Séance de MARDI 26/10/2021 à Servel

S’il était encore de ce monde, François Mitterrand aurait fêté ses 105 ans aujourd’hui. A Lannion aussi, c’était la soirée des Présidents, car, pour ne mentionner que ceux de Parties Civiles, on n’en compta pas moins de deux à la séance de ce soir !

Table 1, dite « Gras double » : Un Président de Parties Civiles peut-il décemment porter ce titre sans avoir joué une partie de Caylus ?
Le bon sens invite à répondre par la négative, tant la figure tutélaire de JiBee, notre ancien GM (Grand Maître, pas Gentil Membre) plane, encore aujourd’hui, sur ce classique de 2005 (Trictrac d’or, prix spécial du jury du jeu de l’année allemand Sonderpreis Komplexes Spiel, International Gamers Award, Deutscher Spiele Preis, Nederlandse Spellenprijs, BGG Golden Gee), qui n’avait pas visité nos tables depuis 5 longues années ! Le choix s’imposa à Neox, qui laissa donc ses plans établis de jouer aux petits bateaux pour prendre le grand large et consolider les frontières du royaume de France. Olivier L. et Florian s’invitèrent aussi à cette table d’honneur, dont on n’aura pas l’indécence de rapporter le résultat: l’ancien Président n’était pas venu pour beurrer les tartines.

Table 2, dite « Sondages trompeurs » : une fois encore, l’incroyable variété des scénarios de l’indépassable Innovation se révéla dans ce double double ! Dans la  première partie, Xel + François semblaient tenir une victoire éclair avec une incroyable efficacité de la carte Fertilisation qui leur octroya trois dominations de rang ! Mais par un renversement inouï, Lucas et Xof réussirent à détruire l’influence ainsi acquise. Il fallut que Xel, pourtant nantie d’un tableau famélique, arrache une domination par influence (40 à 38 !) pour emporter une victoire à la Pyrrhus. Les chaises tournèrent et voici Xel associée à Lucas, affichant tous les deux des tableaux mirifiques (la domination spéciale de 3 ressources partout en fut l’acmé), dans un scénario quasiment inversé. Mais, grillant contre toute attente la politesse à Lucas, c’est encore Xel qui déclenche une victoire sous influence, cette fois sans appel (69 à 41).

Table 3, dite « Dieu reconnaîtra les siens » : les vampires de The Hunger reviennent en deuxième semaine pour hanter la soirée, mais n’est pas croque-gueux qui veut: Olive et Nicolas II, cramés par le soleil, ne finirent pas le voyage. Jimmy survécut à son festin, mais, avec 70, son appétit fut lilliputien au regard de celui de F.-R. (130), qui termina repus et vainqueur. Tous enchaînent ensuite avec un The Crew Mission sous-marine, version plus puissante nous dit-on, et donc immergée, du déjà fameux jeu coopératif Die Crew où l’on s’envoie en l’air en essayant d’éviter les pannes.

Festival SCORFEL du 23-24/10/2021 aux Ursulines

Cette année encore, Parties Civiles était fidèle au rendez-vous du festival SCORFEL, qui, grâce à la ténacité d’une poignée de bénévoles passionnés, a réussi à survivre à une Pandémie, qui n’avait rien d’un jeu, en organisant cette édition 2021. Le Pass sanitaire a été le jeu le plus en vogue et a satisfait petits et grands, 100% des participants ayant gagné !

Nous avons mis la main à la pâte (et sans se faire graisser la patte), à l’organisation, à l’accueil, à la buvette, à la librairie, à la boutique, et bien sûr aux tables de jeu, qu’on ne s’aventurera pas à dénombrer ici tant elles foisonnèrent. Merci à toutes celles et ceux de nos adhérents qui ont donné de leur temps, de leur cerveau disponible, et même de leurs muscles, pour permettre au gentil dragon d’enchanter une fois encore le petit monde de Lannion, du Trégor, et même au-delà !

Festival Scorfel

Séance de VENDREDI 22/10/2021 à Servel

Georges Brassens. French chanssonette singer and composer | Caricatures de célébrités, Brassens, Dessin humoristiqueGeorges Brassens aurait eu cent ans aujourd’hui. En cette veille d’ouverture du festival Scorfel, quatre tables furent jouées, qui furent autant d’inaugurations ! Les relatant, nous revisiterons en son hommage la discographie du grand poète.

Table 1, dite « Les funérailles d’antan » : Dernier opus de Richard Garfield (King of Tokyo, Roborally and so on…), The Hunger invite à une chasse aux humains sur plateau. Incarnant des vampires, les joueurs parcourent une carte par ses chemins afin d’en dévorer un maximum, pour enfin rentrer au château.

Mais plus leurs estomacs s’alourdissent, plus ils sont patauds et risquent payer leur gourmandise de leur vie en se faisant griller par le soleil, s’ils ne sont rentrés à l’aube.  C’est Vladimir qui survit à l’aventure, laissant Samuel, Adrianne et Jimmy sur le carreau.

De nos jours on ne peut plus mourir dans son lit
Les rues ne sont plus sûres et peuplées de zombies
On risque à chaque coin une rencontre d’enfer
Qui vous envoie tout droit jusqu’au diable vauvert

Et si l’on s’en échappe notre sort est bien pire
Se faire sucer le sang par les crocs d’un vampire
Bon comme la romaine et c’est fort de café
De vivre comme César puis de finir Pompée

Default

Table 2, dite « La route aux quatre chansons » : A Orléans, au Moyen-Age, les luttes d’influence font rage. Pour s’en sortir, il vous faut rassembler fermiers, marchands, chevaliers et moines… Grâce à leurs talents de commerçants, bâtisseurs ou scientifiques vous pourrez étendre votre pouvoir. Il y a aussi une carte, des chemins et canaux qui mènent tous ou presque à Orléans: on y récolte du blé, des fromages, des épices, du vin, et on y établit des comptoirs. Un jeu à la mécanique subtile et dont l’originalité est que ressources et argent se récoltent sans jamais être consommées, si ce n’est à la fin où elles se convertissent en points de victoire. Une carte événement scelle le sort qui frappera les joueurs à chacun des 18 tours. Trois pestes frappèrent de suite cruellement aux premiers instants. Elles furent autant de malchances pour François, qui y laissa trois de ses gens, et certainement la victoire, car il échoua à 104. Xel fut bloquée plus souvent qu’à son tour par de mauvais tirages, culminant à 86. Dom ressort premier dauphin avec 106, victime de la stratégie opportuniste de François, qui lui souffla deux héros. Et c’est Neox, 117, qui mena la danse, allant tout au bout de la piste d’influence tout en ramassant des ressources grâce à une tuile supplémentaire providentielle: 46 de ses 117 points en furent issus.

Orléans

J’ai pris la route d’Orléans
Pour aller voir si la donzelle
Voulait me recevoir céans
Hélas la belle était pucelle

Elle me dit allez à Vierzon
On y a de nobles façons
De faire son bas de laine
En épanchant les peines

Et si vous n’y trouvez un nid
Allez donc vous perdre à Berny
J’y connais une cartomancienne
Qui aux jeux de mains est vilaine

Table 3, dite « Les ricochets » : A la table de The magnificient vous créez votre plus beau spectacle en mettant en scène de superbes artistes ! Un jeu très apprécié des protagonistes, conclu par la victoire d’Olivier B., 146, devant Guillaume, 124, et Olive 112.

DefaultJ’avais dix-sept ans
Tout juste quittant

Mon morne décor
Je vins débarquer
Me faire remarquer
Au cœur du Trégor

En ville de Lannion
Java et Python
J’en suis magicien
A nous deux Marzin !

 

Table 4, dite « La guerre de  14-18 » : Dune Imperium fonctionne sur un mécanisme de deck building permettant d’envoyer ses agents sur les différents lieux du plateau de jeu. Vous pouvez devenir puissance militaire, capable de déployer des troupes, ou acquérir des cartes vous ouvrant les portes des quatre factions politiques représentées : l’Empereur, la Guilde Spatiale, l’Ordre du Bene Gesserit et bien sûr, les Fremens. Battez vos adversaires au combat, manipulez habilement les factions politiques, et vous obtiendrez les précieuses cartes « L’épice doit couler » pour mener votre Maison à la victoire.,

Dune Imperium est un jeu qui à sa sortie était systématiquement mis en comparaison des Ruines perdues de Narak,  deux jeux couplant pose d’ouvriers et deck building, mais la comparaison s’arrête là. Dans la pratique, les sensations ludiques diffèrent. Quand Narak propose une partie au meilleur des scores à l’issue de 5 manches, Dune est une course au premier à totaliser 10 points de victoire. Le premier se joue chaussons aux pieds, version charentaises, le second requiert des chaussons d’escalade. Enfin, la note artistique revient sans discussion à Narak.

Pour ce qui est de la partie de ce soir, Mickaël plaça ses billes en fin de partie, s’octroyant la victoire sur une action de F.-R., sous les yeux médusés de Fred et Olivier L.

Default

Depuis que l’homme joue à la guerre
Comme ses ancêtres du temps jadis
Des guerres froides aux meurtrières
Il a le choix de ses supplices

Celle des étoiles je la vénère
La guerre de Troie a ses délices
Mais mon colon celle que je préfère
C’est celle du sable et des épices

 

Sortie de SAMEDI 16/10/2021 au TRUC Café

Le 16 octobre 708, au temps des rois mérovingiens, si l’on en croit le récit d’un moine du haut Moyen Âge, un évêque d’Avranches du nom d’Aubert dédicace un sanctuaire en l’honneur de l’archange Saint Michel. Ce sanctuaire est situé sur le mont Tombe, au milieu d’une vaste baie ouverte sur la Manche.

A Lannion, exactement 1313 ans plus tard (quel nombre maléfique !), un nouveau sanctuaire vient aussi de voir le jour. Comme son illustre prédécesseur, il est situé dans les hauteurs, pas très loin de la mer (à vol d’oiseau), mais son archange se nomme Lucas, nouveau et heureux gérant du Truc Café. On y vénère deux Dieux: le jeu et la bière. Mais pourtant, la première boisson qui y fut servie officiellement fut un cidre !

Bon, d’accord, ce n’était pas une séance officielle de Parties Civiles. Mais ses membres étaient là, dès l’ouverture de 17h. Non, on plaisante, en fait, ils ont traîné en route, ils ne se sont présentés qu’à 17h08. 1708, mille ans après la consécration du Mont Saint-Michel ? Cela commence à faire beaucoup de coïncidences.. Mais quelque chose me dit que, entre le Truc Café et Parties Civiles, les coïncidences ne sont pas près d’en finir !

Table 1, dite « A jamais la première » :  Last Message, c’est un party game addictif et malin dans lequel une victime tente de mettre les enquêteurs sur la piste du coupable, dissimulé parmi la foule, et qu’il faut retrouver à la faveur du dernier message laissé par la victime (mais que l’assassin peut maquiller quasiment à sa guise !). C’est un cocktail de fun, déduction, rapidité, observation et dessin, qui invite de 3 à 8 joueurs à incarner des rôles différents, tous aussi excitants à jouer. Enfin, surtout quand ils ont des bonnes lunettes parce que la carte c’est quand même écrit petit (doubles foyers s’abstenir) ! Neox, Véro (victime et assassin à tour de rôle), Xel, François, Dom et un jeune inconnu étaient de cette séance inaugurale au thème paradoxal, puisque c’était plutôt le First message que s’envoyaient PC et le Truc Café !

Séance de MARDI 12/10/2021 à Servel

Le 12 octobre 1999, selon une estimation des démographes de l’ONU, la population de la Terre a franchi le seuil symbolique de six milliards d’êtres humains vivants. Le secrétaire général, Kofi Annan, a décerné à un nouveau-né de Sarajevo l’honneur d’avoir franchi le premier ce cap symbolique. La barre du premier milliard a été franchie vers 1850 et, au début du XXe siècle, la population mondiale s’élevait à 1,6 milliard d’êtres humains dont environ un quart d’Européens. Ils sont 10% aujourd’hui.

A Lannion, 22 ans après, quelques terriens en détresse lançaient des SOS, cherchant à utiliser l’agriculture, à terraformer Mars, à explorer des ruines, ou encore à piller la mer du Nord.

Table 1, dite « Exubérance technologique » : nous accueillons un nouvel et jeune adhérent, Steven, volontaire pour un jeu en forme découverte. Mais à Parties Civiles, on n’est pas là pour beurrer les tartines. Le voici donc embarqué dans du lourd, un Terraforming Mars mené au pas de charge par Lucas, qui s’impose avec 125. François a vaillamment résisté, mais victime d’un placement trop tardif, échoue à 90. Notre nouvelle recrue culmine à 64, mais a apprécié l’expérience. On doute que la colonisation des planètes lointaines soit un remède à la surpopulation mondiale, mais les voyages forment la jeunesse, dit-on.

Table 2, dite « Invasions barbares » : A Pillards de la mer du Nord, Vincent, 52, a dominé d’une courte tête Arthur, 47,  et Camille, 43 dans un esprit très fair play selon cette dernière. On n’en n’attendait pas moins d’un brigand chevaleresque.

Table 3, dite « Au-delà de la viande » : Pour nourrir la population de la planète, il faudra dépasser la viande, nous dit-on. Mais ne pas non plus négliger l’agriculture, et c’est le retour d’un grand classique (pas joué depuis 2 ans) qui renter dans le thème du jour, avec une partie d’Agricola enrichi du retour de Marie-Anne, qui, spécialiste réputée de cet incontournable de nos tables, cède pourtant le pas, avec 31, à Xel (35). Les gentlemen n’ont pas été très farmer, Gilles culminant à 18 et Olive à 16.

Table 4, dite « Le présent du passé » : Après deux parties appréciées mais entachées d’une erreur de règle, revoici les Ruines perdues de Narak. Pour ce troisième opus le plateau est relevé avec sur la ligne de départ Neox, DocNico, Dom et Florian. Neox, instruit par ses précédentes parties, choisit de faire le course en tête sur la piste d’exploration du temple perdu et se goinfre de ses ressources-bonus. Le Doc (avec le fameux assistant qui donne une ristourne sur les achats) se constitue une main plantureuse et utilise encore et encore ses icônes grâce à la carte qui va bien. Dom, grâce à un assistant qui produit des sous, épargne ses cartes en affrétant un avion pour voyager et affiche 4 Gardiens (= monstres) à son tableau de chasse tout en parvenant à arriver en second au temple perdu. Au terme des 5 manches la feuille de score donne un Dom détaché avec 74 PV, suivi de Neox avec 49 et Doc avec 47. Au final tout le monde a apprécié ce jeu qui tourne bien et on a entendu des appels à le ressortir très bientôt (on pourrait même essayer le verso du plateau de jeu qui permet de renouveler les parties).

Séance de VENDREDI 24/09/2021 à Servel

Le 24 septembre 911, les principaux seigneurs allemands offraient la couronne de Germanie à l’un des leurs, Conrad de Franconie. Un acte fondateur qui marque la naissance de l’Allemagne. Car ce faisant, ils rompent définitivement avec la dynastie carolingienne issue de Charlemagne, qui régnait des deux côtés du Rhin, sur la France, la Belgique et l’Allemagne actuelles.  L’élection de Conrad Ier met un terme à dix ans de conflits successoraux inaugurés par la mort d’Arnoul de Carinthie. Il descendait de Charlemagne, mais son rang de naissance ne lui conférait aucun droit légitime à une couronne et lui valait de fortes oppositions à l’intérieur même de ses terres. Il y remédie à la veille de sa mort, en 901, en transmettant la couronne de Germanie à Louis IV L’Enfant, le représentant légitime des Carolingiens.

Mais quand meurt à son tour Louis IV L’Enfant, dix ans plus tard, les seigneurs allemands ne veulent plus avoir affaire aux piètres descendants du grand empereur et refusent de reconnaître pour roi son héritier légitime, Charles III Le Simple. C’est ainsi qu’ils s’unissent autour de Conrad de Franconie. En 918, sur son lit de mort, Conrad Ier désignera pour successeur le duc Henri de Saxe, dit l’Oiseleur. Le fils de ce dernier, Otton, réunit l’Allemagne et l’Italie en son pouvoir et fonde le Saint empire romain. Deux générations plus tard, à Paris, les seigneurs de Francie occidentale portent Hugues Capet à la royauté. Ses descendants vont régner sans discontinuer sur le pays jusqu’en 1792.

Avec Hugues Capet, c’est la fin du Regnum francorum, le royaume des Francs fondé par Clovis quatre siècles plus tôt et relancé par Charlemagne, et son immense prestige. Le pape Grégoire Ier écrivit ainsi à Childebert II, roi des Francs d’Austrasie: « Autant la dignité royale élève au-dessus des autres hommes, autant votre dignité royale franque vous élève au-dessus des royautés des autres nations ». À sa place émergent deux ensembles nationaux promis à un grand avenir, la France et l’Allemagne, l’un enclin à incarner la marche en avant du monde, et l’autre qui, meurtri par l’histoire, œuvre à son propre effacement du concert des nations.

Mille cent et dix années ont passé, et, en cette fin de semaine, le destin de Parties Civiles n’avait point basculé. Son président débonnaire continuait un règne paisible sous le regard attendri de ses administrés. L’Assemblée générale n’avait pas bronché, le reconduisant sans barguigner pour un nouveau mandat, tandis que l’Allemagne peinait à se choisir un nouveau guide. Les statuts, comme la constitution allemande, n’imposent pas de limite. Seule l’usure du temps ronge les âmes des gardiens du temple.

DefaultTable 1, dite « A l’allemande » : La couronne d’Emara est un jeu qui tourne très bien, très Allemand (Pegasus Spiel). Pas de surprise à l’horizon mais une mécanique bien huilée, froide et avec peu d’interaction. A chaque tour, des événements aléatoires ont lieu. Ces événements ainsi que le jeu de la carte apportent une part d’aléatoire qui peut déranger mais qui s’intègre bien dans le jeu et qui lui apporte une certaine saveur. Ses protagonistes incarnent des prétendants au trône du roi Theodorius, qui se fait vieux et cherche un successeur. Il s’agit de démontrer que vous êtes le meilleur à développer le royaume en augmentant la population tout en offrant un toit à chaque citoyen. Un jeu pas si facile à appréhender et à planifier, et c’est Tristan, venu pour l’occasion, qui le dit et finit dernier ex-aequo ! Adriane a déjoué ses plans, dominant également, façon rouleau compresseur, Olive pour son grand retour, et Samuel !

Table 2, dite « Blitz Frieden » : à cette table, Frank propose deux jeux pas trop longs et coopératifs, visant une paix éclair. François le jeune, un jeune adhérent qui rejoint nos tables, en est, tout comme Guillaume et Anthony, qui lui aussi fait son grand retour. Ils furent victorieux à Top ten mais échouèrent à Deckscape.

Table 3, dite « Trois couleurs mais lesquelles » : Des élections allemandes, il est attendu une coalition à trois couleurs, reste à savoir lesquelles. A Everdell, ce n’est pas les couleurs qui manquent à la forêt et ses petits peuples. Les candidats de la soirée sont Paul, Yona, Christophe et Dom. Le premier, connaissant bien le jeu et ses combos, part favori et fait couiner Dom dès le début en achetant avant lui la paire de cartes qu’il convoitait. Le jeu est intéressant par le rythme autonome de chaque joueur qui franchit les saisons. Dom, à contretemps, finit bien avant les autres sans avoir trop profité des bonus de fin de saison. Les 3 autres prennent le temps d’optimiser leurs constructions, Paul et Christophe finissant avec un tas de ressources impressionnant et étant les seuls à atteindre la limite de 15 cartes dans leur village. Mais c’est le novice, profitant en particulier des couples Husband/Wife des autres joueurs, qui finit en tête avec 68 PV contre 63 à Paul. Dom (45) et Yona (35) ne peuvent que promettre qu’ils feront mieux la prochaine fois. Leçon pour ce soir : démarrer par des bâtiments de production permet à la fois de les utiliser plusieurs fois et de récupérer gratuitement la bestiole associée.

Table 4, dite « Mission sacrée » : à la table de Fuji Koro, on vit une aventure a l’intérieur du mont Fuji, sur le point de rentrer en éruption. Le Shogun vous charge, braves Samourais, de sauver les parchemins sacrés et plans pour armes magiques qui se cachent à l’intérieur du volcan. Olivier B. termine premier après avoir fait exploser le volcan, devançant, dans cet ordre, le petit Paul, Olivier L. et Mickaël.

Table 5, dite « Wir schaffen das » : F.-R. termina « épuisé », c’est le terme officiel, cette partie de Aeon’s end, qui fut quand même gagnée car ses partenaires, Elouann, Camille et Maïwenn, en ressortirent intacts. Eux aussi, ils y sont arrivés.

Table 6, dite « Oder-Neisse über alles » : dans l’aquarium, Jack, lui aussi de retour, avait déployé les grands oripeaux de The edge: Downfall. De cet exercice de style pour figuriniste (ou se mêlent tous les styles), Michal Oracz a fait un jeu d’escarmouche musclé et violent, où la taille des figurines n’est pas seulement de la décoration mais ancrée au cœur des mécaniques. On sent bien la patte du créateur de Neuroshima Hex, auquel The Edge doit beaucoup, avec des unités qui ne vont pas s’éterniser en jeu et des pouvoirs qui font la différence quand on les utilise. S’y ajoute une gestion des ressources tendue (une mana renouvelable à chaque tour et une à usage unique, mais avec possibilité d’en regagner via des points objectifs) pour obliger à bien réfléchir à ses actions. Mais sa grande force, réside dans la facilité de mise en place. Non seulement les factions sont des « prêts à jouer », mais les scénarios sont en plus conçus pour éliminer tout le superflu. Finis les départs de parties avec chaque joueur sur un bord du plateau : dans The Edge, la partie commence directement dans le feu de l’action ! Mais sa grande force, elle réside dans la facilité de mise en place. Non seulement les factions sont des « prêts à jouer », mais les scénarios sont en plus conçus pour éliminer tout le superflu. Fini les départs de parties avec chaque joueur sur un bord du plateau : dans The Edge, la partie commence directement dans le feu de l’action. Figurines époustouflantes, luttes sans pitié, cohérence des règles, simplification pour aller à l’essentiel de la joute: il fallait un polonais ayant en tête l’histoire tourmentée de son pays pour imaginer un tel déploiement de forces couplé à un tel raffinement. Pourtant, en incarnant les nains, Jack en ressortit défait par Fabrice-alias-Fabrice, qui menait les birades.

KS The Edge Dawnfall - Faction Darkness

Table 7, dite « Format Normandie » : A l’issue de l’assemblée générale, Audrey et Jérôme (encore des revenants) papotaient avec Xel et François. Ils s’apprêtaient à partir, quand Xel et François, qui cherchaient une table à occuper, entamèrent une négociation diplomatique forte et significative pour trouver une solution pacifique au conflit latent qui pointait. Profitant que l’oncle Picsou avait soigneusement rangé toutes les boîtes de jeu dans l’armoire, en ordre alphabétique (il faut cependant parler le coréen pour s’en rendre compte), ils jetèrent leur dévolu sur Paper Tales. Cette initiative fut couronnée de succès, à un jeu qui demande une certaine courbe d’apprentissage pour bâtir la stratégie gagnante. La feuille de score donna Xel 37, Jérôme 35, Audrey 30, François l’ancien 29, mais le plus important dans l’affaire fut bien qu’on joua, tout comme, en 2014, le rôle joué par le couple franco-allemand fit que dans le conflit du Donbass, on discuta.

Table 8, dite « Dévaluation compétitive » : Tristan cherche à se refaire, et croit parvenir à ses fins avec Azul. Avec 83, il en fut proche, mais Olive l’emporte avec 91. Xel, 68, François l’ancien, 57, ont eu l’impression qu’il y avait dans l’air une forme de dévaluation compétitive dans cette affaire de maçons portugais.

Assemblée générale du 24/09/2021 à SERVEL

A l’assemblée générale de Parties Civiles, il y avait foule ce vendredi. Et pour cause, certains avaient coché la date sur leur agenda depuis les deux longues années nous séparant de la précédente AG, dans un monde où le mot Corona n’évoquait rien de plus qu’un breuvage houblonné. Ils étaient depuis lors fiévreusement en attente de ces réunions passionnées, agitées de sourdes luttes de pouvoir pour les lucratifs sièges au conseil d’administration et leurs signes extérieurs de richesse intellectuelle. Bon, à l’heure dite, il faut bien l’avouer, la lutte tourna au plébiscite, l’action des sortants étant saluée par un vote de reconduction unanime, comme d’ailleurs tous les votes qui eurent lieu ce soir-là.
Le bureau fourmilla de propositions ludiques: achat de jeux, afin d’employer la trésorerie gonflée des cotisations des fidèles et allégée du poids des événements sacrifiés sur l’autel sanitaire (une commission y afférente fut créée, et celle-ci fut bien l’objet de candidatures nouvelles), les fameux Dimanche on joue !, dits aussi goûters ludiques participatifs (et avec enfants, du moment qu’ils peuvent participer aux tables, car oui, un enfant est une personne, sachez-le, et les adultes aussi peuvent renverser un jus d’orange), et même action diplomatique extérieure avec rencontres bilatérales à haut niveau, car aucune affaire ludique dans notre zone d’influence ne saurait nous être étrangère (bon, pour la zone indo-pacifique, on attendra de se développer un peu).
Un honorable représentant du festival Scorfel fit un appel aux bonnes et bénévoles volontés, et nous ne doutons pas que de gentils adhérents le saisiront, car, contre vents et marées, faites le connaître aux bonnes gens, il y aura bien un festival Scorfel à Lannion, les 23 et 24 octobre (sur présentation de l’incontournable pass sanitaire).
Tous ces débats firent que l’assemblée se prolongea bien au-delà du raisonnable, et, après plus d’une heure d’échanges nourris, il était temps de revenir aux choses sérieuses: jouer !

Séance de MARDI 21/09/2021 à Servel

Leonard Cohen aurait fété son anniversaire ce soir s’il ne nous avait quittés, il y a déjà cinq années. En guise d’hommage, nous revisiterons sa discographie.

Les Ruines Perdues De NarakTable 1, dite « Popular problems » : Les nouveautés s’enchaînent, ce soir ce sont Les ruines perdues de Narak qui font leur lancement en public avec autour de la table Neox, Adriane, Olive (de retour) et Dom. Sur un thème d’exploration/pillage/écocide d’une ile inconnue le jeu sans être follement original dans ses principes, est plutôt bien foutu avec du matériel de qualité, du placement d’ouvrier, des voies multiples pour marquer des points et une espèce de deck-building léger où le deck tourne presque à chaque manche (il y en a 5). En gros on explore des lieux où on gagne des ressources et on utilise celles-ci pour combattre les autochtones qui occupaient lesdits lieux et pour progresser dans la recherche du temple maudit perdu (avec un petit côté course, il y a un bonus pour le premier à atteindre chaque étape). Un peu d’interaction arrive à travers le marché des cartes (résumé : Adriane a pris celle qui aurait permis à Olive de tuer son monstre tandis qu’Olive avait l’art de choisir celles convoitées par Neox. Dom, comme à son habitude, a été exquis). Tout le monde découvrait et a tâtonné à la recherche d’une bonne approche. Neox, sauvé par une carte tardive qui lui permet de récupérer un explorateur et de repartir comme en quatorze, est axé sur la découverte (4 lieux) et affiche une main bien garnie en points, il finit avec 67 PV. Dom, aidé par ses assistants acquis tôt, arrive au temple en premier et y grapille encore quelques PV. Il finit … avec 67 PV et les lauriers du vainqueur par départage. Adriane et Olive ne sont pas loin avec 63 et 58. On a eu tendance à oublier quelques détails de règles qui nous auraient aidés (utiliser le pouvoir unique de ses monstres ou de ses idoles) mais surtout on a joué avec une erreur de règles (un problème populaire ces derniers temps à PC) qui invalide cette belle histoire et nous force à réessayer prochainement.

Table 2, dite « Thanks for the Dance » : à cette table d’Innovation, en équipes de 2, se sont pressés Lucas et Xel, toujours partants, Nicolas II, toujours bon camarade, rejoint par François. Sous ses airs modestes et un tableau qui peine à décoller, Nicolas II trompe son monde en dominant les deux premiers âges. Mais la fête est finie abruptement, car Xel et Lucas se développent à vitesse grand V, se faisant bénéficier de leurs ressources communes, tandis que François avance à la vitesse d’un 4×4 embourbé dans un marécage, moteur en panne. Vincent arrive et prend la place d’honneur dans les tribunes, mais cela ne change rien au numéro des duettistes Lucas et Xel qui nous entraînent dans une valse infinie de comptabilisations et de dominations, au point qu’ils se paient le luxe de refuser des dominations, et de choisir la façon dont ils mettent fin à la curée.

Micro Macro Crime City - Test jeu de société - Akoa TujouTable 3, dite « You want it darker » : de spectateur, Vincent se fait acteur, et déroule le grand poster qui tient lieu de scène de crime géante de Micro Macro Crime city, jeu façon est Charlie ? dans une ville où le crime se cache à chaque coin de rue. De sombres secrets, des vols sournois, des crimes de sang-froid, sont monnaie courante ici. La police n’arrive plus à faire face mais nous voilà… Bon, le jeu s’adresse surtout aux 6-12 ans, et cet interlude était plus pour la découverte, et aussi le plaisir de jouer avec Vincent. Un jeu qui peut aussi vous éviter un passage à l’ophtalmo pour déceler une petite baisse de vue tant il faut écarquiller les yeux pour repérer tout ce qui se passe sur cette carte !

Table 4, dite « Death of lady’s man » : On finit cette douce soirée avec The boss, un jeu de bluff où François se voit vainqueur mais est devancé au dernier tour par Xel, qui a soudoyé Al Capone et engrangé 5$ sur le coup. On a regretté de ne pas jouer la règle spéciale de Jérôme qui modifie l’ordre du dernier tour, car sans cela, le cours des choses est très dépendant de l’ordre des joueurs.

Séance de VENDREDI 17/09/2021 à Servel

Le premier débat officiel sur la peine de mort en France (et le tout premier débat parlementaire au monde sur la question) date du 30 mai 1791, avec la présentation d’un projet de loi visant à l’abolir. Son rapporteur est soutenu notamment par  Robespierre. Cependant, l’Assemblée nationale constituante, promulgue une loi le 6 octobre maintenant la peine de mort en supprimant la torture préalable et uniformisant la méthode d’exécution: le privilège d’être décapité qui était réservé à la noblesse est démocratisé. Selon l’article 3 du Code pénal de 1791, qui classe la peine de mort parmi les peines afflictives et infamantes, « Tout condamné [à mort] aura la tête tranchée ». Cette célèbre phrase restera dans l’article 12 du Code pénal français jusqu’à l’abolition. Le chemin aura été long.  Quand le 17 septembre 1981, Robert Badinter présente le projet de loi à l’Assemblée nationale, la France devient le 36è État du monde à abolir la peine de mort, et l’un des derniers pays d’Europe occidentale avec la Suisse et son Code pénal militaire, la Belgique et le Royaume-Uni.

40 ans après, à Lannion, c’était l’affluence des grands jours (23 joueurs !), et aucune peine infamante ne leur fut infligée, si l’on oublie bien sûr le passage à la case cotisation annuelle, d’ailleurs notre trésorier était là, à une semaine de l’AG (une coïncidence, sûrement).

Table 1, dite « Mort à l’arrivée » : Non seulement Baptiste est de retour mais il n’est pas venu les mains vides. Il emmène Aurore, Neox, Xel et Dom à la découverte des parcs naturels américains dans Parks. Un jeu où on gagne des points en achetant des cartes de Parc avec diverses ressources, en prenant des photos et en atteignant son objectif personnel secret. Les règles sont fluides et la variabilité certaine à travers l’ordre et le tirage des cartes d’action, ainsii que la météo qui saupoudre des ressources en début de tour. La partie se joue en quatre manches-saisons et le mécanisme central est plutôt malin : on déplace un de ses 2 personnages vers le bout du chemin mais on doit arriver sur une case vide (sauf une fois par manche où on peut déroger) pour réaliser son action. Ce n’est pas sans rappeler Tokaido ou Glen More. Le souci c’est qu’à cinq joueurs les emplacements libres sont rares et on se retrouve à bondir à  contre coeur vers l’arrivée. Il serait intéressant de réesayer à 3 ou 4. A la troisième manche, Neox et Aurore se retrouvent alliés objectifs et musardent le long du chemin, sans se presser et en se goinfrant de ressources. Est-ce un hasard si on les retrouve dans cet ordre sur le podium avec 26 et 23 PV ? Dom, Baptiste et Xel les suivent avec 21, 20 et 15 . Une jolie découverte avec de surcroît un matériel de qualité, il faudra ressortir sa musette et repartir randonner aux USA.

Table 2, dite « Erreur judiciaire » : Mickaël, Paul, Adriane et Olivier B. s’attablent autour de Warhammer Quest: la cité maudite. Games Workshop propose ici un jeu de figurines d’une grande beauté mais, pour ce qui est des règles, on se retrouve devant un porte/monstre/trésor en coop plutôt basique, malgré quelques bonnes idées, comme la gestion des dés d’action (on jette 4 dés en début de tour qui vont dicter les actions possibles). En cinq mots: un dungeon crawler old school. Quant à nos aventuriers du soir, ils n’avaient rien compris aux règles, selon leurs propres déclarations, mais ont quand même écrasé les méchants. Après relecture, les vraies règles étaient moins bien, comme quoi parfois la fiction dépasse la réalité.

Table 3, dite « Trois morts sur ordonnance » : Julien, dont on salue le retour sur nos tables, se fait livreur et apporte d’imposants cartons de boîtes de jeu kickstartées pour inaugurer Horizon Zero Dawn. Désignés pour participer à une chasse dangereuse par la prestigieuse Loge des Chasseurs, les joueurs embarquent pour une aventure dans les contrées sauvages où ils incarneront des chasseurs de différentes classes et tribus. Inspiré du jeu vidéo éponyme à succès, le jeu de plateau a tenu en haleine nos amis une bonne partie de la nuit et le résultat était inconnu à l’heure du bouclage.

Table 4, dite « Peine capitale » : Séduits par le pitch de Nicolas II (un jeu d’optimisation en univers post-apo, dit-il), François et Xof embarquent pour Otys. Au milieu du 22e siècle, après 300 ans d’inconscience, la montée des eaux engloutit les dernières terres émergées. Pour survivre, les colonies de rescapés doivent demeurer au-dessus du niveau de la Mer et récupérer les débris des civilisations passées dans les profondeurs. Le futur d’Otys construit ainsi grâce aux explorateurs du passé. A l’examen, le jeu relève plus de la combinatoire à haute dose que de l’optimisation. Il faut régler très finement les mouvements et les actions de ses plongeurs, regarder ce que font les autres, parfois les laisser sous la mer en apnée, tout cela pour remplir des contrats et gagner de la notoriété. La peine capitale aura-t-elle lieu pour l’humanité ? Rendez-vous dans 130 ans pour en juger, mais pour ce qui est du court terme, au final, c’est Nicolas qui s’impose avec 18, devant Xof, 12, et François, 11.

Table 5, dite « Vivre et laisser mourir » : les classiques reviennent en force à Parties Civiles, et à Battlestar Galactica les humains (F.-R., Guillaume, Frank) s’imposent « à l’aise » et laissent aux cylons (Jean, Olivier L) le silence de l’éternel.

Table 6, dite « Colombarium » : à cette table de Wingspan Fred a pris son envol, devançant Vincent et Samuel, et gagne le droit de réserver sa place au colombarium.

Table 7, dite « Remise de peine » : Encore un jeu populaire ces derniers temps, Dig your way out voit un final serré où Aurore finit par s’évader devant Xel et Baptiste.

Table 8, dite « Quatre à quatre » : C’est définitivement la soirée des classiques puisque le traditionnel Codenames ponctue la fin de soirée. Les équipes s’étoffent au fil des manches et des tables qui se terminent, et en fin de compte, on recense pas moins de 11 joueurs Bleus (Dom, Nicolas II, Xof, Jean, F.-R.) et Rouges (François, Samuel, Fred, Guillaume, Vincent et Paul).

  • Rouges 1-0: menés et incapables de rattacher l’indice Hennin à autre chose que Justine ou Beaumont (alors qu’il s’agit d’une coiffe féminine conique très élevée et surmontée d’un voile flottant à son sommet, à la mode en Europe au 15 e siècle), Vincent, François Paul et les autres réussissent l’exploit de s’adjuger cette manche en trouvant 4 mots sur le dernier coup, qui était Col, qu’il fallait, une fois le Sommet trouvé, associer à Fraise et Tissu, et non pas, dans une improbable association d’idées, à Dent et Corne ! La connexion Vincent-François atteignit un pic digne de la 5G sur cette manche !
  • Rouges 2-0 : les Rouges plient le match avec un départ canon sur Eau 4 (Moulin, Goutte, Cours, Courant), profitant d’une erreur stratégique du maître espion adverse qui avait dévoilé le gênant Rivière ! Les Bleus ont fini dans l’ignominie, en choisissant l’assassin Porte dès leur deuxième tour sur l’indice Chaperon.
  • Rouges 2-1: les Bleus sauvent l’honneur sur un joli Noir 4 (Pot, Peau, Film, Trou) !

Séance de MARDI 14/09/2021 à Servel

Le grand poète du moyen-âge Dante joua un rôle très actif dans la vie politique de Florence. Dans les troubles qui agitent la péninsule italienne dans les années 1300, et l’opposition historique entre guelfes et gibelins, Dante est un guelfe ardent et devient un des magistrats suprêmes de l’exécutif. Mais les guelfes, qui dominent à Florence, se sont divisés en deux factions : les Noirs, favorables à la politique papale, et les Blancs, partisans d’une plus grande autonomie de la ville. En 1300, le pape Boniface VIII revendique le vicariat impérial sur les communes toscanes.

Dante Cartoon Stock Illustrations – 22 Dante Cartoon Stock Illustrations, Vectors & Clipart - DreamstimeÀ partir de ce moment-là, Dante s’engage de plus en plus fermement du côté des guelfes blancs, contre la politique d’ingérence du pape. En octobre 1301, membre du Conseil des cents, il se rend à Rome pour tenter une ultime démarche de conciliation. Pendant ce temps, le représentant du pape se rend à Florence et s’empare de la ville avec l’aide des guelfes noirs triomphants. Dante apprend sur le chemin du retour qu’il est condamné pour concussion, gains illicites et insoumission au pape. Il sera condamné au bûcher, tous ses biens confisqués. Exilé avec d’autres guelfes blancs, il ne reviendra jamais à Florence.

Dans les premiers temps de l’exil, Dante songe à assiéger la ville, aux côtés d’autres exilés guelfes blancs ou gibelins. Mais il y renonce bientôt et se met à errer de ville en ville, luttant contre la misère, cherchant protection auprès des cours de l’Italie du nord. Il s’arrête finalement à Ravenne et y meurt de la malaria dans la nuit du13 au 14 septembre 1321 après de vains efforts pour rentrer dans sa patrie. Encore aujourd’hui, les Florentins voudraient récupérer son corps pour le placer dans un sarcophage prévu dans son cénotaphe de la nef de la basilique Santa Croce de Florence, mais Ravenne refuse de restituer à cette ville les restes d’un personnage qu’elle a banni.

7 siècles après, se jouaient à Lannion un sombre drame et des divines comédies.

Table 1Acheter Quartermaster avec Ext. l'Aéronavale - Jeux de société - As..., dite « Italie éternelle » : à Quartermasters, on rejoue la deuxième guerre mondiale entre deux équipes. L’axe (Italie: François, Allemagne: Nicolas II, Japon: Vincent) s’oppose ainsi aux alliés (Russie: F.-R., USA: Camille, Angleterre: Xel), dans une sourde lutte entre occupation de territoires, batailles, manœuvres comme la guerre économique et ripostes. Après un départ canon, les alliés s’approchent dangereusement de la victoire après quelques conquêtes éclair des Russes et une expansion maîtrisée des Américains. L’Angleterre veut participer à la fête et s’aventure en Afrique, juste après une double incursion italienne. Erreur fatale: la perfide Albion est chassée, et son navire isolé, perdu. Privée du contrôle de la Méditerranée, l’Angleterre ne s’aventurera plus qu’au Nord de la carte dans des eaux aussi poissonneuses qu’improbables. C’est la fin du début, et, pour les alliés, le début de la fin.

Car, alors, le combat change d’âme. L’Italie triomphante enchaîne les conquêtes et les lucratifs bonus, occupant l’Inde, l’Afrique, et les mers tout au sud du globe. Stratégiquement, elle place une riposte qui se révèle payante quelques tours plus tard, l’Angleterre échouant dans une guerre économique. Elle bénéficie du précieux soutien des Allemands pour défendre Rome, et des Japonais qui empêchent les américains de s’aventurer au Sichuan, et engrange les points: 7, 8, 9 et jusqu’à 10 points italiens par tour sont de trop pour un axe dont les membres ne se seront jamais rejoints.

Table 2, dite « Primus inter pares » : dans le jeu Valeria : le Royaume, vous incarnez le rôle d’un Duc ou d’une Duchesse cherchant à défendre le royaume et à bâtir la plus influente cité, sans oublier de terrasser des Monstres, recruter des Citoyens et étendre votre Domaine. A cette table, Justine et Thibault font leur grand retour, bronzés comme jamais, et Lucas régale de sa bonne humeur. Mais le purgatoire est promis aux premiers, l’enfer au second, et c’est Neox qui accède au paradis. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.

Table 3, dite « La lettre volée » : Detective Club, qui fait souvent office de digestif ludique ces temps-ci, réunit les protagonistes de la table 1. Une partie en forme de Tsar Academy pour Nicolas II, qui s’impose au bout d’une joyeuse équipée, et qui aura vu un tour curieux: l’indice épistolaire fut figuré correctement par deux détectives qui disposaient de l’indice sans en connaître le sens, alors que le voleur de rêves (François), qui l’ignorait, misait sur des nuages et des vagues. Ce dernier trompa son monde en prétextant que la composition balnéaire qu’il avait choisie figurait l’Écume des jours, ouvrage où, comme chacun sait, le personnage de Chick se ruine pour acheter les œuvres du philosophe Jean-Sol Partre, parmi lesquels La Lettre et le Néon !