Séance de VENDREDI 28/11/2025 à Servel

Le 28 novembre 1582, William Shakespeare se réveille mari. La veille, âgé de dix-huit ans, il a convolé avec Anne Hathaway, la fille d’un yeoman de Shottery, âgée de vingt-six ans. Le consistoire du diocèse de Worcester émit un certificat de mariage ce même jour, autorisant la célébration des noces après seulement une publication des bans au lieu de trois, et alors que l’époux est encore mineur au regard de la loi. Et le 28, deux voisins de Hathaway certifient qu’il n’existe aucun empêchement légal à cette union, la rendant indéfectible. Cette précipitation s’explique par l’état de son épouse, qui accouche six mois plus tard d’une fille, Susanna.

Dans son testament, William Shakespeare n’a légué à son épouse que son « deuxième meilleur lit avec les meubles » quand, légalement, elle avait droit au tiers de ses biens. On a longtemps pris cela comme un camouflet et la preuve qu’il n’aimait pas sa femme, mais, dans les foyers élisabéthains, si le “best bed” était souvent le lit d’apparat, réservé aux invités importants, le “second-best bed” était généralement le lit conjugal, où le couple avait vécu. Ce legs est aujourd’hui interprété non comme un camouflet, mais comme un legs sentimental, un souvenir du lit conjugal — peut-être celui où ils avaient commencé leur vie commune.

Quelques années plus tard, pas moins de huit unions ludiques étaient célébrées à Parties Civiles.

Table 1, dite « La comédie des erreurs » : Petite table entre amis à The Gang avec Gilles, OlivierB, Armand, Xel et Jérôme. Ils ont connu des fortunes diverses, perdant plus de parties qu’ils n’en gagnèrent.

Table 2, dite « Beaucoup de bruit pour rien » : Younaël, Corentin et Cindy s’attablent à Culte. L’issue nous en est incertaine.

Table 3, dite « Jules César » : Notre ancien Président se remet à fréquenter nos tables, et, en tout seigneur tout honneur, se voit gratifié d’une offrande à sa mesure: une partie de Caylus, qu’il s’adjuge (106) comme il se doit, devançant Tristan, 93, et Mickaël, 85. Une victoire impériale, donc, mais à El Dorado, il cède le pas au divin Tristan. « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » pourrait être la morable biblique de cette table.

Table 4, dite « Comme il vous plaira » : à cette table, on multiplie les plaisirs.  OlivierL, Nolwenn et Lionel se font hacher menu par Elie à Scythe, puis tentent de prendre leur revanche à Aeon’s end, mais sans succès, car leur vainqueur a bifurqué.

Table 5, dite « La tempête » : Pierre, Faline, et Elie tentent de sauver le monde d’une tempête d’épidémies à Pandemic, jeu coopératif à l’issue risquée.

Table 6, dite « Le conte d’hiver » : Dans cette soirée bucolique comme un conte d’hiver, entre forêts et plantations, Marie-Anne s’impose à Ceylan devant Thomas, Olive et Marc, puis offre une revanche à Forêt mixe Dartmoor.

Table 7, dite « Le songe d’une nuit d’été » : Fred, Delphine et quelques autres rêvent de conquètes à Dune.

Table 8, dite « Tout est bien qui finit bien » : La dernière enquête de la dernière campagne de Sherlock Holmes : Détective conseil est annoncée, mais certains tardent à venir, rendant la tenue incertaine. Finalement, le miracle de leur arrivée se produit, on occupe une seule annexe, et l’équipe se reconstitue, sauf Thomas, exilé dans la grande salle. Il aura l’occasion de participer au grand final, car, malgré des efforts méritoires et le craquage de codes énigmatiques, l’équipe n’a pas conclu, et se réunira une dernière fois, avec lui, car on n’imagine pas d’autre fin. Tout sera bien qui finit bien.

Séance de VENDREDI 24/10/2025 à Servel

Le jeudi 24 octobre 1929 (« jeudi noir ») commence le krach boursier à New York. En quelques jours, l’indice principal qui avait augmenté de 500 % depuis le début des années 1920 perd presque la moitié de sa valeur. Cet événement marque le début de la Grande Dépression, la plus grande crise économique de l’Histoire, contribuant à déstabiliser l’économie allemande et ainsi favoriser indirectement l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler et du parti nazi à la suite du retrait brutal des capitaux américains d’Allemagne. La crise a également induit des déstabilisations en Amérique latine et ainsi mené à plusieurs coups d’États. La crise de 1929 est consécutive à une bulle spéculative, dont la genèse remonte au début de la décennie, amplifiée par un nouveau système d’achat à crédit d’actions nommé le call loan. Les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres avec une couverture de seulement 10 %. Le taux d’emprunt variant selon le taux d’intérêt à court terme, la pérennité du système dépend de la différence entre la hausse des actions et ce taux d’emprunt. A midi, l’indice a perdu 22,6%, mais le marché rebondit à la nouvelle que les banques vont intervenir pour soutenir les cours. Il clôture ainsi sur une perte limitée de 2,1%, mais ce n’est qu’un sursis: le lundi suivant, elles n’interviennent plus et les cours plongent. Le 13 novembre, il aura perdu 40% depuis le jeudi noir.

96 ans après, Parties Civiles reste une valeur sûre, aux effectifs orientés à la hausse ce vendredi avec de nouvelles recrues suite à la bulle ludique du festival Scorfel.

BoardGamesFlix - ThiefdomTable 1, dite « Déjà crack » : Alléchés par la promesse d’un nouveau jeu annoncée par Fred, François et Erwan, nouveau venu dans l’association, s’attablent à Thiefdom. Ce mot-valise entre thief, voleur, et chiefdom (chef-lieu) campe bien le thème: on voit des guildes de voleurs se développer dans un territoire urbain, à l’instar de celle formée en 1420 dans la vallée du Rhin qui sert d’introduction au jeu. Chaque guilde est formée de trois voleurs qui se déploient sur la carte, détroussent les nobles de passage mais aussi les policiers à leur recherche, et revendent ensuite leur butin dans différentes échoppes. En six manches, il s’agit donc d’optimiser ses déplacements, dont on planifie l’ordre au départ, pour éviter les bandes rivales et surtout éviter de se faire voir. François prend un bon départ, engrangeant quelques gains lucratifs sur des ventes de tableaux favorisés par une carte passe-muraille, mais sa voleuse Sylva se fait surprendre par un policier opportunément déplacé par Fred, et perd tous ses biens et son or. Ce coup du sort met un terme brutal à sa progression, il échoue finalement à 46. Fred, 52, le devance de peu, mais c’est Erwan, qui a fait feu de tout bois avec de jolies combinaisons et un crochet auquel les cadenas ne resistent pas, qui rafle la mise avec 58. On ne mettra pas ce triomphe sur le compte de la chance du débutant, ni sur une complaisance de bienvenue de ses adversaires (pas de ça à PC, bien sûr !) : au vu de sa maîtrise sur un jeu inconnu, cette première victoire en appelle d’autres pour notre nouveau crack.

Table 2, dite « Plongée profonde » : Thomas, Xel, Jérôme et Dom se retrouvent pour jouer à Abyss. Après un doute initial (serons-nous 5, ce qui nécessiterait l’extension Leviathan ?) le matériel est trié et c’est parti pour une partie raisonnablement courte. Très vite, Thomas semble avoir pris de l’avance sur le recrutement des Seigneurs (il faut dire que son timing est parfait, il s’ingénie à acheter quand il n’en reste que 3, déclenchant le bonus de 2 perles) tandis que Xel rattrape la quantité par la qualité (un qui rapporte une perle à chaque tour, un autre qui augmente le coût d’achat de 2 pour les adversaires, pourquoi se priver quand on peut nuire ?). Les Ambassadeurs se présentent groupés en fin de partie et ajoutent à un choix de Lieux pléthorique ; c’est Thomas qui siffle la fin en recrutant son septième Seigneur, les autres en ont six. Avec 2 jetons Monstre, il est solide dans tous les compartiments du score, alors que Jérôme est faible sur les lieux et Dom sur les Seigneurs. Il l’emporte logiquement avec 89 PV devant Dom 78, Jérôme 72 et Xel 65.

Ils poursuivent par trois parties de The Gang, un jeu de « poker coopératif » où, avec des possibilités de communication restreintes, il faut classer les mains de cinq cartes de chaque joueur par ordre de force. Chaque partie se joue en 3 manches gagnantes ou perdantes. Pour la première on essuie les plâtres et on apprend un langage commun, on arrive à 2-2 mais on échoue à la manche finale. La seconde partie est un désastre total avec un enchaînement de trois défaites. La dernière parvient de nouveau à 2-2 mais cette fois l’équipe triomphe dans la manche finale. Le jeu fonctionne bien mais frustre parfois quand deux mains de force identique sont départagées par le « kicker », c.a.d les cartes restantes en main, inconnues des autres.

Table 3, dite « Noir c’est noir » : la valse-hésitation de Franck sur Thiefdom l’amène sur cette table de Shards of Infinity, où il retrouve Faline, qui s’est elle dégagée de la table d’Abyss. De cette partie qui n’ira pas au bout, on retient la faillite collective de nos transfuges contre le mal.

Table 4, dite « Pari risqué » : Xof, Caroline, Marie-Christine et Julien osent défier Jack à Scythe. On a vu défi plus paisible, et à quelques encablures du final, il semblait bien que l’expérience allait logiquement prendre le dessus.

Table 5, dite « Panique collective » : Mickaël, hôte du soir, voit des invités indésirables (F.-R., OlivierB) assaillir sa demeure à Terrorscape Au final, ces derniers finissent par s’échapper.

Rock Hard 1977Table 6, dite « Année culte » : Encore un nouveau jeu à cette soirée, qui les inaugure: bienvenue dans Rock hard 1977, qui voit en compétition des musiciens prometteurs. De Younaël, Virginie, Sébastien, Caroline ou Corentin, on ne sait qui a été le maître chanteur, mais dans la vraie année 1977, c’était sans conteste Laurent Voulzy avec son Rockcollection !

Table 7, dite « Nuit blanche » : Les noctambules Fred et Mickaël se lancent entraîner par Dom dans une partie d’Innovation, un jeu qu’on ne présente plus, auquel ils ont joué peu et il y longtemps. La revue des règles et rapide et on démarre avec un Mickaël qui a très vite un tableau avec les cinq couleurs de cartes et riche en icônes. Dom illustre comment utiliser les dogmes de Coopération avec la Monnaie : chacun score au moins 5 points d’influence mais c’est lui qui peut mettre la main dans la foulée sur les âges 1 et 2. Les piles commencent à se décaler et des cartes agressives entrent en jeu : Fred utilise la Poudre pour amoindrir le tableau de Mickaël et récupérer l’âge 5 ; Dom qui n’est fort qu’en Couronnes utilise le Code des Pirates pour enrichir son influence aux dépends de celle des autres et parvenir ainsi à dominer les âges 3 et 4. Mickaël s’y met aussi avec Anatomie puis Emancipation qui l’amènent au-delà des 30 points d’influence. Oui mais s’il domine l’age 6 ainsi, Dom qui a 40 d’influence piochera une 7 et n’aura plus qu’à la mettre en jeu pour atteindre la cinquième domination qui donne la victoire. Refusant l’inéluctable, il tente une autre manœuvre s’appuyant sur la Machine à Vapeur : il faut qu’il pioche une jaune pour scorer l’âge 6 avant Dom. Malheureusement sans succès, et Dom met fin à cette partie de (re)découverte.

Séance de VENDREDI 06/06/2025 à Buhulien

En ce 6 juin, un débarquement était au programme pour Parties Civiles, délocalisé de Servel à Buhulien, et la salle Yves Le Faucheur dont la décoration nous replonge illico dans l’atmosphère du jeune vingtième siècle. Ce périple n’a pas fait peur à nos valeureux adhérents, certains n’hésitant pas, toutes proportions gardées bien sûr, à jouer au jour le plus long.

Table 1, dite « Débarquement imprévu » : Ark Nova, c’est sans modération pour Steven, Mickaël et OlivierB. Mickaël se voit vainqueur mais il se fait déborder par Steven, qui débarque sur la fin du fin fond du classement dans un retournement de situation inouï !

Table 2, dite « Un jour cylon » : C’est le grand retour pour Battelstar Galactica, qui voit se presser à sa table ses adeptes bien, connus, tels F.-R., Xel, Jérôme, Armand, Hélène venue voir et Xof. Pas moins de trois cylons ont été détectés dans cette partie, dont un compatisssant, et avec un niveau de carburant réduit au minimum, la ballade a été fatale aux humains. Les Cylons en la personne de Xel et Jérôme ont fait un massacre et envahi tout le vaisseau en privant les autres de nourriture, d’énergie et de Netflix ! La table poursuit avec Bomb busters, cette fois c’est coopératif et ils arrivent à bout du scénario 16. Enfin en fin de soirée c’est Château Combo qui fait un dernier tour de piste avec les trois restants.

Table 3, dite « Terrain mouvant » : De la logique et de la bonne humeur à cette table de Almost Innocent, qui réunissait Nolwenn, Younaël et François. Après un tour de chauffe, l’équipe enchaîne les succès et les difficultés, y compris sur les terrains mouvants où des indices occupent plusieurs cases.

Table 4, dite « Devine où je suis » : La table 1 accueille Mickaël et Steven pour un jeu de poker menteur collectif, The gang, où la psychologie joue plus que les cartes, tout l’enjeu étant de deviner la force des mains des joueurs, classée de 1 à 5, dans un mécanisme de gradation où la rivière s’enrichit à chaque tour, mais peut-être moins que la chance. Ce « devine où je suis » se traduisit par un échec collectif par deux fois, mais, à l’inverse des puissances de l’axe qui attendaient un débarquement allié au nord, toujours dans l’allégresse.

Table 5, dite « Planification avancée » : Au programme de la soirée : découverte de ARCS, le dernier jeu de Cole Wehrle, par Fred, Gérard et Dom qui se sont tous trois frottés à son très original (et complexe) jeu de négociations legacy : Oath.

On retrouve indéniablement la patte de l’auteur dans la demi-douzaine de conditions pour marquer des points qu’il faut explicitement activer, dans les cartes permanentes puissantes qu’on peut se faire voler et dans la mécanique de combat qui se retrouve quelque part à mi-chemin de complexité entre Root et Oath : chaque unité attaquante donne droit à un dé et le joueur choisit pour chaque entre trois types de dés qui sont plus ou moins risqués et orientés vers la destruction ou le pillage.

L’autre originalité du jeu est la façon de choisir ses actions à chaque tour, inspirée des jeux de plis. On distribue des cartes allant de 2 à 6 en 4 « couleurs », chaque couleur ne permettant que deux ou trois actions (construire, se déplacer, attaquer, produire etc.). Il est important d’être premier joueur car on détermine la couleur du tour : ceux qui ne peuvent monter n’exécutent qu’une seule action, contre deux à quatre sinon, et c’est la plus forte carte dans la couleur qui détermine qui devient premier joueur. On peut aussi devenir premier joueur en sacrifiant une carte (et donc en jouant un tour de moins). Autant dire que c’est un jeu 3X (expand/exploit/exterminate) avec une couche de contraintes ajoutée sur le nombre et le type des actions qu’on peut faire.

C’était une partie de découverte donc tous ont tâtonné sur la voie à suivre. Ce qui est sûr c’est que la partie se joue en 3 à 5 manches et finit quand un joueur atteint 30 points (la valeur des décomptes augmente à chaque manche ce qui permet des retours spectaculaires d’un joueur à la traîne). Gérard a commencé par bloquer les mouvements de Dom qui a répondu par une attaque immédiate (« il faut bien tester le système de combat »). Gérard a ensuite commencé une collection de cartes puissantes, dont une qui a fait grincer des dents par sa puissance apparente lui permettant de prendre la tête à la fin de la première manche. On prend en main le jeu et au cours de la troisième manche c’est Dom qui arrive à scorer sur les trois conditions activées, le voici à 29 PV contre 17 à Gérard et 9 à Fred. A un point près c’était fini et, à la quatrième manche, c’est Gérard qui score fort et remonte à 26 PV, Dom fait du surplace en construisant un coup compliqué qui lui permet de scorer … zéro. Enfin à la cinquième manche, grâce à peu de choses (un otage et un trophée), Dom, bien aidé par ses bonus dus au fait qu’il a construit toutes ses villes fait un grand bond et l’emporte avec 47 PV contre 26 à Gérard et 21 à Fred.

Séance de VENDREDI 09/05/2025 à Servel

Le film « Vendredi 13 » sort le 9 mai 1980, un vendredi. Bien qu’éreinté par la critique, le film à petit budget est joliment rentable et renouvelle durablement le genre du film d’horreur ; inévitablement des suites seront tournées, pour un total de 12 dans la série. Le film se passe dans un camp de vacances qui a été fermé suite à un drame et qui rouvre 20 ans plus tard malgré des rumeurs dans le village. Mais les moniteur.ices se font trucider par des moyens variés allant de la flèche à l’arme blanche en passant par la hache. Les jeux de plateau y tiennent aussi une place sous la forme d’une partie de strip Monopoly. Le film a innové par son approche des personnages en donnant plus d’épaisseur au meurtrier qu’aux victimes. 45 ans plus tard, nous sommes de nouveau un vendredi mais tous les participants de la soirée semblent être rentrés indemnes -un doute cependant sur Olive qui ne s’est pas présenté bien qu’inscrit, faut-il prévenir la gendarmerie ?-.

Table 1, dite « Victimes » : Poursuite de la campagne de longue haleine de Cthulhu Death may Die avec F-R, OlivierB et Jérôme, Armand s’étant excusé. Ce soir ça ne voulait pas : ils ont fait deux fois le même scénario et ont nettement échoué les deux fois, la première fois en un quart d’heure (« la mise en place a été plus longue que la partie »).

Table 2, dite « Suspense » : Dans le bocal on ne vous entend pas naviguer (dans l’espace). Poursuite de la campagne de longue haleine de ISS Vanguard de Fabrice, Xel, Samuel et Stéven. Une éruption solaire a brouillé la transmission d’informations relatives à cet épisode.

Table 3, dite « Armes blanches » : Mickaël, Frank et Xof jouent au Château Blanc. Le premier maîtrise déjà bien mais en général le dernier apprend vite. C’est effectivement entre ces deux-là que la partie se départage, leurs jardiniers (armés de rateaux aiguisés) leur donnant le supplément de point pour occuper les deux premières places. Et c’est Mickaël qui prend le meilleur avec environ 44 PV.

Table 4, dite « Jeux pour grands » : Faline ressort Vale of Eternity où la rejoignent Pierre-Yves et VHN. Un jeu où on construit un tableau de cartes en recherchant des combos et en cherchant à trouver des revenus pour mettre en jeu de nouvelles cartes (au pire on peut vendre tout ou partie des cartes choisies au début du tour). Classiquement on retrouve trois familles d’effets de cartes : à la pose, scoring de fin de tour et pouvoir permanent. La partie a été une belle illustration de la fable du lièvre et des tortues. Dom a commencé à grappiller des points dès le début mais au prix de la vente de cartes puissantes et de l’absence d’un « fond de tableau » solide (alors que Faline et P-Y voient l’argent ruisseler à la fin de chaque tour). Avec 51 PV et une quinzaine de points d’avance sur les autres au début du dernier tour (la partie finit quand quelqu’un atteint 60), il sait qu’il peut marquer encore une dizaine de points. C’était sans compter sur P-Y qui telle la tortue de la fable met en jeu une carte (Yuki-Omnia) qui combinée à une autre  lui permet de vendre sa fortune pour 36 points ! Le voilà à 70 PV, contemplant sa victoire d’un air modeste. Faline a scoré gros dans les deux derniers tours et finit elle aussi au-delà de 60.

On a encore faim de jeu et voila la Gloire de Rome qui atterit sur la table. P-Y a déjà joué et est motivé et Faline se laisse convaincre. Dom construit tôt le bâtiment qui étend sa main de 4 cartes tandis que P-Y met un peu plus de temps à mettre en service le puissant Ludus Magnus (chaque client Marchand peut jouer n’importe que rôle) et que Faline construit à un bon rythme. Mais Dominus Imperator agrandit sa clientèle et déploie des actions de plus en plus puissantes. Il épuise les 3 derniers chantiers urbains, fin de partie immédiate. C’est le seul à avoir stocké des cartes dans sa chambre forte et il marque 29 PV (14 bâtiments + 15 matériaux) contre 11+0 à Faline et 8+0 pour P-Y.

On a encore faim de jeu et P-Y souhaite découvrir Forêt Mixte dont l’extension avec les arbustes a été intégrée à la boîte. Les autres obligent et les voilà repartis. La troisième carte hiver était quasiment au fond de la pioche donc plus de cartes que la moyenne ont été jouées et les scores le reflètent. Dom et Faline ont eu des stratégies similaires au point de se gêner (beaucoup d’arbres et d’oiseaux, plus une grande famille de sangliers pour Dom) alors que P-Y a multiplié les papillons et les lièvres/renards dans une forêt moins dense mais avec une grotte à 15 cartes. Etonnament les scores se retrouvent ultra-proches : P-Y 250, Dom 248 et Faline 236.

Table 5, dite « Camp de vacances » : Les veille-tard des tables 1 à 3 se lancent dans le jeu coopératif The Gang. Pas commode, sur quatre parties ils ont en perdu trois. Il faudra faire un remake.

Séance de DIMANCHE 09/03/2025 à Servel

Je n’étais rien ce jour-là qu’une silhouette claire dans une rue, peuplée de salles obscures. Des boîtes trainaient sur un bureau, des pâtisseries, manifestement faites maison, peuplaient une morne table blanche en guise d’étal, non loin un café s’égouttait. Je fis quelques pas et des plateaux chamarrés m’apparurent. Dans mon souvenir, il y avait de grandes avenues, des tracés rectilignes, et surtout des touches de couleur. Une ombre me confia que c’était Barcelona, qu’on y revisitait la cité catalane sur les traces de Gaùdi et Cerda, et, dans un souffle, je perçus: « c’est un petit bijou ».  Ai-je cru voir des joueurs de football américain en découdre ? Un mirage plutôt, par contre j’eus la vision distincte d’une bande redoutable, qui avait pris le nom de The gang. Je m’approchai, captant les rires déformant des visages boutonneux: ils donnaient bien le change, dans le vestiaire de l’enfance. Je pris congé. Dehors, tout était léger et inconscient, comme le ciel d’un dimanche d’août quand il est clair. Au coeur de la nuit, le téléphone me fit sursauter. J’entendis une voix métallique comme venue du fond des âges. Je vous parle du vaisseau Battlestar Galactica, disait-elle. Un cylon a été révélé, il est en prison. Il vous attend, contre caution. Je m’emparai du bottin pour y lire que le dernier bus pour Sèvres avait cessé de circuler. De toutes façons, je n’avais pas une telle somme. Je sombrai dans le sommeil, rêvant de Salvador Dali et de chocolat Lanvin.