Le , Jules Durand, un contremaître du Havre, est arrêté à son domicile par les forces de l’ordre, ainsi que les frères Boyer, secrétaire adjoint et trésorier au sein de leur syndicat, la CGT. Ils sont inculpés d’« incitation et complicité de meurtre sur la personne de Louis Dongé » et incarcérés à la maison d’arrêt du Havre. Il est reproché à Jules Durand d’avoir dit lors d’un rassemblement que Louis Dongé, par ailleurs membre du syndicat, serait supprimé. C’est le début de l’affaire Durand, que certains comparent à l’affire Dreyfus du monde du travail.
Deux jours plus tôt, une rixe éclatait sur le port entre trois ouvriers charbonniers en grève et Louis Dongé, contremaître non-gréviste, qui les insulte et sort un revolver. Les autres se précipitent sur lui pour le désarmer et le frappent à terre. Il meurt le lendemain à l’hôpital, succombant à une fracture du crâne. Stanislas Ducrot, agent général de la Compagnie Générale Transatlantique, voit dans la désignation de ses agresseurs l’opportunité de briser définitivement les mouvements grévistes, et les dénonce au procureur de la République, insistant sur le rôle supposé de Jules Durand. Anarchiste et syndicaliste révolutionnaire, secrétaire du syndicat des charbonniers (qui déchargent et mettent en sac le charbon arrivant par bateau), il est l’un des principaux animateurs d’une grève illimitée de 1910 contre l’extension du machinisme et la vie chère, et également un militant anti-alcool.
À la suite de cette machination, il est accusé d’être le « responsable moral » de l’assassinat, en réalité tué lors d’une rixe entre ivrognes. Il est condamné à mort mais grâce à une importante mobilisation, la peine est commuée en sept années de réclusion. Gracié partiellement, libéré en , il est totalement innocenté en 1918. Mais, brisé par cette affaire, il meurt en dans un asile psychiatrique. Ces camarades le surnommaient le « buveur d’eau ». À la veille de son procès, en prison, il écrit dans une lettre à son père : « J’ai toujours dit aux ouvriers : (…) vous ne serez des bons camarades que lorsque vous ne serez plus plongés dans cet alcool qui, non seulement vous abrutit, malheureux, mais aussi ceux qui vous sont si chers : vos femmes et vos enfants ». Il avait en effet l’habitude de payer les dockers en jetons qu’ils devaient échanger auprès des tenanciers de cafés qui leur imposaient des consommations pour un minimum de 10 % avant de consentir à verser leur salaire.
Le , un siècle jour pour jour après que Jules Durand a été innocenté par la cour de cassation, un buste, dévoilé par le syndicat des dockers, est installé sur l’ancien quai à charbon. Son histoire a inspiré des travaux universitaires, une pièce et même un film.

116 ans plus tard, des forçats de Parties Civiles allaient au charbon.
Préambule : Frank veut fare découvrir Lacuna, un jeu qui se joue en 5 minutes, dit-il. Sur un « foulard Hermès » tendu, on dispose 49 fleurs en formes de billes, 7 de chacune des 7 couleurs. A chaque tour, on trace une ligne imaginaire entre deux fleurs de même couleur, place son pion sur cette ligne, et récupère les deux fleurs. Le but est de récupérer la majorité des fleurs dans au moins 4 des 7 couleurs, sachant qu’en fin de partie, les fleurs restantes sont adjugées au plus proche des pions (ce qui bien sûr influence fortement la stratégie). Elie fut une victime consentante de cette agréable mise en bouche.
Table 1, dite « Erreur judiciaire » : Une table de Dune Imperium – Insurrection et son extension (avec les vers et les guerriers spéciaux) est le théâtre d’une intense bataille. En fin de partie, la situation est indécise. François se rêve bien placé, fort d’une manoeuvre au dernier tour qui, couplée à une carte de fin de partie, lui procurera deux points d’alliance. Mais il tombe dans le traquenard de Corentin, qui lui chipe un jeton chèrement acquis : +1 d’un côté, -1 de l’autre, et le voilà défait – 11 à 9. Ce n’est que justice tant Corentin a survolé la partie, faisant assaut de combinaisons toujours plus improbables, qui lui apportaient des gains mirifiques. Pourtant, Mickaël, au dernier tout, a cru pouvoir gagner seul avec une martingale inespérée née de sa domination des combats, mais manque d’un rien le seuil des 12, restant bloqué au cran dessous, celui de Corentin, donc. Par un pur miracle, il l’emporte quand même au départage, 4 épices à 3, dans ce qui s’apparente à un déni de justice pour qui a suivi la partie. Quant à Fred, relégué à 7, il n’a rien pu faire.
Table 2, dite « A l’eau claire » : à la table d’ISS Vanguard, la fine équipe, toujours composée de François-René, Armand, Jérôme et OlivierB, s’est sortie sans encombre d’une partie tranquille comme un verre d’eau claire. Ils finiront, rejoints de quelques autres, par The gang, dans une partie de poker propice aux breuvages plus costauds.
Table 3, dite « Travaux forcés » : Même à deux, une partie de Ora et Labora peut se terminer au-delà de minuit. Les travailleurs de force, Xel (295) et Olive (265), peuvent à bon droit s’adresser à leur syndicat.
Table 4, dite « Petites rixes entre amis » : Frank, Christophe et Dom s’installent pour une partie de Innovation, un jeu qu’on ne présente plus et qu’on peut qualifier de clivant, il a ses fans absolus et ses détracteurs implacables (nous savons aussi que des adhérents ont acquis la récente édition ultimate –aux graphismes hideux ou fonctionnels, c’est selon- mais ne l’ont pas encore apportée à nos soirées). Frank s’empare de deux dominations avec Agriculture mais ensuite un certain désordre se développe, motorisé par des cartes agressives comme La Poudre et Anatomie. Dom et Christophe se partagent les dominations suivantes, le premier en légère avance 4 à 3 (il en faut cinq pour l’emporter sur le champ). Frank se remet en selle avec Théorie quantique qui lui adjuge l’âge 8 et lui met en main une carte 10. Las, par deux fois Christophe s’en empare et se retrouve avec ces cartes puissantes dans son tableau. Il faut par contre qu’il soit prudent : s’il pioche trop de 10, il mettra fin à la partie en faveur de Dom qui a plus de points d’influence. Maîtrisant parfaitement un jeu qu’il n’avait pas pratiqué depuis un bon moment, il active Internet (puissant et polyvalent, comme chacun sait) et domine l’âge 9 avec 47 points d’influence mais surtout il met en jeu 3 cartes 10, ce qui fait que ses 5 cartes actives valent au moins 8 : il prend immédiatement la domination spéciale Sciences et gagne la partie.
Frank parti, Xof et Dom en refont une. Christophe utilise Métallurgie pour scorer cinq cartes 1 de suite et dominer l’âge 1. Cela en fait aussi la victime idéale de Cartographie qui augmente l’influence de Dom 3 points par 3 points et lui attribue les âges 2 et 3. Ensuite Dom use et abuse de Poterie pour continuer à scorer et dominer l’essentiel des âges suivants. A 5-2 en dominations, Christophe met en jeu une carte 7 rouge. Juste ce qui faut pour que Dom s’en empare avec Banque et, avec 37 d’influence, parvienne à la sixième domination qui scelle sa victoire.
Table 5, dite « Jouée d’avance » : Faline embarque quelques victimes à Wondrous creatures, un jeu soi-disant proche de Ark Nova, où tu construis progressivement ton propre petit monde fantastique en plaçant tes ouvriers, recrutant des créatures et créant des combos pour maximiser tes points. Elle s’impose, comme de juste, sans coup férir.
Table 6, dite « Passé simple » : Faline fait essayer à Elie et Dom Le Coupable est… Carnivore!, un jeu de déduction qu’il vaut mieux pratiquer avec un cerveau pas trop fatigué et qui peut rappeler certaines énigmes logiques qui paraissaient dans Jeux & Stratégies dans les années 80, cela ne nous rajeunit pas tout ça.
:quality(50)/2021/08/10/php4YRPdd.jpg)


