Séance de VENDREDI 17/09/2021 à Servel

Le premier débat officiel sur la peine de mort en France (et le tout premier débat parlementaire au monde sur la question) date du 30 mai 1791, avec la présentation d’un projet de loi visant à l’abolir. Son rapporteur est soutenu notamment par  Robespierre. Cependant, l’Assemblée nationale constituante, promulgue une loi le 6 octobre maintenant la peine de mort en supprimant la torture préalable et uniformisant la méthode d’exécution: le privilège d’être décapité qui était réservé à la noblesse est démocratisé. Selon l’article 3 du Code pénal de 1791, qui classe la peine de mort parmi les peines afflictives et infamantes, « Tout condamné [à mort] aura la tête tranchée ». Cette célèbre phrase restera dans l’article 12 du Code pénal français jusqu’à l’abolition. Le chemin aura été long.  Quand le 17 septembre 1981, Robert Badinter présente le projet de loi à l’Assemblée nationale, la France devient le 36e État du monde à abolir la peine de mort, et l’un des derniers pays d’Europe occidentale avec la Suisse et son Code pénal militaire, la Belgique et le Royaume-Uni.

40 ans après, à Lannion, c’était l’affluence des grands jours (23 joueurs !), et aucune peine infamante ne leur fut infligée, si l’on oublie bien sûr le passage à la case cotisation, d’ailleurs notre trésorier était là, à une semaine de l’AG (une coïncidence, sûrement).

Table 1, dite « Mort à l’arrivée » : Aurore s’impose à Parks CR en cours

Table 2, dite « Erreur judiciaire » : Mickaël, Paul, Adriane et Olivier B. s’attablent autour de Warhammer Quest: la cité maudite. Games Workshop propose ici un jeu de figurines d’une grande beauté mais, pour ce qui est des règles, on se retrouve devant un porte/monstre/trésor en coop plutôt basique, malgré quelques bonnes idées, comme la gestion des dés d’action (on jette 4 dés en début de tour qui vont dicter les actions possibles). En cinq mots: un dungeon crawler old school. Quant à nos aventuriers du soir, ils n’avaient rien compris aux règles, selon leurs propres déclarations, mais ont quand même écrasé les méchants. Après relecture, les vraies règles étaient moins bien, comme quoi parfois la fiction dépasse la réalité.

Table 3, dite « Trois morts sur ordonnance » : Julien, dont on salue le retour sur nos tables, se fait livreur et apporte d’imposants cartons de boîtes de jeu kickstartées pour inaugurer Horizon Zero Dawn. Désignés pour participer à une chasse dangereuse par la prestigieuse Loge des Chasseurs, les joueurs embarquent pour une aventure dans les contrées sauvages où ils incarneront des chasseurs de différentes classes et tribus. Inspiré du jeu vidéo éponyme à succès, le jeu de plateau a tenu en haleine nos amis une bonne partie de la nuit et le résultat était inconnu à l’heure du bouclage.

Table 4, dite « Peine capitale » : Séduits par le pitch de Nicolas II (un jeu d’optimisation, dit-il), François et Xof embarquent pour Otys. Au milieu du 22e siècle, après 300 ans d’inconscience, la montée des eaux engloutit les dernières terres émergées. Pour survivre, les colonies de rescapés doivent demeurer au-dessus du niveau de la Mer et récupérer les débris des civilisations passées dans les profondeurs. Le futur d’Otys construit ainsi grâce aux explorateurs du passé. A l’examen, le jeu relève plus de la combinatoire à haute dose que de l’optimisation. Il faut régler très finement les mouvements et les actions de ses plongeurs, regarder ce que font les autres, parfois les laisser sous la mer en apnée, tout cela pour remplir des contrats et gagner de la notoriété. La peine capitale aura-t-elle lieu pour l’humanité ? Rendez-vous dans 130 ans pour en juger, mais pour ce qui est du court terme, au final, c’est Nicolas qui s’impose avec 18, devant Xof, 12, et François, 11.

Table 5, dite « Vivre et laisser mourir » : les classiques reviennent en force à Parties Civiles, et à Battlestar Galactica les humains (F.-R., Guillaume, Frank) s’imposent « à l’aise » et laissent aux cylons (Jean, Olivier L) le silence de l’éternel.

Table 6, dite « Colombarium » : à cette table de Wingspan Fred a pris son envol, devançant Vincent et Samuel, et gagne le droit de réserver sa place au colombarium.

Table 7, dite « Remise de peine » : Encore un jeu populaire ces derniers temps, Dig your way out voit un final serré où Aurore finit par s’évader devant Xel et Baptiste.

Table 8, dite « Quatre à quatre » : C’est définitivement la soirée des classiques puisque le traditionnel Codenames ponctue la fin de soirée. Les équipes s’étoffent au fil des manches et des tables qui se terminent, et en fin de compte, on recense pas moins de 11 joueurs Bleus (Dom, Nicolas II, Xof, Jean, F.-R.) et Rouges (François, Samuel, Fred, Guillaume, Vincent et Paul).

  • Rouges 1-0: menés et incapables de rattacher l’indice Hénin à autre chose que Justine ou Beaumont (alors qu’il s’agit d’une coiffe féminine conique très élevée et surmontée d’un voile flottant à son sommet, à la mode en Europe au 15 e siècle), Vincent, François Paul et les autres réussissent l’exploit de s’adjuger cette manche en trouvant 4 mots sur le dernier coup, qui était Col, qu’il fallait, une fois le Sommet trouvé, associer à Fraise et Tissu, et non pas, dans une improbable association d’idées, à Dent et Corne ! La connexion Vincent-François atteignit un pic digne de la 5G sur cette manche !
  • Rouges 2-0 : les Rouges plient le match avec un départ canon sur Eau 4 (Moulin, Goutte, Cours, Courant), profitant d’une erreur stratégique du maître espion adverse qui avait dévoilé le gênant Rivière !
  • Rouges 2-1: les Bleus sauvent l’honneur sur un joli Noir 4 (Pot, Peau, Film, Trou) !

Nota bene: Ce blog de Parties Civiles relate les tables depuis le 17 août 2021, suite à une redirection de notre URL indépendante de notre volonté. Pour les tables antérieures, du 3 juin 2008 au 6 août 2021, visitez l’ancien site, ici.

Séance de MARDI 14/09/2021 à Servel

Le grand poète du moyen-âge Dante joua un rôle très actif dans la vie politique de Florence. Dans les troubles qui agitent la péninsule italienne dans les années 1300, et l’opposition historique entre guelfes et gibelins, Dante est un guelfe ardent et devient un des magistrats suprêmes de l’exécutif. Mais les guelfes, qui dominent à Florence, se sont divisés en deux factions : les Noirs, favorables à la politique papale, et les Blancs, partisans d’une plus grande autonomie de la ville. En 1300, le pape Boniface VIII revendique le vicariat impérial sur les communes toscanes.

Dante Cartoon Stock Illustrations – 22 Dante Cartoon Stock Illustrations, Vectors & Clipart - DreamstimeÀ partir de ce moment-là, Dante s’engage de plus en plus fermement du côté des guelfes blancs, contre la politique d’ingérence du pape. En octobre 1301, membre du Conseil des cents, il se rend à Rome pour tenter une ultime démarche de conciliation. Pendant ce temps, le représentant du pape se rend à Florence et s’empare de la ville avec l’aide des guelfes noirs triomphants. Dante apprend sur le chemin du retour qu’il est condamné pour concussion, gains illicites et insoumission au pape. Il sera condamné au bûcher, tous ses biens confisqués. Exilé avec d’autres guelfes blancs, il ne reviendra jamais à Florence.

Dans les premiers temps de l’exil, Dante songe à assiéger la ville, aux côtés d’autres exilés guelfes blancs ou gibelins. Mais il y renonce bientôt et se met à errer de ville en ville, luttant contre la misère, cherchant protection auprès des cours de l’Italie du nord. Il s’arrête finalement à Ravenne et y meurt de la malaria dans la nuit du13 au 14 septembre 1321 après de vains efforts pour rentrer dans sa patrie. Encore aujourd’hui, les Florentins voudraient récupérer son corps pour le placer dans un sarcophage prévu dans son cénotaphe de la nef de la basilique Santa Croce de Florence, mais Ravenne refuse de restituer à cette ville les restes d’un personnage qu’elle a banni.

7 siècles après, se jouaient à Lannion un sombre drame et des divines comédies.

Table 1Acheter Quartermaster avec Ext. l'Aéronavale - Jeux de société - As..., dite « Italie éternelle » : à Quartermasters, on rejoue la deuxième guerre mondiale entre deux équipes. L’axe (Italie: François, Allemagne: Nicolas II, Japon: Vincent) s’oppose ainsi aux alliés (Russie: F.-R., USA: Camille, Angleterre: Xel), dans une sourde lutte entre occupation de territoires, batailles, manœuvres comme la guerre économique et ripostes. Après un départ canon, les alliés s’approchent dangereusement de la victoire après quelques conquêtes éclair des Russes et une expansion maîtrisée des Américains. L’Angleterre veut participer à la fête et s’aventure en Afrique, juste après une double incursion italienne. Erreur fatale: la perfide Albion est chassée, et son navire isolé, perdu. Privée du contrôle de la Méditerranée, l’Angleterre ne s’aventurera plus qu’au Nord de la carte dans des eaux aussi poissonneuses qu’improbables. C’est la fin du début, et, pour les alliés, le début de la fin.

Car, alors, le combat change d’âme. L’Italie triomphante enchaîne les conquêtes et les lucratifs bonus, occupant l’Inde, l’Afrique, et les mers tout au sud du globe. Stratégiquement, elle place une riposte qui se révèle payante quelques tours plus tard, l’Angleterre échouant dans une guerre économique. Elle bénéficie du précieux soutien des Allemands pour défendre Rome, et des Japonais qui empêchent les américains de s’aventurer au Sichuan, et engrange les points: 7, 8, 9 et jusqu’à 10 points italiens par tour sont de trop pour un axe dont les membres ne se seront jamais rejoints.

Table 2, dite « Primus inter pares » : dans le jeu Valeria : le Royaume, vous incarnez le rôle d’un Duc ou d’une Duchesse cherchant à défendre le royaume et à bâtir la plus influente cité, sans oublier de terrasser des Monstres, recruter des Citoyens et étendre votre Domaine. A cette table, Justine et Thibault font leur grand retour, bronzés comme jamais, et Lucas régale de sa bonne humeur. Mais le purgatoire est promis aux premiers, l’enfer au second, et c’est Neox qui accède au paradis. Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.

Table 3, dite « La lettre volée » : Detective Club, qui fait souvent office de digestif ludique ces temps-ci, réunit les protagonistes de la table 1. Une partie en forme de Tsar Academy pour Nicolas II, qui s’impose au bout d’une joyeuse équipée, et qui aura vu un tour curieux: l’indice épistolaire fut figuré correctement par deux détectives qui disposaient de l’indice sans en connaître le sens, alors que le voleur de rêves (François), qui l’ignorait, misait sur des nuages et des vagues. Ce dernier trompa son monde en prétextant que la composition balnéaire qu’il avait choisie figurait l’Écume des jours, ouvrage où, comme chacun sait, le personnage de Chick se ruine pour acheter les œuvres du philosophe Jean-Sol Partre, parmi lesquels La Lettre et le Néon !

 

Séance de VENDREDI 10/09/2021 à Servel

Le 10 septembre 1915, Maurice et Jeanne Maréchal publient le premier numéro du Canard Enchaîné (son titre fait allusion à un autre journal contestataire, L’Homme enchaîné de Clemenceau). Appelé à devenir une institution de réputation mondiale, le journal satirique naît pendant la Première Guerre mondiale, avec la volonté de dénoncer la censure, la propagande, les mensonges et le « bourrage de crâne », selon une formule popularisée par Albert Londres en 1914. Sa sortie ne va pas sans difficultés, l’hebdomadaire interrompant sa parution dès le cinquième numéro avant de la reprendre l’année suivante. 106 ans après, il a su résister à toutes les crises, et porte haut sa fierté de journal indépendant uniquement financé par son lectorat.

A Partes Civiles aussi, on subsiste par les généreuses cotisations de ses gentils membres, d’ailleurs c’est l’époque de les renouveler à l’approche de l’Assemblée Générale (message subliminal auto-publicitaire). Et ça tombe bien, les adeptes augmentent au fur et à mesure des progrès vaccinaux.

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Table 1, dite « Bourrage de crânes » : à cette table de Dune, il faut avoir du temps devant soi pour préparer les combats, l’incessante quête des épices, résoudre les batailles, négocier ses alliances, et, surtout, faire des enchères, on y reviendra. Le jeu s’inspire évidemment du livre éponyme dont il reprend les peuplades et leurs traits de caractères, ce qui lui donne un côté très immersif. Après un départ sanglant, l’Empire de François, forcé de débarquer en masse car seul peuple absent sur la planète, convoite une citadelle dont il est expulsé avec fracas. Ses autres tentatives sont tout aussi infructueuses, la faute à l’incompréhension d’un point de règles, et il faut s’y résoudre: ses forces viriles doivent faire alliance avec la féminité toute en intuition des Bene Gesserit de Vincent. Hélas, ce mariage se révèlera un marché de dupes, l’Empire ne pouvant apporter les largesses de ses finances à cause d’une erreur de règles manifeste (limitation à une enchère par joueur, ce qui rend l’exercice absurde et le produit des enchères, qui revient à l’Empire, misérable), et devant même fréquemment, honte suprême, solliciter l’aumône du C.H.O.M. En mirroir, dans la partie adverse, les qualités de voyantes des Révérendes mères furent utilisés à profusion, au point qu’on peine à se souvenir du moindre débarquement d’un peuple qui, à force d’être observateur partout, ne fut acteur nulle part. Un peu plus loin sur la droite, les Atréides de François-René avaient conclu l’affaire avec les redoutables Harkonnen de Maïwenn. Dominateurs, notamment grâce au pouvoir des premiers de regarder par avance les cartes Traîtrise mises aux enchères, pouvoir renforcé par l’erreur de règle susmentionnée, et par les capacités hors norme des seconds, ils se sont adjugé la conquête de quatre citadelles, scellant leur victoire. Les Fremen de Xel, eux aussi, levèrent une réclamation, la règle étendue qui divise par deux les capacités des troupes (et que l’on peut augmenter par des épices) n’ayant pas été jouée, ce qui les priva d’un de leurs points forts. Ils firent alliance avec la guilde, emmenée par Camille, et qui, ramassant scrupuleusement chaque coût de débarquement, nageait dans l’opulence épicée, mais fit de malheureux combats. Après plusieurs heures de lutte frontale, les déserts et montagne ayant été peu utilisés, et donc les combats fréquents, on quitta les rues de citadelles baignées de sang en se disant que, avec les bonnes règles et une plus patiente stratégie, il valait mieux de pas commencer de partie d’un tel jeu à 22h.

Table 2, dite « Crayons et papiers » : Jack de retour parmi nous propose Cartographies, un jeu de style flip and write où il faut remplir une grille en fonction de la forme géométrique proposée. On retrouve de bonnes idées déjà vues ailleurs comme les 4 cartes des scoring qui seront évaluées par paires (à la Isle of Skye) et les monstres (à la Penny Papers) qui permettent à votre voisin de table de pourrir votre grille en le dessinant au pire endroit possibe. Ce qui est bien avec ces jeux c’est que le nombre de joueurs peut être élevé sans ralentir la partie. Par exemple 7 (Jack, Jean, Klervi, Samuel, Frank, Paul, Dom). La première partie est pour Samuel avec 99 points tandis que Jean s’octroie la deuxième avec ~110 PV. Les mêmes se lancent ensuite dans Just One. A sept il y a pas mal de mots à croiser même si une paire est élminée, seul Bélier a été incompris et la fine équipe se sépare avec 12 points sur 13. 

 

Table 3, dite « La plume dans la plaie » : beaucoup d’activité à cette table de Glory – Un jeu de chevaliers, qui déborde de pions, cartes et édifices en tous genres. Choisissez votre style de tournoi, et affrontez vos pairs, ou mesurez-vous à des chevaliers renommés qui n’attendent que d’être défiés. Voilà pour le pitch d’un jeu qui vous plonge en plein moyen-âge. Fred et Mickaël terminent ce tournoi à égalité, mais le premier l’emporte grâce à son prestige, alors que les deux Olivier et Neox courbent l’échine en signe d’allégeance.

Séance de MARDI 07/09/2021 à Servel

Eh oui c’est la rentrée, les pommes tombent, les jours raccourcissent et les trésoriers agitent leur sébille. A Parties Civiles pas de pleurs, on a chaque année à peu près les mêmes camarades.

Table unique, dite « Chahut de rentrée » : Trouver un jeu qui donne envie à cinq joueurs aux goûts hétéroclites (Xel, F-R, Lucas, Nicolas-2 et VHN), surtout si les règles doivent être maîtrisées par au moins l’un d’eux, n’est pas évident. Au termes des conciliabules, nous voilà installés autour de Space Hulk : Death Angel, jeu coopératif dans l’univers de Warhammer 40000. Avec essentiellement des cartes, on a une version spatiale du porte/monstre/trésor, les trésors en moins et les monstres se déplaçant à chaque tour. La variabilité est plutôt bien réalisée à travers les cartes événements et les pouvoirs spéciaux de chaque Space Marine. Nicolas nous briefe en insistant sur la nécessité de bien se coordonner et d’aider les autres avec les jetons de soutien. Le tour de jeu est ultrasimple : choisir 1 carte parmi 3 sachant qu’on ne peut pas jouer deux fois la même. Nous progressons plutôt bien de zone en zone, malgré quelques inévitables pertes (chaque joueur anime deux persos) quand l’arrivée de Vincent créée un champ de force perturbateur qui ralentit l’action tout en dissipant les participant(e)s qui prennent des nouvelles de Scorfel. Nicolas ne lâche pas le morceau et tente de garder sa troupe concentrée sur l’action, même si sa grosse prise de risque lui coûte un personnage. Les phases de combat finissent par se dérouler dans une ambiance survoltée (tout se résout par des lancers de d6 et on tue un alien à chaque fois qu’une des 3 faces avec un symbole de crâne sort) où la table résonne de l’incantation « Crâne ! Crâne ! Crâne ! » avant chaque lancer et de cris de joie à chaque victime, heureusement qu’il n’y a pas de voisins immédiats. On ne sait plus trop bien comment on y est arrivés mais la mission a été couronnée de succès.

Il faut maintenant trouver un jeu à 6 pour la seconde partie de soirée. C’est Detective Club (un hybride de Linq et de Dixit sur un thème improbable de voleur de rêves) qui est choisi. On retiendra que Vincent a été souvent le voleur, que quand par erreur deux joueurs ont cru être le voleur, ce sont les seuls qui n’ont pas été suspectés, que F-R a sorti un heureux coup de bluff avec son « tomber dans les pommes », et qu’au final c’est Nicolas qui avec 16 points s’est révélé comme le meilleur détecteur de voleurs.

Séance de VENDREDI 03/09/2021 à Servel

Le 3 septembre de l’an 401 av. J.-C., les Dix Mille, mercenaires grecs au service d’un prince perse, livrent combat à Canouxa, en Mésopotamie, du côté de Babylone. Ils ont été enrôlés par Cyrus le Jeune (424-401) pour renverser du trône de Perse son frère aîné, le souverain achéménide Artaxerxès.

Battus, ils décident de rentrer dans leur pays. Leur équipée va donner lieu à un récit devenu nom commun : L’Anabase. Son histoire nous est connue par le récit qu’en a fait Xénophon, qui a pris part à l’affaire, puisqu’il s’est engagé comme hoplite (un fantassin lourdement armé, par opposition au gymnète et au peltaste, armés plus légèrement), puis a ensuite été élu stratège de l’arrière-garde — un poste clé (ce qui lui a valu une grande notoriété). Le terme « anabase » désigne depuis une longue expédition militaire, dans le sens « ascension dans le haut pays » ou « expédition de la mer vers l’intérieur montagneux d’un pays ».

Le parcours réussi du contingent grec à travers l’empire perse (en rouge sur la carte) a frappé les contemporains de Xénophon. Une petite troupe de mercenaires, aguerris et déterminés, peut donc réussir sans trop de pertes à échapper à la vengeance des armées d’Artaxerxès au cœur de son royaume. Leur succès montra qu’une expédition à l’intérieur des terres perse est possible, ouvrant la voie à la conquête d’Alexandre.

1620 longues années après, à Lannion, quelques fantassins lourdement armés de figurines et boîtes de jeux débarquaient depuis les mers sur les hauteurs de Servel, pour y livrer des joutes mémorables.

Table 1, dite « Conquêtes ottomanes » : Christophe (intéressé par approfondir après son initiation récente) et Dom s’installent face à Pax Renaissance, excellent à deux joueurs. Ils enchaînent deux parties dont le déroulement similaire reflète mal l’extrême diversité des situations de jeu et des rebondissements que le jeu offre. Tout d’abord (Dom Cœur / Xof Marchionni), Dom ouvre par un Jihad en Ottoman et, malgré un usage efficace des pirates et des Repress pour réduire les concessions bleues, s’établit à l’Est avec un bon contrôle des flux financiers. Quant la première comète arrive, Dom a les moyens de l’acheter et, avec le seul évêque en jeu, conclut par une victoire Islam rapide. On remet cela après avoir rebattu les cartes (Dom Medici / Xof Cœur) et cela démarre presque identiquement (Jihad de The Grim en Ottoman) avec les rôles échangés. Dom se marie au Portugal et s’installe en France tout en prenant soin d’acheter un évêque blanc qui bloque une éventuelle victoire Islam. Malgré un basculement de la route de commerce orientale, Christophe continue a encaisser de bons revenus et enchaîne les captures (Saint Empire et États papaux) tout en prenant soin de mettre la main sur un badge « exploration » pour bloquer une éventuelle victoire Globalisation. Quand la première comète apparaît, Dom n’a d’autre solution que de vendre sa reine portugaise pour activer défensivement la victoire Renaissance. Mais peu après arrivent un second évêque noir et la suite des comètes, impossible d’empêcher Christophe des les acheter et de mettre fin à la partie par une victoire Islam.

Table 2, dite « Un gymnète en tête » : en majesté, Ankh : Les Dieux d’Egypte, son plateau XXL, ses figurines maousses font leur arrivée à la table de Parties Civiles, Steven, OlivierB, Mickaël, F.-R. et Neox s’y font enrôler. Un jeu qui s’avère complexe à 5 aux dires des participants, et, selon F.-R., déséquilibré dans son déroulement puisque les premiers à jouer s’emparent des meilleures ressources et que les suivants n’ont que leurs yeux pour pleurer. Ce qu’il fit durant les deux heures que dura cette partie, dont, pourtant, il fut déclaré vainqueur.

Table 3, dite « Corps expéditionnaire » : Petite soirée entre amis (Frank, Paul, Vincent, Guillaume) avec tout d’abord Pour la reine. La Reine a décidé d’entreprendre un long et périlleux voyage pour négocier une alliance avec une puissance éloignée. Les cartes permettront de créer un récit mêlant amour, héroïsme, doutes et trahisons. Bizarrement, à l’heure des comptes, ne subsistera qu’une feuille de score indiquant une absence de résultat. Cette échappatoire se poursuivit avec Deckscape, un escape game à base de cartes qui se solda par une réussite collective.

Table 4, dite « Histoire millénaire » : Comme pour de nombreux jeux, la naissance du Mah-jong reste floue. Si les plus vieux jeux retrouvés datent de 1875 et sont conservés aux États-Unis, il est difficile de savoir où et par qui il a été mis en forme. Les historiens s’accordent sur le fait que les jeux de cartes et de dominos (qui sont des dés accolés) ont été inventés par les Chinois. Au fil des siècles, ces derniers ont joué à toutes sortes de jeux de dominos et de cartes: cartes monétaires, cartes d’échecs et cartes dominos. Il a été démontré que le mah-jong est la forme aboutie de plusieurs jeux ou variantes de jeux se pratiquant avec les cartes monétaires qui a pris l’aspect d’un jeu de dominos (tuile en os et/ou bambou). Les cartes monétaires faisaient déjà apparaitre 3 séries de 4 cartes identiques (les sapèques, les ligatures et les myriades) correspondant aux cercles, aux bambous et aux caractères, auxquels s’ajoutaient les honneurs supérieurs ou dragons. Se sont successivement ajoutés les vents, ainsi parfois que les « fleurs et les saisons ».

Quoi qu’il en soit, malgré sa longue histoire, ce jeu fait chaque jour de nouveaux adeptes dans nos rangs, à l’image de Samuel ou de Guillaume ce soir (ce dernier en connaissait cependant la version de Hong Kong). Avec Xel et François à la table, c’est un de trop pour Lucas, qui prit le costume du coach, intervenant auprès des joueurs sur leur stratégie, avant de prendre place à la table pour finir par deux victoires, chaque fois avec le 2 de Caractère. Ce qui n’est pas étonnant, puisqu’il a du caractère pour deux. Pas de comptage officiel dans ces tours d’initiation, qui virent Xel hésiter sur une main fabuleuse entre un « tout honneur », combinaison exceptionnelle, et un 13 orphelins (la figure la plus difficile de tout le jeu, que personne d’entre nous n’a jamais réussie), et Guillaume provoquer la consternation en déclarant un faux mah-jong sur la base de ses pratiques locales (figure valable, mais sans le nombre de points requis), ce qui lui sera plus facilement pardonné qu’aux partisans de la révolution des parapluies.

 

Séance de MARDI 31/08/2021 à SERVEL

Dans la nuit du 31 août 1997, à Paris, une voiture s’encastre dans un pilier du tunnel de l’Alma au terme d’une course poursuite avec des paparazzi. Le chauffeur et l’un des passagers sont tués. La passagère décédera quelques heures plus tard à l’hôpital de la Salpêtrière. On découvrira bientôt qu’il s’agit de la princesse de Galles, tragique fait divers qui ne manquera pas d’attiser d’innombrables théories du complot.38 Lady Diana Stock Photos, Pictures & Royalty-Free Images - iStock

24 ans après, nul besoin de presser le pas pour rejoindre Parties Civiles et une entrevue ludique à deux tables, qui vit accueillir trois nouveaux adeptes. « Deux salles, deux ambiances » : on ne saurait, sans doute, mieux résumer cette soirée.

Table 1, dite « La mort aux trousses » : trois nouveaux à cette table de Detective Club. Nos nouveaux amis, Jean, Klervi et Jérôme (troisième du nom) sont conviés à ce jeu léger, mais avec des partenaires un peu lourds (F.-R., Lucas), dans le volume de voix s’entend. Ils furent donc délocalisés dans une salle à l’immense espace et où personne ne les entendait rire ni mentir, surtout Lucas, qui, jouant à merveille le menteur effronté, l’emporta. Ils tentent ensuite Cerbère, jeu où un molosse infernal est à vos trousses et compte bien vous garder à jamais. Seuls trois survivants s’échappèrent des Enfers.

Table 2, dite « En habits de chasse » : changement d’ambiance – c’est dans une atmosphère studieuse, au fin fond du royaume d’Everdell, qu’on trouve une petite ville habitée par des animaux forestiers, qui se développe et prospère à travers les âges. Malgré un cadre idyllique (et propice à la chasse, aurait songé la déesse Diane), la vie n’y est pas facile. Les hivers y sont rudes et les habitants luttent pour tenir jusqu’au retour du printemps. A ce jeu de placement, d’une profondeur stratégique étonnante, au bout de trois heures d’un suspense haletant et de chasse aux récompenses, Paul s’impose à l’usure (64), d’un poil de renard devant Neox (63) et Xel (58). François (55) reste au pied du podium, malgré sa carte Théâtre à 11 et un bonus final de 9 gagné de haute lutte en fouaillant le cimetierre.