Séance de VENDREDI 25/01/2019 à Servel

Le 25 janvier 42, saint Paul était terrassé par une force surnaturelle sur le chemin de Damas. Si le christianisme n’est pas resté une secte juive parmi d’autres mais est devenu une grande religion universelle, c’est à Paul de Tarse qu’il le doit. Il naît citoyen romain d’origine juive et de langue grecque à Tarse, en Anatolie, vers l’an 9. Son nom est Saül.

Saint Paul sur le chemin de Damas, par Brueghel l'Ancien (Flandres, XVIe siècle), détail

La Conversion de saint Paul (détail),
Pieter Brueghel l’Ancien,1567.
Musée d’histoire de l’art de Vienne

Il fait de solides études hébraïques puis, devenu rabbin, enseigne les Écritures juives à Jérusalem. C’est l’époque où les disciples de Jésus commencent à prêcher la doctrine chrétienne. Saül prend violemment parti contre eux. Il obtient du Sanhédrin, le tribunal juif qui siège au Temple, la mission de pourchasser les chrétiens de Syrie.

Sur le chemin de Damas, une voix lui crie : «Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ?» Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. » Paul sortit de cette rencontre profondément bouleversé et définitivement persuadé que celui qu’il persécutait était le seigneur donné par Dieu pour le salut de son peuple. Selon les Actes des Apôtres, suite à ce bouleversement, il perdit la vue pendant trois jours. À la suite de ces trois jours, il fut baptisé au nom du Christ. Immédiatement après, il recouvra la vue. Saül se convertit peu après. Il prend le nom de Paul, traduction latine de Saül, pour se faire mieux accepter dans le monde gréco-romain, puis effectue au total trois grands voyages d’évangélisation en Asie mineure, en Grèce et jusqu’à Rome, multipliant partout les conversions.

1977 ans après, à Lannion, où la religion particivilienne fait de nouveaux adeptes chaque jour que Dieu fait, il était question de conversions, d’illuminations et de voyages épiques.

Altiplano
Altiplano

Table 1, dite « Là-haut » : suivant Nicolas II sur les sentiers tortueux de l’Altiplano, nous récoltons le maïs, coupons le bois, manions la pierre, tondons les alpagas pour en faire des chandails, en nous déplaçant perpétuellement entre montagnes, forêts, maisons, lacs et plaines. Dans notre sac, ces ressources se mélangent, sont produites, consommées, vont dans un petit panier puis y reviennent: c’est un jeu de bag building.
Outre ce mécanisme original pour un jeu de gestion de ressources, et la question des déplacements, l’existence de l’entrepôt est une autre trouvaille: on peut y stocker ses biens – ce qui fait marquer des points et évite de pourrir son deck. Ce jeu qu’on annonçait court mais que nous bouclons en trois heures à quatre est une réussite indiscutable. Essouflé par l’altitude de la haute route, je parvins un peu tard au haut plateau, lesté de 101 PV, devancé par Thibault (123), et Nicolas II (124), mais surtout par Tristan (197), qui, seigneur du verre et du cacao, nous toisait de là-haut.

Table 2, dite « Là-bas » : Inis se déroule à l’époque des Celtes anciens, quand histoire et mythologie ne faisaient qu’un. Les joueurs sont des chefs conduisant leurs clans au-delà des mers, depuis l’Irlande jusqu’à une île récemment découverte. Ils s’y installent, l’explorent, rallient des clans, construisent citadelles et sanctuaires, cultivent la terre, exploitent les mines. Les bardes content les récits des dieux et des héros, le druide les conseille, le maître-artisan immortalise leur grandeur. A l’issue de cette partie serrée, Xof ne fut pas contesté comme Brenn (chef provisoire), ce qui lui donne la victoire car il était à égalité avec Dom. Olive et Mickaël ont apprécié le voyage.

Table 3, dite « Ailleurs » : à Burn Out, qui est la première extension d’Eden, le jeu d’escarmouche post-apocalyptique, Sébastien prend sa revanche après sa correction de la semaine dernière, et mate Olivier L. sur le score de 65 à 60. Cette semaine, la vérité était ailleurs.

Table 4, dite « Du chemin de Damas » : revisitant l’histoire tragique des guerres du monde, et plongé dans l’obscurité d’un Twilight struggle chaotique comme un champ de bataille syrien, Maxime ne retrouva pas la vue. Le Doc Nico, pourtant sur les lieux, n’y put rien faire, remportant ainsi une victoire par forfait.

Table 5, dite « Essentielle » : L’homme se définit de manière négative pour Sartre, en opposition à ce qui n’est pas lui. Un cendrier a été pensé pour une fonction précise, prédéterminée: l’essence du cendrier précède son existence. Il en va de même de l’homme si on pose Dieu comme créateur de l’Univers. Le concept d’homme étant dans l’esprit de Dieu, l’homme devient cendrier, c’est-à-dire objet, et non sujet. C’est la raison pour laquelle, chez Sartre, Dieu ne peut pas exister. Car l’existence signifierait que l’homme a une essence, donc n’est pas libre, ni responsable de ses actes. A cette table de Battlestar Galactica, nous trouvons un leader cylon, à tout seigneur tout honneur Neox, leader d’une résistance héroïque, mais surtout deux traîtres néophytes: Elisa et Kaelig. La première brûla comme une biscotte hérétique dans un grille-pain en révélant sa nature dès le premier tour, le second persista dans sa fourberie, mais fut vite démasqué. Et comme c’est sur une panne de carburant que les humains perdirent le combat, on en conclura que ceux-là (Vivien, François-René, Xel, Jérôme) n’étaient pas assez chrétiens: à se focaliser sur leur existence, ils en oublièrent l’essence.

Table 6, dite « Evangéliste » : muni de son bâton de pélerin, Dom fait deux nouveaux convertis à Innovation – à savoir Xof et Mickaël, deux futurs évangélistes à coup sûr. Le quatrième évangéliste en jeu, Olive est plutôt ce qu’on appelerait un catholique malgré lui: s’il en connaît les règles, il n’en partage pas les préceptes et on doute qu’il suive les chemins de Saint-Paul pour en propager la foi. D’ailleurs, formant équipe avec Mickaël, il l’entraîna dans sa chute (2-6 face à la paire victorieuse Dom et Xof).

Table 7, dite « Aux heures canoniales » : Dieu ne joue pas aux dès, mais les apôtres de Parties Civiles si: passé les mâtines et à l’approche des laudes, Tristan, Thibault, Doc Nico et Nicolas II se lancent dans un Dice forge frénétique dont il vous faudra lire l’issue dans les saintes écritures du forum.

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Séance de VENDREDI 08/06/2018 à St-Elivet

Mahomet s’est éteint à Médine le 8 juin 632 (le 13 du mois de Rabi’ premier, selon le calendrier arabe). Celui qui va apparaître plus tard comme le Prophète de l’islam décède suite à une fièvre douloureuse et une longue maladie, peut-être consécutive à un empoisonnement. Il a environ 63 ans. Sa tombe est creusée à l’endroit même de sa mort.

Mahomet offrit l’image d’un homme énergique mais aussi pénétré de sa mission divine. Il se défend d’être poète et se juge incapable d’inventer par lui-même quoi que ce soit de comparable au Coran. Il se reconnaît faillible et ne se veut en rien différent des autres hommes. C’est un guerrier qui ne rechigne pas à donner la mort. Il aime les femmes et ne s’en cache pas. Il consacre par ailleurs beaucoup de temps à la prière et dédaigne les richesses de ce monde.

À l’instant de mourir, bien qu’il ait eu neuf femmes légitimes, il ne laisse aucun fils survivant susceptible de lui succéder à la tête des croyants. Abou Bekr remplace le messager d’Allah au terme d’une brève lutte de succession et prend le nom de khalîfa (calife), d’un mot arabe qui veut dire lieutenant ou remplaçant. Ce premier calife a 59 ans, figure parmi les plus anciens compagnons de Mahomet, et est aussi le père d’Aïcha, l’épouse préférée du Prophète.

Mahomet a soumis par les armes la partie occidentale de la péninsule arabe à son autorité en une dizaine d’années. Après sa mort, ses successeurs entraîneront leurs troupes à la conquête du Moyen-Orient et de la rive sud de la mer Méditerranée.

A Lannion, quelques années après, on était en plein ramadan, mais on n’a ni bu, ni mangé, ni fait l’amour, on ne s’est pas non plus maquillé et on n’a pas fumé – par contre, et c’est permis, on a vérifié – on a joué !

Table 1, dite « Sacrilège » : la bande des quatre fantastiques se reconstitue pour Lisboa – les règles étant encore fraîches de la semaine dernière. Mais le résultat fut différent, et conduisit à un sacrilège: la défaite de Tristan (124), dominé à la régulière par Thibault (132). Neox (112) et Xel (103) ont apprécié cette partie qui aboutit à des scores impressionnants !

Table 2, dite « Soumission » : à Inis – aimablement prêté par Neox qui-a-le-jeu-et-qui-aime-bien-mais-qui-quand-même-n’y-a-pas-touché-en-476-jours, Dom, Mks et votre serviteur découvrent un univers plaisant et un jeu retors où il faut surveiller les différentes conditions de fin de partie et gérer avec doigté son usage des cartes et son droit de passage. Le plus roué des trois a soumis les deux autres, remportant successivement deux parties d’un jeu malin – et peut-être voué à une domification rapide (« domifio subito » dit-on dans les grimoires) ?

Table 3, dite « Aumônes » : ici, on joua Huns – Thomas et Mickaël se sont adjugé chacun une partie, laissant Guillaume et Vincent-2 à leurs aumônes et leur insondable désarroi.

Table 4, dite « Sourate » : Baptiste est un fidèle de l’univers Warhammer (ici en version Underworld Shadespire) – un jeu aussi long à nommer qu’une sourate – et en fut récompensé.

Table 5, dite « Guerre sainte » :  This war of mine était terre de djihad pour des combattants aussi braves qu’anonymes !

This War of Mine : le Jeu de Plateau

Table 6, dite « Blasphème » : ici une partie d’Innovation rassembla Dom,Thomas et votre serviteur, qui l’emporta au terme d’une joute épique et splendide où les augures ont longtemps hésité avec Dom, en position de conclure mais pas assez haut perché dans le grade des cartes actives. Votre serviteur avait pour sa part un plateau de cartes presque vide, mais en tira miraculeusement (et par des procédés qu’on ne saurait nommer ici) un profit aussi éhonté qu’un blashphème !

Table 7, dite « Retour de pélerinage » : revenu de Canossa après sa déconfiture de la table 1, Tristan règle Xel et Thibault à Schwarzer Freitag – et à ce jeu boursier, c’était question d’honneur mais pas d’argent, croyez-le bien !

Table 8, dite « Coran continu » : à Codenames les rouges (Maïwenn, FR, Nourdine, Guillaume-alias-Yohann) ont était défaits par les bleus (Jérôme, Nicolas II, Axel, VHS, Xel) sur le score de 2-1. Une partie marquée par la domination croissante des bleus, qui ont dicté leur récitation au débit d’un Coran continu, alors que les rouges étaient en plein doute sur la signification de mots aussi profanes que S…e 2 (Colon, Tige). Il y eut aussi quelques situations cocasses, à l’image de l’indice Exclu 2 répété 2 fois – d’abord (Mouton, Noir), puis (Cours, Bar) – ça sent le vécu ! La conclusion vit votre modeste narrateur à l’oeuvre avec pour commencer un Mao Zedong 5 (Rouge, Marche, Chef, Appareil, Dragon), et pour finir le subtil Gros 2 (Bras, Géant).

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Séance de VENDREDI 17/02/2017 à St-Elivet

Le 17 février 1933 était publié le premier numéro de Newsweek qui pendant près de 80 ans allait être l’un des principaux magazines d’actualité de la superpuissance américaine. Il cessa de paraitre en édition papier à la fin de 2012 – est-ce là un présage du déclin de la superpuissance ? 84 années plus tard, la séance de PC était un bel exemple de melting pot, mêlant les âges, les sexes, les nouveaux et les anciens dans des activités ludiques variées jusqu’à l’heure où le soleil se couche sur Washington, DC.

En plus des tables de jeu, il y eut une table de peinture de figurines avec Baptiste et Julien (de Paimpol, l’homonyme lannionnais étant retenu à la maternité) embellissant Zombicide tandis que Mickaël et son fils poursuivaient leur œuvre sur Conan.

Table 1, dite « China’s century » : Bruno, Camille, DocNicolas et Vincent entament une partie de ZhanGuo. Il s’agit, quelque part vers -225, d’unifier l’empire chinois pour le jeune et ambitieux roi Ying Zheng, sans que l’exercice du pouvoir ne provoque de troubles dans les provinces. De l’avis général, un très bon jeu qui prend bien la tête (dans un sens positif). Au terme de plusieurs heures, Bruno et Nicolas finissent à égalité à 204 points mais selon Nicolas la règle de départage est en sa faveur. Les deux méritent nos félicitations.

Table 2, dite « The energy crisis » : Une table de Gueules Noires regroupe Olive, Sophie, Marine et Florian. Ce jeu traitant de l’exploitation de mines de charbon semble avoir été  déterminé ce soir par la façon de transporter ledit charbon. Il n’y a pas à dire, le train est quand même le plus efficace. Contrairement à ce que l’on croit souvent, le charbon n’est pas une énergie du passé : il représente presque 30% de l’approvisionnement énergétique mondial, juste derrière le pétrole. Et c’est avec 39% la première source de production d’électricité mondiale, loin devant le gaz et l’hydroélectricité (dont la Suisse est un leader mais c’est une autre histoire). Et c’est un contributeur majeur aux émissions de gaz à effet de serre au point que si on veut ralentir le changement climatique, il faudra laisser sous terre une bonne partie des réserves de charbon. Hé, ho, rédacteur, tu vas arrêter ton prêchi-prêcha ? OK OK, c’est Olivier qui a gagné la partie.

Table 3, dite « Mission to Mars » : Michal, Armand, Nicolas-2 et VHN embarquent pour une Mission Planète Rouge. Michal donne une leçon d’expansionnisme à tout le monde (« c’est chez moi » indique-t-il pour quasiment chaque région de Mars) et finit avec 68 points bien devant N2, Armand et VHN.

 

 

Table 4, dite « Bleeding Ireland » : avec Inis, quatre chefs de clans (Neox, Nourdine, Guillaume et Anthony) abordent la verte Erin, animés d’intentions pas toutes pacifiques (« belliqueuses » selon le mot même d’un des protagonistes). Neox et Guillaume remplissent les conditions de victoire dans le même tour et se retrouvent donc à partager la plus haute marche du podium. Que résonne Amhrán na bhFiann !

 

Table 5, dite « Mysteries of evolution » : La table 4 inchangée poursuit par une partie d’Evolution. Le succès (mérité) du jeu à PC ne se dément pas, que ce soit dans la VF du jeu de base ou dans la VO de sa version Climate. Cette fois c’est Guillaume qui réussit le mieux à faire muter et prospérer ses animaux. Il finit avec 3 espèces dont un carnivore sur le tard et remporte la partie.

 

Table 6, dite « Into space » : le DUC ressort Gravwell: Escape from the 9th Dimension pour les anciens de la table 3. Les déplacements seront moins aléatoires que le mardi précédent et dès la fin de la 3e manche (sur un maximum de 6), N2 et Dom se retrouvent échappés proches de l’arrivée. La phase de draft est bienveillante et ce dernier se propulse immédiatement vers la victoire.

 

Table 7, dite « Life under water » : en attendant le bouquet final, Dom et N2 font une partie rapide de Cap’taine Carcasse. Nicolas l’emporte 34 à 23, un score inespéré pour Dom qui un tour avant la fin avait exactement 0 cartes devant lui.

 

 

Table 8, dite « The conquest of ignorance » : une joyeuse partie de Codenames met aux prises des Bleus (Guillaume, Nourdine, VHN puis DocNicolas) et des Rouges (Florian, Marine qui découvre, Olive, Nicolas-2 rejoints par Vincent). L’érudition l’a largement emporté sur l’ignorance comme l’a résumé un maître-espion (violant par là-même ses vœux d’impassibilité et de silence) : « cet indice s’adresse à des gens intelligents » !

La première manche est très serrée mais les Bleus (laissés perplexes par un Equarissage-2 initial pour Cheval et Colle) parviennent de justesse à remonter au score après la bourde de leur maître-espion (Menuisier-3 pour Volet, Colle et Cale, mais sans avoir vu la Planche). Parmi les discussions bizarres : « est-ce qu’on utilise une pelle ou une fourche pour ramasser les animaux morts ? ». La seconde manche prend fin dès le second indice Rouge, Instrument-4. Ils auraient pu toucher Marteau ou Fraise mais Florian choisit Queue (??? il existe bien de petite limes rondes appelées « queue de rat » mais je ne crois pas que c’est à ça qu’il pensait). Assassinés d’un coup de queue, donc. Gros problème de communication chez les Rouge encore en fin de troisième manche : Papier-2 les mène bien à Feuille mais aussi à l’assassin Crêpe. La dernière manche verra enfin une victoire Rouge après un affrontement serré entre les maîtres-espions Vincent et DocNicolas. Retenons du premier l’excellent Gueule-3 (Bouche, Casse et Ferme) tandis que la défaite se jouera sur le Martial-2 du second : les Bleus s’accordent rapidement sur Prise, privilégiant le sens « art martial » sur l’acception militaire du mot. Ils se divisent ensuite : « c’est Chute » dit Guillaume en pensant au judo, « c’est Soleil » affirme Dom à cause du soleil levant et de leur origine japonaise, « c’est Culture » corrige Nourdine car plus qu’un sport c’est un way of life. Ils choisirent Chute (Blanc) et c’était Culture… Favorisés par la présence d’un véto, il y eut aussi d’intéressants débats sur le thème « une puce et un cafard sont-ils des insectes ? » (oui pour les deux, respectivement des siphonaptères et des blattoptères). 3-1 pour les Bleus au score final et tout le monde partit se coucher fatigué mais ravi.

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