Séance de VENDREDI 17/08/2018 à Servel

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Le 17 août 2005, à Montpellier, Zinédine Zidane revient sur son retrait de l’équipe de France (qu’il avait annoncé un an auparavant), et joue son match de retour contre la Côte d’Ivoire en tant que capitaine. Dans cette rencontre, qui se joue à guichets fermés et est suivie par près de dix millions de téléspectateurs, la France s’imposera 3-0, avec notamment un but de Zidane. La suite de l’histoire d’amour avec les Bleus connaîtra des épisodes heureux à la coupe du monde 2006, avec notamment sa monumentale prestation contre le Brésil, mais, comme les histoires d’amour en général, elle se terminera mal, sur le coup de boule fatal de Berlin. Mais comme il y a toujours un bien pour un mal, ce fait donnera lieu à une oeuvre d’art aussi monumentale que le fut le geste, et qui fait la joie de la collection Lambert à Avignon, où elle accueille le visiteur.

13 ans après, et alors que Zidane amorce une nouvelle phase de retrait, les onze tables de cette soirée à rallonge à Lannion nous permettront de revisiter certains des plus grands joueurs de l’histoire à travers notre équipe idéale.

Table 1, dite « Dino Zoff » : à Descendance, le pouvoir de l’église permet à Maël (68) d’imposer sa loi, face à Sophie (61) et Nicolas II (54). C’est ce qui s’appelle, comme ne disaient pas les Italiens avant d’apprendre cette expression par l’entremise de Rudi Garcia, remettre l’église au centre du village. En attendant, si, champion du monde en 1982 à 40 ans, Dino Zoff reste le joueur le plus âgé à avoir gagné un Mondial, pour notre jeune vainqueur, la valeur n’attend pas le nombre des années.

Table 2, dite « Benjamin Pavard » : à Abyss surgit, venu de nulle part, Paul (85), qui étourdit d’une frappe de batard Xel (73) et Jérôme (68), qui coulent dans les profondeurs.

Table 3, dite « Marcelo » : à Troyes, Dom avait fière allure avec sa Chevalerie. Ce moteur dont le dé rouge est un carburant puissant a des airs de défenseur, mais il se révèle, comme Marcelo, redoutable en attaque. Et, comme, à l’instar du latéral du Réal, Dom n’est pas gauche dans ses jets,  il nous a roulés dessus avec le score surréel de 65, devant votre serviteur (39) et Gérard (32).

Table 4, dite « Fabio Cannavaro » : aussi brutal et imposant que le libéro italien Ballon d’or 2006, Doc Nico a fait la loi à Scythe dans une partie où Xof, Jack et Gérard ont surtout évité le un-contre-un. Une entrée en scène musclée pour Gérald, qui découvrait Parties Civiles, mais qui a eu l’air d’aimer ça !.

Table 5, dite « Franz Beckenbauer » : à Conan, Neox se risque à l’auto-analyse de sa contre-performance, car il ne joua pas le Kaiser – merci à lui :

« Alors que se déroule une conspiration dans le but de mettre Valerius sur le trône d’Aquilonie, Conan à disparu en voulant récupérer le coeur d’ahriman. Mais un petit groupe d’aventuriers composé de Neox, Hélène, François-René et Maiwenn, fidèles au roi Conan, ont suivi sa piste. Guidés par Ikhmet le renégat Stygien, les aventuriers ont découvert l’entrée d’un réseau souterrain complexe le long des berges du Styx… C’est là que Conan serait détenu. Le groupe nettoie tranquillement la grotte tout en cherchant le puits qui permettrait de descendre à l’étage inférieur. Une fois découvert, l’overlord (Mickaël) réveilla le gardien ultime de ses lieux, la reine scorpion! Elle commenca par pondre de nombreuses unités dans le but de nous freiner, mais rien ne pouvait plus arrêter les aventuriers qui mirent les têtes de ces arthropodes sur des piques. »

Table 6, dite « Andrès Iniesta » : Sea of clouds voit une issue proche de la table 2: Paul (88) remet le couvert face à Xel (65) et Jérôme (42). A l’instar du roi de la passe, avec Paul, tout casse, tout passe, sauf les baffes.

Table 7, dite « Dominique Rocheteau » : Baptiste, Hélène et un accolyte se la jouent comme Rocheeau à Warhammer 40,000. Ils ont été précis. Le bon ailier droit, c’est celui qui a de la craie sur les chaussures.

Table 8, dite « Claude Makelele » : à Innovation votre serviteur ramasse les châteaux chez Dom et Xel, comme le fit Claude Makelele en France et en Espagne, grâce à la combinaison machiavélique des cartes Monothéisme et Ingénierie. Cette destruction en règle fut le fruit d’une incroyable erreur de Dom qui me permit de dominer les âges 2 et 3 et d’infliger un incroyable 5-0-0 à mes adversaires !

Table 9, dite « Delio Onnis » : malins comme de vieux renards des surfaces (dont Delio Onnis reste à jamais l’éternel modèle), Xel, Paul, Jérôme, Nicolas II, Maël et François-René ont arpenté celle bien glissante du tableau de Room 25.

Table 10, dite « Diego Maradona » : comme le stade Monumental de Buenos-Aires qui fit les beaux jours de l’argentin, cette partie d’Innovation restera dans les annales pour son incroyable final et son suspense digne du récent France-Argentine de la coupe du monde. Pourtant Doc Nico découvrait le jeu, mais c’est qu’il apprend vite ! Par la grâce de la main de Dieu, la victoire se joua à un tour près en ma faveur (6 dominations à 5) dans une partie qui monta très haut dans les tours et restera à jamais dans les annales. Frustré, le Doc remit son billet, mais il y fut défait cette fois nettement, 6 dominations à 1. Comme les deux buts si différents du Pibe de Oro lors du fameux Angleterre-Argentine de la coupe du monde 1986, à ce jeu, aucune partie ne se ressemble.

Table 11, dite « Garrincha » : à Codenames on a fait un petit tour en mer avec le commandant Cousteau et Tabarly, mais c’était surtout des ronds dans l’eau. Cette partie chaloupée comme un dribble de Garrincha aura au moins permis à quelqu’un à faire connaissance avec les Helvètes, dans une partie plutôt underground.

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Séance de MARDI 14/08/2018 à Servel

Le 14 août 1941, tandis que l’Angleterre résiste seule à l’Allemagne nazie qui vient d’envahir l’URSS, le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du navire de guerre Prince of Wales « quelque part en mer », au large de Terre-Neuve. Ils proposent une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix :

  • refus de tout agrandissement territorial,
  • refus de toute modification territoriale qui ne soit conforme aux désirs librement exprimés des populations intéressées,
  • droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement,
  • libre accès de chacun aux matières premières,
  • droit à toutes les nations de demeurer en sécurité à l’intérieur de leurs propres frontières et à tous les êtres humains de vivre toute leur existence à l’abri de la crainte et du besoin,
  • liberté des mers,
  • dans le domaine économique, collaboration entre nations afin d’assurer conditions de travail, progrès économique et sécurité sociale,
  • renonciation à la force

Le président amRésultat de recherche d'images pour "atlantic charter cartoon churchill"éricain veut de la sorte préparer son opinion publique, encore très réticente, à une entrée en guerre contre l’Allemagne, aux côtés de l’Angleterre et de l’URSS. Le document signé par les deux dirigeants est connu sous le nom de Charte de l’Atlantique. Il est à l’origine de la charte des Nations Unies.

Cette déclaration n’a en fait aucune valeur, y compris juridique, n’ayant en réalité été ratifiée par aucun des deux prétendus signataires, comme en atteste l’absence d’une quelconque signature sur les photocopies des documents originaux, ainsi que le déclara Frank D. Roosevelt lors d’une conférence de presse en 1944. 

Les généreux principes de la Charte ont été contournés dès l’année suivante, lors de la signature du traité d’assistance anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942. Par ce traité d’alliance entre le Secrétaire aux Affaires étrangères Anthony Eden et son homologue soviétique Viatcheslav Molotov, le premier concède au second le droit à un glacis de sécurité et à des frontières stratégiques.

De fait, la Charte de l’Atlantique sera évoquée à la conférence de Yalta, en février 1945, mais seulement pour la forme, les participants de ladite conférence – Staline le premier – n’ayant eu aucune intention de renoncer aux agrandissements territoriaux ni de laisser aux peuples le droit de choisir leur forme de gouvernement. Et comme le déclara Winston Churchill, commentant la conférence: « C’était comme la Charte de l’Atlantique – le document n’existait pas, bien que tout le monde en ait été informé. Parmi ses papiers, il [Roosevelt] avait une copie signée par lui-même et par moi, mais aussi étrange que cela soit à dire les deux signatures étaient de sa propre écriture. »

A Lannion, 77 ans après, les principes de la Charte de l’Atlantique ont été allègrement bafoués, qu’on en juge par ce qui suit. Heureusement que, nous non plus, ne l’avons point paraphée: nous serions parjures pour toujours.

Table 1, dite « Libre accès aux matières premières » : à cette table, on cultive Le bien et le malt et c’est Neox qui montre l’exemple (mauvais) en bloquant l’accès aux matières premières et aux bâtiments. Ses petits camarades, savoir Xel, Olive et Picsou, n’ont rien vu venir.

Table 2, dite « Liberté des mers » : On reste ici dans les couleurs pures du Brass original, déjà visité vendredi, et suggéré par Pierre, contrit par sa contre-performance de vendredi. Gérard et Dom prennent également place à cette table, qui restera dans les annales par son dénouement inattendu. En effet, dans le dernier tour, votre serviteur, dernier à jouer, avait encore deux manufactures de coton à vendre, et ses deux actions étaient programmées: construire un port dans un lieu inexpugnable, puis vendre le coton à ce port et au marché extérieur, qui était à l’abri d’un échec critique. Dom pensait également construire un port, voyant que mon coton y trouverait refuge. Or, cette fin déjà écrite ne se réalisa pas du fait de la conjonction incroyable des quatre événements suivants:

  1. Pierre contruit une improbable manufacture de coton !
  2. Il le vend derechef au marché, en sortant un -2, avec pour conséquence de le fragiliser !
  3. Dom change d’avis et ne construit pas de port !
  4. Mon deuxième paquet de coton est refusé au port car je tire un -3, et atteins pile le stade de l’échec critique !

Au final c’est donc Gérard qui s’impose avec 116, Pierre et votre serviteur culminent à 110, Dom restant scotché à 89. Pierre nous quitta alors pour sa lointaine Germanie, lesté de belles et fort civiles rencontres. Merci Pierre 😉

Table 3, dite « Collaboration économique » : découverte de BD où Pierre, Elouann, FR et Xel tentent de faire des collections au meilleur prix. Mais quelque chose cloche dans le mécanisme de ce jeu, car on peut se faire acheter – sans pourvoir réagir – les précieux albums, au point que certains abandonnèrent avant la fin ! C’est Pierre et Elouann qui s’imposent.

Table 4, dite « Modification territoriale » : dans l’espace volumineux de la salle 3, A song of ice and fire oppose Jack et XofRésultat de recherche d'images pour "A song of ice and fire game". On peut imaginer que, dans l’univers du Trône de fer, les modifications territoriales y furent légion. Et pourtant, comme deux gentils bisounours, nos deux belligérants dirent qu’ils avaient tous deux gagné.

Table 5, dite  « Agrandissement territorial » : Olivier s’impose à Pierre, Elouann et FR à Rencontres cosmiques. C’est qu’il s’y connait en constante de Hubble, le bougre.

Table 6, dite « Renonciation à la force » : Vous y croyez vraiment ? Neox non, qui, à la tête des Orcs, a de nouveau bafoué la Charte pour s’imposer brutalement 10 à 3 devant Olivier (qui menait les Stormcasts) à Warhammer Underworld Shadespire.

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Séance de VENDREDI 10/08/2018 à Servel

Entre le 10 et le 15 août 1539, le roi François 1er signe une ordonnance de 192 articles dans son château de Villers-Cotterêts. Cette ordonnance très importante institue en premier lieu ce qui deviendra l’état civil en exigeant des curés des paroisses qu’ils procèdent à l’enregistrement par écrit des baptêmes, autrement dit des naissances (des ordonnances ultérieures, à Blois en 1579 et Saint-Germain-en-Laye en 1667, prescriront aussi l’enregistrement des décès et des mariages). Une innovation dont les généalogistes mesurent pleinement la portée.

L’ordonnance établit par ailleurs que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français. Jusque-là, ils l’étaient en latin, la langue de toutes les personnes instruites de l’époque. C’est le fameux article 111:

Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement .

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De cet article, il découle que tous les sujets du roi pourront comprendre les documents administratifs et judiciaires…. sous réserve néanmoins qu’ils lisent et écrivent la « langue d’oïl » pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire.

L’ordonnance de Villers-Cotterêts est d’autant plus importante qu’à la différence de la plupart des autres nations européennes (Angleterre, Allemagne, Espagne….), la France est une construction politique sans unité linguistique à l’origine. Les élites du royaume, conscientes de cette faiblesse, n’ont pas attendu l’ordonnance pour faire leur la langue française, même dans les provinces les plus éloignées, et ainsi se rapprocher du pouvoir central. Ainsi, en 1448, peu après sa création, le Parlement de Toulouse décide de son propre chef qu’il n’emploierait plus que la langue d’oïl dans ses travaux et ses écrits, bien que cette langue fût complètement étrangère aux parlementaires et à leurs concitoyens ; plus étrangère que peut l’être aujourd’hui l’anglais pour les Français !

Notons enfin, ironie de l’histoire, que le premier acte notarié en français a été rédigé en 1532 (sept ans avant l’ordonnance de Villers-Cotterêts) à… Aoste, sur le versant italien des Alpes !

A Lannion, bien des siècles plus tard, quel que soit leur sabir, tous les particiviliens se sont compris – au moins jusqu’à la partie de Codenames ;-D

Table 1, dite « Chikaranga est, non legitur » : ici, Neox nous emène au Zimbabwe (ce nom, qui est une forme courte de « ziimba remabwe », est un mot shona (dialecte chikaranga) qui signifie « la grande maison faite de pierres »). Le site médiéval a donné son nom au célèbre opus de Splotter, The great Zimbabwe. Le président ne lit pas plus le chikaranga que les latins le grec, mais il règle une solide opposition composée de Tristan, Vincent-2 et Nicolas II.

Table 2, dite « In Spyrio veritas » : Dans l’univers steampunk de Spyrium, vous êtes un industriel qui cherche à exploiter dans des mines une ressource, le spyrium, pour le transformer dans des usines ou faire des recherches dans des laboratoires. L’originalité du jeu est dans le placement des ouvriers à l’étape 1 et leur récupération à l’étape 2 qui permet de récupérer de l’argent, des cartes, ou d’activer celles-ci, et, surtout, dans le contrôle de ce passage par les joueurs. Enfin, il est possible d’orienter son jeu en développant des brevets. Au terme d’un combat très indécis, Pierre (73) s’impose d’un coup de pioche, devançant Xel (72), Olive (65), et votre serviteur, qui, avec 58, était plus modeste que jamais.

Table 3, dite « Ita diis placuit » :  Dom a invité, pour une soirée découverte, son ami Nicolas, qui sera peut-être le cinquième de l’association à porter ce prénom un jour. Il y a eu d’abord un Hanabi – histoire de démarrer cool, puis, du plus sérieux avec Innovation, où il lui a donné de belles cartes, mais a fini par l’importer. Ainsi il a plu aux dieux.

Table 4, dite « Vivere militare est » :  A 878 – Les Vikings, Jack et Axel affrontent Mickaël et Gérard. De cette sourde lutte ne nous est parvenue que cette maxime: « La vie est un état de guerre ».

Table 5, dite « In principio erat Verbum » : à Codenames, au début, tout était verbe. Les Bleus (Xel, VHS, Pierre, Olive) ont battu à plate couture (3-0, plus une ou deux manches de consolante à la fin) les Rouges (Dom, Vincent-2, FR, Jack) sous le regard bienveillant de Neox, qui, en matière de verbe, est un croyant non pratiquant, et dont on retiendra les points saillants suivants:

  • Une manche toute en maîtrise de votre serviteur sur une grille pourtant injouable, marquée par un Capitaine 2 (Crochet, Chasse), un Déménagement 3 (Carton, Piano, Bulle), et surtout le final Rouge 2 (Cercle, Fraise), en évitant la Tarte pour cause d’une Pomme sur la grille !
  • Un Béring incompris par les Rouges qui ont tourné autour toute la manche, alors qu’il vaisait l’Arc….tique !
  • Un FR sérieux et efficace comme un pape en tant que maître-espion, mais rentré trop tard dans la partie pour en modifier le cours. En tant qu’espion, il resta fidèle à lui-même, déclarant, à propos de la Jardinière, qu’il la préférait en tablier (voire sans tablier) que dans l’assiette !
  • Un House à la limite pour les Bleus (Docteur, Londres) !
  • Dom incompris sur son indice Alcool 2 – qui visait Pomme, mais aussi Notes 

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Séance de MARDI 07/08/2018 à Servel

C’est un 7 août (en 1876) que naquit Margaretha Geertruida Zelle dite Grietje Zelle, plus connue sous le nom de Mata Hari. Cette danseuse exotique néerlandaise qui ne détestait pas l’effeuillage, notoirement connue comme courtisane du beau monde, sera au coeur d’une affaire d’espionnage franco-allemande, et finalement fusillée pour cela pendant la Première Guerre mondiale après un procès de trois jours et une enquête sommaire. Mata Hari passera alors du statut d’idole à celui de coupable idéale dans une France traumatisée par la guerre et dont l’armée vient de connaître d’importantes mutineries après l’échec de la bataille du Chemin des Dames.

Coiffée d’un grand canotier et vêtue d’une robe élégante garnie de fourrures, un manteau jeté sur les épaules, elle refusera d’être attachée au poteau et le bandeau qu’on lui propose. Elle aurait lancé un dernier baiser aux soldats de son peloton d’exécution, formé de douze zouaves. Et, alors que les soldats la mettent en joue, Mata Hari s’écria enfin : « Quelle étrange coutume des Français que d’exécuter les gens à l’aube ! »Résultat de recherche d'images pour "mata hari execution cartoon"

A Lannion, cette soirée d’un été qui virait à l’automne ne se prêtait pas à l’effeuillage: on y préféra revisiter l’histoire.

Table 1, dite « Courtisane » : Pour son dixième anniversaire, le célèbre opus de Martin Wallace a donc vu naître un grand frère: Brass: Lancashire. Martin Wallace s’est associé à Roxley Games, maison d’édition canadienne qui s’est fait connaître par les excellents Steampunk Rally, Super Motherload et récemment le superbe Santorini, afin de revisiter le chef d’oeuvre avec un nouveau matériel et de nouvelles règles, dont la minceur des changements est à elle seule un hommage:

La liaison virtuelle entre Liverpool et Birkenhead a été supprimée
• Ajustement du jeu à 3 joueurs pour s’approcher de la configuration idéale à 4 joueurs. Les ères entre rails et canaux on été réduites de 1 round et réglage léger du deck de cartes pour assurer une expérience cohérente.
• Règles 2 joueurs crées et jouables sans avoir besoin d’un plateau alternatif
• Les filatures de coton niveau 1 valent maintenant 5 points de victoire pour les rendre légèrement moins « pathétiques »

Au sujet de ce dernier changement, les auteurs ont ajouté: « Aucune autre valeur n’a été changée. Les filatures de coton niveau 1 sont tellement sans intérêt qu’on a ressenti le besoin de les améliorer. Même avec 2 PV en plus, il est peu probable qu’elles rentrent en jeu souvent. Nous avons envisagé d’améliorer le gain en revenu, mais nous ne voulions pas modifier l’économie du jeu (que nous considérons être essentiellement parfaite). »

Notez que ce dixième anniversaire vit en fait la naissance de faux jumeaux: il existe aussi un Brass: Birmingham, qui lui, change réellement les règles, tout en restant fidèle aux grands principes de l’ancêtre. Mais il n’est jamais sorti sur nos tables…

A cette partie, c’est Neox qui régale, mais il sera battu par Xel, sa courtisane du soir, qui termine à 113 – un beau score, qui couronne sa tactique habituelle. Christophe et Olivier ferment la marche.

Table 2, dite « Espionnée » : Ici, on reste dans les couleurs pures du Brass original, que j’apprends à mes compagnons du soir, sauf Olive qui connaissait déjà. Les premiers coups sont comme un mauvais roman d’espionnage, tout le  monde copie les coups des autres, tâtonnant sur la bonne tactique. Mais l’expérience reprit vite ses droits, et, muni des jaunes en hommage à Thomas (le grand absent de cette soirée), votre serviteur s’impose en costaud avec 115, un joli score dans une partie sans fausse note. Olive, 96, a bien tenu la distance, Gérard (86) aussi, alors que Pierre (74), pour sa première partie, a reconnu avoir cumulé les erreurs du débutant.

Table 3, dite « Exotique » : Sous la plume de Dom, nous retrouvons Sophie, FR et Doc Nico, ses comparses, dans la peau d’aventuriers en mal d’exotisme:

« Les aventuriers temporels de T.I.M.E Stories se plongent dans la chaleur suffocante de l’Egypte ancienne avec le scénario « Sous le masque ». Chargés de remettre de l’ordre après la disparition du masque de Toutankhamon, il a fallu pas moins de quatre runs pour élaguer les visites pas indispensables et révéler les lieux nécessaires à la complétion de l’histoire. Enfin entrés dans le tombeau royal, ils se retrouvent face à un monstre un peu étrange et une énigme qu’ils n’avaient que peu de temps pour résoudre. Une circonstance heureuse les débarrasse du premier et leur effort collectif vient rapidement à bout de la seconde. Mais avec 3 unités de temps restantes, leur score final reste dans une moyenne basse. »

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Séance de VENDREDI 03/08/2018 à Servel

Résultat de recherche d'images pour "alexandre soljenitsyne cartoon"Le 3 août 2008 disparaissait l’écrivain russe, lauréat du prix Nobel de littérature en 1970, Alexandre Soljenitsyne. L’auteur de L’Archipel du Goulag, ouvrage basé sur les témoignages de 227 rescapés des camps russes qui dissèque la mécanique intrinsèque de la répression soviétique, fut arrêté le 12 février 1974, accusé de trahison, et expulsé d’URSS, une première depuis Trotski.

Réfugié en Suisse puis aux États-Unis, Soljenitsyne est alors le plus célèbre « dissident soviétique ». Durant sa carrière littéraire, il aurait été accusé d’être nationaliste, tsariste, ultra-orthodoxe, antisémite ou favorable à Israël, traître, complice objectif de la Gestapo, de la CIA, des francs-maçons, des services secrets français et même du KGB. Dans son autobiographie littéraire, Le grain tombé entre les meules, et dans un article de la Litératournaïa Gazeta, « Les barbouilleurs ne cherchent pas la lumière », Soljenitsyne a répondu à ces accusations en les juxtaposant pour montrer leur incohérence.

Après le démantèlement de l’URSS, il fait son retour en Russie en 1994. Ses prises de position pour « une période autoritaire de transition » lui valurent de sévères critiques de la part de dissidents comme Andreï Siniavski et Andreï Sakharov, pour lesquels la Russie ne saurait se régénérer sans démocratie.

En fait, Soljenitsyne n’était pas hostile à la démocratie en général, mais il ne croyait pas que la Russie puisse passer du jour au lendemain d’un régime totalitaire à un régime de type occidental. À la démocratie représentative à l’occidentale, qu’il perçoit comme génératrice d’une classe politique corrompue, coupée du peuple et soucieuse avant tout de ses propres intérêts, il opposait son souhait, pour la Russie, d’un pouvoir présidentiel fort, et d’une forme de démocratie locale constituée par un tissu d’associations gérant les affaires indépendamment du pouvoir qui, lui, ne devrait s’occuper que des affaires nationales.

Alexandre Soljenitstyne admirait au moins deux formes de démocratie occidentale : celle des États-Unis, qu’il qualifia de « pays le plus magnanime et le plus généreux de la Terre », et la démocratie suisse. Dans son livre Le Grain tombé entre les meules, il écrit : « Ah si l’Europe pouvait écouter son demi canton d’Appenzell. »

A Lannion, dix ans plus tard, un quarteron d’exilés volontaires remplissait sa vie d’histoires de zombies, d’équipes de tueurs, et de grandes batailles, sous l’ombre tutélaire d’un grand duc. Et, à la fin de la soirée, à défaut de littérature, on égrena des mots.

Tables 1 et 2, dite « L’archipel du goulag » : Les forçats de Warhammer 40k et en l’occurrence son petit frère Kill team se retrouvent exilés à l’abri des regards, et triment sans relâche, sollicitant à l’envi leur outil, un double-mètre. L’épisode voit d’une part la victoire de Julien de Paimpol sur Vincent S, et d’autre part celle de Baptiste aux mains pleines sur son compagnon du soir.

Table 3, dite « Le déclin du courage » : F-R, Nicolas II, Mael et Camille s’invitent, à l’invitation pressante de cette dernière, à l’univers délétère de Zombicide. Malgré leur entrain initial, leur courage vint rapidement à décliner, signant la victoire sans merci des zombies.

Table 4, dite « Le premier cercle » :  Le DUC reçoit, en grand équipage, le premier cercle de ses fidèles pour une soirée totalement ducale. Nous commençons par un Condottiere, que je m’adjuge facilement, bénéficiant il est vrai d’un tirage de cartes plus que favorable. Suit un Red 7, un jeu de cartes très malin et que Dom présente en annonçant qu’il va me plaire (et il avait raison), avant de nous rouler dessus. Et, puisque chaque jeu devait avoir son vainqueur, nous laissons Xel s’imposer à Disposition, un jeu de course et de cartes où il faut savoir prendre le bon wagon de la pioche. Le DUC, c’est comme les rochers Ferrero, l’assurance d’une soirée réussie !

Table 5, dite  « Esquisses d’exil » : Bientôt sur le départ pour une contrée lointaine, Axel se lance dans une stratégie agressive à Mythic battles. L’inexpérience de sa jeunesse en est l’excuse. La placidité de Mickaël en fut son châtiment.

Table 6, dite « Deux siècles ensemble » : Axel et Mickaël ne se quittent plus. Le premier, ayant rangé sa belliqueuse attitude au magasin des accessoires, finit sa soirée en beauté, s’imposant à Summoner wars.

Table 7, dite « Le cercle rouge » : à Codenames, les rouges (Xel, Dom, Mael, Mickaël) ont encerclé les bleus (Axel, Maïwenn, FR, VHS) dans un piège infernal que reflète le score sans appel de 3-1:

  • Rouges 1-0: les Bleus foncent sur une Baleine assassine, associée à tort au Plongeur, et ignorant le Canard prévu
  • Rouges 2-0: encore l’assassin (Mars qu’on vend dans les Boulangeries) pour les Bleus, qui coulent sur une Coque de fin de partie qui n’était pas de Noix
  • Rouges 3-0: implacables Rouges qui se baladent en Trapéziste, sans Chute mais avec Filet, pendant que les Bleus se demandent doctement si la Salade est une Plante
  • Rouges 3-1: les Rouges ont tergiversé dans cette manche superfétatoire

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Séance de MARDI 31/07/2018 à Servel

Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné au café du Croissant. Par son opposition à la loi du 19 juillet 1913, qui a reporté le service de deux à trois ans, comme par son plaidRésultat de recherche d'images pour "jaures assassinat cartoon"oyer en faveur d’une armée de réservistes à vocation défensive, L’Armée nouvelle, il s’était attiré la haine des nationalistes et des bellicistes, à droite comme à gauche, de Georges Clemenceau à Charles Péguy en passant par Maurice Barrès et Charles Maurras.

Lors de la « Crise de Juillet » qui suit l’attentat de Sarajevo, il réunit toute son énergie pour tenter d’arrêter le destin. Le 30 juillet, il apprend que la Russie a mobilisé ses troupes. Il se rend alors chez le sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères Abel Ferry. Celui-ci l’interroge sur la position des socialistes en cas de guerre. « Nous continuerons notre campagne contre la guerre », répond Jaurès. « Non, vous n’oserez pas car vous serez tué au premier coin de rue » !… Passablement découragé, Jaurès déclare à un ami, en sortant : « Tout est fini. Il n’y a plus rien à faire ».

C’est alors que survient la tragédie prédite par Abel Ferry. L’assassin est un déséquilibré de 29 ans, du nom de Raoul Villain, étudiant en archéologie, lecteur passionné de L’Action française, le quotidien nationaliste qui avait appelé le 18 juillet précédent au meurtre de Jaurès.  Son procès sera reporté à la fin de la guerre et il sera finalement acquitté de son crime. Au terme d’une vie errante, il sera lui-même assassiné en Espagne en 1936 par un mafieux quelconque.

104 ans plus tard, pas de drame à Servel, juste des pirates lancés en mer et des bombes à désamorcer, la routine donc pour sept vaillants particiviliens.

Table 1, dite « Belliciste » : à Jamaïca on s’enhardit à sortir l’extension, ce qui pimente un voyage un peu trop casual dans la version de base.  A l’issue d’une traversée qui n’a point manqué d’attaques vengeuses, c’est Mickael qui parvient le premier à Port royal et l’emporte avec 23, devant Xel, 16 (place d’honneur glanée au tout dernier tour où elle grapille huit pièces d’or), votre serviteur (15) complétant le podium. Suivent François-René (14), et Julien-2 (5), qui finit donc treize au-dessus d’Olivier (-8). Quant à Vincent, l’original, il arriva un peu tard pour jouer et prit une position de commentateur engagé et bicéphale, placé entre son homonyme #2 et Julien, qui échouèrent aux deux dernières places…

Table 2, dite « Pacifiste » à Time bomb on passe en mode « paix » pour couper les fils d’une bombe prête à exploser. Mais dans le lot, il y a 2 ou 3 espions, dont le but est plutôt de faire exploser une bombe avant le terme. Un jeu où la psychologie joue son rôle, car il faut parler et avertir ses coéquipiers sans trop se dévoiler. Quatre parties furent jouées, qui connurent des issues diverses:

  1. Victoire des espions, avec François-René à la manoeuvre
  2. Victoire des alliés avec encore François-René à la manoeuvre, dans le camp adverse, où il coupe 2 fils
  3. Victoire des alliés avec votre serviteur en héros (4 fils sur 7 !)
  4. Victoire des espions, sur une fourberie d’Olivier

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Séance de VENDREDI 13/07/2018 à Servel

Vendredi 13, jour funeste. Une réputation qui n’est point usurpée, voyez ce qui suit.

Ainsi, Marat fut assassiné le 13 juillet 1793, dans sa baignoire où il soignait ses maladies de peau, par Charlotte Corday, une jeune femme indignée par le tour sanglant de la Révolution. Démentant les espoirs de la meurtrière, l’indignation soulevée par son acte va justifier la mise en place officielle de la Terreur.

Médecin franc-maçon, âgé de 45 ans au début de la Révolution, Jean-Paul Marat avait fondé L’Ami du Peuple en septembre 1789, un journal dans lequel il dénonce avec violence les compromissions supposées des uns et des autres. Populaire auprès des sans-culottes, il lança ceux-ci à l’assaut des Tuileries le 10 août 1792 et dans les massacres de Septembre.

Résultat de recherche d'images pour "marat assassiné tableau"Député à la Convention, il contribue à la condamnation du roi, à la formation du Tribunal révolutionnaire et du Comité de sûreté générale, en charge d’arrêter les suspects. Les Girondins ayant tenté de le mettre en accusation, il est blanchi par le Tribunal révolutionnaire et regagne en triomphe la salle de la Convention le 24 avril 1793. Un mois plus tard, il contre-attaque avec succès en lançant les sections parisiennes de sans-culottes contre l’assemblée, obligeant les députés à décréter l’arrestation des Girondins.

Sa meurtrière est une Normande de petite noblesse de 25 ans, arrière-petite-fille du grand Corneille et nourrie de lectures classiques. Ayant noué des sympathies avec les Girondins modérés, traqués par Marat, elle voit en ce dernier le fossoyeur de son idéal de liberté.

Elle espère, à l’image des héroïnes antiques, faire oeuvre utile en l’éliminant, quitte à sacrifier aussi sa jeune vie… Mais son geste n’aura d’autre effet que d’amplifier la Terreur. Elle-même sera guillotinée le 17 juillet 1793 sur la place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde), après l’entrée de la dépouille de sa victime au Panthéon. Lamartine, plus tard, la qualifiera d’« Ange de l’assassinat ». Le peintre Louis David, par ailleurs député montagnard à la Convention, laissera de l’assassinat un tableau célèbre, qui exalte l’image du tribun et gomme celui de sa jeune meurtrière.

Ainsi encore, le 13 juillet 1936, en Espagne, le leader Calvo Sotelo est assassiné. A l’assemblée des Cortes, il dirigeait la droite monarchiste et personnifiait l’opposition au gouvernement dRésultat de recherche d'images pour "meurtre de calvo Sotelo"u Front Populaire. Sa mort encourage les militaires conservateurs à se rebeller:  le soulèvement militaire, qualifié par ses auteurs de « glorioso Movimiento » (le glorieux Mouvement), survient le 17 juillet dans la garnison de Melilla, au Maroc espagnol, conformément à un plan préparé de longue date. La guerre civile devient alors imminente.

On, le voit, le meurtre appelle la répression, qui entraîne l’émeute et le cycle infernal de l’histoire part en roue libre. Dans l’écrin de Servel, en ce 13 juillet 2018, loin de la ville et de ses rumeurs, personne ne vous entendrait crier. Pas de baignoire en vue, mais il y a des douches. Aucun assassinat n’eut cependant lieu ce soir là à Paries Civiles, où les choses se règlent selon l’étiquette, et le meurtre n’en fait point partie.

Table 1, dite « Suicide assisté » : Vincent-2 répond, avec votre serviteur, à l’appel de Schwarzer Freitag lancé par Tristan. A ce jeu de spéculation boursière, il y a une tactique bien précise, qu’il nous précise à la fin, croyant avoir gagné – avec 14 lingots contre 13 à Tristan. Mais un examen de ses comptes révèle qu’il a touché pas moins de 9 subventions, explosant le plafond règlementaire. Aussi, déclassé par cette forme de suicide assisté, il offre à Tristan une victoire méritée. Votre serviteur repart lesté de 9 lingots et d’une médaille d’argent.

Table 2, dite « Tueur en série » : il n’en a pas l’air comme ç, mais Nicolas II a pourtant le profil idéal du tueur en série – en témoignent ses deux parties de Welcome, où il laisse Jérôme et Mickaël sur le carreau.

Table 3, dite « Chronique d’une mort annoncée » : dès le premier coup de cette partie de Viticulture, la fin était écrite: captant les ouvriers, Neox, tout vêtu de blanc, devançait systématiquement son adversaire sur ses actions et n’eut aucun mal à produire son vin rouge, tandis que Xel piochait pour enchaîner les actions. Rouge sur blanc, tout fout le camp se dit-elle en partant.

Table 4, dite « Mort avant l’arrivée » : les tables 2 et 3 se recomposent, oubliant Mickaël, parti vers les paradis artificiels, et avec pour ambition d’achever un Tiny epic quest. Une ambition démesurée car ils n’eurent le temps d’effectuer qu’une phase de jour, alors qu’il y faut normalement cinq jours et cinq nuits !

Table 5, dite « Fossoyeur d’idéal » :  pour finir la soirée, on ressort l’excellent Kardinal und König avec l’équipe de la table 1. Tristan domine, grâce à ses talents de manoeuvrier, et un raid sur la France décisif qui lui y offra une domination diplomatique – et en diplomatie, la France, ça compte énormément ! Je devance d’une courte tête Vincent-2, dont les rêves d’idéal ont été mis à mal dans cette soirée par un fossoyeur bien connu en la matière. On retiendra aussi de cette table l’interpellation à distance « Dom, as-tu du spare ? » qui nous tarauda, et que le susnommé relèvera à son retour, n’en doutons pas.

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Séance de VENDREDI 29/06/2018 à Ti Koad

Roi des poubelles, un business où il fit fortune (311 ème fortune de France), franc-maçon, patron de discothèque, propriétaire d’un élevage taurin, l’emblématique président de La Paillade de Montpellier (club qu’il mena de la division d’honneur au titre national), Louis Nicollin, eut de multiples vies. La curiosité de son cas est que le 29 juin est à la fois le jour de sa naissance (1943) et de sa mort (2017), ce qui donne à ce grand collectionneur (sa collection de maillots est légendaire) un point commun avec Léon Zitrone, avec qui il partageait aussi un caractère bien trempé et le virus de la politique, au point d’avoir été condamné plusieurs fois pour fraudes électorales.

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A l’image de son éclectisme, voici le récit d’une nouvelle séance de Parties Civiles où les découvertes furent nombreuses !

Résultat de recherche d'images pour "clank! jeu"Table 1, dite « Malversations » : Clank! vous amène aux souterrains sous la Tour du Dragon, réputés pour être l’endroit le plus dangereux du Royaume. Seuls les roublards les plus intrépides peuvent s’y faufiler pour voler le Dragon et en revenir vivants pour raconter leur histoire, sans se trahir par le bruit éponyme.

A ce nouveau deck builder, la lutte fut très serrée et c’est Paul Junior (118) qui en remontra à ses aînés: Armand (117), Mks (102), et Franck (46).

Table 2, dite « Sang et or »  : sur le terrain de Blood bowl on joue au football, dans sa version américaine, plus brutale et engagée que celui que nous connaissons dans le monde Ancien (d’où le nom du jeu). A ce sport de costauds, le fluet Baptiste n’a pas pesé lourd face à la solide charpente de Neox: c’est le président qui, au bout d’une lutte sanglante, s’est paré d’or.Résultat de recherche d'images pour "blood bowl jeu"

Table 3, dite « Straégie alternative » : un Navegador à cinq joueurs, et l’océan est vite occupé. Parti tard dans la course par les effets de l’ordre du tour initial, Tristan fait le constat que les conquêtes et les colonies lui seront inaccessibles, et décide de ne rien faire comme les autres. Il se lance à corps perdu dans une stratégie alternative consistant à noyauter les églises et les chantiers navals. Ce choix de stratège le mène à la victoire (106), devant Mickael (91), Xel (74), votre narrateur (73), et Jack (49), qui n’a même pas compté sa tuile bonus et quitte la table sur un constat froid comme la mort (« jeu d’optimisation, pas ma came »).

Table 4, dite « Division d’honneur » : à FeudumFeudum, injustement bannis et dépouillés de tout à l’exception d’une poignée de shillings et de quelques miettes, vous voyagez à travers d’étranges contrées médiévales pour récupérer votre dû et votre honneur perdu. Un jeu au design alléchant et au long cours, car à l’heure où nous quittions les lieux, François-René, Vincent-2 et Olivier y étaient encore.

Table 5, dite « Vocanique » : dans l’atmosphère aussi volcanique que le tempérament du regretté Loulou de Taluva, Dom et Jack-2 s’adjugent chacun une partie, Olive et Thomas rentrant bredouilles.

Table 6, dite « Chef de clan » : à Huns on vit Tristan confirmer son grade de chef de clan, l’emportant avec 27 devant Dom (18), Mickaël (18) et Olive (16).

Table 7, dite « Patience et longueur de temps » : à Le lièvre et la tortue, on parie sur des animaux engagés dans une course aussi incertaine que le championnat de France de football en version pré-quatarie. Xel s’adjuge une première partie, Jack-2 la seconde, dans une partie où votre modeste chroniqueur et Thomas n’ont pas misé sur les bons chevaux.

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Séance de VENDREDI 22/06/2018 à Ti Koad

En ce 22 juin, Dan Brown fêtait son anniversaire. Si ses trois premiers romans ont eu peu de succès, avec moins de 10 000 exemplaires pour leur première édition, le quatrième, Da Vinci Code, est devenu un best-seller, https://i.pinimg.com/736x/9f/e4/1b/9fe41b9a23d7c0f7443f0e368c1f0540--cartoon-picture-dan-brown.jpgallant jusqu’à être en tête de la liste des meilleures ventes du New York Times pendant sa première semaine de sortie en 2003. C’est maintenant l’un des livres les plus populaires de tous les temps avec 86 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Et voici maintenant le compte-rendu d’une soirée de jeux pleine d’intrigues et de mystères…

Table 1, dite « Forteresse digitale » : retour de l’opus de Martin Wallace: A handful of stars. Thomas et votre serviteur remettent le couvert de mardi, tandis que Tristan et Michal découvrent. Une partie où Thomas (47), bénéficiant d’un tirage avantageux qui voyaient ses planètes bien alignées, bâtit peu à peu de ses propres doigts un inexpugnable forteresse – avec notamment un +6 au combat dans sa réserve. C’en était trop pour Tristan (39), qui lui céda le pas sur la fin, devançant votre narrateur (35) – stoppé en plein vol par un raid aussi vain que meurtrier de son voisin, Michal (24), qui pour sa part n’eut pas l’air d’apprécier le jeu et en particulier sa sophistiquée résolution des combats. « Pourquoi ne pas juste lancer des dés » ? Lança-t-il par bravade en quittant la table. Parce que c’est un Wallace bien sûr !

Table 2, dite « Deception point »  : au royaume des magiciens de Trickerion: Legends of illusion les arnaques et autres tromperies sont légion, comme dans le roman de Dan Brown. Xel faillit en être victime sur une erreur de comptage, mais c’est bien elle, qui de 2 points, domine le fier aréopage emmené par Maël, Neox et Julien-de-Paimpol, excusez du peu !

Table 3, dite « Anges et démons » : à Formule Dé, deux anges (Paul junior et Nicolas II) étaient à table avec un démon (Xof). Une partie dont on retiendra surtout, faute de feuille de score, cette interrogation d’un joueur – que les plus de cinquante ans ne peuvent pas comprendre: « Qui c’est, Alain Prost » ?

Table 4, dite « Les grenouilles heureuses » : à ses débuts, Dan Brown s’orientait vers une carrière musicale, créant des effets avec un synthétiseur. Il produisit notamment une cassette pour enfants avec des chansons telles que « les grenouilles heureuses » ! Voilà qui convient parfaitement pour désigner avec affection Benjamin et Linnéa, deux nouveaux amis (pour la vie ?), qui enchaînent avec ravissement deux parties de Peloponnes. C’est d’abord Vincent-2 qui s’impose, suivi ensuite par Olivier.

Table 5, dite « Origine » : Shards of Infinity est de retour: à ce jeu d’affrontement, jusqu’à l’élimination de tous sauf un, de la grande famille des deck builders, votre serviteur et Thomas sont retournés à leur origine de poussière. Tristan fut le seul survivant, et, comme il est infiniment grand, il remit le couvert avec Thomas tandis que votre narrateur se glissait dans le noir manteau de la nuit.

Table 6, dite « Inferno » : à Time bomb beaucoup trop de joueurs furent présents pour les tous nommer, mais on assure qu’il y avait une ambiance d’enfer.

Table 7, dite « Le symbole perdu » : à Innovation, Xel a longtemps cherché le symbole permettant de contrer les cartes meurtrières de Maël, et a fini par le trouver à l’autre bout de la nuit.

Table 8, dite « Da vinci code » :  à Death Angel François-René, Nicolas II, Xof et Cédric jouent, et jouent encore à percer le mystère de la mort de l’ange…

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Séance de MARDI 19/06/2018 à Ti Koad

Le 19 juin 1907, la crise de la viticulture languedocienne débouchait sur un affrontement tragique entre les forces de l’ordre et les manifestants. C’est la révolte d’une France rurale qui s’accroche désespérément à ses traditions et à son horizon villageois.

Au milieu du XIXe siècle, les quatre départements français qui bordent le golfe du Lion se sont spécialisés dans la viticulture: Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales ont su transformer leurs plaines arides en superbes vignobles. Mais de 1900 à 1906, la production du Languedoc grimpe de 16 à 21 millions d’hectolitres. La surproduction se solde par une mévente et une chute brutale des prix. C’est la ruine pour de nombreux Languedociens : petits viticulteurs qui n’arrivent pas à rembourser leurs dettes, mais aussi négociants au sort suspendu à celui de la viticulture.

Marcelin Albert à ArgeliersLes Languedociens réclament l’abrogation de la loi de 1903 sur la « chaptalisation » et une surtaxe sur le sucre pour décourager les importations. Mais le Président du Conseil, l’inflexible Georges Clemenceau, ne veut rien entendre. Marcelin Albert, cafetier et vigneron d’Argeliers, dans l’Aude, prend la tête de la révolte. Le 12 mai 1907, il avertit le gouvernement que si rien n’est fait avant le 10 juin, il décrétera la grève de l’impôt et appellera les municipalités à démissionner.

La veille de la date fatidique, Montpellier accueille pas moins de 600.000 manifestants ! Clemenceau en appelle au sentiment républicain des maires et, dans le même temps, envoie dans le Midi 27 régiments. Le drame survient à Narbonne, le 19 juin, où les soldats tirent sur la foule, faisant deux morts dont un adolescent. Le lendemain, nouveau drame face à une foule qui hurle sa haine : cinq morts. À Agde, petite ville à l’embouchure de l’Hérault, 600 soldats du 17e régiment d’infanterie prennent connaissance de la tuerie de Narbonne. Ils se mutinent et gagnent Béziers où ils sont accueillis par une population en liesse.

Dimanche 23 juin, Marcelin Albert se présente de son propre chef au ministère de l’Intérieur, place Beauvau, et demande à rencontrer le Président du Conseil. Georges Clemenceau le reçoit dans son bureau en tête à tête, et lui fait la morale avant de lui remettre un billet de 100 francs pour le train du retour. Le rebelle accepte mais promet de le rembourser. Le Président du Conseil convoque aussitôt la presse et raconte à sa manière l’entrevue, prétendant que le cafetier a éclaté en sanglots, laissant entendre qu’il n’aurait pas toute sa tête.

Finalement, le gouvernement établira une surtaxe sur le sucre et réglementera sévèrement le négoce du vin, donnant ainsi raison aux manifestants. Le Languedoc conserve le souvenir aigu de cette révolte anachronique, et ne manque pas d’invoquer les mânes de Marcelin Albert chaque fois que la concurrence ou les règlements menacent son vin.

111 ans après, si on avait mal à la tête à Ti Koad, la chaptalisation n’y était pour rien: c’était plutôt le mal des transports qui était en cause, en train ou dans un vaisseau spatial !

Table 1, dite « Château de l’étoile » : par le truchement de Jack, Thomas nous fait découvrir, et nous explique avec la pédagogie qu’on lui connaît, le majestueux opus de Martin Wallace: A handful of stars. Nous y retrouvons les principes de base de Mythotopia (conquêtes de territoire, affrontements, deck building avec réserve), mais aussi des différences, qui font de cette livraison une réussite – notamment des jetons bonus rechargeables à chaque remplissage de deck. La fin de partie est déterminée par un nombre fixé à l’avance de roulements de deck par l’ensemble des joueurs (nombre lui-même fonction du nombre de joueurs, à savoir 20 pour les 4 que nous étions). Un mécanisme original, qui permet à certains de jouer la montre et à d’autres de forcer le destin. Au terme de cette bataille épique, un ultime raid de Jack échoua à lui apporter la victoire: avec 39, il céda le pas à François-René (42). Thomas sous-performa étonnament (33), et pour ma part, culminant à 27, je fis quelques choix isolationnistes qui me coupèrent de replis précieux et occasionnèrent des pertes sévères. Je ne désespère pas de me refaire, et pourquoi pas vendredi prochain…

Table 2, dite « Cuvée petit train » : à Russian railaroads on vit Neox rouler dessus ses petits camarades, au point de prendre presque un tour de piste – autant dire une locomotive – à Julien-2, lui-même un essieu devant Baptiste, qui devança Xel d’un wagon.

En cours de ces deux parties, Cédric fit une apparition, ce qui permit aux survivants de la table 2 de lui tenir la chandelle en attendant l’interminable verdict de la table 1, de parler piscine, et de toutes ces sortes de choses.

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