Séance de VENDREDI 16/10/2026 à Servel

Le 16 octobre 1968, les athlètes américains Tommie Smith, vainqueur, et John Carlos, troisième, font sensation en chaussettes noires montantes ey levant leurs poings gantés de noir sur le podium des Jeux olympiques de Mexico après le 200 mètres.  Ils avaient déjà ôté leurs chaussures pour protester contre la pauvreté et portaient également des colliers de perles contre le lynchage. Smith et Carlos ont ensuite été sommés de quitter le stade et exclus de l’équipe américaine d’athlétisme. Leur action, survenue dans le contexte de la guerre du Vietnam et de l’assassinat de Martin Luther King Jr., reste l’une des images de protestation les plus marquantes de l’histoire.

Très symbolique, ce geste est associé au Black Panther Party, bien que Tommie Smith n’en ait jamais fait partie, se réclamant de l’Olympic Project for Human Rights, qui proposait un boycott des Jeux olympiques par les athlètes afro-américains tant que leurs droits civils ne seraient pas respectés. Des badges de l’organisation seront d’ailleurs portés lors du geste, y compris par Peter Norman, athlète australien, deuxième de la course, qui suggéra lui-même le partage de la paire de gants des autres athlètes. Il fit un autre geste symbolique, moins remarqué, posant sur le podium sa paire de Puma pour rappeler que les afro-américains n’ont pas les moyens de s’offrir ce type de chaussures, les chaussettes noires montantes étant le symbole de leur pauvreté.

Le président du CIO, Avery Brundage, déclare qu’une protestation concernant la politique intérieure d’un pays n’a pas sa place au sein d’un événement apolitique comme les Jeux olympiques. En réponse, il ordonne que Smith et Carlos soient suspendus de l’équipe américaine et bannis du village olympique. Les deux athlètes seront suspendus, puis interdits de compétition à vie. Peter Norman sera lui aussi mis à l’écart par son pays. À la suite de ce geste, que Smith appellera « Stand for Victory », les deux hommes recevront également des menaces de mort.

Bien qu’étant le seul athlète à avoir détenu onze records mondiaux simultanément, en comprenant les records universitaires et par équipe, Tommie Smith ne fut pas directement élevé au statut d’athlète majeur, mais le sera au fil de l’évolution des mentalités. Le déclic vient en 1978 où il est intronisé au Temple de la renommée de l’athlétisme des États-Unis. Il faut attendre 2004 pour qu’un équipement sportif porte son nom, à Saint-Ouen, inauguré en sa présence. Le 17 mars 2007, La Courneuve donne son nom à la Maison des Sports, inaugurée aussi en sa présence, et Smith publie son autobiographie intitulée Silent Gesture avec l’écrivain David Steele. Le 30 septembre 2016, plusieurs décennies après avoir été ignorés, Smith et Carlos sont reçus à la Maison Blanche par le président Barack Obama. En 2019, ils seront finalement intronisés au Hall of Fame du Comité olympique américain.

48 ans plus tard, Parties Civiles était en éveil à la veille du festival Scorfel.

Table 1, dite « Et toujours le poing levé » : Olive fait découvrir Prosperity à de nouveaux adeptes, Marie-Anne, Thomas, et Baptiste. Comme mardi dernier, il leur inflige une leçon. Puis ils se tournen vers un Mot Malin, jeu qui reflète surtout les expériences de vie, en témoigne l’incompris indice Jacques Borel, le roi du restoroute (indices Repas et Route), qui parlera à certaines générations et moins à d’autres. Il avait fondé son succès au tournant des années 1950, lisant un article de magazine sur l’arrivée progressive des femmes dans le marché du travail. Convaincu que les foyers ne passeront plus autant de temps en cuisine et que deux salaires permettront plus de sorties, il décida alors de se lancer dans la restauration rapide. Et c’est aussi l’inventeur du Ticket Restaurant ! La prestation de l’équipe est noté « bonne », malgré les dérapages incontrôlés de Baptiste. Une deuxième table du même jeu se forme alors, Olive trouvant relais en Mickaël, François-René et François en relais. Ce dernier se triture les méninges pour proposer des indices créatifs : Piste pour Détective+Hiver, Christophe Colomb pour Route+Inde, ou encore Rouge pour Fraise+Japon.

Table 2, dite « Jeunesse triomphante» : à Tikal le jeune Yann s’impose fièrement devant Tristan, Yannick et Pierre-Yves.

Table 3, dite « Photo-finish » : Corentin remet le couvert de SETI, avec Quentin et cette-fois, Fred. Leur table était encore en débat au moment du bouclage et la photo-finish ne nous est pas parvenue.

Table 4, dite « Forme olympique» : Dom réussit à attirer trois compères à Taj Mahal malgré un pitch à contre-emploi, présentant le jeu comme allemand, spécialement moche, et bafouillant son explication de règles, une rareté. Malgré un beau réseau, avec47, ils doit céder le pas à Faline, qui survole la partie à 62, nantie d’un tableau de chasse d’éléphants tout à fait exceptionnel. Grâce à un dernier coup de collier, 9 points au dernier tour, François monte sur la caisse avec 36, au détriment de Virgine, 31. Après le départ de François, rapide partie de Dewan avec les trois autres. Il s’agit de s’étendre sur une carte partagée, chaque case ne pouvant accueillir qu’une joueuse, en réalisant des objectifs liés aux terrains occupés avec un maximum de synergies entre eux. C’est Faline la plus efficace avec 39 PV, juste devant Virginie 38 et Dom 33.

Table 5, dite « Reconnaissance incertaine » : On découvre Moon colony, un jeu où le hasard est maître, dixit Francois-René, qui en repart insatisfait, bien que vainqueur devant Nico77 et Mickaël. Suivent deux parties de Sengoku, où Francois-René et Mickaël s’imposent à tour de rôle.

Séance de MARDI 28/07/2026 à Servel

Le 28 juillet, la «Journée de commémoration du Grand Dérangement», commémore au Canada la déportation du peuple acadien par les autorités britanniques en 1755, reconnaissant ces événements tragiques et rendant hommage à la résilience du peuple acadien. C’est la première tentative recensée de nettoyage ethnique en Amérique du Nord, l’une des plus grandes déportations jamais perpétrées par les Anglais contre un peuple qui vivait sur ses terres depuis de nombreuses générations, et largement considérée comme un crime contre l’humanité.

Vers la fin du XVIIᵉ siècle, des colons venus de France émigrèrent vers ce que l’on connaît aujourd’hui sous les noms de la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, et y fondèrent la première communauté acadienne. Ces Acadiens vivaient paisiblement en Nouvelle-Écosse depuis la fondation de Port-Royal en 1604. Ils établirent une petite colonie dynamique, construisant des digues pour dompter les hautes marées et irriguer les riches champs de foin. Largement ignorés par la France, les Acadiens développèrent un esprit d’indépendance. Avec leurs amis et alliés mi’kmaq, ils se sentaient en sécurité, même lorsque la souveraineté sur leur territoire passa à la Grande-Bretagne après 1713.

Car en 1710, pendant la guerre de Succession d’Espagne, les Britanniques s’emparèrent de Port-Royal, capitale de l’Acadie, à l’issue d’un siège. Le traité d’Utrecht de 1713, qui mit fin au vaste conflit, céda la colonie à la Grande-Bretagne tout en permettant aux Acadiens de conserver leurs terres. Mais ces derniers étaient réticents à signer un serment d’allégeance inconditionnelle à la Grande-Bretagne. Au cours des décennies suivantes, certains ont participé à des opérations militaires françaises contre les Britanniques et ont maintenu des lignes de ravitaillement vers des forteresses françaises. En retour, les Britanniques cherchèrent à éliminer cette menace militaire latente. À mesure que la population acadienne augmentait, les Britanniques devinrent de plus en plus inquiets de leur loyauté envers la France et, en 1755, le gouverneur Lawrence ordonna à ses hommes de commencer à arrêter, dans le but de les déporter, tous les Acadiens de la Nouvelle-Écosse qui refusaient de déclarer leur allégeance à la Grande-Bretagne.

Le 28 juillet 1755, sans faire de distinction entre les Acadiens demeurés neutres et ceux qui avaient résisté à l’occupation, le gouverneur britannique ordonne leur expulsion. Lors de cette première vague, les Acadiens furent déportés vers d’autres colonies britanniques d’Amérique du Nord, puis, au cours de la deuxième vague, en Grande-Bretagne et en France. De là, un nombre important migra vers la Louisiane, alors colonie de l’Espagne, mais ces Acadiens réussirent à conserver leur culture française. Ils finiront par être connus sous le nom de «Cajuns». Au total, de 1755 à 1764, sur les 14 100 Acadiens vivant dans la région, 11 500 ont été déportés. Un recensement de 1764 indique que 2 600 demeuraient encore dans la colonie, ayant échappé à la capture.

En plus d’avoir atteint ses objectifs militaires en prenant Louisbourg et en affaiblissant les milices mi’kmaq et acadiennes, le résultat de l’Expulsion fut la dévastation d’une population principalement civile et de l’économie de la région. Les familles ont été séparées, des milliers de personnes ont perdu la vie durant le transport, succombant aux maladies dans les conditions insalubres des navires, se noyant lorsque des navires ont fait naufrage. Ceux qui ont atteint leur destination sont devenus des réfugiés, souvent mal accueillis, contraints d’errer à la recherche d’un foyer.

 PHOTO: Archives

Quelques années plus tard, les adhérents de Parties Civiles se pressaient en masse devant l’entrée de Servel. Ils ne menaçaient nullement l’ordre public, mais quand le porteur des clés, qui se reconnaîtra, apparut enfin, leur soulagement de pouvoir rentrer dans la maison était palpable.

Table 1, dite « Force de la nature » : A la table d’Aurignac, on poursuit la découverte du jeu. Benjamin et Mickaël découvrent et s’inclinent, Corentin, seul protagoniste de la première partie, sortant vainqueur en incarnant mère nature. Tout un programme !

Table 2, dite « Cartes et territoires » : soirée hommage à Rainier Knizia, auteur prolifique ayant publié plus de 800 jeux et livres, traduits dans plus de 50 langues ! On commence par Taj Mahal, un jeu qui a déjà 26 ans mais qui a tout du classique par ses mécanismes épurés. Un plateau composé des cités indiennes, des cartes illustrant les personnages et c’est parti pour douze tours, un par cité, où chacun abat progressivement ses cartes pour devenir majoritaire sur les types de personnage, ce qui permet d’établir un comptoir sur la carte, avec en plus un éléphant, qui permet de toucher des ressources lucratives, et un dignitaire qui autorise à construire des comptoirs annexes, et des cartes bonus qui récompensent la persévérance dans une couleur. Ultime twist, les cités sont reliés par un réseau dense, et un bonus est attribué si l’on parvient à relier directment différentes cités (à cet exercice d’anticipation, Dom fut virtuose). Au final, François l’emporte avec 50, bien aidé par sa acrte bonus jaune qui lui rapporta longtemps 2 PV à chaque tour, et par des ressoures patiemment amassées. Dom le talonne à 46, Olive complètant le podium à 42. Ils sont rejoints ensuite par Mickaël pour essayer le beaucoup plus récent Rebirth. Il s’agit ici de remplir une carte avec des jetons que chacun possède face cachée et découvre à chaque tour. La proximité des églises permet de tirer des objectifs de fin de partie, ce qui donne un côté asymétrique intéressant. Hélas, la règle ne fut pas respectée : il eut fallu retirer un certain quota de tuiles à chacun. Faute de l’avoir fait, on se retrouva en fin de partie avec un stock abondant sur un plateau quasi-plein ! Mickaël sort vainqueur (123), ayant colonisé le nord de la carte sans concurrence, Dom fit merveille avec son réseau et termine à 115, talonné par François (114), qui réussit l’exploit d’accomplir 4 objectifs, mais qui a tardé à bâtir un réseau efficace, et enfin Olive, 108, victime de l’esprit de conquête de ses adversaires qui capturèrent plusieurs de ses châteaux.

Table 3, dite « Communauté soudée » : à Marvel champions, on joue le scénario du bouffon vert. François-René, David, Armand et Nico77 ont formé une équipe soudée dans l’adversité.

Table 4, dite « Grand dérangement » : On salue le retour d’Axel, en villégiature sur nos tables, mais il est impuissant, tout autant que Vincent, à enrayer la marche triomphale de Faline, double vainqueure à  First giants puis victorieuse sur Dewan. Il fallut que Corentin, exfiltré de la Table 1, vienne jouer les trouble-fête et organise un grand dérangeement par une conquête éclair, ce qu’il ne manqua pas de faire en s’imposant à Got Five !