Séance de VENDREDI 29/05/2026 à Servel

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l’Histoire occidentale. Ce jour-là, Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II. La ville, vestige de l’empire romain, ultime dépositaire de l’Antiquité classique, faisait aussi office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l’islam. Sa chute devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d’Asie, les Turcs ottomans, traversent le détroit du Bosphore, s’emparant de la péninsule des Balkans. Ils installent leur capitale à Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople. Réduite à 40 000 habitants et dépourvue d’arrière-pays, elle n’est plus qu’un petit État, en affaires avec les marchés d’Extrême-Orient pour le plus grand bénéfice des marchands de Venise et de Gênes qui s’y approvisionnent en soieries chinoises. Elle ne dispose pour sa défense que de 7 000 soldats grecs et d’un détachement de 700 Génois.

Le siège de Constantinople commence en avril 1453 avec 150 000 hommes. L’empereur Constantin XI se fie aux puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en attendant d’hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles, le sultan Mehmet II fera projeter sans trêve pierres et boulets sur les murailles pendant plusieurs semaines. L’immense flotte du sultan complète le siège de la ville par le Bosphore et la mer de Marmara. Elle arrive à entrer aussi dans le chenal de la Corne d’Or. A l’aube fatale, des dizaines de milliers d’hommes ivres d’impatience entrent dans la ville. Dans la basilique Sainte-Sophie, l’empereur grec meurt les armes à la main, au milieu de ses derniers soldats. Dès la mi-journée, le sultan peut faire son entrée dans la ville.

Les combats ont fait 4.000 morts. Selon la tradition de l’époque, les vainqueurs s’offrent le droit de piller la ville, de violer et de tuer pendant les trois jours qui suivent sa chute. Tous les survivants (25 000) sont réduits en esclavage. Le sultan, qui songe à faire de Constantinople sa propre capitale et veut lui conserver sa grandeur, veille à ce que les pillages ne s’éternisent pas. Il fait venir des immigrants de tout l’empire pour rendre à la cité sa splendeur antique. Il peut enfin déplacer sa capitale à Constantinople, bientôt rebaptisée Istamboul, qui atteindra son apogée sous le règne de Soliman II le Magnifique.

Les historiens datent de cet événement la fin du Moyen Âge. La Renaissance qui lui succède doit beaucoup aux savants et artistes byzantins qui, réfugiés en Italie, ont contribué à la redécouverte de la culture antique par les Occidentaux.

la chute de l'Empire byzantin était-elle inéluctable ? | by Guillaume Henchoz | Quelle histoire ! | MediumQuelques années plus tard, sièges et batailles faisaient rage à Parties Civiles.

Table 1, dite « Pillée » : à Pax Pamir, le tour de table initial voit Gérard, Tristan et Fred choisir la casque russe, quand François fait le pari Afghan. Cette configuration ne changera guère plus, si l’on oublie une bréve incursion de Gérard dans le camp autochtone, vite reniée pour se repaître de la gloire des tsars, fût-elle partagée. Elle le fur pendant les premières dominations, et voici les trois aliés qui engrangent 3 points à chaque tour à coup de Dominance checks réussis (5+3+1/3=3). A l’aube du dernier tour, c’est le grand surplace, car toutes les cartes du tableau portent le blason de sa majesté, et les enrôler, c’est perdre son allégeance ! François en profite pour porter l’estocade, et construit routes et tribus avec des cartes qui combinent bien, offrant des bonus. Il le fait si bien qu’à un moment, compte tenu des points doublés de la dernière domination, il passerait de bon dernier à vainqueur ! Mais hélas, c’est un mirage et les troupes cosaques, Fred en tête à la tête d’un ahurissant cortège de cartes et de cylindres, prend un malin plaisir à détruire ses positions. C’est le même Fred qui finit par mettre fin au faux suspense, allant chercher la carte de la dernière domination qui lui offre un avantage décisif.

Table 2, dite « Familiale » : Les maisons rondes, logements ruraux uniques des zones de montagne du sud-est du Fujian, en Chine, datent de la dynastie Ming (17e siècle). Une maison ronde est grande, multi-étage, et fortifiée. C’est un logement en construction de terre, habituellement un clan entier y loge, fonctionnant comme « un petit royaume pour la famille ». Le jeu Round House qui en dérive déroule son beau plateau circulaire et sa complexité multiple. Férue de l’Asie, Xel finit à 135 et n’a aucun mal à rosser ses adversaires, Dom et Olive, qui franchissent d’un rien la barre des trois chiffres, soit 106 et 102 respectivement.

Table 3, dite « Historique » : On sait peu de choses de cette table dont le récit se perd dans le grand libre de l’Histoire – peut-être le Destin de la Communauté fut joué entre Faline, Nolwenn et d’autres figures.

Table 4, dite « Asymétrique » : Cole Wehrle  est en vue ce soir ! L’auteur de Pax Pamir est aussi honoré à cette table de Root, avec François-René, Corentin, Benjamin, Armand et Pierre-Yves. Certains ont découvert, dans la douleur, toute la difficulté d’appréhender ce jeu asymétrique et ont dû rendre les armes.

Table 5, dite « Antique » : A Ark Nova, Mickaël (qulle surprise !) attire Benjamin, et s’adjuge une victoire belle comme l’Antique.

Séance de MARDI 17/03/2026 à Servel

Le 17 mars est le jour de la Saint-Patrick, supposément la date de sa mort en 460 (ou peut-être 493, les récits liés à sa vie sont incertains et mêlent réalité et hagiographie). Dans la tradition, c’est lui qui a évangélisé l’Irlande où il est devenu évêque, utilisant à l’occasion un trèfle (shamrock) comme aide visuelle pour expliquer la Sainte Trinité. Fils d’un  notable dans la (Grande) Bretagne romaine, c’est après avoir été enlevé adolescent par des pirates irlandais et maintenu en esclavage six ans qu’il suit la voie de Dieu. Sa fête est devenue une date importante dans les diasporas irlandaises, en particulier aux USA. Il est d’usage d’y porter la couleur verte et, les restrictions du carême étant suspendues, de manger et boire (stout, whiskey etc.) copieusement. Pas de ça à PC où le règlement intérieur décourage d’approcher des tables avec liquides et solides.

Table 1, dite « Incertitude » : Xel et Olive découvrent au calme Round House, qualifié par une protagoniste de « joli jeu combinatoire et fluide » aux règles pas forcément claires, on n’en saura pas plus.

Table 2, dite « Verdure » : Benjamin, Caroline, Corentin, Faline et Virginie commencent par Forêt Mixte. Autour de la table, quelques beaux spécimen sylvestres qui maîtrisent bien les combos de ce jeu. Au terme du décompte, c’est Corentin qui l’emporte de 11 points sur Faline. Ils continuent avec deux parties de Maudit Mot Dit, un jeu d’association d’idées qui écouté de loin évoquait Linq : pour ces rounds de découverte c’est d’abord Caroline puis Corentin qui a gagné.

Table 3, dite « Shamrock » : François et VHN se font une madeleine de Proust avec une soirée Innovation + Echos, un de leurs jeux favoris. Ce n’est pas souvent qu’on sort l’extension et c’est l’occasion d’expérimenter les effets des nouvelles cartes et des nouveaux mécanismes (les échos et les projets principalement). La première partie est à sens unique : François arrive à rester devant en Influence et enchaîne les Dominations, en particulier par un usage répété des Ciseaux (« choisissez deux cartes de votre main : mettez en jeu l’une et comptabilisez l’autre »). C’est d’autant plus méritoire qu’il a un tableau riquiqui et non décalé alors que Dom est maître sur quasiment toutes les icônes. La victoire 7 Dominations à 2 est sans appel.

Pour la seconde manche c’est Dom qui prend le meilleur départ en dominant les âges 1 et 2 (plus la Domination spéciale de Maçonnerie) mais François ne tarde pas à réagir grâce à une de ses cartes fétiches, Agriculture. En milieu de partie, ce sont les points d’influence qui souffrent après que Dom s’est attribué les âges 5 et 6 : François (qui a re-dominé l’âge 3, une autre des nouveautés d’Echos) aspire 5 cartes d’un coup avec Horloge tandis que Dom, incapable de comptabiliser et ne souhaitant pas piocher ce qui accélérerait les dominations de François, recycle méthodiquement les cartes d’influence de l’adversaire avec Anatomie. Mais François finit par trouver comment scorer tout en neutralisant Anatomie par la réapparition d’Agriculture : avec plus de cinquante points d’influence, il domine successivement les âges 7, 8 et 9. Les voilà à 6-6, il manque une Domination pour gagner mais il n’y a plus d’âge à dominer. Si on épuise les pioches la partie sera pour François grâce à son influence. L’autre option est d’aller chercher une des 7 Dominations spéciales restantes. Dom vise « avoir toutes ses cartes décalées à droite ou en haut » mais il n’a qu’une rouge, tandis que François vise « avoir 5 cartes actives de niveau 8+ ». A cette fin, il met en jeu Ecologie qui permet de piocher des 10 mais Dom le déstabilise en lui subtilisant. Alors que ce dernier se prépare à gagner avec Biotechnologies, François active un Dogme partagé permettant de décaler ses cartes rouges et Dom gagne immédiatement 7-6. Peut-être avait-il un trèfle à quatre feuilles dans la poche ?