Séance de MARDI 12/06/2018 à St-Elivet

En ce 12 juin, il aurait eu 512 ans. Grand maître de la langue française, Pierre Corneille est le champion du théâtre classique, celui du Grand Siècle (le XVIIe), lequel se définit par la célèbre règle des trois unités (durée, action, lieu). Une règle que nous avons suivie scrupuleusement lors de cette soirée de Parties Civiles.

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Table 1, dite « Dilemme cornélien » : Coopératif ou compétitif ? Un dilemme souvent cornélien, que les joueurs présents à cette table (Florian, Julien-2, François-René, Maïwenn) tranchent en faisant les deux: d’abord un Robinson Crusoe, qui se traduit par un « sauvetage collectif de génie », puis The boss – dont le vainqueur a préféré garder l’anonymat.

Table 2, dite « Unité d’action » : Thomas, Xel, Thibault et Olivier font dans l’unité d’action: à la guerre comme à la guerre, avec d’abord Vikings gone wild, un jeu chaotique réglé par Olivier, puis In Flanders field où Xel tint le haut du pavé.Résultat de recherche d'images pour "vikings gone wild"

Table 3, dite « Les yeux de Rodrigue » : à cette table de Kogge, il fallait garder sa concentration et ses nerfs ! Votre modeste serviteur prit un départ éclair (construction d’un comptoir dès le premier tour), mais perdit les deux à la fois après avoir été victime d’un raid brutal d’Olive sur son bateau, et finit la partie sur une impasse, bloqué dans une ville dont il ne put sortir.

A l’inverse, Dom livra une prestation de haut vol, réussissant à finir la partie avec 5 DP, avant donc le deuxième tour du maître de guilde, événent assez rare pour être signalé. Quant à Nicolas II, il n’attaqua personne, restant blotti dans le ventre mou du classement.

A l’instar de Corneille au sujet du Cid, qui fit scandale à sa création pour ne pas respecter les canons du genre, Dom pourra être accusé d’avoir fomenté un trop grand nombre de péripéties, et nous laisserons sur ce sujet le dernier mot à Boileau, qui soutint à l’époque son ami par ces vers:

« En vain contre le Cid un ministre se ligue,
Tout Lannion pour Chimène a les yeux de Rodrigue.
L’Académie en corps a beau le censurer,
Le public révolté s’obstine à l’admirer. »

StelliumTable 4, dite « L’imitation de Jésus-Christ » : tandis que Cédric se cherche une table, Paul et Jack-2 débarquent et l’invitent à Stellium, un jeu où, à l’aube de la création de l’Univers, vous incarnez les premières divinités du Cosmos. Mais le jeune homme n’était pas venu pour tendre la joue gauche, et impose sa doctrine à la stupeur générale !

Table 5, dite « La place royale » : un majestueux affrontement eut lieu entre les deux Nicolas autour de Lorenzo le magnifique. C’est le Doc qui en remontra au Président !

Table 6, dite « L’illusion comique » : à-propos et concentration sont requis à Magic maze où chacun joue presque en même temps pour peu que la coordination soit de la partie. Or, les protagonistes de cette table, à peine revenus de l’espace-temps tourmenté de Stellium, en ont parfois manqué, se perdant dans les dédales du labyrinthe, et créant, pour qui voulait l’observer, l’illusion comique de ne plus savoir qui jouait.

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Séance de MARDI 10/10/2017 à St-Elivet

Le 10 octobre 1917, Thelonious Monk naquit en Caroline du Nord. Cinq ans plus tard, sa famille s’installait à Manhattan où le pianiste allait laisser sa marque dans l’histoire du jazz. Compositeur talentueux mais rare, musicien aux improvisations géniales dont les dissonances et les rythmes hachés peuvent dérouter, aussi en proie avec quelques difficultés avec la loi, sa carrière a été en dents de scie. Au début des années 70, il cesse complètement de jouer et s’enferme dans le mutisme, laissant derrière lui des albums comme Monk’s Dream ou Brilliant Corners et des standards comme Round Midnight, Blue Monk et Straight, No Chaser. 100 ans plus tard, des joueurs avec leurs instruments entraient en scène à St-Elivet.

Table 1, dite « Monk’s Dream » : après le commerce sur les eaux chaudes de l’Orient (Macao vendredi dernier), place au commerce sur les eaux glacées de la Baltique avec Kogge. Deux initiés (Tristan et VHN) et deux à initier (Paul et Olive) pour cette partie. Une partie de rêve, tendue jusqu’à la fin, où certains ont pillé sans vergogne (Paul), d’autres ont passé leur temps à poursuivre le maître des Guildes (VHN) tandis que d’autres encore parsemaient la côte de comptoirs (Tristan). La fin de partie a été ultraviolente avec un Paul s’attaquant à la malheureuse cargaison (3 cubes seulement) du narrateur puis Tristan lui rendant immédiatement la pareille et décidant peut-être ainsi du vainqueur. Autant lors de la première partie cet été c’était les villes hanséatiques qui avaient été pillées, autant cette fois les bateaux des adversaires ont fréquemment été pris pour cible. Au final, après trois heures de jeu les scores sont très serrés : VHN 89, Olive 83, Paul 76 et Tristan 75.

Ce jeu méconnu et fait-main plaît décidément par son mélange de planification fine, de combos redoutables, de plans diaboliques déraillés par les actions des collègues, d’imbrication de mécanismes subtils et implacables (les enchères dont l’effet de bord est de produire des ressources, les cubes dont le nombre limité doit être constamment surveillé etc.). Tout le monde y a pris du plaisir et tout le monde a envie d’essayer d’autres approches et de ne pas refaire certaines erreurs. On reverra donc Kogge, peut-être même équipé d’un vrai plateau de jeu.

Table 2, dite « Moines » : il n’a échappé à personne que Monk signifie « moine ». Endossant la robe de moines cultistes, Xel, Jérôme, François-René et le nouveau Pierre-Yves ont voulu sauver les villageois de Ghost Stories. Mais c’est encore raté, les fantômes ont eut raison du quartet. Pas de happy end ici.

Table 3, dite « Brilliant Corners » : à Pandémie, une belle équipe qui n’embarque même pas de médecin, Neox, Baptiste-votre-cotisation-siouplait, Julien-Lannion et Nourdine (et Yvan ?) parcourt les quatre coins du globe pour lutter contre des épidémies multicolores et gagne brillamment.

Table 4, dite « Improvisations géniales » : à Imagine, Cécile et Hervé se sont mutuellement surpris avec leurs constructions visuelles improvisées.

Table 5, dite « Round Midnight » : autour de minuit, l’essentiel de la table 2 revient sur scène pour un rappel jouer à Arboretum. Xel l’emporte à l’applaudimètre.

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Séance de MARDI 22/08/2017 à Ti Koad

La plus grande révolte d’esclaves qui ait réussi débute à Saint-Domingue, colonie française des Antilles, dans la nuit du 22 au 23 août 1791. Prenant au mot la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen adoptée par les députés français, des « nègres marrons » ayant fui les plantations pour se réfugier dans la forêt revendiquent l’abolition de l’esclavage et s’insurgent, sous la direction d’un prêtre vaudou, Boukman. S’ensuivent destructions et massacres. Les esclaves seront bientôt rejoints dans leur bataille par les Noirs affranchis, dont Toussaint Louverture. Haïti proclamera son indépendance le 1er janvier 1804.

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226 ans ont passé, et à Ti Koad, l’esclavage n’est toujours pas aboli. Les galériens du jeu ont encore passé la soirée à pousser des cubes, combattre des monstres, fuir des gardiens et autres tâches éprouvantes, le tout sans aucun salaire, et de nuit. Il paraît même que certains en redemandent. Il faut dire que la créativité de nos membres pour diversifier les moyens de torture est légendaire: ainsi, ce soir, pas moins de trois nouveaux jeux ont fait leur apparition sur les tables de Parties Civiles !

Table 1, dite « des galériens » : Kogge est une des premières créations d’Andreas Steding, auteur notamment de Hansa Teutonica. Kogge n’est pas connu et ne le sera jamais, car épuisé et jamais réédité. Il faut donc se contenter de dénicher une des rares boîtes des deux éditKogge-2005.jpgions existantes (800 en tout). La première est sortie en autoédition chez MoD Games en 2003. La seconde fut éditée conjointement par MoD Games et JKLM Games en 2004, des éditions artisanales avec un look « fait-main » au matériel de qualité inférieure et à l’esthétique sobre loin des standards actuels. Le seul moyen est de chercher sur le Net ou le marché de l’occasion, ou de le recréer entièrement, c’est-à-dire le domifier. C’est en effet grâce à notre camarade Dominique que nous avons pu découvrir ce jeu, qui plus est  dans un design totalement inédit, issu de son imagination fertile.

Ce n’est pas un jeu grand public, mais il comblera les joueurs invétérés que nous sommes. À travers un réseau de routes commerciales de la mer Baltique, les joueurs essaient d’échanger des marchandises de différentes valeurs (ambre, sel, minerai, peaux) et d’établir des comptoirs commerciaux. Cela semble banal à première vue, mais les mécanismes sont à la fois subtils et très purs, au point qu’il n’y a aucun hasard dans ce jeu ! Planification sur plusieurs tours, contrôle de l’ordre du tour avec enchères visibles, collecte de ressources, interactions permanentes et parfois violentes avec les raids, fin de partie qui peut arriver de deux manières complètement différentes: autant de raisons qui en font un jeu qui ne ressemble à aucun autre. Enfin, cerise sur le gateau: on peut très bien planifier ses actions pendant que les autres jouent, sans (trop) de risque de voir ses plans déjoués.

Kogge - Map

En conclusion de cette partie inaugurale et d’une durée respectable (fonction directement linéaire du temps que prennent les joueurs à planifier leurs actions), retenons que Christophe sera le premier vainqueur (90) au bout d’une lutte acharnée avec Dom (86) et Tristan (75), pendant que votre modeste narrateur se faisait trop de noeuds au cerveau (37). Mais je n’hésiterai pas à retenter ma chance: longue vie à Kogge, à son créateur, et à son domificateur !

Table 2, dite « des affranchis » : Paul invite Xel, François-René et Guillaume au troisième scénario de Mechs vs. Minions. Maintenant qu’ils sont affranchis, ils vont pouvoir passer au quatrième.

Table 3, dite « des forçats » : à cette table de Room 25, nous trouvons deux nouvelles têtes, qui rejoignent celles plus familières de Neox, Nicolas II, Jérôme et Sophie. Les nouveaux ont appFuji Flushrécié: ils n’étaient pas claustrophobes.

Table 4, dite « des bâtisseurs » : la table 3 enchaîne sur Fuji flush
un grand jeu de trains dans un petit format !

Grand Austria HotelTable 5, dite « des serviteurs » : encore une découverte du soir: Grand Austria Hotel ! Un jeu pour comptables, disent les forums. Une table qui se prolongea bien au-delà du check-out time en tous cas. Car, au grand Austria comme au California, « you can check out anytime but you can never leave » !

Table 6, dite « du code noir » : une table de Codenames oppose pour finir les Bleus et les Rouges. Un score de 1-1 résumera sèchement cette table, où le code noir de l’assassin, bien que frôlé dans la première manche, ne fit pas son apparition, et que nos deux visiteurs du soir ont semblé apprécier à leur juste valeur.

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