Après-midi goûter participatif DIMANCHE 15/04/2018 à Servel

Tout homme a son lieu naturel; ni l’orgueil ni la valeur n’en fixent l’altitude: l’enfance décide. Ce dimanche à Servel, il y avait beaucoup d’enfants, des très petits mais aussi de bien plus grands. Et les enfants y avaient pris le pouvoir, lassés d’être pris pour l’idiot de la famille. « Mais si mon petit chéri joue à ce genre de jeux à son âge, qu’est-ce qu’il fera quand il sera grand ? », se demandent les mamans ? Je les vivrai en grandeur nature !, répondent les enfants. Et j’étais bien un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.

En me servant du fondant au chocolat, j’avais les mains sales, et après en avoir repris, je crus défaillir, mais évitai la nausée. Je me jetai à corps perdu dans des jeux avec des gens d’un autre âge. Voyez plutôt: seul au milieu des adultes, j’étais un adulte en miniature, et j’avais des jeux adultes; cela sonne faux, déjà, puisque, dans le même instant, je demeurais un enfant.

Entre l’être et le néant, pendant ces quatre heures, je choisis d’être résolument en vie. Pour l’enfant de la ville que j’étais, les jeux étaient mes oiseaux et mes nids, mes bêtes domestiques, mon étable et ma campagne. La ludothèque de tous ces joueurs rassemblés, c’était le monde pris dans un miroir: elle en avait l’épaisseur infinie, la variété, l’imprévisibilité. Cette pile de jeux, pierres levées, droites ou penchées, serrées comme des briques, ou noblement espacées en allées de menhirs, je la rêvais chaque nuit, sentant que la prospérité de notre association en dépendait.

L’idée ne me vint pas qu’on pût jouer pour gagner. On gagne contre ses voisins, et avec Dieu car Dieu ne joue pas aux dés. Je pris le parti de gagner avec Dieu en vue de sauver mes voisins: je voulais des obligés, non pas des joueurs. Sortant de la salle, je pressentais confusément que nous n’avions pour dessein, sous prétexte du jeu, qu’à nous rassembler dans la communion des hommes. Car au final, à quoi bon jouer ? Une fois l’espérance du salut par la victoire rangée au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui.

Séance de VENDREDI 13/04/2018 à St-Elivet

Le 13 avril 1946, la Chambre des députés vote la loi Marthe Richard, du nom de son inspiratrice. Elle impose dans toute la France la fermeture des maisons closes, et la face cachée de la bourgeoisie balzacienne disparaît pour toujours.

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Prostituée à 16 ans, puis mariée à un riche industriel, Marthe Richard (1889-1980) mèna une vie fantasque. Elle est l’une des premières Françaises à acquérir un brevet de pilote, prétend avoir fait de l’espionnage au service de la France pendant la Grande Guerre et, conseillère municipale de Paris à la Libération en 1945, accèdant ainsi à la respectabilité, imposera sa loi aux députés et à l’opinion.

A Lannion, 72 ans après, chacun jouait gentiment dans son coin et, un peu plus tard, repartit chez soi après avoir rangé son bordel.

Table 1, dite « Victor’s secret » : à cette table de  My little secret dungeon, Victor remporte haut la main une première partie devant Franck et Cédric, et le secret de sa victoire ne sera pas défloré. Les mêmes enchaînent sur Skull & Roses et là, c’est Franck qui fit office de gros bonnet.

Table 2, dite « D’une seule passe » : Tristan, venu lesté d’une boîte de Navegador, fait découvrir ce jeu déjà ancien à ses camarades: Xel, Thomas, Olive, et votre humble serviteur. Voici un jeu d’un grand clacissisme, avec des mécanismes astucieux comme le marché où l’on peut faire monter ou descendre le prix des denrées, et fort bien équilibré. On y navigue entre les colonies de l’empire portugais, que l’on pille au passage, pour le réalisme. Une partie que Tristan a déroulée d’une seule passe, déroulant toute droite la file de ses bâteaux avec une stratégie implacable. Il en ressort facile vainqueur avec 95 devant une file indienne de soupirants, savoir Xel (82), VHS (72), Thomas (71), et Olive (64).

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Table 3, dite « Claustrophobe » : dans l’univers clos de la cuisine, un groupe d’habitués déroule un Gloomhaven qui est brillament narré par le menu ici même par Dom:

La session de Gloomhaven commence par un événement : le départ en retraite du Tinkerer de Neox. En effet, chaque personnage a un « but de vie » personnel et à la fin de l’aventure où il l’a atteint, il est contraint de rejoindre le panthéon des aventuriers et (mécanisme legacy) débloque une autre classe de personnage ou produit un effet permanent sur le jeu. Dans le cas de Nicolas, il devait acquérir un certain nombre d’objets. L’ayant fait, il choisit la classe toute neuve de Quartermaster, un personnage doué pour le commerce mais qui ne démérite pas à flanquer quelques baffes. Reste à savoir comment on palliera l’absence de celui qui était un peu le soigneur de tout le groupe (avis du propriétaire : on les tapera plus vite et plus fort donc on prendra moins de coups et on aura moins besoin de soins).

Le scénario du soir consiste à aller faire un tour dans les égouts, que l’ont dit mal famés et sources d’empoisonnement en ville. Deux couloirs en enfilade pour déboucher dans une salle pleine de Vermlings (petites créatures dérivées des rats que Jack n’aime rien tant qu’exterminer). Et de nouveaux types de monstres, en particulier le Ooze qui à intervalles variables se divise en 2, il ne faut donc pas traîner. Au bout des couloirs, quelqu’un remarque que ça se passe plutôt vite et bien. En fait on y est restés jusqu’à 1 heure, avec à la fin un groupe réduit de moitié (Neox et Jack), et pas frais. Comme quoi le soigneur on le regrette. C’est qu’entre les serpents qui empoisonnent et les Ooze aux 11 HP qui attaquent à distance, il faut du temps pour en venir à bout. Et dans des combats relativement statiques comme ce soir, on se retrouve régulièrement avec 1 des 2 cartes que l’on joue à son tour qui ne fait pas grand chose d’utile (en général, une des cartes permet de combattre, l’autre de se déplacer, de soigner ou autre. Mais dans les mains de nos classes, on dispose de peu de cartes de soins). Une satisfaction quand même avec une bonne utilisation des éléments magiques, y compris en combo entre joueurs. Et Nicolas prend visiblement du plaisir à éprouver ses pouvoirs tous neufs.

Table 4, dite « Maquereaux à l’huile » : à 7 Wonders, Nicolas II, Vincent-2, Maël, et Victor, tous serrés à la table de marque comme dans une boîte de maquereaux, cédent finalement, à l’issue d’une longue cour, à une huile de Parties Civiles: Thibault.

Table 5, dite « Petite mort » : à Mythic battles François-René et Guillaume exécutent Mickaël et Jérôme. Leur victoire résulta de la petite mort d’un grand Dieu.

Table 6, dite « A poil » : de la table 2, votre serviteur s’éclipsa, remplacé par François-René pour Les Poilus, et les autres restèrent. Il n’est pas faux de dire que,  enchaînant victoire puis défaite, ils terminèrent à poil.

NDLC*: non, pas de Codenames ce soir-là, et ce n’est pas une coquille !
* Note de la claviste

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Séance de MARDI 10/04/2018 à St-Elivet

Le , à 12 h 15, le Titanic appareille de Southampton, avec à son bord 953 passagers et 889 membres d’équipage. On compte pas moins de quarante nationalités présentes à bord du navire. Lors de son départ, il manque de peu de heurter le paquebot City of New York amarré au quai 38. Les remous causés par les hélices du Titanic font rompre les amarres du City of New York, et ce dernier se rapproche rapidement du Titanic jusqu’à une distance de 2 mètres. Le commandant Edward Smith donne alors l’ordre de mettre les machines « arrière toute », ce qui a pour effet de repousser le New York. Le Titanic quitte enfin Southampton avec une heure de retard.

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A Lannion, 106 ans après, il y a eu un peu de retard dans les voiles et certaines tables ont achevé leur voyage au-delà du raisonnable. Mais tout le monde a rejoint son chez-soi.

Table 1, dite « Façon iceberg » : où, à Santiago, Xel excelle comme d’habitude à ce jeu plein d’alliances transitoires et de coups vicieux (et de cultures tropicales sous un soleil de plomb). Mais DocNico parvient à se faire oublier aussi bien qu’un iceberg, et, avec 86 PV, passe devant elle de 8 points, les trois autres  – Jean-Yves, Victor et Dom – finissant groupés autour de 64 PV.

Table 2, dite « Le port de l’angoisse » : à cette table de Brass, Julien-2, et Vincent-2  en redemandent, Olive ne cherche qu’à apprendre, et je sers de M.Loyal. Pas de problème de règle cette fois-ci, mais une carte qui semble s’être perdue quelque part. Ami joueur, si tu trouves une carte de Brass dans une boîte, sache que ses petites soeurs l’attendent avec impatience ! Moyennant ce léger contretemps, qui occasionna comptages et recomptages, la partie se déroula normalement mais lentement (trois heures bien tassées), certains ayant pris le temps de la réflexion. Au départ, Olive nous la joue façon Germinal en construisant coup sur coup quatre mines de charbon, qui prendront le temps de se retourner, sauf une de niveau 1 qui sautera en route. Cela lui occasionna un certain retard de revenus et de développement, et il culmina à 90. Vincent-2, qui termina sur une action glorieuse (construction d’un rail et d’un chantier naval au Nord-Ouest), atteignit le score de 111, un joli repunit. Votre serviteur, auteur d’une dernière action qui devait le faire vainqueur (également la construction d’un chantier naval), s’arrête à 137, magré de jolis scores en rails et canaux, coiffé donc par Julien-2, qui l’emporte avec 144 à la faveur d’une impressionante série de ventes de coton, dont l’une au port du marché extérieur qui manqua d’échouer d’un rien. L’angoisse n’eut pas le temps de le saisir, c’est la marque des grands.

Table 3, dite « Voyage au long cours » : à Puerto Rico il y avait Neox, et d’autres encore. L’un d’eux a achevé son voyage sans embages mais la liste des passagers ne nous est pas parvenue.

Table 4, dite « La mort vous va si bien » : dans le monde torve de Nosferatu, les vampires ont eu du mal à se manifester, et à l’inverse certains humains furent objet de méprise, trahis par leur tirage, à l’image de Xel qui reçut consécutivement uniquement des cartes de morsures, et ce deux tours de suite.

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Séance de MARDI 03/04/2018 à St-Elivet

Les traités du Cateau-Cambrésis signés les 2 et mirent un terme au conflit entre la France d’un côté, l’Espagne et le Saint-Empire romain germanique de l’autre. Le second est considéré comme le traité européen le plus important du XVIe siècle: ses accords sont restés en vigueur pendant plus d’un siècle. Il entraîne aussi une situation géopolitique nouvelle marquée par l’obligation de la France d’abandonner sa politique d’ingérence en Italie, marque la fin définitive des guerres d’Italie et le début de la prédominance espagnole en Europe. En faisant entrer l’Italie dans une longue période de stagnation économique et intellectuelle, il signe l’arrêt de la Renaissance italienne.

A Lannion, quelques siècles plus tad, on battait aussi en retraite, à l’image d’un de nos membres qui, pour l’occasion, régala la compagnie d’un pain surprise, de jus de pomme et de houblon fermenté.

Table 1, dite « Cent pour sang » : où votre modeste serviteur conduisit Cécile à L’auberge sanglante. Le sang coulait à flots, cela ne l’effraya point, et elle poussa le mimétisme à y scorer cent. Pour ma part, je sortis lesté de quarante neuf francs de plus.

Table 2, dite « Ceint teuton » : à cette table de Hansa Teutonica – un jeu qui fait un retour en force remarqué – Thibault en sort ceint teuton malgré une rude oppostion composée de Tristan, Alwen, Julien-2, et Vincent-2 .

Table 3, dite « Cent ans de solitude » : à Horreur à Arkam il y avait, seuls dans lRésultat de recherche d'images pour "horreur arkham"eur royaume, Neox et François-René, qui, tels deux plénipotentiaires, ont scellé un pacte victorieux. Autour d’eux, la terre tournait encore.

Table 4, dite « Un si petit monde » : dans le petit monde de Smallworld Nicolas II, Jérôme, Jean-Yves, Olivier et Guillaume conduisaient leur peuples. L’issue de ce combat de titans au pays des nains se révèle au fond un sujet si minuscule qu’on ne saurait en dire mot ici.

Table 5, dite « Victor le conquistador » : à Tzolk’in – le calendrier maya, si Cédric mit le temps à apprendre à cultiver son jardin de maïs, Xel et Doc Nico furent surpris de voir le candide Victor s’imposer en conquistador.

Table 6, dite « Claire obscure » : à cette table de Shadow hunters figuraient les survivants des tables précédentes, François-René, Julien-2, Tristan, Thibault, Vincent-2, Maïwen et Alwen. L’antépénultième de cette liste gagna une première partie et avait fort envie de remettre le couvert pour la seconde.

Table 7, dite « Reconquista » : à Ciao Dino, Xel se venge de son fiasco mexicain et ne fait qu’une bouchée de Jérôme et Nicolas II.

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Séance de VENDREDI 30/03/2018 à St-Elivet

Le lundi de Pâques 1282, au moment des Vêpres, une émeute éclate à Palerme, capitale du royaume de Sicile, fondé en 1130 par un aventurier normand, Roger II de Hauteville. Elle s’étend à la ville voisine de Corleone. La population s’en prend aux soldats français qui entourent le roi. Le massacre s’étire sur deux jours, les 30 et 31 mars, faisant 8000 victimes dans la garnison.

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L’événement est resté dans l’Histoire sous le nom de « Vêpres siciliennes », expression  encore utilisée pour désigner un soulèvement spontané et meurtrier contre une puissance occupante.

Manfred, lointain descendant des rois normands de Sicile, et bâtard de l’empereur allemand Frédéric II Hohenstaufen, se trouve impliqué dans les guerres entre guelfes et gibelins (partisans du pape et partisans de l’empereur d’Allemagne).

C’est ainsi qu’il entre en conflit avec son suzerain, le pape Clément IV, originaire de Provence, qui se tourne vers Charles 1er, comte d’Anjou et de Provence, frère cadet du puissant roi de France Louis IX (Saint Louis). Il lui propose les domaines des Hohenstaufen au sud de l’Italie en échange de son aide militaire. Le comte accepte et tue Manfred le 26 février 1266. C’est ainsi qu’une garnison française s’installe à Palerme, pendant que Charles reçoit le salaire promis: la couronne royale de Sicile.

Pénétré de l’idée de reprendre le combat contre les musulmans, il entraîne alors son frère dans une huitième et dernière croisade. Elle se terminera sous les murs de Tunis par la mort de Saint Louis. Charles n’en poursuit pas moins ses chimères, se fait octroyer les couronnes d’Albanie et de Jérusalem et, en 1267, obtient même la principauté d’Achaïe, dans le Péloponnèse, ce qui le pose en rival de l’empereur byzantin Michel VIII Paléologue. Celui-ci, dès lors, encourage les Siciliens à se révolter contre leur suzerain. Ambitieux et hardi, Charles veut gérer son nouveau royaume sur le modèle de la France capétienne, avec une administration centralisée et une fiscalité rigoureuse. Mais ses sujets italiens lui en veulent de les accabler d’impôts en vue de financer ses rêves d’Orient et de croisade.

L’émeute de Palerme consacre l’échec du royaume angevin. La Sicile passe sous la domination du roi Pierre III d’Aragon, gendre de Manfred, qui s’est empressé d’apporter son soutien aux révoltés. Le vaincu des « Vêpres siciliennes » est chassé de Sicile, malgré le soutien de son neveu, le roi de France Philippe III le Hardi. Ses héritiers se maintiendront jusqu’au début du XVe siècle.

A Lannion, quelques siècles plus tard, Neox règne toujours sur le royaume des Parties Civiles. Nulle révolte ne point à l’horizon pour le chasser de l’antique fauteuil de velours élimé qui lui sert de trône au palais d’Elivet, et pour cause: le Président soleil n’a pas augmenté la cotisation depuis des années, et on ne lui connaît pas d’autre projet de croisade que celui, pour l’heure putatif, d’investir la citadelle de Servel. Et aussi, il faut le dire, on l’aime bien ce Président qui ne compte pas ses heures pour repousser les frontières de notre univers ludique.

Table 1, dite « Soulèvement de masse » : depuis la cuisine, Dom nous offre une recension de Gloomhaven haletante comme un thriller :
« Maintenant que tout le monde est au niveau 3, retour à Gloomhaven Square pour retenter le scénario qui nous avait tenus en échec. Cette fois, compte tenu de l’étroitesse des lieux, on ne s’encombre pas de petits compagnons et malgré quelques tours sous-efficaces, on se gêne moins que la première fois. Les squelettes qui sont nos alliés résistent plus longtemps et nous sommes satisfaits de la façon dont nous nettoyons les deux premières salles. C’est arrivés dans la troisième, avec son lot d’archers et de gardes coriaces, que les choses se gâtent. Devant des collègues peu convaincus, voire alarmés, Dom enfile son manteau d’invisibilité, bondit par dessus les ennemis et les pièges et retombe sur la porte qui ouvre la dernière salle avec un boss à 44 PV. Il se place face à lui avec un regard de défi, se retourne… et s’aperçoit qu’il est un peu seul. Ceci à un moment où Jack sent qu’il ne va pas tarder à défaillir et Neox est bloqué par un garde belliqueux. Heureusement Julien repousse un garde sur une enfilade de deux pièges et libère le passage tout en éliminant le fâcheux. Jack rejoint les deux premiers en abattant au passage un archer d’élite. Chacun à sa façon « travaille la viande » du boss et Dom (ayant pu ouvrir le coffre tout en attaquant à distance) utilise ses dernière cartes en se préparant à mourir en héros (« mouais, il ne l’a pas volé, ce maso » entend-on). Quand soudain Neox apparaît dans l’encadrement de la porte et estourbit le boss d’un joli coup de dague empoisonnée. Comme on dit chez les sportifs, le collectif est bien là. »

http://www.vindjeu.eu/prd/wp-content/uploads/2015/01/904-Lords-of-X-1.jpgTable 2, dite « Grand seigneur » : à cette table de Lords of Xidit, on trouve deux jeunes et trois beaucoup moins jeunes, tous tendus vers le triple objectif de ce jeu au mécanisme classique mais au scoring original. Les récompenses obtenues pendant la partie sont en effet de 3 natures différentes (argent, renommée ou temples).  Et un premier joueur sera éliminé s’il a le moins de renommée.  Puis un second joueur sera éliminé suivant ses temples. Et la partie se jouera à l’argent, entre les 2 joueurs qui auront su éviter l’élimination suivant les 2 premiers critères.  Votre narrateur, mathématicien chevronné, s’impose en grand seigneur de cette joute calculatoire, suivi par Olive. Les jeunes, Axel et Victor, rendent les armes, précédant seulement Xel, première éliminée, dont la renommée ne s’est point étendue. Non, l’expérience n’est pas un peigne qu’on te donne le jour où tu deviens chauve.

Table 3, dite « Premier gibelin » : à Hansa Teutonica, Vincent-2 se ceint du titre de premier gibelin, dominant l’aréopage de prestige que composent ses vassaux, dans cet ordre: Tristan, Thibault et Thomas.

Table 4, dite « Mythe errant » : dans l’arène de Mythic battles, Erwan et Mickaël s’inclinent devant Guillaume et François-René. Le glaive de la victoire a longtemps erré, et, comme le dit le dernier, ça s’est joué à l’arrache, aux omphalos. Car Dieu ne joue pas aux dès, mais les créatures mythiques, si.

Table 5, dite « Chronique d’un meurtre annoncé » : Michal, dans le costume de Jack l’éventreur qui lui va si bien depuis le temps qu’il le porte, réussit à amener dans ses rets Maël, Cédric, et Xof, trois victimes innocentes parfaites pour le rôle de victime expiatoire à Lettres de Whitechapel.  Il s’en tirera une fois de plus, mais, nous dit-on, de justesse, et fut fort près d’être arrêté.

Table 6, dite « Office du soir » : mortifié par sa défaite, Tristan entraîne les protagonistes de la table 3 sur son terrain de chasse marine favori, Reef encounter – et pour y faire bonne mesure, y ajoute l’extension. Il s’y impose très largement, célébrant à sa manière les vêpres, office dont le nom vient du latin ecclésiastique vespera, qui désigne l’office divin que l’on célèbre le soir, lui-même une translittération du grec ἕσπερος (hésperos),  « coucher du Soleil ».

Table 7, dite « Le massacre des innocents » : à cette table de Codenames nous trouvons les Bleus (Olive, Axel, Xof, Mickaël, François-René et Neox – ce dernier en spectateur tardivement engagé mais qui sentit le bon coup et ne perdit pas l’occasion d’arrondir son palmarès), et les Rouges (Xel, VHS, Dom, Vincent-2, Victor, Maël).

  • Bleus 1-0: les Rouges, après un beau départ entre gibier et coquelicots, et confrontés à une grille introuvable, croient bien faire avec un Toupargel 2 (Bûche, Poste), et un Ichtyosaure 2 (Dinosaure, Palme) qui seront superbement ignorés. Rappelons ici que les ichtyosaures sont des vertébrés marins, parfois de très grande taille, qui ressemRésultat de recherche d'images pour "ichtyosaure"blent aux dauphins actuels. Comme eux, ils devaient venir respirer l’air atmosphérique à la surface des eaux. Ils ont vécu pendant une grande partie de l’ère Mésozoïque, et sont apparus il y a 250 millions d’années, légèrement avant les dinosaures, étaient particulièrement abondants pendant la période Jurassique et ont disparu avant l’extinction massive de la majorité des dinosaures, peut-être à cause de la concurrence d’autres lignées prédatrices marines.
    Quant à Toupargel, certes, il livre lui-même ses bûches glacées avec ses jolis camions et sans le concours de la poste, mais Codenames n’est pas un monde parfait, et le président lui-même reconnut que l’association de la livraison et de la poste était absolument irréfragable.
  • Bleus 2-0: les Rouges s’auto-détruisent à la faveur d’un Plan assassin, associé selon les cas, à Bateau ou à Donjon. On rappellera ici à Xel qu’on ne dit pas club bateau mais club nautique…
  • Bleus 3-0:  trouver deux fois de suite le mot assassin, c’est rare mais ça arrive, la preuve avec ce Noyau que nous associons innocemment à Fruit, erreur de débutant du maître-espion, tandis que les Bleus s’amusent à l’image du subtil Pharmacien 2 (Ordre, Crème).
  • Bleus 4-0: Les matines sonnent pour les Rouges, dominés par des Bleus inspirés par un Sable 3 (Banc, Eau, Manche) !
  • Bleus 5-0: les Rouges dégustent jusqu’au bout, malgré un troublant Eclaircir 3 (Témoin, Guide, Feu), pendant qu’en face un joli Tzolk’in 3 (Roue, Bois, Pion) fait le job.

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Séance de MARDI 27/03/2018 à St-Elivet

Il y a exactement 80 ans, Juan-Manuel Fangio disputait sa première course automobile. Malgré son palmRésultat de recherche d'images pour "fangio cartoon"arès et son talent, il a couru pendant toute sa carrière sans avoir le permis de conduire. Il ne l’a obtenu qu’en 1961, plusieurs années après sa retraite. Un paradoxe pour celui qui roulait plus souvent qu’à son tour à tombeau ouvert, expression qui s’applique parfaitement ici, puisque, 20 ans après sa mort, il fut exhumé de son caveau pour des tests ADN en vue de deux recherches en paternité. Les tests furent positifs. C’est dire que l’argentin, décidément, en avait sous la capote.

A Lannion, le mardi, c’est un peu la course pour occuper les places de parking disponibles. On en connaît même qui font le tour du quartier plus d’une fois avant de se garer…

Table 1, dite « La maison rouge » : Olive, Quentin, Jean-Yves et Xel débarquent (mais pas en Ferrari) à L’auberge sanglante, et, par deux fois c’est Xel, qui met tout le monde dehors.

Table 2, dite « Tombeau ouvert » : à cette table de Pandémie Contagion figuraient Baptiste, Dom, Victor et Cédric – au final, Dom finit juste devant Baptiste.

Table 3, dite « Méthode Ogino » : à Kingdomino nous retrouvons Cécile, Dom, Victor et Cédric. Victor l’emporte grâce à un marais juteux.

Table 4, dite « Train d’enfer » : j’ai l’honneur de faire découvrir ce grand classique qu’est Brass à mes camarades d’un soir, mais, dans la précipitation, j’oublie une règle importante (pour développer, il faut du fer) – qui ne sera dévoilée que tardivement dans la partie (oubli qui me causa d’ailleurs la perte d’une aciérie). De l’avis général, la table de marque n’en aurait pas été bouleversée, et il faut ici saluer la victoire brillante de Julien-2 (108), qui mena un train d’enfer tout du long, qu’on ne lui fera pas l’affront d’attribuer à la chance du débutant. Malgré quelques belles ventes en fin de partie, et un alignement de rails conséquent, j’échoue au port avec 103 (il me resta en effet un port non retourné), tandis que Vincent-2, avec 90, fit une erreur de débutant (ouvrir le marché extérieur sur sa deuxième action), qui lui coûta quelques ventes. Thibault (80), quant à lui, essaya beaucoup, mais joua de malchance, à l’exemple d’une vente inaboutie, et de sa dernière action qu’il ne put mener à bien à 1£ près.

Table 5, dite « Did Not Finish » : à Summoner wars il y avait Jérôme, François-René, Nicolas II et Olivier, pas mal de matériel, et de longues heures de joute avant de prononcer un verdict qui ne nous est pas parvenu: pour ce qui nous concerne, c’est donc un DNF, sauf si le forum s’y oppose.

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Séance de VENDREDI 23/03/2018 à St-Elivet

Le football, roi des jeux, a aussi son histoire, et ce 23 mars est l’occasion de revisiter deux des plus fameux derbys entre Lyon et Saint-Etienne, et de mesurer, à travers eux, l’évolution d’une société.

Le 23 mars 1969, à Gerland, a lieu un derby pas comme les autres: ce match est le premier à être retransmis à la télévision française. « Des matchs à la télévision en 1969, il n’y en avait pas. A cette époque, toutes les équipes étaient sponsorisées par Vittel. La télévision refusait de retransmettre cette publicité sur les maillots », précise Philippe Gastal, historien et conservateur du musée des Verts.

Pour répondre à la fois aux attentes de la télévision et des sponsors, le match n’a été diffusé qu’une seule mi-temps : « Les joueurs ont joué les 45 premières minutes avec leurs maillots Vittel. Ils se sont changés à la mi-temps pour jouer avec des maillots sans sponsor ! La télévision n’a donc retransmis que la deuxième période. Les téléspectateurs ont donc manqué le premier but de Salif Keita (13e). Ils ont tout de même vu deux buts: Hervé Revelli a marqué le but du break à l’heure de jeu et André Guy a réduit le score pour l’OL en fin de match. »

Pour la première fois en France, un match entre l'OL et l'ASSE est diffusé en direct par l'ORTF. Ce premier derby télévisé correspond à la plus faible affluence des derbys avec 7 625 spectateurs. / Photo d'archives Le Progrès

7 625 spectateurs : ce premier opus  télévisé correspond à la plus faible affluence des derbys. Ce match, commenté par le tout jeune Michel Drucker, n’a pas été une franche réussite avec une seule mi-temps diffusée et une affluence en berne.
Les clubs n’étaient pas très chauds pour retransmettre les matchs, prétextant que les stades seraient vides. Ce jour-là leur avait donné raison puisqu’il n’y a eu que 7 625 spectateurs alors que les derbys tournaient plutôt autour de 20 000 et 25 000 spectateurs de moyenne à cette époque. Mais la météo n’avait pas aidé non plus puisqu’il pleuvait des seaux d’eau ce jour-là.

Autre derby resté fameux, celui du 23 mars 1977, disputé dans des conditions dantesques. « Les stéphanois meilleurs nageurs C'est injouable et pourtant Rocheteau va marquer un deuxième but. / Photo d'archives Le Progrèsque les lyonnais » avait titré la presse au lendemain du match. Malgré les trombes d’eau qui s’abattent sur Gerland, l’arbitre de la rencontre, M. Wurtz, décide de maintenir la rencontre.
La pelouse est impraticable mais comme un symbole, 42 000 spectateurs sont présents pour assister au spectacle. C’est d’ailleurs en raison de la crainte d’éventuels débordements que le match est maintenu. Là aussi, les verts l’emporteront (2-0), Larqué ouvrant le score sur un coup de tête, son seul but de la tête de sa carrière, disent les historiens.

Un seul sponsor pour toutes les équipes, la télévision qui refuse de diffuser un match avec publicité sur les maillots des joueurs les obligeant à en changer, des spectateurs qui se pressent en masse malgré le déluge (dans des stades bien sûr non couverts) et refusent de plier bagage, et, last but not least, des voisins foréziens conquérants: tout a changé en un petit demi-siècle…. sauf l’insubmersible Michel Drucker, toujours en vue dans le paysage.

A Lannion, quelques années plus tard, de fameux derbies ont eu lieu sur les tables surchauffées de St-Elivet, où une grande marque de bière s’était invitée comme sponsor.

Table 1, dite « Changements de maillot » : Dom régale à Meuterer, un jeu tout petit où un équipage à la composition fluctuante navigue entre des îles, cherchant à y faire commerce de diverses denrées comme le sel, le vin, le tissu ou les rubis. A ce jeu original, plusieurs mécanismes se combinent: la conduite du navire, sous la direction du capitaine, une possible mutinerie (initiée par un mutin, le fameux Meuterer qui donne son nom au jeu, et un éventuel mousse complice), et enfin la vente des marchandises aux deux derniers ports visités, tout en gardant un œil sur les ventes possibles au port de destination, qui n’est qu’Résultat de recherche d'images pour "meuterer jeu"accessible au tour suivant. La partie prit un tour paisible, votre serviteur faisant office de capitaine au long cours avant de décider de changer de maillot et de se saborder, mais victime d’un tirage de cartes si défavorable qu’il ne réalisa pas une seule vente de la partie ! Relégué à l’étiage du tableau de marque (13 points), je vis des marchands plus chanceux et opportunistes (Franck: 28, Armand: 35) disputer en vain la victoire à Dom (38).

Table 2, dite « Feuille de score floue » : à cette table de Praetor on œuvra jusqu’au bout de la nuit, mais on ne prit pas la peine de compter les points avec précision. Si la feuille de score ressort singulièrement floue entre Tristan (400), Thibault (300), Doc Nico (200), et Olive (100), on peut penser que l’ordre d’arrivée est fidèle.

Table 3, dite « Dantesque » : Nicolas II, François-René, Xel, Jérôme, Sophie et Solène  composent la feuille de match de Room 25, où la cohorte des prisonniers se sortit d’affaire, laissant cependant pour morte Sophie, livrée dans une chambre isolée aux griffes de l’impitoyable Nicolas II, gardien sans pitié, sous l’oeil approbateur de Solène. Spectacle dantesque dont se délecta François-René dans une chambre voisine, avant de filer rejoindre ses camarades d’infortune.

Table 4, dite « Au nom de tous les chiens » : dans l’arène de Mythic battles, des gladiateurs, des bêtes curieuses telles les chiens des enfers, tout cela manœuvré par Mickaël, Guillaume, Paul junior, et Quantin, et qu’on aurait aimé voir commenté en direct par Michel Drucker. Au fait, vous aimez les chiens ?

Table 5, dite « Derby » : à l’écart du monde, dans le silence feutré, on n’entend que le bruit des mètres ruban coulisser pour déterminer les cibles des attaques de Warhammer 40 000 – encore une partie qui conduisit les joueurs jusqu’à point d’heure, et vit l’expérimenté Julien venu de sa lointaine contrée Paimpolaise damer le pion à Baptiste dans ce derby de la cinquième circonscription.

Table 6, dite « Une-deux » : délestée de Franck, la table 1 enchaîne sur Azul – encore une version maison d’un jeu honorablement connu et qui nous replonge dans le Portugal de la renaissance. Munis de truelles et de jolis azulejos, nous construisons des palais de toutes les couleurs, à l’horizontale, à la verticale et dans toutes les couleurs. Une partie que je m’adjugeai avec 81, sur un joli une-deux de fin de partie avec Armand (53), qui eut pour effet de priver Dom (73) d’une victoire qui lui tendait les bras.

Table 7, dite « Monstre édenté » :  Pour le premier match de la saison 1970, l’OGC Nice reçoit l’Olympique lyonnais. Titulaire, Domenech se voit confronté aux rapides attaquants niçois. Le meneur de jeu de Nice le dribble puis se fait sévèrement tacler par un joueur de l’équipe adverse, qui s’avère être Jean Baeza. Il se fracture le tibia et le péroné. Or Raymond Domenech, qui n’est alors qu’un jeune débutant, se voit attribuer la faute et se fait alors traiter de « boucher » par la presse à la suite d’une erreur des journalistes. Il décide pourtant de ne pas protester et se justifiera beaucoup plus tard : « Baeza et moi avions la même coupe de cheveux. Les journalistes nous ont confondus. Je n’ai rien fait pour les contredire. Je débutais, il me paraissait important que l’on parle de moi, en mal ou en bien. Il y avait une sorte de bravade, je suis alors entré dans mon personnage ». C’est ainsi que naît alors la réputation de « boucher », que Domenech traînera jusqu’à la fin de sa carrière de joueur, au point d’en devenir son surnom. À la suite de ce fait de jeu, il deviendra un joueur dur, capable de se battre sur tous les ballons, même les plus anodins, et surjouera cette réputation en se laissant pousser une moustache inhospitalière et des cheveux noir corbeau. A la table de Not alone, qui rassemblait les protagonistes de la table 3, il y avait aussi un monstre, mais il finit déconfit, n’ayant presque pas mordu. « Quelle tristesse » conclut François-René, qui en endossait le rôle.

Table 8, dite « Diluvienne » : la table 2 enchaîne son marathon en passant des colonnes romaines aux colonnes d’eau, par une plongée dans les eaux troubles d’Abyss, dont on ne verra sortir ni résultats ni lumière.

Table 9, dite « L’esprit d’équipe » : à cette table de Codenames nous trouvons les Bleus (VHS, Guillaume, Quentin, Maïwenn, Nicolas II – ce dernier plutôt en spectateur désengagé), et les Rouges (Xel, Jérôme, Dom, Mickaël, François-René) pour une partie où il valait mieux avoir l’esprit d’équipe pour comprendre ses partenaires.

  • Rouges 1-0: les Bleus s’égarent dans une Chambre (Porte, Suite, Carreau) qui dérape sur une robe inattendue, une Navigation mal maîtrisée (Route, Manche, Souris) incomprise, et finissent par un audacieux Gigot 4 (qui visait Bouche et Souris), tout aussi incompris, tandis que les Rouges déroulent, certes non sans talent, une grille plus facile, à l’image de l’inaugural Cardiologie 3 (Docteur, Veine, Pompe)
  • Rouges 2-0: le naufrage Bleu se poursuit avec les indices Epilation, Boulangerie, Militaire, et Aube, tous aussi énigmatiques pour l’équipe, à l’image de la Rivière associée à l’Aube (« les reflets de la rivière à l’aube, c’est joli »), ou de Eclat associé à Epilation (« des jambes bien lisses, ça brille »)
  • Rouges 2-1: on dissertera longuement dans le chaumières pour savoir comment les Rouges ont pu perdre cette manche, qui vit une remontada historique conclue par un très osé Multipède, sélectionnant Mouche et Mouton, mais ni Pigeon ni Poule !
  • Rouges 3-1: C’est le Berezina pour les Bleus avec un incroyable Chien 0 en fin de partie, qui offrit la victoire aux Rouges – qui n’en demandaient pas tant, s’égarant dans le Régime pour Privé, ou dans les Champs de Chanvre

Table 10, dite « Occultée » : pas de retransmission pour cette table, qui eut cependant lieu, et dont on débattait encore du thème au moment où s’éteignaient les projecteurs.

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Séance de MARDI 20/03/2018 à St-Elivet

Par une ordonnance du , Philippe VI de Valois généralise dans tout le royaume le sel, qui fait l’objet d’un monopole royal. Il est entreposé dans des greniers à sel, où la population l’achète taxé et en toute petite quantité. La gabelle représente, à l’époque moderne, environ 6 % des revenus royaux. Le sel fut longtemps le seul moyen de conserver les aliments et était donc un élément stratégique. Avec le sel, on fabriquait des salaisons et l’on séchait poissons et viandes douces. Il était également un composant nutritif indispensable pour le bétail. Sous l’Ancien Régime, utilisé comme monnaie d’échange, il possédait même une fonction de salaire, dont on retrouve le sens étymologique dans salarium en latin qui signifiait « ration de sel » puis, par extension, la pratique du traitement, du salaire à l’époque romaine.

D’origine romaine, cet impôt avait été repris dès le XIIe ou le XIIIe siècle par la royauté, qui s’était empressée d’accaparer à son profit le monopole et la vente de cette denrée. La gabelle figure parmi les taxes les plus impopulaires et a engendré une contrebande spécifique, celle des « faux-sauniers ». Le faux-saunier était un contrebandier qui allait acheter, par exemple en Bretagne, sur l’autre rive de la Vilaine, du sel qu’il revendait dans le Maine, après l’avoir fait passer en fraude sans payer la gabelle. Il encourait la condamnation aux galères s’il travaillait sans armes, la peine de mort s’il avait des armes.

Elle est également à l’origine de soulèvements populaires. En 1675, pendant la révolte des Bonnets rouges en Bretagne, déclenchée par des mesures fiscales sur le papier timbré, le tabac et la vaisselle d’étain, la simple évocation de la gabelle put mettre le feu aux poudres comme fin juillet 1675 au cours du pardon de Saint-Urlo. À l’inverse, la suppression de la gabelle, le , fut l’une des causes, selon Abel Hugo, de la chouannerie car elle réduisit à la misère plus de 2 000 familles qui ne vivaient que du commerce frauduleux du sel, à l’image du célèbre Jean Chouan.

A Lannion, quelques années plus tard, une joyeuse bande de contribuables allait au tripot sans payer son écot, profitant de l’absence du trésorier payeur général.

Table 1, dite « Bonnets rouges » : Olivier invite Jack à découvrir Shadespire, un jeu d’escarmouches, et ils se sont partagé en frères le gain de deux parties. Il ne leur manquait que les bonnets rouges.

Warhammer Underworlds: Shadespire

Table 2, dite « Salaire sans peine » : à cette table de Raiders of the North Sea nous trouvons Olive, Neox, Xel et Michal, le dernier nommé s’étant vu offrir la victoire – une version que contestera l’intéressé : toute peine mérite salaire.

Table 3, dite « Exonérée » : Vincent-2, François-René, Jean-Yves, Cédric, Thibault, Guillaume et Florian : un peu trop de monde à Room 25, mais c’était pourtant la seule table libre à l’heure où votre humble serviteur devait fixer son choix. Je m’en fis exfiltrer d’entrée de jeu, salutaire exonération pour permettre à Sophie et DocNico, arrivés impromptus, de faire de leur segment de droite un triangle (voir plus loin). Quant à cette partie, il semble qu’elle se solda par un nombre réduit de traitres, et une déconfiture générale dans la bonne humeur.

Table 4, dite « La belle et le gabelou » : intronisé maître de cérémonie à Alien Frontiers, je ne cessai d’être challengé par le jeux rugueux de Doc Nico, qui commença la partie par deux agressions de suite sur ma personne, ne cessa de contester des points de règles, et faisait décoller ses vaisseaux pour les reconstituer aussitôt à bas coût tel un gabelou de grande époque. Mais c’est sa belle qui, plus discrète, ressortit en vainqueur (9) d’une partie que je mis un point d’honneur à laisser se finir, terminant à 5, au grand désespoir de Nico (6) qui eût voulu que je la prolongeasse.

Table 5, dite « Jacquerie » : la soirée se poursuivit à l’éclate, un Time bomb rassemblant une grande tablée de chouans qu’on ne saurait citer ici in extenso sans déclencher jacquerie. De là, d’autres événements se produisirent dont aucun chroniqueur ne saura restituer le sel.

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Séance de MARDI 20/02/2018 à St-Elivet

Le dimanche 20 février 1944, sur le lac Tinn, dans le comté norvégien de Telemark, le ferry SF Hydro explose et sombre avec ses passagers et son chargement. Ce fait divers passe inaperçu dans un monde rempli des derniers rugissements de la Seconde Guerre mondiale. Ce n’en est pas moins le dernier épisode d’un long conflit entre services secrets alliés et militaires allemands, la « bataille de l’eau lourde ».

Dès avant la guerre, dans les années 1930, les scientifiques mettent au point le principe de la fission nucléaire, à l’origine de la bombe atomique : un premier noyau d’uranium, bombardé par un neutron, se casse ; il libère de l’énergie et deux neutrons qui, à leur tour, vont bombarder d’autres noyaux d’uranium… La réaction en chaîne génère une énergie considérable. Pour être efficace, la fission doit toutefois être ralentie par un « modérateur », du graphite ou de l’« eau lourde », ainsi appelée parce qu’il s’agit de molécules d’eau dans lesquelles les atomes d’hydrogène sont remplacés par un isotope, le deutérium, à la densité plus élevée.

Les Allemands travaillent comme les Américains sur la fission nucléaire ; ils ont fait le choix de l’eau lourde comme « ralentisseur ». Or, celle-ci est produite depuis 1935 dans une usine Norsk Hydro, à Vemork, en Norvège, à 120 kilomètres d’Oslo. C’est le seul lieu de production d’eau lourde en Europe. Dès lors, les Alliés ne vont avoir de cesse d’empêcher que les Allemands ne s’emparent de l’usine et de son précieux produit. Leurs services secrets, en collaboration avec les Norvégiens, vont lancer pas moins de cinq opérations différentes avant d’atteindre enfin leur but.

L’une d’elles sera racontée dans un film mêlant images d’archives et reconstruction des faits par les protagonistes eux-mêmes. Ce film en noir et blanc est très proche des événements réels, quasiment dépourvu d’effets spectaculaires et de pathos héroïque, à la différence du film hollywoodien en couleurs de 1965 Heroes of Telemark tourné par Anthony Mann, qui traite du même épisode de la guerre secrète.

74 ans après, de sombres batailles faisaient rage à Parties Civiles.

Table 1, dite « Laissée pour morte » : revenu de Gloomhaven, Dom raconte : « Retour en ville pour les 4 sombres héros qui, après avoir enchaîné les réussites, piaffent d’exprimer leurs pouvoirs et se voient déjà au niveau 3. Avec le scénario « Gloomhaven Square A », nous retrouvons les intrigues de la ville au point d’être mêlés à un putsch. Nous devons parcourir une enfilade de salles pour arriver à un boss à occire. Nouveauté, des morts-vivants -pas forcément très costauds ou efficaces- se retrouvent à combattre à nos côtés. La configuration des lieux nous gêne au point que nous gâchons plusieurs fois nos actions faute d’une bonne coordination de nos déplacements. La troisième salle se révèle coriace,  avec en particulier une pluie de flèches qui vient soustraire nombre de PV. Et encore une fois, la mobilité nous manque. Deux des quatre personnages réussissent à pénétrer dans le dernier réduit et confrontent le boss, mais sont épuisés avant d’en être venus à bout. Une citation  particulière pour le Inox Brute coriace de Julien, plusieurs fois laissé pour mort mais plusieurs fois revenu prendre sa place dans la mêlée. La mission est un échec, nous ressortons les poches quasi vides et ce se sera l’occasion de réfléchir à mieux choisir notre main de cartes et notre équipement avant la seconde tentative. »

Table 2, dite « A l’allemande » : exhumée de l’armoire, la boîte de Hansa Teutonica mit le temps à rêvéler ses règles et secrets. Quand il fut enfin l’heure de jouer, la table se scinda en deux camps: ceux qui avaient compris le premier mouvement à faire, et les autres, qui coururent toute la partie à la recherche d’actions supplémentaires. Un bon jeu de développement de compétences, allié à de la conquête territoriale, que Vincent II domina à l’allemande, version Panzer (49), écrasant une concurrence composée de Julien III (30), Cécile (29), et votre narrateur (19), qui portera réclamation sur une manoeuvre adverse litigieuse (pièce remise plusieurs coups après avoir été jouée), qui obtura sans l’ombre d’un doute le chemin d’une victoire qui lui était promise (oui, allons-y gaiement, la loi sur les fake news est encore en gestation).

Table 3, dite « Double explosion » : double explosion à cette table de Conan, une petite de François-René, et une plus violente de Guillaume, qui ont donc tous deux et successivement explosé en vol. Olivier et Doc Nico sortent intacts de cette réaction en chaîne.

Table 4, dite « De l’énergie et deux neutrons » : Munie de toute l’énergie que procure l’épi de maïs, à Tzolk’in – Le calendrier maya, Xel s’impose sans difficulté, Camille et Olive jouant le rôle d’agents neutres dans un processus plus biologique que chimique.

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Après-midi goûter participatif DIMANCHE 18/02/2018 à Servel

C’est un dimanche gris, mais on sort. C’était coché de longue date. Plaisir de la découverte furtive, presque sans quitter son chez soi: on réalise qu’on n’était jamais venu ici. Pourtant, passée l’imposante église, elle se découvre en majesté. Oui, la maison de quartier de Servel se fond dans le paysage, mais elle est résolument contemporaine – en même temps comme ça se dit aujourd’hui. On entre, tout de suite les rires, l’odeur du café chaud, les gâteaux moelleux qui vous font de l’oeil. Il y a des enfants qui courrent, explorent l’espace. C’est grand, moderne, tout neuf – on n’est pas habitué. On joue à s’y perdre, mais bientôt, tout le monde se retrouve dans la grande salle. Il faut deux longues tables pour accueillir toutes les boîtes. Doucement, les tables s’organisent. On découvre de nouveaux jeux, on fait partager les siens. Il y a les figures familières, celles qu’on connaît moins, ceux qui sont venus s’encanailler avec les enfants, un prétexte. La salle est vaste, on n’entend pas trop le bruit, on ne fait pas attention au dehors. Puis soudain, on lève la tête, la salle s’est vidée à moitié. C’est l’heure, on ne va pas finir la partie. Le temps s’est étiré comme une première gorgée de bière qui aurait coulé tout l’après-midi. Maintenant il pleut dehors, on n’avait pas vu. Bien sûr, on reviendra.