Séance de VENDREDI 20/09/2019 à Servel

Le 20 septembre 1378, 13 cardinaux, pour la plupart français, se réunissent en secret à Anagni, au sud de Rome. Mécontents du pape que leur a imposé le peuple romain, ils vont en élire un autre. C’est le début du Grand Schisme d’Occident.

Installée à Avignon depuis 1305, suite à la querelle entre le roi de France Philippe IV le Bel et le pape Boniface VIII, l’attentat d’Agnani (une rencontre houleuse qui marque une rupture dans la conception des rois de France, laïque et gallicane, avec le XIIIe siècle, siècle chrétien par excellence), et la mort brutale du pape, la papauté a élu pas moins de sept français à la tête de l’Eglise. Le 17 janvier 1377, le septième de ces papes français, Grégoire XI, quitte le Palais de la cité du sud de la France pour retourner dans la Ville Eternelle. Il réinstalle donc le Saint-Siège à Rome. Affaiblie par la Guerre de Cent ans, la monarchie capétienne ne parvient pas à le retenir.

Le pape Urbain VI, 202ème pape de l'Eglise catholique romaine.
Urbain VI

Fatigué des tourments que connait la papauté depuis le début du siècle, le peuple romain impose l’élection d’un nouveau pape le 8 avril 1378, Urbain VI, un personnage odieux. Déséquilibré, il est autoritaire et violent, allant jusqu’à faire exécuter des cardinaux en place publique.

Mécontents de ce pape, les cardinaux en désignent un nouveau, le prélat savoyard Robert de Genève. Le nouvel élu prend le nom de Clément VII et s’installe à Avignon. Il se pose aussitôt en concurrent d’Urbain VI, qualifié d’« antipape ».

Ce conflit entre « urbanistes » et « clémentistes » concerne principalement les classes dirigeantes. Il laisse indifférents la plupart des catholiques, qui n’ont d’autre interlocuteur que leur curé. La situation est désastreuse et l’autorité de l’Eglise est mise en péril. Il faut trouver une solution. Les cardinaux des deux partis veulent trouver un compromis et convoquent un concile général à Pise en 1409. Leur but est de démettre de leurs fonctions les papes Grégoire XII à Rome et Benoît XIII à Avignon et de les remplacer par l’archevêque de Milan, Alexandre V. Malgré leurs efforts, c’est un échec cuisant. L’Eglise a désormais trois papes.

L’intervention de l’héritier de l’Empire Germanique, Sigismond, finit par débloquer la situation. Il impose la convocation d’un nouveau concile à Constance en 1414. L’un des papes abdique et les deux autres sont déposés. Les pères conciliaires assurent la « régence » durant la vacance du trône pontifical. Leur autorité, plus importante que celle de la personne du pape, est confirmée par le décret Haec sancta en 1415.

Cette gouvernance durera jusqu’au 11 novembre 1417 où un nouveau pape advient. Elu à la saint-Martin, il prend le nom de Martin V. Très vite, il rejette la doctrine conciliaire et prend fermement en main les rênes du pouvoir pontifical, avec un autoritarisme que critiquera Luther, l’un des pères de la Réforme protestante – mais c’est une autre histoire.

641 ans ont passé depuis et, en cet anniversaire, Parties Civiles tenait son assemblée générale. Aucun schisme d’aucune sorte n’y fut recensé : on ne dépose pas un prélat débonnaire.

Table 1, dite « Sic transit gloria ludi » : la table la plus longue (voir illustration) rassembla toute l’Association mais ce fut aussi la plus courte: en 26 minutes chrono, le bilan moral était expédié, le bilan financier applaudi, les propositions approuvées, le bureau reconduit, une commission installée (achat de jeux). Lors de la cérémonie d’intronisation d’un nouveau pape, il était de coutume qu’un moine se présente par trois fois devant lui pour brûler à ses pieds une mèche d’étoupe et lui annoncer « Sancte Pater, sic transit gloria mundi » : « Saint Père, ainsi passe la gloire du monde ». Ce rite d’inspiration byzantine était là pour rappeler au souverain qu’il n’était qu’un homme, et devait de ce fait se garder de tout orgueil ou vanité. Un risque résolument faible avec notre nouveau président, débonnaire comme l’ancien (la ressemblance est frappante), et qui montra son humanité en offrant un coup de cidre à tous les fidèles. Bon, c’est avec leur argent quand même, il faut le dire. D’ailleurs, chacun prit soin, en cette saison nouvelle, de verser son obole, évitant par là, en achetant son indulgence, le terrible courroux du trésorier.

La cène

Table 2, dite « Blanc horizon » : à cette partie de Brass: Birmingham la suprématie du pape de ce jeu fut confirmée. Saint Thomas l’emporta 20 points devant Tristan et Xel, dont les habiletés à ce jeu sont pourtant cardinales.

Table 3, dite « Au palais des courants d’air » : Jack propose une table tranquille à Azul, croyant rester maître des décors en son palais, mais se fait enrhumer par Frédéric, devançant cependant Yona et Frank.

Table 4, dite « Une guerre de cent ans » : entre François-René, Doc Nico (dont on salue le retour), Olive et Vincent, il y avait du lourd à Trône de fer. On parle d’expérience, pas (que) de kilos, et il en fallait pour ferrailler jusqu’au bout de la nuit à cette table presque aussi longue que la guerre de cent ans, que Vincent quitta sur le coup de minuit (faute d’être transformé en citrouille), et que François-René semblait parti pour gagner.

Table 5, dite « Faiseur de pape » : il fallut attendre 1h34 du matin pour l’épilogue d’une partie haletante de Pax Pamir – après un départ canon de Dom, votre humble serviteur, dernier, se reprend lors de la deuxième domination, et, alors que la dominance finale approche, il a pris en mains une solide armée britannique et sa victoire semble assurée, mais à l’aube des derniers tours, un rocambolesque retournement se produit, et il se voit, à l’inverse, inéluctablement défait. Son dernier coup le voit dans la position du faiseur de pape. Il choisit alors de ne pas faire gagner Dom, non parce que c’est lui, mais pariant sur une défaillance possible de Gérard, en fonction de sa main de cartes. Dom, comme prévu, fit le choix idoine pour prolonger le tour, Gérard avait bien la main qu’il fallait, et la tête en soutien pour finir en vainqueur. Une partie mémorable, à cocher dans les annales.

Table 6, dite « Pape et antipape » : à Kardinal und König Thomas fut puni par Xel et termina dernier, traité de facto comme un antipape banni. Il n’en fallait pas plus à Tristan pour coiffer la tiare.

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Escape Game de VENDREDI 28 et DIMANCHE 30/06/2019 à l’EcoCentre du Trégor

A Parties Civiles, nous ne prenons rien au sérieux, sauf une chose: le jeu. Alors, quand l’Eco-centre du Trégor nous a proposé de venir tester en avant-première leur tout nouveau Escape game, nous n’avons pas hésité à envoyer une délégation de 8 personnes ! Et, comme le guide Michelin, nous aimons bien aussi venir incognito: une deuxième équipe de 5, qui avait contribué au financement participatif du projet, s’est aussi invitée dimanche !

Nous sommes donc 13 a nous être mis à table pour le debriefing, un chiffre qui portera chance à cette belle création originale, que nous vous recommandons avec une chaleur caniculaire ! Car ces séances ont été aussi l’occasion de donner notre avis d’expert sur cet escape game unique, puisqu’il se place en immersion dans le centre, et en phase bien sûr avec sa thématique.

Sans rien en dévoiler, nous pouvons vous avouer que suivre les pas du professeur Jean Rumin a été aussi divertissant qu’instructif, car s’il est un escape game où le décor (intérieur comme extérieur !) est aussi soigné que les énigmes, c’est bien celui-là. Ah, un dernier mot: une des équipes a mis 11 minutes de moins que l’autre. C’était celle qui était, à l’instar du professeur Rumin, en avance sur son temps… Peut-être celle de cette photo, saturée de couleurs avec son filtre Sahara poussé à fond pour vous mettre dans l’ambiance de la planète qui nous attend. Enfin, les deux équipes ont usé du covoiturage pour rejoindre Pleumeur-Bodou : décidément, nous étions dans le thème jusqu’au bout !

Une fine équipe en avance sur son temps !

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Dîner ludique de SAMEDI 29/06/2019 à Servel

Je me souviens de nappes en papier, qui donnaient à ce dîner un air de kermesse, et de la jovialité qui passait de table en table. Je me souviens de la sauce bolognaise fondante et équilibrée qui accompagnait des poignées de pâtes fraîches. Je me souviens que la cuisinière, Hélène, avait dit: 15h30 c’est large, mais que la préparation de la salade de fruits avait affolé l’horloge. Je me souviens de joueurs de molki dans la fraîcheur de juin, quand nous étions attablés au chaud autour d’une partie d’Azul. Je me souviens avoir pensé à cette publicité d’une compagnie d’assurance en voyant Marie-Anne enchaîner les victoires à des jeux qu’elle découvrait pour la première fois. Je me souviens du dilemme entre kir classique et kir breton. Je me souviens du trésorier, de son air affable à l’enregistrement de modestes participations aux frais, et de son instance à refuser la demi-part d’une jeune convive ayant déjà dîné. Je me souviens qu’on a mis très longtemps à sortir de table. Je me souviens de l’inauguration de Richard cœur de lion et d’un diabolique dernier tour où il fallait soit jouer pour gagner, soit jouer pour ne pas perdre, les deux étant antithétiques. Je me souviens qu’on parlait de nos métiers. Je me souviens d’une table à rallonge avec un gros jeu derrière la nôtre. Je me souviens d’une petite berline vert amande sur le parking. Je me souviens que Dom et Doc Nico étaient absents. Je me souviens d’une longue enfilade de joueurs à Imagine en attendant l’apéritif. Je me souviens qu’en sortant, on n’avait pas vu le temps passer.

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L’hiver en fête SAMEDI 26 et DIMANCHE 27/01/2019 à Ste-Anne

Ce week-end, dans l’espace prestigieux de la salle d’animation de l’espace Ste-Anne, Parties Civiles organisait (avec nos amis de la Ludo le samedi) deux après-midis ludiques dans le cadre de l’hiver en fête. Petits et grands Lannionais s’y sont retrouvés autour de tables de Kingdomino, King of Tokyo, Hanabi, Azul, Snow Time, les Aventuriers du rail ou encore Splendor, sans oublier un final homérique à Innovation (victoire 6-4 de Dom face à votre serviteur).

Merci aux gentils organisateurs, aux vaillants animateurs de tables, aux costauds manutentionnaires, aux élégants modèles (qui ont posé pour la photo, pas celle ci-dessous mais une autre que vous trouverez dans un vrai journal), et enfin, à tous les dociles cobayes qui se sont prêtés au jeu: il vous le rend bien !

Après-midi goûter participatif DIMANCHE 17/06/2018 à Servel

C’était un dimanche d’août. Du plus loin de l’oubli, il me revient dans mes souvenirs dormants que, après avoir dépassé les boulevards de ceinture, je m’étais retrouvé dans un quartier perdu. Au coeur d’une forêt, dans un sous-bois, j’avais croisé 878 vikings devenus sauvages, et entendu des histoires de fantômes.

Soudain, croyant entrer dans une villa triste, je me trouvai au café de la jeunesse perdue: moelleux au chocolat, roses des sables, douceurs, thé, café et jus d’orange respiraient le vestiaire de l’enfance. Le livret de famille donnait à voir une jeunesse: en visitant, j’avais croisé de si braves garçons, qui couraient partout entre les fleurs de ruine, et des inconnues.

Tout un cirque y passait: les chiens de printemps agaçaient des chevaux embarqués dans un Turf endiablé, les agents secrets parlaient en nom de code à des rois du domino, les princes vaudous dilapidaient leur pédigree. Ouvrant la paume de sa main, l’ami Martin, de retour de voyage de noces, exhiba furtivement la place de l’étoile comme la promesse d’un futur voyage.

En rentrant de ma ronde de nuit, j’eus un accident nocturne en glissant sur l’herbe des nuits, au coin de la rue des boutiques obscures. Pourtant, on m’avait fourni un plan pour que je ne me perde pas dans le quartier. J’étais en faute, fus arrêté, jugé, condamné. Mais on convint que, pour mes débuts dans la vie, j’étais encore irresponsable. De ce fait, j’obtins la remise de peine qui me permet de tenir ce discours à votre académie.

Après-midi goûter participatif DIMANCHE 15/04/2018 à Servel

Tout homme a son lieu naturel; ni l’orgueil ni la valeur n’en fixent l’altitude: l’enfance décide. Ce dimanche à Servel, il y avait beaucoup d’enfants, des très petits mais aussi de bien plus grands. Et les enfants y avaient pris le pouvoir, lassés d’être pris pour l’idiot de la famille. « Mais si mon petit chéri joue à ce genre de jeux à son âge, qu’est-ce qu’il fera quand il sera grand ? », se demandent les mamans ? Je les vivrai en grandeur nature !, répondent les enfants. Et j’étais bien un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.

En me servant du fondant au chocolat, j’avais les mains sales, et après en avoir repris, je crus défaillir, mais évitai la nausée. Je me jetai à corps perdu dans des jeux avec des gens d’un autre âge. Voyez plutôt: seul au milieu des adultes, j’étais un adulte en miniature, et j’avais des jeux adultes; cela sonne faux, déjà, puisque, dans le même instant, je demeurais un enfant.

Entre l’être et le néant, pendant ces quatre heures, je choisis d’être résolument en vie. Pour l’enfant de la ville que j’étais, les jeux étaient mes oiseaux et mes nids, mes bêtes domestiques, mon étable et ma campagne. La ludothèque de tous ces joueurs rassemblés, c’était le monde pris dans un miroir: elle en avait l’épaisseur infinie, la variété, l’imprévisibilité. Cette pile de jeux, pierres levées, droites ou penchées, serrées comme des briques, ou noblement espacées en allées de menhirs, je la rêvais chaque nuit, sentant que la prospérité de notre association en dépendait.

L’idée ne me vint pas qu’on pût jouer pour gagner. On gagne contre ses voisins, et avec Dieu car Dieu ne joue pas aux dés. Je pris le parti de gagner avec Dieu en vue de sauver mes voisins: je voulais des obligés, non pas des joueurs. Sortant de la salle, je pressentais confusément que nous n’avions pour dessein, sous prétexte du jeu, qu’à nous rassembler dans la communion des hommes. Car au final, à quoi bon jouer ? Une fois l’espérance du salut par la victoire rangée au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui.

Après-midi goûter participatif DIMANCHE 18/02/2018 à Servel

C’est un dimanche gris, mais on sort. C’était coché de longue date. Plaisir de la découverte furtive, presque sans quitter son chez soi: on réalise qu’on n’était jamais venu ici. Pourtant, passée l’imposante église, elle se découvre en majesté. Oui, la maison de quartier de Servel se fond dans le paysage, mais elle est résolument contemporaine – en même temps comme ça se dit aujourd’hui. On entre, tout de suite les rires, l’odeur du café chaud, les gâteaux moelleux qui vous font de l’oeil. Il y a des enfants qui courrent, explorent l’espace. C’est grand, moderne, tout neuf – on n’est pas habitué. On joue à s’y perdre, mais bientôt, tout le monde se retrouve dans la grande salle. Il faut deux longues tables pour accueillir toutes les boîtes. Doucement, les tables s’organisent. On découvre de nouveaux jeux, on fait partager les siens. Il y a les figures familières, celles qu’on connaît moins, ceux qui sont venus s’encanailler avec les enfants, un prétexte. La salle est vaste, on n’entend pas trop le bruit, on ne fait pas attention au dehors. Puis soudain, on lève la tête, la salle s’est vidée à moitié. C’est l’heure, on ne va pas finir la partie. Le temps s’est étiré comme une première gorgée de bière qui aurait coulé tout l’après-midi. Maintenant il pleut dehors, on n’avait pas vu. Bien sûr, on reviendra.

Assemblée générale du 22/01/2018 à Ste-Anne

En ce lundi de janvier, à son assemblée générale, Parties Civiles a vu la vie en rose. La faute à un connecteur VGA capricieux, à quelques bouteilles de cidre harmonieusement déployées sur les tables, et peut-être aussi au petit supplément d’âme et de chaleur humaine qui nous caractérise. Un président passe, la vie tourne, mais les bons petits soldats roses que nous sommes continueront longtemps à ferroyer sur les plateaux, les séances de murder parties, et parfois même en grandeur nature.

PC_AG_2018_BilanFinancier

CR_AG_ordinaire_2018

PC à Fest4Games 13-14/04

Des nombreux particiviliens se sont déplacés pour animer ou visiter notre tanière à F4G.

Le samedi l’intérêt  pour les jeux de société a été sensiblement plus prononcé que l’année dernière. En dehors d’une table particivilienne (assez mobile par ailleurs) autour de London 1888 (cf CR plus bas) plusieurs autres tables d’initiation ont été jouées : Alien Frontiers, Taluva, Mouse & Mystics

Le jeu de rôle n’était pas en retrait avec le sérial Meujeu Kirdinn qui mena une table de Chroniques de Féals.

Le dimanche le public était un peu plus familial, Julien ayant présenté une belle table de X-Wing, Xel & François faisaient découvrir Endeavor, une re-table d’Alien Frontiers a vu la victoire d’Erzie – la chasseuse de dragons (et qui a auparavant remporté une partie de Agricola – Terres d’élevage face à David) , et puis encore une re-table d’Alien Frontiers avec des personnes qu’on espère revoir à Parties Civiles pour la terminer 😉 enfin une découverte agréable : Room 25, avec une thématique issue directement du film « Cube » et des mécaniques sympathiques pour un jeu d’une durée d’environ 30 min (1 min pour VHS qui s’est précipité dans une chambre inconnue pour  y fai… /SHLACK !!!/)

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London 1888 : Jack The Ripper est sur la photo !

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Odeur virile et musquée d’une partie de Féals…

 

En bonus, le point de vue du meurtrier, par David/Jack, plein de dépit et de fiel.
(Précision : Jeff est parti initier des jeunes à Taluva)

Samedi soir, Mara nous invite à une partie de London 1888. Jeff le commissaire, Xel l’inspecteur, Baptiste-à-la-queue-équine le prince, François le médecin, Marvin le marxiste qui pleure encore le décès tout récent du grand Karl, Jack qui avait sans doute un rôle extrêmement intéressant aussi mais qui m’échappe pour le moment, Vincent Mansfield, l’acteur, qui chérit par avance sa descendance à la poitrine avantageuse, et VHS le cocher méprisé de tous s’attablent donc autour de la carte de Londres, dans une ambiance pour le moins débridée. Parmi nous se cache Jack ; l’éventreur, pas le secrétaire.

Le respect s’impose tout d’abord pour Mara qui parvient tant bien que mal, aidée d’Antoine, à expliquer le jeu tandis que les conversations fusent à propos de tout et de rien, et que Jeff fait la sieste devant son café. Les premiers tours sont assez laborieux, chacun fouillant ses alentours immédiats, Jeff se réveillant, Jack faisant la navette pour servir le café. Et pendant qu’apparaît Mélanie, possible future recrue et adepte de GN, quelques rencontres ont tout de même lieu. Marvin et Jack s’auscultent mutuellement dans la  morgue, et Baptiste est rapidement écarté de la liste des suspects. Il quittera la partie peu de temps après afin de se remettre de tant d’émotions.

Deux meurtres plus tard, et sous une pluie battante qui ne s’interrompt que pour laisser place au brouillard épais londonien, Xel, qui a pourtant démissionné de son poste de commissaire, commence enfin un travail efficace d’enquête et s’acharne sur son ancien subalterne jusqu’à enfin démontrer qu’il n’est qu’un honnête policier. Mélanie, après avoir discuté de Montpellier, de Vin, de PHP, de Lille et normalement de Parties-Civiles avec Vincent, remplace Jack qui s’occupe d’installer des jeunes devant une table d’Alien Frontiers. Mara continue d’assurer son rôle de guide tout en remplaçant Baptiste au pied levé.

Vous suivez toujours ?

L’étau se resserre doucement autour de l’éventreur. Marvin organise manifestation sur manifestation afin de semer le trouble et de piéger les suspects. François utilise tous les passages secrets possibles et imaginables afin de se déplacer d’un bout à l’autre de la ville, et tente d’envoyer la moitié des suspects à la gare. Jeff se retourne vers le cocher et, coup de bol ou flair incroyable, met immédiatement à jour Jack, c’est à dire VHS. Dès lors sous l’impulsion de Marvin, plus moralisateur que jamais, tous vont tâcher de se comporter en citoyens respectables en se rangeant immédiatement du côté de la police, au prétexte fallacieux que mes actions étaient déplacées ou immorales. Je tente de m’expliquer, mais ils n’entendent pas. Pauvres fous. Jack remplace Jeff parti je ne sais où (Mélanie gardant le rôle de Jack, et moi aussi). Dans les troubles et la fureur, et malgré une première blessure infligée par Vincent qui pleure à chaudes larmes la pauvre Mary-Ann qui l’avait déniaisé, je mutile joyeusement une troisième victime. Ce sera hélas la dernière ; plutôt que de simplement m’arrêter, les exemplaires habitants de Londres m’encerclent enfin pour me tuer froidement, démontrant par là que leur morale élastique n’est qu’un prétexte à la sauvegarde de leur confort de petits bourgeois, et qu’ils ne savent que détruire ce qu’ils ne comprennent pas.

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