Séance de MARDI 11/08/2021 à SERVEL

La vie des Mayas était structurée par deux calendriers. Le premier, bien connu à Parties Civies, est le tzolk’in, « année » non numérotée de 260 jours (ou kin), à caractère divinatoire et religieux, calendrier composé de vingt jours combinés à treize nombres (sans doute les 13 divinités diurnes). Le deuxième est le haab, « année vague » non numérotée de 365 jours, à caractère civil. Ce calendrier comporte dix-huit mois (uinal) de vingt jours chacun, plus cinq jours additionnels nommés uayeb (way + haab = lit de l’année). Ces deux calendriers se synchronisent toutes les 52 années solaires (18 980 jours).

Le compte long est un décompte permettant de faire le lien entre le haab et le tzolkin et d’établir la position d’un événement historique donné dans les deux systèmes. Le système est majoritairement vigésimal (base 20): chaque unité du compte est égale à vingt sous-unités, avec l’exception de la deuxième position (tun), qui correspond à 18 uinal, afin qu’un tun corresponde à 360 kin, soit une durée proche de l’année solaire.

La date 0.0.0.0.0 du compte long maya correspond au 11 août 3114 av. J.-C. (date maya : 4 ahau 8 cumuk), soit le jour julien 584257 (sensiblement à partir du lever du soleil sur un fuseau horaire pour l’Amérique).

5135 longues années ont passé depuis le temps 0, pour une soirée ludique venue du fond des âges qui rassemblait les survivants de la double morsure de l’été et du pass sanitaire.

Table 1, dite « Un temps si long » : à Battlestar Galactica on revisite ses classiques, et Xel, une joueuse chevronnée, prend l’initiative en se déclarant cylon dès le premier tour. Ses compères, Xof et Olivier L.( lui étant compatissant) la rejoignent peu après et signent une large victoire. Les humains (Jimmy, Axel, F.-R.) y ont trouvé le temps si long.

Table 2, dite «  Oldies but goodies » : Cela devait être une table d’Innovation, mais par un loupé digne du fameux France-Hongrie de la coupe du monde 1978, le jeu avait été oublié, et Lucas en profita pour sortir Roll for the galaxy. Après une explication de gravure sèche comme l’atmosphère de Mars, il enquilla une large victoire avec 40 PV, devant Dom, 29, et votre serviteur modestement dernier avec 21.

Table 3, dite « Les nombres de la rose » : La frénétique recherche d’un jeu déboucha sur la découverte de Cottage Garden, un jeu sympathique où l’on doit remplir des jardinières de fleurs aux allures de Tetris, et avec des pots de fleurs, des cloches et des chats. Sympathique mais non dépourvu de stratégie (c’est de l’Uwe Rosenberg quand même !), en particulier sur le final, qui peut être cruel pour les retardataires. A l’issue du sixième printemps, Dom avait la main verte (66), Lucas aussi mais avec une lieue de moins (56), et à une encablure encore gisait votre toujours modeste narrateur (46).

 

 

Séance de VENDREDI 06/08/2021 à SERVEL

Disparu trop tôt (1987), après une banale opération, Andy Warhol aurait eu 93 ans en ce 6 août. L’inventeur du pop art se rendit mondialement célèbre par le détournement de marques de tous genres avec le procédé de la sérigraphie. Grâce au procédé sérigraphique, qui laisse la trace de la trame lors de l’impression, Warhol restituait un aspect essentiel des documents qu’il utilisait : leur nature d’images déjà imprimées par la presse, leur nature de cliché, dans tous les sens du mot. En les transposant sur la toile, l’artiste accentuait encore l’aspect cliché de ces images dont la multiplication achève de leur faire perdre leur sens.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 220px-Warhol_grave-LF.jpg.

Warhol est parti trop tôt pour s’emparer du logo de Parties Civiles, qui n’aurait pas déparé ses sérigraphies au milieu des Marilyn et autres soupes Campbell.

Table 1, dite « A découvrir » : Dom déballe la petite boîte de Pax Renaissance, « petit par la taille, grand par la profondeur », un jeu-qui-peut-emplir-une-vie-ludique®. Malgré son discours publicitaire bien rôdé (« il ne se laisse pas apprivoiser facilement, il y a une courbe d’apprentissage raide », « vous allez subir 2 heures de règles denses plus 2 heures de jeu », « votre première impression sera cuisante, vous ne saurez pas comment jouer »), il recrute trois novices, Christophe, Fabrice et Lucas. La partie aura été très pédagogique, la plupart des actions de jeu possibles ayant été vues. Dom a la chance de pouvoir ouvrir le bal avec une reine ottomane bon marché qui lui fournit une bonne base pour poursuivre calmement des visées expansionnistes. A l’ouest cela chauffe avec divers coups bas autour d’une lutte pour Portugal et Aragon. Christophe se positionne pour une victoire Globalisation tandis que Fabrice penche vers la victoire Renaissance, utilisant son action « Vote » pour s’emparer de Aragon. Les évêques s’en mêlent, 3 catholiques bloquent diverses cartes au gré de leurs visites tout en orientant vers une possible victoire Religion. Les fortunes de Lucas varient, il s’empare d’Aragon (qui finira avec 5 cubes réprimés !) par une croisade qui surprend tout le monde mais doit céder la Hongrie qui devient vassale des ottomans. Le marché ouest se vide nettement plus vite que celui de l’est mais il a fallu attendre 4 cartes avant la fin pour que la première comète apparaisse. Dom l’achète derechef en activant la victoire Impériale alors qu’il a 4 Royaumes. Lucas, qui joue juste avant lui, est chargé bien malgré lui de consommer son tour à freiner la marche du sultan, sans parvenir à empêcher une dernière combinaison redonnant les 4 Royaumes nécessaires pour l’emporter. L’expérience a parlé mais on espère que certains seront prêts à donner une deuxième chance à cette pépite ludique de niche.

Table 2, dite «  In memoriam »: Revenu de Parthenay la gibecière lestée de quelques découvertes, Frank se lance en mode « jeu apéro » et propose tout d’abord Top 10. Mais c’est un faux départ car Olivier oppose son véto à ce petit jeu qui fait appel à des dons d’imagination et d’expression dont il s’imagine dépourvu…. On jette alors son dévolu sur Fiesta de los muertos, un jeu où les morts sont évoqués par des mots, puis l’évocation est détournée par les joueurs successifs, pour finalement être exposée de tous et devenir un indice pour retrouver la figure du mort. Par exemple, Freud peut se voir représenté par les indices divan, lit, couche, seul ce dernier subsistant à la fin. L’équipe composée, outre les suscités, de Adrianne (qui prend goût à PC après une soirée découverte validée en juillet) et votre serviteur, enquilla trois victoires de rang à ce jeu, qui serait, de l’avis général, « best with 6 » pour mieux brouiller les pistes. Les mêmes enchaînent avec un Splendor que votre modeste narrateur s’adjuge d’un souflle avec 15 points (Adrianne 14, Olivier 8, Frank 6),

Table 3, dite « Fin de série »: fin de la campagne du Seigneur des Anneaux, entamée en février, et qui se conclut entre François-René et Neox par une belle victoire – mais toute bonne série a une fin.

Table 4, dite « Most wanted men » : Warhol fit sensation en exposant le portrait des 13 hommes les plus recherchés de New York à une exposition, rendant ainsi hommage à Duchamp qui s’était représenté en Wanted dès 1923. Justement, à la table du  Mystère de Whitehall – comme chez son cousin Whitechapel on incarne soi-même un odieux criminel et l’on se fairt chasser, et reprendre – très vite ce soir dans le cas de Mickaël, et beaucoup plus tardivement, à un lieu du but dans le cas de Paul. Xel et Axel, dans le rôle des chasseurs, n’ont pas failli à leur tâche.

Detective Club

Table 5, dite « Do it yourself » : Les tables se recomposent et la séance se termine avec la découverte de la soirée: Detective club. Un jeu qui s’inspire de Mysterium et qui a beaucoup plu car il s’agit d’illustrer un mot par un dessin (ils sont de surcroît magnifiques), mais aussi de justifier son choix (ce qui va bien quand on connait l’indice, mais est plus ardu quand on se retrouve dans la peau du voleur, qui ne le connaît pas). Mickaël a été très fort à ce jeu (26), quand votre humble serviteur (17), François-René (16), Xel (14) et Axel (11) ont peiné à se rendre crédibles.

Séance de MARDI 03/08/2021 à SERVEL

Le 3 août 1492, Christophe Colomb partait, à bord de la Santa Maria accompagné de deux autres navires, à la recherche d’une nouvelle route vers les Indes orientales par l’ouest. Au terme de deux mois de voyage, il fera, à son insu, la découverte du continent américain.

529 ans plus tard, moyennant la présentation à la shérif d’un pass sanitaire, de nombreux joueurs embarquaient à bord d’un long et ludique voyage sur le rafiot Parties Civiles.Image dans Infobox.

Table 1, dite « Découverte de l’Amérique » ! Nous fêtons le retour de Neox qui a sous le bras l’opus 1 de la « trilogie du masque », Tikal dans la réédition SuperMeeple aux belles pyramides en résine (mais donc le niveau est peu lisible). Xof sera le troisième aventurier s’enfonçant dans la jungle guatémaltèque. Les voies de chacun n’auront pas été entièrement choisies : Neox ne tire quasiment aucune tuile temple. Un peu forcé il se spécialise dans les trésors (27 PV au dernier décompte quand même). Xof à l’inverse multiplie les tirages de temples et se crée un joli fief suffisamment isolé pour qu’on ne vienne pas trop le chercher. Il est aussi le seul à faire monter un temple jusqu’au niveau 10. Dom est le premier à poser son 2e camp, lutte avec Neox pour le contrôle d’un temple central, oublie qu’on ne peut prendre le contrôle que de 2 temples au maximum mais réussit à maintenir son avance sur la piste de score jusqu’à la fin (119 PV). Neox (109) et Xof (110) ne sont pas loins, mentionnons l’habile déplacement de son chef explorateur tout à la fin qui lui donne 6 PV décisifs. Cela a donné envie de découvrir Java et Mexica, les deux autres de la série.

Table 2, dite «  Puissance et gloire »: Lucas se montra à cette table de Splendor au faîte de sa gloire et de sa puissance, maîtrisant les combinaisons avec un art consommé, s’adjugeant deux parties avec 16 à chaque fois, devant Xel (6 et 14), et VHS (11 et 12), qui manqua l’occasion de porter l’estocade dans la deuxième en ne réservant point une carte qui lui eût permis de triompher, à moins que le maître ne sortît une parade de son sac.

Table 3, dite « My way »: F-R, Axel et Jimmy et Camille démarrent une partie de Aeon’s end. Ils y ont remporté une victoire très facile, mais, de leur propre aveu, sans respecter les règles.

Table 4, dite « Terres fertiles » : pour parfaire son éducation, Lucas rejoint Xel et VHS à Innovation. Faisant un usage immodéré de la fameuse carte Agriculture, Xel réussit le tour de force de dominer les âges 1 à 4, et se trouve aux portes de la victoire. Mais la révolte gronde, et votre serviteur se sacrifie pour assécher son influence et au passage lui subtiliser sa carte, la laissant fort démunie avec un tableau famélique, tandis que Lucas, parfaitement étranger à cet acte d’héroïsme, déroule un tableau aussi imposant qu’improductif. Xel croit gagner en alignant trois icônes de chaque, sans réaliser que je me suis déjà adjugé la domination Militaire à la faveur d’une carte ! Alors que la partie semble pouvoir basculer, Xel sort une carte 8 pour comptabiliser une carte 10 et en tirer une autre, Deux ex machina qui lui offre sa cinquième domination et donc la victoire, alors que le rouleau compresseur de Lucas, décalé dans toutes couleurs, venait juste de finir sa période de rodage.

Table 5, dite « Au pied du mur » : c’est au pied du mur que l’on voit le maçon, et à cette table d’Azul, entre matines et laudes, François-René a déployé ses talents de carreleur pour dominer Axel, Camille et Xel.

 

 

Séance de MARDI 27/07/2021 à SERVEL

Fichier:Arrestation de Robespierre.jpgLa dictature de Robespierre prend brutalement fin le 27 juillet 1794. Le président du Comité de Salut public et ses proches sont arrêtés après un an de pouvoir sans partage.

La veille, à midi, l’Incorruptible est monté à la tribune de la Convention et a tenu un discours lourd de menaces dénonçant une «ligue de fripons», sans donner de noms. Les députés s’inquiètent car la loi de Prairial lui permet de faire arrêter et exécuter le moindre suspect. Tous ceux qui ont quelque motif de craindre Robespierre prennent peur et se dévoilent, tels Collot d’Herbois, qui proteste contre la «dictature de la vertu», ou Fouché qui a profité de son autorité pour s’enrichir…

Quand il s’approche de la tribune pour parler à nouveau, Robespierre est houspillé. On le montre du doigt aux cris de : «À bas le tyran !» Dans un sursaut de courage, un député, Cambon, lance à la tribune sa mise en accusation. Il est arrêté ainsi que son frère, Saint-Just, Lebas et Couthon, tous membres du Comité de Salut public.

Les prisonniers sont transférés à l’Hôtel de ville et se retrouvent sous la protection des sans-culottes, fervents partisans de la Révolution. Tandis que sonne le tocsin, le député Barras se dépêche d’intervenir. Il rassemble des troupes et entre dans l’Hôtel de ville.

C’est la fin. Dans la confusion, Robespierre est blessé à la mâchoire par un coup de pistolet. Il sera guillotiné le lendemain, avec Robespierre jeune, son frère, ainsi qu’une vingtaine d’autres partisans. Le jour suivant, 80 autres robespierristes montent à l’échafaud. Les Thermidoriens, ces députés qui ont osé s’en prendre à Robespierre, libèrent les suspects et mettent fin à la Terreur tout en préparant la mise en place d’un nouveau régime, le Directoire, dont on espère qu’il ramènera la paix, l’ordre et la prospérité sans trahir les acquis révolutionnaires.

Quelques temps plus tard, un climat, de concorde mais non dénué d’émulation, régnait à Parties Civiles.

Table 1, dite « When we were kings » : un nouveau venu sur nos tables, Le dilemme du roi, où il s’agit de prendre les bonnes décisions pour soi-même et son royaume, sans pour autant délaisser le bien-être de ses sujets. Deux parties en furent jouées, Vincent et Lucas en sortirent couronnés, Jimmy et François-René étant gros Jean comme devant.

Jimmy s’en va et, entre les fripons restants, la baston commence, avec un Hit z Road qui, de l’avis général s’est mal passé. Lucas en ressort le moins éclopé.

Table 2, dite « Lèse-majesté» : classique s’il en fût, Brass: Birmingham fait son retour, et c’est sans peur que Thomas se voit défié. Mais, à l’issue d’une partie homérique, il n’y eut pas de crime de lèse-majesté: il l’emporta avec 151, grâce à quelques coups d’estoc remarquables, devançant Dominique, qui, avec 147, avait bien trompé son monde. Xel, 129, et votre modeste narrateur, 123, complètent un quarté de haut vol.

Table 3, dite « Salut public » : nous voici à Pixie Queen. Un jeu où les Pixies sont des petites créatures mythologiques qui volent et trompent les gens, surtout parce qu’elles ont peur de leur Reine qui gouverne en tyran et exige constamment de nouveaux présents. Nicolas II rétablit le salut public et s’impose, mais timidement, avec un score négatif (-3) ! Il faut croire que Benjamin, Gilles et Émilie ont eu encore plus peur car ils ont fini encore plus négatifs !

Séance de VENDREDI 23/07/2021 à Servel

Le 23 juillet 1645 s’éteignait Michel Romanov. En 1613, il avait été élu tsar de toutes les Russies sous le nom de Michel Ier. Cette élection mit un terme au « temps des troubles », qui a vu la Russie occupée et pillée par les Polonais mais également les Suédois et les Tatares. Le nouveau tsar a tout juste 16 ans alors, mais il est le fils du prestigieux patriarche de Moscou, Philarète, qui a combattu l’usurpateur Boris Godounov et les Polonais aux côtés des Cosaques. Prisonnier des Polonais, il fait figure de martyr et de saint protecteur.

Sa parenté le relie à l’ancienne dynastie, qui s’était éteinte après la mort du tsar Ivan IV le Terrible. Le nouveau tsar s’applique à en finir avec l’occupation étrangère. Pour reconstituer une armée, il impose les villes et opère des emprunts forcés auprès des riches marchands, la plupart des étrangers. En février 1617, il a la satisfaction de conclure la paix avec les Suédois, au prix d’un lourd tribut et de la perte de tout accès à la mer Baltique. L’année suivante, il repousse les Polonais et conclut une trêve avec eux, ce qui lui vaut de retrouver son père Philarète. Ce dernier est aussi énergique et dur que son fils est doux et pieux. Se complétant à merveille, les deux hommes vont réussir à rétablir la paix civile en Russie en écartant tout esprit de vengeance, notamment à l’égard des boyards (nobles) qui ont collaboré avec l’occupant polonais.

Michel Fédorovitch Romanov (21 juin 1596 - Moscou, 23 juillet 1645), gravure de la fin du XVIIe siècle, musée national russe, Moscou

Le tsar prend l’habitude de décider de tout en toute indépendance. Ainsi se met en place l’autocratie, régime caractéristique de la Russie des derniers siècles. Les paysans russes perdent leurs dernières libertés. Écrasés d’impôts, ils s’enfuient de leur village et gagnent l’étranger ou les marges orientales en voie de colonisation, ou se placent sous la tutelle d’un seigneur. Philarète multiplie les décrets pour décourager les fuites. Il porte à quinze ans au lieu de cinq le délai après lequel un paysan fugitif peut bénéficier de la liberté. Ainsi la paysannerie russe va-t-elle peu à peu retomber dans le servage alors même que tout l’Occident s’en éloigne.

En 1632, profitant des désordres occasionnés en Europe centrale par la guerre de Trente Ans et d’une mauvaise passe des Polonais, Michel Ier attaque ces derniers. Mais son armée se débande et est écrasée. L’humiliation est immense en Russie.

La personne du tsar acquiert avec Michel Ier un caractère sacré. En 1626, à 30 ans, après deux mariages inféconds, il épouse Eudoxie Strechneva, qui lui donnera dix enfants. L’avenir de la dynastie est assuré: la descendance de Michel Romanov règnera sur la Russie, jusqu’à la Révolution de 1917.

Quelques années plus tard, une séance de Parties Civiles réunissait toutes les générations, pour les siècles à venir.

Table 1, dite « Servitudes volontaires » : Mickaël présente fièrement sa dernière acquisition fraîchement kickstartée: Oceans. On retrouve le schéma de base de son cousin Evolution: il s’agit de lutter pour survivre, mais ici, les amphibiens ont remplacé les dinosaures: ça se passe sous les mers, et jusqu’aux abysses. Quelques mécanismes originaux changent la donne, en particulier l’action de migration qui permet de répartir les poissons, consommés par ces charmantes créatures, et les différents lieux de ressources (récif, océan…), avec un phasage et une gradation dans la lutte pour la vie à partir du moment où le récif se vide. Comme de juste, on gagne à ce jeu en optimisant les combos entre ses espèces, et à ce petit jeu, Dom fait merveille, ce qui lui vaut une bel accessit (46). Mais Mickaël (55) l’emporta avec l’audacieuse stratégie de créer trois espèces très tôt dans la partie, gage de gains pérennes, et en les protégeant bien grâce notamment au « trait qui fait gagner »), à propos duquel l’auteur du jeu lui-même reconnut qu’il était surpuissant. Votre serviteur (38) fit belle figure et crut s’octroyer un avantage décisif en missionnant une sangsue de Cthulhu sur un monstre effrayant développé par Thomas (42), mais hélas celui-ci périt dans l’instant.

Oceans (Édition Limitée) (2020) - Jeu de société - Tric Trac

Table 2, dite « Dynastique » : Quoi de plus symbolique que le retour de Battlestar Galactica pour marquer le retour des séances de Parties Civiles ? Des dynasties de joueurs y ont fait leurs armes, et la lignée se prolonge, avec Paul à cette table. Le jeune y passa la plus clair de son temps en prison, où il trouva le temps si long – mais tout le monde ne peut devenir tsar à 16 ans: c’est sur la durée que se construit une dynastie ! Les vrais cylons, Axel et Jimmy, firent un feu si long que les humains (Xel, François-René, Axel) n’eurent pas de peine à l’éteindre.

Table 3, dite « Bonne étoile » : Nicolas II initie Vincent à l’art subtil et japonisant du Shoggi. A cette sorte de jeu d’échec d’extrême-Orient, il aurait dû, de son propre aveu, s’incliner. Pourtant il l’emporta, porté par une bonne étoile.

Table 4, dite « Évasion malheureuse » : Frank, à cette partie de Nemesis, eut toutes les malchances de jets et de tirages que l’on peut craindre à ce jeu, et n’échappa pas à son destin, finissant broyé par Gilles et Olivier.

Table 5, dite « La marche de l’empereur » : Nicolas II persiste dans sa veine orientaliste et nous propose de peindre le portrait de l’empereur en suivant les traces du génial Reiner Knizia, auteur de Sakura. Une sorte de Lemming mafia rethémé, si ça vous parle: donc un jeu où le chaos règne en maître. La bonne étoile de Nicolas II stoppe sa course pour un instant, et votre serviteur s’octroie les faveurs du souverain (10), devançant Dom et Thomas (8), Mickaël et Nicolas II (6).

Table 6, dite « A tsar is born » : Pour finir en fore de digestif, une petite partie de Just one, qui est à Codenames ce que la Canada Dry est au gin. On peut en boire sans fin et on ne s’y fait pas trop mal à la tête, mais il faut quand même donner des indices assez pertinents sans être trop évidents, car tout indice en double (voire plus !) est supprimé. Passé les 2 heures des matines, le tsar Nicolas II réussit à s’imposer en déchiffrant toutes les énigmes. Aucune ne résista à sa sagacité, même pas celle qui rassemblait les indices: sucre, allongé, grain, corsé, arabica. D’autres eurent moins de chance, à l’image d’Axel qui ne déchiffra pas le trio d’indices fibre, ours, brun (spoiler: l’indice glacial, en double, avait été éliminé), de Thomas qui sécha sur (souterrain, Sèvres-Babylone) – où trois dodo avaient été recalés, ou de Xel, qui devant (purin, engrais, salaud, digéré, crottin), ne vit qu’une ordure…

 

Séance de VENDREDI 16/07/2021 à Servel

Le 16 juillet 1945 eut lieu dans le désert américain du Nouveau-Mexique, près de Los Alamos, la première explosion atomique. Cet essai en grandeur nature précède de trois semaines le largage meurtrier et sans précédent d’une bombe atomique au-dessus de la ville japonaise d’Hiroshima. Le nom de code Trinity lui fut proposé par le physicien Robert Oppenheimer dirigeant le laboratoire de Los Alamos en référence à un poème de John Donne sur la Trinité.

Dans le cadre du projet Manhattan, les scientifiques avaient développé une arme à fission utilisant du plutonium surnommée « Gadget » mais, en raison de sa complexité, ils n’étaient pas certains qu’elle fonctionnerait. Il fut donc décidé de réaliser un essai dans une région isolée et inhabitée, et le choix se porta à la fin de l’année 1944 sur cette zone désertique au Nouveau-Mexique, la bien nommée Jornada del Muerto.

Bulle de plasma de 266 mètres de diamètre formée par Gadget, lors de l'essai Trinity, après 0,025 seconde.

 

Une répétition fut organisée le 7 mai avec 108 tonnes d’explosifs mélangées à des particules radioactives pour calibrer les instruments. La détonation de Gadget dégagea une énergie d’environ 21 kilotonnes de TNT et fut considérée comme un succès par les observateurs. Bien que l’explosion ait été vue et entendue à des dizaines de kilomètres, le public ne fut informé de l’essai que le 12 août à la publication du rapport Smyth.

76 ans plus tard, une séance de Parties Civiles fit grand bruit à Lannion et aux alentours.

Table 1, dite « Inspecteur Gadget » : Lucas est devenu un pilier de nos soirées, et il ne vient jamais sans gadgets. Pas de grosse valise de Mah-Jong ce soir, mais les jolis cailloux de toutes les couleurs de It’s a wonderful world. Aucune bavure dans cette inspection en règle où Fabrice, un nouveau venu fort sympathique (et que nous appellerons pour plus de simplicité Fabrice-alias-Fabrice), et Olivier firent figure de victimes, expiatoires mais néanmoins admiratives de la maîtrise de leur initiateur. Il tenta ensuite de les mettre de son côté avec le coopératif Enchanteur, mais ils durent déchanter.

Table 2, dite « Sainte Trinité » : Mickaël apporte Blood rage et, au nom du père, récite son sermon, il le connaît par cœur désormais. Elouann, le fils, mesura que, même détenteur d’une liberté de locomotion toute nouvelle, il n’était encore qu’un humain, tout comme Axel, le Saint-Esprit descendu de ses hauteurs avec la légèreté de la colombe

Table 3, dite « Fission de cœur » : Du groupe de six joueurs sans table encore alors que la soirée s’avançait, et qui hésitait à fusionner, Vincent et Thomas provoquèrent une fission de cœur en se retrouvant à Shards of Infinity. Deux joueurs qui s’apprécient, donc, ce qui ne les empêcha pas de croiser le fer. Au bout des ébats, un oxymore: c’est Thomas qui imposa sa « suprépapamacie » sur le score de 2-1.

Table 4, dite « Manhattan Transfer » : Les rescapés de la fission sus-mentionnée se retrouvent à Las Vegas, où Dom joue le caïd (300 k$) devant Xel (290 k$), VHS (270 k$) et François-René (270 k$ également), puis la soirée tourne à la Vendetta sous la double patronage de Bruno Faidutti (l’auteur du jeu) et Gogo Yubari (qui présente la particularité d’être à la fois une écolière japonaise et un tueur à gages), et à un tableau de score inversé (François-René 23, VHS et Xel 21, Dom 16).Vendetta - Vampire : La Mascarade

Table 5, dite « Alerte rouge » : Un Codenames final réunit, comme il est de tradition, deux équipes: Bleus: Xel, VHS, Thomas, Axel Rouges: Dom, Vincent, François-René, Elouann Les bleus furent atomisés dans cette partie qui tourna à l’alerte rouge (4-0). La faute au professeur Tournesol, qu’on croyait être un génie, à Michou, interprète d’une jolie quadrangulation (Paris, Champ, Boîte, Piano), à un siège rotatif mortel, et à une poudre explosive !

 

Séance de VENDREDI 14/02/2020 à Servel

En cette St-Valentin, Parties Civiles célébrait l’amour, mais aussi la haine. Comme l’a remarqué un jour Bernard Pivot, M et N se suivent au dictionnaire, et dans cet ordre !

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Table 1, dite « Cassés et cigarettes » : en prison, les détenus n’ont qu’une obsession: s’évader. C’est le moteur de Dig out (your way), On y achète et vend, a cigarette fait monnaie d’échange, on y rencontre des gueules cassées, on se fait casser la sienne, on fabrique des objets qu’on revend, et on s’attache les faveurs de clan. Mais ils se passe aussi des choses imprévisibles, comme une rébellion, qui rebattent les cartes. C’est à la faveur d’un de ces événements que Tristan remporta avec chance cette bataille homérique où VHS, deux Olivier, François-René et Simon étaient impliqués.

Table 2, dite « Elfe haine » : à Pandemic : Le règne de Cthulhu ce fut une victoire du collectif, tandis que Cthulhu perdit.

Table 3, dite « Plaisir solitaire » : Deep Sea Adventure est un plaisir solitaire qu’il faut savoir ne pas prolonger trop longtemps. Alexandre, Paul et Mickaël s’y sont livrés avec retenue.

Table 4, dite « Lucas crâna » : à It’s a wonderful world, Lucas gagne comme attendu, mais Xel fait bonne figure, aux côtés de Elouann et Eric.

Table 5, dite « Toi + moi » : Dom succombe à Franck qui lui propose un parcours avec Ceux de ma tribu, prolongeant l’exploration de l’univers fertile de son compagnon du soir.

Table 6, dite « Un pour tous, tous pour un » : une magnifique partie de Les chevaliers de la table ronde, clôt cette soirée, qui se termine par une victoire collective sur le fil contre le mal, qu’incarnait en l’occurrence François-René.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de VENDREDI 31/01/2020 à Servel

Inauguré le 31 janvier 1977, le centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (CNAC) – répond à la volonté du président Georges Pompidou de voir au centre de Paris un équipement culturel d’un type nouveau, voué à toutes les formes de la création contemporaine. Dans l’esprit de ses concepteurs, le centre se voulait une réponse à un certain nombre de faillites de la politique culturelle française : l’incapacité à créer un musée d’art moderne digne de ce nom, le retard de la lecture publique par rapport notamment à l’Europe du Nord, le dédain dans lequel les autorités avaient tenu la musique contemporaine. Au lendemain de mai 1968, la fondation du centre Pompidou apparaissait aussi comme un nouveau défi lancé à l’académisme des institutions culturelles d’État. L’architecture du centre suscita une vive polémique : canalisations, escaliers électriques, passerelles métalliques, tout ce qui est traditionnellement dissimulé est ici ostensiblement montré à la vue de tous. On surnomma le centre « Notre-Dame de la Tuyauterie », ou encore « le Pompidolium ». On railla un « hangar de l’art », une « usine à gaz », une « raffinerie de pétrole », un « fourre-tout culturel » ou une « verrue d’avant-garde »

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43 ans après, Beaubourg a imposé sa singularité dans le paysage culturel, et Parties Civiles célébrait des jeux modernes, mais aussi très anciens.

Table 1, dite « Fourre-tout religieux » : Ils y reviennent, c’est bon signe ! Quand Gérard signale discrètement être revenu avec sa petite boîte de Pax Renaissance, Frédéric se déclare, ainsi que Tristan qui a pris le temps d’étudier les règles et est chaud comme la braise. Ajoutez-y l’inévitable Dom et la table est complète pour une lutte mouvementée et tendue dans l’Europe du XVe siècle. Et cette fois la durée de jeu est revenue à quelque chose de raisonnable pour un gros jeu à quatre.

Le début de partie a ressemblé à la précédente, avec Gérard se construisant à l’Est une théocratie islamiste solide. Le message sur la condition de victoire visée était clair. Côté Ouest, les 3 autres jouaient des coudes avec quelques couinements à chaque fois qu’une concession (un petit cube mais qui est une des rares façons de financer ses opérations) était éliminée. Au milieu de partie, Tristan et Frédéric ont acquis des badges « Islam » qui les mettent en position de profiter du dur labeur de Gérard et de remporter une victoire théologique quand l’occasion se présentera. Dom de son côté arrondit sa pelote et s’ingénie à empêcher cette condition de victoire en mettant en jeu des évêques d’une autre couleur. La première comète arrive enfin mais aucun des trois Imams ne l’achète, puisque cela reviendrait à consommer une action et leur argent pour activer une condition de victoire dont les deux autres risqueraient de profiter dans la foulée. Intéressante situation de « je te tiens par la barbichette » (du prophète ?). Finalement, une fois que le prix a suffisamment baissé c’est Dom qui l’achète pour activer la condition de victoire « Renaissance » (2 badges « Law » de plus et le plus de Républiques). Aussitôt, haro sur le Dom dont des prédicateurs enflammés dénoncent la victoire prochaine !

Pendant ce temps, une seconde comète entre en jeu et Gérard prend en main la carte avec badge Islam qui le mettra à égalité avec Tristan, bloquant provisoirement toute victoire religieuse (oui mais Gérard dispose d’une action Behead qui lui permettra au bon moment de supprimer une des cartes à badge Islam de Tristan. On te voit venir, Gérard !). Au tour suivant, Dom se crée une République pour se rapprocher de la victoire Renaissance, aussitôt contré par Fred. Et Tristan ? tout le monde l’avait apparemment oublié, en particulier Gérard qui n’a pas joué sa carte Islam. Le bougre barbu, majoritaire en badges Islam, achète la comète, active la victoire Religieuse et remporte la partie dans la foulée. Les autres jurèrent, mais un peu tard, qu’on ne les y prendrait plus. 

Table 2, dite « Abstraction » : à Deep madness Le Doc, Olivier L, François-René, Camille, Florian et Sophie ont fouraillé. Analyser le résultat relève de l’abstraction.

Table 3, dite « Traîtrise au sommet » : à Betrayal at the House on the hill en compagnie de Mickaël, les jeunes Paul et Alexandre, Olivier-3 et Franck ont recherché le traitre au sommet de la colline. Il était parmi eux, c’est sûr.

Table 4, dite « Outrenoire » : à Runebound, Julien, Neox, Xof et Baptiste ont broyé du noir à la façon de Soulages. Le résultat est caché derrière ce noir.

Table 5, dite « Cécité interdite » : Lucas arrive avec son jeu de Mah-Jong qui séduit Xel, votre serviteur, RomJé et Samuel, de retour parmi nous, et nouvel adepte. Une partie sous le signe du poulet (chicken), ce mah-jong spécial ne scorant aucun point (ce qui en fait une main remarquable en soi) dont on vit des exemples réussis et ratés (il faut avoir de bons yeux: on oublie toujours le petit truc qui marque un point, et de ce fait invalide le chicken et donc le mah-jong). Lucas joua le rôle de MJ, puis se fit supplanter dans ce rôle par RomJé au bout de la nuit car ce dernier, après avoir maintes fois différé son départ, et s’être enfin décidé, fut remplacé illico par Doc Nico qui passait par là, et lui servit de coach de luxe, offrant enfin un siège à Lucas, qui, lui, réalisa un mah-jong magnifique avec une main très pure en caractères, digne d’un musée d’art moderne !

Table 6, dite « Verrue d’avant-garde » : on s’en voudrait de passer sous silence cette table de Necromunda, où Steven & Co déployèrent au vu de tous une architecture d’avant-garde dont l’apparence tranche avec le style policé de la maison de quartier.

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Séance de MARDI 28/01/2020 à Servel

Initialement, Gustave Eiffel, ingénieur passé maître dans l’architecture du fer, avait prévu douze mois de travaux. En réalité, il faudra en compter le double. La phase de construction débute le 28 janvier 1887, et s’achèvera en mars 1889, juste avant l’ouverture officielle de l’Exposition universelle.

Dès la première exposition universelle (Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations, Londres, 1851), les gouvernants s’aperçoivent derrière l’enjeu technologique une vitrine politique. En démontrant son savoir-faire industriel, le pays accueillant l’exposition signifie son avance sur les autres puissances européennes qui règnent alors sur le monde.
En juin 1884, deux ingénieurs des entreprises Eiffel, Maurice Koechlin et Émile Nouguier, se penchent sur un projet de tour métallique de 300 mètres. Ils espèrent pouvoir en faire le clou de l’Exposition de 1889.

Le 6 juin, Maurice Koechlin dessine le premier croquis de l’édifice. Le dessin représente un haut pylône de 300 mètres, où les quatre piles incurvées, se rejoignant au sommet, sont reliées par des plates-formes tous les 50 mètres. Gustave Eiffel voit cette esquisse, dit ne pas s’y intéresser, mais autorise de poursuivre l’étude. Stephen Sauvestre, architecte en chef des entreprises Eiffel, est sollicité et redessine complètement le projet pour lui donner une autre envergure : il rajoute de lourds pieds en maçonnerie et consolide la tour jusqu’au premier étage par le truchement d’arcs, réduit le nombre de plates-formes de cinq à deux, et surplombe la tour d’une « coiffe » la faisant ressembler à un phare.

Cette nouvelle mouture du projet est à nouveau présentée à Gustave Eiffel qui, cette fois-ci, se montre enthousiasmé. À tel point qu’il dépose, le 18 septembre 1884, en son nom et ceux de Koechlin et Nouguier, un brevet « pour une disposition nouvelle permettant de construire des piles et des pylônes métalliques d’une hauteur pouvant dépasser 300 mètres ».
Bien vite, il rachètera les droits de Koechlin et Nouguier, pour détenir les droits exclusifs sur la future tour, qui, de ce fait, portera son nom.

Gustave Eiffel n’a donc pas conçu le monument, mais s’est appliqué à faire connaître son projet auprès des gouvernants, des décideurs et du grand public, pour pouvoir construire la tour, puis à en faire, aux yeux de tous, plus qu’un simple défi architectural et technique.

133 ans ans après, à Lannion, une réunion au sommet réunissait les joueurs de Parties Civiles.

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Table 1, dite « Marque déposée » : voyage sympathique avec Xel, Audrey, François-René et votre serviteur dans La forêt des frères Grimm – un jeu de placement apporté par Lucas, où il s’agit de construire le premier trois maisons, en paille, en brique ou en bois, au choix. On peut aussi réciter des fables et loger des amis dès qu’on a construit des murs. Cela se joue bien, avec un mécanisme assez chaotique car le marché des matériaux et l’effet des fables sont imprévisibles. Votre narrateur remporte cette partie sur le fil grâce à deux coups qui furent fatals à ses adversaires: le Loup qui fit disparaître une pile de briques, et le Grenier secret qui multiplia ses bottes de paille, combinaison qui mériterait une marque déposée. Audrey n’était pas loin, mais avoir construit un quatrième sol lui fut une coquetterie fatale.

Table 2, dite « Exposition universelle » : à It’s a wonderful world Lucas fait exposition universelle de ses talents, l’emportant avec 79, devant RomJé, 54, et Benjamin, 27. Frustré, Benjamin a remis le couvert avec Lucas. On devine sans peine l’issue de cette revanche.

Table 3, dite « Hauteur de vue » : à Azul votre serviteur bâtit une oeuvre de patience et de méthode, qui culmine par une victoire au sommet (68), devançant, à l’issue d’une partie de haut vol, Xel, 60, et François-René, 55.

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Séance de VENDREDI 24/01/2020 à Servel

Le 24 janvier 1848 la découverte d’or à Sutter’s Mill, une scierie à l’est de Sacramento déclencha la ruée vers l’or en Californie. La nouvelle se répandit rapidement et attira plus de 300 000 aventuriers, américains et étrangers. Ces pionniers, appelés par la suite « forty-niners », arrivaient par bateau ou voie terrestre à bord de chariots, de tout le continent et du monde entier, au prix d’un voyage bien souvent difficile. Ces chercheurs d’or commencèrent par s’installer le long des rivières et utilisèrent pour leur recherche les techniques artisanales de l’orpaillage, puis des méthodes plus sophistiquées d’extraction de l’or.

La ruée vers l’or transforma profondément la Californie. Alors petit hameau constitué de tentes, San Francisco se développa sous la pression de la croissance démographique: routes, églises, écoles y furent construits. Un système de loi et un gouvernement mènera à l’admission de la Californie en tant qu’État américain en 1850. De nouveaux modes de transport se développèrent : le bateau à vapeur, qui devient un moyen de transport régulier, et les chemins de fer. Cependant, la ruée vers l’or n’eut pas que des aspects positifs : de nombreux Nord-Amérindiens furent attaqués et chassés de leurs terres, des tensions raciales et ethniques se formèrent, et l’extraction de l’or entraîna de nombreux problèmes environnementaux.

172 ans après, tout Parties Civiles était en position or-jeu.

Table 1, dite « Quatre hommes et une prière » : Gérard déballe son Précieux : Pax Renaissance, un jeu dense et fascinant qui recrée les luttes politiques/économiques/religieuses dans l’Europe du XVe siècle. Il partage un air de famille avec Pax Pamir (déjà joué ici) et Pax Porfiriana (le premier de la série, que l’on verra tôt ou tard à PC). On retrouve une zone de jeu divisée en 10 régions, un marché de cartes, un « tableau » devant chaque joueur où il peut activer une seule icône par carte et un argent toujours en quantité très limitée. Il faut s’habituer à voir les pièces sur le plateau (chevaliers, nobles, pirates et grands prêtres) comme des entités qu’on manipule et non pas comme des possessions. Parmi les subtilités à maîtriser: apprendre les effets de la quinzaine d’actions et anticiper les 4 conditions de victoire possibles (qui s’activent progressivement dans la seconde moitié de la partie, au fur et à mesure de leur achat par un joueur quand passe une comète). On pourrait parler de jeu à « effet papillon » : les conséquences d’une action de jeu peuvent se faire sentir un peu plus tard et un peu plus loin en modifiant de précaires rapports de force.

Autour de la table, deux initiés (Gérard et Dom) et deux novices enthousiastes (Frank et Frédéric). Saluons leur capacité à ingurgiter 1h30 d’explication de règles et à faire bonne figure pour cette partie de découverte, dont la durée a été allongée par les commentaires explicatifs et les discussions d’options à chaque coup.

En début de partie, Gérard et Dom-sans-le-sou luttent en Ibérie, le second s’orientant vers une victoire Globalisation. Pendant ce temps, Frank est laissé tranquille à l’Est et prend un solide départ vers une victoire Religion en prenant le contrôle de puissantes théocraties islamistes, assis sur un tas de florins faisant l’envie des autres. Mais la première comète tarde à venir, ce qui laisse le temps aux autres de le bloquer en mettant en jeu des évêques tandis que Dom, désigné comme homme à abattre, se voit rogner à l’Ouest les voiles de ses caravelles. Frank tente de transformer la situation en sa faveur quand Gérard, après avoir chipé un roi de Hongrie tout juste marié, se révèle tout près de remporter une victoire Renaissance. Dom se charge de le contrer en passant ses empires en républiques et la situation s’enlise un peu quand Gérard, se débarrassant d’un évêque blanc encombrant, met Frank en situation de conclure à 2h21 sa victoire islamique. Magnifique expérience ludique, en espérant que d’autres joueurs feront l’effort de se plonger dans ses règles pour revoir bientôt Pax Renaissance.

Table 2, dite « Bataille du rail » : à Brass-Birmingham Thomas voit sa stratégie (** SPOIL: faire des rails **) copiée par Xof et Elouann, mais l’emporte quand même. Comme en politique, l’original a résisté à la copie.

Table 3, dite « Vallée de la mort » : nous accueillons à nos tables Viloette, nouvelle adhérente qui prend part à Betrayal at the House on the hill en compagnie de Mickaël, les jeunes Paul et Alexandre, Olivier-3 et Elouann. C’est Paul le traître qui emporte cette partie, vengeant, nous dit-on, la mort de sa mère.

Table 4, dite « Los Angeles » : Nicolas II et François-René, en tête-à-tête à Death Angel, perdent contre le jeu.

Table 5, dite « Mains d’or » : Lucas arrive lesté d’un magnifique jeu de Mah-Jong et son imposant plateau, jeu venu du fonds des âges, et dont le nom, « moineau du lin » fait allusion au bruit fait par les tuiles qui s’entrechoquent lors de leur mélange. En Chine continentale, le mah-jong était illégal pendant la Révolution culturelle, et jusqu’en 1985. En 1996, devant la recrudescence du jeu d’argent illégal, le gouvernement chinois décida de promouvoir une pratique « olympique » et « saine », avec la promotion du mah-jong au rang de sport et la création d’une règle de compétition (gubiao majiàng, ou règle chinoise officielle (CO), ou Mahjong competition rule) jouée ce soir, sans argent bien sûr.
Justine et Thibault découvrent, Xel et votre serviteur connaissent déjà, mais dans la version japonaise, ce qui occasionne des frustrations car la version MCR n’autorise pas de faire mah-jong qui vaille moins de 8 ! Pour cette découverte seulement 4 manches furent jouées au lieu de 16, avec Lucas en mode maître de jeu non joueur, et Justine l’emporta grâce à ses mains d’or (55) devant Thibault (22), Xel (-10) et votre serviteur au score très modeste (-47). Puis je cédai la place à Lucas « MJ du MJ » pour aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs (elle le fut, puisque je visitai la table de Pax Renaissance qui connut une victoire islamique).

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