Séance de VENDREDI 15/03/2019 à Servel

Le 15 mars 1963, les États-Unis proposent l’installation d’un téléphone rouge entre Washington et Moscou pour éviter des conflits accidentels, suite à la crise de Cuba. Cette dénomination de « téléphone rouge » est en réalité un raccourci lexical popularisé par les médias occidentaux, la ligne étant au départ une ligne de téléscripteur, sa supposée couleur rouge symbolisant simplement le fait qu’il s’agissait d’une ligne d’urgence.

Cette ligne existe cependant bel et bien, et a même fait des émules, à l’image de celle instaurée entre la Maison bleue, la présidence sud-coréenne à Séoul, et le bureau à Pyongyang de la Commission nord-coréenne des Affaires d’État. Rien de mieux que de se parler pour s’entendre, fût-ce avec bruit et fureur.

Téléphone rouge fictif

56 ans après à Lannion, on n’était pas très loin de déclencher les hostilités, certains ont même franchi le pas.

Table 1, dite « Guerre froide » : dans l’aquarium se déployait Infinity – un jeu de figurines qui opposait Benjamin et Romain. Une guerre froide à n’en pas douter mais dont aucun écho ne nous est parvenu: dans l’aquarium, on ne vous entend pas crier !

Table 2, dite « Enigmatique » : c’est dans l’espace majestueux de la grande salle que UBOOT voyait Doc Nico, Nourdine, Jérôme et Vincent endosser l’uniforme allemand pour prendre en chasse la flotte alliée aux premiers jours de 1940. Ce jeu ultra technique et réaliste requiert également des compétences en codage de messages: ENIGMA, l’ancêtre du téléphone rouge, a été mis à contribution, et nos vaillants marins, en fidèles exécutants de l’occupant, se sont vus attribuer la note de B. B, comme bon. Oui, ils ont été bons, à défaut de faire le bien.

Table 3, dite « Est-Ouest mode d’emploi » : à Architectes du royaume de l’Ouest c’est une fille de l’Est qui trouva le mode d’emploi de la victoire. S’il n’y a pas eu de perte en ligne durant la transmission, la feuille de match donne Xel à 30, Neox à 29, Olive à 23, Baptiste à 22, et Hélène à 21.

Chicago express

Table 4, dite « C’est une maison bleue » : poursuivant la filière ferroviaire, Dom incite trois comparses à se pencher sur Chicago express – un jeu à base de locomotives, mais qui repose sur les principes du capitalisme: on y achète (aux enchères) des actions de compagnies ferroviaires dont il s’agit d’engranger les dividendes. Comme plusieurs joueurs peuvent devenir co-actionnaires, des alliances de circonstance se créent, mais encore faut-il que le courant passe entre eux. Le téléphone rouge était en dérangement pour les jaunes, que Dom conduisit à leur perte par un zigzag improbable à travers le Midwest, avec pour but avoué de barrer la route aux bleus, sauf que le barrage ne barrait rien du tout ! De son côté, longtemps actionnaire unique de la maison bleu, votre serviteur fit prospérer les dividendes de la paix, sans oublier de se servir avec les autres couleurs. A ce jeu, on essaie, comme à Imperial, de croquer un peu de toutes les couleurs, même si au bout du compte, si pas une couleur ne domine comme disait Cabrel, certaines sont plus égales que les autres, comme disait Orwell. Cette stratégie maîtrisée m’offre une victoire de prestige avec 111, devançant Thomas, 106, Dom, 95, et Tristan, 71, englué par la crise de gouvernance fatale des jaunes.

Table 5, dite « Nobel de la paix » : Franck et Paul, avec Olivier et Mickaël, se sont raconté des Histoires de peluches et, s’ils ont récupéré leur couverture, ne sont pas sortis de leur rêve. Ne rêvons pas, pour le Nobel de la paix, ça ne suffira pas.

Table 6, dite « Are you talking to me ? » : à Death angel on sait de bonne source que Nicolas-II et François-René sont morts, tout comme leur quatre camarades d’infortune – mais ceux-ci, derniers recrutés à Parties Civiles et donc premiers sacrifiés, seront des morts sans sépulture. Avant de parler à quelqu’un, mieux vaut savoir à qui on s’adresse.

Table 7, dite « Friture sur la ligne » : Thomas sort The game, un cadeau, et c’est comme un parfum de déjà vu, avec le DUC bien sûr ! On découvre donc le jeu dans sa livrée originale, et on faillit gagner, mais, il y eut un peu de friture sur la ligne en fin de partie, et c’est Thomas qui fut à l’origine de notre sortie de route.

Table 8, dite « Wir schaffen das » : Pour finir, on avait pensé à Codenames, mais Tristan usa de son droit de véto, et Imagine sortit. Il y eut quelques passages difficiles, mais tout fut trouvé, et cette partie se termina en apothéose avec la découverte « spontanée » d’Angela Merkel, trouvée sans aucun indice ! Il est vrai que dans cette partie, on avait tous en tête la chancelière, qu’on évoquait pour un oui ou pour un non, et, pour paraphraser sa phrase célèbre du 21 août 2015, à force de lui tourner autour, on y est arrivés !

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Séance de VENDREDI 08/03/2019 à Servel

Le 8 mars 1971 avait lieu le Combat du siècle – nom donné au premier des trois combats entre le champion Joe Frazier et le challenger Mohamed Ali au Madison Square Garden de New York. Le combat symbolisera un pays déchiré. En effet, Ali (qui avait dénoncé la guerre du Viêt Nam) refuse de servir dans l’armée américaine en 1967, ce qui le conduit à être déchu de son titre et à la perte de sa licence de boxe. Ali devient donc un symbole du contre-pouvoir, tandis que Frazier en est le symbole opposé (dans son autobiographie, il déclara qu’il n’a pas combattu durant la guerre parce qu’il était père, mais qu’il aurait aimé combattre s’il avait été convoqué parce que son pays avait été si bon envers lui).

Au bout des 15 rounds, ce fut la défaite la plus probante d’Ali. Il ne disputera pas un autre combat pour un championnat du monde avant trois ans et demi. Entre-temps, il entreprendra une longue série de combats, avec notamment une seconde défaite, contre Norton, avant de l’emporter dans des matchs revanches contre Norton puis Frazier – victoires qui feront de lui le challenger contre le champion d’alors George Foreman, et son vainqueur lors d’un match mémorable à Kinshasa, le 30 octobre 1974 (« le combat dans la jungle »).

Vrai dur et faux doux

48 ans après à Lannion, de sourds combats faisaient rage.

Table 1, dite « Catégorie poids mouche » : un Zombicide avec Franck et le petit Paul, Mickaël et un quatrième comparse, ça se joue dans la catégorie des mouches, en terme de carrure s’entend. En face, les zombies n’ont pas pesé lourd.

Table 2, dite « Catégorie poids lourds » : avec Food Chain Magnate, on est dans le lourd, en termes de règles, de durée, comme de calories ingurgitées par tous les clients des rois du fast food qu’incarnent les joueurs. On ignore qui de Tristan, Thomas, Olive ou des nageurs (Camille et Laurent) aura survécu au glas de la nuit.

Table 3, dite « Pertes en ligne » : les combattants de Warhammer 40K ont ici fait vrombir leurs motos. Lorsque le reporter passa une tête, entre Baptiste, Benjamin et Romain, il y avait de grosses pertes en ligne.

Table 4, dite « Rebelles de salon » : encore des motos et des figurines à cette table de Speed freeks où le contraste est frappant entre le look rebelle du jeu et celui très policé des protagonistes, Julien-de-Paimpol poussant la politesse à laisser le meilleur départ à Steven, mais probablement pas sans arrière-pensées.

Table 5, dite « KO debout » : duel en la haute altitude de Altiplano avec N2, OlivierL et Xof. Ce dernier, avec 30 points d’avance, laisse ses adversaires KO debout.

Table 6, dite « Le match du siècle » : on déballe Evolution en grand équipage, avec son extension. Un match en défense pour les protagonistes principalement herbivores, caparaçonnés derrière leurs barrières de défense, et paissant sans vergogne à l’image de Neox, à qui Dom expliqua longuement comment manger la graisse qu’il avait accumulée. Seuls carnivores, François-René, qui croqua de petites proies comme Vincent, et votre serviteur qui visait plus gros, mordant François-René au mollet avant de finir par engloutir son propre voisin de cellule. Ce match qui se termina dans un climat glacial sera qualifié comme légendaire par la faiblesse de ses écarts à la table. Qu’on en juge: Dom 66, Neox 59, F-R 57, VHS 56, Vincent 47. Neox aurait pu gagner, mais surtout votre serviteur commit une erreur fatale en ne jouant pas la carte Grimpante en attaque, manœuvre, qui, en attaquant Dom, l’aurait conduit à la victoire. Mais celle-ci lui sera peut-être donnée sur tapis vert, car, après réclamation et enquête nocturne des commissaires, « fourrageur » est un doubleur de nourriture mais le second jeton pris à ce titre n’est pas une « action de nourriture ». On vous épargne les détails, mais les séquences litigieuses mettant en jeu cette règle furent légion, et la VAR a été demandée pour valider les innombrables gloutonneries des herbivores observées dans cette partie à l’aune de cette règle.

Table 7, dite « C’est comme à New York » : Dom invite F-R et Vincent à essayer une nouvelle déclinaison du DUC, véritable corne d’abondance ludique : Biblios, un jeu de cartes rapide fort apprécié de l’autre côté de l’Atlantique mais méconnu par ici. C’est avant tout un jeu de majorité dans 5 couleurs mais la valeur de chaque couleur (3 PV en début de partie) est manipulable en cours de jeu. Sinon il a tout d’un grand : du pari, de l’enchère et des choix pas évidents (quelle carte prendre vs. laquelle laisser aux adversaires ? faut il se spécialiser tôt ?). La première phase où on constitue sa main tout en mettant de côté le lot de cartes qui sera mis aux enchères est un peu répétitive. Mais l’enchère au cours de laquelle il faut gérer son budget tout en surveillant les choix des autres et en manipulant à chaud les valeurs est plutôt réussie. Mécanisme malin, on enchérit pour les cartes « couleur » avec la valeur des cartes « argent » mais on enchérit pour les cartes « argent » avec un nombre de cartes, peu importe leur type. Il n’y a donc pas de mauvaise carte. Ce soir Dom a tout misé sur le Bleu boosté à 6 PV, mais Vincent a flambé aux enchères et donné la majorité en Bleu à .. F-R qui n’en demandait pas tant. Il gagne avec 8 PV contre 5 pour Vincent et 3 pour Dom. Les compères étaient dubitatifs en début de partie mais plus favorables à la fin. Comme tous les jeux d’enchères, Il faut y rejouer maintenant qu’on a une idée des prix et en gardant en tête la distribution des cartes, entre joueur expérimentés les majorités seront très serrées.

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Séance de VENDREDI 22/02/2019 à Servel

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche ».

Animés par une foi religieuse intense, Hans et Sophie Scholl (protestants) ont constitué leur mouvement de résistance avec trois étudiants en médecine que liait une solide amitié. En juin 1942, Hitler étant au sommet de sa puissance, le petit groupe décida d’appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de « dictature du mal ». En quinze jours, les jeunes gens rédigèrent et diffusèrent quatre tracts, signés « La Rose blanche » faisant référence à d’éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citaient parfois la Bible. Leurs lecteurs étaient invités à participer à une « chaîne de résistance de la pensée » en les reproduisant et les envoyant à leur tour au plus grand nombre de gens.

À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficièrent du soutien de leur professeur Kurt Huber de l’université de Munich, qui devint leur mentor. Ils imprimèrent et diffusèrent leurs tracts à des milliers d’exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d’Augsbourg, Francfort, Graz, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin ! Le petit groupe collectait en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s’occupait de leurs familles. Un cinquième tract intitulé « Tract du mouvement de résistance en Allemagne » fut distribué à plusieurs milliers d’exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich !

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Sophie Scholl

Mais le 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie furent aperçus par le concierge de l’université en train de jeter un dernier paquet de tracts. Ils furent aussitôt arrêtés avec leurs amis, et livrés à la Gestapo. Le 22 février, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple chargé des « crimes politiques » se réunit pour un procès expéditif de trois heures. Sophie Scholl lui fit face avec un courage inébranlable.

Le cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, Sophie Scholl, les derniers jours (Sophie Scholl, die letzten Tage).

76 ans après, les voyageurs de Parties Civiles partaient vers de lointains voyages, dont un jusqu’aux confins de l’épouvante. Heureusement, tous en sont revenus pour nous livrer ce récit.

Table 1, dite « Résistance de la pensée » : dans un scénario impitoyables de Demeures de l’épouvante, la pensée de Sébastien, Neox, François-René, Armand et un cinquième protagoniste qui se reconnaîtra n’a pas résisté. Ils ont sombré dans la mort et dans la folie.

Table 2, dite « Chaîne alimentaire » : à cette table familiale (Malo et Yann) et barbue (Vivien et Nicolas II) exploraient Ile of Skye. C’est grâce aux animaux que Vivien l’emporta avec 71, devant Nicolas II, 60, Yann, 57, et le jeune Malo, 40, qui ne rechigna pas entamer ensuite une partie de Honshu avec ses aînés. On ne sait rien de ce voyage plus lointain, la calligraphie de la feuille de score ne nous étant pas parvenue.

Bruges

Table 3, dite « Distribution de masse » : de nouveau à l’honneur après un Notre Dame de vendredi dernier, Stefan Feld nous propose Bruges, avec Dom en VRP de luxe. Un jeu de facture classique et agréable, où notre M.Loyal s’impose de justesse avec 43, devançant Benjamin, 41, votre serviteur, 40 et Xel, 29. Benjamin happé par la nuit, les trois survivants remettent le couvert, et votre serviteur s’impose avec 56, devançant Xel, 56 également mais moins fortunée et donc battue, et Dom, 50. Une victoire conduite sur une tactique implacable de construction de canaux (déjà employée dans la première partie, mais avec d’autres cartes), aboutissant à une distribution de masse de PV: pas moins de 34 points sur les 56 de cette victoire au forceps !

Table 4, dite « Vaine résistance » : Toute résistance à Tristan a été vaine dans cette partie de Terraforming Mars où il s’est échappé loin, très loin de toute atteinte de ses poursuivants Axel et Mickaël.

Table 5, dite « Lien invisible » : et comme on n’allait pas se quitter comme ça, et que ça faisait longtemps, on lança un Codenames final opposant les Bleus (Dom, Tristan, Xel) aux Rouges (VHS, François-René, Axel et Nicolas II en mode « soutien sans participation »).

  • 1-0 pour les Bleus , dans une manche où les Rouges ont été trop timorés, en hésitant sur l’indice décisif Manche pour l’hôtel Agapa
  • 2-0 pour les Bleus qui s’en tirent vraiment très bien en déchiffrant avec une chance insolente l’indice Raccourci à la mode de Xel, qui se rapportait à Ecran et Lien, parce qu’un lien sur un écran d’ordinateur, c’est aussi un raccourci ! En face, les Rouges ont encore joué petit bras, échouant à deviner le Champignon qui se cachait sous Accélérer, ou encore le Bureau de l’Architecte ! Qui ose gagne, c’est la morale de cette affaire.

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Séance de MARDI 12/02/2019 à Servel

Il y a 20 ans jour pour jour, la Banque du Japon abaissait ses taux à 0 %, rendant ainsi l’argent virtuellement gratuit dans l’une des plus grandes économies mondiales. L’Archipel luttait contre les conséquences de la crise asiatique, qui ont abouti à la « décennie perdue », marquée par une stagnation économique et une déflation. Au même moment, les taux aux Etats-Unis s’élevaient à 4,75 %. Le 12 février 1999 marque le début d’ une expérimentation financière hors du commun, qui a inspiré les autres grandes banques centrales. A peine deux ans après avoir testé les taux zéro, la Banque du Japon a lancé un programme de rachats d’actifs, connus sous le nom d’assouplissement quantitatif, et le bilan de la BoJ a explosé. Aujourd’hui, il représente 61,5% du PIB du pays. A l’aube du XXIe siècle, ces mesures visant à relâcher la tension sur les taux souverains et sur le yen ont été perçues comme extrêmes et uniquement applicables au Japon. Mais dans le sillage de la crise de 2008, confrontées à leur tour à la menace de déflation, la Fed et la Banque centrale européenne ont adopté les mêmes recettes. A la différence de la banque centrale américaine et de la BCE, la Banque du Japon est encore loin du moindre tour de vis monétaire, l’inflation étant toujours proche de 0. Dans l’Archipel, l’endettement atteint 230 % du PIB, la BoJ détient 43 % des emprunts de l’Etat nippon (mais aussi une part très significative du marché des actions), les taux des emprunts d’Etat à 10 ans sont toujours négatifs. Surtout, les prix ont à peine progressé en 20 ans, dans ce pays où une personne sur trois a plus de 60 ans. Tout ça pour ça ?

Godzilla prenant le contrôle de la BoJ

A Lannion, cette soirée prévue à 7 se transforma en plan à 4, trois participants déclarant forfait, crédités d’un 0 sur la feuille du concours. Mais pour les quatre qui restèrent, sous les hauts patronages de deux grands créateurs, Michael Kiesling (auteur de Vikings mais aussi Tikal, Azul, Le bien et le malt…), et Carl Chudyk (Innovation mais aussi La gloire de Rome, Red7), la soirée fut tout sauf nulle.

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Vikings

Table 1, dite « Zéro degré » : à Vikings on recrute des compagnons (orfèvres, pêcheurs, nobles, etc…) qu’on installe dans des îles au large des côtes, et qui sont sous la menace oppressante de drakkars menés par des hordes sauvages de vikings venus les attaquer. Le mécanisme de recrutement repose sur le principe d’une roue crantée avec des prix différents. Les mécanismes du jeu sont très subtils, voire déroutants s’agissant des guerriers pour le décompte final. La première partie, un chef-d’oeuvre de virtuosité ponctué par des scores stratosphériques et dans un mouchoir de poche (Vincent 52, VHS 51, Dom 48, Benjamin 46), nous donna envie de remettre le couvert. La table de marque fut moins homogène (Vincent 51, VHS 38, Dom 44, Benjamin 45), sauf pour Vincent, qui signa ici une double victoire de prestige. Zéro degré pour le climat nordique, mais certainement pas degré zéro pour ce jeu prometteur !

Table 2, dite « Un sacré numéro » : alors que Benjamin quitte les lieux, au détour d’une phrase je signale avoir amené Innovation, clin d’oeil à une annonce loufoque postée dans le forum de discussion de cette soirée. Aussitôt une lueur s’alluma dans les yeux de Dom, qui s’empressa de sauter sur l’occasion pour convertir un nouvel adepte ! Comme il l’expliqua à Vincent, Innovation combine deux caractéristiques uniques: aucune partie ne se ressemble, et rien n’est jamais perdu à ce jeu qui peut voir des rebondissements incroyables. Ce fut en tous cas une superbe partie, avec deux tournants: le premier au mitan du jeu, lorsque je souffle la domination 4 à Dom au terme d’un plan totalement machiavélique, et le second en toute fin du jeu où, alors que j’ai déjà 4 dominations, Vincent applique un effet qui me donne un énorme coup de boost sur mes ressources en décalant en haut une pile bleue longue comme le bras, ce qui me conduit à une victoire certaine avec une carte 10 imparable. Fait extrêmement rare, je termine la partie avec trois dominations hors des âges: Culture, Technologie, et Diplomatie et l’ensemble me résume assez bien – « c’est tout moi » conclus-je même sans trop de modestie !! Cette partie se termine sur le score de 2 (Dom) – 0 (Vincent) – 5 (Votre très Humble Serviteur) et, pour ceux qui ont connu les années 1980, cela nous rappelle un sacré numéro !

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Séance de VENDREDI 08/02/2019 à Servel

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Dmitri Ivanovitch Mendeleïev

En ce 8 février, Dmitri Ivanovitch Mendeleïev aurait eu 185 ans. Connu pour son travail sur la classification périodique des éléments, publiée en 1869 et également appelée « tableau de Mendeleïev », il démontra que les éléments chimiques pouvaient être arrangés selon un modèle qui permettait de prévoir les propriétés des éléments encore non découverts. Moins connue, une légende folklorique russe prétend que Mendeleïev serait « l’inventeur de la vodka » pour avoir déterminé le degré idéal d’alcool de la vodka à 38° – par la suite fixé à 40° pour faciliter le calcul de taxes sur l’alcool. Cette légende s’appuie entre autres sur le fait que Mendeleïev fut directeur du bureau des poids et des mesures de Saint-Pétersbourg et consacra sa thèse doctorale à la combinaison de l’alcool et de l’eau. Si l’histoire reste très populaire, elle est contredite par les faits, le degré alcoolique normalisé de la vodka à 40° ayant été introduit en Russie dès 1843 !

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A Lannion, une indéfinissable alchimie règne dans les soirées de Parties Civiles. Si toute classification de ses éléments est vaine, relevons cependant, le temps d’un soir le challenge d’associer les tables par affinitiés…

Table 1, dite « Alchimie parfaite » : deux valeureux aventuriers, Olivier et Sébastien, s’affrontent à Claustrophobia 1643. Cette histoire débute à Prague, le 23 mai 1618. Lors d’une réunion avec le roi Mathias 1er, Empereur du Saint-Empire et souverain de Bohême, des protestants sont défenestrés. Rarement négociations s’achevèrent si mal : si un monticule de purin sauve ces gens d’une mort certaine, l’agression allume la mèche d’un tonneau volatil. Ce tonneau mûr pour une guerre sanglante a un nom: l’Europe. 25 ans plus tard, un affrontement sanglant a lieu pour le contrôle d’une colonie humaine fondée sur les rives du Styx: la nouvelle-Jérusalem. Et nous voivi en 1643… Dans ce jeu de survie actique, l’un des joueurs dirige le groupe d’humains qui explore les lugubres couloirs infernaux et affronte un flot incessant de troglodytes, alors que son adversaire incarne les démons qui prennent d’assaut ces aventuriers. A l’issue d’une joute haletante, l’inattendu se produisit: une égalité scella l’alchimie parfaite enre les deux compères !

Table 2, dite « Semelles de plomb » : à la table de Scythe, quatre costauds venus du froid s’attaquèrent au petit Paul, vêtu de l’uniforme allemand. Leurs semelles de plomb résonnant sur le champ de bataille ne lui laissèrent aucune chance, et le benjamin sombra (4 PV, 0*) non sans une dernière attaque kamikaze sur la brute de Crimée (Jack), qui régla l’affaire (41, 6*). Les frères slaves Russe (Vincent, 28 PV, 4*) et Polonais (Xof, 29 PV, 3*) ne furent pas en reste pour faire parler la poudre, laissant à bonne distance Jeff-le-viking (15 PV, 2*).

Table 3, dite « Nickel chrome » : à Spirit Island une équipe soudée composée de la sainte-trinité Xel, François-René et Neox garde une île paradisiaque des humains l’ont découverte et s’y installent. A coups de tonnerre, d’inondations, de famines et d’autres subterfuges, ils ont réussi à chasser les envahisseurs, tout ceci en protégeant les tribus autochtones respectueuses de leurs dieux. Une victoire nickel chrome.

Table 4, dite « Le quatrième élément » : Tristan, Olive et Doc Nico réussissent enfin à jouer à Wildcatters en enrôlant l’indispensable quatrième élément: ce fut Mickaël. Une campagne d’excavation de l’or noir au très long cours s’ensuivit, dont nous suivrons la conclusion sur le forum. Une chose est sûre, la terre n’en sortit pas indemne.

La main finale de votre modeste chroniqueur lui rapporta 198 PV: 50+60+40+40+8

Table 5, dite « Laborantine » : Vivien, Dom et votre modeste narrateur jouent les cobayes de Frank pour tester le dernier opus de sa création, Ceux de ma tribu. Comme dans une expérience de laboratoire, ils ont soupesé chacune des options, commenté les choix de règles, et les PV des différentes combinaisons de ce jeu basé sur de subtils modèles probabilistes ! Nous avons aussi voyagé en paroles, de Cannes à Essen en passant par Parthenay, étirant jusqu’à la fin de soirée les 20 minutes théoriques de ce jeu moins petit qu’il n’en a l’air. Si le créateur du jeu l’emporta avec 650 à la tête d’une horde d’animaux, Dom se distingua sur les lieux avec 550, votre serviteur misa sur les ours, les prêtres et les groupes d’animaux (198), et Vivien (158) joua un peu – souvent à la place des autres – et commenta beaucoup. Si, dans le jeu comme dans le tourisme, ce n’est pas la destination qui importe, mais le voyage, cette table en fut la parfaite illustration.

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L’hiver en fête SAMEDI 26 et DIMANCHE 27/01/2019 à Ste-Anne

Ce week-end, dans l’espace prestigieux de la salle d’animation de l’espace Ste-Anne, Parties Civiles organisait (avec nos amis de la Ludo le samedi) deux après-midis ludiques dans le cadre de l’hiver en fête. Petits et grands Lannionais s’y sont retrouvés autour de tables de Kingdomino, King of Tokyo, Hanabi, Azul, Snow Time, les Aventuriers du rail ou encore Splendor, sans oublier un final homérique à Innovation (victoire 6-4 de Dom face à votre serviteur).

Merci aux gentils organisateurs, aux vaillants animateurs de tables, aux costauds manutentionnaires, aux élégants modèles (qui ont posé pour la photo, pas celle ci-dessous mais une autre que vous trouverez dans un vrai journal), et enfin, à tous les dociles cobayes qui se sont prêtés au jeu: il vous le rend bien !

Séance de VENDREDI 25/01/2019 à Servel

Le 25 janvier 42, saint Paul était terrassé par une force surnaturelle sur le chemin de Damas. Si le christianisme n’est pas resté une secte juive parmi d’autres mais est devenu une grande religion universelle, c’est à Paul de Tarse qu’il le doit. Il naît citoyen romain d’origine juive et de langue grecque à Tarse, en Anatolie, vers l’an 9. Son nom est Saül.

Saint Paul sur le chemin de Damas, par Brueghel l'Ancien (Flandres, XVIe siècle), détail

La Conversion de saint Paul (détail),
Pieter Brueghel l’Ancien,1567.
Musée d’histoire de l’art de Vienne

Il fait de solides études hébraïques puis, devenu rabbin, enseigne les Écritures juives à Jérusalem. C’est l’époque où les disciples de Jésus commencent à prêcher la doctrine chrétienne. Saül prend violemment parti contre eux. Il obtient du Sanhédrin, le tribunal juif qui siège au Temple, la mission de pourchasser les chrétiens de Syrie.

Sur le chemin de Damas, une voix lui crie : «Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ?» Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. » Paul sortit de cette rencontre profondément bouleversé et définitivement persuadé que celui qu’il persécutait était le seigneur donné par Dieu pour le salut de son peuple. Selon les Actes des Apôtres, suite à ce bouleversement, il perdit la vue pendant trois jours. À la suite de ces trois jours, il fut baptisé au nom du Christ. Immédiatement après, il recouvra la vue. Saül se convertit peu après. Il prend le nom de Paul, traduction latine de Saül, pour se faire mieux accepter dans le monde gréco-romain, puis effectue au total trois grands voyages d’évangélisation en Asie mineure, en Grèce et jusqu’à Rome, multipliant partout les conversions.

1977 ans après, à Lannion, où la religion particivilienne fait de nouveaux adeptes chaque jour que Dieu fait, il était question de conversions, d’illuminations et de voyages épiques.

Altiplano
Altiplano

Table 1, dite « Là-haut » : suivant Nicolas II sur les sentiers tortueux de l’Altiplano, nous récoltons le maïs, coupons le bois, manions la pierre, tondons les alpagas pour en faire des chandails, en nous déplaçant perpétuellement entre montagnes, forêts, maisons, lacs et plaines. Dans notre sac, ces ressources se mélangent, sont produites, consommées, vont dans un petit panier puis y reviennent: c’est un jeu de bag building.
Outre ce mécanisme original pour un jeu de gestion de ressources, et la question des déplacements, l’existence de l’entrepôt est une autre trouvaille: on peut y stocker ses biens – ce qui fait marquer des points et évite de pourrir son deck. Ce jeu qu’on annonçait court mais que nous bouclons en trois heures à quatre est une réussite indiscutable. Essouflé par l’altitude de la haute route, je parvins un peu tard au haut plateau, lesté de 101 PV, devancé par Thibault (123), et Nicolas II (124), mais surtout par Tristan (197), qui, seigneur du verre et du cacao, nous toisait de là-haut.

Table 2, dite « Là-bas » : Inis se déroule à l’époque des Celtes anciens, quand histoire et mythologie ne faisaient qu’un. Les joueurs sont des chefs conduisant leurs clans au-delà des mers, depuis l’Irlande jusqu’à une île récemment découverte. Ils s’y installent, l’explorent, rallient des clans, construisent citadelles et sanctuaires, cultivent la terre, exploitent les mines. Les bardes content les récits des dieux et des héros, le druide les conseille, le maître-artisan immortalise leur grandeur. A l’issue de cette partie serrée, Xof ne fut pas contesté comme Brenn (chef provisoire), ce qui lui donne la victoire car il était à égalité avec Dom. Olive et Mickaël ont apprécié le voyage.

Table 3, dite « Ailleurs » : à Burn Out, qui est la première extension d’Eden, le jeu d’escarmouche post-apocalyptique, Sébastien prend sa revanche après sa correction de la semaine dernière, et mate Olivier L. sur le score de 65 à 60. Cette semaine, la vérité était ailleurs.

Table 4, dite « Du chemin de Damas » : revisitant l’histoire tragique des guerres du monde, et plongé dans l’obscurité d’un Twilight struggle chaotique comme un champ de bataille syrien, Maxime ne retrouva pas la vue. Le Doc Nico, pourtant sur les lieux, n’y put rien faire, remportant ainsi une victoire par forfait.

Table 5, dite « Essentielle » : L’homme se définit de manière négative pour Sartre, en opposition à ce qui n’est pas lui. Un cendrier a été pensé pour une fonction précise, prédéterminée: l’essence du cendrier précède son existence. Il en va de même de l’homme si on pose Dieu comme créateur de l’Univers. Le concept d’homme étant dans l’esprit de Dieu, l’homme devient cendrier, c’est-à-dire objet, et non sujet. C’est la raison pour laquelle, chez Sartre, Dieu ne peut pas exister. Car l’existence signifierait que l’homme a une essence, donc n’est pas libre, ni responsable de ses actes. A cette table de Battlestar Galactica, nous trouvons un leader cylon, à tout seigneur tout honneur Neox, leader d’une résistance héroïque, mais surtout deux traîtres néophytes: Elisa et Kaelig. La première brûla comme une biscotte hérétique dans un grille-pain en révélant sa nature dès le premier tour, le second persista dans sa fourberie, mais fut vite démasqué. Et comme c’est sur une panne de carburant que les humains perdirent le combat, on en conclura que ceux-là (Vivien, François-René, Xel, Jérôme) n’étaient pas assez chrétiens: à se focaliser sur leur existence, ils en oublièrent l’essence.

Table 6, dite « Evangéliste » : muni de son bâton de pélerin, Dom fait deux nouveaux convertis à Innovation – à savoir Xof et Mickaël, deux futurs évangélistes à coup sûr. Le quatrième évangéliste en jeu, Olive est plutôt ce qu’on appelerait un catholique malgré lui: s’il en connaît les règles, il n’en partage pas les préceptes et on doute qu’il suive les chemins de Saint-Paul pour en propager la foi. D’ailleurs, formant équipe avec Mickaël, il l’entraîna dans sa chute (2-6 face à la paire victorieuse Dom et Xof).

Table 7, dite « Aux heures canoniales » : Dieu ne joue pas aux dès, mais les apôtres de Parties Civiles si: passé les mâtines et à l’approche des laudes, Tristan, Thibault, Doc Nico et Nicolas II se lancent dans un Dice forge frénétique dont il vous faudra lire l’issue dans les saintes écritures du forum.

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Séance de MARDI 22/01/2019 à Servel

Le 22 janvier 1905, on enterrait Louise Michel, anarchiste et militante active de l’extrême-gauche, morte le 9 janvier précédent à Marseille, victime d’un coup de froid. Ses funérailles rassemblent une foule de plusieurs milliers de personnes à Paris. Louise Michel reste une figure emblématique du mouvement anarchiste et du mouvement ouvrier en général. Pas moins de 190 écoles, collèges et lycées lui ont donné son nom. Un vocabulaire relevant de celui réservé aux saintes et aux hérétiques qui lui est parfois appliqué : quand elle n’est pas la « Bonne Louise », elle est la « Vierge rouge » (dixit Verlaine).

Le même jour débutait la première révolution russe: à Saint-Pétersbourg: l’armée tire sur une manifestation d’ouvriers et de paysans devant le palais d’Hiver. En l’absence de l’empereur, qui se trouvait dans la résidence de Tsarskoïe Selo (Nicolas II détestait Pétersbourg, qu’il qualifiait de « cloaque »), le commandement armé, dépassé par l’ampleur de la manifestation, aurait pris cette initiative.

114 ans après, à Lannion, on célébrait à sa façon les deux mamelles de la révolution: l’imagination et la domination.

Les funérailles de Louise Michel à Paris le 22 janvier 1905 (Albert-Pieters Desteray)

Albert PetersDesteray, Les obsèques de Louise Michel, Eau-forte en couleurs, 1905

Table 1, dite « L’imagination au pouvoir » : où Thibault entraîne Tristan et Benjamin dans le monde étrange d’Imaginarium. On y répare, démonte, combine et utilise de curieuses machines pour obtenir du charbonium et autres ressources qui permettront de réparer d’autres machines plus puissantes. Le Fab Lab n’a qu’à bien se tenir avec cet atelier surreéaliste dont Thibault sortit en maître.

Imaginarium
Imaginarium

Table 2, dite « Dominus maximus » : où Dom parvient à attirer deux victimes consentantes à Glory to Rome. Tel un maître de maison pressé de congédier ses hôtes, il mettra abruptement fin à cet agréable commerce en rushant la fin de partie, à la hussarde. Il l’emporta avec 32 – laissant sur le carreau Olive (26), et votre serviteur (19), qui, plutôt que cette issue précoce, avait tablé sur une soirée aux chandelles en compagnie de Carl Chudyk.

Table 3, dite « La tsarine » : Pionnière du féminisme, Louise Michel écrivit dans ses Mémoires : « Notre place dans l’humanité ne doit pas être mendiée, mais prise ». Lui emboîtant le pas, Xel s’impose dans un Dominion où Nicolas II opposa une vaillante mais pacifique résistance. Camille, Jérôme et François-René ont admiré.

Table 4, dite « L’union fait la force » : dans un Room 25 100% coopératif, la table 3 s’était entourée de deux renforts de poids: Neox et Doc Nico, qui ont fait pencher la balance du bon côté.

Table 5, dite « Anarchie organisée » : Imagine est un jeu où l’on s’empare de dessins pour faire deviner toutes sortes de choses. Avec Thibault, la table 2 s’y est bien amusée, et s’est parfois torturé l’esprit jusqu’à inventer des expressions imaginaires, notamment un fameux « Mourir comme un poisson dans l’eau » !

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Séance de VENDREDI 11/01/2019 à Servel

Jules César traverse le Rubicon le 11 janvier de l’an 49 av. J.-C. Petit fleuve côtier d’Italie centrale qui se jette dans l’Adriatique, le Rubicon sépare la Gaule cisalpine, une province romaine ordinaire, du territoire administré en direct par les magistrats romains (la ville de Rome et la péninsule italienne). La loi de Rome interdit à quiconque de franchir ce fleuve avec une armée, sauf autorisation expresse du Sénat. Traversant sans autorisation le Rubicon avec ses troupes, César viole cette loi et lance un défi mortel au Sénat qui dirige la République.

Quand Jules César traverse le Rubicon, la république romaine agonise depuis plusieurs décennies. Il ne reste plus rien du premier triumvirat constitué dix ans plus tôt par César, Pompée et Crassus pour mettre fin aux guerres civiles. Crassus a trouvé la mort au combat face aux Parthes en 53 av. J.-C., tandis que Pompée, qui a obtenu le titre de consul, bénéficie du soutien des sénateurs (parmi lesquels l’orateur Cicéron). Pompée se fait couramment appeler « princeps », ce qui signifie le premier des citoyens (d’où nous vient le mot prince). Mais il n’ose pas intervenir avec ses troupes à l’intérieur de Rome pour imposer ses volontés au Sénat et mettre fin aux luttes de factions. C’est pourtant le même homme qui aurait dit : « Je n’ai qu’à frapper la terre du pied et il en sortira des légions ».

En 50 av. J.-C., Pompée convainc le Sénat de lancer un sénatus-consulte contre César, enjoignant à celui-ci de prendre congé de son armée. C’est le retour des guerres civiles ! César, ayant franchi le Rubicon avec la XIIIe Légion, longe l’Adriatique, entre dans la Ville éternelle, en chasse Pompée et soumet en neuf semaines l’Italie entière. Pompée, maladroitement, laisse sept légions dans son proconsulat d’Espagne, sous le commandement de ses légats. Il tente de constituer une autre armée en Macédoine, au nord de la Grèce, dans l’espoir de prendre César en tenaille. Parant au plus pressé, César gagne l’Espagne en suivant la côte (il ne dispose pas de flotte). Sur le chemin, il met le siège devant Massilia (Marseille) qui a pris parti pour son rival. La ville résistera plusieurs mois. Sans attendre sa chute, César atteint l’Espagne et disperse les troupes adverses. Là-dessus, il poursuit Pompée lui-même en Grèce et va le battre à Pharsale.

Ecoutons Suétone, le contemporain de César: Lorsqu’on eut annoncé à César que le droit d’intercession des tribuns avait été supprimé et qu’ils étaient sortis de la Ville, aussitôt il envoya en secret des cohortes qui prirent les devants et, pour ne pas éveiller de soupçon, il assista par dissimulation à un spectacle public, examina le plan d’une école de gladiateurs qu’il devait faire construire et se livra, selon sa coutume, au plaisir d’un festin. Puis, après le coucher du soleil, il fit atteler à un chariot des mulets pris au moulin le plus proche, et s’engagea avec une faible escorte dans le chemin le plus détourné. Les flambeaux s’étant éteints, il s’égara et erra longtemps. Au point du jour, il trouva un guide, marcha à pied par des sentiers extrêmement étroits et rejoignit ses cohortes au fleuve de Rubicon, qui était la frontière de sa province. Là il s’arrêta quelques instants, et, supputant la grandeur de son entreprise, il se tourna vers ceux qui l’accompagnaient : « Maintenant encore, dit-il, nous pouvons revenir sur nos pas ; mais, si nous passons ce petit pont, le sort des armes décidera de tout. »

Il balançait encore, lorsque eut lieu le prodige suivant. Un homme d’une taille et d’une beauté remarquables apparut soudain, assis tout près et jouant du chalumeau. Outre les bergers, un grand nombre de soldats des postes voisins était accouru pour l’entendre, et, entre autres, des trompettes. Il saisit la trompette de l’un d’eux, s’élança d’un bond vers le fleuve, et sonnant une fanfare avec une force extraordinaire, il se dirigea vers l’autre rive. Alors César : « Allons, dit-il, où nous appellent les prodiges des dieux et l’iniquité de nos ennemis ! il faut jeter le dé. »

César franchissant le Rubicon (Jean Fouquet, XVe siècle,  enluminure sur vélin,  Musée du Louvre, Paris)

Histoire ancienne jusqu’à César et Faits des Romains, César franchissant le Rubicon
manuscrit enluminé, attribué à Jean Fouquet, circa 1470, musée du Louvre

1968 ans après, à Lannion, les dés étaient jetés sur de nombreuses tables lors d’une soirée foisonnante où nous accueillimes la valeureuse équipe d’un escape game version eco-centre dont on vous reparlera aux beaux jours (qui ne sauraient tarder, winter is leaving).

Table 1, dite « Avant le Rubicon » : à cette table de Disque-Monde Ankh-Morpok, nous trouvons donc Elisa et Aurélien, nos MJ éco-responsables. La première a failli gagner, avant que Kree’Nox n’y mette bon ordre, et si ce n’était pas lui, Nicolas II passait derrière. A Parties Civiles, on est civils, mais l’hospitalité a ses limites – il y a des Rubicon à ne pas franchir !

Table 2, dite « Après le Rubicon » : les mêmes enchaînent à Meowtopia et là, le Rubicon est bel est bien franchi: notre visiteuse s’impose en ayant fait le champ le plus trempé !

Table 3, dite « Traitement de faveur » : on enchaîne à 7 wonders où Nicolas II a récolté les faveurs sonnantes et trébuchantes de Kree’Nox, parce que c’est un gentil garçon, et que, concrètement c’était le seul à ne pas lui taper dessus. Cette bonté d’âme porta le fruit de sa récompense, le départageant d’Aurélien avec qui il était en égale compagnie.

Table 4, dite « Alea jacta est » : on boit frais et on enchaîne toujours, sans temps mort, à Dice Forge, où Nicolas II enquille un trophée de plus, profitant de l’insigne malchance de Kree’Nox aux dés. N’est pas César qui veut.

Histoires de peluches

Table 5, dite « Premier des citoyens » : Histoires de Peluches est un jeu d’aventure inhabituel dans lequel les joueurs endossent les rôles de peluches courageuses cherchant à sauver l’enfant qu’elles aiment d’un esprit magique et diabolique. Olive y endossa à merveille le rôle du justicier, et ce n’est pas que composition.

Table 6, dite « Légionnaires antiques » A l’ère de la découverte, les plus grandes villes du Portugal prospèrent. Outre Porto et Lisbonne, c’est le cas de la ville de Coimbra et sa célèbre université. Chef d’une des plus vieilles familles de Coimbra, vous sentez que la richesse croissante de la ville renforce le sentiment d’insécurité parmi ses citoyens. Vous employez donc votre propre légion de gardes de sécurité pour offrir des services de protection aux érudits, membres du conseil, marchands et clercs les plus influents de la ville. Vous voulez attirer les faveurs de certains mais tous ne peuvent pas être convaincus avec de l’argent. Dans Coimbra, il y a plusieurs façons de remporter la victoire: revenus financiers, recrutement de nouveaux gardes, progrès académique, relations avec les monastères environnants ou voyages de l’époque. De nos quatre légionnaires beaux comme l’antique, j’ai nommé Xel, Doc Nico, Tristan et Mickaël, c’est le dernier cité qui fut désigné primus inter pares.

Coimbra

Table 7, dite « Fors l’honneur » : la table 6, décidemment voyageuse, se propulse jusqu’à Antler Island où Xel a beaucoup biché, mais, faute d’honneur, a cédé le sabot à Tristan.

Table 8, dite « Aléa et jactas » : l’équipe de choc de Sherlock Holmes: Detective conseil évolue et, avec l’incorporation de trois jeunes recrues, change de nature. Dans ce deuxième opus du sequel basé à Carlton House, on cherche à résoudre l’enquête, c’est certain, mais on jacte aussi beaucoup, on mange des bonbons, on croque des gâteaux, et on raconte des histoires. C’est Dom qui fredonne du Sacha Distel à propos d’une hypothèse farfelue « Ton père n’est pas ton père et ton père ne le sait pas », votre serviteur qui renchérit sur Renaud, parce que qu’on parlait cuisine et magazines de recettes aux pages collées de sucre, une histoire de vieux new cook. On apprit aussi à l’occasion que « les patrons sont toujours coupables », et, au sujet des femmes, que « c’est moins cher d’en avoir plusieurs pour la nuit qu’une seule pour la vie » (on vous laisse attribuer ces citations à leurs auteurs). A part ça, il y avait une enquête, donc. Même si ça s’appelait « L’assassin habite au 221 », on se doutait un peu qu’il ne suffisait pas de se pointer à Baker Street pour solde de tout compte, on n’est pas non plus des perdreaux de l’année, faut dire ! On s’est doctement interrogé sur la phrase polysémique « il a bien mérité le repos éternel », et, si on a bien compris le gros de l’intrigue, il nous manqua la loupe pour les détails de l’affaire, qui, il faut bien le dire, était pleine d’alea. Et, comme nous le serine à l’envi Didier Deschamps, le haut niveau, ça se joue sur les détails. Faute d’avoir assimilé ce principe de base, notre équipe de choc fut sanctionnée du score négatif de -5, et n’atteignit donc pas son objectif, à 105 points près. Un détail, sans doute. Mais elle s’est bien amusée, et, pour s’assurer de retrouver ensemble au moins une fois de temps en temps chaleur humaine, Haribo crocos et quelques lueurs d’intelligence, décida de se réunir désormais tous les sixièmes vendredis de chaque mois.

Table 9, dite « Légionnaires modernes » : on allait oublier, il y avait un éléphant dans la pièce de Sherlock: l’univers de Star wars legions s’y déployait en majesté, avec Jeff et Jack à la manoeuvre. A un moment on trouvait que Jack parlait fort, mais on n’a rien dit.

Table 10, dite « Tu quoque mi fili » : pendant que toutes ces tables se déployaient, il y en avait deux qui faisaient leur petite affaire tranquilles dans leur coin, en père tranquille et fils de bonne famille. A Architectes du royaume de l’Ouest, on peut donc vous affirmer de très bonne source que Baptiste remporta une première victoire avant d’être corrigé par Neox dans la seconde manche et de quitter derechef les lieux. Mais, pour le reste de la soirée, le président fut fort civil.

Table 11, dite « Au plaisir d’un festin » : Notre légion compte quelques ludivores, de ceux pour qui le menu n’est jamais trop long à la table de Parties Civiles, capables de dire encore quand il n’y a plus rien en cuisine (mais la cuisine a ses caches…). Tristan et Doc Nico sont assurément de cette étoffe: on les vit, dans la torpeur de la nuit, plongés dans un Ganymède dont l’issue nous est incertaine. Il vous faudra aller sur la place du forum et interroger les témoins pour savoir qui, des deux frères d’armes, alla ad patres.

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Séance de MARDI 08/01/2019 à Servel

Le 8 janvier 1950, disparaissait l’économiste autrichien Schumpeter.
L’innovation est à la fois source de croissance et facteur de crise. C’est ce que Schumpeter résume par sa célèbre formule « destruction créatrice ». Les crises ne sont pas de simples ratés de la machine économique: inhérentes à la logique interne du capitalisme, elles sont salutaires et nécessaires au progrès économique. Les innovations arrivent en grappes au creux de la vague dépressionniste: la crise bouscule les positions acquises, rend possible l’exploration d’idées nouvelles et ouvre des opportunités. Au contraire, en phase de croissance, l’ordre économique et social bloque les initiatives, ce qui freine le flux des innovations et prépare le terrain pour une phase de récession, puis de crise.

Il aimait dire qu’il avait eu trois objectifs dans sa vie : être le meilleur amant du monde, le meilleur cavalier du monde et, bien entendu, le meilleur économiste du monde. Et, poursuivant, dans un geste de fausse modestie, il ajoutait que de ces trois objectifs, il n’en avait atteint que deux. Jamais il ne voulut dire desquels ils s’agissaient. Nous continuons à nous demander lequel de ses trois plans échoua !

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Schumpeter

68 ans après, à Lannion, amants, cavaliers et économistes étaient en lice. Qui a été le meilleur ? Lisez ce qui suit pour le savoir !

Table 1, dite « Aux cavaliers » : sous la plume de Dom, voici le récit de cette partie de découverte de Western Legends pour Neox, DocNico, Dom et François-René. C’est un jeu situé dans l’ouest américain mythique où on peut mener des activités diverses allant de l’orpaillage au commerce de bétail, en passant par l’attaque de banques et le fait d’aller au saloon admirer des danseuses à la cuisse légère. Très ouvert et bien thématique, il permet de choisir des vies très calmes (je pioche dans la mine-je vends) mais aussi de devenir un hors la loi (je détrousse-je flambe) ou un justicier (je flingue-j’arrête). Parmi le matériel, un jeu de 52 cartes classiques qui peuvent être utilisées pour des mains de poker, pour les combats au revolver (le joueur avec la plus forte carte blesse l’autre) mais aussi pour un pouvoir spécial. Pour cette première visite, quelques inévitables tâtonnements de règles (et un plateau mal lisible). F-R part à fond dans une vie de mauvais garçon à laquelle le Doc met fin en le coffrant, ce qui le déleste de ses biens mal acquis. Mais c’est le Dom qui, incarnant l’ordre comme marshall et arrêtant quelques bandits sans oublier d’aller se distraire au saloon, prend le large sur la piste des Points de Légende et l’emporte.

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La voie des pandas

Table 2, dite « Aux amants » : sur La voie des pandas,  Kree’nox a été laissé tout seul tranquille dans son coin par Olive et Nicolas II. Tant et si bien qu’il a fait fructifier ce plaisir solitaire jusqu’à l’issue prévisible. Puis, à Dice forge, Nicolas II, le pourtant malchanceux aux dès, a emporté la mise – il sera donc heureux en amour.

Table 3, dite « Aux économistes » : à cette table de petits jeux de gestion en mode « no new rules », on a d’abord vu Camille s’imposer à King of Tokyo puis Xel à Non merci ! et encore à Level Up. Dans le premier cas, votre serviteur fut tué, puis ressucita, en vain. Dans les deux autres, il sombra corps et biens.

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