Séance de DIMANCHE 09/07/2017 à B.R.A.I.N Lannion

Dimanche, plein soleil. La ville est déserte. Lumière blanche aveuglante. Je m’avance lentement dans une rue inconnue. Soudain surgit une pancarte en bois comme venue du fond des âges. B.RA.I.N. Lannion, l’escape game, c’est ici. C’est confirmé. Un parking où vole la poussière et où des carcasses de ce qui fut des automobiles, dans un autre siècle, vivent leurs derniers jours. Tôle ondulée, bâtiments lugubres. Aucun doute, la fin du monde approche.

Bientôt, mes compagnons d’infortune me rejoignent. Nous sommes quinze. Certains iront directement en Prison. D’autres passeront d’abord par la salle Psy, et, s’ils en réchappent, Dieu sait ce qui les attend.

Soudain, nos gardiens sortent du bâtiment. Un homme, une femme. Sourires enjôleurs qui ne trompent personne. Bonbons de chocolat comme dernière cigarette. Ultime illusion, on offre même de se soulager dans des toilettes, rutilantes comme le sera notre dernière heure. Car, si on nous dit que cela ne durera qu’une heure, nous avons tous en tête le proverbe chinois qui dit que l’éternité commence par la première heure.

Il faudra fouiller, penser, se parler, et, même, coopérer. La liberté sera à ce prix. Si nous en sortons.

Si vous lisez ces lignes, c’est que nous sommes sortis vivants. Car tel sera le cas en effet. L’heure passée, on nous flatte de notre très belle performance d’ensemble, 68%, 72% et 76% de réussite pour les trois groupes, car chez B.R.AI.N, on reçoit son bulletin dès la fin de l’épreuve ! On nous abreuve de boissons sucrées, on fait des clichés souvenir comme à la fête foraine. Nous avons survécu, nous l’apprendrons plus tard, car à B.R.A.I.N Lannion, il y a deux scénarios, et les clients sont toujours relâchés à l’issue du premier. Pour qu’ils puissent s’offrir le deuxième. Toujours ça qui ne sera pas sur l’héritage.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de MARDI 04/07/2017 à Ti Koad

Le 4 juillet 1954, l’Allemagne remporte contre toute attente la Coupe du Monde de football : c’est le « miracle de Berne », qui rend sa grandeur et sa respectabilité à toute une nation.

Miracle car la coupe est, de l’avis général, promise à la Hongrie. Son équipe étincelante, emmenée par le génial meneur de jeu Ferenc Puskas dit « le Major galopant », paraît irrésistible. N’a-t-elle pas remporté les Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952, qui plus est devant la Yougoslavie, mise au ban des nations communistes pour son déviationnisme titiste ? L’Angleterre a été écrasée lors de deux matchs amicaux (13 buts à 4 au total). Les deux premiers matchs de la compétition sont du même acabit : 9 à 0 contre la Corée du sud, et surtout 8 à 3 contre l’Allemagne, une équipe cependant largement composée de remplaçants.

La suite de la compétition est plus difficile, voire houleuse, avec une blessure de Puskas et des rixes de fin de partie, mais l’équipe se qualifie pour la finale, le 4 juillet, contre l’Allemagne. Le match débute bien pour les Hongrois, qui mènent rapidement 2 à 0, avant de se faire rattraper puis dépasser à la 84e minute, sur un but de l’ailier Rahn. Les supporters se mettent à chanter « Deutschland über alles » et le pays entier se laisse aller à la liesse de redevenir un État comme les autres, légitimé par ce brillant résultat sportif qui permet de tourner la page du nazisme et de se tourner vers l’avenir.

La Hongrie se consolera en remportant, le 23 octobre 1956 une victoire très politique sur l’URSS, à Moscou, quelques jours avant le soulèvement hongrois et sa répression dans le sang par le « grand frère » soviétique. Mais la plupart des amoureux du football regrettent encore aujourd’hui ce jour de 1954 où la pluie incessante empêcha les Hongrois de déployer leur jeu aérien.

Résultat de recherche d'images pour "wunder von bern"

A Ti Koad, 63 ans plus tard, il y eut quelques miracles et l’arrivée surprise de deux ludopathes en vacances à Lannion, Yann et Florence, qui ramenèrent jeux, sucettes, bonbons et bonne humeur dans une soirée qui s’étira dans la nuit comme une bande de guimauve.

Table 1, dite « La cour des miracles » : à Tricoda, on joua jusqu’à trois parties, et, ô miracle, F.-R. et Xel en reportèrent chacun une. Le premier cité, qui découvrait le jeu, s’exclama qu’il y serait à jamais invaincu. Ce qui lui fait un point commun avec François Hollande, et une différence avec le major galopant, qui, lui, perdit la seule finale mondiale qu’il joua de sa vie. On vi aussi Sophie, Vincent, VHS et Doc Nicolas s’exercer au xmystère des chiffres, des couleurs et des langues étrangères.

Table 2, dite « Epique » : Tiny epic galaxies reçut ce soir les honneurs de la première sur nos tables. Ce jeu, amené par nos visiteurs du soir, se présente sous un petit format, mais la taille ne fait pas tout, et les autres protagonistes, Dom, Xof, et Bruno s’y sont adonnés sans retenue. Bruno s’est imposé, nous dit-on, de fort belle manière.

Tiny Epic Galaxies

Table 3, dite « Au-dessus de tout » : Jeff et Christophe ont remis ça à X-Wings. Le forum décrira cette joute mieux qu’on ne saurait le faire ici-bas.

Table 4, dite « du petit Suisse dans les idées » : A la table de Codenames s’affrontent les Rouges (VMN, Xel, Florence, Yann), et les Bleus (F.-R., Dom, Bruno, Doc Nicolas). Une victoire 3-1 pour les Bleus, à l’image de la remontada de l’équipe d’Allemagne. Victoire contre le cours du jeu, les Rouges, formant une équipe homogène et coordonnée, tandis que les Bleus se perdaient souvent en conjectures (à l’image de l’énigmatique A-Par – un désinfectant antiparasitaire à base de pyréthrinoïdes permettant de désinfecter, sans les tacher, les vêtements et la literie), ou s’égaraient sur des chemins de traverse que seuls les breeeeebis ducs connaissent.

Table 5, dite « Le jour sans fin » : Doc Nicolas, Yann et Florence improvisent un Blood Rage plus que tardif, voire franchement hors délais. On ne leur en voudra pas, ils en avaient tellement envie.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de VENDREDI 30/06/2017 à Ti Koad

Le 30 juin 1827 avait lieu la mise en service du premier chemin de fer d’Europe continentale entre Saint-Étienne et la Loire à Andrézieux. Cette voie ferrée à vocation industrielle était destinée au transport de la houille vers les lieux de consommation (notamment Paris) ou de transformation (sidérurgie du Berry et du Nivernais) par la Loire et le canal de Briare.

Considéré comme une annexe de l’industrie minière, ce chemin de fer fut conçu par transposition sur rails du transport routier au moyen de chariots. Sa construction s’apparentait à celle d’une route et son exploitation, dans les premières années, faisait appel à la traction hippomobile.

L’apparition de ce nouveau moyen de transport dans la région stéphanoise s’intégrait, à l’origine, dans un projet industriel d’ampleur concernant l’ensemble du bassin. Le développement local du chemin de fer favorisa le développement du bassin houiller stéphanois, premier producteur de charbon français jusqu’aux années 1840.

190 ans ont passé, et plus grand monde, si l’on excepte un certain Donald, ne s’intéresse au charbon. A Ti Koad, l’ambiance en ce vendredi de juin était cependant aussi chaude que dans le chaudron un soir de match. Les amateurs de football à St-Etienne auront l’image en tête.

Table 1, dite « Hippomobile » : à Great Western, on transporta du bétail comme aux plus beaux temps du Far West. Une table qui consacra Bruno (70) comme le meilleur cow boy de l’Ouest, mais Neox et Doc Nicolas, 60, n’ont pas été en reste. Xel (54) ferme la marche du convoi.

Table 2, dite « L’ange vert » : New Angeles reçut ce soir les honneurs de la première sur nos tables. Ce jeu, amené par Michal, reconstitue une bataille économique dans un univers futuriste. Les joueurs gèrent chacun une corporation. Ils doivent contrôler une ville et tout faire pour en assurer la production et la sécurité, parce que la ville est au bord de l’explosion sociale, politique et économique. Le feu couve, l’éruption veille. Oui, il y a des manifestations. Et des grèves aussi. Et malgré tout, il faut produire. Cet objectif de production est collectif, mais chaque corporation a un objectif individuel: en dominer une autre (tenue secrète), sauf pour le Fédéraliste, qui fait office de Cylon: il ne compte pas ses revenus mais s’intéresse au niveau de menace (qui augmente lorsque les objectifs de production ne sont pas atteints, ou quand différents événements néfastes éclosent). La tournure du jeu dépend donc beaucoup de cette draft initiale secrète, surtout quand, et ce fut le cas, ici entre Armand et VMN, deux corporations se retrouvent en confrontation directe, chacune ayant pour objectif de dominer l’autre. Le jeu se distingue aussi par un mécanisme d’enchère original sur l’action du tour, où s’opposent une offre et une contre-offre, qui peuvent être soutenues (ou pas) par d’autres, et où l’on peut gagner de précieux atouts. Bref, un vrai jeu de pourris, coups tordus et bluff sont au menu pour cet opus aux petits airs de BSG. Au final, c’est Michal, gueule d’ange mais usual suspect dans le rôle du traître, qui mit fin abruptement à la partie en sa faveur, en précipitant la menace au niveau critique de 25. Pour ma part, détruit par mon duel avec Armand, et piégé sur un vote décisif qui pouvait me  faire scorer beaucoup par une contre-offre assassine de Thierry (qui lui, avait pour but de battre Michal, autant dire une formalité puisque son adversaire se désintéressait de son compte en banque), je vécus ce voyage comme un chemin christique et sans remporter aucun atout.

Résultat de recherche d'images pour "new angeles game"
Table 3
, dite « Au charbon» : Dans l’espace privatisé de l’entrée, on jouait à Outlive. Paul est allé au charbon et, avec 54, a broyé une opposition formée de Mickaël (41), Axel (40), et Nourdine (39). Houille houille houille ont-ils fait après une telle déculottée !

Table 4, dite « Chronométrée » : Plusieurs parties de Panic Island ont réuni différents protagonistes de tables en décomposition. A ce jeu collectif où le timing joue un rôle aussi crucial que la mémoire, il faut s’échapper de l’île avant l’entrée en éruption du volcan et sauver le maximum de Cro-Magnon, de dodos et d’œufs de dodo. Un objectif qui fut en général atteint, mais de justesse la plupart du temps.

Résultat de recherche d'images pour "panic island s jeu"

Table 5, dite « Che (main de fer) » : A la table de Codenames s’affrontent les Bleus VMN, Axel, Thierry), et les Rouges (F.-R., Xel, Nourdine). Une victoire sans discussion pour les Bleus, qui conduisirent ce bras de fer dans un gant de velours. Ils mènent d’abord 1-0, inspirés par VMN en maître-espion qui débute fort sur un Gardien 4 (Cellule, Clé, But, Bras). En perdition dans la deuxième manche, avec notamment un incompréhensible autant qu’illégal « Che 3 » (qui visait non pas Tronc ou Blanc, mais Table, Volet, Croute*), ils se font rejoindre. Puis ils se sont demandés si, en proposant Pêche, Axel avait vu le Loup ? L’histoire montrera que non, et on apprendra au debriefing qu’il n’en n’a même jamais mangé. Mais, restant dans l’univers marin, ils gagnèrent sur Voile, l’indice décisif.

*soit, dans l’esprit torturé du maître-espion: jetable, chevalet, choucroute

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de MARDI 27/06/2017 à Ti Koad

 Le 27 juin 1905, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, le principal cuirassé de la flotte de guerre russe. Sur le moment, l’événement passe inaperçu dans une Russie bouleversée par une première Révolution et une guerre désastreuse contre le Japon, mais il va acquérir beaucoup plus tard une notoriété mondiale et accéder au rang de mythe historique, par la vertu d’un film que lui a consacré le réalisateur Eisenstein vingt ans après.

Depuis sa défaite de Tsushima, un mois plus tôt, face à la flotte japonaise, la marine du tsar Nicolas II est agitée par des mouvements divers et les officiers ont le plus grand mal à se faire respecter de leurs hommes. Sur terre, dans tout le pays, se multiplient grèves et rébellions depuis la révolte sanglante du 22 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg (dimanche rouge).

Sur le cuirassé Potemkine, le commandant, le capitaine de vaisseau Golikov a su jusque-là préserver la discipline par une relative humanité. Mis en service deux ans plus tôt, le navire mesure 113 mètres de long, déplace 12 600 tonnes et transporte 700 hommes. Ses marins sont pour la plupart des paysans sans éducation, recrutés de force quelques mois plus tôt pour combler les effectifs creusés par la guerre. Ils n’ont pas encore l’expérience du feu.

Tandis qu’il effectue des exercices sur la mer Noire, au large d’Odessa, le cuirassé est ravitaillé comme de coutume en provisions. Au petit matin, les marins s’approchent des carcasses qui pendent sur le pont en attendant leur mise en cale et découvrent une viande en putréfaction, puante et truffée d’asticots. Ils se rassemblent autour des carcasses. C’est l’indignation. Le médecin du bord, le docteur Smirnov, examine la viande. Avec mépris pour les brutes qui l’entourent, il prétend sentencieusement que la viande est « comestible » sous réserve d’être simplement lavée avec du vinaigre.

Les marins murmurent et se retirent. Arrive l’heure du déjeuner. Dans le réfectoire, les cuisiniers amènent les marmites de bortsch, avec la viande bouillie. Cette fois, c’est l’explosion. Les marins refusent de manger et conspuent les cuisiniers. Alerté par le vacarme, le second du navire, un aristocrate polonais brutal et cassant, le capitaine de frégate Hippolyte Giliarovsky, alerte le commandant. Devant celui-ci, le docteur réitère son verdict sur l’état de la viande.

Alors, le commandant a la mauvaise idée de faire battre les tambours et de rassembler l’équipage sur le pont. Il harangue les hommes et demande à ceux qui acceptent de manger la viande d’avancer de deux pas. Maladresse ! Par habitude et résignation, seuls quelques vétérans obéissent. Les autres se tiennent cois. Bafoué, le commandant se contente d’annoncer que les marins n’auront rien d’autre à manger. Là-dessus, il se retire et son second poursuit la harangue.

Dans l’équipage figurent quelques militants révolutionnaires du parti social-démocrate, dont leur chef Afatasy Matiouchenko. Ils ont reçu de leur parti la consigne de préparer les marins à une insurrection générale de la flotte de la mer Noire. Matiouchenko se dit que voilà l’occasion de devancer l’insurrection générale. Il excite ses camarades à la révolte. Le ton monte… Guiliarovski, réalisant que l’anarchie risque de s’installer à bord, ordonne alors aux marins de se mettre au garde-à-vous et réclame une bâche. Traditionnellement, en cas de mutinerie dans la marine impériale russe, les mutins étaient recouverts d’une bâche avant d’être fusillés. Il est possible qu’à ce stade, le second ait simplement voulu bluffer pour impressionner l’équipage.

Les marins persistant à refuser de manger leur bortsch, Guiliarovski ordonne alors que les « meneurs » soient rassemblés par les hommes d’armes ; ceux-ci s’emparent au hasard d’une douzaine de membres d’équipage. La colère achève de gagner l’équipage. Plusieurs appellent à s’emparer des armes et à prendre le contrôle du navire. Guiliarovski aurait alors ordonné au peloton de tirer, ce qui n’aurait eu pour effet que d’exciter les marins, tandis que les hommes d’armes, face à la foule, refusaient d’obéir à son ordre. L’un des meneurs tire un coup de feu en l’air. Guiliarovski lui tire dessus, le blessant mortellement. Il sera l’unique victime parmi les matelots. Le commandant en second est ensuite à son tour abattu par Matiouchenko.

Alors que la masse des marins ne s’est pas encore engagée, une cinquantaine de mutins se sont emparés d’armes : plusieurs officiers subalternes, présents sur le pont, sont tués à leur tour. Le reste des marins est entraîné par le déchaînement de violence. Les autres officiers sont débusqués de leurs cabines et abattus pour la plupart. Six d’entre eux parviennent à sauter à l’eau et à nager jusqu’au torpilleur 267, conserve du Potemkine. Le commandant Golikov est lui aussi tué, son cadavre jeté à la mer. Le pilote du 267 tente de prendre la fuite mais le torpilleur, visé par les canons du Potemkine, doit faire demi-tour et les mutins en prennent le contrôle.

Onze officiers du Potemkine ont survécu à la mutinerie.

Résultat de recherche d'images pour "potemkine"

L’empire du soleil levant et les pratiques moyenâgeuses ont servi de toile de fond aux quatre tables qui réunirent, 112 ans plus tard, une poignée de mutins aux intentions pacifistes.

Table 1, dite « Mutinée » : à Troyes, au terme d’une partie épique, Neox, avec 46, sonne la révolte et, mutinerie bien ordonnée commençant par soi-même, s’empare de la victoire qui semblait promise à Xel (45), qui aurait pu – et même dû – s’en saisir. Baptiste sera un peu court (41). Jérôme  (32) complète le tableau, mais au champ d’honneur.

Table 2, dite « Faisandée » : Tournay partage avec Troyes le décor mais s’en différencie substantiellement par ses règles. Et il vaut mieux les avoir étudiées avec attention pour comprendre les mécanismes qui font gagner, car l’histoire ne repasse pas les plats. Ce qu’a évidemment compris Tristan, qui s’impose sans mal avec 37. Suivent votre modeste narrateur (32) et Nourdine (28). Une partie faisandée dès sa mise en route, en quelque sorte.

Table 3, dite « Honorable » : au début de l’ère Meiji, Yokohama, qui n’était qu’un petit village de pêcheurs endormi, est devenu, avec l’ouverture du commerce vers l’étranger et le déclin de Edo, la première plaque tournante de commerce du Japon. Pendant cette période, les produits japonais tels que le cuivre et la soie sauvage ont été installés à Yokohama pour être exportés vers des pays étrangers. De plus, la culture et la technologie étrangères ont été peu à peu incorporées au Japon, provoquant une vague de modernisation dans les rues de la ville. Derrière ces incroyables changements se dressaient les marchands de Yokohama. Chaque joueur est un marchand qui rivalise avec d’autres pour gagner de la renommée: présenter des marchandises commandées par des commerçants étrangers, ou apprendre de nouvelles technologies, développer la ville en construisant des « Shop house » et des Maisons de commerce. C’est l’honorable Bruno qui connut la renommée la plus fameuse (150), devant Nicolas II (136) et Thomas (126).

Résultat de recherche d'images pour "yokohama jeu"

Table 4, dite « Hara Kiri Dory » : la table 2  enchaîne sur Hanabi. Deux manches furent jouées. Dans la première, jouée en mode Dory, 12 petits points furent engrangés. La seconde, avec 16, consacra une sortie d’amnésie pour conclure ce dyptique finalement peu mémorable.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

 

Séance de VENDREDI 23/06/2017 à Ti Koad

Le 23 juin est à jamais le jour de la disparition, trop précoce (1959), de Boris Vian. Comme PC, l’ingénieur-écrivain-musicien repoussait les frontières de l’imaginaire. Ce soir, du paradis où il réside, il nous fera l’honneur d’illustrer nos tables sur un air de tompinette.

Résultat de recherche d'images pour "boris vian"

Table 1, dite « L’herbe rouge » : à Terraforming Mars, Bruno, Franck, Nicolas II et Mickaël sont allés voir si l’herbe était plus rouge ailleurs, en l’occurence dans l’espace. Sont-ils revenus de leur périple sains et saufs ? En tous cas, ils pourront dire “L’histoire est entièrement vraie puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre.”

Table 2, dite « L’écume des jours » : Julien de Paimpol, Tristan, Thomas et votre modeste narrateur se plongent dans le choc des civilisations de Clash of cultures. Un jeu classique de développement de civilsations, intéressant dans son mécanisme combinatoire, mais extrêmemmmmmmmment long. Comptez quatre heures, règles comprises, pour voir Tristan le chinois émerger de la poussière avec 42.5, devant Julien l’égyptien, 41,5, Thomas, 32 et VMN, 20,5. Ils auront eu le temps de méditer cette maxime:  “Le plus clair de mon temps, je le passe à l’obscurcir, parce que la lumière me gêne.”

Table 3, dite « Les morts ont tous la même peau » :  Xel, Neox, Camille et F.-R.disputent une partie de Hit z’ road, un jeu morbide, où F.-R. s’est imposé sans états d’âme, en laissant Neox pour mort. A Flamme rouge, le mort-vivant prend une revanche éclatante, illustrant avec brio cette citation: “La mort n’est pas drôle parce qu’elle ne supporte pas la répétition.”

Table 4, dite « L’arrache-coeur » : Michal et Baptiste s’installent face à face pour un rendez-vous galant adossé à l’espace cuisine. Entre eux, pas de souper aux chandelles, mais le vaste plateau de Tannhäuser. Après quelques heures de libertinage, Michal serait parvenu à ses fins. Mais je n’en suis pas sûr et ne veux pas changer le mode de cette phrase, car “Supprimez le conditionnel et vous aurez détruit Dieu”. Ce serait dommage.

NDLR: il existe une autre recension de cette table, que nous vous livrons avec joie ci-dessous  – © Baptiste. Saurez-vous relever les différences entre les deux versions ?

« Le Capitaine John Mac Neal relisait le billet laconique qu’il avait reçu du QG des Forces Expéditionnaires de l’Union : « Obscura Korps repérée dans manoir forêt Wroclaw. Présence Amulette Patmos confirmée. Objectif destruction. Bonne chance. » Le 42ème des Forces Spéciales des Marines avait été parachuté de nuit quelques kilomètres plus au nord. Après une approche furtive parmi les arbres, son escouade se reposait à présent à la lisière du parc qui entourait la sinistre demeure. Aucune lumière ne brillait aux fenêtres, mais l’officier ne doutait pas de la présence de l’ennemi. La corruption dégagée par l’artefact se ressentait dans l’air, comme des pulsations qui lui embrumaient l’esprit. Rangeant la missive, il fit signe à sa troupe de manœuvrer.

Pénétrant par un soupirail, les Marines sécurisèrent la cave puis gravirent l’escalier menant au rez-de-chaussée. Après avoir enfumé le couloir principal, le commando Alpha pris position dans une pièce adjacente avec le Sergent Brown. Mac Neal emmena la Caporal Apony explorer l’aile Est, tandis que le commando Delta s’aventurait dans l’aile Ouest. Mais leur présence ne passa pas inaperçue et des voix allemandes retentirent bientôt, suivies par le bruit du Flash-gun Mk-1 du commando Alpha. Rejoignant un second couloir, le Capitaine lança son propre fumigène, abaissa son casque de vision HB-4 et s’avança , repérant rapidement la silhouette d’un schocktruppen qui luttait contre la fumée. Le soldat allemand fut fauché par une rafale de l’officier et s’effondra aux pieds de Karl Zermann, le garde personnel du Marquis Von Heïzinger. Cherchant à venger son compagnon, l’Oberleutnant marcha arme au poing dans le couloir, comptant sur ses projectiles fantomatiques pour palier au manque de vision. Mal lui en pris car il tomba sous les balles du commando Alpha posté en embuscade.

Mac Neal et Apony firent alors mouvement vers le nord de la bâtisse, tandis que le commando Delta était rejoint par Brown. Rechargeant son arme, le commando Alpha pénétra prudemment dans le salon. Il allait atteindre le hall d’entrée lorsqu’un hurlement démoniaque s’éleva derrière lui. Poussé par une rage démesurée, le Stosstruppen se jetta sur sa victime, le lacérant de ses griffes monstrueuses. Penché sur le corps sans vie de l’américain, l’anomalie de l’Obscura Korps vit soudain surgir un gigantesque Marine, portant une arme démesurée. Un bruit assourdissant emplit la pièce alors que le Sergent Brown déchargeait toute la puissance de sa mitrailleuse, déchiquetant le meurtrier de son compagnon et les meubles environnants.

Atteignant à leur tour le hall d’entrée, John Mac Neal jura en reconnaissant les silhouettes d’Heïzinger et d’Eva Krämer, l’Investigatrice préférée du Kaiser. Reculant devant la puissance de feu, les deux officiers allemands se replièrent dans l’aile Ouest, échappant de peu aux bâtons de dynamite lancés par l’artificière américaine. Les Marines se déployèrent alors en tenaille, essayant en vain de déloger les survivants. Mais c’était sans compter sur la ruse d’Heïzinger, qui dévoila alors toute ses aptitudes de psyker. Pénétrant dans l’esprit des soldats de l’Union, le Marquis les attirait inéluctablement vers les ombres d’où surgissait Krämer. Prenant de plus en plus de risques, les hommes du 42ème se couvraient peu à peu de blessures sans pouvoir riposter, et le commando Delta succomba aux attaques de la jeune femme.

Mac Neal ordonna alors le replis afin de faire sortir les allemands de leur position. Conforté par la puissance de l’Amulette, Heïzinger s’avança en première ligne, blessant gravement Brown de son Walther P38 avant de déchainer les forces démoniaques sur le Capitaine des Marines, brûlant à jamais son âme. Rampant dans les décombres, le Sergent Brown eut un dernier acte héroïque en poignardant à mort l’assassin de son officier supérieur. Mais son triomphe fut de courte durée car une grenade éclata près de lui, suivie par le rire strident de l’Investigatrice. Il ne dû son salut qu’à l’intervention d’Apony, qui repoussa la dernière représentante de l’Obscura Korps. Pressentant qu’il ne reviendrait pas de cette mission, il se sacrifia pour attirer Krämer dans un piège, permettant à la Caporale de coincer l’allemande entre deux pièces. Forçant le passage au prix d’un duel au couteau, l’artificière tira une ultime salve avant de finir étranglée par le fouet de son adversaire.

L’Obscura Korps était victorieuse, mais les pertes étaient lourdes, et sans les connaissances du Marquis décédé, l’Amulette de Patmos ne serait d’aucune utilité pour le Reich. »

Table 5, dite « Le goûter des généraux » : “Un uniforme ? C’est un avant-projet de cercueil.” Voilà qui n’effraie pas Jeff, ni Franck-le-GNiste qui prennent les commandes de X-Wing. Et, après tout, “Pour faire un soldat, il faut défaire un civil.”

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de MARDI 20/06/2017 à Ti Koad

Le serment « de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides », texte lu le 20 juin 1789 par celui qui sera bientôt le premier maire de Paris, Jean-Sylvain Bailly, est resté dans l’histoire comme celui du jeu de Paume, du nom de la salle du palais de Versailles où il fut prononcé. Il amènera la réunion des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) en une « Assemblée nationale constituante », dont sera issue l’abolition de la féodalité (4 août 1789), la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août 1789), et les grands principes de la Constitution française (fin 1791).

En cet autre 20 juin, un bataillon de joueurs formaient le serment de jouer en tout lieu où les circonstances l’exigeraient. En l’occurence, Ti Koad fut leur théâtre, et voici leur histoire.

Table 1, dite « Du clergé » : A la conquête de la plus belle aventure humaine qui soit, Terraforming Mars, un pape, un druide, et un pasteur ont passé 3h30, règles comprises, à rendre Mars aussi inhabitable que la Terre en 2000 ans d’histoire. Au bout du bout, colonisation rampante, température suffocante, profusion d’oxygène issue des océans furent au rendez-vous, marquant la fin de l’histoire: une fois encore, la religion n’aura pas sauvé le monde. Le pontife l’emporte d’un poil de barbe (78) devant le luthérien (77), un mano a mano que le barde (60) toisa de son respect. On aura reconnu, dans ce casting divin, Jack, votre modeste narrateur, et Bruno.

Table 2, dite « De la noblesse » : Un auguste comte, un fringant marquis, un vrai baron, le duc de Bretagne, et une première dauphine se retrouvent dans une expédition vers Santiago. Le marquis, qui, nous dit-on, a beaucoup chouiné, en a imposé dans un équipage composé de Jean-Yves, François-René, Thomas, Dom et Xel.

Table 3, dite « Du tiers-état » :  Soudainement défroqués, nos aristocrates se retrouvent à la lanterne de Linq. On ne les pendra pas, et on ne comptera pas non plus le score, car

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Le peuple en ce jour sans cesse répète,
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira,
Malgré les mutins tout réussira.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de MARDI 13/06/2017 à St-Elivet

Ce 13 juin, Grigori Perelman atteignait l’âge de 51 ans. Mais on peut douter qu’il ait fêté d’une quelconque manière l’événement. Grigori Perelman n’aime pas les fêtes, ni les prix, puisque ce mathématicien russe, auteur de la preuve de la célèbre conjecture de Poincaré, a refusé tous les prix qui l’attendaient, jusqu’au plus prestigieux, la médaille Fields. Selon un entretien, controversé depuis, il aurait déclaré:

« Pourquoi ai-je mis tant d’années pour résoudre la conjecture de Poincaré ? J’ai appris à détecter les vides. Avec mes collègues, nous étudions les mécanismes visant à combler les vides sociaux et économiques. Les vides sont partout. On peut les détecter et cela donne beaucoup de possibilités.  Je sais comment diriger l’Univers. Dites-moi alors, à quoi bon courir après un million de dollars ? »

Pour les curieux, la conjecture de Poincaré stipule que toute variété de dimension 3 fermée, simplement connexe et sans bord, est homéomorphe à une sphère. Plus vulgairement, il s’agit de déterminer si un objet à trois dimensions possédant les mêmes propriétés que celles d’une sphère 3D (dont notamment toutes les boucles peuvent être « resserrées » en un point) est bien seulement une déformation d’une sphère tridimensionnelle. Dit autrement, cette conjecture, vous l’aviez deviné, est le cas particulier pour n=3 de l’énoncé suivant: Toute variété compacte de dimension n homotopiquement équivalente à la sphère unité lui est homéomorphe.

Résultat de recherche d'images pour "conjecture poincaré"Résultat de recherche d'images pour "perelman"

Table 1, dite « Triangulée » : après moult péripéties, VHS réussit à mettre la main sur un Tricoda d’occasion, jeu originellement connu sous le nom de Code 777 et qui fut donc rebaptisé pour son 25è anniversaire, en édition de luxe s’il vous plaît. Un jeu avec des chiffres et des couleurs, et où, sur le mode d’Hanabi, il faut deviner le contenu de sa palette (qu’on ne voit pas) en s’aidant de celles des autres (que l’on voit) et de questions diverses qui tournent grace à une pioche de cartes (questions en toutes les langues, ce qui permet de pimenter le jeu en posant sa question en suédois ou en espagnol). On peut tenter de résoudre son chevalet à tout moment, mais malheur en cas d’échec: tous les jetons sont rebatus, et l’on perd donc tout le bénéfice des déductions antérieures. Dom l’emporte au finish avec 3 réussites, devant Jean-Yves, 2, alors que je ferme la marche avec 1 victoire.

Résultat de recherche d'images pour "tricoda jeu"

Table 2, dite « Le grand voyage » : Grigori était un petit gamin malhabile et rondouillard, qui n’a jamais su nouer ses lacets et a toujours entretenu avec son corps et son apparence une relation d’autodestruction, mais il résolvait les problèmes les plus ardus comme d’autres sautent à la corde. Il s’est laissé entraîner dans cette course de fond dont personne n’avait jamais trouvé l’issue. Lui qui n’a jamais manifesté d’ambition particulière était enfin confronté à un problème qu’il n’avait pas réussi à résoudre. Devenant le seul à y parvenir, il n’avait plus besoin d’être relié à l’extérieur. L’imitant, c’est sans complexe que Bapiste, Julien, Yvan et Xel coupent les ponts et s’attaquent au grand voyage de Shipwrights of the North sea, où la dernière citée l’emporte haut la main.

Table 3, dite « Réclusion coopérative » : Dans le décor noyé de gris du quartier populaire de Kouptchino, cité-dortoir de la banlieue sud de Saint-Petersbourg, construite à la fin des années 1960, au cinquième étage d’un bloc qui en compte huit, vivent Grigori Perelman et Lubov Perelman. Cette dernière n’est pas l’épouse du mathématicien génial à la chevelure hirsute. C’est sa mère, mathématicienne à la retraite. Son fils, auquel on n’a jamais connu de liaison sentimentale, a toujours eu besoin d’elle, même à l’âge où les étudiants se sont affranchis depuis longtemps de la tutelle parentale. Quand il a quitté le monde professionnel, à quarante ans, c’est chez elle qu’il est allé se réfugier dans l’appartement 131, au 98-3 de la rue Budapestskaïa. Une manière de réclusion coopérative que n’auraient pas reniée Nourdine, F.-R, Jérôme, N2 et Doria, embarqués dans un Room 25 également coopératif. Eux ont survécu. Quant à Perelman, on en est sans nouvelles depuis sa retraite volontaire.

Table 4, dite « Equation indéchifrable » : Perelman, dont certains pensent qu’il serait atteint du syndrome d’Asperger – un trouble autistique –, n’a jamais entretenu beaucoup de contacts avec le monde extérieur. Son profil psychologique défie les conjectures au point qu’une bigographie à lui consacrée, sans que l’auteure ait jamais pu s’entretenir avec son sujet, fut intitulée « l’indéchiffrable équation ». C’est un peu le principe de Profiler sur lequel la table 3 enchaîne. Le principe du jeu est très simple : on tire au sort six personnages numérotés, issus du monde réel (ex. Madonna), fictif (ex. Dracula) ou même relatif (ex. « Mon coiffeur »). Le joueur à qui c’est le tour tire un numéro au sort, ainsi que deux caractéristiques plus ou moins précises (ex. « est petit », « a peur du noir » ou « ferait un bon père »), et doit ensuite placer ces deux caractéristiques sur une échelle allant de -5 à +5. La partie se solda sur le score de 18/25

Table 5, dite « Si loin » : En 1904, l’auteur de cette équation qui porte son nom, Henri Poincaré – cousin germain du président de la République française – avait ajouté, non sans humour : « mais cela nous entraînerait trop loin. » S’il a fallu 102 ans à la communauté scientifique pour voir le problème résolu, il ne m’a fallu que quelques tours de Camelot pour mater mes adversaires, Xel, Julien, Doria et Jean-Yves. Une main de départ excellente et un à-propos décidé me permirent d’imposer un train d’enfer et de tôt m’adjuger trois manches. Parti déjà si loin, j’étais irratrappable. Après quoi je refis ma palette à ma main, attendant tapi dans l’ombre pour porter l’estocade. Un travail d’artisan.

Table 6, dite « Equivalences homotopiques » : Dans la conjecture de Poincaré comme à Codenames, il s’agit d’établir des équivalences, qu’on pourrait fort bien qualifier d’homotopiques entre des mots placés sur la même grille. Pour les Rouges, VHS, N2 et Xel, et chez les Bleus F.-R., Nourdine, Doria, Jérôme. Une partie où l’on disserta sur le sens précis de certains mots (« La lumière des vitraux, c’est un rai, pas un rayon »), où l’on aborda l’univers du Sofitel sous l’angle d’une certaine suite 2805 (Queue, Suite, Pied), et qui se joua dans la manche décisive sur un Commune 2 (Casse, Paris) que je lançai et que mes partenaires déchiffrèrent avec brio (pour les mêmes mots, j’avais pensé à l’indice Macron, mais Carton était encore sur la grille, rendant ce choix trop risqué).

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de VENDREDI 02/06/2017 à St-Elivet

A Berlin-Ouest, le 2 juin 1967, une manifestation étudiante contre la visite du shah d’Iran est violemment réprimée par la police. La scène est chaotique. Les partisans du shah et ses opposants s’affrontent dans la rue. L’intervention policière exacerbe les tensions. À un moment donné, la police poursuit un groupe de jeunes. Un commandant donne l’ordre de les disperser avec des matraques. Dans les secondes qui suivent, un agent de la police d’État en civil, Karl-Heinz Kurras, tire sur Benno Ohnesorg qui est atteint derrière la tête. Selon certains, Ohnesorg aurait été matraqué pendant qu’il agonisait par terre.

Cette mort tragique va susciter une vive émotion dans le monde étudiant et accélérer la radicalisation de certaines factions de l’extrême gauche allemande. Cet événement dramatique peut être considéré comme l’un des éléments déclencheurs des troubles de 1968, mais également des profondes mutations sociétales qui ont suivi, dans la société allemande et au-delà.

Kurras prétendit qu’au moment de tirer, il était aux prises avec des assaillants armés de couteaux. Selon son témoignage, son pistolet se déchargea soudainement « par la seule action d’un manifestant agressant ». Il dit n’avoir appris que le lendemain en écoutant les nouvelles qu’il avait tué quelqu’un. Il fut acquitté dans deux procès suivant l’événement.

En 2009, des informations surprenantes vinrent au jour. Kurras était un espion du Ministère de la Sécurité d’État est-allemand, la Stasi. Certains se demandèrent alors si Kurras n’était pas un agent provocateur, ayant reçu l’ordre d’assassiner quelqu’un afin de radicaliser le mouvement étudiant. Absolument aucun document connu à ce jour n’appuie cette théorie. Cependant, d’autres documents ont depuis fait surface qui suggèrent que les auteurs de cette théorie ont manqué d’imagination.

Début 2012, le magazine d’actualité Der Spiegel a monté un dossier convaincant qui allègue que, dans les instants et semaines suivant le meurtre d’Ohnesorg, diverses institutions ont essayé d’étouffer les vraies circonstances de l’événement. La police de Berlin-Ouest, les médecins qui reçurent le cadavre d’Ohnesorg à l’hôpital et les médias furent tous impliqués.  Der Spiegel a révélé qu’un médecin reçut l’ordre de son chef d’indiquer comme cause de décès « traumatisme contondant » sur le certificat de décès. La blessure fut camouflée en fonction de cette décision. Les médias laissèrent entendre que la mort d’Ohnesorg était attribuable aux étudiants radicaux. Des journaux appartenant à l’empire médiatique Springer publièrent des articles avec des gros titres blâmant les étudiants, tel que : « Ils veulent voir le sang couler ».

À l’époque, tout ce que l’on savait était que Kurras avait tué Ohnesorg « par accident ». Cela suffit néanmoins à déclencher une radicalisation de certaines factions des mouvements sociaux. En 1968, Ulrike Meinhof, journaliste et plus tard co-fondatrice de la Fraction armée rouge, écrivit : « La démocratie n’existe plus quand le journalisme ne sert qu’à décrire des actions policières, quand les canons d’eau et les armes de service sont la continuation logique et ininterrompue du journalisme. C’est là que commence l’État policier. »

Deux groupes en particulier émergèrent de cette conjoncture : la Fraction armée rouge (Rote Armee Fraktion, RAF) surnommé le groupe Baader-Meinhof, d’orientation communiste, et le Mouvement du 2-juin (Bewegung 2. Juni), d’orientation anarchiste, au nom de la date du meurtre d’Ohnesorg. Les actions des deux groupes inclurent des vols à main armée, des enlèvements, des attentats à la bombe et des assassinats politiques.

Le lien entre l’émergence de ces groupes et la mort d’Ohnesorg est clair. Une série de facteurs contribua à la dérive vers la violence terroriste, mais elle fut la cause proximale de l’essor du mouvement étudiant, de la radicalisation de certains de ses éléments, et de la violence qui s’ensuivit.

Aujourd’hui, 50 ans après, il nous faut rappeler que Benno Ohnesorg était un pacifiste.

Résultat de recherche d'images pour "2 juin 1967"

D’une table l’autre, les joutes de cette soirée seront l’occasion d’illustrer les pages d’une sombre histoire.

Table 1, dite « Guerilla urbaine » : en avril 1971, la RAF sortit de l’anonymat, et s’exprima publiquement en distribuant un prospectus intitulé Le concept de guérilla urbaine. Les autorités déclenchèrent aussitôt dans toute la RFA une vaste opération de recherche des 50 membres du groupe. Dans univers non moins post-apo d’Outlive, Thomas rejoint quant à lui Julien de Paimpol et Mickaël dans la clandestinité, au point de refuser de livrer le score de cette partie. On peut en déduire qu’il a été défait…

Table 2, dite « Armée rouge » : à la table de Vinhos, il faut savoir manier le gros rouge pour faire triompher une certaine vision du monde. Contrairement aux présupposés, c’est Neox qui éclaboussa de sa classe un vendange que Xel et Tristant admirèrent en connaisseurs.

Table 3, dite « Traumatismes contondants » : votre modeste narrateur s’est laissé prendre dans les rets tendus par Franck, qui arborait fièrement sa nouvelle acquisition, Magic the gathering (15€, une affaire, rendez-vous compte). Nicolas II avait aussi succombé à l’offrande de ce wargame classique mais au matériel de belle facture, et en fut le premier éliminé. Franck finit par avoir raison de moi et de mes incursions aventureuses dans des corps-à-corps toujours plus désespérés, et m’infligea un traumatisme contondant à bout portant.

Résultat de recherche d'images pour "magic the gathering"

Table 4, dite « La paix des braves » : à 7-wonders: Duel on vit Vincent et Joan jouer tranquillement dans un saisissant contraste avec les autres tables. C’est Vincent qui gagne, et il a choisi sa victoire en scientifique.

Table 5, dite « Torture par l’isolation » : à la table de Naufragés Axel, F.-R., Nourdine et Jérôme ont occupé la salle radio toute la soirée et une bonne partie de la nuit . Si les terroristes de la RAF décrivaient leurs conditions de détention comme une « torture par l’isolation » et exigeaient leur assouplissement ainsi qu’un statut de prisonniers de guerre, nos quatre amis n’en étaient sans doute pas là, mais pas quand même pas si loin.

Table 6, dite « Assassinats sur commande » : plusieurs leaders de la première génération de la RAF moururent entre 1976 et 1977 dans le quartier de haute sécurité de la prison de Stammheim. L’un des terroristes affirmera plus tard qu’il s’agissait en fait d’assassinats orchestrés par Bonn, une série de meurtres que n’aurait pas reniés Jack l’éventreur. Pour sa part, Dom, arrivé vers 23h, rejoignit la table de Lettres de Whitechapel au cours de la 3e nuit, et témoigne: « Le maléfique Jack-Michal s’est joué des policiers et, malgré un déploiement efficace des enquêteurs la dernière nuit, a réussi à rejoindre une quatrième fois son repaire. Pour la légende, Dom a au cours de la 3e nuit posé son doigt sur l’emplacement dudit repaire (le 55) et a expliqué à ses collègues policiers que cet endroit était compatible avec les hypothèses accumulées avant son arrivée et présentait l’avantage d’être accessible de pas mal de directions, autrement dit qu’il ferait un excellent repaire ! »

Table 7, dite « Un printemps allemand » : cette soirée fut aussi l’occasion d’observer d’intéressantes parades nuptiales à la table de Anter Island, où Tristan, Julien, Thomas et Neox rivalisèrent de mâles assauts. Le mâle dominant s’exprimera sans nul doute sur le forum.

Table 8, dite « Air vicié » : vers le milieu des années 1960, les mouvements étudiants qui avaient vu le jour aux États-Unis pour protester contre la guerre du Viêt Nam et pour l’obtention des droits civiques de la communauté afro-américaine apparurent aussi en Allemagne. La révolte portait sur plusieurs sujets, en particulier sur les méthodes d’enseignement de l’université. Le slogan préféré lancé par les étudiants aux professeurs qui faisaient leur entrée solennelle en procession était alors « Unter den Talaren, der Muff von Tausend Jahren » (« sous les capes traditionnelles des professeurs, l’air vicié de mille années [allusion au Troisième Reich, qu’Hitler souhaitait voir durer mille ans] »).

A la table de Shadow Hunters, on pourchassait aussi des ombres, mais à ce jeu, il faut pafois lâcher la proie pour l’ombre, contrairement à la pratique de Xel, qui occit successivement Axel et Nourdine, précipitant à chaque fois, à grandes touffes d’air vicié, la perte de son camp.

Résultat de recherche d'images pour "Unter den Talaren, der Muff von Tausend Jahren"

Table 9, dite « Soyons réalistes, demandons l’impossible  » : en fin de soirée, un petit duel oppose Dom à Tristan à En Garde !, duel que le premier cité perd honorablement 5 à 4. Mais à l’impossible, nul n’est tenu…

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de VENDREDI 26/05/2017 à St-Elivet

Le 26 mai 1822 naissait à Nancy Edmond Huot de Goncourt. L’académie Goncourt, un cénacle littéraire, sera fondé en 1900, suivant son désir formulé dans son testament olographe, auquel il associait son frère précédemment disparu, Jules de Goncourt, les deux frères ayant décidé dès 1862 de laisser après eux des mémoires et une académie en leur nom. L’objectif originel de cette disposition est de décerner chaque année un prix pour « un ouvrage d’imagination en prose paru dans l’année », mais aussi des indemnités substantielles qui devaient être allouées à chacun des membres de la société. Le temps a passé et, aujourd’hui, on retient aussi de la remise de ce prix la bonne table qui l’accompagne…

Résultat de recherche d'images pour "prix goncourt"

D’une table l’autre, en hommage à cette initiative, nous illustrerons les tables de cette soirée des romans titulaires de ce prix.

Table 1, dite « Au revoir, là-haut» : il faut avoir la foi pour s’engager dans l’univers déprimant d’Outlive, et Joan n’en manque pas, qui survole cette partie avec 44. De là-haut, Mickaël (27), et Julien (25), ressemblent à de petites fourmis.

Table 2, dite « Les grandes familles » : à la table de Smallworld, les grandes familles se rencontrent et se séparent, à l’image de Gael et Elaine qui nous quittent pour d’autres horizons, mais la bataille n’en sourd pas avec moins d’ardeur. La table de marque en témoigne pour l’histoire: Doc Nicolas 78, Gael 75, Baptiste 74, F.-R. et Elaine 61.

Table 3, dite « A l’ombre des jeunes filles en fleurs» : Cottage garden c’est l’assurance d’un voyage enchanté au milieu des fleurs. Cloches, pots et chats étaient au rendez-vous, et nous avions même une jeune fille. A l’arrivée, la main verte de Dom (49) remporte la mise, malgré le bel effort de Jérôme l’apiculteur qui rafla les deux ruches (48). Sophie (41) et VMN (35) complètent le tableau de ce jardin partagé.

Image associée

Table 4, dite « Les racines du ciel » : à Kanagawa on peint des estampes de toutes les couleurs, de toutes les saisons et de tous les motifs. Avec un deck en deux parties, des pinceaux pour racines et des tableaux au ciel, la compétition est très serrée, Dom (29) devançant VMN et Sophie (28) d’un poil et Jérôme (25) d’une brosse. Chapeau l’artiste !

Table 5, dite « Boussole » : c’est par le traditionnel Codenames que se finit cette soirée avec les Bleus (Dom, Jérôme, VHS), et les Rouges (Xel, F.-R., Doc Nicolas). Une partie que les Rouges remportèrent 2 à 1 et qui s’est jouée sur un indice en or : Laurent Blanc (Défense, Club, Jeu), risqué à cause du but en or France-Paraguay de 1998 (Or était sur la table), et un deuxième set où des espions Bleus trop timorés n’ont pas osé lancer Mêche, à quoi renvoyait l’indice Attachement.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.

Séance de MARDI 23/05/2017 à St-Elivet

Le 23 mai est la journée des hérétiques. Ainsi, en 1430, la Pucelle d’Orléans fut capturée, et, un an après exactement, brûlée vive. Ce même jour, en 1498, Savonarole, grand contempteur de la corruption, était exécuté.

Girolamo Savonarola.jpg

Le 23 mai 2017, sur le bûcher des vanités de St-Elivet, un petit groupe de convertis s’evertuait à survivre dans le bas monde.

Le souvenir de leur quête sous est relaté dans le grimoire de l’archiviste Neox, qui y recensa 2 tables:

– La 1ère (Moi, Xel, F-R, Tristan et Bruno) avons fait un Camel Up remporté par moi-même, suivi d’un Dead of Winter dans lequel notre traitresse (Xel) n’a pas su lire sa carte objectif… Par conséquent, personne n’a gagné cette partie.

– Sur la 2ème table (Franck, Nourredine, Cecile) il me semble avoir vu du Kingdomino, Minivilles et Lords of scotland. Leur résultat s’est perdu dans la nuit des temps…

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum.