6 points de majorité lui permettant de l’emporter avec 33 PV (9 influence + 24 chambre forte) devant JB 28, Tristan 27 et Olive 14.

Table 5, dite « Dernières nouvelles ! » : On trouve à la table de l’Auberge Sanglante Marie-Anne, Mickaël, Thomas et JiBee. Une bien triste affaire d’aubergiste véreux et de clients abusés puis estourbis et enterrés. Mickaël est le plus psychopathe de tous les serial killers et sa cave (qui n’a pas le même usage qu’à Viticulture !) recèle en fin de partie pour 80 PV de victimes, mieux que Marie-Anne (71), Thomas (68) et JiBee (66). Plus ou moins les mêmes continuent avec Bomb Busters dont ils font plusieurs missions visant à chaque fois à désamorcer un engin explosif. Quelle époque nous vivons.

Séance de MARDI 06/01/2026 à Servel

L e 6 janvier 2021, l’assaut du Capitole causait cinq morts, dont un policier. Cette émeute provoquée par Donald Trump, président sortant battu aux élections, qui rejette le résultat des suffrages. Au terme d’une vaste campagne pour conserver le pouvoir, en dépit de la victoire de son adversaire, qu’il conteste de nombreux recours en justice, tous infructueux, il ne reste plus que cette étape symbolique pour soutenir sa demande au Congrès et au vice-président Mike Pence de rejeter la victoire du candidat élu Joe Biden. Lors de son discours, alors qu’il expose sa rhétorique, Trump incite la foule à se lancer à l’assaut du Capitole pour bloquer la certification des résultats du vote du collège électoral et la victoire de son adversaire, alors que le congrès est réuni pour achever le processus électoral. Il les appelle à marcher sur le Capitole, en leur demandant de « se battre de toutes leurs forces », précisant : « Vous ne reprendrez jamais notre pays si vous êtes faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts ».

Avant la fin des discours, la manifestation tourne à l’émeute. Une foule de partisans part à l’assaut du Capitole, déborde violemment les forces de l’ordre et pénètre par effraction dans le bâtiment, en pleine session de décompte des voix du collège électoral. Les émeutiers franchissent les dispositifs de sécurité, investissent salles et bureaux, se livrant au saccage et au pillage. La session du Congrès américain reprend dans la nuit et débouche sur la certification des résultats par le vice-président des États-Unis (que certains émeutiers ont promis de « pendre »), officialisant la victoire de Joe Biden par 306 voix contre 232.

La plupart des dirigeants mondiaux tiennent Donald Trump pour responsable de cet événement sans précédent dans l’histoire du pays, et la Chambre des représentants vote le 13 janvier une seconde procédure de destitution pour « incitation à l’insurrection contre le gouvernement des États-Unis ». Le 14 février, le Sénat vote à 57 voix contre 43, sept républicains ayant rejoint les démocrates unanimes, mais il en fallait 67 pour le déclarer coupable. Il sera inculpé par la justice fédérale pour « complot contre les États-Unis » en août 2023, mais les poursuites seront abandonnées lorsqu’il est réélu président des États-Unis en 2024. Une fois investi, il continuera à affirmer qu’il a perdu des « élections totalement truquées », et gracie plus de 1 500 émeutiers qui avaient été condamnés pour leurs actes, les désignant « otages du 6 janvier ».

Political Cartoon U.S. Trump MAGA Capitol riot | The Week

5 ans après, nul discours enflammé n’était nécessaire pour inciter les adhérents de Parties Civiles à prendre d’assaut la maison de quartier de Servel. Etant fort civils, ils l’ont rendue dans le même état qu’à leur entrée.

Table 1, dite « Etranges créatures » : Wondrous Creatures, jeu de placement d’ouvriers et de collection de créatures rassemble des admirateurs ptêts à participer à la création de la première réserve de créatures au monde. Corentin, Nolwenn, Faline et François-René étaient de l’aventure. L’histoire ne dit pas s’ils ont croisé des créatures comme « QAnon Shaman », reconnaissable à sa coiffe à cornes et son corps peint, « Bullhorn Lady », son chapeau rose et son mégaphone, « Fingerman » – au geste offensant les forces de l’ordre, ou « CatSweat » et son sweatshirt Caterpillar.

Table 2, dite « Sans discussion » : Dom, Xel et François s’emploient à forcer leur destin en implorant , et c’est Xel qui s’impose avec 50, devant François, 43, et Dom 39. La somme des disques de vote restés à la fin a fait basculer le résultat, offrant 5 PV à Xel et délestant François d’autant, mais personne ne chercha à le contester.

 Table 3, dite « A l’assaut » : Mickaël aurait-il enfin trouvé la martingale à Orléans ? Pour s’en convaincre, il part à l’assaut de deux joueurs inexpérimentés, mais qui ne s’en laissent pas conter ! Pari perdu car Benjamin survole la partie avec un explosif 147, dont 72 au décompte final avec un niveau multiplicateur 6 ! Mickaël est un dauphin séduisant avec une marque de 120 remarquable, et Nastassia le suit de près avec un 113 très honorable.

 Table 4, dite « Mouvements de foule » : Younaël arrive en fin de soirée, et rejoint la table 2, qui l’accueille à bras ouverts pour une fin de soirée en pente douce et en coopératif, d’abord à Die Crew. puis à The gang. Ce furent autant de victoires pour cette foule aux mouvements très coordonnés.

Séance de VENDREDI 19/12/2025 à Servel

Le 19 décembre 1971 sort Orange mécanique, adapté du roman éponyme d’Anthony Burgess, film d’anticipation autant que satire de la société moderne. Dans une cité urbaine futuriste, les jeunes ont pris le pouvoir et font déferler une violence sans contrôle dans un climat malsain, viscéral, souvent plus psychologique que visuel. Le film chronique l’action criminelle d’un gang (Alex et ses « droogies »), puis de la tentative de réhabilitation de son chef par un conditionnement psychologique expérimental et controversé. Alex y narre l’action à la première personne dans le langage nadsat, un argot anglo-russe inventé par Anthony Burgess qui ancre le film dans l’imaginaire teenager (nadsat est le suffixe des nombres de 11 à 19 en russe). Stanley Kubrick décrira son film comme « une satire sociale traitant de la question de savoir si la psychologie comportementale et le conditionnement psychologique sont de nouvelles armes dangereuses pouvant être utilisées par un gouvernement totalitaire qui chercherait à imposer un vaste contrôle sur ses citoyens et en faire à peine plus que des robots. » En 2020, Orange mécanique a été sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la bibliothèque du Congrès pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». Et pour son effet d’anticipation, pourrions-nous ajouter aujourd’hui.

🍊 Orange Mecanique・Fichier STL Gratuit pour ・Cults

54 ans après, aucune violence, plutôt un déferlement de douceur dans cette soirée de Parties Civiles à l’approche des fêtes, où l’on glissera quelques échantillons de nadsat pour ajouter au frisson de l’hiver. Tant qu’à se mettre au russe, autant le faire tôt.

Table 1, dite « Mâle dominant » :  Dominant species marine plaît, et on y revient avec cette table de malchiks. Avec les forellas qu’il a méthodiquement cultivés, Tristan endosse le rôle du mâle dominant. Il tolchoke soigneusement ses rivaux, Mickaël, Fred et Vincent-de-Dune, de sorte qu’à la fin leurs guttiwuts luisent à l’air sur le trottoir.

Table 2, dite « Very bad trip » : Une petite bande se forme pour un voyage exotique à Istanbul et JérômeC  s’impose sans coup férir à Thomas et Franck. Ce dernier rejoint ensuite son podooshka, laissant les deux « bad guys » en tête-à-tête, et n’assistant donc pas à la deuxième défaite de Thomas à Le seigneur des Anneaux: Duel pour le terre du milieu. Trop oomny pour ses rivaux, mais resté sammy dans l’âme, Jérôme poussera la prévenance jusqu’à la réconciliation autour du coopératif Sky team, évitant à Thomas la perspective d’une soirée en mode very bad trip.

Table 3, dite « Toute première fois » : 4 novembre 2022, c’est la dernière fois que Funkenschlag avait été aperçu sur nos tables, statistique ébouriffante que l’on doit à l’assiduité sans faille de nos chroniqueurs bénévoles, merci à eux ! Jack et François-René en sont des adeptes chevronnés, quand Pierre-Yves et Caroline découvrent. Pour eux, atteindre le podium relèverait déjà d’un snooty éveillé. Mais ce jeu d’enchères n’est pas qu’une question de yarblockos. Pas spoogy pour deux sous devant cette concurrence féroce, Caroline réussit à s’imposer aux malchiks, à la surprise générale. Avec Jack et François-René, elle avait alimenté 17 centrales, mais gagne au départage avec un gros podooshka de billets.

Table 4, dite « Take back control » : Joli rabbit de la part de Corentin à l’inépuisable Ark Nova, où il mystifie Virgine et Faline d’un point, glané en plus avec la carte Europe, sans avoir usé du moindre veloceet.

Table 5, dite « Expérimentation sociale » : Gérard a fait la récente acquisition de Limit – un jeu très réaliste, construit sur la lecture du rapport Meadows, et qui permet de simuler l’impact du développement humain sur les 9 limites planétaires. Le jeu semble complexe mais sa mécanique est simple: à chaque tour, on joue un carte et on en décline les conséquences. Il faut veiller à nourrir la populaton croissante, et sa soif de biens matériels, mais aussi sa popularité, sans oublier de se défendre de quelques voisins belliqueux. Tous adoptent une stratégie assez prudente, sauf François, qui expérimente en mode oddy knocky, poussant les curseurs de la croissance. Un peu trop, le voilà bientôt en crise de colis à livrer à ses ouailles, et en manque de pétrole pour faire tourner ses usines. De plus, avec ses cartes militaires, il joue au prestoupnick et fait mewler ses rivaux. Le retour de shlaga est violent, sa population décline brutalement, et il termine à -33. C’est Gérard qui a le mieux conduit sa barque. Avec 26, il s’impose en starry routier des plateaux, devant Dom, 18, et Xel, 14.

Table 6, dite « Psychologie comportementale » : La soirée se termine par The gang, autour d’une table recomposée avec Xel, François, Thomas, Corentin, François-René et Dom. A six, on rentre dans l’épaisseur du trait des calculs probabilistes des combinaisons au poker, même avec un flot de gavareet théoriquement proscrit à ce jeu silencieux, les droogies essuyèrent quelques échecs. Mais ils furent suivis d’une belle victoire finale à une heure bien peu chrétienne. Il était plus que temps d’aller au zasnoot !

Séance de MARDI 16/12/2025 à Servel

Jane Austen est née il y a exactement 250 ans, avant-dernière d’une fratrie anglaise de huit enfants dont le père occupait de modestes fonctions religieuses. On sait en fait peu de choses de sa vie, surtout à travers les lettres à sa sœur Cassandra dont beaucoup ont été détruites. Elle lit beaucoup mais sa famille ne peut pas se permettre de l’envoyer longtemps en pension et elle manifeste très tôt un goût pour l’écriture. A 20 ans, elle fréquente et apprécie Tom Lefroy qui étudie pour être avocat mais aucun des deux n’ayant de fortune leur famille met fin à cette relation. Dans les années suivantes elle écrit plusieurs romans que son père tente sans succès de faire publier. Au centre de ses récits on trouve des femmes ; leur dépendance au mariage pour avoir statut social et moyens d’existence est un thème récurrent. Son activité littéraire a des hauts et des bas en fonction des déménage-ments et suite à la mort de son père qui les met dans une situation financière précaire où elle dépend de ses frères. A partir de 1810 ses romans sont publiés anonymement et suscitent un intérêt modeste du public, sans lui assurer un revenu solide. Elle tombe malade début 1816 et sa santé se dégrade progressivement jusqu’à son décès à 41 ans. Ce n’est qu’au XXe siècle que sa renommée dans le monde académique et la culture populaire -notamment à travers l’adaptation au cinéma ou à la télévision de ses romans- grandit au point d’en faire un classique.

Table 1, dite « Persuasion » : L’odyssée zoologique d’Ark Nova continue avec le recrutement de JiBee par les déjà mordus Mickaël et BenjaminG. Ce soir Mickaël leur donne une leçon. Pas contentés ils décident alors qu’il est déjà tard de remettre le couvert, il n’a même pas été nécessaire de les en persuader.

Table 2, dite « Le Cœur et la Raison » : Un Hermagor à quatre pour Xel, François, Olive et VHN, un choix de raison alors que le cœur de certain poussait pour sortir le Istanbul big box nouvellement acquis.  Un jeu daté par son matériel où la phase de placement pour récupérer des tuiles (ressources pour commercer) et des sous peut donner lieu à des couinements et de longues réflexions (voire aux deux) et où il est difficile de juger qui mène en cours de partie. Il s’agit de parcourir efficacement le territoire et de bien gérer le moment de « fermer » des zones, certaines incitent à venir tôt tandis que d’autres prennent de la valeur avec le temps. Après les quatre manches tout le monde sauf François est présent sur 5 villes de la grand-route, le voilà qui subit -5 points quand les autres en encaissent +5. Xel quant à elle a quelque peu négligé l’équilibre de ses districts mais elle a multiplié les placements efficaces sur la piste H. Dom finit en tête avec 102 PV devant Xel 90, Olive 87 et François 78.

Table 3, dite « The Watsons » : F-R et Faline se lancent dans Take Time, un jeu coopératif avec des épreuves de difficulté croissante, un peu comme The Crew ou Bombbusters. Il y a aussi un petit coté The Gang ou The Game dans la nécessité de lire le sens des actions des partenaires, et un petit côté Dr. Watson dans les déductions qu’il faut faire. On place autour d’un cercle des cartes allant de 1 à 12 jouées face cachée ou parfois visible, et on fait des calculs simples pour respecter la condition de victoire de chaque épreuve. Ils ont le temps de réussir la 2 et la 3 et s’arrêtent à la 4.

Table 4, dite « Orgueil et Préjugés » : F-R rejoint la table 2 pour deux parties de The Gang. La première sera qualifiée d’échauffement, certains cherchent leurs marques pour positionner la force de leur main et malgré quelques langues un peu trop déliées c’est un échec rapide; il faut dire que la difficulté augmente avec le nombre de joueurs. On repart pour une seconde partie où là le collectif a été solide, recadrant parfois quelques jugements hasardeux pour déboucher sur une victoire 3 succès contre 1 échec. Notons qu’Olive (aux innocents les mains pleines, il découvrait) à enchaîné les belles mains après avoir commencé direct par un flush. Un jeu où on peut faire preuve de préjugés (par exemple penser qu’on ne vaut rien avec une double paire) et d’orgueil (par exemple refuser de revoir son estimation malgré les encouragements des partenaires).

Séance de VENDREDI 12/12/2025 à Servel

Why COP21 musn't go down in flames | RNZ NewsLe 12 décembre 2015, les dernières négociations de la COP 21 manquent d’échouer lorsque l’équipe juridique américaine se rend compte à la dernière minute que « shall » (« doit ») est approuvé au lieu de « should » (« devrait »), ce qui signifie que les pays développés seraient légalement obligés de réduire leurs émissions. Mais les Français résolvent le problème en le traitant comme « erreur typographique ». La formulation finale de l’accord de Paris est alors adoptée par consensus des 195 États membres à la CCNUCC et de l’Union européenne. Dans l’accord, les membres promettent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre « dès que possible » et de faire de leur mieux pour maintenir le réchauffement climatique « bien en-dessous de °C ». Pour l’histoire, le Nicaragua indique qu’il a voulu s’opposer à l’adoption en dénonçant la faiblesse de l’accord, mais qu’il n’en a pas eu la possibilité.

10 ans après, le monde s’est éloigné de la trajectoire 1,5 °C (seuil déjà franchi en 2024), reste en retard sur celle de 2 °C, tout en ayant évité les scénarios de réchauffement les plus extrêmes envisagés en 2015. Les scientifiques jugent que l’objectif de limiter durablement le réchauffement à 1,5 °C n’est désormais plus atteignable, et que ce seuil devrait être franchi de façon durable un peu avant 2030.

A Lannion aussi, pour la traditionnelle soirée de Noël, on notait un net réchauffement. Le vin chaud, les gâteaux et chocolats, la chaleur humaine en général, ont été identifiés comme ses principaux contributeurs. Sans oublier la descente du père Noël par la cheminée, avec son lot de nouveaux jeux, bientôt (voire déjà pour certains) sur nos tables !

Table 1, dite « Au soleil » :  Un voyage au soleil de l’Alhambra pour Noël, ça ne se refuse pas. Marie-Anne plie le game pour cette partie inaugurale, à l’admiration de Thomas, Caroline et JérômeC.

Table 2, dite « Faibles avancées » :  la fine équipe de ISS Vanguard (F.-R., Armand, Olivier B et Jérôme) continue sa campagne. Echaudée par l’avertissement indiqué en préambule de leur quête du soir (« assurez-vous de commencer de bonne heure »), elle n’a obtenu qu’une faible avancée. Puis, dopés par l’arrivée de Nastassia, ils enchaînent The gang et La communauté de l’anneau.

Table 3, dite « Imprévisible » : Vincent-de-dune s’attable avec sa boîte de Chaos dans le vieux monde, mais les tables sont déjà constituées, ce sera pour la prochaine fois. En attendant, François, retenu ailleurs, arrive tardivement et lui propose charitablement de découvrir Innovation. Il pense n’en faire qu’une bouchée, et en effet, le voilà qui mène 5 dominations à 1. Il a 38 dans son influence et une carte 10 en jeu, sa victoire est donc certaine lors de son prochain coup. C’est ici qu’il faut ressortir la phrase maladroitement prononcée par Emmanuel Macron dans ses voeux aux français du 31 décembre 2022 : « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? ». Car oui, qui aurait pu prédire une victoire de Vincent à cet instant ? Presque personne, assurément. Mais François voit passer un cygne noir, contemplant la carte Mathématiques, dont Vincent use et abuse depuis plusieurs tours, et réalise ce qui va se passer: il va l’activer encore, piocher une 10, la comptabiliser, piocher une autre 10….mais la pioche est vide, ce qui met fin à la partie, qu’il remporte à l’influence, 46 à 38.

Table 4, dite « Planètes en danger » : le monde imposant de Andromeda’s edge se déploie pour Marc, Olive, Corentin et Xof. Il aurait fallu veiller bien tard dans la nuit pour en connaître l’issue.

Table 5, dite « Le temps de l’innocence » : Fortunes diverses à Almost innocent pour Gilles, OlivierL, Delphine,  Faline et Erwan. Mais on sait qu’ils se sont amusés.

Table 6, dite « Espèce dominante » : Découverte de Dominant species Marine, encore une table à rallonges, métrique et horaire. Mickaël, Tristan, Fred et Benjamin découvrent cette variante où l’on fait semblant d’être sorti de l’anthropocène.

Table 7, dite « Météorique » : Ici, on teste l’extension aux météorites de Faraway pour un constat mitigé, car la seule qui s’en est servie, Caroline termine à 35, derrière JérômeC, 48, et loin du trio de tête (Thomas 77, Marie-Anne, 75, François, 74). Puis on redécouvre Scout, un achat de Noël, où Jérôme se distingue (23), devant Marie-Anne, 18, François, 14, Caroline, 11, et Thomas 9. Mais entre toutes ces agapes, on a aussi parlé vin chaud : la recette délicieuse de Marie-Anne s’est répandue comme une trainée de poudre.

Table 8, dite « L’avenir dure longtemps » : Vincent-de-dune rejoint Faline et Delphine pour un dernier tour de piste à Take time.

Séance de VENDREDI 28/11/2025 à Servel

Le 28 novembre 1582, William Shakespeare se réveille mari. La veille, âgé de dix-huit ans, il a convolé avec Anne Hathaway, la fille d’un yeoman de Shottery, âgée de vingt-six ans. Le consistoire du diocèse de Worcester émit un certificat de mariage ce même jour, autorisant la célébration des noces après seulement une publication des bans au lieu de trois, et alors que l’époux est encore mineur au regard de la loi. Et le 28, deux voisins de Hathaway certifient qu’il n’existe aucun empêchement légal à cette union, la rendant indéfectible. Cette précipitation s’explique par l’état de son épouse, qui accouche six mois plus tard d’une fille, Susanna.

Dans son testament, William Shakespeare n’a légué à son épouse que son « deuxième meilleur lit avec les meubles » quand, légalement, elle avait droit au tiers de ses biens. On a longtemps pris cela comme un camouflet et la preuve qu’il n’aimait pas sa femme, mais, dans les foyers élisabéthains, si le “best bed” était souvent le lit d’apparat, réservé aux invités importants, le “second-best bed” était généralement le lit conjugal, où le couple avait vécu. Ce legs est aujourd’hui interprété non comme un camouflet, mais comme un legs sentimental, un souvenir du lit conjugal — peut-être celui où ils avaient commencé leur vie commune.

Quelques années plus tard, pas moins de huit unions ludiques étaient célébrées à Parties Civiles.

Table 1, dite « La comédie des erreurs » : Petite table entre amis à The Gang avec Gilles, OlivierB, Armand, Xel et Jérôme. Ils ont connu des fortunes diverses, perdant plus de parties qu’ils n’en gagnèrent.

Table 2, dite « Beaucoup de bruit pour rien » : Younaël, Corentin et Cindy s’attablent à Culte. L’issue nous en est incertaine.

Table 3, dite « Jules César » : Notre ancien Président se remet à fréquenter nos tables, et, en tout seigneur tout honneur, se voit gratifié d’une offrande à sa mesure: une partie de Caylus, qu’il s’adjuge (106) comme il se doit, devançant Tristan, 93, et Mickaël, 85. Une victoire impériale, donc, mais à El Dorado, il cède le pas au divin Tristan. « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » pourrait être la morable biblique de cette table.

Table 4, dite « Comme il vous plaira » : à cette table, on multiplie les plaisirs.  OlivierL, Nolwenn et Lionel se font hacher menu par Elie à Scythe, puis tentent de prendre leur revanche à Aeon’s end, mais sans succès, car leur vainqueur a bifurqué.

Table 5, dite « La tempête » : Pierre, Faline, et Elie tentent de sauver le monde d’une tempête d’épidémies à Pandemic, jeu coopératif à l’issue risquée.

Table 6, dite « Le conte d’hiver » : Dans cette soirée bucolique comme un conte d’hiver, entre forêts et plantations, Marie-Anne s’impose à Ceylan devant Thomas, Olive et Marc, puis offre une revanche à Forêt mixe Dartmoor.

Table 7, dite « Le songe d’une nuit d’été » : Fred, Delphine et quelques autres rêvent de conquètes à Dune.

Table 8, dite « Tout est bien qui finit bien » : La dernière enquête de la dernière campagne de Sherlock Holmes : Détective conseil est annoncée, mais certains tardent à venir, rendant la tenue incertaine. Finalement, le miracle de leur arrivée se produit, on occupe une seule annexe, et l’équipe se reconstitue, sauf Thomas, exilé dans la grande salle. Il aura l’occasion de participer au grand final, car, malgré des efforts méritoires et le craquage de codes énigmatiques, l’équipe n’a pas conclu, et se réunira une dernière fois, avec lui, car on n’imagine pas d’autre fin. Tout sera bien qui finit bien.

Séance de VENDREDI 24/10/2025 à Servel

Le jeudi 24 octobre 1929 (« jeudi noir ») commence le krach boursier à New York. En quelques jours, l’indice principal qui avait augmenté de 500 % depuis le début des années 1920 perd presque la moitié de sa valeur. Cet événement marque le début de la Grande Dépression, la plus grande crise économique de l’Histoire, contribuant à déstabiliser l’économie allemande et ainsi favoriser indirectement l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler et du parti nazi à la suite du retrait brutal des capitaux américains d’Allemagne. La crise a également induit des déstabilisations en Amérique latine et ainsi mené à plusieurs coups d’États. La crise de 1929 est consécutive à une bulle spéculative, dont la genèse remonte au début de la décennie, amplifiée par un nouveau système d’achat à crédit d’actions nommé le call loan. Les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres avec une couverture de seulement 10 %. Le taux d’emprunt variant selon le taux d’intérêt à court terme, la pérennité du système dépend de la différence entre la hausse des actions et ce taux d’emprunt. A midi, l’indice a perdu 22,6%, mais le marché rebondit à la nouvelle que les banques vont intervenir pour soutenir les cours. Il clôture ainsi sur une perte limitée de 2,1%, mais ce n’est qu’un sursis: le lundi suivant, elles n’interviennent plus et les cours plongent. Le 13 novembre, il aura perdu 40% depuis le jeudi noir.

96 ans après, Parties Civiles reste une valeur sûre, aux effectifs orientés à la hausse ce vendredi avec de nouvelles recrues suite à la bulle ludique du festival Scorfel.

BoardGamesFlix - ThiefdomTable 1, dite « Déjà crack » : Alléchés par la promesse d’un nouveau jeu annoncée par Fred, François et Erwan, nouveau venu dans l’association, s’attablent à Thiefdom. Ce mot-valise entre thief, voleur, et chiefdom (chef-lieu) campe bien le thème: on voit des guildes de voleurs se développer dans un territoire urbain, à l’instar de celle formée en 1420 dans la vallée du Rhin qui sert d’introduction au jeu. Chaque guilde est formée de trois voleurs qui se déploient sur la carte, détroussent les nobles de passage mais aussi les policiers à leur recherche, et revendent ensuite leur butin dans différentes échoppes. En six manches, il s’agit donc d’optimiser ses déplacements, dont on planifie l’ordre au départ, pour éviter les bandes rivales et surtout éviter de se faire voir. François prend un bon départ, engrangeant quelques gains lucratifs sur des ventes de tableaux favorisés par une carte passe-muraille, mais sa voleuse Sylva se fait surprendre par un policier opportunément déplacé par Fred, et perd tous ses biens et son or. Ce coup du sort met un terme brutal à sa progression, il échoue finalement à 46. Fred, 52, le devance de peu, mais c’est Erwan, qui a fait feu de tout bois avec de jolies combinaisons et un crochet auquel les cadenas ne resistent pas, qui rafle la mise avec 58. On ne mettra pas ce triomphe sur le compte de la chance du débutant, ni sur une complaisance de bienvenue de ses adversaires (pas de ça à PC, bien sûr !) : au vu de sa maîtrise sur un jeu inconnu, cette première victoire en appelle d’autres pour notre nouveau crack.

Table 2, dite « Plongée profonde » : Thomas, Xel, Jérôme et Dom se retrouvent pour jouer à Abyss. Après un doute initial (serons-nous 5, ce qui nécessiterait l’extension Leviathan ?) le matériel est trié et c’est parti pour une partie raisonnablement courte. Très vite, Thomas semble avoir pris de l’avance sur le recrutement des Seigneurs (il faut dire que son timing est parfait, il s’ingénie à acheter quand il n’en reste que 3, déclenchant le bonus de 2 perles) tandis que Xel rattrape la quantité par la qualité (un qui rapporte une perle à chaque tour, un autre qui augmente le coût d’achat de 2 pour les adversaires, pourquoi se priver quand on peut nuire ?). Les Ambassadeurs se présentent groupés en fin de partie et ajoutent à un choix de Lieux pléthorique ; c’est Thomas qui siffle la fin en recrutant son septième Seigneur, les autres en ont six. Avec 2 jetons Monstre, il est solide dans tous les compartiments du score, alors que Jérôme est faible sur les lieux et Dom sur les Seigneurs. Il l’emporte logiquement avec 89 PV devant Dom 78, Jérôme 72 et Xel 65.

Ils poursuivent par trois parties de The Gang, un jeu de « poker coopératif » où, avec des possibilités de communication restreintes, il faut classer les mains de cinq cartes de chaque joueur par ordre de force. Chaque partie se joue en 3 manches gagnantes ou perdantes. Pour la première on essuie les plâtres et on apprend un langage commun, on arrive à 2-2 mais on échoue à la manche finale. La seconde partie est un désastre total avec un enchaînement de trois défaites. La dernière parvient de nouveau à 2-2 mais cette fois l’équipe triomphe dans la manche finale. Le jeu fonctionne bien mais frustre parfois quand deux mains de force identique sont départagées par le « kicker », c.a.d les cartes restantes en main, inconnues des autres.

Table 3, dite « Noir c’est noir » : la valse-hésitation de Franck sur Thiefdom l’amène sur cette table de Shards of Infinity, où il retrouve Faline, qui s’est elle dégagée de la table d’Abyss. De cette partie qui n’ira pas au bout, on retient la faillite collective de nos transfuges contre le mal.

Table 4, dite « Pari risqué » : Xof, Caroline, Marie-Christine et Julien osent défier Jack à Scythe. On a vu défi plus paisible, et à quelques encablures du final, il semblait bien que l’expérience allait logiquement prendre le dessus.

Table 5, dite « Panique collective » : Mickaël, hôte du soir, voit des invités indésirables (F.-R., OlivierB) assaillir sa demeure à Terrorscape Au final, ces derniers finissent par s’échapper.

Rock Hard 1977Table 6, dite « Année culte » : Encore un nouveau jeu à cette soirée, qui les inaugure: bienvenue dans Rock hard 1977, qui voit en compétition des musiciens prometteurs. De Younaël, Virginie, Sébastien, Caroline ou Corentin, on ne sait qui a été le maître chanteur, mais dans la vraie année 1977, c’était sans conteste Laurent Voulzy avec son Rockcollection !

Table 7, dite « Nuit blanche » : Les noctambules Fred et Mickaël se lancent entraîner par Dom dans une partie d’Innovation, un jeu qu’on ne présente plus, auquel ils ont joué peu et il y longtemps. La revue des règles et rapide et on démarre avec un Mickaël qui a très vite un tableau avec les cinq couleurs de cartes et riche en icônes. Dom illustre comment utiliser les dogmes de Coopération avec la Monnaie : chacun score au moins 5 points d’influence mais c’est lui qui peut mettre la main dans la foulée sur les âges 1 et 2. Les piles commencent à se décaler et des cartes agressives entrent en jeu : Fred utilise la Poudre pour amoindrir le tableau de Mickaël et récupérer l’âge 5 ; Dom qui n’est fort qu’en Couronnes utilise le Code des Pirates pour enrichir son influence aux dépends de celle des autres et parvenir ainsi à dominer les âges 3 et 4. Mickaël s’y met aussi avec Anatomie puis Emancipation qui l’amènent au-delà des 30 points d’influence. Oui mais s’il domine l’age 6 ainsi, Dom qui a 40 d’influence piochera une 7 et n’aura plus qu’à la mettre en jeu pour atteindre la cinquième domination qui donne la victoire. Refusant l’inéluctable, il tente une autre manœuvre s’appuyant sur la Machine à Vapeur : il faut qu’il pioche une jaune pour scorer l’âge 6 avant Dom. Malheureusement sans succès, et Dom met fin à cette partie de (re)découverte.

Séance de VENDREDI 06/06/2025 à Buhulien

En ce 6 juin, un débarquement était au programme pour Parties Civiles, délocalisé de Servel à Buhulien, et la salle Yves Le Faucheur dont la décoration nous replonge illico dans l’atmosphère du jeune vingtième siècle. Ce périple n’a pas fait peur à nos valeureux adhérents, certains n’hésitant pas, toutes proportions gardées bien sûr, à jouer au jour le plus long.

Table 1, dite « Débarquement imprévu » : Ark Nova, c’est sans modération pour Steven, Mickaël et OlivierB. Mickaël se voit vainqueur mais il se fait déborder par Steven, qui débarque sur la fin du fin fond du classement dans un retournement de situation inouï !

Table 2, dite « Un jour cylon » : C’est le grand retour pour Battelstar Galactica, qui voit se presser à sa table ses adeptes bien, connus, tels F.-R., Xel, Jérôme, Armand, Hélène venue voir et Xof. Pas moins de trois cylons ont été détectés dans cette partie, dont un compatisssant, et avec un niveau de carburant réduit au minimum, la ballade a été fatale aux humains. Les Cylons en la personne de Xel et Jérôme ont fait un massacre et envahi tout le vaisseau en privant les autres de nourriture, d’énergie et de Netflix ! La table poursuit avec Bomb busters, cette fois c’est coopératif et ils arrivent à bout du scénario 16. Enfin en fin de soirée c’est Château Combo qui fait un dernier tour de piste avec les trois restants.

Table 3, dite « Terrain mouvant » : De la logique et de la bonne humeur à cette table de Almost Innocent, qui réunissait Nolwenn, Younaël et François. Après un tour de chauffe, l’équipe enchaîne les succès et les difficultés, y compris sur les terrains mouvants où des indices occupent plusieurs cases.

Table 4, dite « Devine où je suis » : La table 1 accueille Mickaël et Steven pour un jeu de poker menteur collectif, The gang, où la psychologie joue plus que les cartes, tout l’enjeu étant de deviner la force des mains des joueurs, classée de 1 à 5, dans un mécanisme de gradation où la rivière s’enrichit à chaque tour, mais peut-être moins que la chance. Ce « devine où je suis » se traduisit par un échec collectif par deux fois, mais, à l’inverse des puissances de l’axe qui attendaient un débarquement allié au nord, toujours dans l’allégresse.

Table 5, dite « Planification avancée » : Au programme de la soirée : découverte de ARCS, le dernier jeu de Cole Wehrle, par Fred, Gérard et Dom qui se sont tous trois frottés à son très original (et complexe) jeu de négociations legacy : Oath.

On retrouve indéniablement la patte de l’auteur dans la demi-douzaine de conditions pour marquer des points qu’il faut explicitement activer, dans les cartes permanentes puissantes qu’on peut se faire voler et dans la mécanique de combat qui se retrouve quelque part à mi-chemin de complexité entre Root et Oath : chaque unité attaquante donne droit à un dé et le joueur choisit pour chaque entre trois types de dés qui sont plus ou moins risqués et orientés vers la destruction ou le pillage.

L’autre originalité du jeu est la façon de choisir ses actions à chaque tour, inspirée des jeux de plis. On distribue des cartes allant de 2 à 6 en 4 « couleurs », chaque couleur ne permettant que deux ou trois actions (construire, se déplacer, attaquer, produire etc.). Il est important d’être premier joueur car on détermine la couleur du tour : ceux qui ne peuvent monter n’exécutent qu’une seule action, contre deux à quatre sinon, et c’est la plus forte carte dans la couleur qui détermine qui devient premier joueur. On peut aussi devenir premier joueur en sacrifiant une carte (et donc en jouant un tour de moins). Autant dire que c’est un jeu 3X (expand/exploit/exterminate) avec une couche de contraintes ajoutée sur le nombre et le type des actions qu’on peut faire.

C’était une partie de découverte donc tous ont tâtonné sur la voie à suivre. Ce qui est sûr c’est que la partie se joue en 3 à 5 manches et finit quand un joueur atteint 30 points (la valeur des décomptes augmente à chaque manche ce qui permet des retours spectaculaires d’un joueur à la traîne). Gérard a commencé par bloquer les mouvements de Dom qui a répondu par une attaque immédiate (« il faut bien tester le système de combat »). Gérard a ensuite commencé une collection de cartes puissantes, dont une qui a fait grincer des dents par sa puissance apparente lui permettant de prendre la tête à la fin de la première manche. On prend en main le jeu et au cours de la troisième manche c’est Dom qui arrive à scorer sur les trois conditions activées, le voici à 29 PV contre 17 à Gérard et 9 à Fred. A un point près c’était fini et, à la quatrième manche, c’est Gérard qui score fort et remonte à 26 PV, Dom fait du surplace en construisant un coup compliqué qui lui permet de scorer … zéro. Enfin à la cinquième manche, grâce à peu de choses (un otage et un trophée), Dom, bien aidé par ses bonus dus au fait qu’il a construit toutes ses villes fait un grand bond et l’emporte avec 47 PV contre 26 à Gérard et 21 à Fred.