En 1509, Afonso de Albuquerque prend son poste de gouverneur de l’Inde portugaise. Il envisage la possibilité de prendre le contrôle du commerce dans l’océan Indien en verrouillant trois détroits-clés : Aden, Ormuz et Malacca, tous trois contrôlés par des pouvoirs musulmans (arabes, perses et malais). Au préalable, il lui faut une base terrestre d’où mener ses opérations. Alors qu’il se prépare à attaquer en mer Rouge, il apprend d’un pirate de la côte de Malabar qu’un sultan indien assemble une flotte de combat près de Goa, ville dont la population hindoue est depuis 15 ans sous le joug de souverains musulmans. Albuquerque change ses plans et fait voile vers Goa qu’il attaque : après la capture d’un fort les notables acceptent un changement de régime leur garantissant la liberté religieuse et le 17 février 1510 le Portugal prend possession de la ville qu’il se met immédiatement à fortifier, craignant une contre-attaque. Celle-ci vient en mai et le 31 mai les portugais doivent abandonner la ville mais leurs bateaux restent coincés dans l’estuaire par les orages de mousson, sous le feu des canons de Goa. Ils se refont et se renforcent pendant l’été et le 24 novembre les voilà de retour sous ses remparts. Bien équipés, les portugais et leurs alliés bloquent la fermeture des portes de la ville, après quelques heures les défenseurs sont en déroute. Cette fois les musulmans sont tués et leurs propriétés mises à sac. C’est la première fois depuis Alexandre le Grand que des européens ont conquis des terres en Inde. En trente ans la ville, point focal du commerce des épices, atteindra 200000 habitants mais sera abandonnée après une série d’épidémies au XVIIIe siècle.
Table 1, dite « Ivres d’épice » : Jack, Caroline, Corentin et BenjaminG jouent à Dune Imperium. Cela se frictionne bien jusqu’au dernier combat que Jack remporte devant un Benjamin déconfit, mais il est à 9 PV avec Corentin (il en faut 10 pour mettre fin au jeu). Ce dernier abat une carte qui lui ajoute 2 PV, et il a aussi dans son deck deux cartes « l’épice doit couler » qui valent encore 2 points, il l’emporte avec 13 PV devant Jack puis Benjamin et Caroline.
Table 2, dite « Souverains indiens » : Rajas of the Ganges au menu pour Olive, Xel, François et Dom. Olive et Dom prennent le meilleur départ sur la piste des roupies ce qui leur donne accès en premier à leur quatrième ouvrier. Dom oriente son jeu vers la construction de marchés et avance peu sur la rivière. Olive, lui, ne construira que deux marchés, leur préférant les bâtiments rapportant des points de prestige. Il s’ingénie aussi à monopoliser le rôle de premier joueur au grand dam de Xel qui est à sa droite. La partie avance bien, Dom commence à entrevoir le croisement de ses deux pistes (roupies et prestige) en continuant à mener sur l’argent mais Olive construit une tuile qui le fait bondir de 8 points de prestige, lui aussi approche du croisement. Tout le monde n’a plus que son cinquième ouvrier à jouer, il ne manque que 3 roupies à Dom pour croiser et il a au moins deux façons de les obtenir. Faute du dé orange qui va bien, Olive n’arrive pas à progresser assez dans sa dernière action. Dom plie ainsi la partie avec un écart de +1 entre les deux pistes, contre -5 à Olive, -39 à Xel et -68 à François.
Après The Ganges, The Gang où Younaël les rejoint. Alternant entre les hauts et les bas au milieu de remarques acides sur la « bonne » façon de communiquer, la petite bande arrache une victoire sur le fil par 3 à 2, pas si mal à 5 joueurs hétérogènes. Younaël indique qu’il démarre souvent les parties avec deux cartes handicapantes, on n’en est pas là !
Table 3, dite « Empire conquérant » : Celui-là cela faisait un bon moment qu’on ne l’avait pas vu. C’est un classique mais Race for the Galaxy est-il trop simple (« Pas assez cher, mon fils ! ») pour les goûts actuels du marché ? Que des cartes (et une poignée de jetons de PV) dans une boite pas trop grande (et non ce n’est pas une œuvre de Carl Chudyk) mais de multiples façons de développer une stratégie en fonction de sa planète de départ et des nombreuses cartes qu’on voit passer au cours de la partie, et l’importance d’anticiper les actions que les autres vont choisir à chaque tour (tous les joueurs exécutent chaque action choisie au moins une fois, avec un bonus pour celui qui l’a jouée). Les joueurs, justement, sont Olive, Younaël, Corentin et VHN. Pour cette redécouverte Corentin se révèle le connaître parfaitement, il développe une stratégie de production autour de cartes marron complétées par deux développements de valeur 6 (« c’est ces cartes qui font gagner » avait-il pris soin de rappeler lors de l’explication). Dom a rushé la fin de partie en construisant le premier 12 cartes dans son tableau, seul Olive qui a tenté une stratégie militaire y parvient aussi. La marque finale est de 38 PV pour Corentin, Dom 34, Olive 30, Younaël 25.




Table 1, dite « Déjà crack » : Alléchés par la promesse d’un nouveau jeu annoncée par Fred, François et Erwan, nouveau venu dans l’association, s’attablent à Thiefdom. Ce mot-valise entre thief, voleur, et chiefdom (chef-lieu) campe bien le thème: on voit des guildes de voleurs se développer dans un territoire urbain, à l’instar de celle formée en 1420 dans la vallée du Rhin qui sert d’introduction au jeu. Chaque guilde est formée de trois voleurs qui se déploient sur la carte, détroussent les nobles de passage mais aussi les policiers à leur recherche, et revendent ensuite leur butin dans différentes échoppes. En six manches, il s’agit donc d’optimiser ses déplacements, dont on planifie l’ordre au départ, pour éviter les bandes rivales et surtout éviter de se faire voir. François prend un bon départ, engrangeant quelques gains lucratifs sur des ventes de tableaux favorisés par une carte passe-muraille, mais sa voleuse Sylva se fait surprendre par un policier opportunément déplacé par Fred, et perd tous ses biens et son or. Ce coup du sort met un terme brutal à sa progression, il échoue finalement à 46. Fred, 52, le devance de peu, mais c’est Erwan, qui a fait feu de tout bois avec de jolies combinaisons et un crochet auquel les cadenas ne resistent pas, qui rafle la mise avec 58. On ne mettra pas ce triomphe sur le compte de la chance du débutant, ni sur une complaisance de bienvenue de ses adversaires (pas de ça à PC, bien sûr !) : au vu de sa maîtrise sur un jeu inconnu, cette première victoire en appelle d’autres pour notre nouveau crack.
Table 6, dite « Année culte » : Encore un nouveau jeu à cette soirée, qui les inaugure: bienvenue dans Rock hard 1977, qui voit en compétition des musiciens prometteurs. De Younaël, Virginie, Sébastien, Caroline ou Corentin, on ne sait qui a été le maître chanteur, mais dans la vraie année 1977, c’était sans conteste Laurent Voulzy avec son Rockcollection !