Séance de MARDI 09/08/2022 à Servel

On ne compte plus les articles qui ont été écrits sur ce 9 août 1942, non plus tous les fantasmes qui en ont découlé. Sur tous les détails, la photo d’après-match où on voit des sourires, sur ce qu’il s’est réellement passé pendant, et ensuite, mais aussi sur le contexte d’un Kiev martyr au lendemain du massacre de Babi Yar, fin septembre 1941, le plus grand massacre de la Shoah par balles mené par les troupes nazies en Union soviétique (33 000 morts). Ce jour là, l’histoire va s’écrire sur un terrain de football. Celle d’un match qu’il ne fallait pas gagner, mais aussi celle du stade Zénith de Kiev, devenu depuis le Start Stadium.

En juin 1941, Hitler déclenche l’opération Barbarossa, malgré le traité de non-agression signé deux ans plus tôt et Kiev  tombe, le 19 septembre. Le championnat soviétique a alors vu le jour cinq ans plus tôt et doit se mettre en attente. Déjà, il y a ce monstre sportif : le Dynamo Kiev, son histoire, ce club fondé par la police et le NKVD qui commence à se faire un nom alors que ses joueurs sont appelés à prendre les armes pour défendre l’Ukraine. Ce pays « laboratoire de souffrance de Staline » comme l’explique l’écrivain Pierre-Louis Basse, auteur de Gagner à en mourir (2012), consacré au Match de la mort. Il poursuit : « Le sentiment était alors assez bizarre à ce moment-là car l’arrivée des troupes allemandes a été perçue comme une respiration pour les habitants de Kiev. C’est d’ailleurs une erreur majeure de Hitler car cette région, au départ, était assez acquise aux SS. » Au final, l’opération Barbarossa conduira à la capture de centaines de milliers de prisonniers soviétiques avant la remise en liberté de ceux considérés « inoffensifs » dont d’anciens joueurs du Dynamo comme le gardien Nikolai Trusevich.

Le Dynamo Kiev n’existe plus. Trusevich et ses potes errent dans les rues de Kiev, cherchent à manger et à tuer le temps jusqu’à ce que l’ancien gardien tombe sur Jozef Kordik, un Tchèque considéré par les Nazis comme un étranger d’origine allemande, au point d’être nommé directeur d’une boulangerie de la ville. Il y engagera Nikolai Trusevich. L’histoire s’écrit ainsi : les mois passent, l’idée d’un club de foot se forme et Trusevich file retrouver ses anciens coéquipiers de l’époque pour mettre en place le FC Start. Le groupe se compose alors de huit anciens joueurs du Dynamo et trois du Lokomotiv Kiev et prend les couleurs qu’il trouve, celles de l’équipe nationale soviétique : short blanc, maillot rouge,  chaussettes rouges. Trusevich dira : « Les Fascistes devraient savoir que cette couleur ne peut être vaincue.». Le FC Start devient vite intouchable. Il ne perdra jamais une rencontre.

Le 6 août contre la Flakelf, l’équipe montée par la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, malgré les menaces, la bande à Trusevich s’amuse (5-1). Les autorités n’apprécient pas, parlent du moral des aviateurs du IIIe Reich, mais peu importe. Basse le retranscrit : «  Une ville qui reprend goût à une forme de légèreté et d’indépendance, de victoire aussi, fût-elle avec un ballon, peut très vite devenir dangereuse pour l’occupant. » La Flakelf demande alors une revanche qui aura lieu trois jours plus tard. Voilà ce qu’on appelle aujourd’hui le Match de la mort. Le stade du Zénith est sous surveillance alors que Kiev est rempli d’affiches pour annoncer la rencontre du jour. La police est présente, les troupes allemandes aussi, qui ont rempli de force le stade pour que l’humiliation se fasse sous les yeux de la nation.

L’arbitre de la rencontre, un officier SS, se présente avant la rencontre dans le vestiaire du FC Start et demande à l’adversaire, dans un russe parfait, de saluer avant le coup d’envoi à « notre manière », c’est-à-dire en réalisant le salut nazi. Le silence est total. Quelques minutes plus tard, le XI de la Flakelf entre, fait le salut nazi alors que le FC Start refuse de s’exécuter. Les joueurs ukrainiens auraient alors crié un « Da zdravstvuyet sport » – slogan soviétique à la gloire du sport – repris par le stade. La suite ? Des sales coups, de la pression, Trusevich frappé à la tête, la Flakelf qui ouvre le score sur l’action, un arbitre qui ne siffle pas. Mais le FC Start se remet à l’endroit pour lancer sa démonstration, qui se terminera sur un net 5-3. « Une histoire de dribbleurs fous et insouciants, qui avaient préféré la mort à un match arrangé » , selon Basse, jusqu’à repousser une dernière pression autoritaire à la pause (3-1).

Quelques jours plus tard, les joueurs sont arrêtés par la Gestapo. La raison ? Ils seraient membres du NKVD. L’un des joueurs est torturé jusqu’à la mort à cause de son statut de membre du Parti communiste. Trusevich, lui, est arrêté le 18 août dans la boulangerie avec deux coéquipiers. Les trois hommes seront interrogés 23 jours puis envoyés au camp de travail de Syrets, à Bobi Yar, près de Kiev, où huit joueurs seront déportés, et trois exécutés en février 1943 – dont Trusevich, qui se serait levé sur un « le sport rouge ne mourra jamais » avant de mourir.

Le premier article dans la presse soviétique consacré à l’illustre rencontre parait le 17 novembre 1943 dans la Kiïvska pravda, puis, en 1944, le journal du front de Transbaïkalie  publie, sous forme de feuilleton, la nouvelle Dinamovtsy qui présente les joueurs comme héros de la résistance. En transformant les joueurs en personnages de la lutte anti-nazie, l’auteur cherchait à leur épargner d’inévitables poursuites pour collaboration, car c’est ainsi qu’une rencontre sportive pouvait être interprétée. Le terme Match de la mort sera évoqué une première fois en 1958 par la propagande soviétique, alors que la rencontre avait au départ été vue comme une collaboration avec l’occupant.

Après la guerre, deux films de 1962, Troisième mi-temps et Deux mi-temps en enfer consolident ce scénario dans la mémoire collective des Soviétiques. Le film Match d’Andreï Malioukov réalisé en 2012, qui a reçu la majorité de son financement du gouvernement russe, ne remet pas en cause l’héroïsme des footballeurs, mais se distingue des productions précédentes par la représentation de la plupart des Ukrainiens comme collaborateurs et sympathisants des nazis. Les Ukrainiens ont réagi avec indignation à de telles représentations.

En France, l’écrivain Laurent Binet dans son roman HHhH (2010) reprit la légende forgée par les Soviétiques, celle de la menace de mort en cas de victoire de l’équipe soviétique. Depuis, la romantisation a fait son travail et, non, les joueurs n’ont pas été exécutés dès la fin de la rencontre. Reste une statue, posée à l’entrée du stade Zénith en 1971. Et une absence totale d’images. Pourtant, selon les mots de Basse, les Allemands « filmaient tout. Y compris leurs crimes de masse. Les derniers moments, en sous-vêtements, des familles condamnées. Les pendus, dans les villages, qui faisaient dans l’hiver comme de gros épouvantails, pris dans la glace. Les partisans fusillés. On peut s’étonner qu’ils n’aient pas filmé le match du 9 août 1942. »

9 août 1942 - Le « match de la mort » - Herodote.net

80 ans plus tard, à Lannion, une lutte à mort se déroulait dans le huis clos d’une maison de quartier.

Table 1, dite « Gardiens et prisonniers » : Xel, François, Yann, Malo, Fred et Xof trouvent en Room 25 la réconfortante combinaison d’un jeu pas trop long, bon à 6, et dont on sait expliquer les règles. L’aventure tourna court pour les prisonniers, Yann périssant rapidement dans la chambre rouge, pourtant dûment signalée par une balise mémorielle de François, et Fred, unanimement soupçonné, se fit pousser dans un bain d’acide. Pourquoi ne se défendit-il pas de l’opprobre qui l’entourait, cela reste un mystère de blanche colombe (celle que n’atteint pas le prurit du crapaud baveux). Quoi qu’il soit, deux prisonniers morts, cela suffit à faire gagner Xof et Malo, sur lesquels les doutes s’épaississaient au fil des tours sans qu’on devinât jamais que, gardiens, ils l’étaient tous les deux.

Les mêmes enchainent ensuite sur l’inoffensif Détective Club, qui vit la victoire éclatante de Malo, beau parleur devant l’éternel, alors que Fred, ici encore, fut soupçonné bien plus souvent qu’à son tour, et sans qu’il s’en défendît avec assez de vigueur.

Séance de MARDI 26/07/2022 à Servel

ESPERANTO UNIVERSE LATE ASTRONOM By rmay | Education & Tech Cartoon | TOONPOOLLe 26 juillet 1887 Louis-Lazare Zamenhof publie, sous le pseudonyme Dr Esperanto Langue internationale, et établit les bases de la langue qui sera popularisée sous le nom d’espéranto. Ce livre est fréquemment surnommé Unua libro (premier livre) car c’est le premier livre à avoir marqué la naissance de l’espéranto. On y trouve les seize règles de grammaire, 900 racines de vocabulaire, et quelques textes en espéranto dont le Notre Père, des versets de la Bible, une lettre, de la poésie. Son introduction présente les motivations de l’auteur, qui travaillait sur ce projet depuis l’adolescence:

  1. Que la langue soit extrêmement facile, de manière qu’on puisse l’apprendre, comme qui dirait, en passant.
  2. Que chacun qui apprendra cette langue, puisse aussitôt en profiter pour se faire comprendre des personnes de différentes nations.
  3. Trouver les moyens de surmonter l’indifférence des hommes avec une langue vivante, et pas uniquement à l’aide du dictionnaire.

L’espéranto n’est généalogiquement issu d’aucune famille de langues vivantes mais une part de sa grammaire et l’essentiel de son vocabulaire portent à le rattacher aux langues indo-européennes (souvent aux langues romanes). Toutefois, la typologie morphologique de l’espéranto l’écarte significativement des langues indo-européennes, largement à dominante flexionnelle. En effet, il consiste en monèmes invariables qui se combinent sans restriction, ce qui l’apparente aux langues isolantes (Asie, sud de l’Afrique). En espéranto, comme en chinois, on dérive « mon » (mia), de « je » (mi) et « premier » (unua) de « un » (unu). Sa tendance à accumuler les morphèmes porteurs d’un trait grammatical distinct le rapproche aussi des langues agglutinantes (tel le finnois, le basque).

Selon les estimations du linguiste et espérantiste findandais Jouko Lindstedt, le nombre d’espérantophones capable de réellement parler la langue serait de 100 000 (avec une marge d’erreur d’un demi-ordre de grandeur, soit entre 30 000 et 300 000), 1 million pouvant le comprendre. Ce qui reste assez modeste par rapport au globish, qui, lui, n’a eu les honneurs d’aucun manuel.

Table 1, dite « Lost in translation » : 135 ans après, à Lannion, il fut difficile de trouver une langue commune dans une assemblée limitée à 7 joueurs (Malo, Thomas, François-René, Xel, Mickaël, François, Axel). On commença par The thing, où une explication de règles fantaisiste fut l’occasion d’un quiproquo initial, François se croyant chose à la vision d’un jeton chien. Axel étant la vraie chose, on en fut vite réduit à rebattre les cartes. De nouveau, François se trouva tout chose, cette fois-ci à bon droit, et promptement démasqué par un test agressivement mené par les humains, au fallacieux prétexte qu’il s’était installé sur la case Leader (de manière totalement involontaire, rien de tout cela n’ayant été exposé). Ayant eu le temps cependant de faire deux rencontres, le doute se propagea dans l’assistance, d’autant que les deux cas contacts se recroisèrent ensuite plusieurs fois, augmentant leur probabilité d’avoir été chosifiés. A l’heure de monter dans l’hélicoptère, les humains décidèrent donc de se passer de leur compagnie. Mal leur en prit, car si François-René était bien contaminé, Mickaël était resté l’humaniste que tous connaissent. Entraînant la défaite des humains, ce choix funeste consacra la victoire des deux François.

On poursuivit par un tour de Detective Club, jeu populaire en fin de soirée sur nos tables ces temps-ci. Là encore, les quiproquo furent nombreux dans cette bataille entre les frugaux et les cigales, les premiers ayant à cœur de proposer un indice difficile à associer, voire abscons, et les seconds, au contraire, un indice tellement large (végétal par exemple) que pratiquement chaque carte peut l’illustrer. Cette fois, François, que d’aucuns classeront parmi les abscons, resta au parfum tout du long, ne recevant aucun carnet vierge, mais il peina à déchiffrer les intentions. Dans le camp adverse, Thomas multiplia les ouvertures, et Malo fut accusé bien plus souvent qu’à son tour, faute de tromper son monde à l’oral. A égalité, Xel et Mickaël furent les plus perspicaces.

Séance de VENDREDI 22/07/2022 à SERVEL

Après que la prédication pour lutter contre l’hérésie cathare se fut révélée être un échec, et après l’assassinat de Pierre de Castelnau le 14 janvier 1208, le légat du pape Innocent III décide de lancer une croisade contre les cathares. Le comte de Toulouse, chef d’une des régions atteintes par l’hérésie, ayant fait amende honorable et rejoint la croisade, les croisés décident d’attaquer les vicomtés de Béziers, du Razès, d’Albi et de Carcassonne.

Quand la croisade arrive à Montpellier, le seigneur de Béziers réaffirme son attachement à la foi romaine, et tente de négocier avec la croisade, mais le légat exige une soumission totale. Le jeune vicomte refuse, jugeant l’exigence inacceptable. Il retourne à Béziers le 21, la met en état de siège pour qu’elle puisse résister pendant au moins quarante jours et promet d’envoyer rapidement une armée de secours. Alors que la croisade, forte de 20 000 hommes, approche de la ville, l’évêque de Béziers, tente une ultime médiation. Le légat exige que les cathares lui soient livrés. L’évêque fait remarquer les difficultés morales et matérielles de cette entreprise, et l’abbé de Cîteaux exige que tous les catholiques sortent de la ville pour ne pas partager le sort des cathares. La population et les consuls (capitouls) de la ville repoussent cette exigence, se sentant à l’abri dans la ville, et refusant de se désolidariser de leurs concitoyens. Seuls l’évêque et quelques catholiques quittent la ville.

La croisade atteint la ville le 22 juillet 1209. Les fortifications paraissant trop solides pour être prises d’assaut, l’armée commence à s’installer et se prépare à un siège qui promet d’être long. Quelques téméraires tentent alors une sortie, sans doute pour narguer l’armée assaillante. Mais l’assaut tourne mal, les Biterrois se trouvent submergés et refluent vers la ville en désordre, incapables d’empêcher leurs poursuivants d’y pénétrer. Les ribauds envahissent la ville et commencent à massacrer les habitants, n’épargnant pas  même ceux réfugiés dans les églises. C’est à ce moment que le légat du pape et les chevaliers sont avertis de la prise de la ville. Quand ils arrivent, c’est pour constater que le pillage a commencé. Ils tentent de chasser les ribauds de la ville. Pour se venger, les ribauds y mettent alors le feu. Le légat aurait déclaré, selon la tradition historiographique « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». Les historiens concluent généralement à l’inauthenticité de la phrase, mais elle correspondait tout à fait à la mentalité de l’époque.

22 Juillet 1209: le Sac de Béziers

813 ans après, à Lannion, de sourdes batailles faisaient rage.

Table 1, dite « Pour les siècles des siècles » : Xel, Killian, Axel et Vincent se lancent à corps perdu dans la découverte de Stardew Valley – un jeu à dominante agricole, coopératif et qui peut se révéler interminable surtout si, comme l’ont fait nos novices, on utilise un deck de 80 cartes au lieu de 20. La partie ainsi lancée sur ces bases était promises pour durer les siècles des siècles.

Table 2, dite « Forteresses prenables » : l’excellent Dead reckoning revient et fait de nouveaux adeptes, sous la houlette de Julien. Steven Olivier L et Arakis sont cette fois-ci de l’expédition, et c’est Olivier qui réussit le mieux à assaillir les forteresses adverses, s’adjugeant une victoire de justesse. Reste une énigme toujours non résolue après deux parties: comment faire bon usage des gouvernails ?

Table 3, dite « Armes fatales » : à l’invitation de Dom, une table de Bruges se forme. Jibee joue à fond les personnages et combotte non sans succès, mais il est chichement récompensé de 33 PV. Thomas construisit des maisonnées, et tenta de se placer sur la piste de réputation, mais ne culmina qu’à 27 PV. Dom ferrailla avec Jibee sur les personnages, mais, sans succès, engrangeant 43 PV. Enfin, François joua une stratégie duale : les canaux qui lui rapportèrent pas moins de 16 de ses 46 PV, et l’hôtel de ville, où, par un coup machiavélique, il réussit à prendre seul la tête. Son tableau fut peu garni en nombre, mais riche en qualité avec la baronne, autre arme fatale qui lui permit de multiplier les actions gratuites, une autre des clés d’une victoire, ma foi, fort bien construite.

Table 4, dite « Dieu reconnaîtra les siens » : une table de Zombicide accueille  François-René, Lucie, Florian, dont on salue le passage, Mickaël, Malo et Olivier B. Abondance de biens nuit : tous ces paroissiens se sauveront pas leur âme face aux hordes de zombies.

Table 5, dite « Desseins hérétiques » : à Detective Club Jibee puis Dom s’octroient deux parties, dans la bonne humeur générale que permet ce jeu, où le succès tient autant aux talents de composition picturale qu’à l’art oratoire du jeu de rôle.

Table 6, dite « Terrain conquis » : pour finir la soirée, Lucie mate Malo à Splendor – un jeu où, dit-on, elle fait toujours merveille.

Séance de MARDI 14/09/2021 à Servel

Le grand poète du moyen-âge Dante joua un rôle très actif dans la vie politique de Florence. Dans les troubles qui agitent la péninsule italienne dans les années 1300, et l’opposition historique entre guelfes et gibelins, Dante est un guelfe ardent et devient un des magistrats suprêmes de l’exécutif. Mais les guelfes, qui dominent à Florence, se sont divisés en deux factions : les Noirs, favorables à la politique papale, et les Blancs, partisans d’une plus grande autonomie de la ville. En 1300, le pape Boniface VIII revendique le vicariat impérial sur les communes toscanes.

Dante Cartoon Stock Illustrations – 22 Dante Cartoon Stock Illustrations, Vectors & Clipart - DreamstimeÀ partir de ce moment-là, Dante s’engage de plus en plus fermement du côté des guelfes blancs, contre la politique d’ingérence du pape. En octobre 1301, membre du Conseil des cents, il se rend à Rome pour tenter une ultime démarche de conciliation. Pendant ce temps, le représentant du pape se rend à Florence et s’empare de la ville avec l’aide des guelfes noirs triomphants. Dante apprend sur le chemin du retour qu’il est condamné pour concussion, gains illicites et insoumission au pape. Il sera condamné au bûcher, tous ses biens confisqués. Exilé avec d’autres guelfes blancs, il ne reviendra jamais à Florence.

Dans les premiers temps de l’exil, Dante songe à assiéger la ville, aux côtés d’autres exilés guelfes blancs ou gibelins. Mais il y renonce bientôt et se met à errer de ville en ville, luttant contre la misère, cherchant protection auprès des cours de l’Italie du nord. Il s’arrête finalement à Ravenne et y meurt de la malaria dans la nuit du13 au 14 septembre 1321 après de vains efforts pour rentrer dans sa patrie. Encore aujourd’hui, les Florentins voudraient récupérer son corps pour le placer dans un sarcophage prévu dans son cénotaphe de la nef de la basilique Santa Croce de Florence, mais Ravenne refuse de restituer à cette ville les restes d’un personnage qu’elle a banni.

7 siècles après, se jouaient à Lannion un sombre drame et des divines comédies.

Table 1Acheter Quartermaster avec Ext. l'Aéronavale - Jeux de société - As..., dite « Italie éternelle » : à Quartermasters, on rejoue la deuxième guerre mondiale entre deux équipes. L’axe (Italie: François, Allemagne: Nicolas II, Japon: Vincent) s’oppose ainsi aux alliés (Russie: F.-R., USA: Camille, Angleterre: Xel), dans une sourde lutte entre occupation de territoires, batailles, manœuvres comme la guerre économique et ripostes. Après un départ canon, les alliés s’approchent dangereusement de la victoire après quelques conquêtes éclair des Russes et une expansion maîtrisée des Américains. L’Angleterre veut participer à la fête et s’aventure en Afrique, juste après une double incursion italienne. Erreur fatale: la perfide Albion est chassée, et son navire isolé, perdu. Privée du contrôle de la Méditerranée, l’Angleterre ne s’aventurera plus qu’au Nord de la carte dans des eaux aussi poissonneuses qu’improbables. C’est la fin du début, et, pour les alliés, le début de la fin.

Car, alors, le combat change d’âme. L’Italie triomphante enchaîne les conquêtes et les lucratifs bonus, occupant l’Inde, l’Afrique, et les mers tout au sud du globe. Stratégiquement, elle place une riposte qui se révèle payante quelques tours plus tard, l’Angleterre échouant dans une guerre économique. Elle bénéficie du précieux soutien des Allemands pour défendre Rome, et des Japonais qui empêchent les américains de s’aventurer au Sichuan, et engrange les points: 7, 8, 9 et jusqu’à 10 points italiens par tour sont de trop pour un axe dont les membres ne se seront jamais rejoints.

Table 2, dite « Primus inter pares » : dans le jeu Valeria : le Royaume, vous incarnez le rôle d’un Duc ou d’une Duchesse cherchant à défendre le royaume et à bâtir la plus influente cité, sans oublier de terrasser des Monstres, recruter des Citoyens et étendre votre Domaine. A cette table, Justine et Thibault font leur grand retour, bronzés comme jamais, et Lucas régale de sa bonne humeur. Mais le purgatoire est promis aux premiers, l’enfer au second, et c’est Neox qui accède au paradis. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.

Table 3, dite « La lettre volée » : Detective Club, qui fait souvent office de digestif ludique ces temps-ci, réunit les protagonistes de la table 1. Une partie en forme de Tsar Academy pour Nicolas II, qui s’impose au bout d’une joyeuse équipée, et qui aura vu un tour curieux: l’indice épistolaire fut figuré correctement par deux détectives qui disposaient de l’indice sans en connaître le sens, alors que le voleur de rêves (François), qui l’ignorait, misait sur des nuages et des vagues. Ce dernier trompa son monde en prétextant que la composition balnéaire qu’il avait choisie figurait l’Écume des jours, ouvrage où, comme chacun sait, le personnage de Chick se ruine pour acheter les œuvres du philosophe Jean-Sol Partre, parmi lesquels La Lettre et le Néon !

 

Séance de MARDI 07/09/2021 à Servel

Eh oui c’est la rentrée, les pommes tombent, les jours raccourcissent et les trésoriers agitent leur sébille. A Parties Civiles pas de pleurs, on a chaque année à peu près les mêmes camarades.

Table unique, dite « Chahut de rentrée » : Trouver un jeu qui donne envie à cinq joueurs aux goûts hétéroclites (Xel, F-R, Lucas, Nicolas-2 et VHN), surtout si les règles doivent être maîtrisées par au moins l’un d’eux, n’est pas évident. Au termes des conciliabules, nous voilà installés autour de Space Hulk : Death Angel, jeu coopératif dans l’univers de Warhammer 40000. Avec essentiellement des cartes, on a une version spatiale du porte/monstre/trésor, les trésors en moins et les monstres se déplaçant à chaque tour. La variabilité est plutôt bien réalisée à travers les cartes événements et les pouvoirs spéciaux de chaque Space Marine. Nicolas nous briefe en insistant sur la nécessité de bien se coordonner et d’aider les autres avec les jetons de soutien. Le tour de jeu est ultrasimple : choisir 1 carte parmi 3 sachant qu’on ne peut pas jouer deux fois la même. Nous progressons plutôt bien de zone en zone, malgré quelques inévitables pertes (chaque joueur anime deux persos) quand l’arrivée de Vincent créée un champ de force perturbateur qui ralentit l’action tout en dissipant les participant(e)s qui prennent des nouvelles de Scorfel. Nicolas ne lâche pas le morceau et tente de garder sa troupe concentrée sur l’action, même si sa grosse prise de risque lui coûte un personnage. Les phases de combat finissent par se dérouler dans une ambiance survoltée (tout se résout par des lancers de d6 et on tue un alien à chaque fois qu’une des 3 faces avec un symbole de crâne sort) où la table résonne de l’incantation « Crâne ! Crâne ! Crâne ! » avant chaque lancer et de cris de joie à chaque victime, heureusement qu’il n’y a pas de voisins immédiats. On ne sait plus trop bien comment on y est arrivés mais la mission a été couronnée de succès.

Il faut maintenant trouver un jeu à 6 pour la seconde partie de soirée. C’est Detective Club (un hybride de Linq et de Dixit sur un thème improbable de voleur de rêves) qui est choisi. On retiendra que Vincent a été souvent le voleur, que quand par erreur deux joueurs ont cru être le voleur, ce sont les seuls qui n’ont pas été suspectés, que F-R a sorti un heureux coup de bluff avec son « tomber dans les pommes », et qu’au final c’est Nicolas qui avec 16 points s’est révélé comme le meilleur détecteur de voleurs.

Séance de MARDI 31/08/2021 à SERVEL

Dans la nuit du 31 août 1997, à Paris, une voiture s’encastre dans un pilier du tunnel de l’Alma au terme d’une course poursuite avec des paparazzi. Le chauffeur et l’un des passagers sont tués. La passagère décédera quelques heures plus tard à l’hôpital de la Salpêtrière. On découvrira bientôt qu’il s’agit de la princesse de Galles, tragique fait divers qui ne manquera pas d’attiser d’innombrables théories du complot.38 Lady Diana Stock Photos, Pictures & Royalty-Free Images - iStock

24 ans après, nul besoin de presser le pas pour rejoindre Parties Civiles et une entrevue ludique à deux tables, qui vit accueillir trois nouveaux adeptes. « Deux salles, deux ambiances » : on ne saurait, sans doute, mieux résumer cette soirée.

Table 1, dite « La mort aux trousses » : trois nouveaux à cette table de Detective Club. Nos nouveaux amis, Jean, Klervi et Jérôme (troisième du nom) sont conviés à ce jeu léger, mais avec des partenaires un peu lourds (F.-R., Lucas), dans le volume de voix s’entend. Ils furent donc délocalisés dans une salle à l’immense espace et où personne ne les entendait rire ni mentir, surtout Lucas, qui, jouant à merveille le menteur effronté, l’emporta. Ils tentent ensuite Cerbère, jeu où un molosse infernal est à vos trousses et compte bien vous garder à jamais. Seuls trois survivants s’échappèrent des Enfers.

Table 2, dite « En habits de chasse » : changement d’ambiance – c’est dans une atmosphère studieuse, au fin fond du royaume d’Everdell, qu’on trouve une petite ville habitée par des animaux forestiers, qui se développe et prospère à travers les âges. Malgré un cadre idyllique (et propice à la chasse, aurait songé la déesse Diane), la vie n’y est pas facile. Les hivers y sont rudes et les habitants luttent pour tenir jusqu’au retour du printemps. A ce jeu de placement, d’une profondeur stratégique étonnante, au bout de trois heures d’un suspense haletant et de chasse aux récompenses, Paul s’impose à l’usure (64), d’un poil de renard devant Neox (63) et Xel (58). François (55) reste au pied du podium, malgré sa carte Théâtre à 11 et un bonus final de 9 gagné de haute lutte en fouaillant le cimetierre.

Séance de VENDREDI 06/08/2021 à SERVEL

Disparu trop tôt (1987), après une banale opération, Andy Warhol aurait eu 93 ans en ce 6 août. L’inventeur du pop art se rendit mondialement célèbre par le détournement de marques de tous genres avec le procédé de la sérigraphie. Grâce au procédé sérigraphique, qui laisse la trace de la trame lors de l’impression, Warhol restituait un aspect essentiel des documents qu’il utilisait : leur nature d’images déjà imprimées par la presse, leur nature de cliché, dans tous les sens du mot. En les transposant sur la toile, l’artiste accentuait encore l’aspect cliché de ces images dont la multiplication achève de leur faire perdre leur sens.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 220px-Warhol_grave-LF.jpg.

Warhol est parti trop tôt pour s’emparer du logo de Parties Civiles, qui n’aurait pas déparé ses sérigraphies au milieu des Marilyn et autres soupes Campbell.

Table 1, dite « A découvrir » : Dom déballe la petite boîte de Pax Renaissance, « petit par la taille, grand par la profondeur », un jeu-qui-peut-emplir-une-vie-ludique®. Malgré son discours publicitaire bien rôdé (« il ne se laisse pas apprivoiser facilement, il y a une courbe d’apprentissage raide », « vous allez subir 2 heures de règles denses plus 2 heures de jeu », « votre première impression sera cuisante, vous ne saurez pas comment jouer »), il recrute trois novices, Christophe, Fabrice et Lucas. La partie aura été très pédagogique, la plupart des actions de jeu possibles ayant été vues. Dom a la chance de pouvoir ouvrir le bal avec une reine ottomane bon marché qui lui fournit une bonne base pour poursuivre calmement des visées expansionnistes. A l’ouest cela chauffe avec divers coups bas autour d’une lutte pour Portugal et Aragon. Christophe se positionne pour une victoire Globalisation tandis que Fabrice penche vers la victoire Renaissance, utilisant son action « Vote » pour s’emparer de Aragon. Les évêques s’en mêlent, 3 catholiques bloquent diverses cartes au gré de leurs visites tout en orientant vers une possible victoire Religion. Les fortunes de Lucas varient, il s’empare d’Aragon (qui finira avec 5 cubes réprimés !) par une croisade qui surprend tout le monde mais doit céder la Hongrie qui devient vassale des ottomans. Le marché ouest se vide nettement plus vite que celui de l’est mais il a fallu attendre 4 cartes avant la fin pour que la première comète apparaisse. Dom l’achète derechef en activant la victoire Impériale alors qu’il a 4 Royaumes. Lucas, qui joue juste avant lui, est chargé bien malgré lui de consommer son tour à freiner la marche du sultan, sans parvenir à empêcher une dernière combinaison redonnant les 4 Royaumes nécessaires pour l’emporter. L’expérience a parlé mais on espère que certains seront prêts à donner une deuxième chance à cette pépite ludique de niche.

Table 2, dite «  In memoriam »: Revenu de Parthenay la gibecière lestée de quelques découvertes, Frank se lance en mode « jeu apéro » et propose tout d’abord Top 10. Mais c’est un faux départ car Olivier oppose son véto à ce petit jeu qui fait appel à des dons d’imagination et d’expression dont il s’imagine dépourvu…. On jette alors son dévolu sur Fiesta de los muertos, un jeu où les morts sont évoqués par des mots, puis l’évocation est détournée par les joueurs successifs, pour finalement être exposée de tous et devenir un indice pour retrouver la figure du mort. Par exemple, Freud peut se voir représenté par les indices divan, lit, couche, seul ce dernier subsistant à la fin. L’équipe composée, outre les suscités, de Adrianne (qui prend goût à PC après une soirée découverte validée en juillet) et votre serviteur, enquilla trois victoires de rang à ce jeu, qui serait, de l’avis général, « best with 6 » pour mieux brouiller les pistes. Les mêmes enchaînent avec un Splendor que votre modeste narrateur s’adjuge d’un souflle avec 15 points (Adrianne 14, Olivier 8, Frank 6),

Table 3, dite « Fin de série »: fin de la campagne du Seigneur des Anneaux, entamée en février, et qui se conclut entre François-René et Neox par une belle victoire – mais toute bonne série a une fin.

Table 4, dite « Most wanted men » : Warhol fit sensation en exposant le portrait des 13 hommes les plus recherchés de New York à une exposition, rendant ainsi hommage à Duchamp qui s’était représenté en Wanted dès 1923. Justement, à la table du  Mystère de Whitehall – comme chez son cousin Whitechapel on incarne soi-même un odieux criminel et l’on se fairt chasser, et reprendre – très vite ce soir dans le cas de Mickaël, et beaucoup plus tardivement, à un lieu du but dans le cas de Paul. Xel et Axel, dans le rôle des chasseurs, n’ont pas failli à leur tâche.

Detective Club

Table 5, dite « Do it yourself » : Les tables se recomposent et la séance se termine avec la découverte de la soirée: Detective club. Un jeu qui s’inspire de Mysterium et qui a beaucoup plu car il s’agit d’illustrer un mot par un dessin (ils sont de surcroît magnifiques), mais aussi de justifier son choix (ce qui va bien quand on connait l’indice, mais est plus ardu quand on se retrouve dans la peau du voleur, qui ne le connaît pas). Mickaël a été très fort à ce jeu (26), quand votre humble serviteur (17), François-René (16), Xel (14) et Axel (11) ont peiné à se rendre crédibles.