Le 24 juillet est la date de naissance à la fois de Yves Duteil et de Hervé Vilard mais nous avons choisi de vous épargner. Nous parlerons plutôt des kitchen debates qui se tinrent le 24 juillet 1959 à Moscou. Les Etats-Unis et l’URSS, motivés par relâcher un peu la tension de la guerre froide après le choc de Spoutnik, étaient convenus d’organiser des expositions grand-public pour faire mieux faire se connaître les deux nations. L’exposition soviétique ouvrit en juin 1959 à New York tandis que Richard Nixon, le vice-président, fit le mois suivant le voyage à Moscou pour inaugurer l’exposition américaine. Il la fit visiter au premier secrétaire Nikita Khrouchtchev, faisant étalage des merveilles que la société de consommation proposait au plus humble travailleur, et eut avec lui plusieurs échanges sous les caméras des télévisions. Le plus fameux eut lieu devant une réplique de cuisine équipée (avec réfrigérateur, cuisinière et lave-vaisselle). Khrouchtchev ironisa sur l’inutilité de certains gadgets, promit que sous dix ans l’URSS aurait dépassé les USA et affirma poker face que les petits-enfants de Nixon vivraient sous un régime communiste. En fait c’est son propre fils Sergei qui émigra aux USA en 1991 où il se fit naturaliser. Cet épisode joua en faveur de la notoriété de Nixon qui fut désigné candidat Républicain pour l’élection présidentielle de 1960.

Table 1, dite « American way of life » : Après une découverte en décembre, retour de Limit sur nos tables avec Gérard, Xel, François, Vincent et VHN. Maintenant que la réalité est devenue une dystopie au long d’un été qui est une litanie de canicules, de sécheresse et d’incendies, on se replonge sur la question des limites planétaires au développement humain. Le jeu a un côté ouvert, « bac à sable », mais on a beau vouloir optimiser la trajectoire de sa nation on reste exposé aux conséquences des choix des autres, que ce soit des agressions directes (le Terroriste se reconnaîtra) ou les crises (financière, militaire ou écologique) qui tôt ou tard vont se produire. Comme diraient les économistes, le développement a des « externalités négatives ». Dom a tenté une croissance lente dans l’harmonie sociale, retardant l’augmentation des niveaux de vie et stabilisant la population à 30. Xel et Vincent ont résolu le problème d’épuisement des fossiles l’une par la colonisation, l’autre par « Drill Baby ». Gérard et Vincent, en bons élèves du FMI, ont investi rapidement dans l’éducation et la robotisation, avec des voies divergentes en terme de palier de population (20 et 50 respectivement). Inévitablement (?) dans la période 2000-2030 cela finit par craquer avec une triple crise entraînant la fin de la partie. Le décompte valide la stratégie singapourienne de Vincent qui gagne avec 54 PV (grâce à sa richesse) devant Dom 46, François 40, Xel (pénalisée par sa pollution) 26 et Gérard (qui a fait un Cuba, le niveau de vie de sa population est redescendu au plus bas) 22 points.
Table 2, dite « L’autre pays du communisme » : Mickaël, Benjamin et Fred jouent à Gugong. La partie a été serrée mais c’est Mickaël qui, optimisant les synergies entre ses dés, s’est détaché d’une tête et l’emporte avec 45 PV devant Ben & Freddy. A l’entendre, à trois joueurs il faut vraiment être attentif à ce que font les autres et anticiper les conséquences de ses propres actions; en tout cas un bon moment pour les participants.
Table 3, dite « Bloc contre bloc » : F-R déballe les Nominés de Neombre, un jeu tout neuf acquis à Parthenay. C’est une campagne d’aventure coopérative basée principalement sur des cartes. La mécanique est plus proche d’un Aeon’s End que d’un Gloomahaven vu que c’est avant tout du combat de monstres avec deckbuilding. Chaque épisode est relativement court (de l’ordre d’une heure) mais, à entendre les échos de la table, le taux de mortalité semble ne pas être négligeable.
Table 4, dite « Poker face » : Tous les restant(e)s finissent par une partie de The Gang à six où, la fatigue aidant, les manches perdues l’ont finalement emporté sur les manches gagnées.