Séance de VENDREDI 23/01/2026 à Servel

Comme Lavoisier, Claude Chappe faisait partie des privilégiés de l’ancien régime. Il naît en 1763 dans une famille aisée de Sarthe ouverte aux techniques et aux sciences (son oncle était astronome et fut envoyé en Sibérie par l’académie des sciences pour observer un transit de Vénus devant le soleil, un sacré périple) et étudie au collège jésuite de la Flèche, fameuse institution à l’époque qui compta Descartes parmi ses anciens élèves. Il obtient une position ecclésiastique assortie d’une bonne rente et peut alors se consacrer à son intérêt pour la physique. Fini tout cela à la Révolution, le voilà de retour sur les terres paternelles où il retrouve ses frères avec qui il travaille à un système de télégraphe optique.

L’idée de communiquer à distance par des signaux visuels n’est pas nouvelle mais sa contribution est d’organiser un système industriel complet avec construction de bâtiments sur des points hauts, recrutement et formation du personnel et invention d’un code original utilisant un bras rotatif aux extrémités articulées, facile à construire, qui reste discernable à grande distance et qui résiste bien aux tempêtes. Entrepreneur pionnier des réseaux de télécommunications, soutenu par son frère Ignace qui était membre de l’assemblée législative, il procède à des démonstrations convaincantes après pas mal de mises au point ; en 1793, avec l’ennemi aux frontières, il obtient le financement d’une ligne de télégraphe de Paris à Lille. En 1794, la nouvelle de la prise de la ville de Condé-sur-Escaut parvient à Paris en une heure, bien plus vite que n’importe quel cavalier. C’est la reconnaissance et plusieurs autres lignes sont construites, dont Paris-Brest en 1799 (qui traversait les Côtes d’Armor avec des stations notamment à Lanrodec et à Plougonver). Chappe prend la tête de l’Administration des Lignes Télégraphiques. A son apogée le réseau compte 8 lignes avec plus de 500 postes sur 4000 km mais à partir des années 1840 l’arrivée du télégraphe électrique, insensible aux conditions météo, transmettant l’information à plus haut débit et nécessitant moins de personnel le rend irrémédiablement obsolète et met fin à cette épopée économique d’un demi-siècle. Mais auparavant son inventeur est retrouvé mort au fond d’un puits à Paris le 23 janvier 1805, présumé suicidé. Une statue lui rendant hommage existait Boulevard Saint-Germain mais fut fondue en 1941.

Arrêtons-nous enfin sur deux aspects techniques intéressants du télégraphe de Chappe :

  • Chaque extrémité mobile pouvait être orientée dans 7 positions tandis que le bras principal de 4,6 m était soit horizontal soit vertical. Cela donnait un vocabulaire de 98 signaux (7 x 7 x 2), soit 92 symboles et 6 signaux de service. En les groupant par paires (il ne fallait pas se désynchroniser !) on pouvait communiquer 8464 (92 x 92) mots ou expressions : le premier code était le numéro de la page, le second le numéro de la ligne dans la page. Ce n’était donc pas un code alphabétique comme le fameux ASCII. Pour des raisons de confidentialité, seul un nombre restreint de directeurs disposaient du livre de vocabulaire qui était périodiquement renouvelé. Dans le Comte de Monte-Cristo, le héros (proto-hacker ?) soudoie un employé du télégraphe pour envoyer une fausse nouvelle visant à ruiner un banquier.
  • Il a fallu disposer d’instruments d’optique de qualité, des lunettes grossissant de 30 à 60 fois, mises au point à Londres à la fin des années 1750. Chaque station en avait deux réglées une fois pour toutes, visant les stations amont et aval à une distance de 10 à 20 km. Chacune coûtait plusieurs mois de salaire d’un employé au point que le pouvoir politique initiera le développement d’une industrie nationale d’optique pour ne plus dépendre des anglais.

Table 1, dite « Sacré périple » : Nouveau run de Tamashii : Chronicle of Ascend pour Stéven, Samuel et Fabrice. Ce soir ils doivent livrer différentes bricoles dans la galaxie mais face à eux cela ne rigole pas. Leur but principal est de survivre, ce qu’ils ont finalement réussi à faire.

Table 2, dite « Décodage hasardeux » : C’est cinq parties de l’apprécié The Gang qu’enchaînent F-R, Jérome, OlivierB, Armand et Bérenger. Il semble que la communication avec ce dernier ait été problématique ce qui donna 4 défaites sur 5, avec la consolation d’un perfect pour la dernière manche. La table réduite à trois dispute ensuite un Aeon’s End (coopératif) : face au boss « Chevalier des entours » ils ont gagné de justesse, avec juste un être survivant dans le village qu’ils devaient défendre, et il n’est même pas sûr que c’ait été un humain.

Table 3, dite « Radiocommunications » : Toujours loin mais loin dans l’espace une partie de S.E.T.I regroupe Fred (le seul à connaître), Corentin, CarolineTH et Sébastien. La partie a duré longtemps mais longtemps, et tout ce que nous avons capté sur notre radiotélescope de poche est que Caro & Seb galéraient, le second regrettant le choix de sa faction.

Table 4, dite « Epopée économique » : Ici pas de galères mais des barcasses ventrues appelées cogues, c.a.d de robustes cargos hauturiers qui sillonnaient la mer du Nord et la Baltique à l’époque de la Hanse. Quatre armateurs autour de Kogge : Tristan, Olive, Pierre-Yves et VHN. Une belle partie, très disputée et pleine de coups habiles et d’émotions. Olive et Dom, dans le sillage l’un de l’autre, parviennent à construire un second comptoir dès le premier tour. Tristan n’est pas en reste et P-Y, le seul à découvrir, se rôde aux conséquences subtiles des actions de jeu. L’auteur de ces lignes ne peut qu’encore une fois chanter les louanges de ce jeu original où on peut construire des coups créatifs mais où les joueurs qui vous précèdent disposent de plein de façons de faire tout dérailler (en changeant le stock de ressources dans les villes, en y construisant un comptoir avant vous, en modifiant la topologie des liaisons intervilles, ou plus grossièrement en pillant votre cargaison), d’où l’importance de l’enchère souvent cruciale de début de tour. On y joue un nombre variable de cartes qui vont à la fois déterminer l’ordre du tour (avec un petit bonus au premier qui décide du déplacement de l’échevin) et dans quelles villes de nouvelles ressources vont apparaître (… à condition qu’il en reste dans la réserve, là aussi on peut interférer avec vos plans). Tout ça pour dire qu’après moultes péripéties (P-Y qui pille sans conviction un Dom désigné à la vindicte populaire, Tristan qui accumule un butin considérable en pillant Riga mais que Olive, en faisant un triple déplacement, repille aussitôt -en ce cas la victime perd la moitié de sa cargaison mais il restait encore une dizaine de cubes au barbu qui put dans la foulée à la fois construire un comptoir et acquérir un jeton-bonus-) on retrouve trois joueurs à égalité avec 4 points de développement (DP) ; l’échevin est loin d’avoir bouclé son deuxième tour donc la partie va prendre fin au profit du premier à gagner son cinquième DP. Olive et Tristan ont l’avantage de pouvoir rejoindre à volonté la ville de l’échevin tandis que Dom a 6 cubes gris, il lui faut rejoindre l’échevin par les routes disponibles. Avec deux « 2 » en main, il peut remporter l’enchère mais, ayant bêtement révélé ses intentions, Tristan qui joue avant lui contre avec deux « 3 » et s’assure que l’échevin s’arrête avant. Dom se réfugie à Riga où il a un comptoir et achète deux « 3 », avec ça il devrait faire bonne figure à l’enchère suivante vu que Tristan aura moins de cartes en main. Malheureusement c’est Olive qui joue deux « 6 », déplace l’échevin à Stockholm où il le rejoint. Il lui manque un cube pour gagner et Dom, jouant en second, le rejoint en passant par Straslund et lui achète le jeton-bonus de la victoire.

Avec une petite reconfiguration (JiBee en plus, P-Y en moins) ils jouent ensuite à La Gloire de Rome. Tristan construit une combo de bâtiments qui le rend de plus en plus efficace pendant que JiBee et Olive, ne se faisant pas confiance, construisent chacun la Palissade (qui protège contre l’action du légionnaire). Ils mettent en jeu tous deux une carte avec un pouvoir à l’achèvement « faites l’action xxx pour chacun de vos points d’influence » (patron pour Olive, artisan pour JB) avec des résultats spectaculaires. Dom a moins de bâtiments et de clients mais soigne le remplissage de sa chambre forte avec des matériaux de qualité. Il met fin à la partie avant que Tristan soit surpuissant et ce sont des matériaux humbles et négligés (les débris et la brique) qui lui donnent 6 points de majorité lui permettant de l’emporter avec 33 PV (9 influence + 24 chambre forte) devant JB 28, Tristan 27 et Olive 14.

Table 5, dite « Dernières nouvelles ! » : On trouve à la table de l’Auberge Sanglante Marie-Anne, Mickaël, Thomas et JiBee. Une bien triste affaire d’aubergiste véreux et de clients abusés puis estourbis et enterrés. Mickaël est le plus psychopathe de tous les serial killers et sa cave (qui n’a pas le même usage qu’à Viticulture !) recèle en fin de partie pour 80 PV de victimes, mieux que Marie-Anne (71), Thomas (68) et JiBee (66). Plus ou moins les mêmes continuent avec Bomb Busters dont ils font plusieurs missions visant à chaque fois à désamorcer un engin explosif. Quelle époque nous vivons.

Séance de VENDREDI 16/01/2026 à Servel

Après le gel et la tempête, retour au calme pour cette séance hivernale qui précède le premier dimanche ludique de l’année.

Table 1, dite « Place net » : Isolés dans la quatrième dimension du bocal, Stéven, Samuel, OlivierL et Fabrice se lancent dans leur deuxième session de Tamashii : Chronicle of Ascend. Il s’agit d’un jeu coopératif qui se passe dans un futur plus ou moins proche où des IA autonomes ont pris le pouvoir. Un thème cyberpunk qui rappelle Neuromancien ou The Matrix et où les personnages alternent entre le monde physique et le monde virtuel des réseaux informatiques. Ce soir le scénario était plutôt facile mais les paquets IP avec leur témoignage ont été perdus dans un routeur nonchalant.

Table 2, dite « Tous contre un » : Mickaël ressort son Terroscape avec Erwan et OlivierB. C’est Erwan qui est opposé aux autres mais là encore le résultat définitif n’est pas connu.

Table 3, dite « Nous partîmes Cents » : Un grand retour pour Root enrichi d’une paire d’extensions. A la manœuvre, F-R (Seigneur des Cents) qui connaît bien et explique les subtilités de chaque faction asymétrique à Virginie (Marquise de Chats), Elie (Alliance de la Forêt) et Corentin (Lézards). Un coup d’œil au plateau aux 2/3 de la partie laissait peu d’illusions sur la capacité des Cents à envahir, détruire et contrôler leurs adversaires.

Table 4, dite « Avec modération » : Table à cinq de Viticulture (pour faire oublier le dry January ?) avec Thomas, Olive, Fred, BenjaminG et VHN. En début de partie Olive, loin dans l’ordre de choix du tour, prend souvent la place reculée attribuant 1 PV et avance doucement au score mais c’est Benjamin et Fred qui entament de belles ventes de vins (on verra plusieurs Prosecco de 9, le top du top, produits et vendus à cette partie). Thomas distille quelques remarques opaques sur l’acquisition du dernier ouvrier (grâce à, nous le citons, « un couillon ») et rejoint le duo en tête au score. On sent que le 6e tour sera (comme souvent) le dernier puisque la partie prend fin dès qu’un joueur atteint 20 PV. Fred pioche et plante des vignes, inhabituel à ce stade on se doute qu’il a une carte qui effectivement lui permet de récolter en grappillant 3 PV. Dom et Thomas achètent un cottage tardif pour récupérer une carte d’automne supplémentaire. Le premier sort une belle combo de cartes gagnant 8 PV en une action. Il marque encore deux fois 2 PV et se retrouve en tête. Mais Thomas a plus d’ouvriers en réserve, il pioche un contrat correspondant opportunément à sa seule cuvée de rouge et égalise à 23 PV. Comme il a plus d’argent c’est à lui que la victoire échoit devant Fred 21, Benjamin 20 et Olive 15.

Ils poursuivent sans Benjamin par une Course vers El Dorado que Thomas a envie de découvrir. C’est Olive qui prend le meilleur départ et commence à accumuler les barrières qu’on récupère quand on pénètre le premier sur une nouvelle tuile du parcours. Mais il se retrouve bloqué dans un passage qui nécessite une carte avec 3 Ors. Dom qui en a une en main le contourne et prend le large. Il a un deck solide avec plusieurs cartes qui font piocher, et des Machettes (avance de 6 cases Jungle) et continue d’avancer à un rythme soutenu. Pourtant Thomas revient sur lui et, par un habile raccourci aquatique, recolle. Dom poursuit sa course et arrive à une case ‘eau’ du but mais, deux tours de suite, ne pioche aucune carte présentant la rame manquante. Thomas continue de progresser, le dépasse et, avec un Capitaine (3 case Eau) en main, le coiffe dans une magnifique victoire.

Table 5, dite « Avec doigté » : Les restants de la grande salle (F-R, Mickaël, Thomas, Corentin) finissent la soirée avec Bomb Busters.