Séance de MARDI 02/04/2019 à Servel

Le 2 avril 1974, Georges Pompidou, atteint de la maladie de Kahler, meurt deux ans avant la fin de son mandat. Président de la République depuis le 20 juin 1969, le nouveau chef de l’Etat apprend, probablement quelques mois après sa prise de fonctions, qu’il est atteint de cette affection voisine du cancer des os. Dès le mois de mai 1968, alors qu’il était Premier ministre, Georges Pompidou avait dû suivre un traitement de vitamines et de corticoïdes.

Jusqu’au bout, le président de la République choisira de ne rien dire de son cancer. L’Elysée ne fera aucune déclaration officielle avant le communiqué du secrétariat général de la présidence, qui, le 2 avril à 22h05, annonce son décès. Avant ce jour, Georges Pompidou ne souffrait officiellement que d’épuisantes «grippes à rechutes».

Résultat de recherche d'images pour "pompidou hara kiri cartoon"
Pompidou dou dou

45 années après, à Lannion, la grêle était de sortie pour un de ces fameux orages inattendus dont notre cité a le secret. De quoi prendre la grippe ! Espérons que ces épisodes de neige fondue n’auront pas de rechutes trop fréquentes…

Table 1, dite « Art moderne » : quatre visiteurs d’un soir se prennent à arpenter non pas les allées du centre Pompidou, mais celles de The gallerist – un choix osé pour un mardi au vu de la longueur du jeu, d’autant qu’une explication des règles, passablement touffue, eut lieu au préalable. La table se termina gentiment après minuit, et fut donc menée à bon train. Comme dans le fameux escalator du musée d’art moderne, les quatre galeristes firent un voyage parallèle à distance presque égale les uns des autres. Tout en haut, Doc Nico exulte avec le score mirifique de 191. Thibault est un fier deuxième avec 139. Votre serviteur a eu l’impression de bien s’en sortir, mais culmine à 83. Quant à Olive, il a passé le plus clair de son temps à l’obscurcir, et y réussit parfaitement, son score de 40 reflétant les heures les plus sombres de notre histoire.

Table 2, dite « Midnight express » : à cette table Dom propose la découverte de Bus. Neox rushe la fin de partie, selon notre envoyé spécial sur place, et, pour sortir avant minuit, l’emporte avec 8, devant Xel, 7, Dom, 6, et Tristan, 5. Tiens, encore cette image d’intervalles constants, comme des passagers immobiles d’un bus qui roule…

Table 3, dite « La part de l’ange » : à Celestia on change de véhicule, et, au bout de ce voyage en aéronef, c’est Xel qui coiffe sur le poteau François-René, 67 à 66. Un intervalle aussi ténu que la part des anges que le vainqueur a du croiser dans le ciel. Neox s’incline avec 56, un bon nuage derrière.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de VENDREDI 29/03/2019 à Servel

Le 29 mars 1974, sous la pelle d’un fermier chinois en train de construire un puits au mont Li, se dévoilait l’armée de terre cuite (兵马俑, statues funéraires de soldats et chevaux), ou armée d’argile, un ensemble de près de 8000 statues de soldats et chevaux en terre cuite, représentant les troupes de Qin Shi Huang, le premier empereur de Chine. Elles représentent une forme d’art funéraire, car elles ont été enterrées dans les fosses du mausolée de l’empereur Qin, à proximité de la ville de Xi’an, dans le Shaanxi, en 210–209 av. J.-C. Cette « armée enterrée », dont les statues ont quasiment toutes un visage différent, était destinée à protéger l’empereur défunt.

Leur taille varie suivant leur grade au sein de cette armée, celles figurant les généraux étant les plus grandes. Elles représentent fantassins, cavaliers, chevaux et chars. Les archéologues qui fouillent le site ont estimé que les trois fosses dans lesquelles reposent l’armée de terre cuite contiennent plus de 8 000 soldats, 130 chars tirés par 520 chevaux, et 150 chevaux montés par des cavaliers. En plus des soldats, on trouve dans ces fosses des statues de civils, dont des fonctionnaires, des acrobates et des musiciens. Le mont Li était renommé pour ses mines de jade, son côté nord était riche en or et son côté sud riche en beau jade. Le Premier Empereur, au courant de cette excellente réputation, avait bon goût.

Image associée
L’armé en terre cuite (détail)

45 années après cette découverte, à Lannion, des fantassins en nombre ont investi pas moins de 8 tables de jeux. Un chiffre qui, dit-on, porte bonheur en Chine.

Table 1, dite « Vive l’empereur » : dans un duel à 2, qui était aussi un hommage à l’empereur du jeu Uwe Rosenberg, Xel et Neox ont découvert A la gloire d’Odin – un univers légèrement plus complexe que l’ancestral Agricola, et où l’on a le choix entre pas moins de 60 actions ! A ce duel classé X entre la tête et la queue des surnoms, c’est le x de queue qui a triomphé.

Table 2, dite « Enfouie » : le pétrole encore dans le sol doit-il y rester enfoui ou mis à nu comme les statues du mont Li ? A cette question, Tristan, Doc Nico, Benjamin et Thibault se prononcent pour le dévoilement et vont à la recherche du pétrole dans Wildcatters. Le score de cette table restera lui aussi enfoui dans les grimoires et attendra l’arrivée des archéologues.

Table 3, dite « La huitième merveille » : à 7 Wonders-Armada Nicolas II emmène une bande de vaillants explorateurs à la découverte de la huitième merveille du monde: le fameux 7 Wonders muni de sa dernière extension !

Table 4, dite « L’empereur, le fonctionnaire, l’acrobate et le soldat » : à Brass: Birmingham on revisite un classique. Avec un nouveau plateau, plus cher, moins lisible, de nouvelles tuiles, plus variées, et surtout de nouvelles règles: l’obligation de posséder une chope de bière pour vendre notamment, mais aussi une règle particulièrement non conventionnelle: l’argent qu’on possède se convertit en PV à la fin. Ainsi, il suffit d’emprunter sans raison au dernier tour pour s’engraisser sur le dos du contribuable ! Deux joueurs usèrent sans vergogne de cette libéralité, à savoir l’empereur Thomas, qui n’avait pas besoin de cela pour gagner, ce qu’il fit (141), et le fonctionnaire zélé Dom (126), qui opta pour ce choix aussi rapidement qu’il avait été lent à la manœuvre le reste de la partie. Les deux autres furent de ce fait relégués, l’acrobate représenté par votre serviteur (110) qui construisit une lignée de canaux vertigineuse, et le vaillant soldat Xof (119), qui ne démérita point pour un coup d’essai.

Table 5, dite « Baron perché, vicomte pourfendu » : à Saint Seyia: Deckbuilding Athéna est menacée par le grand Pope et les Chevaliers soumis à son pouvoir sont prêts à en découdre: 5 chevaliers de bronze doivent mettre fin à cette menace avant l’extinction de la dernière flamme de l’Horloge. C’est François-René (40) qui sera le baron perché, d’une très courte tête, et Sébastien le vicomte pourfendu pour un point (39). Olivier L. et Camille, 24 chacun, se sont tourné autour comme chevaliers de la table ronde.

Résultat de recherche d'images pour "cry havoc"
Cry havoc

Table 6, dite « L’empereur fainéant » : à cette table nous découvrons Cry havoc – un jeu de guerre sur table à l’échelle sub-tactique (1 pion = 1 personnage ou animal), très novateur pour l’époque, notamment du point de vue graphisme, paru initialement en 1981 et revisité depuis.
Le petit Paul, Olive et Mickaël y ont offert sur un plateau une victoire monumentale à Franck (49 points d’avance !) en réveillant ses trolls qui étaient en plein sommeil. De ce fait, selon ses propres dires, il n’a pas eu grand chose à faire pour gagner !

Table 7, dite « Pièces de musée » : encore une découverte: celle de Museum où Olive et Mickaël croisent le fer au-dessus de la Manche, l’un oeuvrant à Paris et l’autre à Londres. Le résultat de ces manipulations de pièces de musées est à retrouver en page 16 777 216 (8^8) du catalogue.

Table 8, dite « La neuvième horreur » : Pour finir, retour de Greenville 1989 – le jeu coopératif narratif et d’horreur convie ici Neox, François-René, Xel, et Camille. Le chiffre 9, maudit dans l’histoire récente des chinois autant que le 8 est chéri (1989 en est une éclatante illustration), n’a pas fait mentir sa réputation, la table ayant sombré dans les affres de la défaite !

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de MARDI 26/03/2019 à Servel

Le 26 mars 1811, des tisserands britanniques s’insurgeaient contre leurs conditions de travail en brisant les métiers mécaniques de leurs usines. Une révolte qui dévoile l’autre visage de la technologie.

La gigantesque augmentation de la productivité agricole que vit la Grande-Bretagne au XVIIIe siècle fournit à certaines familles paysannes la prospérité nécessaire pour disposer d’un métier à tisser à domicile et ainsi compléter leurs revenus précaires. Cependant, les innovations techniques qui permettent cet accroissement de la production provoquent également une perte de travail pour de nombreux paysans, qui émigrent alors vers les villes en perpétuelle expansion. Là-bas, ouvriers qualifiés et apprentis qui travaillent dans les ateliers et commerces urbains voient se remplir les faubourgs d’une nuée de paysans expulsés en quête de travail…

Dans ces zones urbaines, les gens s’arrachent les livres de radicaux tels que Thomas Paine, témoignant même de la sympathie pour les Jacobins qui ont pris la tête de la Révolution française. En 1794, l’accroissement de la tension politique et sociale pousse le gouvernement à suspendre l’Habeas corpus, la loi garantissant la liberté juridique individuelle fondamentale des détenus. Cinq ans plus tard, les Combination Acts interdisent les associations de travailleurs, ce qui rend impossible les négociations collectives. Le conflit entre ouvriers et employeurs ne tarde pas à éclater, appuyé par un État redoutant l’union du radicalisme politique et des revendications en matière de travail.

Certains artisans et paysans qui ont pu acheter une machine ont réussi à accumuler un petit excédent de capital et l’investissent dans l’industrie naissante, acquérant de nouvelles machines. La concurrence entre ces premiers industriels pousse à la course à l’innovation, afin de produire toujours plus vite et moins cher. Cette demande provoque une cascade d’inventions multipliant la capacité de production, notamment avec l’utilisation de la machine à vapeur. Ce qui déclenche l’hostilité des fileurs et des tisserands, car elle réduit le besoin en main d’œuvre.

Déjà en 1778, dans le Lancashire, des artisans avaient détruit des métiers à tisser mécaniques, parce qu’ils faisaient baisser leurs salaires et dévaluaient leurs qualifications. Ces artisans voient leur savoir-faire durement acquis ne plus servir à rien face à la concurrence des machines. Ils s’entassent dans les usines, sous le joug des contremaîtres, soumis à des règlements stricts et à des punitions sévères en cas d’infraction, ainsi qu’au contrôle du temps marqué par la sirène de l’usine et au rythme bruyant de la machine.

C’est dans ces conditions qu’éclate le conflit. Tout commence à Arnold, un village près de Nottingham, la principale ville manufacturière du centre de l’Angleterre. Le 11 mars, sur la place du marché, les soldats du roi dispersent une réunion d’ouvriers au chômage. Cette même nuit, une centaine de machines sont détruites à coups de masse dans les usines qui ont baissé les salaires. Il s’agit de réactions collectives, spontanées et dispersées, mais qui ne tardent pas à acquérir une certaine cohésion. En novembre, des hommes en masque brandissant masses, marteaux et haches, détruisent plusieurs métiers à tisser du manufacturier Hollingsworth. Lors de l’attaque, une fusillade éclate, un tisserand perd la vie. La présence des forces militaires empêche l’embrasement de la région, mais l’orage gronde.

C’est alors que les manufacturiers commencent à recevoir de mystérieuses missives, signées par un certain Général Ludd. Ce personnage imaginaire donne son nom à un mouvement de protestation qui, sans être centralisé, est bien le fruit d’efforts coordonnés, peut-être suggérés par d’anciens soldats qui, en plus de lettres anonymes menaçantes et de tracts appelant à l’insurrection, organisent aussi des expéditions punitives nocturnes.

Le 12 avril, la première destruction d’une usine se produit, lorsque 300 ouvriers attaquent la filature de William Cartwright, et détruisent ses métiers à tisser à coups de masse. La petite garnison chargée de défendre le bâtiment blesse deux jeunes contestataires, qui sont capturés et meurent sans révéler le nom de leurs compagnons. En février 1812, le Parlement approuve la Frame-Breaking Bill, qui inflige la peine de mort à toute personne détruisant un métier à tisser. L’opposition est minime. Lord Byron, dans le seul discours qu’il prononcera à la chambre des Lords, demande : « N’y a-t-il pas assez de sang dans votre Code pénal ? »

La répression se poursuit : 14 exécutions ont lieu et 13 personnes sont déportées en Australie. Pourtant, cette main de fer n’arrête pas les luddites, au point que 12 000 soldats sont réquisitionnés pour les pourchasser, alors que seuls 10 000 Britanniques luttent contre Napoléon sur le continent. Cela montre non seulement la terreur que les luddites inspirent aux classes dominantes, mais aussi les dimensions que prend cette « guerre civile » entre le capitalisme montant, qui repose sur l’industrie, la discipline au travail et la libre concurrence, et les luddites, qui revendiquent prix justes, salaire convenable et qualité du travail.

En dénonçant l’accroissement du rythme du travail qui les enchaîne aux machines, les luddites dévoilent l’autre visage de la technologie. Ils remettent en question le progrès technique d’un point de vue moral, défendant la coopération contre la concurrence, l’éthique face au bénéfice: ils ne renient pas toute technologie par une résistance obtuse au changement, mais uniquement celle qui s’en prend au peuple. Ainsi leurs attaques sont-elles ciblées : ils brisent les machines qui appartiennent à des patrons qui produisent des objets de mauvaise qualité, à bas prix et avec les pires salaires. Vus sous cet angle, les luddites peuvent être considérés comme pionniers d’un mouvement historique réclamant une utilisation de la technologie en accord avec les besoins humains.

La répression du gouvernement connaît son paroxysme lors d’un spectaculaire procès qui se déroule à York en janvier 1813. L’exécution de 17 luddites y est prononcée. Quelques mois plus tôt, une série de procès à Lancaster s’était soldée par 8 pendaisons et 17 déportations en Tasmanie. Les peines très lourdes et la reprise économique qui se profile avec la fin des guerres napoléoniennes étouffent le mouvement luddite en 1816. Mais sa tragédie soulève une question inquiétante : jusqu’à quel extrême doit conduire le progrès ?

Le chef des luddites, gravure anonyme publiée en 1812
Le général Ludd

Les luddites doivent leur nom au Général Ludd, un personnage qui aurait signé les lettres de menaces que les manufacturiers ont commencé à recevoir en 1811. Il semble que ce nom soit celui d’un apprenti faiseur de bas de Leicester, Ned Luddlam, qui a détruit à coups de marteau le métier de son maître en 1779. Les leaders anonymes qui organisent les premières protestations dans la région de Nottingham lui empruntent son nom et signent avec lui les missives qu’ils envoient aux patrons. Ils voulaient créer une figure emblématique, capable d’inspirer la terreur à leurs riches et puissants ennemis.

208 ans après, il semble qu’on n’en ait toujours pas fini avec la fronde sociale.

Table 1, dite « Contremaître et apprenti » : un casting de fond de frigo, pauvre par le nombre mais riche par l’expérience, réunit à Pueblo un contremaître, Dom qui, avec 65, fait la leçon à son apprenti (François-René, 49).

Table 2, dite « Guerre fort civile » : à Heroes of Normandie on revisite la deuxième guerre mondiale. Dans cette guerre fort civile, Baptiste l’américain (8) a pris le pas sur Xel, nationale-socialiste d’un soir (2), et c’est fort bien ainsi.

Table 3, dite « L’ouvrage sur le métier » : à Peloponnes, un jeu doté d’un mécanisme retors (on score de deux façons, et le score final retenu est le moins bon des deux), Tristan et Olive (12) ont vite déchanté, tandis que votre serviteur se voyait vainqueur. Mais, avec 20 points de prestige, il fut devancé par Nicolas II qui termina à la tête d’une spectaculaire collection d’amphores et l’emporta avec 25. Une victoire au métier qui nous incite à nous remettre à l’ouvrage.

Table 4, dite « Grenier de l’histoire » : pour finir, un Timeline réunit plusieurs des survivants des tables d’avant. On y joua en mode « expert », en tous cas contre les règles, comme le remarqua Tristan, en ne défaussant pas les cartes mal placées. Du coup, on a moins le choix dans la date, et, à 5, la ligne du temps s’étale démesurément au point de faire craindre que la partie n’ait pas d’issue. C’est pourtant l’inverse qui se produisit, Xel réussissant à trouver son chemin dans le grenier de l’histoire.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de VENDREDI 22/03/2019 à Servel

Le 22 mars 1594, à 7h, Henri IV entrait triomphalement en armure à Paris, « sans effusion de sang ni qu’un seul bourgeois ait reçu incommodité en sa personne ni en ses biens », selon ses propres termes. Son retour dans la capitale, dont il avait dû s’enfuir vingt ans plus tôt, met un terme à cinq ans de guerre civile et trente ans de guerres religieuses. «Paris vaut bien une messe», lui aurait dit son ami, futur duc de Sully.

Comprenant que la majorité catholique du royaume n’accepterait jamais un souverain protestant, si légitime soit-il, Henri IV avait accepté l’année précédente de se convertir à la foi catholique (sixième et dernière de ses conversions !). Les catholiques modérés avaient alors manifesté leur lassitude de la guerre et leur souhait d’un compromis.

Le 22 février, Henri IV s’est fait sacrer à Chartres (faute de pouvoir se rendre à Reims, lieu traditionnel des sacres, aux mains des ligueurs). Là-dessus, ses troupes, qui assiègent Paris depuis plusieurs années, accordent une trêve de dix jours aux habitants, qui en profitent pour goûter le bonheur des escapades à la campagne. Leur aspiration à la paix n’en devient que plus grande.

Enfin, à la suite de tractations secrètes et sur la base de promesses sonnantes et trébuchantes, le roi obtient du gouverneur de la ville de Paris qu’il lui ouvre les portes de la capitale. Dans la nuit du 21 au 22 mars, le gouverneur fait dégager les hauts talus qui défendent l’accès de la porte Neuve et de la porte Saint-Denis. À l’aube, les troupes royales entrent ainsi dans la capitale, enseignes déployées et tambours battants, conduites par le roi en pourpoint de satin blanc. Sur son passage, le peuple à genoux crie : « La paix ! La paix ! ».

Le roi se rend à l’hôpital et selon la tradition capétienne, touche les malades des écrouelles. Au total plusieurs centaines ! Ce rite contribue à renforcer sa légitimité. L’après-midi même, les 4 000 mercenaires du roi d’Espagne Philippe II, venus prêter main-forte aux ligueurs catholiques, prennent le chemin du retour. Encouragés par l’indulgence du roi et ses généreux subsides, ses ennemis se rallient sans difficulté. Le comte de Brissac, gouverneur de Paris, sera récompensé par la somme colossale de 1,695 millions de livres et la dignité de maréchal.

Résultat de recherche d'images pour "henri 4 à paris tableau"
Entrée d’Henri IV à Paris, 22 mars 1594, tableau de François Gérard, château de Versailles

Quelques années après, à Lannion, beaucoup attendaient devant Servel qu’on leur ouvrit les portes. Quand le porteur de clé se présenta enfin, tous se rallièrent à son panache. La soirée se déroula avec douceur jusqu’à ce qu’au bout de la nuit, les bourgeois encore présents reçurent incommodité en la personne du bâtiment, qui fut molesté par de jeunes désoeuvrés. On fit venir la maréchaussée, et elle vint. Les ligueurs prirent alors dans l’ombre le chemin du retour.

Table 1, dite « Une guerre fort civile » : dans l’immense salle de réception, seulement deux joueurs, mais quels joueurs: Julien-de-Paimpol et Benjamin, et quel jeu: s’y déployait en majesté Warhammer 40 000 – un univers peuplé de figurines comme tout droit sorties de Mad Max. D’un côté, beaucoup de troupes peu puissantes, de l’autre des effectifs en petit nombre mais bien entraînés. La ruse de Julien a eu raison de la force de Benjamin.

Table 2, dite « Conversion salutaire » : au contraire, dans l’espace exigu de l’aquarium, se pressait une myriade d’enquêteurs au chevet d’une nouvelle affaire de Sherlock Holmes: Détective conseil. Pour résoudre le cas du Colonel en retraite, la fine équipe visita pas moins de 12 lieux. Mais on y buvait aussi des boissons acides, un rhum vénérable, on s’empiffrait qui de bonbons chargés en glucose et d’une pointe d’arôme de radis, qui de hamburgers, on pianotait sur son smartphone, on parlait de tout et de rien. A la table des fins limiers, pas d’uniformes, on vient comme on est. Heureusement, certains poussèrent la réflexion un peu plus loin que le bouchon et, se convertissant subito de noceurs en penseurs, découvrirent grosso modo les ressorts de l’intrigue. Le score de 60 couronna leur très honorable prestation.

Table 3, dite « Trésor de guerre » : à L’île au trésor c’est la St-Nicolas en mars, puisque Neox et le Doc enquillent chacun une victoire, sous l’œil médusé de Olivier L, Maxime, et Xel.

Table 4, dite « Pas très catholique » : Olive, Jack, Mickaël, Armand et Tristan s’attablent autour de Terraforming mars – du bon gros jeu comme on les aime, et avec des gens sérieux qui plus est. C’est Mickaël qui l’emporte 69 à 66 devant Tristan. Le nombre de la bête se cache dans ce score pas très catholique, et c’est tout sauf un hasard: les réformés assimilaient le pape, « vicaire du Fils de Dieu » (Vicarius Filii Dei), au nombre de la Bête, selon le calcul : VICarIUs fILII DeI = 5 + 1 + 100 + 1 + 5 + 1 + 50 + 1 + 1 + 500 + 1 = 666 !

Table 5, dite « Incommodité en sa personne » : Pour finir, nous découvrons Greenville 1989 – un jeu coopératif narratif et d’horreur aux petits accents de Mysterium, où votre modeste narrateur fit office de bouc émissaire, malgré son imagination débordante, et sortit de table quelque peu incommodé. On a donc tous perdu mais on rejouera, c’est promis car l’horreur peut aussi, sachez-le, engendrer le rire.

Résultat de recherche d'images pour "greenville 1989 game"
Greenville 1989

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de VENDREDI 15/03/2019 à Servel

Le 15 mars 1963, les États-Unis proposent l’installation d’un téléphone rouge entre Washington et Moscou pour éviter des conflits accidentels, suite à la crise de Cuba. Cette dénomination de « téléphone rouge » est en réalité un raccourci lexical popularisé par les médias occidentaux, la ligne étant au départ une ligne de téléscripteur, sa supposée couleur rouge symbolisant simplement le fait qu’il s’agissait d’une ligne d’urgence.

Cette ligne existe cependant bel et bien, et a même fait des émules, à l’image de celle instaurée entre la Maison bleue, la présidence sud-coréenne à Séoul, et le bureau à Pyongyang de la Commission nord-coréenne des Affaires d’État. Rien de mieux que de se parler pour s’entendre, fût-ce avec bruit et fureur.

Téléphone rouge fictif

56 ans après à Lannion, on n’était pas très loin de déclencher les hostilités, certains ont même franchi le pas.

Table 1, dite « Guerre froide » : dans l’aquarium se déployait Infinity – un jeu de figurines qui opposait Benjamin et Romain. Une guerre froide à n’en pas douter mais dont aucun écho ne nous est parvenu: dans l’aquarium, on ne vous entend pas crier !

Table 2, dite « Enigmatique » : c’est dans l’espace majestueux de la grande salle que UBOOT voyait Doc Nico, Nourdine, Jérôme et Vincent endosser l’uniforme allemand pour prendre en chasse la flotte alliée aux premiers jours de 1940. Ce jeu ultra technique et réaliste requiert également des compétences en codage de messages: ENIGMA, l’ancêtre du téléphone rouge, a été mis à contribution, et nos vaillants marins, en fidèles exécutants de l’occupant, se sont vus attribuer la note de B. B, comme bon. Oui, ils ont été bons, à défaut de faire le bien.

Table 3, dite « Est-Ouest mode d’emploi » : à Architectes du royaume de l’Ouest c’est une fille de l’Est qui trouva le mode d’emploi de la victoire. S’il n’y a pas eu de perte en ligne durant la transmission, la feuille de match donne Xel à 30, Neox à 29, Olive à 23, Baptiste à 22, et Hélène à 21.

Chicago express

Table 4, dite « C’est une maison bleue » : poursuivant la filière ferroviaire, Dom incite trois comparses à se pencher sur Chicago express – un jeu à base de locomotives, mais qui repose sur les principes du capitalisme: on y achète (aux enchères) des actions de compagnies ferroviaires dont il s’agit d’engranger les dividendes. Comme plusieurs joueurs peuvent devenir co-actionnaires, des alliances de circonstance se créent, mais encore faut-il que le courant passe entre eux. Le téléphone rouge était en dérangement pour les jaunes, que Dom conduisit à leur perte par un zigzag improbable à travers le Midwest, avec pour but avoué de barrer la route aux bleus, sauf que le barrage ne barrait rien du tout ! De son côté, longtemps actionnaire unique de la maison bleu, votre serviteur fit prospérer les dividendes de la paix, sans oublier de se servir avec les autres couleurs. A ce jeu, on essaie, comme à Imperial, de croquer un peu de toutes les couleurs, même si au bout du compte, si pas une couleur ne domine comme disait Cabrel, certaines sont plus égales que les autres, comme disait Orwell. Cette stratégie maîtrisée m’offre une victoire de prestige avec 111, devançant Thomas, 106, Dom, 95, et Tristan, 71, englué par la crise de gouvernance fatale des jaunes.

Table 5, dite « Nobel de la paix » : Franck et Paul, avec Olivier et Mickaël, se sont raconté des Histoires de peluches et, s’ils ont récupéré leur couverture, ne sont pas sortis de leur rêve. Ne rêvons pas, pour le Nobel de la paix, ça ne suffira pas.

Table 6, dite « Are you talking to me ? » : à Death angel on sait de bonne source que Nicolas-II et François-René sont morts, tout comme leur quatre camarades d’infortune – mais ceux-ci, derniers recrutés à Parties Civiles et donc premiers sacrifiés, seront des morts sans sépulture. Avant de parler à quelqu’un, mieux vaut savoir à qui on s’adresse.

Table 7, dite « Friture sur la ligne » : Thomas sort The game, un cadeau, et c’est comme un parfum de déjà vu, avec le DUC bien sûr ! On découvre donc le jeu dans sa livrée originale, et on faillit gagner, mais, il y eut un peu de friture sur la ligne en fin de partie, et c’est Thomas qui fut à l’origine de notre sortie de route.

Table 8, dite « Wir schaffen das » : Pour finir, on avait pensé à Codenames, mais Tristan usa de son droit de véto, et Imagine sortit. Il y eut quelques passages difficiles, mais tout fut trouvé, et cette partie se termina en apothéose avec la découverte « spontanée » d’Angela Merkel, trouvée sans aucun indice ! Il est vrai que dans cette partie, on avait tous en tête la chancelière, qu’on évoquait pour un oui ou pour un non, et, pour paraphraser sa phrase célèbre du 21 août 2015, à force de lui tourner autour, on y est arrivés !

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de VENDREDI 08/03/2019 à Servel

Le 8 mars 1971 avait lieu le Combat du siècle – nom donné au premier des trois combats entre le champion Joe Frazier et le challenger Mohamed Ali au Madison Square Garden de New York. Le combat symbolisera un pays déchiré. En effet, Ali (qui avait dénoncé la guerre du Viêt Nam) refuse de servir dans l’armée américaine en 1967, ce qui le conduit à être déchu de son titre et à la perte de sa licence de boxe. Ali devient donc un symbole du contre-pouvoir, tandis que Frazier en est le symbole opposé (dans son autobiographie, il déclara qu’il n’a pas combattu durant la guerre parce qu’il était père, mais qu’il aurait aimé combattre s’il avait été convoqué parce que son pays avait été si bon envers lui).

Au bout des 15 rounds, ce fut la défaite la plus probante d’Ali. Il ne disputera pas un autre combat pour un championnat du monde avant trois ans et demi. Entre-temps, il entreprendra une longue série de combats, avec notamment une seconde défaite, contre Norton, avant de l’emporter dans des matchs revanches contre Norton puis Frazier – victoires qui feront de lui le challenger contre le champion d’alors George Foreman, et son vainqueur lors d’un match mémorable à Kinshasa, le 30 octobre 1974 (« le combat dans la jungle »).

Vrai dur et faux doux

48 ans après à Lannion, de sourds combats faisaient rage.

Table 1, dite « Catégorie poids mouche » : un Zombicide avec Franck et le petit Paul, Mickaël et un quatrième comparse, ça se joue dans la catégorie des mouches, en terme de carrure s’entend. En face, les zombies n’ont pas pesé lourd.

Table 2, dite « Catégorie poids lourds » : avec Food Chain Magnate, on est dans le lourd, en termes de règles, de durée, comme de calories ingurgitées par tous les clients des rois du fast food qu’incarnent les joueurs. On ignore qui de Tristan, Thomas, Olive ou des nageurs (Camille et Laurent) aura survécu au glas de la nuit.

Table 3, dite « Pertes en ligne » : les combattants de Warhammer 40K ont ici fait vrombir leurs motos. Lorsque le reporter passa une tête, entre Baptiste, Benjamin et Romain, il y avait de grosses pertes en ligne.

Table 4, dite « Rebelles de salon » : encore des motos et des figurines à cette table de Speed freeks où le contraste est frappant entre le look rebelle du jeu et celui très policé des protagonistes, Julien-de-Paimpol poussant la politesse à laisser le meilleur départ à Steven, mais probablement pas sans arrière-pensées.

Table 5, dite « KO debout » : duel en la haute altitude de Altiplano avec N2, OlivierL et Xof. Ce dernier, avec 30 points d’avance, laisse ses adversaires KO debout.

Table 6, dite « Le match du siècle » : on déballe Evolution en grand équipage, avec son extension. Un match en défense pour les protagonistes principalement herbivores, caparaçonnés derrière leurs barrières de défense, et paissant sans vergogne à l’image de Neox, à qui Dom expliqua longuement comment manger la graisse qu’il avait accumulée. Seuls carnivores, François-René, qui croqua de petites proies comme Vincent, et votre serviteur qui visait plus gros, mordant François-René au mollet avant de finir par engloutir son propre voisin de cellule. Ce match qui se termina dans un climat glacial sera qualifié comme légendaire par la faiblesse de ses écarts à la table. Qu’on en juge: Dom 66, Neox 59, F-R 57, VHS 56, Vincent 47. Neox aurait pu gagner, mais surtout votre serviteur commit une erreur fatale en ne jouant pas la carte Grimpante en attaque, manœuvre, qui, en attaquant Dom, l’aurait conduit à la victoire. Mais celle-ci lui sera peut-être donnée sur tapis vert, car, après réclamation et enquête nocturne des commissaires, « fourrageur » est un doubleur de nourriture mais le second jeton pris à ce titre n’est pas une « action de nourriture ». On vous épargne les détails, mais les séquences litigieuses mettant en jeu cette règle furent légion, et la VAR a été demandée pour valider les innombrables gloutonneries des herbivores observées dans cette partie à l’aune de cette règle.

Table 7, dite « C’est comme à New York » : Dom invite F-R et Vincent à essayer une nouvelle déclinaison du DUC, véritable corne d’abondance ludique : Biblios, un jeu de cartes rapide fort apprécié de l’autre côté de l’Atlantique mais méconnu par ici. C’est avant tout un jeu de majorité dans 5 couleurs mais la valeur de chaque couleur (3 PV en début de partie) est manipulable en cours de jeu. Sinon il a tout d’un grand : du pari, de l’enchère et des choix pas évidents (quelle carte prendre vs. laquelle laisser aux adversaires ? faut il se spécialiser tôt ?). La première phase où on constitue sa main tout en mettant de côté le lot de cartes qui sera mis aux enchères est un peu répétitive. Mais l’enchère au cours de laquelle il faut gérer son budget tout en surveillant les choix des autres et en manipulant à chaud les valeurs est plutôt réussie. Mécanisme malin, on enchérit pour les cartes « couleur » avec la valeur des cartes « argent » mais on enchérit pour les cartes « argent » avec un nombre de cartes, peu importe leur type. Il n’y a donc pas de mauvaise carte. Ce soir Dom a tout misé sur le Bleu boosté à 6 PV, mais Vincent a flambé aux enchères et donné la majorité en Bleu à .. F-R qui n’en demandait pas tant. Il gagne avec 8 PV contre 5 pour Vincent et 3 pour Dom. Les compères étaient dubitatifs en début de partie mais plus favorables à la fin. Comme tous les jeux d’enchères, Il faut y rejouer maintenant qu’on a une idée des prix et en gardant en tête la distribution des cartes, entre joueur expérimentés les majorités seront très serrées.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de VENDREDI 22/02/2019 à Servel

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d’avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d’un mouvement clandestin, « La Rose blanche ».

Animés par une foi religieuse intense, Hans et Sophie Scholl (protestants) ont constitué leur mouvement de résistance avec trois étudiants en médecine que liait une solide amitié. En juin 1942, Hitler étant au sommet de sa puissance, le petit groupe décida d’appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de « dictature du mal ». En quinze jours, les jeunes gens rédigèrent et diffusèrent quatre tracts, signés « La Rose blanche » faisant référence à d’éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citaient parfois la Bible. Leurs lecteurs étaient invités à participer à une « chaîne de résistance de la pensée » en les reproduisant et les envoyant à leur tour au plus grand nombre de gens.

À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficièrent du soutien de leur professeur Kurt Huber de l’université de Munich, qui devint leur mentor. Ils imprimèrent et diffusèrent leurs tracts à des milliers d’exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d’Augsbourg, Francfort, Graz, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin ! Le petit groupe collectait en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s’occupait de leurs familles. Un cinquième tract intitulé « Tract du mouvement de résistance en Allemagne » fut distribué à plusieurs milliers d’exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich !

Résultat de recherche d'images pour "sophie scholl cartoon"
Sophie Scholl

Mais le 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie furent aperçus par le concierge de l’université en train de jeter un dernier paquet de tracts. Ils furent aussitôt arrêtés avec leurs amis, et livrés à la Gestapo. Le 22 février, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple chargé des « crimes politiques » se réunit pour un procès expéditif de trois heures. Sophie Scholl lui fit face avec un courage inébranlable.

Le cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, Sophie Scholl, les derniers jours (Sophie Scholl, die letzten Tage).

76 ans après, les voyageurs de Parties Civiles partaient vers de lointains voyages, dont un jusqu’aux confins de l’épouvante. Heureusement, tous en sont revenus pour nous livrer ce récit.

Table 1, dite « Résistance de la pensée » : dans un scénario impitoyables de Demeures de l’épouvante, la pensée de Sébastien, Neox, François-René, Armand et un cinquième protagoniste qui se reconnaîtra n’a pas résisté. Ils ont sombré dans la mort et dans la folie.

Table 2, dite « Chaîne alimentaire » : à cette table familiale (Malo et Yann) et barbue (Vivien et Nicolas II) exploraient Ile of Skye. C’est grâce aux animaux que Vivien l’emporta avec 71, devant Nicolas II, 60, Yann, 57, et le jeune Malo, 40, qui ne rechigna pas entamer ensuite une partie de Honshu avec ses aînés. On ne sait rien de ce voyage plus lointain, la calligraphie de la feuille de score ne nous étant pas parvenue.

Bruges

Table 3, dite « Distribution de masse » : de nouveau à l’honneur après un Notre Dame de vendredi dernier, Stefan Feld nous propose Bruges, avec Dom en VRP de luxe. Un jeu de facture classique et agréable, où notre M.Loyal s’impose de justesse avec 43, devançant Benjamin, 41, votre serviteur, 40 et Xel, 29. Benjamin happé par la nuit, les trois survivants remettent le couvert, et votre serviteur s’impose avec 56, devançant Xel, 56 également mais moins fortunée et donc battue, et Dom, 50. Une victoire conduite sur une tactique implacable de construction de canaux (déjà employée dans la première partie, mais avec d’autres cartes), aboutissant à une distribution de masse de PV: pas moins de 34 points sur les 56 de cette victoire au forceps !

Table 4, dite « Vaine résistance » : Toute résistance à Tristan a été vaine dans cette partie de Terraforming Mars où il s’est échappé loin, très loin de toute atteinte de ses poursuivants Axel et Mickaël.

Table 5, dite « Lien invisible » : et comme on n’allait pas se quitter comme ça, et que ça faisait longtemps, on lança un Codenames final opposant les Bleus (Dom, Tristan, Xel) aux Rouges (VHS, François-René, Axel et Nicolas II en mode « soutien sans participation »).

  • 1-0 pour les Bleus , dans une manche où les Rouges ont été trop timorés, en hésitant sur l’indice décisif Manche pour l’hôtel Agapa
  • 2-0 pour les Bleus qui s’en tirent vraiment très bien en déchiffrant avec une chance insolente l’indice Raccourci à la mode de Xel, qui se rapportait à Ecran et Lien, parce qu’un lien sur un écran d’ordinateur, c’est aussi un raccourci ! En face, les Rouges ont encore joué petit bras, échouant à deviner le Champignon qui se cachait sous Accélérer, ou encore le Bureau de l’Architecte ! Qui ose gagne, c’est la morale de cette affaire.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de MARDI 12/02/2019 à Servel

Il y a 20 ans jour pour jour, la Banque du Japon abaissait ses taux à 0 %, rendant ainsi l’argent virtuellement gratuit dans l’une des plus grandes économies mondiales. L’Archipel luttait contre les conséquences de la crise asiatique, qui ont abouti à la « décennie perdue », marquée par une stagnation économique et une déflation. Au même moment, les taux aux Etats-Unis s’élevaient à 4,75 %. Le 12 février 1999 marque le début d’ une expérimentation financière hors du commun, qui a inspiré les autres grandes banques centrales. A peine deux ans après avoir testé les taux zéro, la Banque du Japon a lancé un programme de rachats d’actifs, connus sous le nom d’assouplissement quantitatif, et le bilan de la BoJ a explosé. Aujourd’hui, il représente 61,5% du PIB du pays. A l’aube du XXIe siècle, ces mesures visant à relâcher la tension sur les taux souverains et sur le yen ont été perçues comme extrêmes et uniquement applicables au Japon. Mais dans le sillage de la crise de 2008, confrontées à leur tour à la menace de déflation, la Fed et la Banque centrale européenne ont adopté les mêmes recettes. A la différence de la banque centrale américaine et de la BCE, la Banque du Japon est encore loin du moindre tour de vis monétaire, l’inflation étant toujours proche de 0. Dans l’Archipel, l’endettement atteint 230 % du PIB, la BoJ détient 43 % des emprunts de l’Etat nippon (mais aussi une part très significative du marché des actions), les taux des emprunts d’Etat à 10 ans sont toujours négatifs. Surtout, les prix ont à peine progressé en 20 ans, dans ce pays où une personne sur trois a plus de 60 ans. Tout ça pour ça ?

Godzilla prenant le contrôle de la BoJ

A Lannion, cette soirée prévue à 7 se transforma en plan à 4, trois participants déclarant forfait, crédités d’un 0 sur la feuille du concours. Mais pour les quatre qui restèrent, sous les hauts patronages de deux grands créateurs, Michael Kiesling (auteur de Vikings mais aussi Tikal, Azul, Le bien et le malt…), et Carl Chudyk (Innovation mais aussi La gloire de Rome, Red7), la soirée fut tout sauf nulle.

Afficher l’image source
Vikings

Table 1, dite « Zéro degré » : à Vikings on recrute des compagnons (orfèvres, pêcheurs, nobles, etc…) qu’on installe dans des îles au large des côtes, et qui sont sous la menace oppressante de drakkars menés par des hordes sauvages de vikings venus les attaquer. Le mécanisme de recrutement repose sur le principe d’une roue crantée avec des prix différents. Les mécanismes du jeu sont très subtils, voire déroutants s’agissant des guerriers pour le décompte final. La première partie, un chef-d’oeuvre de virtuosité ponctué par des scores stratosphériques et dans un mouchoir de poche (Vincent 52, VHS 51, Dom 48, Benjamin 46), nous donna envie de remettre le couvert. La table de marque fut moins homogène (Vincent 51, VHS 38, Dom 44, Benjamin 45), sauf pour Vincent, qui signa ici une double victoire de prestige. Zéro degré pour le climat nordique, mais certainement pas degré zéro pour ce jeu prometteur !

Table 2, dite « Un sacré numéro » : alors que Benjamin quitte les lieux, au détour d’une phrase je signale avoir amené Innovation, clin d’oeil à une annonce loufoque postée dans le forum de discussion de cette soirée. Aussitôt une lueur s’alluma dans les yeux de Dom, qui s’empressa de sauter sur l’occasion pour convertir un nouvel adepte ! Comme il l’expliqua à Vincent, Innovation combine deux caractéristiques uniques: aucune partie ne se ressemble, et rien n’est jamais perdu à ce jeu qui peut voir des rebondissements incroyables. Ce fut en tous cas une superbe partie, avec deux tournants: le premier au mitan du jeu, lorsque je souffle la domination 4 à Dom au terme d’un plan totalement machiavélique, et le second en toute fin du jeu où, alors que j’ai déjà 4 dominations, Vincent applique un effet qui me donne un énorme coup de boost sur mes ressources en décalant en haut une pile bleue longue comme le bras, ce qui me conduit à une victoire certaine avec une carte 10 imparable. Fait extrêmement rare, je termine la partie avec trois dominations hors des âges: Culture, Technologie, et Diplomatie et l’ensemble me résume assez bien – « c’est tout moi » conclus-je même sans trop de modestie !! Cette partie se termine sur le score de 2 (Dom) – 0 (Vincent) – 5 (Votre très Humble Serviteur) et, pour ceux qui ont connu les années 1980, cela nous rappelle un sacré numéro !

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

Séance de VENDREDI 08/02/2019 à Servel

Résultat de recherche d'images pour "mendeleiev degré vodka cartoon"
Dmitri Ivanovitch Mendeleïev

En ce 8 février, Dmitri Ivanovitch Mendeleïev aurait eu 185 ans. Connu pour son travail sur la classification périodique des éléments, publiée en 1869 et également appelée « tableau de Mendeleïev », il démontra que les éléments chimiques pouvaient être arrangés selon un modèle qui permettait de prévoir les propriétés des éléments encore non découverts. Moins connue, une légende folklorique russe prétend que Mendeleïev serait « l’inventeur de la vodka » pour avoir déterminé le degré idéal d’alcool de la vodka à 38° – par la suite fixé à 40° pour faciliter le calcul de taxes sur l’alcool. Cette légende s’appuie entre autres sur le fait que Mendeleïev fut directeur du bureau des poids et des mesures de Saint-Pétersbourg et consacra sa thèse doctorale à la combinaison de l’alcool et de l’eau. Si l’histoire reste très populaire, elle est contredite par les faits, le degré alcoolique normalisé de la vodka à 40° ayant été introduit en Russie dès 1843 !

Résultat de recherche d'images pour "mendeleiev degré vodka cartoon"

A Lannion, une indéfinissable alchimie règne dans les soirées de Parties Civiles. Si toute classification de ses éléments est vaine, relevons cependant, le temps d’un soir le challenge d’associer les tables par affinitiés…

Table 1, dite « Alchimie parfaite » : deux valeureux aventuriers, Olivier et Sébastien, s’affrontent à Claustrophobia 1643. Cette histoire débute à Prague, le 23 mai 1618. Lors d’une réunion avec le roi Mathias 1er, Empereur du Saint-Empire et souverain de Bohême, des protestants sont défenestrés. Rarement négociations s’achevèrent si mal : si un monticule de purin sauve ces gens d’une mort certaine, l’agression allume la mèche d’un tonneau volatil. Ce tonneau mûr pour une guerre sanglante a un nom: l’Europe. 25 ans plus tard, un affrontement sanglant a lieu pour le contrôle d’une colonie humaine fondée sur les rives du Styx: la nouvelle-Jérusalem. Et nous voivi en 1643… Dans ce jeu de survie actique, l’un des joueurs dirige le groupe d’humains qui explore les lugubres couloirs infernaux et affronte un flot incessant de troglodytes, alors que son adversaire incarne les démons qui prennent d’assaut ces aventuriers. A l’issue d’une joute haletante, l’inattendu se produisit: une égalité scella l’alchimie parfaite enre les deux compères !

Table 2, dite « Semelles de plomb » : à la table de Scythe, quatre costauds venus du froid s’attaquèrent au petit Paul, vêtu de l’uniforme allemand. Leurs semelles de plomb résonnant sur le champ de bataille ne lui laissèrent aucune chance, et le benjamin sombra (4 PV, 0*) non sans une dernière attaque kamikaze sur la brute de Crimée (Jack), qui régla l’affaire (41, 6*). Les frères slaves Russe (Vincent, 28 PV, 4*) et Polonais (Xof, 29 PV, 3*) ne furent pas en reste pour faire parler la poudre, laissant à bonne distance Jeff-le-viking (15 PV, 2*).

Table 3, dite « Nickel chrome » : à Spirit Island une équipe soudée composée de la sainte-trinité Xel, François-René et Neox garde une île paradisiaque des humains l’ont découverte et s’y installent. A coups de tonnerre, d’inondations, de famines et d’autres subterfuges, ils ont réussi à chasser les envahisseurs, tout ceci en protégeant les tribus autochtones respectueuses de leurs dieux. Une victoire nickel chrome.

Table 4, dite « Le quatrième élément » : Tristan, Olive et Doc Nico réussissent enfin à jouer à Wildcatters en enrôlant l’indispensable quatrième élément: ce fut Mickaël. Une campagne d’excavation de l’or noir au très long cours s’ensuivit, dont nous suivrons la conclusion sur le forum. Une chose est sûre, la terre n’en sortit pas indemne.

La main finale de votre modeste chroniqueur lui rapporta 198 PV: 50+60+40+40+8

Table 5, dite « Laborantine » : Vivien, Dom et votre modeste narrateur jouent les cobayes de Frank pour tester le dernier opus de sa création, Ceux de ma tribu. Comme dans une expérience de laboratoire, ils ont soupesé chacune des options, commenté les choix de règles, et les PV des différentes combinaisons de ce jeu basé sur de subtils modèles probabilistes ! Nous avons aussi voyagé en paroles, de Cannes à Essen en passant par Parthenay, étirant jusqu’à la fin de soirée les 20 minutes théoriques de ce jeu moins petit qu’il n’en a l’air. Si le créateur du jeu l’emporta avec 650 à la tête d’une horde d’animaux, Dom se distingua sur les lieux avec 550, votre serviteur misa sur les ours, les prêtres et les groupes d’animaux (198), et Vivien (158) joua un peu – souvent à la place des autres – et commenta beaucoup. Si, dans le jeu comme dans le tourisme, ce n’est pas la destination qui importe, mais le voyage, cette table en fut la parfaite illustration.

Pour discuter de cet événement, RDV sur le forum

L’hiver en fête SAMEDI 26 et DIMANCHE 27/01/2019 à Ste-Anne

Ce week-end, dans l’espace prestigieux de la salle d’animation de l’espace Ste-Anne, Parties Civiles organisait (avec nos amis de la Ludo le samedi) deux après-midis ludiques dans le cadre de l’hiver en fête. Petits et grands Lannionais s’y sont retrouvés autour de tables de Kingdomino, King of Tokyo, Hanabi, Azul, Snow Time, les Aventuriers du rail ou encore Splendor, sans oublier un final homérique à Innovation (victoire 6-4 de Dom face à votre serviteur).

Merci aux gentils organisateurs, aux vaillants animateurs de tables, aux costauds manutentionnaires, aux élégants modèles (qui ont posé pour la photo, pas celle ci-dessous mais une autre que vous trouverez dans un vrai journal), et enfin, à tous les dociles cobayes qui se sont prêtés au jeu: il vous le rend bien !