Séance de MARDI 03/03/2026 à Servel

Carlo Pietro Giovanni Guglielmo Tebaldo Ponzi est né en Italie le 3 mars 1882 et émigre aux Etats-Unis à 21 ans. A sa descente du bateau il a $2.50 en poche, ayant perdu le reste de ses économies au jeu. Arrivé à la quarantaine, il a déjà fait de la prison et il imagine un schéma tordu exploitant les différences de tarifs postaux entre des pays d’Europe et les USA. Théoriquement on peut gagner de l’argent mais cela nécessiterait de manier des mètres-cubes de timbres pour chaque $1000 de profit, en pratique c’est irréalisable. Cela ne l’arrête pas et il met en place ce qui est désormais nommé une « pyramide de Ponzi » : promettant de doubler leur investissement en 90 jours, il paie les intérêts des anciens pigeons avec le capital des nouveaux pigeons, tout en les encourageant à réinvestir pour ne pas avoir à décaisser l’argent qui à la place nourrit son train de vie. Forcément cela ne peut que mal finir mais le principe a été réappliqué encore et encore et on peut lui prédire un bel avenir. Pas de ça à Parties Civiles où on s’honore de respecter les règles (des jeux), où les seules progressions spectaculaires admises sont sur les pistes de score et où on se garde bien de miser ses économies.

Table 1, dite « Etre Jane Fonda » : Faline, Nolwenn, Benjamin et Corentin se lancent dans un Forêt Mixte. Cela a été très serré et Faline ne l’emporte, semble-t-il, que parce que Nolwenn a commis une erreur à 8 PV en jouant une carte. A noter une certaine créativité taxonomique, un joueur ayant affirmé mettre en jeu une chauve-souris barbarelle !

Table 2, dite « Etre chocolat » : François, Olive, Caroline et VHN s’installent pour un Bruges, joué récemment et apprécié, et toujours avec son extension « bateaux » qui renforce la stratégie des canaux. François s’y consacre et construit la totalité de ses 10 canaux, récupérant au passage 11 PV de statues. Olive et lui parviennent tous les deux à valider deux marqueurs de majorité, voila encore 8 PV de pris alors que Dom reste bredouille. Les lancers de dés fournissent peu de 5/6, les tuiles Menace ne sont pas trop gênantes. A une carte près dans les sabots on joue encore une manche et à la fin on grappille des points en construisant des maisons ou en défaussant des menaces. La belle partie de François se confirme sur la feuille de score : il gagne avec 56 PV devant Olive 52, Dom 49 et Caroline 46.

François parti, ils poursuivent avec un Istanbul (sans extensions) que Caroline découvre. On l’a rappelé, c’est un jeu de course et il faut foncer pour collecter par tous moyens ses cinq rubis. C’est ce que fait Dom qui parcourt les 16 tuiles sans jamais passer par la Fontaine et utilise efficacement ses cartes Bonus. Il emploie quatre moyens différents pour obtenir ses quatre premiers rubis et finit par conclure la partie alors qu’Olive en est à 3 rubis (dont 2 achetés en une fois pour 35 lires) et Caroline 2.

Séance de VENDREDI 27/02/2026 à Servel

Le 27 février 1957, Mao lance la campagne des Cent Fleurs pour rétablir son autorité sur le Parti communiste chinois, affaibli depuis son VIIIe congrès, et améliorer les relations entre le Parti et la population dans le contexte international périlleux de l’après-stalinisme. Le principe de cette « campagne de rectification » est de redonner une certaine liberté d’expression à la population, tout particulièrement aux intellectuels, pour critiquer le Parti. Si l’objectif officiel est de s’améliorer, Mao compte bien en profiter pour affaiblir ses adversaires et retrouver un certain ascendant sur ses camarades. La campagne des Cent Fleurs est l’histoire d’« une comédie qui va se muer en tragédie » : peu de temps après son lancement, la contestation explose. Le Parti réagit rapidement et lancera une répression féroce qui fera plusieurs centaines de milliers de victimes, emprisonnées, déportées, et parfois exécutées.

En 1956, pour rallier une population qui a perdu confiance, particulièrement les intellectuels, le Parti avait levé le poids du contrôle politique, accordant davantage de liberté aux écrivains, artistes et chercheurs. C’est dans le cadre de cette campagne de restauration de la confiance qu’est prononcée par Mao, au cours d’un discours, la phrase célèbre venue de la période des Royaumes combattants : « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent ! », symbolisant la timide libéralisation politique de cette période. Mao parvient à imposer cette idée au sein du Parti à la fin de l’année, malgré les résistances nombreuses. Son discours sur les Cent Fleurs date du 2 mai 1956, mais c’est seulement le 27 février suivant qu’il décide de forcer le cours des choses en prononçant un célèbre discours sur « la juste solution des contradictions au sein du peuple ». Le mot d’ordre des Cent Fleurs, qui jusque-là n’avait constitué qu’une campagne classique de libéralisation, devient un appel à critiquer le Parti, à la stupeur de la plupart de ses membres, qui aperçoivent immédiatement le danger de cet appel, instruits qu’ils sont de l’ampleur du mécontentement dans le pays.

69 ans après, certains adhérents de Parties Civiles, mais pas tous, cherchaient à se rendre populaires.

Table 1, dite « Impasse funeste » : Dom, Younaël, Pierre-Yves et François se dirigent vers les profondeurs d’Abyss, un classique revisité avec plaisir à chaque fois. La compétition est rude sur les seigneurs, chacun usant du pouvoir de ceux qu’ils ont acquis pour en dérouter les autres, augmentant leur coût, raflant les peuples raliés, ou cultivant les perles. François se dévelope à grande vitesse avec ses hippocampes, qui apportent des seigneurs richement dotés, et fait main basse sur un seigneur gratuit que convoitait Dom, après avoir récolté cinq perles. C’est lui qui atteint les 7, mettant fin à la partie, et le voilà qui caracole en tête du poste seigneurs, avec 53 PV, et en tête aussi sur les peuples ralliés: avec 16 PV, le voilà qui culmine à 69. Mais l’impasse sur les monstres (aucun combat) et les lieux (panne de clés) lui sera funeste. Dom, engrangeant 11 et 13 PV sur ces deux postes, le coiffe avec 76. Pierre-Yves, 68, et Younaël, 56, complètent la feuille de marque.

Table 2, dite « Le grand bond en avant » : Tout au bout de la nuit, Xel termine en tête de cette partie d’Ave Roma mais, à la surprise de tous, OlivierL, à la ramasse sur la piste de score, fait un grand bond en avant et la rejoint au décompte des points de fin de partie. Marc, Fred et Olive ont apprécié en connaisseurs.

Table 3, dite « Amélioration collective » : Le destin de la communauté rassemble Nolwenn, François-René, Franck, Faline et Mickaël. Nul doute que, avec de telles individualités, cette fine équipe aura su amlioer ses pratiques collectives pour l’emporter.

Table 4, dite « Ascendant confirmé» : Younaël finit la soirée en initiant Dom à Refuge, un jeu plutôt simple de bag building + prise de risque où il faut éviter de se prendre trop d’orages sur la tête. Au terme des cinq manches, le novice l’emporte 28 à 24.

Séance de MARDI 24/02/2026 à Servel

La date du 24 février balisa la vie de Charles Quint : il naît le 24 février 1500, remporte une victoire décisive contre François Ier à Pavie le 24 février 1525 et est couronné Empereur par le pape le 24 février 1530. Il décède cependant un 21 septembre, au terme de l’été 1558. Bien plus tard en 2026 il y eut une table de quint et une table de quater.

Table 1, dite « Sérieuse » : Après leur partie récente en demi-teinte, Xel, François et VHN décident de rejouer à Troyes, en s’adjoignant Olive. Le tirage des cartes Activités permet de mieux lancer les joueurs, par exemple Olive et Dom qui finiront avec un joli pécule, les autres n’ayant jamais non plus manqué vraiment d’argent. Par contre, comme la fois précédente, les événements ont été peu combattus, se sont accumulés et ont imposé leurs effets, en particulier le redoutable Siège qui diminue la valeur de n dés –n augmentant à chaque tour- et fait perdre 2 PV si on n’y parvient pas (Xel et Olive l’ont subi et re-subi mais n’ont pas cherché à le combattre, ce n’est pas faute de les avoir mis en garde). Il y a aussi eu une belle foire d’empoigne sur les bâtiments où les meeples se sont chassés et re-chassés (pas surprenant, deux joueurs sur quatre avaient un personnage de fin de partie scorant en fonction de sa présence dans les bâtiments). Xel et Dom ont utilisé copieusement la Dîme (on peut prendre 1 dé jaune à chaque joueur gratuitement) et le Liquoriste (on peut retourner 1 de ses dés), d’aucuns se plaignant que ces cartes sont trop fortes. Ledit d’aucuns a finalement assez peu utilisé sa Catapulte sous prétexte de maximiser sa rentabilité (« qui trop embrasse mal étreint » dirait le sage champenois). Tous comptes faits, Dom qui à la fin de la partie lançait 7 dés (avec un magnifique cornet en peau d’ure) finit détaché avec 42 PV devant Xel 23, François 22 et Olive 21.

Table 2, dite « Joyeuse » : Faline, Caroline, Armand, Benjamin et Erwan commencent par un Faraway remporté par Benjamin. Ils et elles continuent par un Lovecraft Letter dans une ambiance particulièrement bonne, entre cris et rires. Réduits à Faline, Caroline et Erwan ils finissent la soirée avec Harmonies, un jeu où la première nommée est habituellement redoutable mais cette fois c’est Caroline qui prend le dessus, c’est méritoire.

Séance de VENDREDI 20/02/2026 à Servel

Le 20 février 2002, le parc Vulcania était inauguré. En 1986, les époux Krafft, volcanologues de renommée mondiale, avaient imaginé d’installer une attraction touristique et pédagogique au Puy de Dôme, en creusant au cœur même du volcan. En 1990, Valéry Giscard d’Estaing s’oppose à ce projet. Mais les deux volcanologues meurent en 1991, emportés par une nuée ardente sur les pentes du volcan Unzen au Japon et l’année suivante, l’ancien Président reprend finalement l’idée à son compte et relance le projet d’un parc d’ampleur internationale centré sur le volcanisme. Le Conseil régional vote à une forte majorité le lancement du projet d’un « centre européen du volcanisme », aussitôt contesté par une kyrielle d’opposants (plus d’une trentaine de procès, la plupart en appel), puis retardé par l’adoption de travaux visant (au prix d’un budget à la dérive) à en faire un chantier écologiquement irréprochable, sans oublier un accident (effondrement d’une dalle) en 2000.

24 ans après, les adhérents de Parties Civiles (avec deux nouveaux) se livraient à des expéditions exotiques, dont deux tables vers la même destination !

Table 1, dite « Dérapage budgétaire » : Dom, Xel et François se dirigent vers Goa, un classique mais zappé depuis plus de dix années sur nos tables ! Au terme d’une partie où l’on s’est parfois demandé où on en était dans le actions, François s’incline devant Dom, 43 à 38, faute d’avoir à l’esprit que le plus riche s’octroie 3 PV à la fin ! Oublieux de cette règle, il flambe au dernier tour et perd la prime (20 ducats à 18), ce qui suffit à Dom pour sceller une victoire justifiée par une table de marque sasns faiblesse. Xel, à 29, n’a pas démérité.

Table 2, dite « Sous terre » : Tristan ne laisse aucune chance à Thomas, Marie-Anne et Jeff, qu’il enfonce dans la seconde expédition du soir vers Goa. Puis, ils descendent sous terre pour explorer les arcanes du volcanisme de Sub Terra.

Table 3, dite « Sans trembler » : Bienvenue à Jordan qui, pour sa première, se frotte à Fred à la table de Tiletum – un défi démesuré, que Elie ni OlivierL n’ont pas plus relevé, Fred s’imposant sans trembler.

Table 4, dite « Volcanique » : à Black Orchestra, François-René, Virginie, et deux Caroline (bienvenue à la deuxième, qui nous rejoint), se font d’abord arrêter par la Gestapo. Mais ils remettent le couvert, et parviennent à empoisonner Hitler. Ils se détendent ensuite de ces émotions volcaniques à Krapules.

Table 5, dite « Tellurique » : Mystic Vale voit Younaël damer le pion à Steven, Corentin et Faline.

Table 6, dite « Projet abouti » : Bomb busters réunit la table 1 avec Faline et Corentin, et leur logique collective, moyennant des conseils avisés des uns aux autres, fit merveille.

Table 7, dite « Echo lointain » : pour Olive et Mickaël, c’est une expédition vers Space Corps 2025-2300 lointaine dans l’espace comme dans le temps. L’écho de leur histoire nous parviendra peut-être un jour…

Séance de MARDI 17/02/2026 à Servel

En 1509, Afonso de Albuquerque prend son poste de gouverneur de l’Inde portugaise. Il envisage la possibilité de prendre le contrôle du commerce dans l’océan Indien en verrouillant trois détroits-clés : Aden, Ormuz et Malacca, tous trois contrôlés par des pouvoirs musulmans (arabes, perses et malais). Au préalable, il lui faut une base terrestre d’où mener ses opérations. Alors qu’il se prépare à attaquer en mer Rouge, il apprend d’un pirate de la côte de Malabar qu’un sultan indien assemble une flotte de combat près de Goa, ville dont la population hindoue est depuis 15 ans sous le joug de souverains musulmans. Albuquerque change ses plans et fait voile vers Goa qu’il attaque : après la capture d’un fort les notables acceptent un changement de régime leur garantissant la liberté religieuse et le 17 février 1510 le Portugal prend possession de la ville qu’il se met immédiatement à fortifier, craignant une contre-attaque. Celle-ci vient en mai et le 31 mai les portugais doivent abandonner la ville mais leurs bateaux restent coincés dans l’estuaire par les orages de mousson, sous le feu des canons de Goa. Ils se refont et se renforcent pendant l’été et le 24 novembre les voilà de retour sous ses remparts. Bien équipés, les portugais et leurs alliés bloquent la fermeture des portes de la ville, après quelques heures les défenseurs sont en déroute. Cette fois les musulmans sont tués et leurs propriétés mises à sac. C’est la première fois depuis Alexandre le Grand que des européens ont conquis des terres en Inde. En trente ans la ville, point focal du commerce des épices, atteindra 200000 habitants mais sera abandonnée après une série d’épidémies au XVIIIe siècle.

Table 1, dite « Ivres d’épice » : Jack, Caroline, Corentin et BenjaminG jouent à Dune Imperium. Cela se frictionne bien jusqu’au dernier combat que Jack remporte devant un Benjamin déconfit, mais il est à 9 PV avec Corentin (il en faut 10 pour mettre fin au jeu). Ce dernier abat une carte qui lui ajoute 2 PV, et il a aussi dans son deck deux cartes « l’épice doit couler » qui valent encore 2 points, il l’emporte avec 13 PV devant Jack puis Benjamin et Caroline.

Table 2, dite « Souverains indiens » : Rajas of the Ganges au menu pour Olive, Xel, François et Dom. Olive et Dom prennent le meilleur départ sur la piste des roupies ce qui leur donne accès en premier à leur quatrième ouvrier. Dom oriente son jeu vers la construction de marchés et avance peu sur la rivière. Olive, lui, ne construira que deux marchés, leur préférant les bâtiments rapportant des points de prestige. Il s’ingénie aussi à monopoliser le rôle de premier joueur au grand dam de Xel qui est à sa droite. La partie avance bien, Dom commence à entrevoir le croisement de ses deux pistes (roupies et prestige) en continuant à mener sur l’argent mais Olive construit une tuile qui le fait bondir de 8 points de prestige, lui aussi approche du croisement. Tout le monde n’a plus que son cinquième ouvrier à jouer, il ne manque que 3 roupies à Dom pour croiser et il a au moins deux façons de les obtenir. Faute du dé orange qui va bien, Olive n’arrive pas à progresser assez dans sa dernière action. Dom plie ainsi la partie avec un écart de +1 entre les deux pistes, contre -5 à Olive, -39 à Xel et -68 à François.

Après The Ganges, The Gang où Younaël les rejoint. Alternant entre les hauts et les bas au milieu de remarques acides sur la « bonne » façon de communiquer, la petite bande arrache une victoire sur le fil par 3 à 2, pas si mal à 5 joueurs hétérogènes. Younaël indique qu’il démarre souvent les parties avec deux cartes handicapantes, on n’en est pas là !

Table 3, dite « Empire conquérant » : Celui-là cela faisait un bon moment qu’on ne l’avait pas vu. C’est un classique mais Race for the Galaxy est-il trop simple (« Pas assez cher, mon fils ! ») pour les goûts actuels du marché ? Que des cartes (et une poignée de jetons de PV) dans une boite pas trop grande (et non ce n’est pas une œuvre de Carl Chudyk) mais de multiples façons de développer une stratégie en fonction de sa planète de départ et des nombreuses cartes qu’on voit passer au cours de la partie, et l’importance d’anticiper les actions que les autres vont choisir à chaque tour (tous les joueurs exécutent chaque action choisie au moins une fois, avec un bonus pour celui qui l’a jouée). Les joueurs, justement, sont Olive, Younaël, Corentin et VHN. Pour cette redécouverte Corentin se révèle le connaître parfaitement, il développe une stratégie de production autour de cartes marron complétées par deux développements de valeur 6 (« c’est ces cartes qui font gagner » avait-il pris soin de rappeler lors de l’explication). Dom a rushé la fin de partie en construisant le premier 12 cartes dans son tableau, seul Olive qui a tenté une stratégie militaire y parvient aussi. La marque finale est de 38 PV pour Corentin, Dom 34, Olive 30, Younaël 25.

Séance de VENDREDI 13/02/2026 à Servel

Le 14 février 1989, le régime iranien appelle au meurtre de Salman Rushdie, l’auteur du roman Les Versets sataniques, jugé sacrilège, condamnation à mort assortie d’une récompense financière d’un million de dollars. L’écrivain américano-britannique d’origine indienne est devenu un symbole de la lutte pour la liberté d’expression et contre l’obscurantisme religieux. Depuis la publication de ce « contrat », il fit l’objet d’une protection policière renforcée, réduite au fil des ans, jusqu’au retrait de ses gardes du corps, et utilise des pseudonymes, comme Joseph Anton, dont il fera une autobiographie remarquable à la troisième personne du singulier. Le 12 août 2022, il est poignardé à dix reprises et grièvement blessé lors d’une conférence aux États-Unis. L’agression lui laisse des séquelles (perte d’un œil, notamment), mais il continue à écrire. Il relatera son expérience dans un ouvrage Le Couteau, paru en 2024.

37 ans après, les religions foisonnaient sur les tables de Parties Civiles dans un étonnant syncrétisme ludique.

Table 1, dite « Dieu reconnaîtra les siens » : Dom, Xel et François se replongent dans le moyen-âge avec Troyes, un classique où les parties ne se ressemblent pas au gré des tirages de cartes. Dans une partie aux auccents funestes, entre guerre de tranchée contre les événements néfastes et cartes peu lucratives, chacun mène sa partition suivant son objectif caché, Xel plaçant ses ouvriers rouges, François recherchant l’influence, Dom voulant être placé sur les bâtiments. François fait une razzia sur le combat des événements et semble avoir pris une belle avance, mais au décompte final, Xel rushe grâce aux objectifs de fin, et Dom n’est pas en reste. Le score incroyable de cette partie serrée donne les trois dans un mouchoir de poche, Dom et François, 33, et Xel 32 ! On notera que François était plus riche, mais la règle ne comporte pas, à son grand dam, de règle de départage !

Table 2, dite « Mauvaise rencontre » : La fine équipe de ISS Vanguard réunit les habituels François-René, OlivierB, Jérôme et Armand. Ils y ont rencontré un prédateur, et s’en sortent avec des séquelles.

Table 3, dite « Evangélisme planétaire » : Cette table de Terraforming Mars réunit Olive, Jibee, Marc et Jeff. De ces durs-à-cuire, on ne saura rien, les communications martiennes étant connues pour leur lenteur insupportable.

Table 4, dite « Satanique » : à Culte puis Horreur à Arkham (version cartes ?)  on vit Faline, Erwan, Cotentin et Younaël plonger dans les ténèbres.

Table 5, dite « Sous les mânes de Neptune » : L’inépuisable Ark Nova réunit une fois encore Mickaël et Steven. Le premier fit appel à Neptune pour infliger une dérouillée au second, écho magistral de la terrible punition infligée par Thésée à son fils, entendue la veille même au Carré magique.

Table 6, dite « Jeux interdits » : The gang réunit les protagonistes de la table 1 et Mickaël, pour des résultats contrastés, mais finissant sur une victoire. C’est du poker, mais avec de la psychologie, et ces quatre-là ont fini par s’entendre.

Séance de MARDI 10/02/2026 à Servel

Au moyen-âge, Bagdad reste l’une des plus grandes et plus belles villes de la terre, après avoir été un important centre commercial, intellectuel et scientifique. Créée en 762 c’est la capitale de l’empire Abbasside qui n’est plus aussi florissant qu’à son apogée au IXe siècle et s’est peu à peu affaibli et morcelé. Au début du XIIIe siècle, il est sous la tutelle de sultans d’origine turque et se retrouve menacé par des armées mongoles qui arrivent depuis l’Iran et mènent des raids annuels. Ayant négligé ses troupes et ses fortifications, refusant de prendre parti dans leur combat contre les Assassins, une secte ismaélienne chiite retranchée dans les monts Elbourz et jugeant mal de sa position de négociation, le calife se condamne à la bataille. Fin 1257, menés par Houlagou, petit-fils de Gengis Khan, les Mongols mettent le siège devant la ville et détruisent les canaux l’alimentant en eau précieuse. Ils anéantissent une tentative de sortie et se mettent à bombarder les remparts, en moins de deux semaines Bagdad l’arrogante se rend le 10 février 1258. Houlagou voulant faire un exemple, s’ensuit un gigantesque massacre (plusieurs centaines de milliers de morts ?) et pillage (les bâtiments sont incendiés, les palais pillés et la bibliothèque la plus riche du monde arabo-musulman détruite). Les Mongols seront finalement arrêtés en Palestine en 1260 mais ce ne sera ni la première ni la dernière fois qu’un Empire en déclin est abattu par des nomades venus des steppes.

Table 1, dite « Puissants en lutte » : Parmi les innombrables Shem Phillips, Vicomtes des Royaumes de l’Ouest a fait jusqu’ici un unique passage entre nos murs. Olive le dépile et y convie Xel, JiBee et VHN. On y construit son mini tapis-roulant de trois cartes (qui peut rappeler lointainement Impulse) et on alterne entre 3 actions qui rapportent des points : construire des bâtiments, se placer au château ou collectionner des manuscrits. Le tout avec une interaction limitée et difficile à planifier (la piste individuelle vertu/corruption de chaque joueuse) et, c’est rare chez eux, un livret de règles imprécis. Orienté par son personnage de départ, Dom passe la moitié de la partie à exclusivement récupérer des pierres et construire des bâtiments pendant que Xel va au château sans conviction, Olive récupère des manuscrits et JB fait un peu de tout. La spécialisation semble payer puisque, la fin ayant été déclenchée par l’épuisement de la pile Prospérité, Dom finit en tête avec 72 PV (dont 31 de bâtiments) ; JB obtient 48 grâce au bonus pour le plus grand nombre de dettes réglées tandis que Xel (riche de cartes rouges) et Olive (pénalisé de -10 PV pour dettes non réglées) finissent à 39.

Table 2, dite « Victoire mémorable » : Marie-Anne et Nastassia jouent d’abord à Forêt Mixte + extension. Marie-Anne développe une combo de fouines mémorable qui lui rapporte 160 PV sur un total à peine croyable de 591 PV, environ 200 points devant son adversaires. Elles poursuivent avec Faraway et s’en adjugent chacun un.

Table 3, dite « Au pied des murailles » : Après les fouines, les renards des plateaux. Mickaël et Benjamin délaissent temporairement Ark Nova pour un Château Blanc + extension Matcha. Corentin les rejoint pour une configuration à trois idéale. C’est ce dernier qui réussit à s’imposer avec une vingtaine de points d’avance.

Table 4, dite « A travers les steppes » : F-R, Nolwenn, Faline et Caroline inaugurent un nouveau jeu coopératif dans le monde de Tolkien (cela n’arrête pas ces temps-ci, une histoire de fin de droits ?) : La Communauté de l’Anneau – Le Jeu de Plis Coopératif. Le peu qu’on sait est que c’est plutôt un petit jeu de cartes, avec à chaque manche des objectifs individuels à la The Crew.

Séance de MARDI 03/02/2026 à Servel

Le 3 février 1790 voit la naissance de Gideon Mantell dans la petite ville de Lewes au sud de l’Angleterre (qui détient le record bizarre de l’avalanche la plus tueuse du pays, en 1836). Très jeune il s’intéresse à la géologie et traîne dans les carrières alentours. Il perd son père à 17 ans qui lui laisse assez d’argent pour aller au bout de ses études de médecine. A 26 ans il est installé comme généraliste, vient de se marier et a entamé une correspondance scientifique où il partage ses découvertes de fossiles (des ammonites en particulier) avec des naturalistes. Il parcourt les collines de craie locales, restes d’une mer chaude du crétacé riches en fossiles de vie marine. Son ardeur grandit après qu’avec sa femme ils découvrent de grands os et des dents de belle taille. Il est cependant refroidi quand Cuvier, la vedette de l’époque, les attribue à un rhinocéros. Mais il persiste et en comparant les dents à des espèces vivantes il estime qu’elles appartenaient à une sorte d’iguane, oui mais version XXL : dix-huit mètres de long (voyons, ça n’existe pas !) pour cet animal fantastique. Après quelques années son opinion s’impose parmi les scientifiques et la nouvelle espèce est appelée Iguanodon, le premier dinosaure identifié. Son activité de médecin finit par souffrir de sa passion dévorante et il vend en 1838 sa collection de fossiles au British Museum pour se renflouer. Dans les années 1840, installé à Londres, sa femme le quitte et il souffre constamment suite à un accident de carriole qui a endommagé sa colonne vertébrale. Il se met à soigner sa douleur à l’opium et succombe à une overdose en 1852. L’établissement d’un catalogue d’espèces disparues, grossièrement datées par stratigraphie, fut un point de départ de la réflexion sur l’évolution des espèces.

Dinosaures

Table 1, dite « Grande ardeur » : Jack, Caroline, F-R, Baptiste et Vincent jouent à Funkenschlag (sur la carte allemande de base, nous semble-t-il). Les jeux n’étaient pas faits quand la rédaction plia ses gaules en fin de soirée.

Table 2, dite « Mer chaude » : Après avoir récemment navigué en Baltique, c’est pour la mer de Chine qu’embarquent Xel, Olive, François et VHN en jouant à Macao. Un jeu grand format habilement reconstitué où on doit développer un tableau de cartes avec les bonnes combos, de façon à pouvoir convertir des sous en PV à la fin des tours où le taux de change (variable) est favorable. Dom met en jeu rapidement l’Oisif qui le dispense de l’obligation contraignante de prendre 1 carte au début de chaque tour, carte qu’il faut réussir à mettre en jeu faute de quoi elle vous pénalisera en fin de partie. La mise en jeu coûtant de 1 à 4 cubes, on voit l’importance de l’ordre du tour qui permet d’avoir un meilleur choix. François, lui, contournera la contrainte en jouant l’Abbé en fin de partie qui dispense de la pénalité pour les cartes restantes. Xel de son côté met la main à bon compte sur un pâté de maisons de la ville. Olive dévoile tôt son jeu en déployant un personnage qui double le montant de ses ventes de porcelaine. Il fait aussitôt main basse sur 3 tuiles de porcelaine qu’il finira par vendre pour 20 PV, ma foi une très bonne affaire. François fera de même en fin de partie avec la laque, on aurait probablement dû les priver d’une telle cargaison. François, toujours lui, utilise encore et encore la Cathédrale qui permet de convertir des lots de cubes en PV à la fin de chaque tour. Et des cubes il en a ! Sa stratégie s’avère gagnante, il l’emporte après avoir pris soin de priver Dom de Baronne avec 75 PV pour 67 à Dom, 46 à Xel et 43 à Olive.

Table 3, dite « Animaux fantastiques » : Faline, Nolwenn, Delphine et Corentin jouent à Wondrous Creatures où Nolwenn s’impose avec 150 PV, elle a bien scoré sur les objectifs.

Table 4, dite « Overdose » : Mickaël et BenjaminG, une fois n’est pas coutume (quoique…) s’installent dans le bocal pour leur habituel Ark Nova.

Séance de VENDREDI 30/01/2026 à Servel

Le 30 janvier 1969, les Beatles donnent leur concert sur le toit (The Rooftop Concert), dernière prestation musicale live du groupe, gangréné par les querelles internes et qui ne s’était pas produit devant un public depuis août 1966. L’événement a lieu  sur le toit des studios Apple Corps, à Londres. Il provoque la stupéfaction des Londoniens présents, mais l’intervention de la police met fin au concert, qui dure en tout 42 minutes. Le lendemain, le tournage se termine avec l’enregistrement en studio des chansons Let It BeThe Long and Winding Road et Two of Us. Le concert sur le toit est devenu un événement majeur de l’histoire des Beatles, qui cesse d’exister en septembre de la même année après la sortie de l’album Abbey Road, lorsque John Lennon annonce son départ définitif. La séparation sera officialisée le 10 avril 1970, par Paul McCartney. Les enregistrements de I’ve Got a FeelingOne After 909 et Dig a Pony, effectués sur le toit, figurent sur l’album Let It Be. Les Beatles n’existent plus lorsque ce disque paraît en mai 1970, simultanément au film homonyme qui présente des passages du concert. Resté inaccessible dans sa totalité, le film du concert est désormais offert en streaming audio depuis le 30 janvier 2022. L’événement, régulièrement parodié, occupe une belle place dans l’histoire du rock et de la culture populaire.

57 ans après, une série d’expériences avait lieu à Servel.

Table 1, dite « Destin contrarié » : Invités par Nolwenn, JérômeC, François, et OlivierL s’unissent pour Le destin de la communauté. Ce jeu coopératif invite à revisiter l’excellent Pandémie dans l’univers du seigneur des anneaux, même si l’analogie ne saut pas au yeux de prime abord. On retrouve en effet des mécanismes communs (rôles, événements, objectifs, propagation), même si l’univers est radicalement différent, et très immersif pour qui connaît un tant soi peu la saga. Après les explications impeccables de Nolwenn, l’équipe enchaîne les succès et vient à bout des trois objectifs intermédiaires ! Reste le dernier, qui concerne Frodon spécifiquement. Mais ce dernier, joué par Jérôme, s’est peut-être trop collé au groupe, et ne voit pas venir le raid ennemi, qui assaille une place forte et fait chuter le moral des troupes au-delà du seuil de perte. Destin contrarié donc pour notre bande des quatre, mais le voyage a valu le coup, entraide et fous-rires compris.

Table 2, dite « Quatre garçons dans le vent » : La fine équipe de ISS Vanguard réunit les habituels François-René, OlivierB, Jérôme et Armand. Leur concert s’est prolongé sans être stoppé par les forces de l’ordre.

Table 3, dite « Jamais vu » : Cette table de Prototypes réunit Franck, Julien, et Erwan. On ne saura pas plus de leur délibréations, couvertes par le sceau du secret.

Table 4, dite « Get back » : C’est le grand retour de Tzolk’in – Le calendrier maya avec une palette de joueurs rompus à l’exercice : Olive, Jibee, Xel et Tristan. C’est ce dernier qui l’emporte, après une razzia sur le maïs. Puis, Xel partie, ils remttent le couvert à trois !

Table 5, dite « Sur le toît ? » : Un autre classique revient, Twilight Imperium. Entre Mickaël, Fred, Elie et Corentin, à quelques encâblures du dénouement, les bookmakers s’acordaient à voir le premier cité sur le toît du monde.

Séance de MARDI 27/01/2026 à Servel

Le 27 janvier 1983 dans la soirée, Louis de Funès est victime d’un infarctus dont il meurt dans l’heure. Ce n’est pas la première fois que son cœur le lâche, à 61 ans en mars 1975 il en avait déjà fait deux qui avaient conduit à sa mise en retrait de sa carrière d’acteur de cinéma et de théâtre. Cette pause ne dure qu’un an et il reprend les tournages avec un rythme toutefois bien plus modéré, d’autant plus que les assurance sont réticentes à s’engager sur ses projets. Deux des films de cette période figurent dans le top 10 de son box-office, l’Aile ou la Cuisse où il est en duo avec un comique bien plus jeune, Coluche, et le Gendarme et les Extra-Terrestres. A son décès, il travaillait avec le producteur Christian Fechner à l’adaptation de la pièce Papy fait de la résistance qui aboutira sans lui. Travelling avant de quarante-trois ans : à la maison de quartier, pas de papys (malgré un retraité-dans-dix-jours) mais une pensée pour son abondante filmographie couvrant 35 ans. On notera qu’il n’a commencé comme acteur qu’à 30 ans et qu’il a enchaîné les seconds rôles pendant dix ans, jusqu’à la Traversée de Paris en 1956.

Table 1, dite « Les Dents longues (1952) » : JiBee et BenjaminG, deux adhérents aux dents longues et aimant jouer et rejouer à leurs favoris se retrouvent face-à-face pour un Ark Nova (probablement avec l’extension). C’est finalement l’ex-Président qui l’emporte. « La faute aux cartes » selon son adversaire qui pourtant à ce stade devrait être familier avec le jeu.

Table 2, dite « Le Château de la dernière chance (1947) » : Corentin, Faline et F-R sortent Le Château Blanc et déballent son extension Matcha récemment arrivée dans le placard. Elle apporte, sous forme modulaire, un plateau secondaire, une nouvelle couleur de dé, de nouveaux ouvriers en bois -les Geishas- et de nouvelles actions. Chaque tour comprend 4 actions par joueur au lieu de 3 et de l’avis général élargit les stratégies possibles. Cependant l’apprentissage des règles a eu lieu dans la confusion et la victoire de Corentin n’a pas été jugée totalement concluante. La maîtrise sera au rendez-vous la prochaine fois.

Table 3, dite  » Fripouillard et Cie (1959) » : Olive, Caroline et VHN se lancent dans un Bruges récemment amélioré du module « bateaux » issu de l’extension La Ville sur le Zwin (pour la petite histoire c’est une marée catastrophique de tempête qui en 1134 ouvre le Zwin, un chenal qui relie Bruges à la mer et autour duquel elle va construire sa richesse de ville marchande , jusqu’à ce que son ensablement progressif la mène au déclin). Ce module est réputé améliorer l’équilibre du jeu en renforçant la stratégie « canaux » : on bénéficie désormais d’une action bonus si on paie un ouvrier de la bonne couleur. Et justement des canaux Olive en fait plein, il construit ses 10 sections à grande vitesse tandis que Dom, équipé d’un personnage permettant une construction gratuite par manche, peine à récupérer les cartes de la bonne couleur. Caroline, la seule à découvrir, tâtonne dans l’apprentissage des règles mais apprend vite. Les deux autres subissent les vilenies de cette fripouille de Dom dont le voleur les ponctionne chacun de 6 sous. Mais au décompte il s’avère que Caroline a construit une belle galerie de personnages de valeur et ne concède que 3 points à VHN qui gagne 55 PV à 52, et 36 à Olive. Le jeu est relativement court et fluide, on décide d’en refaire un. Cette fois Caroline sait anticiper et éviter les désastres, Olive fait de nouveau des canaux mais la carte jaune qui le débloquerait lui échappe longtemps, pendant que Dom se focalise exclusivement sur ses personnages, posant 0 canal et avançant à peine sur la piste de réputation. Son pari paie : avec 21 points de personnages et encore 12 points pour ceux qui scorent à la fin, il termine à 62 PV devant Caroline 57 et Olive 54.