Séance de MARDI 27/09/2022 à Servel

Le 24 septembre 1988, à Séoul, Ben Johnson remporte le 100 mètres olympique en battant le record du monde (9,79) dans un duel homérique avec Carl Lewis. Mais, au petit matin du 27 septembre, le Canadien est contrôlé positif au stanozolol, un stéroïde anabolisant. Il est exclu des Jeux et déchu de son titre, tous ses records effacés des tablettes. Le scandale du siècle en matière de dopage aux Jeux vient d’éclater. Son record invalidé sera battu en 2002 par Tim Montgomery en 9,78 au stade Charléty. Cependant, on apprit plus tard que celui-ci était également dopé, et ce record lui aussi invalidé. C’est finalement Asafa Powell qui battra le record du monde en 9,77 en 2005, avant l’ère d’Usain Bolt.

En 1993, BJ affirmera avoir été victime d’un coup monté. En 1994, il est brièvement chargé de l’entraînement de Diego Maradona. En 1999, il est engagé par le dirigeant libyen Mouammar Khadafi comme préparateur physique de son fils, qui a rejoint le club italien de Pérouse. Mais celui-ci ne disputera qu’un seul match, évoluant durant 15 minutes contre la Juventus, le reste du temps étant au mieux remplaçant, avant d’être à son tour contrôlé positif. Quant à Ben Johnson, il se fera dérober, dans une rue de Rome, la valise contenant sa paie de préparateur physique.

Doping and an Olympic Crisis of Idealism | The New Yorker

34 ans plus tard, des performances prodigieuses furent remarquées à Lannion lors d’une séance de Parties Civiles.

Table 1, dite « Perturbante »  : à la table de Endeavor, trois piliers de Parties Civiles affrontent le jeune Ewan, qui leur rend plusieurs décennies, autant de centimètres, plus encore de kilogrammes, et est le seul à ne pas connaître les règles. Mais, incroyable surprise, il s’impose avec 53 dans un duel très serré face à Neox (50), Olive (50), et Xel (49) ! Une preuve de plus que les perturbateurs endocriniens massivement présents dans les céréales du petit-déjeuner ont depuis longtemps pénétré les systèmes nerveux centraux de nos jeunes.

Table 2, dite « Survitaminée » : à la table de Super Motherload, un choc de titans oppose François et Nicolas II, tous deux invaincus, Thomas, possesseur du jeu mais à la recherche de sa première breloque, et Adélie, qui découvre et ne demande qu’à bien faire. Une partie où chacun a eu son tour de grâce, celui où les combinaisons s’enchaînent comme dans une réaction chimique. Mention spéciale à Nicolas II qui finit la partie sur un véritable feu d’artifice, 17 points au dernier tour, pour un total supersonique de 53, faisant un usage tout en maîtrise d’un deck de personnages ultra-puissant. Il écrase la concurrence façon Beamon à Mexico : Thomas (42), souvent dans les bons coups, Adélie (24), qui jouait après Thomas, et en fut donc privée plus souvent qu’à son tour, et François (30), qui joua de malchance en n’ayant jamais les bonnes couleurs, tout en officiant après Nicolas, et muni d’un deck faiblard, la triple peine.

Table 3, dite « Raide dingue » : à Red 7 la table 2 se retrouve pour finir la soirée. Avec 35, François explose la concurrence avec un dernier tour de dingo (une suite 4-5-6-7 à 22 points!), montrant que, à ce jeu et contrairement au précédent, l’important est moins les cartes que ce que l’on en fait. Nicolas II (16) obtient un accessit, dont Thomas et Adélie, scotchés à 0, furent privés.

Séance de VENDREDI 23/09/2022 à Servel

Le 23 septembre 1122, le Concordat de Worms mettait fin à la querelle des investitures, conflit qui, au milieu du xie siècle, éclata entre le pape et l’empereur à propos de la pratique de l’investiture accordée aux évêques par les pouvoirs laïcs (investiture ecclésiastique). Des clercs réformateurs, désireux de lutter contre la simonie dans le clergé et contre le concubinage des prêtres, dénoncèrent alors une telle pratique comme la racine du mal. En 1059, Nicolas II promulgua un décret interdisant cet usage. La mesure fut reprise par ses successeurs qui l’inclurent dans un programme plus vaste de réforme de l’Église et de la société. L’empereur Henri IV, qui tenait à contrôler la désignation des évêques de l’Empire parce qu’il leur déléguait des pouvoirs régaliens, s’opposa à ces décisions. Il en résulta un long conflit, qu’on a appelé la querelle des Investitures.

Henri IV ouvrit le feu en faisant déposer le pape par une assemblée d’évêques allemands et italiens. Grégoire VII riposta par l’excommunication et la déposition de l’empereur (1076), contre lequel, profitant de l’occasion, une partie des princes allemands se révolta. À Canossa (1077), le monarque sollicita son pardon en reconnaissant ses péchés, doté d’une faible escorte, attendant pendant trois jours, pieds nus, en costume de pénitent (l’expression « aller à Canossa » tirée de cet épisode de contrition sera popularisée par Bismarck, 8 siècles plus tard). Mais comme le pape le craignait, Henri IV en profite pour restaurer son autorité et reprendre la querelle. L’humiliation de Canossa débouche ainsi sur la victoire de l’empereur : il réunit un concile à sa dévotion afin que celui-ci nomme un nouveau pape plus conciliant.

En 1080, Grégoire VII l’excommunia et le déposa de nouveau. Henri réagit, fit élire un antipape, força Grégoire à quitter Rome et à se retirer à Salerne, où il mourut abandonné. Au début du xiie siècle, le conflit rebondit avec son fils, l’empereur Henri V, qui intimida un moment le pape Pascal II et le força à renoncer aux objectifs fixés par ses prédécesseurs. Finalement, la lassitude aidant et des solutions ayant été suggérées par des canonistes en parlant de la distinction, dans les fonctions de l’évêque, entre la charge temporelle de l’office spirituel, on parvint au Concordat de Worms. Il fut décidé qu’à l’avenir les évêques seraient élus par le clergé en présence d’un représentant du monarque, puis qu’ils prêteraient serment à celui-ci, après quoi ils seraient consacrés par l’archevêque métropolitain. Une procédure du même type entra en vigueur dans le reste de la chrétienté latine.

Henri Iv Dans Le Château De Canossa 1077 Vecteurs libres de droits et plus d'images vectorielles de Roi Henri IV de France - Roi Henri IV de France, Adulte, Château - iStock

Neuf siècles plus tard, une soirée de Parties Civiles se déroulait entre clercs et monarques.

Table 1, dite « Excommuniée »  : à bord de L’insondable, Killian, François-René, Neox, le jeune Evan, Xel et Vincent passent une première moitié de partie en frères. Mais dans la seconde, les deux derniers cités révèlent leur double jeu, et s’il s’en fallut de peu que cette duperie leur profitât, ils finirent excommuniés. N’est pas Henri IV qui veut.

Table 2, dite « Sanctuarisée » : la table de Sanctuary – the keepers era vit s’affronter le duo Xof / Tristan  et les deux Olivier. Sur un mécanisme rappelant Magic, les joueurs invoquent des créatures qui, outre force et points de vie, ont des pouvoirs spécifiques. Le jeu propose une série de decks pré-construits chacun avec ses spécificités et sa manière d’être joué. Xof et Tristan pilotèrent les Antar qui jouent principalement autour de l’exhaust, le fait de taper une carte et de l’empêcher d’agir (attaquer ou défendre) tant qu’elle est tapée et les Wul, qui forcent l’adversaire à défausser des cartes. Les Olivier jouèrent les Ganto, maîtres des sanctuaires, et les Kras, bénéficiant des capacités « last word » qui s’activent lorsque la créature meurt. Ils ont gagné mais, nous dit la partie adverse, en chouinant tout du long.

Table 3, dite « Inexpugnable » : à Super Motherload on explore une planète très lointaine en faisant fi de son empreinte carbone, en forant et faisant exploser des bombes pour découvrir les ressources cachées fossilisées par les ans, et qui permettent de recruter de nouveaux pilotes dans un mécanisme de fuite en avant. Cette quête est récompensée en outre par l’atteinte d’objectifs majeurs (fixes, et qui rappellent ceux de Splendor même si le jeu n’a rien à voir), et mineurs, qui changent régulièrement. A quatre il n’est pas facile d’anticiper sur les régions qui seront explorables, et une bonne tactique reste de garder un œil sur les objectifs mineurs. François s’en attribua pas moins de cinq pour 14 PV (39 PV en tout), surclassant la concurrence (Dom 29, Julien 29, Thomas 25).

Table 4, dite « Esclavagiste » : sur un thème voisin, on explore toujours plus loin à cette table de Terraforming Mars : Expédition Arès (la version cartes du TM original). Les esclaves énergétiques de Samuel (34) ont dépassé ceux d’Olive (25), NicoH (25) et Louan (21).

Table 5, dite « Concordante » : tout concorde à cette table où Mickaël, grand maître d’Iki fait parler son expérience (117), devançant Fred (110) et Ivan (102).

Table 6, dite « Indiscutée »  : avec 9, Olivier L. l’emporte à Peloponnes, devant Tristan (18) et Xof (24) – l’échelle des scores étant inversée.

Table 7, dite « Temporelle » : du Champ d’honneur Olive revint quand Samuel y tomba.

Table 8, dite « Grand clerc » : Découverte de Dale of merchants pour Thomas, qui, comme François, n’arrive pas à suivre le timing imposé par Dom qui s’adjuge une victoire de grand clerc avec deux cases d’avance sur son étal.

Table 9, dite « Versatile » : bon bilan carbone pour cette partie d’Innovation en forme d’équipée en char à voile à travers les âges. Vent dans le dos, François s’adjuge les premiers âges et punit son adversaire en lui détruisant son influence. Mais le vent tourne soudain, et la carte Perspective habilement maniée permet à Dom de remonter la pente, pendant que son concurrent reste bloqué sans pouvoir avancer. Oubliant au passage la domination « 6 cartes comptabilisées ou archivées en un tour » à laquelle il pouvait prétendre, Dom s’impose quand même, poussé par un joyeux zéphyr, laissant François ruminer dans le pot au noir.

Séance de VENDREDI 02/09/2022 à Servel

Les 2 et 3 septembre 1792, à l’instigation de meneurs comme le journaliste Jean-Paul Marat, qui agitent la crainte des complots et celle, bien réelle, de l’invasion, des dizaines de sans-culottes envahissent les prisons parisiennes. À l’Abbaye, la Force, la Conciergerie, Bicêtre, ils massacrent les prisonniers prétendument contre-révolutionnaires. Au total, un millier de victimes : aristocrates, prêtres réfractaires, mais aussi droit commun et citoyens ordinaires. Parmi les victimes figure la princesse Marie-Thérèse de Lamballe (42 ans), ancienne confidente de la reine, connue pour être aussi belle que vertueuse, et qui avait été enfermée à la prison de la Force après avoir accompagné la famille royale à la prison du Temple. Son corps est mis en lambeaux par les émeutiers. Sa tête, plantée au bout d’une pique, sera promenée sous la fenêtre de la cellule de la reine. Avec ces massacres, la Révolution française entre dans sa phase la plus violente.

230 années plus tard, à Lannion, complots et invasions faisaient rage.

Table 1, dite « Invasion annoncée » : à la table de The thing Fabrice, alias la chose, vit son parcours finir dans la cuisine, cerné par Gilles, Killian, Thomas, François-René, Tristan et Matthieu.

Table 2, dite « Contre-révolutionnaire » : à Pax Pamir Fred, François et Xof sont rejoints par Yann. Ce dernier démarre russe comme François, face à deux britanniques. Mais Fred change d’allégeance et passe russe pour éviter de perdre son unique tribu. Xof se retrouve isolé, même s’il emporte la première domination, provoquée abruptement par l’irruption de deux de ces cartes au marché, avec François. Ce dernier assoit son  emprise, avec trois tribus et un bel empire russe sur les terres du royaume d’Afghanistan. Mais la petite histoire rejoint la grande et tous les britanniques changent de casaque, laissant François unique russe, qui déclenche avec fierté la troisième domination et prend la tête. La dernière domination se joue à peu, mais François est surpris par Xof, qui, fort d’un inépuisable trésor de guerre, achète pour 5 roupies la carte fatale, celle qui compte double ! Au final, l’oligarque l’emporte avec 9, devant Yann et Fred à 6. François, dernier avec 5, boit le calice jusqu’à la lie, mais il aura défendu jusqu’au bout l’honneur des cosaques.

DefaultTable 3, dite « Un jour sans fin » : bien que formée de joueurs rapides, cette table qui découvre Madeira – un jeu qui transporte – s’étira jusqu’au petit jour, avec l’impression curieuse des joueurs d’avoir eu assez de bois – ressource critique du jeu –  sans vraiment le mériter ni jouer au bûcheron. Mickaël (78) y devance d’une écharde Xel (77), Yvan (73) et Olive (72) au terme d’un voyage forcément exotique.

Table 4, dite « Le petit prince » : à Ark Nova c’est le très juvénile Tom qui se joue d’une concurrence essentiellement adulte. Seul Samuel (17) fut en mesure de lui résister, mais il dut céder. Une performance, car ce jeu n’est pas des plus simples, et la soirée ne fut pas des plus courtes, mais le petit Prince n’y a pas fait que dessiner des moutons.Acheter Dale of Merchants - Jeu de société - Snowdale Design

Table 5, dite « Expéditive » : découverte d’une autre nouveauté, le deck builer aux mécanismes originaux qu’est Dale of merchants. Cette partie inaugurale en format duo voit la vengeance de François qui surprend Fred en construisant, par le biais d’une carte spéciale, les niveaux 7 et 8 de son étal dans la même action.

Séance de MARDI 30/08/2022 à Servel

Le 30 août 1794, un message en provenance de Lille parvient en quelques minutes à Paris grâce au télégraphe optique, développé par les frères Chappe, pour annoncer à la Convention une victoire des troupes de la République sur les Autrichiens. La nouveauté de ce moyen de communication, dont la première ligne opérationnelle (Paris-Lille) est ouverte depuis juillet 1794, est de combiner  un code formé de mots, de chiffres ou de phrases, un réseau de relais et le recrutement et la formation de personnes chargées de surveiller en permanence le relais précédent et de transmettre les messages reçus. Ce dispositif n’est rendu possible que par le développement d’une optique de qualité, qui permet d’observer à plusieurs kilomètres de distance, et par le financement public. Le système de Chappe se développera rapidement en France et sera copié en Europe.  À son apogée, à la fin des années 1840, le télégraphe optique couvre, en France, plus de 5 000 kilomètres. Mais le développement du télégraphe électrique et l’essor du chemin de fer mettront rapidement un terme à ce premier véritable réseau de communication, réservé toutefois à l’administration.

Quelques années plus tard, à Lannion, dans une soirée qui faisait la part belle à l’univers des contes, de joyaux lurons s’envoyaient des messages à la vitesse de la lumière.

Table 1, dite « Bruit blanc » : dans l’ambiance feutrée des tête-à-tête de Twisted fables Gilles, campant Blanche neige, se défait d’Olivier, sous les traits du petit chaperon rouge. On n’y a entendu que du bruit blanc, même quand les deux compères s’encanaillèrent ensuite à Mind bug.

Table 2, dite « Zone blanche » : peuplè de bêtes des bois, l’univers d’Everdell a tout de la zone blanche où le pied humain n’a pas déposé son empreinte. Et c’est en père Castor que Xof s’impose devant Thomas et Xel.

Acheter Almanac : La Route du Dragon - Kolossal Games - Jeux de société - Le Passe Temps

Table 3, dite « Réseau à découvrir » : fraîchement acquis par François-René, Almanac : la route du Dragon est sans conteste la sensation de la soirée. Voici un jeu qui se présente comme un livre d’aventures, où l’on navigue de page en page, qui ne sont jamais toujours les mêmes ! Nous avons là le premier opus de la série Almanac du célèbre auteur Scott Almes. Les Pics de Cristal en sera le 2ème volet. La particularité de la série consiste à ne pas posséder un unique plateau de jeu, mais dix-sept en tout ! Ces derniers sont regroupés dans un livre à spirale aux pages plastifiées très épaisses. Un jeu que l’on peut aborder sous un angle très narratif qui nous fera parcours les contrées imaginaires du royaume de Baeloria, aec comme objectif de rejoindre Dragonville et participer au marché final pour devenir le marchand le plus riche du continent. Au cours d’une partie complète, vous ne parcourrez que 6 tableaux sur 17, ce qui rendra unique chacun des voyages. Chaque tour de jeu se jouant sur une page différente du livre, chaque étape possède un twist de pose d’ouvrier – une nouvelle mini-règle – et du matériel additionnel. Vous visiterez des lieux étranges. Vous achèterez et vendrez des marchandises, et ferez face à un ensemble de rencontres imprévisibles au cours de votre voyage, certaines vous offrant des opportunités de commerce, d’autres représentant des périls dont seuls vos gardiens sauront vous protéger. Last but not Least, le Guide qui vous amène de page en page est un titre qui se monnaye aux enchères, avec la suprême originalité que le vainqueur de l’enchère paie seulement le prix offert par le moins-disant ! Ce rôle permet de choisir la prochaine destination mais il est surtout déterminant pour l’ordre du tour. Au terme du voyage, on recensa à la table de marque une victoire sur le fil de Fred (253), devançant François-René (249), François (248) – qui peut se mordre les doigts d’avoir souvent trop peu enchéri, sans quoi il l’aurait emporté – et Adélie (212). Mais le score étant très imprévisible, c’est surtout le voyage et la découverte du réseau et ses méandres qui font le plaisir de ce jeu.

Table 4, dite « Communications brouillées » : la soirée se finit autour d’un Die Crew marqué par un excellent départ, réussi au premier coup sur une mission difficile, suivi de constants échecs, la communication entre les membres de l’équipage s’étant soudain brouillée.

Séance de VENDREDI 26/08/2022 à Servel

Le 26 août 1909, parti en randonnée avec sa classe, Richard Schirrmann, instituteur dans la petite ville d’Altena (Westphalie), se trouve bloqué par un orage en pleine forêt, et dans la nuit. Il songe alors à créer un réseau de gîtes à bon marché pour la jeunesse allemande et, 3 ans plus tard, ouvre une première « auberge des écoliers » dans sa salle de classe en installant des lits de fortune pour accueillir les jeunes randonneurs du week-end. Transférée ensuite dans le château, l’auberge va devenir l’amorce du réseau international des auberges de jeunesse.

113 ans plus tard, à Lannion, on accueillait qui voulait dans la bonne humeur d’un soir d’été.

Table 1, dite « La veillée » :  à la table d’Anachrony, Fred prend le meilleur sur Neox et Mickaël, au terme d’une longue veillée.

Table 2, dite « Silence les enfants ! » : c’est le retour de Baptiste (on  ne parle pas de celui aux poches pleines) qui découvre l’excellent Troyes, et ses mécanismes subtils de placement d’ouvriers (à l’évêché, l’hôtel de ville ou le palais) qui détermine les dés que l’on lance (blancs, jaunes, rouges), sans oublier les événements, toujours négatifs, parfois cataclysmiques, qui parsèment inévitablement ces temps moyenâgeux. Une partie « à la parlante », où Baptiste passa son temps à décrire les actions possibles, et Dom à surenchérir sur les effets possibles de ces actions, voire à en imaginer d’autres, et ceci pendant les cinq tours. Excédé par ce manège, François, le troisième larron, n’arriva pas à siffler la fin de la récré, se fit laminer par les événements non contrés et une famine de dés jaunes, et termina sur le score famélique de 16, à peine dépassé par Baptiste (19). Avec 32, score objectivement plutôt faible mais nettement meilleur, Dom n’eut pas à forcer son talent.

Table 3, dite « Une comptine et au lit » : découverte de  Twisted Fables, pour Samuel et Olivier L qui revisitent l’univers des contes. L’issue de cette partie s’est perdue dans un ancien grimoire que l’on découvrira peut-être un jour.

Table 4, dite « Laissez venir » : 6 à table pour The thing, cela suffit selon les règles, mais c’est peu pour provoquer des rencontres. Xel, qui était la chose, en fit une avec François-René qui ne donna lieu à aucune contamination, puis fur promptement dénoncée par Killian. Dès lors, tous l’évitèrent, et seule elle finit sans avoir pu faire venir à elle tous les grands enfants. Victoire sans appel pour les humains (Thomas, Nicolas II, Olivier L et le susmentionnés), qui n’eurent aucun mal à s’échapper.

Table 5, dite « Hospitalité à négocier » : à Memoir 44, entre Finlandais et Russes, l’hospitalité se négocie, et les bonbons ne font pas partie de la monnaie d’échange, sinon les caramels bien ajustés que Nicolas II (le cosaque) et Killian (le finnois) purent s’adresser. On vous laisse deviner l’issue au vu des forces en présence, et, pour le coup, l’OTAN n’y fit rien à l’affaire.Mémoire 44

Table 6, dite « Des vaches et des rires » : un  6 qui prend voit la revanche de Xel, qui domine largement ses rivaux et retrouve le sourire.

Table 7, dite « Extinction des feux » : un conclusif Just One donna d’abord lieu à un essai de feutres tout neufs, soi-disant effaçables mais en fait indélébiles, du plus bel effet comique. Mais ne blâmons pas Dom pour le geste, c’est l’intention qui compte. Cette partie donna lieu à quelques belles triangulations  à l’image de : groupe, cassette, érection, organisée, pansement  – qui resta incompris, et que l’on vous laissera deviner !

Séance de VENDREDI 19/08/2022 à Servel

Disparu le 19 août 1662 des suites d’une maladie complexe et qui donnera lieu à beaucoup d’hypothèses posthumes (« insuffisance rénale chronique avec suspicion de maladie polykistique des reins et présence de lésions vasculaires cérébrales, complications de thrombose », diront des médecins des années 1970), Pascal ne put achever son travail théologique le plus important : un examen soutenu et logique de la défense de la foi chrétienne, au titre original Apologie de la religion chrétienne.

blaise pascal | Alternate TutelageAprès sa mort, de nombreuses feuilles de papier sont trouvées lors du tri de ses effets personnels, sur lesquelles sont notées des pensées isolées, feuilles regroupées en liasses dans un ordre provisoire mais parlant. La première version de ces notes éparses est imprimée en 1670 sous le titre Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets. Elles deviennent très vite un classique. Parce que ses amis et les disciples de Port-Royal sont conscients que ces « pensées » fragmentaires peuvent mener au scepticisme plutôt qu’à la piété, ils cachent les pensées sceptiques et modifient une partie du reste, de peur que le roi ou l’église n’en prenne offense alors que la persécution de Port-Royal a cessé, les rédacteurs ne souhaitant pas une reprise de la polémique. Il faut attendre le XIXe siècle pour que les Pensées soient publiées complètement et avec le texte d’origine, tirées de l’oubli et éditées par le philosophe Victor Cousin.

Elles sont considérées de nos jours comme l’une des pièces maîtresses de la littérature française. En présentant ses observations sur un chapitre, Sainte-Beuve considérait ces pages comme les plus fines de la langue française. Will Durant, dans son onzième volume de l’Histoire des civilisations, le juge comme « le livre le plus éloquent en français ». Dans les Pensées, Pascal présente plusieurs paradoxes philosophiques : infini et néant, foi et raison, âme et matière, mort et vie, sens et vanité — apparemment n’arrivant à aucune conclusion définitive sans l’appui de l’humilité et de la grâce. En les rassemblant, il développe le pari de Pascal, dont l’argument est qu’une personne rationnelle a tout intérêt à croire en Dieu, que Dieu existe ou non. En effet, s’il n’existe pas, croyant et non-croyant ne risquent rien. Par contre, si Dieu existe, le croyant gagne le paradis tandis que le non-croyant est enfermé en enfer pour l’éternité.

360 ans plus tard, à Lannion, on pensait, on pariait, et certains durent même prier in petto.

Table 1, dite « Infini et néant » :  à cette table de Northguard, on tenta jusqu’au bout de la nuit de rattraper Fred. Quête vaine, car l’affaire fut rondement pliée: touchant à l’infini, avec le score éclatant de 74, il s’offre une victoire nette et sans bavure sur Olivier B, 45, Samuel, 29, et Fabrice, 26, tous trois proches des limbes du néant.

Table 2, dite « Foi et raison » : le festival interceltique se prolonge sur cette table d’Inis, un jeu de conquête territoriale avec conditions de victoire multiples (être présent dans 6 territoires, dominer 6 clans, avoir un clan auprès de 6 sanctuaires) et qui donna lieu à des calculs savants à l’aube du dernier tour, où trois joueurs (Nicolas II, François, Axel) étaient à une coudée de la victoire avec 5 /6 sur l’une des conditions. Mais Dom, fin manœuvrier, était le seul à avoir ses clans dans des terres pourvues de 6 sanctuaires. Combiné à un draft de cartes où règne un aléatoire savamment dosé (on se passe les paquets de cartes à tour de rôle), ce mécanisme original de fin de partie crée une incertitude aussi forte qu’un pari de Pascal sur ce que peuvent faire les autres joueurs – pour ne pas dire un chaos imprévisible, que seule une connaissance raisonnée des cartes, ou bien un acte de foi, permet d’apprivoiser.

Table 3, dite « Mort et vie » : à Sub Terra, Xof, Killian, Mickaël et Olivier L ne réussissent à préserver que 2 survivants, quand il en fallait trois.

Table 4, dite « Âme et matière » : dans l’univers de Burgle Bros 2 – Opération casino, Xel, François-René et Vincent offrent un accueil personnalisé à Madeline, qui découvre nos tables : erreurs de règle, tuile coffre piochée en dernier ont fait tourner la quête collective au fiasco d’une matière mal révisée. Mais, dans le jeu comme dans le voyage, c’est au moins autant le trajet que le point d’arrivée qui fait le bonheur des âmes à la faveur du temps partagé.

Table 5, dite « Sens et vanité » : on ressort pour finir le classique Codenames, pour une partie qui restera dans les annales par les faits d’armes des espions (indice assassin « Opération » direct après un coup de dés fatal pour le départager avec «  »Guide », bien plus logique pour l’indice GPS, coup unique qui entérina la seule manche victorieuse des bleus), mais aussi des maîtres-espions, à l’image de la manche 2 où Vincent perdit totalement ses partenaires avec les indices Dalhia, BlitzKrieg et Thon. La victoire 3-1 des rouges fut scellée sur la dernière manche, où François-René lance le machiavélique « Multiplication 0 », qui oriente les bleus vers la conclusion que Signe est le mot assassin, alors qu’il s’agissait du dernier mot bleu. Dom aura beau lancer un indice plein de sens (Paraphe, pour Plume et Signe), le piège s’était refermé, les bleus regardant ailleurs, tout à leur vanité d’avoir cru identifier l’assassin, touchant donc Feuille plutôt que Signe.

Séance de MARDI 16/08/2022 à Servel

Bela Lugosi - la biographie par NanarlandLe 16 août 1956, Béla Lugosi meurt bien banalement, d’un infarctus du myocarde, et à 73 ans, l’âge du commun des mortels en somme, dans le lit de son appartement de Los Angeles, en lisant, semble-t-il, le scénario de The Final Curtain d’Ed Wood. Ce décès des plus ordinaires fut suivi d’une particularité que lui seul pouvait endosser : son habit mortuaire. Mais, contrairement aux rumeurs, l’acteur n’a jamais demandé à être enterré dans son habit de vampire : son fils a confirmé maintes fois que ce sont lui-même et sa mère qui avaient pris la décision d’utiliser l’un des costumes de Dracula, pensant que Béla n’y aurait pas fait objection.

66,6 ans après à Lannion, une soirée angoissante attendait les joueurs de Parties Civiles.

Table 1, dite « Eco-anxiété » : Jack n’est pas venu les mains vides pour son grand retour sur nos tables : avec lui, l’excellent Living forest, un jeu où quatre esprits de la nature ont été désignés pour sauver l’arbre sacré en proie aux flammes dévastatrices d’Onibi. Tour à tour, ils remplissent leur mission en choisissant de replanter des arbres protecteurs, de repousser les flammes ou de réveiller Sanki, le Gardien de la forêt. Sous des abords classiques, ce jeu recèle une vraie pépite : la fin de partie, dont on n’avait pas supposé la complexité à l’exposé cursif des règles. Un peu comme à Mythotopia, la condition de fin de partie, atteindre 12 unités de plants d’arbre, de gouttes d’eau ou de fleurs de lotus, une fois atteinte par un joueur,peut être remise en cause dans le dernier tour. C’est ce qui arriva successivement à Jack, François et Xel et Fred, tapi dans l’ombre, tira les marrons du feu. Un matériel de belle facture et évocateur complète le tableau d’un achat gagnant, récemment primé As d’Or du Jeu de l’Année dans la catégorie « Initié » à Cannes.

Living Forest

Table 2, dite « D’entre les morts » : dans l’univers fantomatique de Mysterium, Thomas, Dom, Axel, François-René et Yann s’octroient une belle victoire.

Table 3, dite « Vampires et ombres » : près de deux ans après sa dernière apparition sur nos tables,  Shadow hunters fait son grand retour à la faveur du retour de la pleine lune et de l’anniversaire de la mort de Bela Lugosi. Un vampire fut le premier mort, les Shadows y engrangèrent les victoires, et François enchaîna les méprises, victime d’un métamorphe retors dans une partie (Thomas, bien sûr, on lui donnerait le bon Dieu sans confession), et d’une éclipse de cerveau dans une autre.

Séance de VENDREDI 12/08/2022 à Servel

Depuis sa création en 1949, la RDA subissait un flot d’émigration croissant vers la RFA, particulièrement à Berlin. La frontière urbaine est difficilement contrôlable, contrairement aux zones rurales. Entre 2,6 et 3,6 millions d’Allemands fuient la RDA par Berlin entre 1949 et 1961, privant le pays d’une main-d’œuvre indispensable au moment de sa reconstruction et montrant à la face du monde leur faible adhésion au régime communiste. Émigrer ne pose pas de difficulté majeure, car, jusqu’en août 1961, il suffit de prendre le métro ou le train pour passer d’est en ouest. Pendant les deux premières semaines d’août 1961, riches en rumeurs, 47 000 citoyens est-allemands passent à l’Ouest via Berlin.

Officiellement appelé par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste », un dispositif militaire complexe comportant deux murs de 3,6 m de haut, avec un chemin de ronde, entourant intégralement le secteur ouest de la ville sur 155 km, fort de 302 miradors et dispositifs d’alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et de barbelés dressés vers le ciel, est érigé en plein Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 par la RDA, qui tente ainsi de mettre fin à l’exode croissant de ses habitants vers la RFA. Il séparera physiquement la ville en Berlin-Est et Berlin-Ouest pendant 28 ans, et constitue le symbole le plus marquant d’une Europe divisée par le rideau de fer.

Mobilisation pour sauver un pan du mur du Berlin - Le Point

61 ans plus tard, à Lannion, on se battait pour la liberté, à l’abri de murs et d’enclos.

Table 1, dite « Enclos à défendre» :  à cette table, on tenta jusqu’au bout de la nuit de protéger les espèces en construisant des zoos aussi attractifs que possibles à Ark Nova. L’un ne va pas sans l’autre à ce jeu, où deux pistes font le tour du plateau : attractivité et conservation, et celui qui y progresse jusqu’à leur point de rendez-vous gagne la partie. Axel, faisant longtemps cavalier seul jusqu’à être repris sur la fin par François, fond sur la victoire avec 23 points, tandis que François (7), Olivier B (6) et Mickaël (4) forment un beau tir groupé.

Table 2, dite « In memoriam » : dans l’univers tourmenté de Nemesis, Yann sombre le premier, rejoint ensuite par Nicolas II. Les deux morts au champ d’honneur laisseront Camille et François-René s’adjuger une victoire à la Pyrrhus.

Table 3, dite « Marche à l’ombre » : Le mystère de Whitehall voit Thomas réussir à rester furtivement tapi dans l’ombre l’essentiel de la partie, mystifiant Xel et Adélie qui ne savaient à quel GPS se vouer. Il eut moins de chance à In Flanders field, périssant, tout comme Adélie, sous l’effet de la fatale combinaison « triple 1 ». Plus prudente, Xel tira les marrons du feu.

Séance de MARDI 09/08/2022 à Servel

On ne compte plus les articles qui ont été écrits sur ce 9 août 1942, non plus tous les fantasmes qui en ont découlé. Sur tous les détails, la photo d’après-match où on voit des sourires, sur ce qu’il s’est réellement passé pendant, et ensuite, mais aussi sur le contexte d’un Kiev martyr au lendemain du massacre de Babi Yar, fin septembre 1941, le plus grand massacre de la Shoah par balles mené par les troupes nazies en Union soviétique (33 000 morts). Ce jour là, l’histoire va s’écrire sur un terrain de football. Celle d’un match qu’il ne fallait pas gagner, mais aussi celle du stade Zénith de Kiev, devenu depuis le Start Stadium.

En juin 1941, Hitler déclenche l’opération Barbarossa, malgré le traité de non-agression signé deux ans plus tôt et Kiev  tombe, le 19 septembre. Le championnat soviétique a alors vu le jour cinq ans plus tôt et doit se mettre en attente. Déjà, il y a ce monstre sportif : le Dynamo Kiev, son histoire, ce club fondé par la police et le NKVD qui commence à se faire un nom alors que ses joueurs sont appelés à prendre les armes pour défendre l’Ukraine. Ce pays « laboratoire de souffrance de Staline » comme l’explique l’écrivain Pierre-Louis Basse, auteur de Gagner à en mourir (2012), consacré au Match de la mort. Il poursuit : « Le sentiment était alors assez bizarre à ce moment-là car l’arrivée des troupes allemandes a été perçue comme une respiration pour les habitants de Kiev. C’est d’ailleurs une erreur majeure de Hitler car cette région, au départ, était assez acquise aux SS. » Au final, l’opération Barbarossa conduira à la capture de centaines de milliers de prisonniers soviétiques avant la remise en liberté de ceux considérés « inoffensifs » dont d’anciens joueurs du Dynamo comme le gardien Nikolai Trusevich.

Le Dynamo Kiev n’existe plus. Trusevich et ses potes errent dans les rues de Kiev, cherchent à manger et à tuer le temps jusqu’à ce que l’ancien gardien tombe sur Jozef Kordik, un Tchèque considéré par les Nazis comme un étranger d’origine allemande, au point d’être nommé directeur d’une boulangerie de la ville. Il y engagera Nikolai Trusevich. L’histoire s’écrit ainsi : les mois passent, l’idée d’un club de foot se forme et Trusevich file retrouver ses anciens coéquipiers de l’époque pour mettre en place le FC Start. Le groupe se compose alors de huit anciens joueurs du Dynamo et trois du Lokomotiv Kiev et prend les couleurs qu’il trouve, celles de l’équipe nationale soviétique : short blanc, maillot rouge,  chaussettes rouges. Trusevich dira : « Les Fascistes devraient savoir que cette couleur ne peut être vaincue.». Le FC Start devient vite intouchable. Il ne perdra jamais une rencontre.

Le 6 août contre la Flakelf, l’équipe montée par la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, malgré les menaces, la bande à Trusevich s’amuse (5-1). Les autorités n’apprécient pas, parlent du moral des aviateurs du IIIe Reich, mais peu importe. Basse le retranscrit : «  Une ville qui reprend goût à une forme de légèreté et d’indépendance, de victoire aussi, fût-elle avec un ballon, peut très vite devenir dangereuse pour l’occupant. » La Flakelf demande alors une revanche qui aura lieu trois jours plus tard. Voilà ce qu’on appelle aujourd’hui le Match de la mort. Le stade du Zénith est sous surveillance alors que Kiev est rempli d’affiches pour annoncer la rencontre du jour. La police est présente, les troupes allemandes aussi, qui ont rempli de force le stade pour que l’humiliation se fasse sous les yeux de la nation.

L’arbitre de la rencontre, un officier SS, se présente avant la rencontre dans le vestiaire du FC Start et demande à l’adversaire, dans un russe parfait, de saluer avant le coup d’envoi à « notre manière », c’est-à-dire en réalisant le salut nazi. Le silence est total. Quelques minutes plus tard, le XI de la Flakelf entre, fait le salut nazi alors que le FC Start refuse de s’exécuter. Les joueurs ukrainiens auraient alors crié un « Da zdravstvuyet sport » – slogan soviétique à la gloire du sport – repris par le stade. La suite ? Des sales coups, de la pression, Trusevich frappé à la tête, la Flakelf qui ouvre le score sur l’action, un arbitre qui ne siffle pas. Mais le FC Start se remet à l’endroit pour lancer sa démonstration, qui se terminera sur un net 5-3. « Une histoire de dribbleurs fous et insouciants, qui avaient préféré la mort à un match arrangé » , selon Basse, jusqu’à repousser une dernière pression autoritaire à la pause (3-1).

Quelques jours plus tard, les joueurs sont arrêtés par la Gestapo. La raison ? Ils seraient membres du NKVD. L’un des joueurs est torturé jusqu’à la mort à cause de son statut de membre du Parti communiste. Trusevich, lui, est arrêté le 18 août dans la boulangerie avec deux coéquipiers. Les trois hommes seront interrogés 23 jours puis envoyés au camp de travail de Syrets, à Bobi Yar, près de Kiev, où huit joueurs seront déportés, et trois exécutés en février 1943 – dont Trusevich, qui se serait levé sur un « le sport rouge ne mourra jamais » avant de mourir.

Le premier article dans la presse soviétique consacré à l’illustre rencontre parait le 17 novembre 1943 dans la Kiïvska pravda, puis, en 1944, le journal du front de Transbaïkalie  publie, sous forme de feuilleton, la nouvelle Dinamovtsy qui présente les joueurs comme héros de la résistance. En transformant les joueurs en personnages de la lutte anti-nazie, l’auteur cherchait à leur épargner d’inévitables poursuites pour collaboration, car c’est ainsi qu’une rencontre sportive pouvait être interprétée. Le terme Match de la mort sera évoqué une première fois en 1958 par la propagande soviétique, alors que la rencontre avait au départ été vue comme une collaboration avec l’occupant.

Après la guerre, deux films de 1962, Troisième mi-temps et Deux mi-temps en enfer consolident ce scénario dans la mémoire collective des Soviétiques. Le film Match d’Andreï Malioukov réalisé en 2012, qui a reçu la majorité de son financement du gouvernement russe, ne remet pas en cause l’héroïsme des footballeurs, mais se distingue des productions précédentes par la représentation de la plupart des Ukrainiens comme collaborateurs et sympathisants des nazis. Les Ukrainiens ont réagi avec indignation à de telles représentations.

En France, l’écrivain Laurent Binet dans son roman HHhH (2010) reprit la légende forgée par les Soviétiques, celle de la menace de mort en cas de victoire de l’équipe soviétique. Depuis, la romantisation a fait son travail et, non, les joueurs n’ont pas été exécutés dès la fin de la rencontre. Reste une statue, posée à l’entrée du stade Zénith en 1971. Et une absence totale d’images. Pourtant, selon les mots de Basse, les Allemands « filmaient tout. Y compris leurs crimes de masse. Les derniers moments, en sous-vêtements, des familles condamnées. Les pendus, dans les villages, qui faisaient dans l’hiver comme de gros épouvantails, pris dans la glace. Les partisans fusillés. On peut s’étonner qu’ils n’aient pas filmé le match du 9 août 1942. »

9 août 1942 - Le « match de la mort » - Herodote.net

80 ans plus tard, à Lannion, une lutte à mort se déroulait dans le huis clos d’une maison de quartier.

Table 1, dite « Gardiens et prisonniers » : Xel, François, Yann, Malo, Fred et Xof trouvent en Room 25 la réconfortante combinaison d’un jeu pas trop long, bon à 6, et dont on sait expliquer les règles. L’aventure tourna court pour les prisonniers, Yann périssant rapidement dans la chambre rouge, pourtant dûment signalée par une balise mémorielle de François, et Fred, unanimement soupçonné, se fit pousser dans un bain d’acide. Pourquoi ne se défendit-il pas de l’opprobre qui l’entourait, cela reste un mystère de blanche colombe (celle que n’atteint pas le prurit du crapaud baveux). Quoi qu’il soit, deux prisonniers morts, cela suffit à faire gagner Xof et Malo, sur lesquels les doutes s’épaississaient au fil des tours sans qu’on devinât jamais que, gardiens, ils l’étaient tous les deux.

Les mêmes enchainent ensuite sur l’inoffensif Détective Club, qui vit la victoire éclatante de Malo, beau parleur devant l’éternel, alors que Fred, ici encore, fut soupçonné bien plus souvent qu’à son tour, et sans qu’il s’en défendît avec assez de vigueur.

Séance de VENDREDI 29/07/2022 à SERVEL

Le Scoutisme, Scout Rover, Ranger PNG - Le Scoutisme, Scout Rover, Ranger transparentes | PNG gratuitÀ l’âge de vingt-six ans, Robert Baden-Powell, sous-lieutenant britannique dans l’armée des Indes, est promu capitaine, déplacé en Afrique du Sud, où il a l’occasion d’entrer en contact avec des éclaireurs indigènes pour lesquels il a beaucoup d’admiration. Il se perfectionne à leur contact dans l’art de l’approche et de l’exploration. C’est en Afrique qu’il a pour la première fois la possibilité de former des éclaireurs militaires selon ses méthodes : en petites unités ou patrouilles, chacune sous les ordres d’un chef. Il attribue aux plus méritants un insigne dont le dessin s’inspire du point Nord de la boussole, très similaire à ce qui deviendra le badge du scoutisme mondial.

Il fait une brillante carrière militaire, respecté et obéi, remarqué pour ses talents d’éclaireur mais aussi pour ses talents artistiques (il monte des pièces de théâtre et revisite à sa façon des pièces de Shakespeare), mais l’événement qui le rend célèbre dans tout l’Empire britannique est le sauvetage de la petite ville de Mafeking en 1899, durant la seconde guerre des Boers. Avec beaucoup d’astuce et un courage communicatif, il réussit à sauver une ville assiégée 217 jours par des troupes ennemies quatre fois plus nombreuses. Il en utilise les jeunes comme estafettes, pour transmettre des messages à pied et à vélo, comme observateurs, comme sentinelles ou comme éclaireurs. À sa libération, il est acclamé comme un héros et nommé major général. Il avait prouvé que des jeunes étaient tout à fait capables de réussir une mission, pourvu qu’on leur fasse confiance. Il publie ses observations sous le nom de Scouting (L’art des éclaireurs) dans un petit fascicule destiné aux militaires appelé : Aids to scouting. Promu lieutenant général en 1907, il organise un camp de huit jours avec vingt jeunes hommes de différentes classes sociales sur l’île de Brownsea, l’inaugurant en soufflant dans sa corne de koudou. Il y teste ses idées d’éducation par le jeu, l’indépendance et la confiance. Ce 29 juillet 1907 marque le début du scoutisme.

À la suite de ce camp, il écrit l’ouvrage Scouting for boys (Éclaireurs). Avec ce livre, il lance un nouveau mouvement autonome et crée la base du scoutisme avec ses cinq buts : Santé ; Sens du concret ; Personnalité ; Service ; Sens de Dieu. En 1910, il différencie trois classes d’âge : Les Louveteaux (8-12 ans) ; Les Éclaireurs (12-17 ans) ; Les Routiers (17 ans et plus).  À son retour au Royaume-Uni, accueilli triomphalement, il constate que Aids to scouting a un immense succès auprès des jeunes hommes britanniques et est utilisé par des éducateurs. Il reçoit beaucoup de courriers lui demandant des conseils. Marqué par le spectacle de la jeunesse britannique des quartiers populaires, désœuvrée, souvent en mauvaise santé et délinquante, il décide de mettre en pratique les principes qu’il a observés à la guerre au service des jeunes hommes.

115 ans après, à Lannion, louveteaux et éclaireurs joutaient sous le regard de quelques routiers, à moins que ce ne soit l’inverse.

Mr Jack London - Jeux de Réflexion - 2 Joueurs - Boutique Esprit JeuTable 1, dite « Éclaireurs dans la nuit » : à l’invitation de Thomas, François se lance à la découverte de Mr Jack – on parle ici de l’éventreur bien connu, mais qu’il s’agit dans ce jeu de découvrir sous les traits d’un des huit personnages. L’un des joueurs, Jack, a pour mission de s’échapper à la faveur de la nuit, pour autant qu’il soit invisible. L’autre, Sherlock, de l’identifier et lui mettre le grappin dessus. Un savant algorithme, permettant de déterminer si Jack est visible ou pas, aiguille l’enquêteur au fil des tours. Un jeu où l’anticipation est de mise, une action brillante au tour N pouvant être désastreuse au tour N+1, et où la partie se joue souvent à un rien – mais pour Thomas, trois petits riens furent autant de victoires. Le haut niveau, c’est bien connu, se joue sur des détails.

Table 2, dite « Tendres louveteaux » : Stardew Valley revient et, sous la houlette de Xel, fait trois nouveaux adeptes: Malo, Ivan, nouveau venu sur nos tables, et Killian. Cet équipage d’âge tendre, s’il fit usage cette fois-ci des bonnes règles, n’en termina cependant pas avant les vigiles, la faute à un dernier tour où il lui manqua des actions, et, peut-être aussi, à un de nos louveteaux qui échoua, dit-on, à traire les poules. Pour les parties suivantes, on leur conseille de mémoriser cette petite phrase: « Mets le paquet, tu seras le nouveau vainqueur du concours » qui leur rappellera l’ordre des heures canoniales (matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres, complies), et, à l’occasion, les motivera aussi. Guy Roux ne l’aurait pas reniée.

Table 3, dite « Causes perdues » : à la table de Zombicide François-René, Olivier B, Nicolas II et Axel n’ont pas résisté. Puis, ils ont entamé un Summoner wars, dont l’issue, tardive, restera incertaine.

Table 4, dite « Education par le jeu » : Table à 3 temps pour Frank, PaulJr, Mickaël et Dom qui déballent des jeux arrivés du FLIP. Le premier temps est la découverte de Cascadia, récent Spiel des Jahres (en catégorie Tout public, pour les initiés c’est Living Forest qui reste lui aussi à jouer). Le narrateur adjoint avoue être resté sur sa faim devant le manque d’originalité, d’interaction et de variété. A son tour on prend un couple tuile hexagonale Terrains / jeton Animal, on ajoute sa tuile à son domaine (sans aucune contrainte de continuité des terrains, contrairement à Kingdomino ou Carcassonne) et on pose l’animal sur une tuile vide portant son symbole (1 à 3 symboles par tuile). Chaque animal a un mode de scoring spécifique à la partie, basé sur une combinaison de leur nombre et de leur disposition. Il vaut mieux choisir quelques axes et s’y tenir mais chaque jeton va rapporter en moyenne autour de 3 points (ainsi les 20 jetons de nos 4 joueurs ont scoré respectivement 67, 59, 59 et … 59 PV). Les points amenés par les terrains (plus grande zone et petits bonus de majorité) sont marginaux et au total Frank qui a tout misé sur le wapiti (un élan mais en plus piti) l’emporte avec 81 PV devant Dom 77, Mickaël 72 et Paul 67.

2e temps : Cartaventura « Caravanes », un jeu coopératif et narratif (limite didactique, comment en savoir plus sur l’Orient en 1341) où on construit une carte (géographique) et une aventure en lisant des cartes (tirées de la boîte) carrées (qui peuvent aussi être des objets qu’on garde devant soi). Un petit côté 7e Continent en plus simple et plus court; Plusieurs boîtes sont déjà sorties, ici on part de Tanger à la recherche d’un oncle jamais revenu de son pèlerinage à la Mecque. Comme dans les « livres dont vous êtes le héros » on fait des choix et si Thomas, il y a de moins bons choix ! Ainsi sommes-nous revenus bredouilles de la corne de l’Afrique pour repartir en direction de la mer Noire où des corsaires napolitains nous ont capturés comme esclaves alors qu’on n’avait dépilé qu’un tiers des cartes du paquet. Inch Allah comme on dit par là !

3e temps : Splito, un petit jeu de cartes dont l’originalité est de créer des incitations partagées avec les joueurs voisins. En effet on joue des cartes (normales ou de scoring) à sa droite ou à sa gauche et les deux joueurs de part et d’autre marquent les points des cartes de scoring situées entre eux. Le score de chacun est le produit des points marqués avec ses deux voisins. Il vaut donc mieux répartir 12 points comme 6 et 6 (score de 36) que comme 10 et 2 (score de 20). Dom applique ce principe arithmétique et l’emporte avec 49 points.

Table 5, dite « Développement durable » : Thomas, Xel, François et Dom revisitent la grande guerre à In Flanders fields et si Dom et François franchissent l’arrivée en tête, c’est Dom qui l’emporte, pour avoir épargné une troupe de plus.