Séance de VENDREDI 28/08/2026 à Servel

Léopoldine Hugo, fille de Victor et ainée après la mort en bas âge d’un frère, naquit le 28 août 1824. A 14 ans, elle est demandée en mariage par Victor Hennequin mais elle lui préfère Charles Vacquerie. Tous deux ont sept ans de plus et le papa estime qu’elle est un peu jeune pour se marier. L’union a lieu à ses 18 ans. Quelques mois plus tard, le 2 septembre 1843, le couple embarque à Villequier avec l’oncle du mari, marin expérimenté, pour un court trajet sur la Seine dans le canot qu’il vient d’acquérir. Hélas un coup de vent (d’autres évoquent un mascaret) retourne le canot. Léopoldine est coincée sous le canot et par ses vêtements, son mari tente de l’extraire en plongeant mais la voyant se noyer il finit par se laisser lui-même couler. L’oncle périt aussi. Ce drame bouleverse le destin de la famille : Victor, qui était en voyage, n’apprend que quatre jours plus tard la mort de sa fille adorée et on dit que le choc contribua aux problèmes de santé mentale dont souffrit toute sa vie sa petite sœur Adèle. Victor Hugo, changé à jamais, cesse de publier pendant dix ans et se lance dans le spiritisme. Plusieurs de ses poèmes évoquent Léopoldine, comme Demain dès l’aube et A Villequier dont voici un quatrain :

Le monde est sombre, ô Dieu ! l’immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L’homme n’est qu’un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Table 1, dite « Bateaux capricieux » : Caroline, Mickaël et Dom se lancent dans une partie de Bruges, un jeu que la première apprécie particulièrement (et recherche désespérément à un prix raisonnable) et que le deuxième découvre. Comme depuis un an, on inclut le module « Bateaux » tiré de l’extension et conseillé pour améliorer l’équilibrage. Mickaël commence par un joli premier coup qui lui assure deux tuiles Excellence à 4 PV. Les Désastres issus des lancers de dés font quelques dégâts, Caroline se focalise sur les canaux, Dom les utilise opportunistiquement pour avancer sur la place de la ville (il en atteindra le bout, une première en ces murs) et tout le monde développe son tableau de personnages. Le dernier tour fait grincer des dents : les dés sont tous de faible valeur ce qui limite les possibilités de récupérer de l’argent ; Dom grince parce que Mickaël a fait main basse sur les cartes jaunes, le privant d’un personnage scorant 5 PV tandis que Mickaël grince que la disette financière le prive de mettre en jeu un personnage scorant 10 PV. Tous décomptes faits, Dom l’emporte avec 60 PV devant Mickaël 50 et Caroline 38. Tout le monde est enthousiaste pour recommencer. Caroline se relance dans une stratégie « canaux » mais surtout fait dès l’entame main basse sur les ouvriers des autres avec son Mendiant. Il est probable que si elle les avait ensuite utilisés plus efficacement elle aurait remporté la partie. Ce qui est agréable c’est que les parties se développent toujours différemment, il n’y a pas de recette figée pour bien se débrouiller. Cette fois on aura vu un lancer de dés cruel avec uniquement des 5 et des 6 :  certes il permet de récupérer pas mal d’argent mais les Désastres tombent dru. Ayant obtenu deux tuiles Excellence, Dom s’arrache en tête avec 48 PV devant Caroline 44 et Mickaël 35. Le jeu a été réédité sous le nom de Hamburg avec des symboles remplaçant le texte des 165 cartes toutes différentes, bon courage.

Ils finissent la soirée en découvrant Botswana, un jeu tout simple remontant à l’âge d’or de Knizia (1994), récemment réédité avec un matériel de qualité limite excessif. Simple mais pas simpliste, tout est dans la façon et l’ordre dans lequel on joue ses cartes, quel message on envoie à travers ses choix et combien on essaie de bluffer. Malgré son thème de safari animalier, c’est en fait un jeu de manipulation de marché boursier. Au terme de trois manches, Dom repart les poches pleines avec 77 PV devant Caroline avec 64 puis Mickaël 56, victime de sa « girafe fatale » à la dernière manche.

Table 2, dite « Demain dès l’aube » : Dans l’espace on ne les entend pas surchauffer. Fred, Elie, Jack et Vincent se sont lancés il y a quelques semaines dans ARCS (déjà pas un jeu court) en mode campagne. Les cerveaux tournaient en mode overclocking pour prendre en compte les nouvelles règles et ils n’ont pas dû se coucher tôt. Peut-être ont-ils vu l’aube à Servel, ou même y sont-ils encore.

Table  3, dite « Sombre monde » : Battlestar Galactica a ici ses fans (dont notre vénéré Président) et la partie de ce soir n’a pas déçu si on en croit les cris et les rires qui ont débordé vers les autres tables. L’équipage était composé de F-R, donc, et de Faline, Nolwenn, Frank, Armand, Corentin et Nicolas. Corentin a été repéré tôt comme cylon et a passé l’essentiel de la partie à l’infirmerie, surveillé par un F-R dont le personnage avait dit-on une ressemblance troublante avec DSK (encore plus troublant, à mi-chemin entre BSG et DSK il y CSI, que cela signifie-t-il ?). Armand s’est révélé bien plus tard être aussi un cylon et a trouvé jouissif de tromper son monde. Arrivé minuit, un sous-ensemble du groupe finit plus calmement en déminant quelques rounds de Bomb Busters.

Séance de MARDI 11/08/2026 à Servel

Le 11 août 1942, l’office des brevets américains enregistre, sous le n°2 292 387 une invention qui marque l’histoire scientifique : système de communication secret. Il comprend trois pages de schéma absconces et cinq de descriptions techniques, à peine plus claires, mais d’où émerge l’idée : grâce à ce procédé, les nazis ne pourront pas brouiller les torpilles américaines. Ce brevet qui décrit l’étalement de spectre par saut de fréquence (FHSS ou frequency-hopping spread spectrum), base des communications par téléphones portables, du positionnement des GPS, des liaisons militaires et du wifi, porte deux noms, celui d’un compositeur et ex-inspecteur des munitions, George Antheil, et celui d’une actrice et ex-femme d’un marchand d’armes autrichien, Hedy Kiesler Markey, connue sous son nom de scène Hedy Lamarr. La plus belle femme du monde, dit Hollywood à l’époque, la plus sulfureuse aussi, puisqu’elle fut la première actrice à tourner complètement nue et à jouer un orgasme à l’écran. L’US Navy lui rigole au nez quand elle présente son système de codage de transmission. Peut-on avoir des seins ET un cerveau ?

Hedy Lamarr sera finalement admise, en 2014, au National inventors hall of fame, Panthéon des découvreurs. Mais de son invention, qui aurait dû engendrer des bénéfices de 30 milliards de dollars, elle ne touchera rien. Jusqu’à sa mort, elle n’aura de cesse de produire des trouvailles, comme une pastille effervescente à dissoudre dans l’eau pour fabriquer une boisson gazeuse au goût de soda, un collier de chien fluorescent pour retrouver son animal dans le noir, ou encore des recherches empiriques sur l’optimisation du profil des ailes d’avions de chasse par biométisme. Mais Hedy Lamarr finira fauchée et recluse.

Hedy Lamarr, actrice et inventrice d'un système secret de codage des transmissions, à l'origine du GPS et du wi-fi. (CLARENCE SINCLAIR BULL / MOVIEPIX / GETTYIMAGES)

84 ans plus tard, des bricoleurs de génie étaient au rendez-vous de Parties Civiles.

Table 1, dite « Invention de la solitude » : Une table de Bruges et son extension bâteaux se constitue à l’écart, loin du brouhaha de la grande salle. Elle permet à David, qui arrive sur le tard, de rejoindre Xel, François et Dom pour découvrir le jeu. Dom prend un départ canon en détroussant ses adversaires d’emblée (cartes Mendiant et Voleur), et l’affaire est jouée. Il termine avec un tableau faramineux de 11 maisons, et le score explosif de 55. François, qui a tout misé sur les canaux, a joué de malchance par des titages défavorables au long de la partie. Mais avec seulement 4 maisons, il engrange le total respectable de 38, suivi par David, 28, et Xel, 23.

Table 2, dite « Transmission accélérée » : à la table d’Abyss, Corentin découvre mais un rien lui suffit pour que la transmission opère : il survole les débats avec 87, devant Nolwenn, 70, Pierre-Yves, 53, et Thomas, potentiel futur adhérent, 36 (bienvenue à lui).

Table 3, dite « Haute fréquence » : à Marvel champions, on joue de semaine en semaine, et ce soir, sur le scénario du méchant Klaw. François-René, Armand et Nico77 auraient-ils inventé le saut à haute fréquence ?

Table 4, dite « Chic et glamour » : pas de partie mais une master class à ARCS, avec Jack à la manoeuvre. Elouann, Fred et Vincent ont bu ses paroles.

Séance de VENDREDI 10/04/2026 à Servel

La journée du 10 avril 1815 finit par un grand boum : le volcan indonésien Tambora, un impressionnant cône culminant à 4300 m d’altitude et qui est en éruption depuis quelques jours, explose. C’est probablement la plus importante éruption volcanique documentée dans l’histoire humaine même si, le télégraphe n’existant pas encore, l’information mit du temps à parvenir en Europe (on peut aussi estimer qu’elle fut plus puissante que les plus grosses bombes thermonucléaires). Le Tambora projette une quantité de matière estimée à 40 kilomètres cubes dont une partie atteint sous forme de poussières la stratosphère, à plus de 40 km d’altitude. Les habitats autour du volcan sont dévastés et un tsunami cause quelques autres milliers de morts dans les îles environnantes. Quand cela se calme le 15 avril, le sommet du cône a été remplacé par une caldera de 6 km de diamètre dont les bords ne sont plus qu’à 2580 m d’altitude. Le nuage de poussières s’étale peu à peu en direction des pôles. Il va modifier profondément le climat sur toute la terre pendant les trois années suivantes, au point que 1816 a été nommée « l’année sans été » : les températures baissent, les précipitations se dérèglent, le soleil est obscurci. Les rendements agricoles chutent, provoquant famine, migrations et épidémies (choléra, typhus). Certains artistes ont laissé des traces de cet événement : des peintres ont représenté les ciels jaunâtres et les couchers de soleil rouges dus à la présence d’aérosols soufrés dans l’atmosphère ; quant à Mary Shelley, coincée par les pluies continuelles avec sa bande d’amis dans une villa suisse et peut-être influencée par l’atmosphère lugubre de l’époque, elle écrit son roman Frankenstein. 211 ans plus tard, on continue sur tous les continents à modifier le climat sans faire de vagues.

Table 1, dite « Quatre cavaliers de l’apocalypse » : Tristan, Mickaël, JérômeC et OlivierL (re)découvrent un classique (un sommet diraient certains) du maître Knizia : Tigre & Euphrate qui va sur ses 30 ans (le jeu, pas le maître qui doit être septuagénaire). Tristan se glisse à la première place de la confrontation avec 7 PV devant Mickaël & Jérôme 6 et Olivier 3.

Table 2, dite « Climat ingrat » : A Dune Imperium Insurrection, c’est F-R qui, fort d’un personnage qui permet de supprimer une carte devant soi, affine et optimise son deck et remporte une belle victoire face à Pierre-Yves, Corentin et Elie en finissant avec 13 points -il en faut 10 pour gagner-.

Table 3, dite « Stratosphérique » :  A ARCS c’est Fred qui donne une leçon aux autres (Jack, Virginie, Caroline). Bien que sa flotte spatiale ait été réduite à pas grand chose, il a su manipuler à son profit les conditions de victoire.

Table 4, dite « Vague scélérate » : Une table complète de Container avec Gérard, Olive, Thomas, Xof et VHN. Malgré les difficultés de navigation actuelles, tous sont motivés par ce jeu économique très ouvert où une compétence-clé est de savoir évaluer les lots de conteneurs mis aux enchères. En général il vaut mieux se spécialiser un minimum entre les trois activités principales (produire/acheter/transporter), en particulier parce que les deux premières nécessitent des investissements qu’il faut ensuite rentabiliser. Ainsi Xof et Olive ont investi dans les usines et Thomas dans les entrepôts. Cependant, une politique de prix un peu excessive du dernier a fait que la rotation de ses marchandises a été faible, un lot restant coincé sans preneur pendant un bon moment. Cela ne l’a pas empêché d’accumuler une belle collection de conteneurs et de réaliser aussi quelques belles ventes de cargaisons. En fin de partie seul Gérard ne dispose pas des 5 couleurs de conteneurs (ce qui améliore la valorisation du stock). Avec 233 M$ (dont 132 pour son stock), Thomas l’emporte nettement devant Dom 178, Xof 151, Olive 144 et Gérard 136. Pourtant il faudra rejouer car une « minime » erreur de règles a alloué aux joueurs bien trop de capital de départ, ce qui a éliminé la nécessité d’emprunter en cours de partie et considérablement allégé la contrainte monétaire au cœur du jeu.

Table 5, dite « Balayé » : Olive et Dom poursuivent avec deux sessions de Splendor Duel que Olive ne connait pas encore. La version 2J impose des contraintes sur les lots de jetons qu’on prend et crée trois conditions de victoire différentes (20 points, 10 couronnes ou 10 cartes de la même couleur). Il y a aussi des minis-bonus qui modifient le cours du jeu et ajoutent un côté tactique, on retrouve bien la patte de Bruno Cathala. Dans la première partie, Dom accumule les couronnes et conclut avec 10. Pour la seconde Olive fait de même : il en a 5 puis 8 et Dom ne peut que réserver une carte de niveau 3 avec encore 2 couronnes ; il se retrouve à viser les 20 PV qu’il finit par atteindre avec une carte coûtant 8 Blancs, bien aidé par l’asséchement en couronnes du marché des cartes à ce moment.

Table 6, dite « Dé-cône-age » : Un assemblage de joueurs des tables 1, 2 et 4 joue à QE. Les mêmes, ou d’autres, finissent la soirée par une partie de Bomb Busters.

Séance de VENDREDI 11/07/2025 à Servel

undefinedLe 11 juillet 1804, Alexander Hamilton affronte dans un duel au pistolet le vice-président américain Aaron Burr, qui lui reproche de l’avoir qualifié d’«homme dangereux à qui l’on ne doit pas faire confiance», définition au demeurant proche de la réalité. Opposé par principe au duel, Hamilton tire en l’air. Son adversaire riposte par un tir à l’abdomen. Hamilton meurt après 30 heures d’agonie.

Avec lui, les États-Unis perdent un économiste de talent et un chef politique méritant. Il fonda le Parti fédéraliste, premier parti politique de l’histoire des États-Unis. Juriste constitutionnaliste, il fut un délégué influent de la convention constitutionnelle américaine de 1787 et était un auteur éminent des Federalist Papers, recueil d’articles publié entre 1787 et 1788 qui faisaient autorité sur la Constitution. Premier secrétaire au trésor des États-Unis pendant la présidence de George Washington, il mit en place la première banque nationale du pays, les premières taxes et fait en sorte que l’état fédéral nouvellement créé reprenne les dettes de guerre des états confédérés. Considéré comme un des principaux Pères fondateurs des États-Unis, son influence sur les institutions américaines se fait encore ressentir à ce jour.

Quant aux hommes dangereux à qui l’on ne doit pas faire confiance et qui prennent ombrage qu’on le remarque, les dirigeants américains en fournissent quelques exemples plus récents.

221 ans plus tard, des duels homériques avaient lieu à Parties Civiles.

Table 1, dite « Une âme bien née » : Jack souhaite jouer à Arcs, un achat récent. Fred, Elie et Dom répondent à l’appel et s’embarquent pour cinq heures de jeu. On rappelle très vite les grandes caractéristiques de ce jeu déjà présenté ici : 3X dans l’espace avec des contraintes sur les actions qu’on peut faire à chaque tour apportées par un paquet de cartes façon « jeu de plis ». On score à chaque manche (3 à 5) en fonction d’un nombre variables de critères qu’il faut explicitement activer. Elie prend le meilleur départ, mais à la troisième manche tous sont regroupés entre 13 et 16 PV. Fred nettoie le tableau de Dom au début de la cinquième manche et Elie réussit à garder l’initiative pendant plusieurs tours, il a été richement doté en « 7 », la plus forte carte, tout au long de la partie. Il a de plus une Guilde qui lui permet d’activer les conditions de victoire qui l’arrangent sans pénalité. Il est inarrêtable tandis que Fred coiffe sur le fil Jack sur le critère des trophées (= victimes des batailles). Elie l’emporte avec 30 PV contre Fred 28, Dom 25 et Jack 21.

Table 2, dite « Duel mortel » : François invite Faline à découvrir le toujours plus populaire Wyrmspan et son univers de dragons, grottes et cavernes. La débutante ne s’en laisse pas conter, et prend vite l’ascendant avec des dragons ultra-puissants, notamment un qui fait avancer sur la guilde dragonique, qu’elle se met à arpenter à toute vitesse, réussissant même en fin de partie à n’avoir plus assez de cubes à placer sur les cases bonus tant elle les avait rafflées ! Ajoutez à cela un tableau tout rempli de cavernes et dragons, des gratifications de fin de partie explosives, dont l’une, tiens tiens, était lié à la guilde, une jolie collection d’oeufs, la première place sur chaque objectif de manche, et la voilà qui termine avec le score mirifique de 134, écrasant de 21 points le record tous temps de l’association à sa première partie ! Quant à François, grand perdant de ce duel avec le score plus classique de 91, il n’était pas opposé au duel, mais c’est comme s’il s’était contenté de tirer en l’air.

Table 3, dite « Mort à l’arrivée » : à Black Orchestra une fine équipe composée de F.-R., Olivier B., Younaël, Mickaël et Jérôme rejoue la seconde guerre mondiale. Mais n’est pas un héros qui veut, et leur aventure se termina en déconfiture.

Table 4, dite « Confiance mal placée » : Les tables 2 et 3 fusionnent pour un Shadow Hunters, jeu de retour sur nos tables après près de trois ans de disette ! On rappelle qu’à ce jeu, les Shadows et les Hunters sont deux clans qui se font face et doivent s’éliminer, sous le regard compatissant de joueurs neutres, mais qui ont eux aussi un objectif de victoire. A ce jeu, on jette des dès et on aboutit sur un espace du plateau où l’on peut tirer des cartes, et, en option, provoquer en duel un de ses voisins. Evidemment, comme le jeu est à rôle caché, il est de bon ton d’avoir glané des indices sur ces derniers avant de leur tomber dessus. Enfin, c’est la théorie, parce qu’on peut aussi taper sur tout le monde, et c’est un peu ce qu’on observa ! Dans cette partie, peu de rôles ont été identifiés, sinon Mickaël vu rapidement comme un gentil. François, Hunter émérite (avec le plus haut nombre de points de vie, 14), s’en prit à F.-R. après un calcul probabiliste lui donnant 75% de chances d’être un homme à abattre, mais hélas il ne l’était pas, c’était un Hunter comme lui. Après son trépas, François se croit protégé par un équipement qui rend inopérant les combats contre lui, mais les autres se déchaînent par d’autres moyens, et il perd 10 PV en un seul tour, ce qui finit quand même par l’occire, scellant le sort des Hunters.

Table 5, dite « Non conventionnelle » : Un Codenames final réunit les survivants, et là aussi ça faisait longtemps. A cette table, les Bleus (Jérôme, F.-R. Younaël), affrontent les Rouges (François, Faline, Mickaël), pour un déroulement peu conventionnel, jugez-en :

  • Rouges 1-0: un implacable 8 à 2 scelle cette improbable première manche, où Jérôme a multiplié les impairs, à l’exemple de Coffre, invalide sur l’indice Trésor, alors que François faisait suer ses partenaires sur le Vatican 3 (Croix, Radio, Ville),  l’énigmatique Ficelle 2 (Lien, Pain) – que Younaël voulait associer à Bretagne à cause de la danse Fisel, mot breton -, et pour finir par l’impeccable Villers-Côterets 2 (Ville, Langue).
  • Rouges 2-0: longtemps menés, les Rouges l’emportent sur le fil avec une grille difficile, sur une belle inspiration finale de Mickaël, Sucer pour (Glace, Membre) mots choisis du tac au tac par ses coéquipiers, et qui donna à F.-R. l’occasion d’une blagounette hilarante.
  • Rouges 3-0 : malgré le « renfort » de Dom, les Bleus boivent la lie en touchant l’Assassin.

Séance de DIMANCHE 15/06/2025 à Buhulien

Comme des enfants en classe de neige, nous avions préparé ce voyage pour retrouver nos amis, mais dans cadre différent. Nous n’avions pas beaucoup de route, il suffisait de quitter la voie rapide, direction Buhulien, salle du Guindy, pour rejoindre notre royaume, celui des jeux bien sûr. Nous autres apôtres de ses Dieux, qu’on trouve peut-être dans la quête des terres du milieu, sommes tous des amis mais n’oublions pas que, dans le prochain que j’aime come moi-même et qui prend place à ma table, il y a surtout un Adversaire, et qu’on ne se privera pas de le réduire à néant un Vendredi 13 sans autre forme de procès. Cela tombe bien, le dernier est encore frais, c’était il y a deux jours. On prendra sa table pour un vignoble, en adepte de la Viticulture, ou pour une plantation de thé hors d’atteinte, sous les cieux de Ceylan. On s’intéressera vaguement aux autres vies que la mienne, celles des tables d’à côté, pour s’en éloigner au vu de mystiques ou de vampires comme échappés d’un roman russe. La boulangerie avait fait des miracles, tel Jésus mutlipliant les pains. Compagnons de cubes en bois ou enfants de boulange, chacun se disait qu’en ce jour, il était vraiment avantageux d’avoir où aller. Sous le soleil radieux, dans le bâtiment désaffecté, tout était lumière, comme au dernier jour. Et l’on ne put s’empêcher de penser en sortant, toisant le cimetierre attenant : je suis vivant, et vous êtes morts.

Séance de VENDREDI 06/06/2025 à Buhulien

En ce 6 juin, un débarquement était au programme pour Parties Civiles, délocalisé de Servel à Buhulien, et la salle Yves Le Faucheur dont la décoration nous replonge illico dans l’atmosphère du jeune vingtième siècle. Ce périple n’a pas fait peur à nos valeureux adhérents, certains n’hésitant pas, toutes proportions gardées bien sûr, à jouer au jour le plus long.

Table 1, dite « Débarquement imprévu » : Ark Nova, c’est sans modération pour Steven, Mickaël et OlivierB. Mickaël se voit vainqueur mais il se fait déborder par Steven, qui débarque sur la fin du fin fond du classement dans un retournement de situation inouï !

Table 2, dite « Un jour cylon » : C’est le grand retour pour Battelstar Galactica, qui voit se presser à sa table ses adeptes bien, connus, tels F.-R., Xel, Jérôme, Armand, Hélène venue voir et Xof. Pas moins de trois cylons ont été détectés dans cette partie, dont un compatisssant, et avec un niveau de carburant réduit au minimum, la ballade a été fatale aux humains. Les Cylons en la personne de Xel et Jérôme ont fait un massacre et envahi tout le vaisseau en privant les autres de nourriture, d’énergie et de Netflix ! La table poursuit avec Bomb busters, cette fois c’est coopératif et ils arrivent à bout du scénario 16. Enfin en fin de soirée c’est Château Combo qui fait un dernier tour de piste avec les trois restants.

Table 3, dite « Terrain mouvant » : De la logique et de la bonne humeur à cette table de Almost Innocent, qui réunissait Nolwenn, Younaël et François. Après un tour de chauffe, l’équipe enchaîne les succès et les difficultés, y compris sur les terrains mouvants où des indices occupent plusieurs cases.

Table 4, dite « Devine où je suis » : La table 1 accueille Mickaël et Steven pour un jeu de poker menteur collectif, The gang, où la psychologie joue plus que les cartes, tout l’enjeu étant de deviner la force des mains des joueurs, classée de 1 à 5, dans un mécanisme de gradation où la rivière s’enrichit à chaque tour, mais peut-être moins que la chance. Ce « devine où je suis » se traduisit par un échec collectif par deux fois, mais, à l’inverse des puissances de l’axe qui attendaient un débarquement allié au nord, toujours dans l’allégresse.

Table 5, dite « Planification avancée » : Au programme de la soirée : découverte de ARCS, le dernier jeu de Cole Wehrle, par Fred, Gérard et Dom qui se sont tous trois frottés à son très original (et complexe) jeu de négociations legacy : Oath.

On retrouve indéniablement la patte de l’auteur dans la demi-douzaine de conditions pour marquer des points qu’il faut explicitement activer, dans les cartes permanentes puissantes qu’on peut se faire voler et dans la mécanique de combat qui se retrouve quelque part à mi-chemin de complexité entre Root et Oath : chaque unité attaquante donne droit à un dé et le joueur choisit pour chaque entre trois types de dés qui sont plus ou moins risqués et orientés vers la destruction ou le pillage.

L’autre originalité du jeu est la façon de choisir ses actions à chaque tour, inspirée des jeux de plis. On distribue des cartes allant de 2 à 6 en 4 « couleurs », chaque couleur ne permettant que deux ou trois actions (construire, se déplacer, attaquer, produire etc.). Il est important d’être premier joueur car on détermine la couleur du tour : ceux qui ne peuvent monter n’exécutent qu’une seule action, contre deux à quatre sinon, et c’est la plus forte carte dans la couleur qui détermine qui devient premier joueur. On peut aussi devenir premier joueur en sacrifiant une carte (et donc en jouant un tour de moins). Autant dire que c’est un jeu 3X (expand/exploit/exterminate) avec une couche de contraintes ajoutée sur le nombre et le type des actions qu’on peut faire.

C’était une partie de découverte donc tous ont tâtonné sur la voie à suivre. Ce qui est sûr c’est que la partie se joue en 3 à 5 manches et finit quand un joueur atteint 30 points (la valeur des décomptes augmente à chaque manche ce qui permet des retours spectaculaires d’un joueur à la traîne). Gérard a commencé par bloquer les mouvements de Dom qui a répondu par une attaque immédiate (« il faut bien tester le système de combat »). Gérard a ensuite commencé une collection de cartes puissantes, dont une qui a fait grincer des dents par sa puissance apparente lui permettant de prendre la tête à la fin de la première manche. On prend en main le jeu et au cours de la troisième manche c’est Dom qui arrive à scorer sur les trois conditions activées, le voici à 29 PV contre 17 à Gérard et 9 à Fred. A un point près c’était fini et, à la quatrième manche, c’est Gérard qui score fort et remonte à 26 PV, Dom fait du surplace en construisant un coup compliqué qui lui permet de scorer … zéro. Enfin à la cinquième manche, grâce à peu de choses (un otage et un trophée), Dom, bien aidé par ses bonus dus au fait qu’il a construit toutes ses villes fait un grand bond et l’emporte avec 47 PV contre 26 à Gérard et 21 à Fred.