Séance de VENDREDI 21/08/2026 à Servel

Il y a quarante ans se produisit la catastrophe naturelle du lac Nyos au Cameroun, un événement dramatique, spectaculaire et toujours en partie incompris. Son point de départ est un lac profond dont les eaux sont saturées en CO2 dissous, peut-être en partie issue de volcanisme. Il faut aussi que les eaux de surface et profondes (plus froides, dépourvues d’oxygène et en l’occurrence riches en fer) se mélangent très peu, une situation très rare qualifiée de « méromictique ». On ignore ce qui déclencha le phénomène mais ce qui est certain c’est qu’une fois que des bulles de CO2 se forment, elle montent à la surface (comme quand on ouvre une bouteille de soda) et provoquent un dégazage de plus en plus rapide qui, arrivé à la surface, prend la forme d’une colonne d’eau et de gaz qui déclenche un petit tsunami. De plus, le CO2 étant plus lourd que l’air, la bulle formée à la surface stagne et asphyxie les êtres vivants présents alentours. Le 21 août 1986, il y eut plus de 1700 morts jusque dans un rayon de 25 km et on estime que 100 à 300 millions de tonnes de CO2 furent relâchées. Le niveau du lac se retrouva plus bas d’un mètre et il prit une couleur rouge profond due à l’oxydation du fer. Depuis, un système de dégazage captant le CO2 au fond du lac a été mis en place, stabilisant à un seuil sûr la concentration en gaz dissous.

Table 1, dite « Destructions successives » : Frank était désireux de découvrir Innovation, on ne se l’est pas fait dire deux fois et le voila attablé avec deux moustachus, François et VHN. Très belle partie où le novice s’est bien défendu et à pu goûter au côté « montagnes russes » du jeu. François utilise comme souvent l’Agriculture pour démarrer fort puis récupère la domination spéciale Sciences par une habile manœuvre. Dom s’attribue les âges 3 et 4 en faisant parler la Poudre au détriment des tableaux adverses. Frank, lui, a dominé les âges 2 et 5 sans se laisser impressionner. En milieu de partie, arrêt des dominations car on détruit gaiement l’influence adverse, qui avec la Vaccination qui avec l’Anatomie. Une situation peu fréquente se présente : on pioche dans les âges 8 et 9 mais les trois joueurs ont zéro d’influence ! En fin de partie, Dom met en jeu une série des cartes 10 toutes plus inutiles les unes que les autres. François et Frank alternent entre des comptabilisations spectaculaires et une destruction enthousiaste de l’influence de l’autre. François (a-t-il vu qu’il allait faire le kingmaker ?) active la Bio-Ingénierie alors que Dom et Frank sont à égalité avec 5 icônes Pommier contre 2 pour François. Il prend une carte jaune à Frank, s’attendant à donner la victoire à son compère mais surprise, la carte du dessous a autant de Pommiers et la partie se poursuit (si un joueur en avait strictement plus, il gagnait). La pile des cartes 10 est vide, il faut faire attention à ses pioches car sinon la victoire peut échoir à celui qui a plus d’influence (qui change de tour en tour, F & F persistant dans leur nihilisme tandis que Dom reste scotché à 0 points). François active les Mass-Media, dogme de coopération utilisé par les trois joueurs qui vide de nouveau les influences. Mais puisque le dogme a été partagé, il a droit à un bonus de coopération : en piochant il met fin au jeu et Frank avec 18 points d’influence remporte sa première partie grâce à la mauvaise anticipation de son collègue.

Table 2, dite « Retombées dangereuses » : Fred, Elie, Corentin et Armand jouent à Fallout. Jeu compétitif tiré du jeu vidéo du même nom. Après trois heures la situation restait indécidée, peut-être que les participants pourront nous en dire plus ?

Table 3, dite « Forces surnaturelles » : Faline et Mickaël commencent par un Dewan remporté par la première. Ils poursuivent, rejoints par François-René, avec Cthulhu Death May Die. C’est un jeu coopératif mais la première partie tourne court : un Mickaël schizophrène tue F-R, Faline trépasse rapidement et Mickaël ne fait pas le poids seul face à Cthulhu. Ils repartent mais nous restons en attente du récit de cette deuxième vague.

Séance de VENDREDI 07/08/2026 à Servel

À l’angle des rues, dans les squares, abritées par des établissements culturels, les fontaines Wallace, au nombre de 107 aujourd’hui, enrichissent le patrimoine parisien. Cete histoire débute le 7 août 1872 sur le boulevard de la Villette, à l’initiative de leur donateur, Sir Richard Wallace (1818-1890). Inspirées des « drinking fountains » de Londres, elles sont à l’origine équipées de gobelets en étain retenus par une chaînette, supprimés pour des raisons d’hygiène en 1952. Le grand modèle à cariatides est le plus répandu, mais il existe également un modèle en applique et un à colonnettes.

Richard Wallace vécut une grande partie de sa vie à Bagatelle. Héritier d’une grande fortune, ce philanthrope fit don à la ville de 50 fontaines à boire après avoir vu les Parisiens subir une pénurie d’eau durant le siège de Paris et la Commune en 1871. L’engouement est tel qu’il financera 10 fontaines supplémentaires en 1876, puis 10 autres trois ans plus tard. Les fontaines Wallace ont été le premier grand effort de coopération public/privé pour répondre à un besoin humain essentiel: fournir à tous l’accès à l’eau potable.

Fontaine Wallace, 1872 - French School

154 ans plus tard, la France a soif, et l’accès à l’eau devient un enjeu que nous ne soupçonnions pas. Quant aux adhérents de Parties Civiles, par cette chaude soirée d’août, ils ont vécu de jeux et d’eau fraîche.

Table 1, dite « Soif de victoire » : A la table de Dewan, Nolwenn engrange deux victoires, disposant de Younaël et Pierre-Yves, et battant Faline  à son propre jeu. La soirée se poursuit par des Prototypes dont Younaël a le secret.

Table 2, dite « Sous le soleil exactement » : après un faux départ mardi, Beyond the sun, déjà aperçu en 2023, fait son grand retour sur nos tables, promu par Fred, qui n’a cette fois pas à se lancer dans une explication, faisant face à trois bons élèves qui ont consciencieusement épluché les règles. Un jeu d’exploration, où la matière première se compose de dés dont les faces représentent d’abord une réserve, puis, une fois débloqués, un meeple ou un vaisseau de force variable, et qui comporte deux théâtres d’opération : une arborescence de cartes à découvrir, et l’espace intergalactiques, avec ses planètes et postes avancés. Tout l’art du jeu consiste à choisir le bon dosage entre les deux, les cartes apportant des technologies utiles, et les planètes, une fois colonisées par les vaisseaux, fournissant le gros des PV. Fred se révèle orfèvre en la matière, réussissant à investir la carte habilement et notamment à dévoiler une carte de Niveau III redoutable, tout en colonisant à tout va (24 de ses 61 points). Dom est son premier dauphin à 48, avec un palmarès très équilibré, Xel le suit de peu à 47, et François, 41, ferme la marche malgré deux belles technologies propriétaires glanées lors de ses conquêtes. Un jeu fluide, aux mécanismes épurés : on y reviendra avec plaisir. Ils enchaînent sur Odin, et là, la stratégie de Dom fait merveille : avec 4 petits points (et 3 manches gagnées sur 5 !), il s’impose sans coup férir. Fred et François (14), tout comme Xel (23), n’ont rien pu faire.

Table 3, dite « Grand ruissellement » : à Marvel champions, on rejoue le scénario du bouffon vert. François-René, David, Armand et Nico77 ont fait ruisseler le fruit de leur victoire à parts égales.

Table 4, dite « De l’eau, sinon rien » : Benjamin, Mickaël et Corentin: un trio de choc pour Le château blanc, avec son extension Matcha ! Mickaël l’emporte, récoltant le fruit de son labeur à l’arrosage du jardin pendant que ses adversaires passaient leur temps à boire du thé avec des Geishas ! Benjamin prend ensuite sa revanche à Orbital, par une stratégie agressive qui le voit engranger 8 de ses 18 points au dernier tour.

Table 5, dite « Coopération publique » : les tables se recomposent en fin de soirée autour du populaire The gang, dans une ambiance de tripot où l’on sert pas que de l’eau.

Séance de MARDI 28/07/2026 à Servel

Le 28 juillet, la «Journée de commémoration du Grand Dérangement», commémore au Canada la déportation du peuple acadien par les autorités britanniques en 1755, reconnaissant ces événements tragiques et rendant hommage à la résilience du peuple acadien. C’est la première tentative recensée de nettoyage ethnique en Amérique du Nord, l’une des plus grandes déportations jamais perpétrées par les Anglais contre un peuple qui vivait sur ses terres depuis de nombreuses générations, et largement considérée comme un crime contre l’humanité.

Vers la fin du XVIIᵉ siècle, des colons venus de France émigrèrent vers ce que l’on connaît aujourd’hui sous les noms de la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, et y fondèrent la première communauté acadienne. Ces Acadiens vivaient paisiblement en Nouvelle-Écosse depuis la fondation de Port-Royal en 1604. Ils établirent une petite colonie dynamique, construisant des digues pour dompter les hautes marées et irriguer les riches champs de foin. Largement ignorés par la France, les Acadiens développèrent un esprit d’indépendance. Avec leurs amis et alliés mi’kmaq, ils se sentaient en sécurité, même lorsque la souveraineté sur leur territoire passa à la Grande-Bretagne après 1713.

Car en 1710, pendant la guerre de Succession d’Espagne, les Britanniques s’emparèrent de Port-Royal, capitale de l’Acadie, à l’issue d’un siège. Le traité d’Utrecht de 1713, qui mit fin au vaste conflit, céda la colonie à la Grande-Bretagne tout en permettant aux Acadiens de conserver leurs terres. Mais ces derniers étaient réticents à signer un serment d’allégeance inconditionnelle à la Grande-Bretagne. Au cours des décennies suivantes, certains ont participé à des opérations militaires françaises contre les Britanniques et ont maintenu des lignes de ravitaillement vers des forteresses françaises. En retour, les Britanniques cherchèrent à éliminer cette menace militaire latente. À mesure que la population acadienne augmentait, les Britanniques devinrent de plus en plus inquiets de leur loyauté envers la France et, en 1755, le gouverneur Lawrence ordonna à ses hommes de commencer à arrêter, dans le but de les déporter, tous les Acadiens de la Nouvelle-Écosse qui refusaient de déclarer leur allégeance à la Grande-Bretagne.

Le 28 juillet 1755, sans faire de distinction entre les Acadiens demeurés neutres et ceux qui avaient résisté à l’occupation, le gouverneur britannique ordonne leur expulsion. Lors de cette première vague, les Acadiens furent déportés vers d’autres colonies britanniques d’Amérique du Nord, puis, au cours de la deuxième vague, en Grande-Bretagne et en France. De là, un nombre important migra vers la Louisiane, alors colonie de l’Espagne, mais ces Acadiens réussirent à conserver leur culture française. Ils finiront par être connus sous le nom de «Cajuns». Au total, de 1755 à 1764, sur les 14 100 Acadiens vivant dans la région, 11 500 ont été déportés. Un recensement de 1764 indique que 2 600 demeuraient encore dans la colonie, ayant échappé à la capture.

En plus d’avoir atteint ses objectifs militaires en prenant Louisbourg et en affaiblissant les milices mi’kmaq et acadiennes, le résultat de l’Expulsion fut la dévastation d’une population principalement civile et de l’économie de la région. Les familles ont été séparées, des milliers de personnes ont perdu la vie durant le transport, succombant aux maladies dans les conditions insalubres des navires, se noyant lorsque des navires ont fait naufrage. Ceux qui ont atteint leur destination sont devenus des réfugiés, souvent mal accueillis, contraints d’errer à la recherche d’un foyer.

 PHOTO: Archives

Quelques années plus tard, les adhérents de Parties Civiles se pressaient en masse devant l’entrée de Servel. Ils ne menaçaient nullement l’ordre public, mais quand le porteur des clés, qui se reconnaîtra, apparut enfin, leur soulagement de pouvoir rentrer dans la maison était palpable.

Table 1, dite « Force de la nature » : A la table d’Aurignac, on poursuit la découverte du jeu. Benjamin et Mickaël découvrent et s’inclinent, Corentin, seul protagoniste de la première partie, sortant vainqueur en incarnant mère nature. Tout un programme !

Table 2, dite « Cartes et territoires » : soirée hommage à Rainier Knizia, auteur prolifique ayant publié plus de 800 jeux et livres, traduits dans plus de 50 langues ! On commence par Taj Mahal, un jeu qui a déjà 26 ans mais qui a tout du classique par ses mécanismes épurés. Un plateau composé des cités indiennes, des cartes illustrant les personnages et c’est parti pour douze tours, un par cité, où chacun abat progressivement ses cartes pour devenir majoritaire sur les types de personnage, ce qui permet d’établir un comptoir sur la carte, avec en plus un éléphant, qui permet de toucher des ressources lucratives, et un dignitaire qui autorise à construire des comptoirs annexes, et des cartes bonus qui récompensent la persévérance dans une couleur. Ultime twist, les cités sont reliés par un réseau dense, et un bonus est attribué si l’on parvient à relier directment différentes cités (à cet exercice d’anticipation, Dom fut virtuose). Au final, François l’emporte avec 50, bien aidé par sa acrte bonus jaune qui lui rapporta longtemps 2 PV à chaque tour, et par des ressoures patiemment amassées. Dom le talonne à 46, Olive complètant le podium à 42. Ils sont rejoints ensuite par Mickaël pour essayer le beaucoup plus récent Rebirth. Il s’agit ici de remplir une carte avec des jetons que chacun possède face cachée et découvre à chaque tour. La proximité des églises permet de tirer des objectifs de fin de partie, ce qui donne un côté asymétrique intéressant. Hélas, la règle ne fut pas respectée : il eut fallu retirer un certain quota de tuiles à chacun. Faute de l’avoir fait, on se retrouva en fin de partie avec un stock abondant sur un plateau quasi-plein ! Mickaël sort vainqueur (123), ayant colonisé le nord de la carte sans concurrence, Dom fit merveille avec son réseau et termine à 115, talonné par François (114), qui réussit l’exploit d’accomplir 4 objectifs, mais qui a tardé à bâtir un réseau efficace, et enfin Olive, 108, victime de l’esprit de conquête de ses adversaires qui capturèrent plusieurs de ses châteaux.

Table 3, dite « Communauté soudée » : à Marvel champions, on joue le scénario du bouffon vert. François-René, David, Armand et Nico77 ont formé une équipe soudée dans l’adversité.

Table 4, dite « Grand dérangement » : On salue le retour d’Axel, en villégiature sur nos tables, mais il est impuissant, tout autant que Vincent, à enrayer la marche triomphale de Faline, double vainqueure à  First giants puis victorieuse sur Dewan. Il fallut que Corentin, exfiltré de la Table 1, vienne jouer les trouble-fête et organise un grand dérangeement par une conquête éclair, ce qu’il ne manqua pas de faire en s’imposant à Got Five !

Séance de MARDI 30/06/2026 à Servel

Blondin, né en 1824 dans le nord de la France, est un des grands funambules de l’histoire. Ses parents exerçaient déjà cette activité hors normes et le jeune se retrouve très vite sur la corde raide. Il parcourt un moment la France avec sa troupe mais vit son rêve américain en partant pour les Etats-Unis en 1851. Il découvre le site des chutes du Niagara en 1858 et l’idée d’en effectuer la traversée ne le quitte plus. Chose faite l’année suivante, le 30 juin 1859. Il renouvellera plusieurs fois l’exploit devant des foules nombreuses, ajoutant selon les fois diverses facéties : pousser une brouette, se faire cuire une omelette ou encore transporter son manager sur son dos (voilà un entrepreneur qui savait se mouiller !). Il s’installe ensuite à Londres et continue d’attirer les foules dans des représentations spectaculaires, au Crystal Palace et lors de multiples tournées qui l’ont mené en Australie, en Inde, en Russie et en Amérique du Sud. Un an avant son décès à 72 ans, il s’était encore donné en spectacle. 167 ans plus tard, chaque partie (civile) est un équilibre subtil entre tension, plaisir, imagination et frustration.

Table 1, dite « Un pied devant l’autre » : Partie de Age of Champagne pour Xel, Gérard, Olive et VHN. Après Viticulture vendredi, une autre approche d’un jeu de placement d’ouvrier autour du cycle production-commercialisation de vins. Ici il y a 4 emplacements pour chaque action, on se gêne mais pas trop. Pas de cartes Saisonniers pour des surprises et des coups de boost mais des événements de début de tour qui affectent tous les joueurs. Deux stratégies s’affrontèrent : le lièvre (Dom) produisit rapidement des vins bas de gamme (« le Meunier c’est pas fameux », dixit une connaisseuse) écoulés en grande surface et se dépêcha de rafler des contrats de vente apportant des jetons bonus. Les tortues (Xel et Gérard) passèrent plus de la moitié de la partie à investir patiemment dans le marketing pour créer une marque désirable. En quelques ventes dans les derniers tours, avec un bonus de +6 PV par cube jaune, ils rattrapèrent à grandes enjambées l’infortuné léporidé et prirent la tête au score. Malgré une piste d’empreinte écologique poussée à son maximum, Dom constata son positionnement prix-produit défavorable et la partie se termina par la victoire de Xel avec 85 PV, Gérard 80, Dom 73 et Olive 54.

Table 2, dite « Que d’eau, que d’eau » : Faline, Caroline et Virginie jouent deux fois à Dewan, en introduisant des règles supplémentaires (déluges) à la seconde. C’est Virginie puis Faline qui s’impose.

Table 3, dite « Plein le dos » : Un jeu pas vu depuis longtemps, Gugong, ressort avec Mickaël, Benjamin, Marc et Corentin. La partie est gagnée par Marc qui a fait un choix de décret qui lui a bien servi : quand il envoyait un serviteur construire la muraille, il pouvait en mettre un autre gratuitement. Il est le seul à ne pas être allé à la course au jade. Suivi par Mickaël à quelques points près, puis Benjamin et Corentin .

Séance de MARDI 09/06/2026 à Servel

Le 9 juin 1975, débutait la carrière des voitures CoRail avec la mise en service des premières rames sur l’axe historique Paris-Austerlitz => Bordeaux. Le nom de baptême « Corail » n’est pas, comme on entend souvent, un mélange de confort et rail, mais viendrait d’une multitude de propositions. Popularisé par la publicité, il évoque la couleur orange vif des portières qui caractérisait la première livrée de ces voitures.

Cinquante et un ans plus tard, les membres de Parties Civiles étaient transportés de différentes manières.

Table 1, dite : « Carte orange » : Cinq joueurs autour de Lords of Vegas, c’est la promesse d’un bel embouteillage au pays du poker. Ce jeu nécessite une stratégie subtile, car, si l’on score des points de casinosconstruits en fonction de leur taille et leur étendue, la table de marque est graduée en seuils qu’il faut franchir (avec un casino unique !), seuil qui grandit au fur et à mesure. Gérard est bien parti, construisant habilement un casino rose lucratif, avant de basculer, au mitan du jeu, sur la couleur orange. Et pour cause, aucune carte de cette couleur n’est encore sortie, c’est donc qu’elles sont encore nombreuses dans le paquet se dit-il,  non sans raison, bientôt imité par ses adversaires et notamment Dom, persuadé d’avoir trouvé la martingale, et qui en use et abuse. Olive, pour sa part, adopte une stratégie opportuniste et belliqueuse, attaquant François le débutant sur ses casinos pour tenter d’en prendre le contrôle, en vain, pendnat que Xel mixe les couleurs, avec ausi un penchant orange. Mais la couleur ne sort toujours pas : aucune carte orange en 28 cartes tirées, comme en témoigne le  cliché ci-contre (on est sur du 2 pour mille en probabilité) ! Finalement les cartes tant attendues arrivent, et Dom progresse à pas de géant avec un casino de trois cases, avec une chance insolente aux dés (François tente de lui ravir son beau casino gris et fait deux jets de 5, et il sort un 6 !). Mais il est trop tard : François a pris trop d’avance avec ses autres couleurs, sans oublier un casino orange à trois étages bâti sur le tard, pour la soif, et porte l’estocade sur la carte Strip « FIN », celle qui clôt la partie, en possédant deux casinos à ses abords, dont un opportun casino bleu de taille 4 juste suffisant à l’approche du seuil 4 sur la table de marque. Il devance donc Gérard et Dom d’un souffle, Olive est un rail plus loin, quand Xel finit avec un wagon de retard. Au fait, que croyez-vous qu’il arrivait après la carte Strip de fin de partie ? Deux cartes orange….

Table 2, dite « Transport fluvial » : à la recherche d’un jeu au hasard dans l’armoire, Mickaël, Corentin et Benjamin font chou blanc, le détenteur des clés, qu’on ne nommera pas par charité, les ayant oubliées. Qu’à celà ne tienne, Mickaël fait un crochet à son domicile d’où il ressort illico, muni, toujours au hasard, d’une boîte de jeu issue de quelque placard.  Par une chance inouïe, il se trouve que c’est Ark Nova, un jeu bien connu des protagonistes. La suite s’est étirée dans la nuit.

Table 3, dite « Par delà plaines, forêts, déserts et montagnes » : Dewan a trouvé son public, Faline attirant à sa table David, Caroline et Virginie. L’invitation est un traquenard: elle remporte deux parties de suite, avec 42 puis 47. Parce que nous aimons aussi la poésie, on ne résiste pas au plaisir de vous conter le pitch du jeu :

“Un nouveau jour commence, mais nos ressources s’épuisent. Nous avons décidé de lever le camp et d’explorer les terres alentour afin de garantir notre survie. Que ce soit au détour d’une rivière ou au cœur des montagnes, nous chercherons les ressources dont nous manquons. Au cours de notre périple à travers forêts et déserts, nous protégerons le feu précieux qui nous réchauffe et éclaire notre chemin. Face à la pression croissante des tribus voisines, nous tiendrons bon et nous efforcerons d’écrire notre propre histoire.”

Séance de VENDREDI 05/06/2026 à Servel

Le 5 juin 1883, le premier train Orient-Express prend le départ de Paris à destination de Constantinople (Istanbul). Derrière le projet, l’homme d’affaires belge Georges Nagelmackers : ayant découvert les wagons-lits lors d’un voyage aux Etats-Unis en 1867 et inspiré par le luxe des cabines des paquebots, il promeut l’idée d’un train de nuit prestigieux et international, ce qui nécessite de résoudre des difficultés techniques, administratives et diplomatiques. Il commence par accrocher des voitures-couchettes à des trains existants entre Paris et Vienne et fonde la Compagnie Internationale des Wagons Lits (CIWL) pour porter son projet. En 1882, elle fait circuler son propre train (4 couchettes, 1 voiture-restaurant, 2 fourgons pour les bagages -ceux qui avaient les moyens ne voyageaient pas léger-). Le voyage prend quatre jours, un gros progrès par rapport à la liaison maritime Marseille-Constantinople en une quinzaine. Pourtant la section finale, en l’absence d’un pont sur le Danube, nécessite de changer pour un bac, un train classique et un vapeur. Ce n’est qu’en 1889 que l’achèvement de travaux ferroviaires en Bulgarie et Serbie permet une liaison continue. Le luxe du train et sa clientèle « fortunée mais variée » crée sa légende alors que certains voyages ne sont pas de tout repos (attaque de bandits, épidémie de choléra etc.). La CIWL ouvre d’autre liaisons ferroviaires, construit des hôtels et devient une des grandes entreprises européennes. Le parcours de l’Orient-Express évoluera en fonction des vicissitudes historiques et du développement des réseaux, notamment en adoptant entre deux guerres une route plus au sud (Lausanne-Venise-Belgrade) après l’ouverture du tunnel du Simplon. La ligne ne survit pas à la guerre froide, aux progrès des trains de jour et aux liaisons aériennes ; elle disparaît dans les années 1970 après un long déclin. L’Orient-Express est évoqué dans de nombreuses œuvres littéraires, de Bram Stoker (Dracula) à Paul Theroux et d’Agatha Christie à Graham Greene en passant par Ian Fleming (Bons baisers de Russie).

Table 1, dite « Voyages aventureux » : Fidèles à leur campagne, le quatuor de ISS Vanguard (F-R, Armand, Jérôme, OlivierB) embarque pour de nouvelles aventures. Parmi les bribes de communication qui nous sont parvenues on parle de cérémonie du thé et d’une certaine perplexité vis à vis de leur mission et de son succès. Dans l’espace aussi, tôt ou tard on se pose la question du sens de la vie.

Table 2, dite « Destination Constantinople » : Il y a une éternité que Roll for the Galaxy n’avait pas été vu, Mickaël y met bon ordre avec Corentin, Fred et VHN. Corentin et Dom partent dans des directions opposées, le premier construisant des tuiles de forte valeur (dont un monde à 9 points) pendant que le second exploite un moteur production/expédition basé sur des dés bleus. La partie prend fin par épuisement du pool de PV et c’est une courte victoire du commerçant avec 50 PV contre 47 à Corentin, 37 à Fred et 35 à Mickaël.

Les mêmes continuent avec Istanbul. Corentin observe que les tuiles « Salon de thé » (où on gagne de l’argent) et « Marchant de gemmes » (où on achète les rubis qui font gagner) sont voisines. De plus le Poste de police (d’où l’on envoie son oncle agir à sa place) et Caravansérail (où on récupère des cartes Bonus, par exemple celle qui permet de refaire l’action de sa tuile, sans bouger) sont proches. Il déploie une stratégie habile et efficace, à défaut d’être créative, en naviguant entre ces quatre tuiles. Dom, lui, obtient ses 5 rubis du Marchand de charrettes, de la Mosquée et du Palais du Sultan où il est en concurrence avec Mickaël pour l’échange de lots de ressources contre un rubis. Il est le premier à y parvenir mais Corentin, calculant au plus juste et touché par la chance des dés en lançant un « 10 », atteint la condition de victoire dans le même tour et l’emporte grâce à sa livre restante. Mickaël et Fred finissent avec respectivement 4 et 2 rubis. Une belle victoire concluant une partie serrée, tranchée par un malheureux sou !

Table 3, dite « Monde disparu » : L’adhérent Nico77 réapparaît après une longue absence et se joint à Faline et Virginie qui rejouent à Dewan, déjà vu mardi et qui finit sur une victoire de la première. Ensuite ils inaugurent First Giants qui est en fait une nouvelle version simplifiée de Elysium (qui, selon nos archives, apparut sur nos tables une unique fois en 2018). En une phrase, on acquiert des cartes qu’on utilise soit pour développer son moteur soit pour scorer, le tout enveloppé dans un thème paléontologique et des règles simples. Il y eut deux parties, l’une pour Faline, l’autre pour Nico.

Les restants concluent avec plusieurs sympathiques manches de So Clover.

Séance de MARDI 02/06/2026 à Servel

Johann Weissmüller est né le 2 juin 1904 dans une famille germanophone d’une zone du royaume de Hongrie aujourd’hui rattachée à la Roumanie. Un an plus tard ils émigrent vers les USA et s’installent près de Chicago. A neuf ans il contracte la polio et le médecin suggère qu’il pratique la natation pour récupérer. Il en fait une passion et se révèle très doué, battant ses premiers records du monde à 17 ans. Il sera un nageur de légende, le premier à nager le 100m en moins d’une minute et il ramènera 5 médailles d’or des JO de 1924 et 1928 (plus une de bronze en water-polo). Il enchaîne sur une carrière à Hollywood, créant le rôle de Tarzan en 1932 qu’il tiendra dans onze films, puis tournant après guerre seize (!) films de Jungle Jim. Pour la petite histoire, il figure sur la pochette de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Retrouvons-nous 122 ans plus tard à quelques kilomètres d’une plage où on peut nager.

Table 1, dite : « Grands singes » : Mickaël et Benjamin prennent Corentin dans leurs filets pour, what else, Ark Nova. C’est une démonstration de Mickaël qui, non content d’être le seul à croiser, marque encore et encore des points. Les autres l’ont regardé dépités comme un animal en cage pensant à sa liberté perdue.

Table 2, dite « Comme un poisson dans l’eau » : Yokohama comme Iki, un autre jeu japonais situé au Japon, a des jetons de poissons. Il peut aussi rappeler Istanbul par la grille de tuiles sur lesquelles on déplace son personnage en gênant les autres. Le jeu est cependant nettement plus complexe car il y a pas mal de façons de marquer des points : en réalisant des commandes, en plaçant des maisons de commerce, en allant à l’Eglise ou aux Douanes ou encore sur quelques majorités en fin de partie. Olive, Xel, Gérard et VHN s’y lancent sans trop savoir dans quelle direction partir : Xel et Gérard construisent des bâtiments et réalisent des contrats, Dom fait une grosse vente aux Douanes et accumule les technologies et Olive recolle après un départ poussif. Il faut aussi anticiper la fin de partie en étant prêt à maximiser son dernier tour : Xel et Olive montrent l’exemple en allant chercher la majorité l’une à la Douane, l’autre sur la seconde place des technologies. Au final les scores sont assez resserrés avec 126 PV pour Dom, 119 pour Xel, 104 pour Olive et 96 pour Gérard.

Table 3, dite « Moi Tarzan, toi Jane » : Aussitôt arrivé, aussitôt dépunché ! Dewan, sorti le mois dernier, a déjà trouvé sa place sur nos tables. Ce jeu de contrôle de territoires à base d’objectifs et de cartes terrain pour se déplacer, se révèle plutôt bisounours, au moins avec la première carte, la plus facile. Ce soir, pas de baston, chacun étant resté dans son périmètre, et un seul « droit de passage » fut payé dans toute la partie. Marc, avec 37 PV, en sera à jamais le premier vainqueur au départage face à Faline. François, 31, suit de près, quand David, qui découvre l’association à l’occasion de cette partie, culmine à 17.

Rejoints par Vincent qui cherche à s’évader, ils lui trouvent un exutoire idéal: le poker, enchaînant plusieurs parties de The Gang, avec des fortunes diverses.