Séance de MARDI 06/02/2018 à St-Elivet

Le 6 février 1637, dans les tavernes d’Amsterdam et Harlem, villes opulentes des Provinces-Unies, des négociants se retrouvent comme à l’habitude pour acheter et vendre des tulipes. Il ne s’agit que de promesses de ventes car les bulbes ne seront disponibles qu’au printemps. Mais voilà qu’en rupture avec les semaines précédentes, les acheteurs se font réticents. Les cours, qui avaient atteint des sommets faramineux dans les mois précédents, entament une tout aussi vertigineuse plongée.

À partir de la fin du XVIe siècle, le nord de l’Europe voit se développer un engouement extraordinaire pour les fleurs en général et les tulipes en particulier. Les bulbes les plus recherchés s’échangent pour plusieurs milliers de florins, alors qu’un ouvrier spécialisé gagne environ 150 florins par an. On se met à acheter des parts de bulbe d’autant plus facilement qu’on ne règle pas comptant mais à terme : on s’engage dès l’hiver à acheter en été – au moment où il pourra être transplanté -, tel ou tel bulbe, avec l’espoir de le revendre soi-même avec profit.

Le problème est qu’au bout d’un moment, non seulement le prix des tulipes devient anormalement élevé, mais aussi le nombre de tulipes vendu à terme devient supérieur au nombre de tulipes réellement produit, à tel point que les Néerlandais ont qualifié la spéculation sur les contrats à terme de Windhandel, ce qui se traduit littéralement par « commerce du vent« . Ainsi, en février 1637, la chute des cours est aussi subite que brutale. Charles Mackay, écrivain et journaliste britannique qui analysa la tulipomanie, affirme dans son ouvrage publié en 1841 Extraordinary Popular Delusions and the Madness of Crowds qu’en 1635, 40 bulbes de tulipes s’achetaient 100 000 florins. Sachant qu’un florin est à peu près équivalent à 10 euros d’aujourd’hui, cela signifie qu’un bulbe de tulipe valait 25 000 euros.

Résultat de recherche d'images pour "tulipes koons"Un projet discuté à l’automne 1636 et soumis au Parlement l’année suivante prévoit que les contrats n’incluront plus une obligation d’achat, mais ne seront que des options. C’est une aubaine pour les spéculateurs, qui affluent sur le marché… jusqu’à ce jour de février 1637 où les cours s’effondrent brusquement. Mackay raconte l’histoire d’un marin anglais qui, ayant confondu un bulbe de tulipe avec un bulbe d’oignon, le mangea au cours d’un repas, et fut envoyé en prison plusieurs mois pour cette félonie.

En février 1637, les prix étaient si élevés que la demande chuta soudainement et entraina avec elle l’effondrement des prix. Mais avec les contrats à terme, des engagements pris devaient être honorés (tous ne le seront pas), ce qui provoqua la ruine de nombreux spéculateurs et la richesse de quelques autres. En effet, ceux qui achetèrent des tulipes en février 1637 au prix du marché (très bas) et les revendirent au prix conclu avant l’éclatement de la bulle (élevé) s’enrichirent. Les autres, qui durent acheter des tulipes à un prix exorbitant, se retrouvèrent avec un stock de tulipes ne valant presque plus rien, ou, en situation d’insolvabilité, ne purent honorer leurs engagements.

A Lannion, 381 ans plus tard, alors que la bourse s’effondrait, et que la mairie de Paris s’interrogeait sur le sort d’un bouquet de tulipes qu’on voudrait lui « offrir » à prix d’or, il fut aussi question de marchés à terme: on y inaugura en effet un excellent jeu issu d’un kick starter, et un proto-Frank de jeu compétitif style D&D où chaque carte peut être utilisée soit pour un déplacement soit pour son pouvoir – mais oui, comme à Gloomhaven nous souffle Dom !

Table 1, dite « Règlements différés » : à l’invitation de Julien-de-Paimpol, nous découvrons donc en première exclusivité le récemment incubé Rising sun, qui reproduit avec fidélité les conditions de  l’âge Edo. On y construit des temples, on eRésultat de recherche d'images pour "rising sun jeu figurine"nvoie des soldats, des moines, on y combat aussi, mais, surtout, on influence ces combats avec de l’argent et un système d’enchères cachées qui pimente les relations entre clans et qui fait de ce jeu un hybride étrange entre le combat militaire et le marché à terme. Une autre originalité du jeu est le système d’alliances, au début de chaque ère, alliances que l’on peut évidemment trahir, ce qui en général se paie à tempérament par règlement de comptes différé. Des mécanismes originaux, un sysRésultat de recherche d'images pour "rising sun jeu"tème de jeu interactif, de magnifiques pièces: tout invite au voyage et à la découverte au pays du soleil levant. Dans cette partie où plusieurs joueurs occupèrent un rôle à contre emploi, à l’exemple de Neox-la-libellule ou de votre-serviteur-la-tortue, j’eus la malchance de tirer des actions impossibles – à l’image des deux trahisons que je commis en début et fin d’automne (d’autant plus original que pour la deuxième, j’étais donc déjà célibataire), mais terminai à ma surprise en numéro 2 avec 40, grâce à une stratégie de conquête maîtrisée. C’est Doc Nico qui l’emporte avec 45, talonné par Tristan (39), François-René (36), Julien (31) et Neox (30).

Table 2, dite « Ivresse des cimes » : à Viticulture, (Essential Edition, mais sans l’extension Tuscany), échappant à la froide et humide grisaille locale, Xel, Thibault, Baptiste, Yvan et Dom partent s’installer comme viticulteurs quelque part en Italie. Ici ce n’est pas le plus riche qui gagne mais celui qui a su gagner des PV en vendant sa production (après avoir planté ses cépages, vendangé et vinifié) ou à travers les multiples possibilités offertes par les cartes qui tournent rapidement en main. Quatre participants repartent avec la gueule de bois, ayant vu Dom s’échapper sans pouvoir être rattrapé (21 PV contre 5 à 11 pour les poursuivants).

Table 3, dite « Violettes surcotées » : un groupe reconfiguré (Xel, Thibault, Vincent-2 et Dom) dispute ensuite une partie de Azul (dans sa version, hum, minimalistement dépouillée). Dom l’emporte tandis que Thibault peste contre un lot de 8 tuiles violettes récupérées bien malgré lui à la fin d’une manche et dont les -11 PV l’ont plombé sérieusement.

Table 4, dite « Bulbes hypertrophiés » : à Olympos, rassemblait N2, J3 et Guillaume. Julien a gagné, mais on a entendu Nicolas, plein de sous-entendus, lui dire qu’il ne faut pas trop lui chatouiller le bulbe.

Table 5, dite « Multicolore » : et on finit la soirée à Camelot comme à l’armée – en levant les couleurs.

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Séance de MARDI 02/01/2018 à St-Elivet

Le 2 janvier 1960 disparaissait Fausto Coppi, l’un des plus grands coureurs cyclistes, d’une crise aiguë de paludisme.

Table 1, dite « Peloton » : rien de tel qu’un petit tour à vélo pour s’échauffer et se remettre en condition après les fêtes. Ainsi on retrouve autour de Flamme Rouge : François-René, Jonathan (dont on salue le retour, mais qui ne pourra assouvir sa fringale de cubes), Guillaume, Julien-de-Lannion et Ulrich. Il a été difficile d’obtenir des précisions sur le profil du tracé de l’étape mais personne n’a contesté que Jonathan l’a emporté au sprint.

Table 2, dite « La bomba » : Coppi a reconnu s’être dopé aux amphétamines et, si on remonte aux premières décennies du XXe siècle, la consommation de divers cocktails alcoolisés était commune dans le peloton. Ce soir, certains (Xel, Neox, Cécile et VHN) avaient de la place pour un dernier verre et se sont lancés dans Viticulture, jeu poids-moyen de placement d’ouvrier avec une couche d’imprévus et de combos amenée par des cartes. Dom finit juste devant Xel et Neox, Cécile suivant. Mais reconnaissons que, pour des causes internes (décisions longues) et externes (interruptions intempestives), la partie (2h45 règles incluses) a plus duré que nécessaire. Vu que c’est l’époque des bonnes résolutions, notons qu’on pourra sûrement faire mieux en 2018.

Table 3, dite « The dark side » : depuis les années 1980, la professionnalisation et l’argent investi dans le cyclisme ont amené une succession apparemment sans fin de scandales. Après une recomposition de la table 1 (Ulrich en moins et DocNico en plus), ils mettent la main dans l’armoire sur Corruption. Le jeu n’a pas totalement convaincu et l’on retiendra que Jonathan l’a emporté avec un sérieux coup de pouce de Guillaume.

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Séance de MARDI 12/12/2017 à St-Elivet

Le 12 décembre 1901, le physicien italien Guglielmo Marconi réalise la première transmission radio au-dessus de l’océan Atlantique, entre son laboratoire de Poldhu, dans les Cornouailles anglaises, et Saint-Jean-de-Terre-Neuve. D’abord appelée « télégraphie sans fil » (TSF), la radio naît sous la forme de trois petits signes brefs désignant en morse la lettre S. Le succès de Marconi a été rendu possible par les recherches d’Édouard Branly, brillant scientifique et médecin français, professeur à l’Institut catholique de Paris, qui a découvert dix ans plus tôt le principe de la radioconduction. Mais l’invention de la radio, qui vaudra à Marconi le prix Nobel de physique en 1909, est aujourd’hui plus volontiers attribuée à Nikola Tesla, physicien génial mais moins habile en affaires, qui aurait déposé les brevets correspondants en 1900.

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116 ans après, de nouvelles technologies de communication sont apparues, et Lannion a été en pointe sur nombre d’entre elles, notamment l’ATM, protocole en devenir perpétuel et qui, aujourd’hui, nous semble presque autant d’actualité que la TSF.

Table 1, dite « Triangulée » : Neox présente Viticulture et sa table se remplit aussi vite qu’une chope à la fête de la bière. C’est en fait un jeu de placement d’ouvriers, qui vont planter des cépages, récolter le raisin, le faire vieillir, tout comme dans les bonnes maisons. Mais des six oenologues à bord, deux débarquent aussitôt: Cécile, à qui l’explication des règles a fait l’effet d’un cubi en intaveineuse, et votre modeste serviteur qui, chevaleresque, porte secours à deux joueurs égarés et crée la table 2.
Cette table donnera un résultat déroutant, voyant trois joueurs à 21: Neox, Xophe et Thibault (ce dernier vainqueur aux livres, car si à ce jeu on produit des crus italiens, on paie en monnaie anglaise), et Xel à 18, pourtant la seule à pouvoir revendiquer une compétence du domaine.

Table 2, dite « Par GPS » : à cette table de P.I. on démarra fort tard, la faute à des coups de fils urgents, et votre modeste narrateur, tout propriétaire du jeu qu’il fut, enregistra un échec cuisant, étant à chaque fois dernier sur les trois manches, pour un score de 9, qu’aucune erreur n’entacha cependant. Un réglage de GPS s’impose pour notre détective en herbe. A l’inverse, François-René réussit l’exploit de faire le score parfait de 21. Doc Nico, 19, et Sophie, 17, se sont partagé les honneurs.

Table 3, dite « Par satellite » : à Alien Frontiers Nicolas II décolla, colonisa, et atteignit au final le septième ciel, laissant dans son sillage Baptiste, Ivan et Guillaume. On n’en saura pas plus car ils étaient enfermés dans une cage de Faraday.

Table 4, dite « La fibre optique » : à Hanabi les joueurs (Thibault, Xel, Nicolas II, Guillaume et Doc Nico) avaient la fibre très optique pour repérer toutes les couleurs de l’artifice, et parviennent au score de 20, ce qui est une prestation, dit le manuel « Excellente, ravit la foule » !

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