Le 19 juin était l’anniversaire de Mouammar Kadhafi. Officier des forces armées libyennes, il arrive au pouvoir lors du coup d’État de 1969, qui renverse la monarchie, et se distingue d’emblée par une politique panarabiste volontariste. En 1977, il réorganise les institutions de la Libye en faisant du pays une Jamahiriya (« État des masses »). En 1979, il renonce au poste officiel de chef de l’État, mais demeure de facto aux commandes avec le titre de « guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » (ou plus simplement « guide de la Révolution »), exerçant un pouvoir absolu en dehors de tout cadre temporel ou constitutionnel, jusqu’à son renverseemnt et sa mort en 2011 lors des printemps arabes.
L’analogie de sa biographie avec notre séance de Parties Civiles est troublante, jugez plutôt.
Table 1, dite « De l’argent à sortir » : La répression sanglante du printemps arabe de 2011, où le pouvoir répond aux manifestations par des tirs à balles réelles et des frappes aériennes sur la population, n’est pas sans évoquer l’ambiance lugubre de L’auberge sanglante. Les joueurs, tous issus du même clan familial, y accueillent des clients, avant de les occire, dépouiller et enterrer. Tout le jeu se base sur une pile de cartes multi-fonctions, qui servent dans les différentes actions du jey (recruter, tuer, construire et enterrer), et une piste de fortune personnelle, en francs. On y culmine au maximum à 40 francs, loin, très loin des 200 milliards de dollars que le guide lybien aurait sortis de Libye durant les trente années précédant sa chute. C’est d’ailleurs une des clés du jeu, car, quand le portefeuille grossit, il vaut mieux s’en délester contre des chèques, qui eux sont sans limite. A ce propos, Mickaël fit une erreur monumentale au dernier tour de jeu, omettant de convertir son magot en chèques alors qu’il atteignait 40 francs, se privant ainsi des 28 francs qui lui étaient promis en récompense de fin de partie sur une de ses cartes ! Il arrive au total de 80 francs et gagne miraculeusement au départage devant Faline, par 5 cadavres à 2. François, 70, et Thomas, 66, ont pâti de voir arriver la fin trop vite.
Table 2, dite « Un héritage à bâtir » : Avec 9 enfants, le guide lybien avait pensé à sa Descendance, qui exercera souvent des fonctions politiques ou militaires. Au jeu du même nom, Tristan mate sans coup férir l’opposition constituée par Fred, Virginie et Elie. Mais ce dernier prend sa revanche à El Dorado, d’une petite machette. Cet âge est sans pitié, mais pas sans rancune.
Table 3, dite « Des puissants à affronter » : De sa semaine prodigieuse, Xel sort auréolée de deux nouvelles victoire, battant deux hommes puissants, Marc et Olive à Yamataï, puis Olive seul à Flat iron. Du royaume légendaire de l’archipel du Japon aux tours de Manhattan, les grandes puissances, que Kadhafi avaient villipendées tout au long d’un discours fleuve de 2009 à l’ONU resté célébre, tenaient leur maîtresse.
Table 4, dite « Des géants pour s’inspirer » : Admirateur de Charles de Gaulle, Tito et Mao Zedong, l’enfant de la Tripolitaine se passionnait particulièrement pour l’action de Gamal Abdel Nasser qui, avec le mouvement des officiers libres, a renversé la monarchie égyptienne et se posait en héraut du nationalisme arabe. Et puisqu’on parle de géants de l’histoire, Faline ressort de nouveau First Giants, dans la même configuration que la table 1. Un jeu issu de la refonte d’Elysium des Space Cowboys, selon les connaisseurs, et qui n’est pas inintéressant, même s’il est difficile à contrôler par l’assymétrie des familles de dinos et le rush d’une fin de partie non déterministe. Cette fois, Faline ne s’en laisse pas conter, et mate Mickaël, 43 à 42. François, 35, et Thomas, 32, étaient encore dans la courbe d’apprentissage.
Table 5, dite « Une histoire à marquer » : La fine équipe de ISS Vanguard continue sa campagne au long cours. Dépasseront-ils la longévité du colonel de Triploi au pouvoir (1969-2011) ? On peut en douter, mais qui saurait le dire aujourd’hui ?
Seuls les enfants changent le monde, et ils étaient là, en ce dimanche, petits et grands enfants à s’ébrouer gentiment dans la salle de la maison de quartier de Servel. Une table tôt formée de Rajas of the Ganges faisait office de comité d’accueil, et les protagonistes s’y plurent tant qu’ils en redemandèrent en fin de journée. A la table d’Inis, on observa un singulier retournement, le vainqueur qui s’avançait étant défait sur une manœuvre tout en nuance d’un autre, qui œuvrait pour un troisième, faiseur de roi à défaut de l’être lui-même. Il s’en fallut d’un défenseur au royaume du Brenn, erreur fatale. Est-ce la force d’être juste qui manquait ? A défaut de nuances, les clans de La Famiglia ne manquaient pas de courage, mais ils s’affrontèrent dans un silence religieux, c’est rare pour la Sicile, tandis que plus loin se jouait Le destin de la communauté. Entre les gros jeux, les amuse-bouches florissaient, de Château Combo à Faraway, et Crack List pour finir. Le soir n’était pas tombé quand il fut temps de coucher petits et grands, et la nuit venue, de méditer à leur jeunesse et la nôtre, à nos vies aussi rapides à se dissiper dans le soir qu’un chagrin d’enfant.
Table 1, dite : « Carte orange » : Cinq joueurs autour de Lords of Vegas, c’est la promesse d’un bel embouteillage au pays du poker. Ce jeu nécessite une stratégie subtile, car, si l’on score des points de casinosconstruits en fonction de leur taille et leur étendue, la table de marque est graduée en seuils qu’il faut franchir (avec un casino unique !), seuil qui grandit au fur et à mesure. Gérard est bien parti, construisant habilement un casino rose lucratif, avant de basculer, au mitan du jeu, sur la couleur orange. Et pour cause, aucune carte de cette couleur n’est encore sortie, c’est donc qu’elles sont encore nombreuses dans le paquet se dit-il, non sans raison, bientôt imité par ses adversaires et notamment Dom, persuadé d’avoir trouvé la martingale, et qui en use et abuse. Olive, pour sa part, adopte une stratégie opportuniste et belliqueuse, attaquant François le débutant sur ses casinos pour tenter d’en prendre le contrôle, en vain, pendnat que Xel mixe les couleurs, avec ausi un penchant orange. Mais la couleur ne sort toujours pas : aucune carte orange en 28 cartes tirées, comme en témoigne le cliché ci-contre (on est sur du 2 pour mille en probabilité) ! Finalement les cartes tant attendues arrivent, et Dom progresse à pas de géant avec un casino de trois cases, avec une chance insolente aux dés (François tente de lui ravir son beau casino gris et fait deux jets de 5, et il sort un 6 !). Mais il est trop tard : François a pris trop d’avance avec ses autres couleurs, sans oublier un casino orange à trois étages bâti sur le tard, pour la soif, et porte l’estocade sur la carte Strip « FIN », celle qui clôt la partie, en possédant deux casinos à ses abords, dont un opportun casino bleu de taille 4 juste suffisant à l’approche du seuil 4 sur la table de marque. Il devance donc Gérard et Dom d’un souffle, Olive est un rail plus loin, quand Xel finit avec un wagon de retard. Au fait, que croyez-vous qu’il arrivait après la carte Strip de fin de partie ? Deux cartes orange….
Quelques années plus tard, sièges et batailles faisaient rage à Parties Civiles.
Cinquante ans déjà que les Verts de Saint-Etienne s’inclinaient (0-1) face au Bayern de Munich, lors de la finale mythique de la Coupe d’Europe des clubs champions, après avoir trouvé deux fois les poteaux carrés d’Hampden Park (tir de Bathenay, tête de Santini). Le Bayern, une fois encore bourreau des Verts, après la demi-finale perdue de l’année précédente (0-0, 0-2). Dans sa chronique politique, le journaliste Patrick Cohen rend un bel hommage aux Verts sur France Inter en ce jour du 50e anniversaire de la finale de Glasgow.