Séance de VENDREDI 19/12/2025 à Servel

Le 19 décembre 1971 sort Orange mécanique, adapté du roman éponyme d’Anthony Burgess, film d’anticipation autant que satire de la société moderne. Dans une cité urbaine futuriste, les jeunes ont pris le pouvoir et font déferler une violence sans contrôle dans un climat malsain, viscéral, souvent plus psychologique que visuel. Le film chronique l’action criminelle d’un gang (Alex et ses « droogies »), puis de la tentative de réhabilitation de son chef par un conditionnement psychologique expérimental et controversé. Alex y narre l’action à la première personne dans le langage nadsat, un argot anglo-russe inventé par Anthony Burgess qui ancre le film dans l’imaginaire teenager (nadsat est le suffixe des nombres de 11 à 19 en russe). Stanley Kubrick décrira son film comme « une satire sociale traitant de la question de savoir si la psychologie comportementale et le conditionnement psychologique sont de nouvelles armes dangereuses pouvant être utilisées par un gouvernement totalitaire qui chercherait à imposer un vaste contrôle sur ses citoyens et en faire à peine plus que des robots. » En 2020, Orange mécanique a été sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la bibliothèque du Congrès pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». Et pour son effet d’anticipation, pourrions-nous ajouter aujourd’hui.

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54 ans après, aucune violence, plutôt un déferlement de douceur dans cette soirée de Parties Civiles à l’approche des fêtes, où l’on glissera quelques échantillons de nadsat pour ajouter au frisson de l’hiver. Tant qu’à se mettre au russe, autant le faire tôt.

Table 1, dite « Mâle dominant » :  Dominant species marine plaît, et on y revient avec cette table de malchiks. Avec les forellas qu’il a méthodiquement cultivés, Tristan endosse le rôle du mâle dominant. Il tolchoke soigneusement ses rivaux, Mickaël, Fred et Vincent-de-Dune, de sorte qu’à la fin leurs guttiwuts luisent à l’air sur le trottoir.

Table 2, dite « Very bad trip » : Une petite bande se forme pour un voyage exotique à Istanbul et JérômeC  s’impose sans coup férir à Thomas et Franck. Ce dernier rejoint ensuite son podooshka, laissant les deux « bad guys » en tête-à-tête, et n’assistant donc pas à la deuxième défaite de Thomas à Le seigneur des Anneaux: Duel pour le terre du milieu. Trop oomny pour ses rivaux, mais resté sammy dans l’âme, Jérôme poussera la prévenance jusqu’à la réconciliation autour du coopératif Sky team, évitant à Thomas la perspective d’une soirée en mode very bad trip.

Table 3, dite « Toute première fois » : 4 novembre 2022, c’est la dernière fois que Funkenschlag avait été aperçu sur nos tables, statistique ébouriffante que l’on doit à l’assiduité sans faille de nos chroniqueurs bénévoles, merci à eux ! Jack et François-René en sont des adeptes chevronnés, quand Pierre-Yves et Caroline découvrent. Pour eux, atteindre le podium relèverait déjà d’un snooty éveillé. Mais ce jeu d’enchères n’est pas qu’une question de yarblockos. Pas spoogy pour deux sous devant cette concurrence féroce, Caroline réussit à s’imposer aux malchiks, à la surprise générale. Avec Jack et François-René, elle avait alimenté 17 centrales, mais gagne au départage avec un gros podooshka de billets.

Table 4, dite « Take back control » : Joli rabbit de la part de Corentin à l’inépuisable Ark Nova, où il mystifie Virgine et Faline d’un point, glané en plus avec la carte Europe, sans avoir usé du moindre veloceet.

Table 5, dite « Expérimentation sociale » : Gérard a fait la récente acquisition de Limit – un jeu très réaliste, construit sur la lecture du rapport Meadows, et qui permet de simuler l’impact du développement humain sur les 9 limites planétaires. Le jeu semble complexe mais sa mécanique est simple: à chaque tour, on joue un carte et on en décline les conséquences. Il faut veiller à nourrir la populaton croissante, et sa soif de biens matériels, mais aussi sa popularité, sans oublier de se défendre de quelques voisins belliqueux. Tous adoptent une stratégie assez prudente, sauf François, qui expérimente en mode oddy knocky, poussant les curseurs de la croissance. Un peu trop, le voilà bientôt en crise de colis à livrer à ses ouailles, et en manque de pétrole pour faire tourner ses usines. De plus, avec ses cartes militaires, il joue au prestoupnick et fait mewler ses rivaux. Le retour de shlaga est violent, sa population décline brutalement, et il termine à -33. C’est Gérard qui a le mieux conduit sa barque. Avec 26, il s’impose en starry routier des plateaux, devant Dom, 18, et Xel, 14.

Table 6, dite « Psychologie comportementale » : La soirée se termine par The gang, autour d’une table recomposée avec Xel, François, Thomas, Corentin, François-René et Dom. A six, on rentre dans l’épaisseur du trait des calculs probabilistes des combinaisons au poker, même avec un flot de gavareet théoriquement proscrit à ce jeu silencieux, les droogies essuyèrent quelques échecs. Mais ils furent suivis d’une belle victoire finale à une heure bien peu chrétienne. Il était plus que temps d’aller au zasnoot !

Séance de MARDI 16/12/2025 à Servel

Jane Austen est née il y a exactement 250 ans, avant-dernière d’une fratrie anglaise de huit enfants dont le père occupait de modestes fonctions religieuses. On sait en fait peu de choses de sa vie, surtout à travers les lettres à sa sœur Cassandra dont beaucoup ont été détruites. Elle lit beaucoup mais sa famille ne peut pas se permettre de l’envoyer longtemps en pension et elle manifeste très tôt un goût pour l’écriture. A 20 ans, elle fréquente et apprécie Tom Lefroy qui étudie pour être avocat mais aucun des deux n’ayant de fortune leur famille met fin à cette relation. Dans les années suivantes elle écrit plusieurs romans que son père tente sans succès de faire publier. Au centre de ses récits on trouve des femmes ; leur dépendance au mariage pour avoir statut social et moyens d’existence est un thème récurrent. Son activité littéraire a des hauts et des bas en fonction des déménage-ments et suite à la mort de son père qui les met dans une situation financière précaire où elle dépend de ses frères. A partir de 1810 ses romans sont publiés anonymement et suscitent un intérêt modeste du public, sans lui assurer un revenu solide. Elle tombe malade début 1816 et sa santé se dégrade progressivement jusqu’à son décès à 41 ans. Ce n’est qu’au XXe siècle que sa renommée dans le monde académique et la culture populaire -notamment à travers l’adaptation au cinéma ou à la télévision de ses romans- grandit au point d’en faire un classique.

Table 1, dite « Persuasion » : L’odyssée zoologique d’Ark Nova continue avec le recrutement de JiBee par les déjà mordus Mickaël et BenjaminG. Ce soir Mickaël leur donne une leçon. Pas contentés ils décident alors qu’il est déjà tard de remettre le couvert, il n’a même pas été nécessaire de les en persuader.

Table 2, dite « Le Cœur et la Raison » : Un Hermagor à quatre pour Xel, François, Olive et VHN, un choix de raison alors que le cœur de certain poussait pour sortir le Istanbul big box nouvellement acquis.  Un jeu daté par son matériel où la phase de placement pour récupérer des tuiles (ressources pour commercer) et des sous peut donner lieu à des couinements et de longues réflexions (voire aux deux) et où il est difficile de juger qui mène en cours de partie. Il s’agit de parcourir efficacement le territoire et de bien gérer le moment de « fermer » des zones, certaines incitent à venir tôt tandis que d’autres prennent de la valeur avec le temps. Après les quatre manches tout le monde sauf François est présent sur 5 villes de la grand-route, le voilà qui subit -5 points quand les autres en encaissent +5. Xel quant à elle a quelque peu négligé l’équilibre de ses districts mais elle a multiplié les placements efficaces sur la piste H. Dom finit en tête avec 102 PV devant Xel 90, Olive 87 et François 78.

Table 3, dite « The Watsons » : F-R et Faline se lancent dans Take Time, un jeu coopératif avec des épreuves de difficulté croissante, un peu comme The Crew ou Bombbusters. Il y a aussi un petit coté The Gang ou The Game dans la nécessité de lire le sens des actions des partenaires, et un petit côté Dr. Watson dans les déductions qu’il faut faire. On place autour d’un cercle des cartes allant de 1 à 12 jouées face cachée ou parfois visible, et on fait des calculs simples pour respecter la condition de victoire de chaque épreuve. Ils ont le temps de réussir la 2 et la 3 et s’arrêtent à la 4.

Table 4, dite « Orgueil et Préjugés » : F-R rejoint la table 2 pour deux parties de The Gang. La première sera qualifiée d’échauffement, certains cherchent leurs marques pour positionner la force de leur main et malgré quelques langues un peu trop déliées c’est un échec rapide; il faut dire que la difficulté augmente avec le nombre de joueurs. On repart pour une seconde partie où là le collectif a été solide, recadrant parfois quelques jugements hasardeux pour déboucher sur une victoire 3 succès contre 1 échec. Notons qu’Olive (aux innocents les mains pleines, il découvrait) à enchaîné les belles mains après avoir commencé direct par un flush. Un jeu où on peut faire preuve de préjugés (par exemple penser qu’on ne vaut rien avec une double paire) et d’orgueil (par exemple refuser de revoir son estimation malgré les encouragements des partenaires).

Séance de MARDI 09/12/2025 à Servel

Adopté le 9 décembre 1955 par le Conseil des ministres du Conseil de l’Europe, le drapeau européen est devenu le 1er janvier 1986 le symbole de toutes les institutions des Communautés européennes, puis de la Communauté européenne, et enfin de l’Union européenne. Il est ainsi le drapeau officiel de deux organisations internationales distinctes : le Conseil de l’Europe (46 États membres) et l’Union européenne (27 États membres). Sa genèse s’étalera sur cinq ans où, à la suite d’un processus tortueux, les éléments constitutifs, fond bleu, étoiles, cercle, couleur or, nombre 12, finiront par s’imposer.

Après un appel à projets de 1950 qui reçut plus de cent soumissions, une douzaine de propositions sont retenues par la commission, dont les inspirations principales étaient la croix, symbole de la civilisation chrétienne, présent sur la moitié des drapeaux des États membres, le « E » du Mouvement européen, les étoiles, représentant les États membres, le soleil pour l’espoir naissant, le triangle pour la culture, et le blason de la ville de Strasbourg. En parallèle, une exposition au palais de Tokyo est organisée où un Allemand émigré au Japon, Carl Raymon, a l’idée nouvelle, dès 1950, d’une grande étoile dorée sur fond bleu. L’or est un symbole de paix et le bleu, utilisé par la féodalité, puis par la théologie et la royauté, représente la souveraineté, céleste ou terrestre. L’idée d’étoiles sur fond bleu séduit et la Commission du règlement et des prérogatives donne son accord provisoire.

Fichier:Flag of Europe-Animated.gif — WikipédiaLe 25 septembre 1953, le Conseil de l’Europe adopte pour emblème un fond azur portant un cercle de quinze étoiles d’or (comme ses 15 États membres). Mais les Allemands s’opposent à ce que la Sarre, qui siégeait au Conseil, ait sa propre étoile, ce qui pourrait être un signe en faveur de la pérennisation de son statut. Cette opposition va retarder la décision d’un an et aboutir à la création d’un comité ad hoc. Le 12 novembre 1954, il met au vote huit anneaux d’or, projet retiré en raison des protestations pour la ressemblance avec le drapeau olympique, mais aussi parce que les anneaux évoquent les chaînes de la servitude ou un cadran téléphonique ! Le comité revint alors aux étoiles d’or en en fixant le nombre de façon définitive à douze. Le Conseil de l’Europe ne comportait plus douze membres depuis août 1949 mais le comité préférait fixer un nombre symbolique, le nombre d’États appelés à rejoindre ce Conseil devant varier. Le nombre douze symbolise en effet perfection, plénitude et unité, représentant le « mouvement dans la stabilité ».

70 ans après, le drapeau européen n’a jamais eu autant d’ennemis, ni autant de peuples qui y aspirent.

Table 1, dite « La belle étoile » :  Ils ne se quittent plus : à Ark Nova, Jibee, Corentin, Mickaël et BenjaminG se retrouvent et entament une nouvelle soirée à la belle étoile en compagnie de leurs animaux.

Table 2, dite « Longue attente » :  Vincent-de-dune s’attable avec sa boîte de Chaos dans le vieux monde. Pour l’instant, il potasse les règles dans l’attente d’attirer des compères.

Table 3, dite « Indémodable » : A cette table, les jeux d’enchères de Reiner Knizia sont à l’honneur, avec pas moins de deux de ses plus belles créations ! On commence avec Modern art, où chacun cherche la martingale de l’artiste indémodable, comme le design épuré du drapeau européen, et surtout dont la cote sur me marché ne faiblit pas. C’est Xel (421) qui s’impose à force d’achats judicieusement opportunistes, devant Dom (340), qui rata de peu plusieurs achats, Faline (243), François (180), et Olive (92). Les mêmes continuent sur un autre jeu d’enchères, Medici, où il s’agit de monnayer des vaches. Un terrain conquis pour Xel, qui s’impose encore et toujours avec opportunisme (102), avec un lot valant 30 mais payé seulement 1. Suivent François, 80, Dom, 72, et Olive, 50.

Table 4, dite « Grand continent » : Last Bastion est un jeu coopératif où les héros tentent de défendre le dernier bastion contre une horde de monstres afin de sauver l’humanité. Une belle allégorie de l’Europe, et une defaite pour François-René, Delphine, Caroline et Nolwenn, morte 4 fois dans la même soirée.

Table 5, dite « Plénitude et unité » : Unité de temps, de lieu et d’action à Mysterium : les morts-vivants de la table 4 se retrouvent pour une fin de soirée empreinte de plénitude.

Séance de MARDI 02/12/2025 à Servel

Le 2 décembre 1840 le petit Emile Zola a juste huit mois. Intéressons-nous à son enfance et à son père, François Zolla. Formé comme officier d’artillerie, il quitte l’armée italienne à 25 ans et s’établit comme ingénieur en travaux publics. Il construit notamment en Autriche la première ligne de chemin de fer hors d’Angleterre. Il s’installe en France au début des années 1830 et s’y marie. Il est retenu pour construire un barrage-voute en maçonnerie (pas de béton à l’époque) destiné à alimenter par un canal la ville d’Aix-en-Provence qui a été touchée par le choléra en 1835 et 1837. Ce barrage Zola a été représenté sur un tableau de Cézanne mais François ne le verra pas achevé : à peine les travaux entamés il meurt d’une pneumonie en 1850. Les créanciers de la société du Canal Zola en profitent pour manœuvrer à leur profit et laissent la veuve dans un dénuement extrême. Ils quittent Aix pour Paris à ses 18 ans mais, élève à Saint-Louis, il échoue deux fois au baccalauréat. Dans les années 1860 Emile Zola se fait un nom dans le monde de l’édition et du journalisme mais c’est le cycle des Rougon-Macquart, publiés à un rythme soutenu à partir de 1871, qui fera son succès. 185 ans plus tard, évoquons quelques-uns de ces romans.

Table 1, dite « La bête humaine » :  Cette fois le retour de JiBee est confirmé, l’ex-président et prince de Caylus a réadhéré et se fait les dents ce soir sur Ark Nova, accompagné par les expérimentés Mickaël et BenjaminG. Il développe bien son bestiaire et se fait coiffer de peu par Mickaël qui a maintenu un bon rythme en gain de points de conservation notamment grâce aux dons.

Table 2, dite « La débâcle » :  Un autre moment décisif ce soir, c’est l’achèvement de l’odyssée Sherlock Holmes : Detective Conseil pour François, F-R, Frank, Vincent, Elouan et VHN. Le groupe qui avait entamé la première boîte à Ti Koad en juillet 2016 est quasiment au complet, avec pour certains moins de cheveux, pour d’autres des cheveux blanchis mais on peut leur reconnaître d’avoir de la suite dans les idées. Certes le rythme enlevé de la première année (6 enquêtes en 6 mois) a flanché mais la motivation, la créativité, la bonne humeur et la convivialité ont toujours été de la partie (ainsi qu’à l’occasion des boissons et douceurs diverses). Tout cela pour dire qu’en novembre c’était la dernière enquête des Irréguliers de Baker Street, « Mort d’un détective », qui se révéla être une affaire de longue haleine. Non seulement la conduite des opérations est différente (on peut faire autant de visites qu’on veut et on ne perd des points que si on est bredouilles) mais aussi ce n’est pas le groupe qui décide de mettre fin aux investigations, il faut donc accumuler suffisamment d’éléments pour que le jeu vous emmène à son acmé. La première séance nous avait mis sur la piste de la baronne Haisler, rencontrée dans l’Oeil du tigre –eh oui, il faut aussi se référer aux aventures précédentes de la boîte mais c’est déjà bien loin…- qui a disparu et dont le passé troublé resurgit ; on tâtonne un peu mais on finit par flairer la piste d’un gang violent qui grenouille dans certains clubs sportifs londoniens. La seconde séance, la semaine dernière, a vu de belles réussites (l’identification du boss du gang et surtout un décodage révélant l’adresse de leur repaire, sans parler du fait que très exceptionnellement Lestrade livre des infos utiles !) et quelques tâtonnements (double échec à la tentative de deviner l’adresse du nid d’amour de Lord Farrow en examinant le plan de Londres).

Pour le bouquet final, la première demi-heure est menée tambour battant en collectant les dernières infos-clés, en particulier auprès du bon Dr. Watson, qui tel Higgins dans Magnum nous gratifie de ses souvenirs militaires. Nous décidons de nous jeter dans la gueule du loup en entrant dans le bouge qui sert de QG aux affreux. Nous y trouvons une demi-douzaine de personnages et comprenons vite qu’il s’agit d’interagir avec discernement faute de quoi nous serons rapidement repérés. Après un début prometteur, nous faisons de mauvais choix et l’aventure se termine brutalement par un échec gratifié du score final (et immérité NDLR) de -40 PV. Tout ça parce que nous n’avons pas su mettre en relation un détail remontant au tout début de l’enquête. Le livret nous permet néanmoins de retenter notre chance pour l’honneur et cette fois nous progressons jusqu’à la confrontation finale et, grâce à des suggestions inspirées de Frank et Elouan, sauvons la malheureuse baronne pour ce dernier run qui fait oublier notre débâcle. Pour la suite, il sera difficile de trouver un jeu comparable à moins de tenter certains des scénarios fanmade.

Table 3, dite « Au bonheur des dames » : Nolwine entourée de Caroline, Faline et Marie-Christine se lance dans un Shards of Infinity coopératif, face à un boss final nommé Moc Sai. Cela n’avait pas l’air si simple que ça mais l’ambiance était bonne.

Table 4, dite « La terre » : Julien, Olive, Corentin et Vincent2 jouent à Dune, un jeu de luttes, d’alliances et de trahisons où on se dispute la terre (ou plutôt le sable) d’Arrakis. On sait que Julien n’a pas gagné.

Séance de MARDI 18/11/2025 à Servel

Le 18 novembre 2006 à Opglabbeek, petite commune située près de la frontière avec les Pays-Bas, Els Van Doren, épouse de Jan De Wilde, bijoutier d’Anvers et mère de trois enfants, meurt lors d’un saut en parachute  Ses deux parachutes, le principal et celui de réserve, n’ont pas réussi à se déployer et elle finit sa chute dans un jardin. Le drame est filmé par une caméra vidéo montée sur son casque. Lors des analyses, la police constate que les cordons reliant l’extracteur des parachutes ont été coupés. L’entourage de la victime est auditionné. Els Clottemans, une institutrice flamande de 22 ans et parachutiste, devient suspecte quand elle tente de se suicider juste avant une nouvelle déclaration à la police un mois après le drame, alors que son amant l’a quittée. La police apprend l’existence d’un triangle amoureux, entre Van Doren, Clottemans et leur amant commun Marcel Somers, hollandais d’Eindhoven également parachutiste du même club et instructeur des deux femmes. Clottemans aurait eu l’occasion de saboter le parachute de Van Doren une semaine avant le saut fatal quand le trio avait passé une nuit dans le même appartement et qu’elle avait été contrainte de dormir sur un matelas dans le salon, alors que Somers et Els Van Doren faisaient l’amour dans la chambre à côté.

Au procès, alors que la jeune femme clame son innocence, les douze jurés la condamnent, le 21 octobre 2010, à une peine d’emprisonnement de trente ans. En l’absence de preuve matérielle la confondant, il s’est fondé sur un faisceau de présomptions et a retenu comme circonstance atténuante la personnalité fortement perturbée de l’accusée. Ce « meurtre au parachute », nécessitant un dispositif spécial de sécurité à l’audience, fut le procès de l’année pour la presse belge.

19 ans après, à Parties Civiles, duos, trios et quatuors se formaient, sans faire de victime.

Table 1, dite « Serial winner » : on n’a pas l’issue de ce duel à  Ark Nova smais on met notre billet que Mickaël, gagnant en série à ce jeu en l’absence du GOAT Steven, s’est imposé face à Benjamin.

Table 2, dite « Au septième ciel » : Très haut dans le ciel, une explortaion spatiale regroupe Corentin, François, et Lionel, un nouvel adepte, récent trégorrois mais joueur chevronné, bienvenue à lui ! Pour sa première partie, sur un jeu inconnu, Luna Capital, il ne s’en laisse pas conter et avec, le score brillant de 114 (non loin de la meilleur performance de tous les temps, qui ressort à 131 selon le carnet de jeu), assomme la concurrence (Corentin, 100, François, 78).

Table 3, dite « Envoyés en l’air » : à Terraforming Mars, on tentait de coloniser la planète rouge. C’est Dom qui s’impose avec 89, devant Bérenger 69, CarolineTh 66, et Sébastien 62. Avec la corporation « qui plante des arbres », il réussit à avoir 3x 5 PV sur les objectifs en arrivant à prendre tout le monde de vitesse, et bien aidé par l’inattention de Bérenger qui aurait pu en revendiquer un avant lui.

Table 4, dite « Entre amis » : Petite table entre amis, avec Thomas, Marie-Anne, Olive et Jibee, qui honore nos table d’un retour après une longue absence. A Londres, on parierait, sans certitude aucune, que l’expérience de Thomas a payé.

Séance de MARDI 28/10/2025 à Servel

Au XVIIe siècle, La Rochelle est un haut lieu de la religion réformée et ses 28000 habitants entretiennent des relations avec la Hollande calviniste et l’Angleterre. Sa proclamation d’indépendance, en 1621, pousse Louis XIII à agir en décidant d’y mettre le siège. Il confie la mission à Richelieu qui s’y lance à la fin de l’été 1627. Ayant bloqué les accès terrestres à la ville, il fortifie Ré et Oléron et fait construire une impressionnante digue pour bloquer le ravitaillement par la mer. Les anglais lancent trois expéditions maritimes qui échouent à briser le siège et repartent bredouilles ou battues. Les habitants affamés expulsent les « bouches inutiles » (femmes, enfants et seniors qui connaîtront un triste sort) mais finissent par se rendre le 28 octobre 1628. La population n’est plus que de 5400 habitants. Les murailles sont rasées et le roi accorde son pardon aux huguenots qui conservent la liberté de culte mais perdent leurs droits politiques et militaires. Alexandre Dumas fera de cet épisode historique un chapitre des Trois Mousquetaires.

Table 1, dite « Triple expédition » : Sébastien, CarolineTh et Faline enchaînent les parties : The Vale of Eternity pour commencer. Les débutants se débrouillent plutôt bien et Faline qui maîtrise bien le jeu s’impose « seulement » d’une dizaine de points avec 65 PV contre 54 et 48 respectivement à Sébastien et Caroline. Ils poursuivent par un Château Combo où c’est Sébastien qui arrache la victoire avec 86 PV devant Faline 84 et Caroline 68. Ils finissent la soirée, renforcés de Younaël, avec sa création An Drouiz Meur où l’auteur semblait mener.

Table 2, dite « Navigation et affrontement » : Après y avoir déjà joué il y a quelques semaines, retour de Rajas of the Ganges pour Xel, Olive et VHN. Un jeu de dés où Xel et Dom se sont ingéniés à lancer des faibles valeurs (1, 2, ou 3 sachant que Xel n’a même pas eu la consolation d’aller chercher l’emplacement convoité « 2 » du palais, Olive et Dom lui grillant en général la politesse). Olive prend la place de premier joueur dès le début, qu’il conserve jusqu’à ce que Dom décide de l’en déloger (et ce qui constitue une erreur de règles, par défaut on passe l’éléphant de premier joueur à la personne de gauche à la fin du tour). Dom accumule brièvement les dés (jusqu’à 8) et est le premier à avoir son 4e ouvrier mais le dernier à avoir son 5e, Xel et Olive ayant parcouru à vive allure la rivière alors que Dom y fait de modestes sauts de puce. Olive mène une excellente partie en menant sur la piste de gloire et en collant à la tête sur la piste d’argent. Mais Dom, sacrifiant les connexions entre les tuiles de son plateau en fin de partie et utilisant au maximum les marchés, progresse en trois actions de 17 sous et 4 gloires et arrive à croiser ses pistes. Il reste une action aux deux autres mais Olive n’a pas de dé disponible et concède la victoire.

Ils poursuivent sans Xel avec un 7 Wonders Duel. Dom rushe la construction de ses merveilles et aucun des deux ne tente une victoire Militaire ou Sciences. Olive accumule une longue collection de cartes bleues renforcée par la Guilde correspondante -il finira avec 3 Guildes contre 0-. Dom, lui, accumule l’argent et parvient dans sa dernière action à aller chercher un jeton (celui à 7 PV). Logiquement, le décompte crédite 40 PV à Olive pour ses cartes bleues tandis que le score de Dom est plus équilibré entre les sources de points. A la fin, VHN l’emporte de justesse : 69 à 65.

Table 3, dite « Trois mousquetaires » : On prend les mêmes joueurs et le même jeu (Mickaël, Stéven, BenjaminG et ArkNova) et on recommence. A la fin de la partie, les trois ont croisé les deux pistes de décompte, signe de leur maîtrise avancée du jeu. Mais il a fallu une fois encore s’incliner devant la maîtrise supérieure de Stéven.

Séance de MARDI 21/10/2025 à Servel

Le 21 octobre 1945 on vote en France pour la première fois depuis la fin de la guerre. Au programme, élections législatives mais aussi un référendum sur le maintien de la IIIe République ou bien le fait de confier à la nouvelle assemblée la rédaction d’une nouvelle constitution. Grande nouveauté, les femmes votent pour la première fois et il y aura 33 élues sur 586 sièges, la route est longue. Le scrutin (à la proportionnelle) révèle une forte poussée de la gauche et un hémicycle dominé par trois blocs sans majorité : le PCF (159 sièges), le MRP (démocrates-chrétiens centristes, 151 sièges) et la SFIO (ancêtre du PS, 146 sièges). Le Parti Radical (centre gauche, à l’intéressant sigle PRRRS), qui était au cœur de la vie politique avant-guerre, est marginalisé. On peut noter que dans la ménagerie des partis élus, seul le PCF existe encore aujourd’hui. La suite est troublée : une première proposition de constitution pour la IVe République, soutenue seulement par PC et SFIO, est rejetée par 53% des voix au référendum du 5 mai 1946. L’assemblée est dissoute et une nouvelle assemblée constituante est élue le 2 juin 1946. Quatre-vingt années plus tard, le sigle « PC » évoque surtout une association, l’assemblée nationale est divisée en plusieurs blocs sans majorité et la valse des gouvernements rappelle la IVe République -que le rédacteur n’a pas connue-.

Table 1, dite « Ménagerie » : Le trio de zoologues est réduit à deux (Mickaël, BenjaminG) qui jouent néanmoins à Ark Nova, on ne change pas les habitudes. Mickaël construit un zoo réduit mais un moteur puissant avec des mécènes et pas mal de projets de conservation. Il met fin à la partie avec un requin (ajoutant 15 points de Réputation) qui dévore tout cru son adversaire.

Table 2, dite « Pouvoir féminin » : Nolwenn accueille successivement Delphine puis Stéphanie puis Nastassia en leur proposant un Last Bastion. Il s’agit d’une nouvelle édition avec un autre thème (médiéval-fantastique plutôt que Japon) et quelques ajustements de règles de Ghost Stories, le jeu coopératif réputé pour sa difficulté à sauver son village des fantômes puis du boss. De l’avis général les révisions donnent un peu plus de contrôle aux joueuses mais cela reste difficile : à la première partie l’équipe va loin mais ne parvient pas à conclure ; dans la seconde la défaite est rapide. Essaie encore, petit scarabée. Les deux premières nommées continuent la soirée avec Harmonies où Delphine remporte une nette victoire (146 vs. 116 ?) grâce à ses nombreuses montagnes.

Table 3, dite « Faux départ » : F-R, Xof et VHN démarrent (en danseuse) avec un Flamme Rouge disputé sur le circuit du Ballon : 3 montées ponctuent le parcours où Christophe part en tête mais comprend vite que la fatigue va se payer. F-R, en fin renard des pelotons, économise son énergie et profite de l’aspiration. Une cassure a lieu après la première difficulté, les deux rouleurs de F-R et Xof s’échappent tandis que le sprinter de Dom est déjà décroché. Le rouleur de Dom qui a démarré doucement recolle sur la deuxième colline et c’est lui qui prend la tête et accumule les Fatigue. Il continue à faire l’effort, suivi par le rouleur du toujours opportuniste F-R et accumule un total de 6 Fatigue. Aidé par une pioche heureuse, il arrive à jouer son dernier « 7 » qui lui permet de garder son avance jusqu’à la ligne, suivi par les rouleurs de F-R et Xof qui complètent le podium. Le sprinter de Dom, toujours à contre-temps, n’arrive pas à utiliser efficacement ses « 9 » et finit bon dernier. Ils poursuivent par un Château Blanc où les lancers de dés ont souvent donné des valeurs faibles. Xof joue en premier et gardera la prééminence sur l’ordre du tour tandis que F-R (affûté par ses nombreuses parties sur BGA) et Dom se disputeront la seconde position. Peu de points sont marqués en cours de partie, c’est le décompte final qui va faire la différence. Xof a réussi à atteindre 10 PV avec sa grue ; les trois marquent des points similaires avec leur samouraïs et leurs courtisans, ce sont ses jardiniers qui donnent la victoire à Dom (qui a placé tous ses personnages sauf 3) avec 72 PV devant Xof 64 et F-R 62.

Séance de MARDI 14/10/2025 à Servel

Deux 14 octobre encadrent le projet de construction de la Cité Radieuse de Le Corbusier à Marseille : pose de la première pierre en 1947, inauguration en 1952. Elle sera suivie de quatre projets similaires à Rézé, Briey, Firminy et Berlin. Rapidement surnommée par les locaux « la maison du fada », elle est à la convergence du besoin de reconstruction de l’après-guerre et de la vision sans concessions de l’architecture de Le Corbusier qui y applique ses principes : construction sur pilotis, technique du béton armé, appartements lumineux et traversants en duplex,  aménagements modernes et fonctionnels -dont une cuisine intégrée conçue par Charlotte Perriand-, espaces collectifs favorisant les rencontres. L’immeuble de sept étages, tout en longeur, fait face à la Méditerranée. Prévu pour loger 1600 personnes, il se distingue par sa polyvalence en mêlant logements, hôtel, commerces et services (dont une école maternelle et une piste d’athlétisme sur le toit).  Ce « village vertical » est maintenant classé monument historique et en voie de gentrification.

Table 1, dite « Méditerranée » : Retour sur les tables de Signorie, déjà joué mardi dernier. On retrouve trois protagonistes de cette partie, Gérard VHN et Olive, plus Xel. Les deux premiers, en tirant les leçons, décident d’investir en début de partie dans les assistants qui rendent les actions plus puissantes, ceci au détriment de la collecte rapide de tuiles Alliance. Effectivement ils finiront avec 8-10 assistants au lieu de 4-5 précédemment. La stratégie est payante : après un démarrage poussif au score, Gérard s’envole au score tandis que Dom, tel un diesel nécessitant de chauffer, revient irrésistiblement sur lui. Les lancers de dés ont fait moins grincer les dents que la semaine dernière et Olive estime avoir mieux mené sa partie, seule Xel regrette de s’être méprise sur les objectifs qui sont scorés aux deux dernières manches. Au final Dom (qui a placé un maximum d’hommes dans les villes) s’impose détaché avec 215 (le meilleur score vu en nos murs) devant Gérard 177, Xel 138 et Olive 137.

Table 2, dite « Polyvalence » : Nolwenn, Sébastien et les deux Caroline jouent d’abord à Res Arcana (victoire de Nolwenn) puis à un nouveau jeu, Tisseur de Rêves.

Table 3, dite « Radieuse » : Faline, Marc et Nastassia disputent un Forêt Mixte où Faline montre une fois encore sa maîtrise : grâce à un bestiaire comprenant un autour des palombes et des daims, elle atteint le score de 276 contre 195 pour Marc et 175 pour Nastassia. Ensuite c’est un Faraway que Faline remporte avec 69 PV. Echange de Marc pour Younaël et ils repartent pour un Pandémie où ils réussisent rapidement avec le trio Médecin/Répartiteur/Chercheuse. Faline a donc gagné toutes ses parties et est repartie radieuse.

Table 4, dite « Fadas » : Sans se lasser, Stéven, Mickaël et BenjaminG jouent encore et encore à Ark Nova.

Séance de VENDREDI 10/10/2025 à Servel

Le 10 octobre 2005, les négotiations entre la CDU/CSU et le SPD, tous deux affectés par un recul électoral aux élections législatives, se concluent sous la forme d’une grande coalition (große Koalition), avec Angela Merkel en chancelière de l’Allemagne. Au départ, c’était plutôt une coalition jamaïcaine (Jamaika-Koalition) rassemblant la CDU/CSU, le Parti libéral-démocrate (FDP) et l’Alliance 90 / Les Verts, qui était ptévue. Elle doit son nom aux couleurs du drapeau jamaïcain, noir, jaune et vert. On parle aussi, en référence à une coalition en feu tricolore, de « feu tricolore noir » (schwarze Ampel, ou par contraction Schwampel-Koalition).

Si l’Allemagne possède un vocabulaire riche et coloré pour décrire toutes les nuances de coalitions gouvernementales, ce pays en faisant un usage immodéré, la France est à ce stade beaucoup plus prosaïque et moins imaginative. 20 ans après, à Parties Civiles, des coalitions plus ou moins solides se mettaient en place, faisant apparaître quatre blocs distincts.

Table 1, dite « Socle commun » : La nouvelle saison de ISS Vanguard vient de démarrer, avec à la manoeuvre d’autres acteurs, F-R, Armand, Jérôme et OlivierB, qui s’essaient à cette autre feuille de route. Les quatre ont l’expérience d’autres campagnes au long cours, ce qui permet de les qualifier sans hésitation de socle commun et de leur pronostiquer une longue vie.

Table 2, dite « Ambitions avouées » : Lutte entre quatre personnalités bien trempées et aux ambitions affirmées (Thomas, Fred, Mickaël & Caroline2) à Dune Imperium – Insurrection. C’est Fred qui s’impose au terme d’une primaire sans merci.

Table 3, dite « Idées universelles » : Les idées appartiennent à tout le monde. Aussi, Théo, Corentin, Faline et OlivierL se retrouvent à Ark Nova. Ils profitent de l’absence des tauliers habituels pour tenter d’ouvrir leur compteur de victoire ! C’est Faline remporte la partie grâce a une strategie ‘prédateur’ et, selon ses dires, « en l’absence des grands fauves Mickael et Steven » !

Table 4, dite « Programe commun » : Julien sort de son chapeau La vallée des mammouths qu’il vient d’acquérir, place des chineurs. Ce jeu de 1991 créé par l’illustre Bruno Faidutti fait sa grande entrée sur nos tables. Il repose sur un contrôle de territoire commun, à l’époque préhistorique comme on l’a compris. On y installe des camps, provoque des naissances, combat des bêtes affamées pour nourrir sa tribu, on affronte les rigueurs de l’hiver et les étés brûlants. S’il accuse le poids des ans par son graphisme et certains mécanismes que les puristes renieraient aujourd’hui, comme décider aux dés le sort des combats, il permet de passer une agréable soirée autour d’un programme commun: édifier le premier quatre camps de base, et tenir un tour de plus dans cette configuration. La partie se déroule à l’ancienne, dans un brouillard qui se dissipe peu à peu, Julien expliquant les règles en cours de partie. C’est Sébastien qui semble le mieux parti avec trois camps, après avoir réduit à néant le foyer de François, mais il se perd dans une guerre fratricide avec Marc. Et c’est finalement Julien, que personne n’avait vu venir, et qui s’est déployé tranquille dans son coin, qui rafle la mise.

Séance de MARDI 07/10/2025 à Servel

A l’automne 1870, la situation de la France est désastreuse : Napoleon III a été capturé à Sedan et les prussiens assiègent Paris. Le député Léon Gambetta a proclamé le retour de la république début septembre et, chargé de la défense nationale, il souhaite rejoindre Tours pour organiser la résistance et lever des armées. Ce n’est pas à la nage mais par les airs, à bord d’une montgolfière, qu’il organise une audacieuse évasion. Il a d’abord fallu mettre à contribution les fabriques et ateliers de la ville pour construire trois ballons. Le 7 octobre au matin, il décolle par beau temps accompagné d’un collègue, de pigeons voyageurs et d’un pilote expérimenté. Victor Hugo assiste à la scène et rapporte « On chuchotait dans la foule: Gambetta va partir. J’ai aperçu, en effet, dans un gros paletot, sous une casquette de loutre, près du ballon jaune, dans un groupe, Gambetta. Il s’est assis sur un pavé et a mis des bottes fourrées« . Le voyage n’est pas de tout repos : ils commencent par se poser trop tôt, en territoire ennemi. Le pilote, effrayé d’essuyer des tirs, dirige mal l’aérostat et se réconforte un peu trop avec sa flasque de rhum. Ils finissent par atterrir dans l’Oise et gagnent Tours par le train. 155 ans plus tard, Gambetta figure dans le top 10 des noms de rue les plus communs en France (merci rédacteur, c’est vraiment très intéressant !), les grands hommes se font rares et on est restés sobres à Servel.

Table 1, dite « Entre les mailles du filet » : Les indécrottables -ou accros à tables- (Stéven, Mickaël et BenjaminG) se font leur dose hebdomadaire de Ark Nova. Avec des joueurs aussi affûtés les parties sont serrées. Et comme la semaine passée le dernier tour est à rebondissements : Benjamin, à la traîne aux points, améliore sa situation en réalisant un projet de conservation. Ce faisant il prive Stéven des points correspondants et ce dernier en conçoit une certaine amertume. Mickaël se glisse devant aux points, profitant de ce kingmaking involontaire. Son mérite n’en n’est pas moindre.

Table 2, dite « Envolée » : Olive a invité Gérard à amener Signorie, s’y joignent Sébastien et VHN. Après le rappel des règles c’est parti pour les 7 manches de ce jeu où on développe les actions sur son plateau individuel tout en essayant de tirer le meilleur du pool de dés et des 8 tuiles de valeur variable qui se renouvellent. Gérard réussit à acheter 3 assistants au premier tour, c’est un gros investissement mais qui va rendre ses actions plus puissantes. Sébastien, lui, investit dans le capital humain en produisant à la chaîne des descendants. Dom, à l’inverse, se contente d’une famille resserrée et (aléas de la procréation) composée essentiellement de filles alors que l’un des bonus de fin de partie récompenses les mâles. Olive de son côté a décidé de ne rien céder sur l’ordre du tour, il jouera en premier le plus souvent. En milieu de partie Gérard place 2 fistons à 13 PV pièce et prend quelques encablures d’avance au score. Dom réduit l’écart en mariant quelques résidentes de son gynécée mais reste à distance aux points. La dernière manche est un festival de frustration : Dom ne peut faire que 2 actions (sur un maximum de 4) tandis que Gérard ne peut pas activer son assistant rapportant 5 PV. Dom refait son retard en décomptant ses tuiles Alliance (42 PV) et coiffe Gérard 145 PV à 143 devant Sébastien 123 et Olive 107 (qui ne se pardonne pas d’avoir laissé une tuile valant 5 PV à Dom, encore un kingmaking involontaire).

Table 3, dite « Loutre » : Un Forêt Mixte regroupe Nolwenn, Marc, CarolineTh, NicolasII et Stéphanie. Dans ce jeu, pas d’animaux ni de plantes de rivière, ce sera peut-être l’objet d’une future extension. Chacun(e) choisit une stratégie centrée sur un groupe d’espèces différent, dans une belle symbiose qui débouche sur un podium disputé : Marc (papillons) 86, Nicolas (arbres) 85, Nolwenn (oiseaux) 82. En seconde partie de soirée le duo Nolwenn/Caroline se lance dans Paleo : elles reviennent victorieuses de la piste du mammouth au scénario 1 puis échouent au scénario 2.