Léopoldine Hugo, fille de Victor et ainée après la mort en bas âge d’un frère, naquit le 28 août 1824. A 14 ans, elle est demandée en mariage par Victor Hennequin mais elle lui préfère Charles Vacquerie. Tous deux ont sept ans de plus et le papa estime qu’elle est un peu jeune pour se marier. L’union a lieu à ses 18 ans. Quelques mois plus tard, le 2 septembre 1843, le couple embarque à Villequier avec l’oncle du mari, marin expérimenté, pour un court trajet sur la Seine dans le canot qu’il vient d’acquérir. Hélas un coup de vent (d’autres évoquent un mascaret) retourne le canot. Léopoldine est coincée sous le canot et par ses vêtements, son mari tente de l’extraire en plongeant mais la voyant se noyer il finit par se laisser lui-même couler. L’oncle périt aussi. Ce drame bouleverse le destin de la famille : Victor, qui était en voyage, n’apprend que quatre jours plus tard la mort de sa fille adorée et on dit que le choc contribua aux problèmes de santé mentale sont souffrit toute sa vie sa petite sœur Adèle. Victor Hugo, changé à jamais, cesse de publier pendant dix ans et se lance dans le spiritisme. Plusieurs de ses poèmes évoquent Léopoldine, comme Demain dès l’aube et A Villequier dont voici un quatrain :
Le monde est sombre, ô Dieu ! l’immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L’homme n’est qu’un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.
Table 1, dite « Bateaux capricieux » : Caroline, Mickaël et Dom se lancent dans une partie de Bruges, un jeu que la première apprécie particulièrement (et recherche désespérément à un prix raisonnable) et que le deuxième découvre. Comme depuis un an, on inclut le module « Bateaux » tiré de l’extension et conseillé pour améliorer l’équilibrage. Mickaël commence par un joli premier coup qui lui assure deux tuiles Excellence à 4 PV. Les Désastres issus des lancers de dés font quelques dégâts, Caroline se focalise sur les canaux, Dom les utilise opportunistiquement pour avancer sur la place de la ville (il en atteindra le bout, une première en ces murs) et tout le monde développe son tableau de personnages. Le dernier tour fait grincer des dents : les dés sont tous de faible valeur ce qui limite les possibilités de récupérer de l’argent ; Dom grince parce que Mickaël a fait main basse sur les cartes jaunes, le privant d’un personnage scorant 5 PV tandis que Mickaël grince que la disette financière le prive de mettre en jeu un personnage scorant 10 PV. Tous décomptes faits, Dom l’emporte avec 60 PV devant Mickaël 50 et Caroline 38. Tout le monde est enthousiaste pour recommencer. Caroline se relance dans une stratégie « canaux » mais surtout fait dès l’entame main basse sur les ouvriers des autres avec son Mendiant. Il est probable que si elle les avait ensuite utilisés plus efficacement elle aurait remporté la partie. Ce qui est agréable c’est que les parties se développent toujours différemment, il n’y a pas de recette figée pour bien se débrouiller. Cette fois on aura vu un lancer de dés cruel avec uniquement des 5 et des 6 : certes il permet de récupérer pas mal d’argent mais les Désastres tombent dru. Ayant obtenu deux tuiles Excellence, Dom s’arrache en tête avec 48 PV devant Caroline 44 et Mickaël 35. Le jeu a été réédité sous le nom de Hamburg avec des symboles remplaçant le texte des 165 cartes toutes différentes, bon courage.
Ils finissent la soirée en découvrant Botswana, un jeu tout simple remontant à l’âge d’or de Knizia (1994), récemment réédité avec un matériel de qualité limite excessif. Simple mais pas simpliste, tout est dans la façon et l’ordre dans lequel on joue ses cartes, quel message on envoie à travers ses choix et combien on essaie de bluffer. Malgré son thème de safari animalier, c’est en fait un jeu de manipulation de marché boursier. Au terme de trois manches, Dom repart les poches pleines avec 77 PV devant Caroline avec 64 puis Mickaël 56, victime de sa « girafe fatale » à la dernière manche.
Table 2, dite « Demain dès l’aube » : Dans l’espace on ne les entend pas surchauffer. Fred, Elie, Jack et Vincent se sont lancés il y a quelques semaines dans ARCS (déjà pas un jeu court) en mode campagne. Les cerveaux tournaient en mode overclocking pour prendre en compte les nouvelles règles et ils n’ont pas dû se coucher tôt. Peut-être ont-ils vu l’aube à Servel, ou même y sont-ils encore.
Table 3, dite « Sombre monde » : Battlestar Galactica a ici ses fans (dont notre vénéré Président) et la partie de ce soir n’a pas déçu si on en croit les cris et les rires qui ont débordé vers les autres tables. L’équipage était composé de F-R, donc, et de Faline, Nolwenn, Frank, Armand, Corentin et Nicolas. Corentin a été repéré tôt comme cylon et a passé l’essentiel de la partie à l’infirmerie, surveillé par un F-R dont le personnage avait dit-on une ressemblance troublante avec DSK (encore plus troublant, à mi-chemin entre BSG et DSK il y CSI, que cela signifie-t-il ?). Armand s’est révélé bien plus tard être aussi un cylon et a trouvé jouissif de tromper son monde. Arrivé minuit, un sous-ensemble du groupe finit plus calmement en déminant quelques rounds de Bomb Busters.